De 4% en août 2008, le taux du Livret A est tombé à 2,5% en février, puis 1,75% en avril, ce qui a conduit à un net ralentissement de la collecte et même à une collecte négative en mai (retraits supérieurs aux dépôts). Le Gouvernement a opté pour un taux de 1,25 % au 1er août.
Selon le dispositif de calcul, ce taux aurait pu être abaissé à 0,25 %. Le mode de calcul prend en compte le taux d'inflation et des taux d'intérêt interbancaires.
Le Gouvernement a une quatrième fois dérogé à ce calcul. En effet, compte du caractère mythique, il était politiquement difficile de passer en-dessous de la barrière des 1 %.
Cette diminution qui sera perçue comme un geste négatif à l'encontre des épargnants doit être relativisé :
- le taux d'intérêt net (hors inflation) demeure positif
- le Livret A est un placement à court terme qui a vocation d'apporter de la sécurité et non du rendement.
L'épargne des Français est à plus de 66 % placée sur des produits à court terme. La baisse du taux de rendement du Livret A doit conduire à une repenser l'allocation de son épargne en fonction de ses priorités.
Le Livret A est un produit destiné à l'épargne de précaution. Pour obtenir de meilleurs rendements, il faut se tourner vers des produits moyen et long terme.
Avec un CAC à 3100 points, un retour sur le marché actions peut être envisagé. De même, il faut regarder avec attention les fonds euros des contrats d'assurance-vie qui offre actuellement du 4/5 %.
La baisse de 0,25 point devrait avoir peu d'impact sur le financement du logement social dont le problème est plus lié à la rareté du foncier.
L'évolution du taux du Livret A dépend de celle de l'inflation et des taux interbancaires. Nous sommes actuellement arrivé à un plancher en ce qui concerne la récession. Le processus de désinflation qui est engagé depuis plus d'un an devrait arriver à son terme. Les banques centrales qui veulent éviter à tout prix le développement de tentations inflationnistes devraient relever leurs taux d'intervention dès que la croissance refera surface, soit à partir du quatrième trimestre.
De ce fait, le taux du Livret A a certainement atteint un plancher à 0,25 point près.
jeudi 16 juillet 2009
mardi 14 juillet 2009
La mémoire courte du producteur de lait
La mémoire du laitier est courte
Il y a un an, le baril du pétrole battait tous ses records à plus de 147 dollars. Les prix de toutes les matières premières et des produits agricoles enregistraient des hausses à deux chiffres.
Danone comme les autres fournisseurs de lait et de yaourts augmentaient leurs tarifs sous la huée des associations de consommateurs qui défendaient le panier de la ménagère.
Les organisations agricoles considéraient alors que la politique des quotas les empêchait de tirer tous les profits de la nouvelle donne économique internationale. Le changement des habitudes des consommateurs des pays émergents ouvraient de nouveaux horizons.
Le numéro de mars 2008 de « 60 millions de consommateurs », expliquait ainsi que beurres, yaourts, pâtes, céréales, biscottes, pains de mie, riz mais aussi jambons avaient vu leurs prix s'envoler de 5% à .... 48% entre novembre 2007 et janvier 2008. Sur 1.055 références de produits laitiers et céréaliers comparés, près de la moitié ont augmenté, dont 200 de plus de 10%.
L’ensemble de la filière demandait la dérégulation afin de ne pas être entravé dans leur développement.
Un an plus tard, les prix sont retombés. La récession a eu raison de la spéculation, de la bulle des matières premières.
D’un seul coup, la filière agricole exige le retour du filet de sécurité de la politique agricole commune.
Bien évidemment, nous pourrions nous étonner que plus de 50 ans après sa création, l’Europe soit avant tout une machine à distribuer des subventions agricoles. Année après année, force est de constater que l’Europe consacre plus de la moitié de ses crédits à l’agriculture. Nous aimerions que les mêmes montants soient affectés à la recherche, aux infrastructures, à l’enseignement…
La PAC, par ses barrières tarifaires, pénalise les producteurs agricoles des pays en voie de développement ; ces derniers pour pénétrer notre marché n’ont comme moyens de se spécialiser sur des niches légales ou illégales.
Depuis plus de vingt ans, il est répété qu’il faudrait rééquilibrer les dépenses au sein du budget européen… Nous pouvons toujours espérer que la nouvelle commission qui sera investie au mois de septembre le tente….
Il y a un an, le baril du pétrole battait tous ses records à plus de 147 dollars. Les prix de toutes les matières premières et des produits agricoles enregistraient des hausses à deux chiffres.
Danone comme les autres fournisseurs de lait et de yaourts augmentaient leurs tarifs sous la huée des associations de consommateurs qui défendaient le panier de la ménagère.
Les organisations agricoles considéraient alors que la politique des quotas les empêchait de tirer tous les profits de la nouvelle donne économique internationale. Le changement des habitudes des consommateurs des pays émergents ouvraient de nouveaux horizons.
Le numéro de mars 2008 de « 60 millions de consommateurs », expliquait ainsi que beurres, yaourts, pâtes, céréales, biscottes, pains de mie, riz mais aussi jambons avaient vu leurs prix s'envoler de 5% à .... 48% entre novembre 2007 et janvier 2008. Sur 1.055 références de produits laitiers et céréaliers comparés, près de la moitié ont augmenté, dont 200 de plus de 10%.
L’ensemble de la filière demandait la dérégulation afin de ne pas être entravé dans leur développement.
Un an plus tard, les prix sont retombés. La récession a eu raison de la spéculation, de la bulle des matières premières.
D’un seul coup, la filière agricole exige le retour du filet de sécurité de la politique agricole commune.
Bien évidemment, nous pourrions nous étonner que plus de 50 ans après sa création, l’Europe soit avant tout une machine à distribuer des subventions agricoles. Année après année, force est de constater que l’Europe consacre plus de la moitié de ses crédits à l’agriculture. Nous aimerions que les mêmes montants soient affectés à la recherche, aux infrastructures, à l’enseignement…
La PAC, par ses barrières tarifaires, pénalise les producteurs agricoles des pays en voie de développement ; ces derniers pour pénétrer notre marché n’ont comme moyens de se spécialiser sur des niches légales ou illégales.
Depuis plus de vingt ans, il est répété qu’il faudrait rééquilibrer les dépenses au sein du budget européen… Nous pouvons toujours espérer que la nouvelle commission qui sera investie au mois de septembre le tente….
Fin de la chute libre pour la production industrielle dans la zone euro ?
Au mois de mai 2009, la production industrielle de la zone euro s'est accrue de 0,5 %. Ce résultat tout juste positif est néanmoins inférieur aux prévisions de différents instituts qui tablaient sur une croissance de 1,4 %.
Sur un an, la production industrielle a chuté de 17 %, soit une diminution sans précédent.
La France et l'Allemagne ont été les moteurs de la stabilisation avec une croissance de la production industrielle de respectivement de 2,6 % et 3,7 %. Sur un an, la production industrielle a chuté de 13 % en France et de 17 % en Allemagne.
La stabilisation de la production industrielle s'explique par les effets de la prime à la casse qui a été instituée dans 13 pays sur 27 en Europe. Ce sont les pays qui ont des entreprises automobiles qui connaissent le plus fort rebond.
La reprise économique dépend de celle du commerce mondial. En un an, les exportations allemandes se sont contractées de près de 25 %. Pour 2009, le commerce international devrait reculer de 10 points, soit la plus forte chute depuis 1950. Jusqu'à maintenant, les exportations augmentaient toujours plus vite que le PIB.
La fin de la prime à la casse risque de casser l'équilibre précaire de l'économie européenne. Il faut que le moteur des exportations reprennent afin que l'Allemagne puisse jouer son rôle de moteur de l'économie européenne.
la production industrielle dans la zone euro au mois de mai
Sur un an, la production industrielle a chuté de 17 %, soit une diminution sans précédent.
La France et l'Allemagne ont été les moteurs de la stabilisation avec une croissance de la production industrielle de respectivement de 2,6 % et 3,7 %. Sur un an, la production industrielle a chuté de 13 % en France et de 17 % en Allemagne.
La stabilisation de la production industrielle s'explique par les effets de la prime à la casse qui a été instituée dans 13 pays sur 27 en Europe. Ce sont les pays qui ont des entreprises automobiles qui connaissent le plus fort rebond.
La reprise économique dépend de celle du commerce mondial. En un an, les exportations allemandes se sont contractées de près de 25 %. Pour 2009, le commerce international devrait reculer de 10 points, soit la plus forte chute depuis 1950. Jusqu'à maintenant, les exportations augmentaient toujours plus vite que le PIB.
La fin de la prime à la casse risque de casser l'équilibre précaire de l'économie européenne. Il faut que le moteur des exportations reprennent afin que l'Allemagne puisse jouer son rôle de moteur de l'économie européenne.
la production industrielle dans la zone euro au mois de mai
lundi 13 juillet 2009
Et si Jacques Attali pour une fois se trompait ou pourquoi lutter contre les oligopoles
Jacques Attali dans l’Express du 9 juillet propose la fusion de la SNCF avec la Bundesbahn afin de constituer un grand groupe européen du transport ferroviaire. Ainsi, avec cette fusion, la SNCF bénéficierait du savoir-faire en matière de fret de son homologue allemand. Ce dernier éviterait une concurrence frontale dans le domaine de la grande vitesse. Il n’est pas certain du tout que le projet Attali soit apprécié de l’autre côté du Rhin. En effet, la Bundesbahn en voie de privatisation regarde plus l’Est que vers l’Ouest. Je ne suis pas convaincu que la gestion des statuts des salariés de la SNCF enchante nos amis allemands. Au-delà du symbole de l’amitié franco-allemande que ce projet serait censé porté, il convient de s’interroger sur le bienfondé de la création de nouveaux oligopoles.
L’Europe souffre non pas de trop de concurrence mais de pas assez de concurrence. La possibilité pour EDF après avoir levé plus de 3 milliards d’euros d’emprunt d’annoncer un relèvement de ses tarifs de 20 % sur trois ans démontre que les jeux du marché sont insuffisants.
Ce que EDF n’a pas pris aux épargnants, il le prendra aux consommateurs. Certes, la marché est libre mais est faussé par le maintien des tarifs réglementés qui lient les anciens consommateurs. Ce qui est bien avec l’électricien national, c’est qu’il se comporte en concurrent offensif sur les autres marchés et que son marché national il a opté pour un régime de seigneuriage.
La SNCF est dans une situation de monopole qui devrait s’achever à la fin de l’année. L’idée de la fusion avec la Bundesbahn qui après avoir accumulé des pertes est aujourd’hui rentable vise à empêcher l’émergence d’un véritable concurrent. Certes, Air France si la crise lui permet fera circuler quelques TGV pour mieux relier la province à Roissy mais cela ne changera pas la donne.
Aux Etats-Unis, l’éclatement d’ATT et d’ITT en association avec la déréglementation a permis l’émergence des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Les Babybells ont été source de croissance dont il conviendrait de s'inspirer en Europe.
Depuis plus de vingt ans, le quasi monopole de Microsoft est une source de sclérose. L’arrivée de nouveaux concurrents avec Linux et Google, heureusement, offrent de nouvelles perspectives.
Les Etats-Unis ont soit la capacité juridique, soit la capacité technologique de mettre un terme aux monopoles ou aux oligopoles. Or, en Europe et tout particulièrement en France, il y a un goût prononcé pour la création de méga-entreprises. L’alliance GDF-Suez a conforté les marchés des entreprises fusionnées sans aboutir à la création de nouvelles offres pour les consommateurs.
L’idée que seules quelques grandes firmes doivent survivre est un contre-sens économique. Les fusions de grands groupes ne sont pas créateurs d’emplois bien au contraire. Ils ne sont créateurs de richesse pour les actionnaires et encore ce n’est pas évident sur le long terme. Cela fait beau sur le papier, c’est tout.
Le dynamisme économique de la France et de l’Europe passe par plus de concurrence. Il faut avoir le courage de mettre un terme aux oligopoles qui nuisent à la fois aux consommateurs et à la croissance en passant éventuellement par leur scission.
L’Europe souffre non pas de trop de concurrence mais de pas assez de concurrence. La possibilité pour EDF après avoir levé plus de 3 milliards d’euros d’emprunt d’annoncer un relèvement de ses tarifs de 20 % sur trois ans démontre que les jeux du marché sont insuffisants.
Ce que EDF n’a pas pris aux épargnants, il le prendra aux consommateurs. Certes, la marché est libre mais est faussé par le maintien des tarifs réglementés qui lient les anciens consommateurs. Ce qui est bien avec l’électricien national, c’est qu’il se comporte en concurrent offensif sur les autres marchés et que son marché national il a opté pour un régime de seigneuriage.
La SNCF est dans une situation de monopole qui devrait s’achever à la fin de l’année. L’idée de la fusion avec la Bundesbahn qui après avoir accumulé des pertes est aujourd’hui rentable vise à empêcher l’émergence d’un véritable concurrent. Certes, Air France si la crise lui permet fera circuler quelques TGV pour mieux relier la province à Roissy mais cela ne changera pas la donne.
Aux Etats-Unis, l’éclatement d’ATT et d’ITT en association avec la déréglementation a permis l’émergence des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Les Babybells ont été source de croissance dont il conviendrait de s'inspirer en Europe.
Depuis plus de vingt ans, le quasi monopole de Microsoft est une source de sclérose. L’arrivée de nouveaux concurrents avec Linux et Google, heureusement, offrent de nouvelles perspectives.
Les Etats-Unis ont soit la capacité juridique, soit la capacité technologique de mettre un terme aux monopoles ou aux oligopoles. Or, en Europe et tout particulièrement en France, il y a un goût prononcé pour la création de méga-entreprises. L’alliance GDF-Suez a conforté les marchés des entreprises fusionnées sans aboutir à la création de nouvelles offres pour les consommateurs.
L’idée que seules quelques grandes firmes doivent survivre est un contre-sens économique. Les fusions de grands groupes ne sont pas créateurs d’emplois bien au contraire. Ils ne sont créateurs de richesse pour les actionnaires et encore ce n’est pas évident sur le long terme. Cela fait beau sur le papier, c’est tout.
Le dynamisme économique de la France et de l’Europe passe par plus de concurrence. Il faut avoir le courage de mettre un terme aux oligopoles qui nuisent à la fois aux consommateurs et à la croissance en passant éventuellement par leur scission.
vendredi 10 juillet 2009
Déclassement social en France
Le Conseil d'Analyse stratégique placé auprès du Premier Ministre a remis un rapport sur la mesure du déclassement.
Les Français, de nature anxiogène, considèrent que leurs conditions de vie se dégradent depuis plusieurs années. ce sentiment n'est qu'en partie confirmé par les chiffres.
Certes le PIB par habitant recule et une part non négligeable des trentenaires et des quadragénaires se retrouvent plus bas dans l'échelle sociale que leurs parents (22 à 25 % contre 18 % en 1980).
Le bac et même les diplômes de l'enseignement supérieur ne sont plus des gages d'ascenseur social. La surqualification est constatée surtout dans la fonction publique d'où des frustrations internes et externes.
Pourtant depuis 1970, le niveau de vie a augmenté de 70 % pour les classes moyennes.
Il faut noter que l'évolution rapide des postes de dépenses joue dans le sentiment de dégradation du niveau de vie. Le poids des dépenses de logement est passé au sein des revenus de 10 à 19 % de 1984 à 2006.
Les dépenses liées aux nouvelles technologies de communication ne sont perçues que sous a forme d'un coût supplémentaire et non comme la marque d'un progrès.
Les Français, de nature anxiogène, considèrent que leurs conditions de vie se dégradent depuis plusieurs années. ce sentiment n'est qu'en partie confirmé par les chiffres.
Certes le PIB par habitant recule et une part non négligeable des trentenaires et des quadragénaires se retrouvent plus bas dans l'échelle sociale que leurs parents (22 à 25 % contre 18 % en 1980).
Le bac et même les diplômes de l'enseignement supérieur ne sont plus des gages d'ascenseur social. La surqualification est constatée surtout dans la fonction publique d'où des frustrations internes et externes.
Pourtant depuis 1970, le niveau de vie a augmenté de 70 % pour les classes moyennes.
Il faut noter que l'évolution rapide des postes de dépenses joue dans le sentiment de dégradation du niveau de vie. Le poids des dépenses de logement est passé au sein des revenus de 10 à 19 % de 1984 à 2006.
Les dépenses liées aux nouvelles technologies de communication ne sont perçues que sous a forme d'un coût supplémentaire et non comme la marque d'un progrès.
mardi 7 juillet 2009
La lettre du mois de juillet de Conseils Privés
Le tout Etat est-il la solution pour juguler la crise? l'épargne américaine est de retour comme le dollar, la bataille de la certification dans le domaine du développement durable, Robert Reich et le projet de réforme de la régulation financière d'Obama... autant de sujets traités dans la lettre du mois de juillet de Conseils Privés.
Lire la lettre

Lire la lettre

dimanche 5 juillet 2009
La lettre n°36 du Cercle
Au sommaire de la lettre n°36 du Cercle, la question de l'âge légal de départ à la retraite, la pris en compte de la pénibilité du travail en Italie, le PERP, le PERCO, l'emprunt public....
Lire la lettre

Lire la lettre

mercredi 1 juillet 2009
Accélération du vieillissement
Selon une étude de l'INED, il a fallu 114 ans à la France afin que la part des personnes de plus de 65 ans passe de 7 à 14 % de la population totale ; pour le Royaume-Uni, il a fallu 45 ans,; pour les Etats-Unis 71 ans. Pour les pays émergents, le vieillissement en cours sera encore plus brutal. Ainsi, pour la Chine il faudra 25 ans, pour le Brésil 24 ans, pour le Vietnam 17 ans comme pour la Syrie. Tous ces pays auront vu le doublement de la part des personnes âgées intervenir d'ici 2050. Toujours selon l'INED, le nombre de personnes de plus de 65 ans triplera d'ici 2050 quand la population mondiale n'augmentera que de 33 %.
Le défi du financement des retraites est bien mondial et imposera de modifier en profondeur le système économique et social.
lire l'étude de l'INED
Le défi du financement des retraites est bien mondial et imposera de modifier en profondeur le système économique et social.
lire l'étude de l'INED
lundi 29 juin 2009
Mais quand pourrais-je partir à la retraite ?
Si à l'occasion du sondage du Cercle du mois de mars 2009, une majorité relative de sondés s'était déclarée pas opposée au report à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite, le sondage de l'IFOP pour Ouest France réalisé les 25/26 juin souligne que 69 % des Français sont opposés au recul de l'âge de départ à la retraite. Le débat public engagé par le Gouvernement aboutit à raidir les opinions sur un sujet sensible. La retraite à 60 ans figure au panthéon des acquis sociaux...
En revanche, sur les autres thèmes abordés, le sondage confirme les résultats du Cercle. Ainsi, 75% des personnes se déclarent inquiètes face au problème des retraites.
L'allongement de la durée de cotisation reçoit un accueil favorable pour 38 % des sondés et 62 % sont opposés.
Seulement 9 % des Français seraient prêts à accepter la baisse des pensions. Or, de manière implicite, c'est ce qui risque de se passer à défaut d'engager une réelle réforme des retraites.
La moitié des sondés sont favorables au développement de compléments par capitalisation soit un score quasi identique à celui du Cercle (52 %).
En revanche, sur les autres thèmes abordés, le sondage confirme les résultats du Cercle. Ainsi, 75% des personnes se déclarent inquiètes face au problème des retraites.
L'allongement de la durée de cotisation reçoit un accueil favorable pour 38 % des sondés et 62 % sont opposés.
Seulement 9 % des Français seraient prêts à accepter la baisse des pensions. Or, de manière implicite, c'est ce qui risque de se passer à défaut d'engager une réelle réforme des retraites.
La moitié des sondés sont favorables au développement de compléments par capitalisation soit un score quasi identique à celui du Cercle (52 %).
samedi 27 juin 2009
Dossier Retraite dans le Fig Mag du 27 juin
Le Fig Mag de ce fin de mois de juin comprend un dossier sur les retraites : solutions pour l'améliorer, la question de l'âge légal de départ à la retraite... Un test réalisé par le Cercle des Epargnants pour savoir si nous sommes bien préparés pour faire financièrement face à la cessation d'activité.
Lire l'article sur la question de l'âge de départ à la retraite
Lire l'article "faire les bons choix pour de belles années"
Lire l'article "le PERP en attente de réforme"
Lire l'article sur la question de l'âge de départ à la retraite
Lire l'article "faire les bons choix pour de belles années"
Lire l'article "le PERP en attente de réforme"
jeudi 25 juin 2009
La mode est à l'emprunt
Après EDF, c'est au tour de l'Etat de sortir de son panier un emprunt destiné au grand public. Depuis le Gouvernement d'Edouard Balladur (1993-1995), nous avions perdu l'habitude de donner à l'Etat en plus des impôts une part de notre épargne. Est-ce une bonne idée de remettre l'argent chèrement gagné à la sueur de notre front à l'Etat afin qu'il investisse, du moins selon les dires de ses plus hauts représentants, dans des projets porteurs d'avenir. Le grand emprunt est avant tout un instrument de communication visant à mobiliser l'opinion publique autour du projet présidentiel. En effet, l'Etat n'a pas besoin de notre argent pour financer ses déficits. Il empruntera plus de 100 milliards d'euros sur les marchés ou auprès des institutionnels. Non, l'objectif du grand emprunt est de démontrer que l'Etat s'endette pour mieux préparer demain, pour construire la future croissance.
Au-delà des mots, l'épargnant devra prendre en compte le taux, autour de 4 % certainement, le montant des prélèvements fiscaux et sociaux, environ 30 % et les frais de gestion.
Par ailleurs, le montant du capital est garanti au terme de l'emprunt ; entre temps, le capital évolue en fonction des taux. Si les taux augmentent, la valeur des obligations baissent. En outre, en cas d'inflation, le capital n'est pas sauf clause d'indexation réévalué.
En règle générale, les actions supportent mieux l'inflation que les obligations....
Au-delà des mots, l'épargnant devra prendre en compte le taux, autour de 4 % certainement, le montant des prélèvements fiscaux et sociaux, environ 30 % et les frais de gestion.
Par ailleurs, le montant du capital est garanti au terme de l'emprunt ; entre temps, le capital évolue en fonction des taux. Si les taux augmentent, la valeur des obligations baissent. En outre, en cas d'inflation, le capital n'est pas sauf clause d'indexation réévalué.
En règle générale, les actions supportent mieux l'inflation que les obligations....
mardi 23 juin 2009
Un emprunt pour quoi faire ?
Nicolas Sarkozy, devant le Congrès de Versailles, le 22 juin 2009, a annoncé le lancement d’un grand emprunt national afin de financer de grands projets d’investissement et contribuer à bien sortir de la récession.
Parier sur l’investissement, sur l’innovation constitue, en effet, une nécessité.
Au-delà de l’éclatement de la bulle financière, la crise actuelle est avant tout une crise de productivité et d’épuisement du précédent cycle d’innovations.
Les pays anciennement industrialisés n’ont pas face à la concurrence des pays émergents n’ont pas réussi à améliorer leur productivité et surtout à retrouver des espaces de compétitivité.
L’argent peu cher offert par les banques centrales après le 11 septembre 2001 a favorisé la recherche de gains rapides, spéculatifs. Les innovations financières ont ainsi supplanté les innovations techniques.
Si le grand emprunt par sa force symbolique permet aux acteurs de redonner de la valeur au temps et de se projeter économiquement dans l’avenir, il aura servi à quelque chose.
En revanche, bien évidemment, le grand emprunt n’est rien d’autre que de la dette en plus. Bien évidemment, l’Etat empruntera cette année pour financer son quotidien plus de 100 milliards d’euros.
Un emprunt national se distingue des lignes classiques d’obligations assimilables du Trésor par l’appel direct à l’épargne des particuliers. Il se distingue également par les conditions ou les modalités d’émission (indexation sur les prix ou l’or, régime fiscal, taux d’intérêt…).
Les grands emprunts nationaux ont eu leurs moments de gloire sous la IIIIème République (au nom de la défense nationale durant la 1ère guerre mondiale). Ces emprunts visaient à mobiliser les capitaux afin de préparer la prochaine guerre et de financer les conquêtes coloniales.
Plus rares après 1945, certains sont néanmoins restés célèbres en particulier en raison de leur clause d’indexation ou leur régime fiscal incitatif (emprunts Pinay, emprunts Giscard 1973). Ils avaient comme objectifs de freiner l’inflation et de financer les grandes infrastructures publiques.
Les derniers grands emprunts sont ceux émis par Edouard Balladur durant la première cohabitation (1986-1988) d’un montant de 100 milliards de francs.
La mutation des marchés financiers à partir de 1985 lancée par Pierre Bérégovoy a sonné le glas des emprunts destinés au grand public. Les lignes d’obligations assimilables du trésor qui sont émise en flux continu ont remplacé les grandes opérations. Les investisseurs institutionnels achètent les OAT pour les intégrer dans leurs différents produits (SICAV, FCP, fonds de fonds…)
L’emprunt Sarkozy sera Les grands emprunts nationaux sont avant tout symboliques. Ils servent à mobiliser l’opinion en faveur des objectifs fixés par le Gouvernement.
L’emprunt peut avoir un impact positif s’il sert réellement à financer les investissements (infrastructure, recherche, éducation…). En revanche, il risque de freiner la consommation. Il faut pour éviter cet écueil qu’il mobilise l’épargne à court terme en la transformant en épargne à long terme.
Parier sur l’investissement, sur l’innovation constitue, en effet, une nécessité.
Au-delà de l’éclatement de la bulle financière, la crise actuelle est avant tout une crise de productivité et d’épuisement du précédent cycle d’innovations.
Les pays anciennement industrialisés n’ont pas face à la concurrence des pays émergents n’ont pas réussi à améliorer leur productivité et surtout à retrouver des espaces de compétitivité.
L’argent peu cher offert par les banques centrales après le 11 septembre 2001 a favorisé la recherche de gains rapides, spéculatifs. Les innovations financières ont ainsi supplanté les innovations techniques.
Si le grand emprunt par sa force symbolique permet aux acteurs de redonner de la valeur au temps et de se projeter économiquement dans l’avenir, il aura servi à quelque chose.
En revanche, bien évidemment, le grand emprunt n’est rien d’autre que de la dette en plus. Bien évidemment, l’Etat empruntera cette année pour financer son quotidien plus de 100 milliards d’euros.
Un emprunt national se distingue des lignes classiques d’obligations assimilables du Trésor par l’appel direct à l’épargne des particuliers. Il se distingue également par les conditions ou les modalités d’émission (indexation sur les prix ou l’or, régime fiscal, taux d’intérêt…).
Les grands emprunts nationaux ont eu leurs moments de gloire sous la IIIIème République (au nom de la défense nationale durant la 1ère guerre mondiale). Ces emprunts visaient à mobiliser les capitaux afin de préparer la prochaine guerre et de financer les conquêtes coloniales.
Plus rares après 1945, certains sont néanmoins restés célèbres en particulier en raison de leur clause d’indexation ou leur régime fiscal incitatif (emprunts Pinay, emprunts Giscard 1973). Ils avaient comme objectifs de freiner l’inflation et de financer les grandes infrastructures publiques.
Les derniers grands emprunts sont ceux émis par Edouard Balladur durant la première cohabitation (1986-1988) d’un montant de 100 milliards de francs.
La mutation des marchés financiers à partir de 1985 lancée par Pierre Bérégovoy a sonné le glas des emprunts destinés au grand public. Les lignes d’obligations assimilables du trésor qui sont émise en flux continu ont remplacé les grandes opérations. Les investisseurs institutionnels achètent les OAT pour les intégrer dans leurs différents produits (SICAV, FCP, fonds de fonds…)
L’emprunt Sarkozy sera Les grands emprunts nationaux sont avant tout symboliques. Ils servent à mobiliser l’opinion en faveur des objectifs fixés par le Gouvernement.
L’emprunt peut avoir un impact positif s’il sert réellement à financer les investissements (infrastructure, recherche, éducation…). En revanche, il risque de freiner la consommation. Il faut pour éviter cet écueil qu’il mobilise l’épargne à court terme en la transformant en épargne à long terme.
dimanche 21 juin 2009
Age de départ à la retraite, le débat est lancé ?
Dans son édition du 21/22 juin, le journal "Le Monde" consacre un dossier à la vie après soixante ans. Soulignant que le déficit de l'assurance-vieillesse et aussi le raccourcissement de la période d'activité posent immanquablement la question du recul de l'âge de départ à ma retraite.
Il est noté que la France se caractérise par son faible taux d'emploi des seniors (38,2 %) et également un âge moyen de départ à la retraite très bas (59,5 ans pour les hommes et 59,4 ans pour les femmes). En Suède, le taux d'emploi des 55/64 ans est de 70,3 % ; l'âge moyen de sortie du marché du travail y est de 64,2 ans pour les hommes et de 63,6 ans pour les femmes. Au Royaume-Uni, le taux d'emploi des seniors est de 58,2 % avec un âge de départ de 63,6 ans pour les hommes et de 61,7 pour les femmes. En Allemagne, le taux d'emploi est de 53,8 % et l'âge de départ est de 62,6 pour les hommes et de 61,5 ans pour les femmes.
Les journalistes du Monde indiquent que si le MEDEF veut porter l'âge légal 63,5 ans, les syndicats sont assez opposés à toute modification et mettent comme préalable la prise en compte de la pénibilité. Or, les négociations sur le sujet ont échoué l'année dernière après plus de trois ans de discussion.
lire le dossier du Monde
Il est noté que la France se caractérise par son faible taux d'emploi des seniors (38,2 %) et également un âge moyen de départ à la retraite très bas (59,5 ans pour les hommes et 59,4 ans pour les femmes). En Suède, le taux d'emploi des 55/64 ans est de 70,3 % ; l'âge moyen de sortie du marché du travail y est de 64,2 ans pour les hommes et de 63,6 ans pour les femmes. Au Royaume-Uni, le taux d'emploi des seniors est de 58,2 % avec un âge de départ de 63,6 ans pour les hommes et de 61,7 pour les femmes. En Allemagne, le taux d'emploi est de 53,8 % et l'âge de départ est de 62,6 pour les hommes et de 61,5 ans pour les femmes.
Les journalistes du Monde indiquent que si le MEDEF veut porter l'âge légal 63,5 ans, les syndicats sont assez opposés à toute modification et mettent comme préalable la prise en compte de la pénibilité. Or, les négociations sur le sujet ont échoué l'année dernière après plus de trois ans de discussion.
lire le dossier du Monde
mercredi 17 juin 2009
L'emprunt d'EDF est-il un bon placement ? interview dans le parisien
EDF émet un emprunt destiné aux particuliers de un milliard d'euros sur 5 ans rémunéré à 4,5 %. Cette opération est avant tout un coup de communication. Elle permet à l'entreprise publique de mettre en avant ses projets et de taire ses problèmes financiers, son endettement de 24,5 milliards d'euros, les retards de l'EPR et le coût de ses acquisitions au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis.
Lire l'interview
Lire l'interview
mardi 16 juin 2009
les âges de départ à la retraite
Le retour sur le devant de la scène de la question de l'âge de départ à la retraite ne doit pas nous faire oublier qu'il n'y a pas, en la matière, pas un âge mais plusieurs âges rentrant en jeu pour partir à la retraite.
Ainsi, il y a l'âge réel de départ à la retraite, l'âge à partir duquel on ne travaille plus et à partir duquel on perçoit une pension. En 2008, les Français sont partis à la retraite, en moyenne à 61,03 ans contre 60,91 ans en 2007. Néanmoins, de très nombreux actifs prennent leur retraite avant 60 ans (préretraite, retraite anticipée, dispense de recherche d'emploi, régimes spéciaux). Seulement 49 % des Français sont encore actifs après 59 ans.
L’âge réel de départ à la retraite est de 53,8 ans à la RATP, de 58,5 ans pour les fonctionnaires de l’Etat, de 61,1 ans pour les salariés su privé et de 65 ans pour les avocats.
L'âge légal de départ à la retraite qui est fixé depuis 1982 renvoie à la notion de l'âge à partir duquel un actif peut prendre de sa propre initiative sa retraite ce qui ne signifie pas qu'il obtiendra une retraite à taux plein. Sa retraite sera calculée en fonction des droits accumulés durant sa période d'activité. Pour obtenir la retraite à taux plein sans condition de droits, il faut avoir 65 ans.
Enfin, depuis le 1er janvier 2009, tout salarié ne peut pas être mis d'office à la retraite jusqu'à 70 ans. Si un employeur souhaite se séparer d'un salarié de plus de 65 ans, il faut qu'il passe par un licenciement. Cette barrière fixée à 70 ans est certainement illégale car elle constitue une discrimination en fonction de l'âge.
De nombreux pays ne disposent pas d'âge légal de départ à la retraite. Ils retiennent simplement des âges permettant de partir avec une retraite à taux plein sans décote.
En moyenne, l'âge de la retraite sein de l'OCDE est aujourd'hui de 65 ans. Plusieurs pays ont prévu de la porter progressivement à 67 voire 69 ans.
En Australie, l'âge de la retraite a été reculé de 60 à 65 ans. En Autriche, il est en voie de passer de 62 à 65 ans. En Corée, il a été relevé de 60 à 65 ans. Au Danemark, un système de relèvement progressif de 65 à 67 ans a été adopté. En Grèce, il est porté de 58 à 65 ans. En Hongrie, il a été fixé à 62 ans tout comme en Italie. Au Japon, l'âge a été fixé à 65 ans tout comme en Nouvelle Zélande et au Portugal. En République Slovaque, l'âge a été relevé à 62 ans ; en république Tchèque à 63 ans. Au Royaume-Uni, l'âge d'éligibilité des droits est de 65 ans. En Turquie, l'âge de la retraite est de 65 ans. En Norvège, en Islande et aux Etats-Unis, l'âge de la retraite est fixé à 67 ans. La France avec son âge fixé à 60 ans est le pays où l'âge est le plus bas.
Si le Gouvernement décidait de fixer la retraite à 62 ans, cette mesure génèrerait une économie de près de 7 milliards d'euros (6,6 milliards d'euros). Selon le dernier sondage du Cercle des Epargnants, une majorité de Français n'était pas opposée à travailler jusqu'à 62 ans ce qui constituait une inflexion par rapport aux précédents résultats.
Ainsi, il y a l'âge réel de départ à la retraite, l'âge à partir duquel on ne travaille plus et à partir duquel on perçoit une pension. En 2008, les Français sont partis à la retraite, en moyenne à 61,03 ans contre 60,91 ans en 2007. Néanmoins, de très nombreux actifs prennent leur retraite avant 60 ans (préretraite, retraite anticipée, dispense de recherche d'emploi, régimes spéciaux). Seulement 49 % des Français sont encore actifs après 59 ans.
L’âge réel de départ à la retraite est de 53,8 ans à la RATP, de 58,5 ans pour les fonctionnaires de l’Etat, de 61,1 ans pour les salariés su privé et de 65 ans pour les avocats.
L'âge légal de départ à la retraite qui est fixé depuis 1982 renvoie à la notion de l'âge à partir duquel un actif peut prendre de sa propre initiative sa retraite ce qui ne signifie pas qu'il obtiendra une retraite à taux plein. Sa retraite sera calculée en fonction des droits accumulés durant sa période d'activité. Pour obtenir la retraite à taux plein sans condition de droits, il faut avoir 65 ans.
Enfin, depuis le 1er janvier 2009, tout salarié ne peut pas être mis d'office à la retraite jusqu'à 70 ans. Si un employeur souhaite se séparer d'un salarié de plus de 65 ans, il faut qu'il passe par un licenciement. Cette barrière fixée à 70 ans est certainement illégale car elle constitue une discrimination en fonction de l'âge.
De nombreux pays ne disposent pas d'âge légal de départ à la retraite. Ils retiennent simplement des âges permettant de partir avec une retraite à taux plein sans décote.
En moyenne, l'âge de la retraite sein de l'OCDE est aujourd'hui de 65 ans. Plusieurs pays ont prévu de la porter progressivement à 67 voire 69 ans.
En Australie, l'âge de la retraite a été reculé de 60 à 65 ans. En Autriche, il est en voie de passer de 62 à 65 ans. En Corée, il a été relevé de 60 à 65 ans. Au Danemark, un système de relèvement progressif de 65 à 67 ans a été adopté. En Grèce, il est porté de 58 à 65 ans. En Hongrie, il a été fixé à 62 ans tout comme en Italie. Au Japon, l'âge a été fixé à 65 ans tout comme en Nouvelle Zélande et au Portugal. En République Slovaque, l'âge a été relevé à 62 ans ; en république Tchèque à 63 ans. Au Royaume-Uni, l'âge d'éligibilité des droits est de 65 ans. En Turquie, l'âge de la retraite est de 65 ans. En Norvège, en Islande et aux Etats-Unis, l'âge de la retraite est fixé à 67 ans. La France avec son âge fixé à 60 ans est le pays où l'âge est le plus bas.
Si le Gouvernement décidait de fixer la retraite à 62 ans, cette mesure génèrerait une économie de près de 7 milliards d'euros (6,6 milliards d'euros). Selon le dernier sondage du Cercle des Epargnants, une majorité de Français n'était pas opposée à travailler jusqu'à 62 ans ce qui constituait une inflexion par rapport aux précédents résultats.
dimanche 14 juin 2009
La dette, l'épargnant et le contribuable
L’endettement public, what’s else ?
De 2007 à 2014, la dette publique des dix pays les plus riches passera de 78 à 114 % du PIB. Chaque habitant portera une dette de plus de 50 000 dollars. Jamais, en période de paix, les pays industrialisés se sont endettés aussi fortement aussi rapidement.
La porte de sortie serait soit l’inflation qui permet de diminuer la valeur du capital par érosion monétaire et ainsi léser les épargnants, soit le relèvement des impôts ce qui reviendrait à ponctionner les contribuables avec le risque de porter atteinte à la consommation et donc à la croissance.
Aujourd’hui, le scénario de l’inflation a les faveurs des experts car le niveau des prélèvements obligatoires a, en particulier, en Europe atteint des niveaux très élevés. En outre, le recours actuel à l’endettement intervient au plus mauvais moment, à la veille du papy-boom qui exigera de mobiliser des sommes croissantes dans les domaines de la retraite, de la santé ou de la dépendance.
Même des auteurs libéraux comme Jacques Marseille abandonnent les canons monétaristes en expliquant que les « 30 glorieuses » coïncident avec une vague inflationniste. L’inflation permettrait, en outre, de faciliter l’accès au capital des familles à revenus modestes et moyens. En deux mots, l’épargnant n’a pas à se plaindre si son capital s’érode, il n’avait qu’à consommer.
Le raisonnement en cours est assez malthusien. L’endettement n’est pas en soi un crime, ni un problème à la condition que l’argent ainsi emprunté procure un gain supérieur à son coût. Si l’endettement génère de la croissance, c’est cette dernière qui ouvrira la porte de la solution. Si, en revanche, le rendement réel, économique de la dette est inférieur à son coût, il faudra bien trouver une victime pour la rembourser. Le débat sur son montant est secondaire. De toute façon, il fallait sauver le système bancaire. La question aujourd’hui, c’est que cette dette permette de retrouver les chemins de la croissance faute de quoi il y aura tout à la fois de la stagnation, des impôts et peut-être de l’inflation. L’endettement aura donné du temps au temps sans rien de plus. Espérons que nous ayons affaire à une dette positive.
De 2007 à 2014, la dette publique des dix pays les plus riches passera de 78 à 114 % du PIB. Chaque habitant portera une dette de plus de 50 000 dollars. Jamais, en période de paix, les pays industrialisés se sont endettés aussi fortement aussi rapidement.
La porte de sortie serait soit l’inflation qui permet de diminuer la valeur du capital par érosion monétaire et ainsi léser les épargnants, soit le relèvement des impôts ce qui reviendrait à ponctionner les contribuables avec le risque de porter atteinte à la consommation et donc à la croissance.
Aujourd’hui, le scénario de l’inflation a les faveurs des experts car le niveau des prélèvements obligatoires a, en particulier, en Europe atteint des niveaux très élevés. En outre, le recours actuel à l’endettement intervient au plus mauvais moment, à la veille du papy-boom qui exigera de mobiliser des sommes croissantes dans les domaines de la retraite, de la santé ou de la dépendance.
Même des auteurs libéraux comme Jacques Marseille abandonnent les canons monétaristes en expliquant que les « 30 glorieuses » coïncident avec une vague inflationniste. L’inflation permettrait, en outre, de faciliter l’accès au capital des familles à revenus modestes et moyens. En deux mots, l’épargnant n’a pas à se plaindre si son capital s’érode, il n’avait qu’à consommer.
Le raisonnement en cours est assez malthusien. L’endettement n’est pas en soi un crime, ni un problème à la condition que l’argent ainsi emprunté procure un gain supérieur à son coût. Si l’endettement génère de la croissance, c’est cette dernière qui ouvrira la porte de la solution. Si, en revanche, le rendement réel, économique de la dette est inférieur à son coût, il faudra bien trouver une victime pour la rembourser. Le débat sur son montant est secondaire. De toute façon, il fallait sauver le système bancaire. La question aujourd’hui, c’est que cette dette permette de retrouver les chemins de la croissance faute de quoi il y aura tout à la fois de la stagnation, des impôts et peut-être de l’inflation. L’endettement aura donné du temps au temps sans rien de plus. Espérons que nous ayons affaire à une dette positive.
mercredi 10 juin 2009
La lettre d'information n°5 de Conseils Privés
La lettre d'analyse et d'information économique de Conseils Privés du mois de juin est publiée. Au sommaire, l'évolution du chômage des jeunes depuis 1964, le benchmark des récessions, le rendement comparé des produits financiers. Dans la rubrique du mois, les services à la personne et les nouvelles frontières technologiques.
lire la lettre n° 5 de Conseils Privés

lire la lettre n° 5 de Conseils Privés

mardi 9 juin 2009
Rente et rente, fiscalité varie
De nombreux produits d'épargne prévoient des sorties en rente. Mais elles ne sont pas toutes imposées de la même manière. En effet, en France, il y a deux catégories de rente, les rentes viagères et les rentes à titre onéreux. Ces dernières sont considérées comme des salaires et sont donc assujetties aux mêmes règles d'imposition. Pour les rentes à titre gratuit, leur imposition varie en fonction de l'âge duquel le titulaire du produit d'épargne en bénéficie.
Ainsi, le titulaire d'un contrat d'assurance-vie sortant en rente ne sera imposé que sur une fraction de celle ci à hauteur de :
- 70 % de sa valeur s'il a moins de 50 ans ;
- 50 % de sa valeur s'il à entre 50 et 59 ans ;
- 40 % de sa valeur s'il a entre 60 et 69 ans
- 30 % de sa valeur s'il a plus de 70 ans.
Ce régime s'applique au PERCO et au PEA.
En revanche, pour le PERP, c'est le plein assujettissement à l'IR. En contrepartie, ce produit bénéficie d'un avantage fiscal à l'entrée (déduction sur les revenus).
De toute façon, les prélèvements sociaux s'appliquent soit 12,1 %.
Ainsi, le titulaire d'un contrat d'assurance-vie sortant en rente ne sera imposé que sur une fraction de celle ci à hauteur de :
- 70 % de sa valeur s'il a moins de 50 ans ;
- 50 % de sa valeur s'il à entre 50 et 59 ans ;
- 40 % de sa valeur s'il a entre 60 et 69 ans
- 30 % de sa valeur s'il a plus de 70 ans.
Ce régime s'applique au PERCO et au PEA.
En revanche, pour le PERP, c'est le plein assujettissement à l'IR. En contrepartie, ce produit bénéficie d'un avantage fiscal à l'entrée (déduction sur les revenus).
De toute façon, les prélèvements sociaux s'appliquent soit 12,1 %.
lundi 8 juin 2009
la lettre n°35 du Cercle des Epargnants
Au sommaire de la lettre n°35 du Cercle des Epargnants :
- les derniers résultats de l'assurance-vie
- l'emploi des seniors
- la directive Solvency 2
- le rapport du Conseil d'analyse économique sur l'épargne
- l'emploi des seniors
- la dépendance.
télécharger la lettre n°35
Le Cercle édite chaque mois une lettre d'information sur l'actualité de l'épargne et de la retraite. Toutes les lettres sont consultables sur le site du Cercle.
- les derniers résultats de l'assurance-vie
- l'emploi des seniors
- la directive Solvency 2
- le rapport du Conseil d'analyse économique sur l'épargne
- l'emploi des seniors
- la dépendance.
télécharger la lettre n°35
Le Cercle édite chaque mois une lettre d'information sur l'actualité de l'épargne et de la retraite. Toutes les lettres sont consultables sur le site du Cercle.
dimanche 7 juin 2009
Et oui le dollar n'est pas encore mort
Pourquoi le dollar a encore de bons jours devant lui ?
Avec la crise économique et financière, il est de bon ton de crier que l’ère du dollar, monnaie de réserve se termine. Certes, plusieurs pays comme la Russie, l’Inde voire la Chine ont indiqué qu’ils réfléchissaient à trouver un successeur à la monnaie américaine. Mais, au-delà des moulinets politiques et diplomatiques, les fondamentaux du dollar sont-ils réellement affaiblis.
L’économie américaine reste de loin la première puissance économique avec environ 25 % du PIB mondial. Elle a montré ces trente dernières années sa capacité de réaction et d’adaptation. Donnée moribonde à la fin des années soixante-dix, elle a retrouvé de sa superbe dans les années quatre-vingt-dix. Elle dispose de nombreux atouts dont sa capacité à attirer les plus grands chercheurs de toute la planète. Les Etats-Unis demeurent une gigantesque plaque tournante. Tous les autres pays et en premier lieu la Chine pour s’enrichir.
Les Etats-Unis ont enregistré depuis vingt ans une croissance supérieure d’un point à la moyenne de l’OCDE. Le rendement des placements action en dollar reste sur moyenne période le plus performant.
Même avec la crise des subprimes, même avec la crise financière qui en a découlé, malgré la déconfiture de l’industrie automobile, la récession aux Etats-Unis est inférieure à celle de l’Europe.
Au-delà des rodomontades d’estrade, le dollar US reste incontournable. Son remplacement n’est pas aisé. Le dollar demeure l’étalon car il est tout à la fois la référence, la monnaie du commerce international et la monnaie de réserve.
Quelle monnaie pourrait prétendre le remplacer ? L’euro ? La monnaie européenne demeure une monnaie régionale car les Etats membres de l’Union commerce essentiellement en son sein. Sa création récente joue contre elle. Les rumeurs, fausses par ailleurs, de sortie de tels ou tels pays contribuent à la fragiliser. De même, l’adhésion de nouveaux Etats membres peut conduire les investisseurs internationaux à la prudence. De même, le volume réduit des actifs exprimés en euros ne lui permet pas (encore) de contester la suprématie américaine.
La création d’une monnaie de réserve par la Russie, l’Inde et la Chine n’apparaît guère sérieuse. La force du dollar est de reposée sur un pays au régime politique stable et prévisible ce qui n’est pas le cas des trois pays précédemment cités.
Il reste l’idée de créer une monnaie ex nihilo, le DTS cher à Keynes. Qui le gérera, une super banque centrale, selon quels objectifs… Il s’agit pour l’instant d’une utopie.
D’autres imagine une époque marquée par la cohabitation de plusieurs monnaies de réserve. Les périodes à plusieurs étalons ont toujours été funestes pour l’économie et se sont toujours soldées par la victoire d’un des étalons, l’or contre l’argent, le dollar contre l’or.
Tant que les Etats-Unis demeureront la principale source de création de richesses et la plaque tournante, le dollar a de fortes chances d’être la monnaie de réserve d’autant plus que dans les périodes de crise, les investisseurs optent pour la sécurité et le conservatisme. Les menaces chinoises ou européennes alimentent plus le débat que la science économique.
Avec la crise économique et financière, il est de bon ton de crier que l’ère du dollar, monnaie de réserve se termine. Certes, plusieurs pays comme la Russie, l’Inde voire la Chine ont indiqué qu’ils réfléchissaient à trouver un successeur à la monnaie américaine. Mais, au-delà des moulinets politiques et diplomatiques, les fondamentaux du dollar sont-ils réellement affaiblis.
L’économie américaine reste de loin la première puissance économique avec environ 25 % du PIB mondial. Elle a montré ces trente dernières années sa capacité de réaction et d’adaptation. Donnée moribonde à la fin des années soixante-dix, elle a retrouvé de sa superbe dans les années quatre-vingt-dix. Elle dispose de nombreux atouts dont sa capacité à attirer les plus grands chercheurs de toute la planète. Les Etats-Unis demeurent une gigantesque plaque tournante. Tous les autres pays et en premier lieu la Chine pour s’enrichir.
Les Etats-Unis ont enregistré depuis vingt ans une croissance supérieure d’un point à la moyenne de l’OCDE. Le rendement des placements action en dollar reste sur moyenne période le plus performant.
Même avec la crise des subprimes, même avec la crise financière qui en a découlé, malgré la déconfiture de l’industrie automobile, la récession aux Etats-Unis est inférieure à celle de l’Europe.
Au-delà des rodomontades d’estrade, le dollar US reste incontournable. Son remplacement n’est pas aisé. Le dollar demeure l’étalon car il est tout à la fois la référence, la monnaie du commerce international et la monnaie de réserve.
Quelle monnaie pourrait prétendre le remplacer ? L’euro ? La monnaie européenne demeure une monnaie régionale car les Etats membres de l’Union commerce essentiellement en son sein. Sa création récente joue contre elle. Les rumeurs, fausses par ailleurs, de sortie de tels ou tels pays contribuent à la fragiliser. De même, l’adhésion de nouveaux Etats membres peut conduire les investisseurs internationaux à la prudence. De même, le volume réduit des actifs exprimés en euros ne lui permet pas (encore) de contester la suprématie américaine.
La création d’une monnaie de réserve par la Russie, l’Inde et la Chine n’apparaît guère sérieuse. La force du dollar est de reposée sur un pays au régime politique stable et prévisible ce qui n’est pas le cas des trois pays précédemment cités.
Il reste l’idée de créer une monnaie ex nihilo, le DTS cher à Keynes. Qui le gérera, une super banque centrale, selon quels objectifs… Il s’agit pour l’instant d’une utopie.
D’autres imagine une époque marquée par la cohabitation de plusieurs monnaies de réserve. Les périodes à plusieurs étalons ont toujours été funestes pour l’économie et se sont toujours soldées par la victoire d’un des étalons, l’or contre l’argent, le dollar contre l’or.
Tant que les Etats-Unis demeureront la principale source de création de richesses et la plaque tournante, le dollar a de fortes chances d’être la monnaie de réserve d’autant plus que dans les périodes de crise, les investisseurs optent pour la sécurité et le conservatisme. Les menaces chinoises ou européennes alimentent plus le débat que la science économique.
jeudi 4 juin 2009
Interview de Jean-Pierre Gaillard et de Philippe Crevel
Jean-Pierre Gaillard et Philippe Crevel ont été interviewés par les journalistes de Newsassurances.com sur leur livre sur la retraite ainsi que sur la situation économique et financière.
retrouver l'interview
retrouver l'interview
vendredi 29 mai 2009
mercredi 27 mai 2009
EDF se lance dans les obligations
A défaut d'aller sur le marché actions, les entreprises trouvent leurs sources de financement en émettant des obligations. EDF surfe sur cette vague en faisant un appel à l'épargne publique afin de lever 1 milliards d'euros. Cet appel aux particuliers au moment où les Français sont à la recherche de placements surs et rémunérateurs a toutes les chances de rencontrer le succès.
Mais attention, le marché des obligations est moins facile d'accès que celui des actions. En outre, il faut prendre en compte les menaces inflationnistes et l'évolution de la courbe des taux.
lire l'interview
Mais attention, le marché des obligations est moins facile d'accès que celui des actions. En outre, il faut prendre en compte les menaces inflationnistes et l'évolution de la courbe des taux.
lire l'interview
mardi 26 mai 2009
Philippe Crevel sur Europe 1 au sujet de l'épargne
Après l'annonce des résultats de la collecte d'assurance-vie , en progression de 11 % au mois d'avril, Philippe Crevel a été interviewé sur Europe 1
écouter l'interview
écouter l'interview
lundi 25 mai 2009
Le Come back de l'assurance-vie
La crise, la baisse du taux du livret A et les taux attractifs des fonds euros ont permis le retournement du marché pour l'assurance-vie. Les cotisations collectées au mois d'avril ont progressé de 11 % pour atteindre près de 12 milliards d'euros. Depuis le début de l'année, la hausse est de 5 %. Les versements en fonds euros progressent de plus de 13 % quand ceux en unités de comptes diminuent de 33 %.
Au 30 avril 2009, l'encours de l'assurance vie s'élevait à 1 154,7 milliards d'euros en progression de 2 % par rapport à 2008.
Dans le même temps, la collecte sur le Livret A diminue mais reste positive. Les Français, en période de crise, ont tendance à accroitre leur effort en matière d'épargne et à reconstituer leur patrimoine atteint par la chute des cours en 2008.
Le taux d'épargne qui était de 14,9 % du revenu disponible brut en 2008 devrait atteindre 16 % d'ici la fin de l'année.
Au 30 avril 2009, l'encours de l'assurance vie s'élevait à 1 154,7 milliards d'euros en progression de 2 % par rapport à 2008.
Dans le même temps, la collecte sur le Livret A diminue mais reste positive. Les Français, en période de crise, ont tendance à accroitre leur effort en matière d'épargne et à reconstituer leur patrimoine atteint par la chute des cours en 2008.
Le taux d'épargne qui était de 14,9 % du revenu disponible brut en 2008 devrait atteindre 16 % d'ici la fin de l'année.
dimanche 24 mai 2009
Le sadomasochisme économique français pris en flag
Les Français ne sont ni de droite, ni de gauche mais réactionnaires surtout quand il s’agit d’économie.
La réalisation d’un nouveau circuit de Formule 1 fournit une nouvelle preuve de notre capacité à nous tirer une balle dans le pied.
Ainsi, la France qui avec l’Allemagne inventa l’automobile ne figure plus au calendrier de la Formule 1, sport symbole de cette industrie qui emploie plus de 10 % des salariés français.
Le refus des autorités de la Formule 1 d’utiliser le circuit de Magny Cours a été compris de tous du fait de l’incapacité des pouvoirs publics de tenir leur promesse d’améliorer sa desserte et du fait de l’inexistence d’un parc hôtelier de prestige. Il fallait s’appeler François Mitterrand pour décréter qu’un circuit perdu au milieu de la France et des champs pouvait accueillir la jet set et le gratin de l’automobile mondiale.
Depuis plusieurs années, la Fédération internationale de l’automobile menaçait de ne plus inscrire Magny Cours. Rien ne fut réalisé pour remédier aux problèmes énoncés ci-dessus. Conséquence, en 2010, la France n’a plus de grand prix.
Pour un pays qui possède deux grandes sociétés automobiles et qui reçoit plus de 70 millions de touristes par an, c’est se priver bêtement d’une vitrine.
Plusieurs projets d’implantation d’un nouveau circuit à proximité de la région parisienne ont été élaborés, mieux vaut tard que jamais, pour permettre d’ici 2012 la réinscription du Grand Prix de France au calendrier.
Or, les écologistes et autres associations de défense se sont opposés à la création d’un nouveau circuit.
Ainsi, le projet de Flins risquerait de mettre à mal la nappe phréatique qui alimente les habitants de l’Ouest de la Région parisienne. Comment croire que quelques voitures de courses, quelques jours par an menacent plus que les centaines de milliers de voitures qui s’entassent chaque jour sur les parkings des grandes surfaces avoisinantes puissent altérer la qualité de l’eau surtout quand le projet prévoit la récupération des eaux du circuit ?
En outre, un circuit, en pleine région parisienne qui héberge de nombreuses grandes usines automobiles pourrait être une piste d’essai pour des voitures moins polluantes. Il pourrait servir de base pour la recherche, l’innovation en matière de transports surtout que les centres de recherche de Peugeot et de Renault sont également implantés dans l’Ouest parisien.
Les écologistes pourraient demander à la Fédération internationale de l’automobile qu’une partie des bénéfices soit consacrée à la recherche pour les voitures propres, Ils pourraient demander que les Formules polluent moins. Mais s’opposer pour s’opposer à la construction d’un circuit de Formule 1 est assimilable aux interminables conflits que génèrent les tracés de ligne à grande vitesse. Les Français adorent le TGV à condition qu’il passe loin de ses terres mais qu’ils puissent se rendre rapidement à la gare.
Autre contradiction du même acabit, l’opposition de certaines associations à la rénovation de l’hôpital Necker. Pendant plusieurs années, des associations de quartier ont ralenti le projet de rénovation car ce dernier supprimait une bâtisse du XVIIIème siècle comme il en existe des milliers en France. Qui a visité l’hôpital des enfants malades comprend que sa modernisation est une nécessité. Les recours contre le projet ont ralenti de plusieurs années et ont entraîné des surcoûts qui seront payés par les contribuables. L’APHP a accepté de démolir pierre par pierre le pavillon et de le réinsérer dans le bâtiment moderne qu’elle construira boulevard du Montparnasse et rue de Sèvres.
A ce rythme, l’économie française n’est pas prête à rattraper son retard…
La réalisation d’un nouveau circuit de Formule 1 fournit une nouvelle preuve de notre capacité à nous tirer une balle dans le pied.
Ainsi, la France qui avec l’Allemagne inventa l’automobile ne figure plus au calendrier de la Formule 1, sport symbole de cette industrie qui emploie plus de 10 % des salariés français.
Le refus des autorités de la Formule 1 d’utiliser le circuit de Magny Cours a été compris de tous du fait de l’incapacité des pouvoirs publics de tenir leur promesse d’améliorer sa desserte et du fait de l’inexistence d’un parc hôtelier de prestige. Il fallait s’appeler François Mitterrand pour décréter qu’un circuit perdu au milieu de la France et des champs pouvait accueillir la jet set et le gratin de l’automobile mondiale.
Depuis plusieurs années, la Fédération internationale de l’automobile menaçait de ne plus inscrire Magny Cours. Rien ne fut réalisé pour remédier aux problèmes énoncés ci-dessus. Conséquence, en 2010, la France n’a plus de grand prix.
Pour un pays qui possède deux grandes sociétés automobiles et qui reçoit plus de 70 millions de touristes par an, c’est se priver bêtement d’une vitrine.
Plusieurs projets d’implantation d’un nouveau circuit à proximité de la région parisienne ont été élaborés, mieux vaut tard que jamais, pour permettre d’ici 2012 la réinscription du Grand Prix de France au calendrier.
Or, les écologistes et autres associations de défense se sont opposés à la création d’un nouveau circuit.
Ainsi, le projet de Flins risquerait de mettre à mal la nappe phréatique qui alimente les habitants de l’Ouest de la Région parisienne. Comment croire que quelques voitures de courses, quelques jours par an menacent plus que les centaines de milliers de voitures qui s’entassent chaque jour sur les parkings des grandes surfaces avoisinantes puissent altérer la qualité de l’eau surtout quand le projet prévoit la récupération des eaux du circuit ?
En outre, un circuit, en pleine région parisienne qui héberge de nombreuses grandes usines automobiles pourrait être une piste d’essai pour des voitures moins polluantes. Il pourrait servir de base pour la recherche, l’innovation en matière de transports surtout que les centres de recherche de Peugeot et de Renault sont également implantés dans l’Ouest parisien.
Les écologistes pourraient demander à la Fédération internationale de l’automobile qu’une partie des bénéfices soit consacrée à la recherche pour les voitures propres, Ils pourraient demander que les Formules polluent moins. Mais s’opposer pour s’opposer à la construction d’un circuit de Formule 1 est assimilable aux interminables conflits que génèrent les tracés de ligne à grande vitesse. Les Français adorent le TGV à condition qu’il passe loin de ses terres mais qu’ils puissent se rendre rapidement à la gare.
Autre contradiction du même acabit, l’opposition de certaines associations à la rénovation de l’hôpital Necker. Pendant plusieurs années, des associations de quartier ont ralenti le projet de rénovation car ce dernier supprimait une bâtisse du XVIIIème siècle comme il en existe des milliers en France. Qui a visité l’hôpital des enfants malades comprend que sa modernisation est une nécessité. Les recours contre le projet ont ralenti de plusieurs années et ont entraîné des surcoûts qui seront payés par les contribuables. L’APHP a accepté de démolir pierre par pierre le pavillon et de le réinsérer dans le bâtiment moderne qu’elle construira boulevard du Montparnasse et rue de Sèvres.
A ce rythme, l’économie française n’est pas prête à rattraper son retard…
jeudi 21 mai 2009
Attention au miroir aux allouettes
Même si le dernier résultat hebdomadaire du chômage marque une très légère amélioration, 631 000 demandeurs d'emploi supplémentaires contre 643 000 la semaine précédente, l'économie américaine est toujours en phase de repli. Le taux de chômage est de de 8,9 % et pourrait se rapprocher de 10 % avant la fin de l'année. Le taux de chômage a atteint un niveau inégalé depuis 25 ans. Les prochaines semaines risquent d'être délicates compte tenu des réductions d'effectifs sont annoncées dans l'industrie automobile.
Les instituts de conjonctures sont entrain de réviser à la baisse leurs prévisions. Néanmoins, ils prévoient sur l'année une chute de 2 points du PIB or tout concourt à penser qu'elle pourrait atteindre 3 points. De toute façon, la contraction enregistrée est la plus forte depuis 1946.
Aux Etats-Unis, il y a une forte sensibilité de l'opinion publique face à la montée du chômage. De ce fait, la FED a annoncé qu'elle ne s'interdisait pas de racheter des bons du Trésor, c'est à dire de faire fonctionner la planche à billets.
Les deux derniers mois avec la hausse des cours boursiers ont laissé croire que le plus dur était passé, que la croissance reprendrait ses droits d'ici la fin de l'année.
Or, les forces récessives demeurent puissantes du fait que la confiance fait encore défaut et que les effets de la contraction des actifs se répercutent progressivement dans toutes les strates économiques.
Par ailleurs, l'assainissement de la sphère financière exige du temps.
Les bons résultats boursiers étaient un mouvement de correction aidée par la distribution des dividendes. Les institutionnels ont acheté des actions d'entreprises distribuant des dividendes afin de ramasser du cash. Une fois les courses réalisées, le retour aux fondamentaux est de rigueur.
Les instituts de conjonctures sont entrain de réviser à la baisse leurs prévisions. Néanmoins, ils prévoient sur l'année une chute de 2 points du PIB or tout concourt à penser qu'elle pourrait atteindre 3 points. De toute façon, la contraction enregistrée est la plus forte depuis 1946.
Aux Etats-Unis, il y a une forte sensibilité de l'opinion publique face à la montée du chômage. De ce fait, la FED a annoncé qu'elle ne s'interdisait pas de racheter des bons du Trésor, c'est à dire de faire fonctionner la planche à billets.
Les deux derniers mois avec la hausse des cours boursiers ont laissé croire que le plus dur était passé, que la croissance reprendrait ses droits d'ici la fin de l'année.
Or, les forces récessives demeurent puissantes du fait que la confiance fait encore défaut et que les effets de la contraction des actifs se répercutent progressivement dans toutes les strates économiques.
Par ailleurs, l'assainissement de la sphère financière exige du temps.
Les bons résultats boursiers étaient un mouvement de correction aidée par la distribution des dividendes. Les institutionnels ont acheté des actions d'entreprises distribuant des dividendes afin de ramasser du cash. Une fois les courses réalisées, le retour aux fondamentaux est de rigueur.
dimanche 17 mai 2009
EUROPE, PARIER SUR L'EST
L’Union européenne n’est pas une Europe politique ; elle ne l’a jamais été et ne devrait pas le devenir à court ou à moyen terme. La construction européenne est avant tout celle des marchands, des idéalistes qui considéraient qu’en commerçant entre Français, Italiens, Belge, Luxembourgeois, Hollandais et Allemands, la guerre deviendrait impossible.
Ce doux rêve est désormais une réalité et c’est au nom de ce principe que l’Europe a intégré les pays de l’Europe de l’Est rendant ainsi plus difficile l’hégémonisme russe.
La construction européenne est devenue le label des pays démocratiques qui jugent la guerre inutile pour régler des conflits interne au Continent.
Les projets politiques déclarés en tant que tels ont échoué que ce soit la Communauté Européenne de la Défense en 1954 ou le Traité Constitutionnel en 2005. Il faut, à ce titre, souligner que dans les deux cas, c’est la France qui s’est opposé à la mise en place d’une Europe plus politique.
En revanche, les avancées économiques ont été couronnées de succès : le marché commun, la politique agricole commune, le marché unique, la monnaie unique.
L’Europe n’a pas à rougir de son bilan. Elle a réussi de passer de 5 à 27 membres d’intégrer l’Espagne, la Grèce et le Portugal qui sortaient de la dictature. Elle a réussi à intégrer la quasi-totalité des pays du pacte de Varsovie qui durant plus de quarante ans avaient été transformés en satellites de l’URSS. Elle a même intégré d’anciens pays qui avaient été intégrés à l’URSS comme la Lettonie, la Lituanie ou l’Estonie.
A 15, c’était difficile mais A 27, l’Union européenne ne peut pas être une force politique compte tenu qu’elle est plurielle tout à la fois anglo-saxonne, latine voire slave. Elle possède trois grandes capitales, Londres, Paris et Berlin et de nombreux autres centres comme Barcelone, Milan ou Prague voire Varsovie. Les partisans d’une Europe fédérale sont rares et la communauté de destin qui lie les Européens les uns aux autres n’est pas encore suffisamment partagée pour permettre une avancée dans la construction européenne.
En récusant ses origines, l’Europe a perdu de son sens. Elle est devenue conservatrice et tente d’ériger de bâtir des murs virtuels pour échapper à de supposées menaces.
Or, tout Empire qui préfère les lignes Maginot à l’esprit d’expansion ou de progrès est voué à décliner. Le vieux continent le sera réellement du fait des évolutions démographiques en cours. La population a commencé à décliner. Les taux de fécondité de l’Italie et des pays d’Europe centrale figurent parmi les plus faibles du monde. L’Europe, d’ici à quelques années, devra faire face à des charges de retraite, d’assurance maladie et de dépendance qu’elle ne pourra financer qu’à condition de rester une région prospère, dynamique. Or, cela suppose de poser la question de l’élargissement et des partenariats.
Faut-il récuser le droit à la Turquie d’entrer dans l’Union européenne ? La Turquie ne fait-elle partie du Conseil de l’Europe, de l’OTAN depuis sa création ? La France, Etat laïque refuserait-elle à un pays laïque mais peuplé majoritairement de Musulmans d’intégrer l’Union européenne ?
La Turquie en se trouvant à la frontière de l’Irak et de son voisin l’Iran sera dans les prochaines années un des pays clef du développement de la zone arabo-persane. Déjà, les entrepreneurs turcs rayonnent dans l’ensemble de la région. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la France comme l’Allemagne sont déjà implantées en Turquie bien plus que dans certains pays membres de l’Union.
Quand les 12 ont intégré l’Espagne, le Portugal et la Grèce, un pari avait été fait : celui que ces pays demeureraient des démocraties et qu’ils rattraperaient rapidement leur retard économique. Ne faut-il pas réaliser le même pari avec la Turquie ?
La question de l’appartenance au continent européen est secondaire. L’Empire Ottoman n’a-t-il pas été partie prenante de tous les grands conflits qui ont marqué l’histoire européenne ?
La Turquie est un marché à fort potentiel avec une population en forte croissance et qui servira de base pour développer les exportations des Etats membres vers l’Iran quand ce pays s’ouvrira et vers l’Irak.
De même, il est nécessaire de poser la question de la Russie, ex grande puissance qui entend le redevenir au plus vite. Ses richesses naturelles lui ont permis d’effacer les traces de l’effondrement des années quatre-vingt-dix. En revanche, elles ne lui ont pas encore permis de s’arrimer au Continent et de connaître une croissance économique équilibrée. En revanche, dès le retour de la croissance, la Russie retrouvera du cash et un rôle clef en Europe et en Asie.
La Russie a la même tentation que les Etats-Unis, le repli sauf qu’il a pour les deux pays des significations différentes. Le repli russe signifie autant que possible de reconstruire l’Empire ex-soviétique. De ce fait, l’Union européenne a une partie de son territoire dans l’espace de conquête de la Russie. Comme au temps du Traité de Rome, pour éviter les tentations de se transformer en actes, il faudra éviter l’irrédentisme russe. Tout comme la Turquie, la Russie a toujours été un membre affluent du concert des nations européennes.
Les Etats membres de l’Union européenne ont tout intérêt à attirer les capitaux russes qui seront courtisés par la Chine et les autres pays d’Asie. L’Europe a besoin de capitaux pour régénérer son capitalisme ; elle a besoin de matières premières et de l’énergie. Elle a besoin de nouveaux marchés. La Russie lui offre les trois et cela à ses frontières.
Les Allemands l’ont bien compris et jouent déjà en solitaire la carte de la Russie. La France semble hésiter or cette ouverture vers l’Est est inscrite dans les gènes de l’Europe et qui a été construite au nom de la paix et de l’économie. L’Europe, c’est une affaire de charbon et d’acier, c’est une affaire d’énergie et de commerce. IL faut revenir aux fondamentaux pour lui redonner du souffle.
Ce doux rêve est désormais une réalité et c’est au nom de ce principe que l’Europe a intégré les pays de l’Europe de l’Est rendant ainsi plus difficile l’hégémonisme russe.
La construction européenne est devenue le label des pays démocratiques qui jugent la guerre inutile pour régler des conflits interne au Continent.
Les projets politiques déclarés en tant que tels ont échoué que ce soit la Communauté Européenne de la Défense en 1954 ou le Traité Constitutionnel en 2005. Il faut, à ce titre, souligner que dans les deux cas, c’est la France qui s’est opposé à la mise en place d’une Europe plus politique.
En revanche, les avancées économiques ont été couronnées de succès : le marché commun, la politique agricole commune, le marché unique, la monnaie unique.
L’Europe n’a pas à rougir de son bilan. Elle a réussi de passer de 5 à 27 membres d’intégrer l’Espagne, la Grèce et le Portugal qui sortaient de la dictature. Elle a réussi à intégrer la quasi-totalité des pays du pacte de Varsovie qui durant plus de quarante ans avaient été transformés en satellites de l’URSS. Elle a même intégré d’anciens pays qui avaient été intégrés à l’URSS comme la Lettonie, la Lituanie ou l’Estonie.
A 15, c’était difficile mais A 27, l’Union européenne ne peut pas être une force politique compte tenu qu’elle est plurielle tout à la fois anglo-saxonne, latine voire slave. Elle possède trois grandes capitales, Londres, Paris et Berlin et de nombreux autres centres comme Barcelone, Milan ou Prague voire Varsovie. Les partisans d’une Europe fédérale sont rares et la communauté de destin qui lie les Européens les uns aux autres n’est pas encore suffisamment partagée pour permettre une avancée dans la construction européenne.
En récusant ses origines, l’Europe a perdu de son sens. Elle est devenue conservatrice et tente d’ériger de bâtir des murs virtuels pour échapper à de supposées menaces.
Or, tout Empire qui préfère les lignes Maginot à l’esprit d’expansion ou de progrès est voué à décliner. Le vieux continent le sera réellement du fait des évolutions démographiques en cours. La population a commencé à décliner. Les taux de fécondité de l’Italie et des pays d’Europe centrale figurent parmi les plus faibles du monde. L’Europe, d’ici à quelques années, devra faire face à des charges de retraite, d’assurance maladie et de dépendance qu’elle ne pourra financer qu’à condition de rester une région prospère, dynamique. Or, cela suppose de poser la question de l’élargissement et des partenariats.
Faut-il récuser le droit à la Turquie d’entrer dans l’Union européenne ? La Turquie ne fait-elle partie du Conseil de l’Europe, de l’OTAN depuis sa création ? La France, Etat laïque refuserait-elle à un pays laïque mais peuplé majoritairement de Musulmans d’intégrer l’Union européenne ?
La Turquie en se trouvant à la frontière de l’Irak et de son voisin l’Iran sera dans les prochaines années un des pays clef du développement de la zone arabo-persane. Déjà, les entrepreneurs turcs rayonnent dans l’ensemble de la région. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la France comme l’Allemagne sont déjà implantées en Turquie bien plus que dans certains pays membres de l’Union.
Quand les 12 ont intégré l’Espagne, le Portugal et la Grèce, un pari avait été fait : celui que ces pays demeureraient des démocraties et qu’ils rattraperaient rapidement leur retard économique. Ne faut-il pas réaliser le même pari avec la Turquie ?
La question de l’appartenance au continent européen est secondaire. L’Empire Ottoman n’a-t-il pas été partie prenante de tous les grands conflits qui ont marqué l’histoire européenne ?
La Turquie est un marché à fort potentiel avec une population en forte croissance et qui servira de base pour développer les exportations des Etats membres vers l’Iran quand ce pays s’ouvrira et vers l’Irak.
De même, il est nécessaire de poser la question de la Russie, ex grande puissance qui entend le redevenir au plus vite. Ses richesses naturelles lui ont permis d’effacer les traces de l’effondrement des années quatre-vingt-dix. En revanche, elles ne lui ont pas encore permis de s’arrimer au Continent et de connaître une croissance économique équilibrée. En revanche, dès le retour de la croissance, la Russie retrouvera du cash et un rôle clef en Europe et en Asie.
La Russie a la même tentation que les Etats-Unis, le repli sauf qu’il a pour les deux pays des significations différentes. Le repli russe signifie autant que possible de reconstruire l’Empire ex-soviétique. De ce fait, l’Union européenne a une partie de son territoire dans l’espace de conquête de la Russie. Comme au temps du Traité de Rome, pour éviter les tentations de se transformer en actes, il faudra éviter l’irrédentisme russe. Tout comme la Turquie, la Russie a toujours été un membre affluent du concert des nations européennes.
Les Etats membres de l’Union européenne ont tout intérêt à attirer les capitaux russes qui seront courtisés par la Chine et les autres pays d’Asie. L’Europe a besoin de capitaux pour régénérer son capitalisme ; elle a besoin de matières premières et de l’énergie. Elle a besoin de nouveaux marchés. La Russie lui offre les trois et cela à ses frontières.
Les Allemands l’ont bien compris et jouent déjà en solitaire la carte de la Russie. La France semble hésiter or cette ouverture vers l’Est est inscrite dans les gènes de l’Europe et qui a été construite au nom de la paix et de l’économie. L’Europe, c’est une affaire de charbon et d’acier, c’est une affaire d’énergie et de commerce. IL faut revenir aux fondamentaux pour lui redonner du souffle.
vendredi 15 mai 2009
Baisse du PIB : -1,2 % au premier trimestre
Comme cela était attendu, l'INSEE a annoncé une nette baisse du PIB pour le premier trimestre 2009 avec un recul de 1,2 point. La mauvaise surprise provient des corrections apportées sur les résultats de 2008 qui ont été revus à la baisse. La croissance de l'ensemble de 2008 n'a été que de 0,3% au lieu de 0,7% précédemment annoncé.
Du fait de sa plus faible exposition au commerce mondiale, la France enregistre des résultats moins dégradés que ces principaux partenaires et en particulier l'Allemagne. Il n'en demeure pas moins que l'actuelle récession est une des plus fortes de l'histoire économique contemporaine. Au premier trimestre, l'Allemagne a enregistré une contraction de 3,8% de son PIB au premier.
En France, les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 0,2% en janvier-mars, comme au quatrième trimestres, alors que les investissements des entreprises ont reculé de 3,2%. Le maintien de la consommation est à relier au maintien du pouvoir d'achat "dopé" par la désinflation.
Les investissements des ménages, essentiellement en logement, ont baissé de 1,5%.
Les stocks ont contribué négativement au PIB à hauteur de 0,8 point, après déjà -0,7 point au quatrième trimestre, et la demande intérieure hors stocks à hauteur de -0,4 point.
La contribution du commerce extérieur a été nulle au vu d'une baisse de 6,0% des exportations compensée par un recul de 5,3% des importations.
Du fait de sa plus faible exposition au commerce mondiale, la France enregistre des résultats moins dégradés que ces principaux partenaires et en particulier l'Allemagne. Il n'en demeure pas moins que l'actuelle récession est une des plus fortes de l'histoire économique contemporaine. Au premier trimestre, l'Allemagne a enregistré une contraction de 3,8% de son PIB au premier.
En France, les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 0,2% en janvier-mars, comme au quatrième trimestres, alors que les investissements des entreprises ont reculé de 3,2%. Le maintien de la consommation est à relier au maintien du pouvoir d'achat "dopé" par la désinflation.
Les investissements des ménages, essentiellement en logement, ont baissé de 1,5%.
Les stocks ont contribué négativement au PIB à hauteur de 0,8 point, après déjà -0,7 point au quatrième trimestre, et la demande intérieure hors stocks à hauteur de -0,4 point.
La contribution du commerce extérieur a été nulle au vu d'une baisse de 6,0% des exportations compensée par un recul de 5,3% des importations.
jeudi 14 mai 2009
Une Crise d'un nouveau genre
Le PIB de tous les pays est en chute libre vertigineuse ; le recul du PIB devrait atteindre 10 points en Islande 6 points en Allemagne, 4 points en France, 3 points aux Etats-Unis et au Japon. Le taux de croissance de la Chine serait divisé par deux….
Le commerce mondial qui permettait, en règle générale, d’atténuer les crises joue, aujourd’hui, le rôle d’accélérateur. La baisse devrait être comprise entre 9 et 11 % soit la plus forte baisse enregistrée depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
L’industrie automobile, l’industrie phare du 20ième siècle n’en finit pas d’accumuler les mauvais résultats. Les grands groupes ont enregistré 41 milliards d’euros de pertes en 2008. Pour 2009, le nombre de véhicules vendus devrait être de 55 millions d’unités contre 68 millions en 2007 et 64 millions en 2008. La baisse est de près de 20 % et atteindrait plus de 30 % aux Etats-Unis.
La production industrielle a baissé dans tous les États européens. De mars 2008 à mars 2009, Les baisses les plus importantes ont été observées en Estonie (-29,7%), au Luxembourg (-29,6%), en Espagne (-24,7%) ainsi qu'en Italie (-23,8%), et les plus faibles en Grèce (-5,8%), au Portugal (-7,9%) et en Pologne (-10,0%). La chute est de 15 % pour la France.
Cette dégradation rapide et forte a pour corollaire une progression mondiale du chômage. Ainsi, la Commission de Bruxelles s'attend à une perte de 8,5 millions d'emplois dans l'Union européenne en 2009-2010, ce qui devrait se traduire par un taux de chômage de 10,9% l'an prochain.
Dans la zone euro, elle prévoit qu'il atteigne 11,5% en 2010, un niveau sans précédent depuis l'après-guerre selon Bruxelles. Aux Etats-Unis, depuis le mois de décembre 2007, 5,7 millions d’emplois ont été détruits ; le taux de chômage s’élève à 8,9 % soit son plus haut niveau depuis 1983.
Cet enchaînement n’a été rendu possible que par l’accumulation de déséquilibres dont les Etats sont en grande partie responsables. Les faibles taux d’intervention de la FED, institués après le 11 septembre 2001 ont généré des bulles d’endettement publiques et privées aux Etats-Unis, bulles qui ont favorisé une mauvaise appréciation des risques.
Cette bulle a également encouragé la création d’un excès d’offre avec le choix de la Chine de se développer par l’exportation. L’abaissement des coûts provoqué par l’arrivée sur le marché des produits issus des pays émergents a permis des effets de rente et a entraîné l’apparition de déficits et d’excédents commerciaux sans précédent. Le déficit commercial américain a atteint, en 2007, plus de 800 milliards de dollars.
Le commerce mondial a ainsi alimenté la croissance qui n’a été, en revanche, tiré, ces dernières années, pas des gains de productivité liés à la recherche et à l’innovation.
La rupture financière a cassé la chaîne de croissance ; la méfiance a provoqué un repli général. Ce qui diffère cette crise des précédentes est son caractère médiatique. C’est la première crise vécut en direct. Avec la volatilisation virtuelle de 31 000 milliards de dollars d’actifs boursiers, avec la contraction du patrimoine immobilier des ménages américains de 60 000 milliards de dollars, avec les statistiques et les prévisions annoncées presque tous les jours, la crise semble être palpable.
La médiatisation a certainement été un accélérateur de la crise. Comment sinon expliquer la chute aussi brutale du marché de l’automobile ? Qu’aux Etats-Unis, l’achat à crédit soit la règle mais ce n’est pas le cas en Europe. En France, l’âge moyen des acheteurs de voiture est de plus de 50 ans. Les Français sont par tradition peu affectés par la chute des cours de bourse. Moins de trois millions sont actionnaires. A l’exception de ceux qui ont perdu leur emploi, les salariés n’ont pas eu à supporter de chute de leurs revenus. Au contraire, avec la désinflation, le pouvoir d’achat augmente, de 0,7 % en 2008 et 2009. Enfin, il convient de souligner que plus Français sur cinq bénéficie d’un emploi public et n’est donc pas exposé au risque du chômage.
Il n’en demeure pas moins que le consommateur s’est mis à chasser les produits low cost comme s’il était devenu criminel d’acheter des produits de marque…
Face à une crise généralisée de confiance, les Etats ont décidé d’accroître les dépenses publiques et de laisser filer les déficits et la dette publics. Ainsi, le déficit public français devrait dépasser les 6 points du PIB, la dette publique atteindra 80 % du PIB en 2009 et 86 % en 2010. Elle était de 68 % en 2008.
Aux Etats-Unis, le déficit public pourrait dépasser les 10 points tout comme au Royaume-Uni et en Irlande.
Cet emballement de la dette publique est favorisé tant par la demande de l’opinion publique que par la facilité qu’ont les Etats à lever de l’argent. En période de méfiance généralisée, les investisseurs et les épargnants se replient sur les titres les plus sûrs, donc les titres d’Etat. Il en résulte un effet d’éviction pour l’économie réelle ce qui renforce d’autant la récession.
La sortie passe par la résorption d’au moins une partie des déséquilibres. Certes, une embellie peut être obtenue du fait de l’injection de liquidités dans le circuit. Il faut noter qu’actuellement, elles ont été utilisées avant tout pour colmater et effacer les effets des dépréciations d’actifs mais non pour relancer l’économie.
L’existence d’une communauté d’intérêts entre la Chine et les Etats-Unis réduit les tentations de dépréciation du dollar et le rapatriement des capitaux chinois. Néanmoins, la création d’un véritable marché intérieur chinois est indispensable tout à la fois pour aboutir à des flux commerciaux plus équilibrés et une augmentation des coûts de main-d’oeuvre. La Chine a de toute façon des problèmes sociaux à résoudre dans les prochaines années. Le vieillissement de la population contraindra les pouvoirs publics à instaurer un véritable système de sécurité sociale, avec l’industrialisation, les solidarités paysannes s’érodant.
La coordination des politiques de taux et de change devrait s’accroître pour éviter la multiplication des arbitrages spéculatifs qui ont contribué à alimenter la bulle financière.
L’endettement public ayant pris le pas sur l’endettement privé et compte tenu des défis auxquels les Etats seront confrontés dans les prochaines années (dépenses vieillesse, dépendance), sa gestion devra être conduit avec finesse pour éviter une politique de stop and go.
La crise protéiforme que nous connaissons par sa globalité et sa singularité suppose certainement des réponses originales ; les recettes du passé sont certes instructives mais ne sauraient suffire surtout quand elles ont été utilisées sans succès à maintes reprises…
Le commerce mondial qui permettait, en règle générale, d’atténuer les crises joue, aujourd’hui, le rôle d’accélérateur. La baisse devrait être comprise entre 9 et 11 % soit la plus forte baisse enregistrée depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
L’industrie automobile, l’industrie phare du 20ième siècle n’en finit pas d’accumuler les mauvais résultats. Les grands groupes ont enregistré 41 milliards d’euros de pertes en 2008. Pour 2009, le nombre de véhicules vendus devrait être de 55 millions d’unités contre 68 millions en 2007 et 64 millions en 2008. La baisse est de près de 20 % et atteindrait plus de 30 % aux Etats-Unis.
La production industrielle a baissé dans tous les États européens. De mars 2008 à mars 2009, Les baisses les plus importantes ont été observées en Estonie (-29,7%), au Luxembourg (-29,6%), en Espagne (-24,7%) ainsi qu'en Italie (-23,8%), et les plus faibles en Grèce (-5,8%), au Portugal (-7,9%) et en Pologne (-10,0%). La chute est de 15 % pour la France.
Cette dégradation rapide et forte a pour corollaire une progression mondiale du chômage. Ainsi, la Commission de Bruxelles s'attend à une perte de 8,5 millions d'emplois dans l'Union européenne en 2009-2010, ce qui devrait se traduire par un taux de chômage de 10,9% l'an prochain.
Dans la zone euro, elle prévoit qu'il atteigne 11,5% en 2010, un niveau sans précédent depuis l'après-guerre selon Bruxelles. Aux Etats-Unis, depuis le mois de décembre 2007, 5,7 millions d’emplois ont été détruits ; le taux de chômage s’élève à 8,9 % soit son plus haut niveau depuis 1983.
Cet enchaînement n’a été rendu possible que par l’accumulation de déséquilibres dont les Etats sont en grande partie responsables. Les faibles taux d’intervention de la FED, institués après le 11 septembre 2001 ont généré des bulles d’endettement publiques et privées aux Etats-Unis, bulles qui ont favorisé une mauvaise appréciation des risques.
Cette bulle a également encouragé la création d’un excès d’offre avec le choix de la Chine de se développer par l’exportation. L’abaissement des coûts provoqué par l’arrivée sur le marché des produits issus des pays émergents a permis des effets de rente et a entraîné l’apparition de déficits et d’excédents commerciaux sans précédent. Le déficit commercial américain a atteint, en 2007, plus de 800 milliards de dollars.
Le commerce mondial a ainsi alimenté la croissance qui n’a été, en revanche, tiré, ces dernières années, pas des gains de productivité liés à la recherche et à l’innovation.
La rupture financière a cassé la chaîne de croissance ; la méfiance a provoqué un repli général. Ce qui diffère cette crise des précédentes est son caractère médiatique. C’est la première crise vécut en direct. Avec la volatilisation virtuelle de 31 000 milliards de dollars d’actifs boursiers, avec la contraction du patrimoine immobilier des ménages américains de 60 000 milliards de dollars, avec les statistiques et les prévisions annoncées presque tous les jours, la crise semble être palpable.
La médiatisation a certainement été un accélérateur de la crise. Comment sinon expliquer la chute aussi brutale du marché de l’automobile ? Qu’aux Etats-Unis, l’achat à crédit soit la règle mais ce n’est pas le cas en Europe. En France, l’âge moyen des acheteurs de voiture est de plus de 50 ans. Les Français sont par tradition peu affectés par la chute des cours de bourse. Moins de trois millions sont actionnaires. A l’exception de ceux qui ont perdu leur emploi, les salariés n’ont pas eu à supporter de chute de leurs revenus. Au contraire, avec la désinflation, le pouvoir d’achat augmente, de 0,7 % en 2008 et 2009. Enfin, il convient de souligner que plus Français sur cinq bénéficie d’un emploi public et n’est donc pas exposé au risque du chômage.
Il n’en demeure pas moins que le consommateur s’est mis à chasser les produits low cost comme s’il était devenu criminel d’acheter des produits de marque…
Face à une crise généralisée de confiance, les Etats ont décidé d’accroître les dépenses publiques et de laisser filer les déficits et la dette publics. Ainsi, le déficit public français devrait dépasser les 6 points du PIB, la dette publique atteindra 80 % du PIB en 2009 et 86 % en 2010. Elle était de 68 % en 2008.
Aux Etats-Unis, le déficit public pourrait dépasser les 10 points tout comme au Royaume-Uni et en Irlande.
Cet emballement de la dette publique est favorisé tant par la demande de l’opinion publique que par la facilité qu’ont les Etats à lever de l’argent. En période de méfiance généralisée, les investisseurs et les épargnants se replient sur les titres les plus sûrs, donc les titres d’Etat. Il en résulte un effet d’éviction pour l’économie réelle ce qui renforce d’autant la récession.
La sortie passe par la résorption d’au moins une partie des déséquilibres. Certes, une embellie peut être obtenue du fait de l’injection de liquidités dans le circuit. Il faut noter qu’actuellement, elles ont été utilisées avant tout pour colmater et effacer les effets des dépréciations d’actifs mais non pour relancer l’économie.
L’existence d’une communauté d’intérêts entre la Chine et les Etats-Unis réduit les tentations de dépréciation du dollar et le rapatriement des capitaux chinois. Néanmoins, la création d’un véritable marché intérieur chinois est indispensable tout à la fois pour aboutir à des flux commerciaux plus équilibrés et une augmentation des coûts de main-d’oeuvre. La Chine a de toute façon des problèmes sociaux à résoudre dans les prochaines années. Le vieillissement de la population contraindra les pouvoirs publics à instaurer un véritable système de sécurité sociale, avec l’industrialisation, les solidarités paysannes s’érodant.
La coordination des politiques de taux et de change devrait s’accroître pour éviter la multiplication des arbitrages spéculatifs qui ont contribué à alimenter la bulle financière.
L’endettement public ayant pris le pas sur l’endettement privé et compte tenu des défis auxquels les Etats seront confrontés dans les prochaines années (dépenses vieillesse, dépendance), sa gestion devra être conduit avec finesse pour éviter une politique de stop and go.
La crise protéiforme que nous connaissons par sa globalité et sa singularité suppose certainement des réponses originales ; les recettes du passé sont certes instructives mais ne sauraient suffire surtout quand elles ont été utilisées sans succès à maintes reprises…
mercredi 13 mai 2009
Rapport Cotis, plus de questions que de réponses
Nicolas Sarkozy avait lancé l'idée de la règle des trois tiers pour le partage des dividendes : un tiers pour les salariés, un tiers pour les actionnaires, un tiers pour l'investissement. Cette proposition avait donné lieu à des réactions mitigées de la part des partenaires sociaux. Pour surmonter la polémique, un rapport sur le partage de la valeur ajoutée, le partage des profits et les écarts de rémunérations en France a été demandé au directeur de l'INSEE, Jean-Philippe Cotis.
Le rapporteur affirme que "la part des salaires dans la richesse produite chaque année est globalement "plutôt stable" en France depuis la fin des années 1980. Sur près de 60 ans, la part des salaires dans la valeur ajoutée a cependant fortement fluctué: relative stabilité de 1949 au premier choc pétrolier, hausse jusqu'au début des années 1980, baisse jusqu'à la fin des années 1980 notamment avec le contre-choc pétrolier, et "relative stabilité" jusqu'à 2007.
Le rapport souligne que "la croissance des salaires nets depuis 20 ans est extrêmement faible". Cette stabilité trouve son explication dans la faible croissance économique de la France, dans le poids croissant des cotisations sociales et dans la montée des emplois précaires.
Néanmoins, le rapport souligne que les écarts de salaires se sont accrus en particulier dans la dernière décennie pour les 1% ou les 1 pour mille les mieux payés.
L'intéressement et la participation occupent "une place réduite mais croissante" depuis le début des années 1990.
Le montant des dividendes versés aux actionnaires a quasiment quintuplé depuis 1993, tandis que l'autofinancement des investissements par les entreprises a baissé.
"Les profits vont pour un peu plus d'un tiers aux revenus du capital (36%), pour une grosse moitié à l'investissement (57%) et le reste à la participation et l'intéressement (7%)", selon le rapport.
Le rapport soulève donc le problème du financement des dépenses sociales qui doivent logiquement augmenter dans les prochaines années : retraite, dépendance, assurance maladie. Or, l'arbitrage s'effectue entre salaire direct et charges. par ailleurs, un changement dans la répartition des dividendes risquerait de pénaliser l'investissement qui est déjà jugé trop faible.
Le rapporteur affirme que "la part des salaires dans la richesse produite chaque année est globalement "plutôt stable" en France depuis la fin des années 1980. Sur près de 60 ans, la part des salaires dans la valeur ajoutée a cependant fortement fluctué: relative stabilité de 1949 au premier choc pétrolier, hausse jusqu'au début des années 1980, baisse jusqu'à la fin des années 1980 notamment avec le contre-choc pétrolier, et "relative stabilité" jusqu'à 2007.
Le rapport souligne que "la croissance des salaires nets depuis 20 ans est extrêmement faible". Cette stabilité trouve son explication dans la faible croissance économique de la France, dans le poids croissant des cotisations sociales et dans la montée des emplois précaires.
Néanmoins, le rapport souligne que les écarts de salaires se sont accrus en particulier dans la dernière décennie pour les 1% ou les 1 pour mille les mieux payés.
L'intéressement et la participation occupent "une place réduite mais croissante" depuis le début des années 1990.
Le montant des dividendes versés aux actionnaires a quasiment quintuplé depuis 1993, tandis que l'autofinancement des investissements par les entreprises a baissé.
"Les profits vont pour un peu plus d'un tiers aux revenus du capital (36%), pour une grosse moitié à l'investissement (57%) et le reste à la participation et l'intéressement (7%)", selon le rapport.
Le rapport soulève donc le problème du financement des dépenses sociales qui doivent logiquement augmenter dans les prochaines années : retraite, dépendance, assurance maladie. Or, l'arbitrage s'effectue entre salaire direct et charges. par ailleurs, un changement dans la répartition des dividendes risquerait de pénaliser l'investissement qui est déjà jugé trop faible.
jeudi 7 mai 2009
Conseils Privés : la lettre
La lettre n°4 de Conseils Privés du mois de mai est publiée. Au sommaire, l'industrie automobile face au défi de l'innovation, les PME en France et l'actu du mois.
Télécharger la lettre

Télécharger la lettre

mercredi 6 mai 2009
La dette publique, notre plus dangereuse amie
Pour contrecarrer la crise, les Etats ont opté pour un accroissement des dépenses publiques directes ou indirectes (prises de participation dans le capital d’entreprises en difficulté ou prêts) qui aboutit à une envolée de la dette. Certes, le taux d’endettement des Etats est loin de celui du Royaume-Uni durant le blocus napoléonien, 300 % du PIB, mais plus de vingt Etats ont des dettes publiques supérieures à 60 % du PIB. Cette situation est sans précédent en période de paix. Les Etats ont, en règle générale, aucune difficulté pour placer leurs titres compte tenu qu’en période de crise ils disposent d’une signature bien meilleure que celle des entreprises et qu’en outre l’épargne est abondante. Les ménages comme les entreprises augmentent leur épargne pour faire face à d’éventuels problèmes. Ainsi, le taux d’épargne des ménages américains est passé de 0 % en 2007 à plus de 4 % du revenu disponible brut au premier trimestre 2009. Le taux d’épargne de l’Union européenne dépasse 15 % du revenu disponible brut. Les épargnants échaudés par la crise boursière privilégient les placements d’Etat tout comme les fonds de pension et les fonds souverains.
Un cercle vicieux peut, de ce fait, établir l’argent public servant à financer la dette publique et non à relancer l’économie.
Gary Becker, le prix Nobel d’Economie de 1992, a souligné dans un article publié dans son blog qu’il était parfaitement logique que les banques ne prêtent plus du fait que leurs responsables n’ont aucune vision de la sortie de crise.
Le secteur privé peut souffrir d’un évident effet d’éviction. Les sources de financement de l’économie réelle s’assèchent au fur et à mesure de l’augmentation de la dette publique. Aujourd’hui, un des problèmes majeurs de l’économie est que les Etats peuvent s’endetter très facilement. Tout concourt à la dette publique : faible taux d’intérêt, méfiance vis-à-vis des acteurs privés. Cette situation n’incite pas à la rationalisation des dépenses publiques, ni à la mise en œuvre de réformes structurelles. En outre, la règlementation vient au secours des Etats en durcissant les conditions d'acquisition des actions pour les institutionnels. En effet, le cadre prudentielle, Solvency II (la directive a été adoptée par le Parlement européen le 22 avril dernier) impose aux assureurs d'accroître leur couverture s'ils acquièrent au titre de leurs gestion d'actifs, des actions.
Or si la crise a pris forme avec l’explosion de la bulle financière, c’est oublié que les faibles gains de productivité, ces dernières années, ont miné l’offre. Si les investisseurs ont joué avec les prêts immobiliers, les matières premières… il y au moins trois raisons : les faibles taux d’intérêt de 2001 à 2006, un marché des changes faussé, la stagnation des gains de productivité en occident. Les délocalisations ont également masqué la crise de l’offre qui est lié, par ailleurs, par une moindre valorisation des dépenses de recherche développement. L’économie mondiale vit la fin d’un cycle de croissance fondé sur la vulgarisation des techniques informatiques et de celles de la communication. L’innovation financière avait remplacé l’innovation technique comme source d’expansion.
Il y aura une sortie de crise mais la question n’est pas de savoir non quand mais comment ; elle est de savoir si ce sera une accalmie ou l’entrée dans une nouvelle phase de croissance.
Les Etats sont jusqu’à maintenant restés timorés sur les projets porteurs d’avenir. Les annonces ont concerné les infrastructures, mais pas de projets mobilisant les scientifiques à la différence de ce qui avait prévalu sous la présidence Reagan. Il ne faut pas oublier que les Etats-Unis en 1980 sortaient de plus de quinze ans de recul par rapport à leurs partenaires. Le PIB par habitant des Français était quasi-identique à celui des Américains. Aujourd’hui, il y a un écart de 30 points en notre défaveur. Or, le succès de Reagan a reposé sur de fortes baisses d’impôt et sur l’accroissement des dépenses de recherche.
Il conviendrait de retenir le pragmatisme reaganien pour éviter de rentrer dans la spirale sans fin de l’endettement public.
Un cercle vicieux peut, de ce fait, établir l’argent public servant à financer la dette publique et non à relancer l’économie.
Gary Becker, le prix Nobel d’Economie de 1992, a souligné dans un article publié dans son blog qu’il était parfaitement logique que les banques ne prêtent plus du fait que leurs responsables n’ont aucune vision de la sortie de crise.
Le secteur privé peut souffrir d’un évident effet d’éviction. Les sources de financement de l’économie réelle s’assèchent au fur et à mesure de l’augmentation de la dette publique. Aujourd’hui, un des problèmes majeurs de l’économie est que les Etats peuvent s’endetter très facilement. Tout concourt à la dette publique : faible taux d’intérêt, méfiance vis-à-vis des acteurs privés. Cette situation n’incite pas à la rationalisation des dépenses publiques, ni à la mise en œuvre de réformes structurelles. En outre, la règlementation vient au secours des Etats en durcissant les conditions d'acquisition des actions pour les institutionnels. En effet, le cadre prudentielle, Solvency II (la directive a été adoptée par le Parlement européen le 22 avril dernier) impose aux assureurs d'accroître leur couverture s'ils acquièrent au titre de leurs gestion d'actifs, des actions.
Or si la crise a pris forme avec l’explosion de la bulle financière, c’est oublié que les faibles gains de productivité, ces dernières années, ont miné l’offre. Si les investisseurs ont joué avec les prêts immobiliers, les matières premières… il y au moins trois raisons : les faibles taux d’intérêt de 2001 à 2006, un marché des changes faussé, la stagnation des gains de productivité en occident. Les délocalisations ont également masqué la crise de l’offre qui est lié, par ailleurs, par une moindre valorisation des dépenses de recherche développement. L’économie mondiale vit la fin d’un cycle de croissance fondé sur la vulgarisation des techniques informatiques et de celles de la communication. L’innovation financière avait remplacé l’innovation technique comme source d’expansion.
Il y aura une sortie de crise mais la question n’est pas de savoir non quand mais comment ; elle est de savoir si ce sera une accalmie ou l’entrée dans une nouvelle phase de croissance.
Les Etats sont jusqu’à maintenant restés timorés sur les projets porteurs d’avenir. Les annonces ont concerné les infrastructures, mais pas de projets mobilisant les scientifiques à la différence de ce qui avait prévalu sous la présidence Reagan. Il ne faut pas oublier que les Etats-Unis en 1980 sortaient de plus de quinze ans de recul par rapport à leurs partenaires. Le PIB par habitant des Français était quasi-identique à celui des Américains. Aujourd’hui, il y a un écart de 30 points en notre défaveur. Or, le succès de Reagan a reposé sur de fortes baisses d’impôt et sur l’accroissement des dépenses de recherche.
Il conviendrait de retenir le pragmatisme reaganien pour éviter de rentrer dans la spirale sans fin de l’endettement public.
Partage de la valeur ajoutée, rapport Colis,
Le directeur général de l'INSEE devrait prochainement remettre au Président de la République son rapport sur le partage de la valeur ajoutée.
Le rapport souligne que la part des rémunérations dans la valeur ajoutée est restée stable depuis le milieu des années quatre-vingt. L'épargne salariale et l'intéressement ont progressé depuis 19 ans passant de 0,5 à 2,5 % de la valeur ajoutée.
Les dividendes nets représentent 16 % de l'excédent brut d'exploitation des sociétés non financières en 2007 contre 7 % en 1993.
Les profits des entreprises se répartissent de la manière suivante :
- 57 % pour l'investissement
- 36 % pour les revenus du capital
- 7 % pour l'épargne salariale.
Le rapport souligne la baisse de l'autofiancement des entreprises. Il convient de souligner que l'autofinancement n'est pas une garantie de bonne gestion. En effet, il peut conduire à une mauvaise allocation des ressources, le risque n'aiguillonnant pas le choix des dirigeants.
Par ailleurs, le rapport note une faible progression des salaires depuis dix ans avec une montée des inégalités. La progression des très hauts salaires peut s'expliquer tan par l'internationalisation du marché que par l'effet de rareté au sein de la caste des dirigeants. Cette distorsion assimilable à une bulle spéculative devrait s'atténuer du fait de la crise et d'une vigilance accrue des actionnaires.
Le rapport souligne que la part des rémunérations dans la valeur ajoutée est restée stable depuis le milieu des années quatre-vingt. L'épargne salariale et l'intéressement ont progressé depuis 19 ans passant de 0,5 à 2,5 % de la valeur ajoutée.
Les dividendes nets représentent 16 % de l'excédent brut d'exploitation des sociétés non financières en 2007 contre 7 % en 1993.
Les profits des entreprises se répartissent de la manière suivante :
- 57 % pour l'investissement
- 36 % pour les revenus du capital
- 7 % pour l'épargne salariale.
Le rapport souligne la baisse de l'autofiancement des entreprises. Il convient de souligner que l'autofinancement n'est pas une garantie de bonne gestion. En effet, il peut conduire à une mauvaise allocation des ressources, le risque n'aiguillonnant pas le choix des dirigeants.
Par ailleurs, le rapport note une faible progression des salaires depuis dix ans avec une montée des inégalités. La progression des très hauts salaires peut s'expliquer tan par l'internationalisation du marché que par l'effet de rareté au sein de la caste des dirigeants. Cette distorsion assimilable à une bulle spéculative devrait s'atténuer du fait de la crise et d'une vigilance accrue des actionnaires.
lundi 4 mai 2009
La Commission Européenne au chevet des retraites
La Commission européenne vient de publier son rapport annuel sur le vieillissement de la population.
A travers ce rapport, la Commission souligne que malgré la crise, les Etats membres doivent poursuivre les réformes en matière de retraite. En effet, d'ici 50 ans, l'âge médian, qui s'établit aujourd'hui à environ 40 ans, devrait passer à 48 ans en raison de la hausse de l'espérance de vie, de la faiblesse du taux de natalité et du ralentissement de l'immigration. Selon le rapport, d'ici 2060, les dépenses augmenteront en moyenne de 4,7 % du PIB, en raison du nombre croissant de seniors. Pour chaque personne de plus de 65 ans, il ne restera plus que deux personnes en âge de travailler (de 15 à 64 ans), contre quatre aujourd'hui.
lire le rapport
A travers ce rapport, la Commission souligne que malgré la crise, les Etats membres doivent poursuivre les réformes en matière de retraite. En effet, d'ici 50 ans, l'âge médian, qui s'établit aujourd'hui à environ 40 ans, devrait passer à 48 ans en raison de la hausse de l'espérance de vie, de la faiblesse du taux de natalité et du ralentissement de l'immigration. Selon le rapport, d'ici 2060, les dépenses augmenteront en moyenne de 4,7 % du PIB, en raison du nombre croissant de seniors. Pour chaque personne de plus de 65 ans, il ne restera plus que deux personnes en âge de travailler (de 15 à 64 ans), contre quatre aujourd'hui.
lire le rapport
mercredi 29 avril 2009
OCDE, la France doit améliorer son taux d'emploi
L'OCDE vient de publier son étude 2009 sur la France. L'organisation internationale souligne que si des progrès ont été réalisés pour assouplir le marché du travail et pour favoriser la concurrence, des freins importants demeurent pour restaurer la compétitivité de l'économie française. la faiblesse du taux de l'emploi des 16/65 ans constitue le principal handicap de la France. Il est noté que la dégradation de ce rapport est parallèle à celui du PIB par habitant. Ainsi le taux d'emploi et le PIB par habitant étaient comparables à ceux des Etats-Unis en 1975 mais depuis cette date l'écart n'a pas cessé de croître.
L'OCDE demande que la France assainisse dès le retour de la croissance ses finances publiques sans recourir aux impôts qu'elle juge excessifs. Selon l'organisation internationale, les déficits publics devraient atteindre 6,6 % du PIB cette année et 8,3 % du PIB l'année prochaine.
lire le rapport de l'OCDE
L'OCDE demande que la France assainisse dès le retour de la croissance ses finances publiques sans recourir aux impôts qu'elle juge excessifs. Selon l'organisation internationale, les déficits publics devraient atteindre 6,6 % du PIB cette année et 8,3 % du PIB l'année prochaine.
lire le rapport de l'OCDE
mercredi 22 avril 2009
Retraite entre démagogie et refondation
Le rendez-vous des retraites de 2008 a été manqué du fait de la crise financière, du fait que le chômage était à son niveau le plus bas, du fait que l'harmonisation des régimes spéciaux obtenue sans grande casse a été perçue comme un exploit...
Mais, le dossier n'a été que partiellement fermé. L'accroissement plus rapide des déficits en raison justement de la crise mais aussi du dispositif mis en oeuvre pour les carrières longues devient préoccupant. Le déficit de la sécurité sociale dépassera 18 milliards d'euros en 2009 et celui de l'assurance vieillesse flirtera avec les 10 milliards d'euros.
Face à cette situation qui n'a vocation, malheureusement, qu'à s'aggraver le Gouvernement est tiraillé entre les vieilles recettes pour lutter contre l'envolée du chômage, c'est à dire la remise au goût du jour des préretraites et de l'autre l'adoption de réformes audacieuses pour garantir la pérennité de notre système de retraite.
A travers une proposition de loi déposée par plusieurs députés UMP, la majorité entend, à titre exceptionnel, remettre en cause la suppression des préretraites décidée il y a quelques mois dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009. C'est bien connu dans le passé, les préretraites ont réussi à endiguer le chômage des jeunes... Comme quoi les vieilles rengaines n'en finissent pas de hanter les couloirs des palais nationaux même si elles riment avec échecs. Comment croire qu'une entreprise se séparant de vieux salariés les remplacera par des jeunes, comment croire qu'un vieux salarié occupe un emploi identique à celui d'une jeune recrue ? Il n'y a que dans le cinéma pour voir de telle scène. En outre, cette année plus de 750 000 retraités partiront à la retraite, la question n'est donc pas celle d'élaguer les vieilles branches des entreprises françaises mais au contraire d'améliorer la formation des futurs salariés. L'argent destiné aux préretraites serait plus utile s'il était affecté à la formation des jeunes actifs. La crise contrairement aux idées reçues est une crise d'offre et non une crise de la demande.
Au-delà de la démagogie, certaines voix se font entendre pour débattre enfin réellement de l'âge légal de départ à la retraite. Notre pays est un des derniers a resté avec un âge fixé à 60 ans. La moyenne est à 65 ans et certains Etats ont décidé progressivement de le repousser à 67 voire 69 ans. Affreux, recul social, exploitation des vieux... Mais, il faut souligner qu'en soixante ans, l'espérance de vie à la retraite est passée de 10 à 17 ans. Bien évidemment, le travail des seniors suppose des adaptations, la prise en compte des capacités physiques. La Finlande et globalement les pays d'Europe du Nord sont en avance sur le sujet. Par ailleurs, un senior au travail a moins de risque de développer des maladies en particulier celles liées à la dégénérescence du cerveau...
Autre piste de réflexion lancée au sein de la majorité et sur laquelle travaille le Conseil d'Orientation des Retraite, la transformation du régime général de retraite qui est aujourd'hui un système à cotisations définies en un système par points ou en un système notionnel sur le modèle suédois. Les avantages d'une telle modification est de pouvoir mieux anticiper financièrement les effets du vieillissement sur les comptes de l'assurance vieillesse en jouant sur deux paramètres, la valeur d'achat du point en période de constitution de sa retraite et la valeur de rachat du point au moment de la liquidation. Le régime par points permet de mieux prendre en compte les parcours professionnels des salariés et rend plus facile les achats supplémentaires de points pour améliorer sa retraite. Les salariés décidant de poursuivre leur activité au-delà de l'âge légal et ayant le nombre de trimestres suffisant peuvent tirer un plus grand bénéfice que dans le système actuel.
La page du rendez-vous des retraites pour 2008 est à peine tournée que celle de 2010 s'annonce. Les discussions seront marquées tout à la fois par la nécessité d'endiguer un déficit structurel mais aussi par l'éventuelle persistance de la crise. Entre passion et raison, le débat entre les partenaires sociaux risque d'être délicat.
Mais, le dossier n'a été que partiellement fermé. L'accroissement plus rapide des déficits en raison justement de la crise mais aussi du dispositif mis en oeuvre pour les carrières longues devient préoccupant. Le déficit de la sécurité sociale dépassera 18 milliards d'euros en 2009 et celui de l'assurance vieillesse flirtera avec les 10 milliards d'euros.
Face à cette situation qui n'a vocation, malheureusement, qu'à s'aggraver le Gouvernement est tiraillé entre les vieilles recettes pour lutter contre l'envolée du chômage, c'est à dire la remise au goût du jour des préretraites et de l'autre l'adoption de réformes audacieuses pour garantir la pérennité de notre système de retraite.
A travers une proposition de loi déposée par plusieurs députés UMP, la majorité entend, à titre exceptionnel, remettre en cause la suppression des préretraites décidée il y a quelques mois dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009. C'est bien connu dans le passé, les préretraites ont réussi à endiguer le chômage des jeunes... Comme quoi les vieilles rengaines n'en finissent pas de hanter les couloirs des palais nationaux même si elles riment avec échecs. Comment croire qu'une entreprise se séparant de vieux salariés les remplacera par des jeunes, comment croire qu'un vieux salarié occupe un emploi identique à celui d'une jeune recrue ? Il n'y a que dans le cinéma pour voir de telle scène. En outre, cette année plus de 750 000 retraités partiront à la retraite, la question n'est donc pas celle d'élaguer les vieilles branches des entreprises françaises mais au contraire d'améliorer la formation des futurs salariés. L'argent destiné aux préretraites serait plus utile s'il était affecté à la formation des jeunes actifs. La crise contrairement aux idées reçues est une crise d'offre et non une crise de la demande.
Au-delà de la démagogie, certaines voix se font entendre pour débattre enfin réellement de l'âge légal de départ à la retraite. Notre pays est un des derniers a resté avec un âge fixé à 60 ans. La moyenne est à 65 ans et certains Etats ont décidé progressivement de le repousser à 67 voire 69 ans. Affreux, recul social, exploitation des vieux... Mais, il faut souligner qu'en soixante ans, l'espérance de vie à la retraite est passée de 10 à 17 ans. Bien évidemment, le travail des seniors suppose des adaptations, la prise en compte des capacités physiques. La Finlande et globalement les pays d'Europe du Nord sont en avance sur le sujet. Par ailleurs, un senior au travail a moins de risque de développer des maladies en particulier celles liées à la dégénérescence du cerveau...
Autre piste de réflexion lancée au sein de la majorité et sur laquelle travaille le Conseil d'Orientation des Retraite, la transformation du régime général de retraite qui est aujourd'hui un système à cotisations définies en un système par points ou en un système notionnel sur le modèle suédois. Les avantages d'une telle modification est de pouvoir mieux anticiper financièrement les effets du vieillissement sur les comptes de l'assurance vieillesse en jouant sur deux paramètres, la valeur d'achat du point en période de constitution de sa retraite et la valeur de rachat du point au moment de la liquidation. Le régime par points permet de mieux prendre en compte les parcours professionnels des salariés et rend plus facile les achats supplémentaires de points pour améliorer sa retraite. Les salariés décidant de poursuivre leur activité au-delà de l'âge légal et ayant le nombre de trimestres suffisant peuvent tirer un plus grand bénéfice que dans le système actuel.
La page du rendez-vous des retraites pour 2008 est à peine tournée que celle de 2010 s'annonce. Les discussions seront marquées tout à la fois par la nécessité d'endiguer un déficit structurel mais aussi par l'éventuelle persistance de la crise. Entre passion et raison, le débat entre les partenaires sociaux risque d'être délicat.
mardi 21 avril 2009
Inflation to be or not to be
Au moment où tous les signaux sont au rouge, certains experts répètent que l’inflation est à nos portes. L’injection de milliers de milliards de dollars de liquidités, l’abaissement à des niveaux historiquement bas des taux d’intérêt, la progression sans retenue des déficits publics et donc des dettes publiques conduiraient immanquablement à une augmentation des prix. Les partisans de cette thèse annoncent que l’inflation pourrait prendre ses quartiers au sein de l’économie mondiale dès la fin de l’année.
L’inflation correspond à une mécanique bien connue qui repose sur plusieurs facteurs. L’inflation peut être importée en cas de progression des prix de certains biens importés. C’est que nous avions connu à l’occasion des deux chocs pétroliers de 1973 et 1979/1980. C’est dans une moindre mesure ce nous avons constaté en 2007/2008 avec l’envolée des cours des matières premières et des produits alimentaires.
L’inflation peut être occasionnée par des variations des taux de change. Les dévaluations en appréciant le coût des biens et services importés ont, en règle générale, un effet inflationniste.
L’inflation peut être le résultat de tensions sur les marchés. Quand l’offre ne peut répondre à la demande, les prix ont une tendance naturelle à augmenter.
L’installation de l’inflation suppose qu’une spirale se mette en place avec l’interaction de tous les facteurs. L’augmentation des prix des matières premières entraine celle des biens manufacturés et engendre celle des salaires qui par définition provoque l’accroissement des coûts de fabrication qui entraîne celui des biens… Les acteurs économiques ont de plus tendance à anticiper l’inflation à venir et donc à en prendre les devants.
Du fait des milliers de milliards de dollars jetés sur les marchés, l’inflation est inévitable.
Or, toutes les conditions sont loin d’être réalisées pour l’installation de l’inflation.
• L’ajustement des prix de certains biens et valeurs n’a pas été encore terminé ;
• Il n’y a pas d’excès de la demande sur l’offre sur les marchés et la concurrence internationale demeure vive ;
• Les milliards de dollars injectés ont surtout eu pour objectifs de consolider des établissements financiers qui n’étaient plus solvables ;
• Les acteurs économiques souhaitent avant tout reconstituer leur patrimoine et non dépenser.
La correction sur le prix de certaines valeurs n’est pas encore achevée
Si le cours des actions, des matières premières et celui des biens agricoles ont enregistré une rapide correction à la baisse, certains biens et services demeurent surcotés.
L’immobilier
En dix ans, la hausse de l’immobilier a été de 140 %. Cette hausse s’est traduite par une augmentation sans précédent du poids des prêts immobiliers. Selon une étude de l’INSEE, il représente 69 % du revenu disponible brut des ménages en 2007 contre 26 % en 1978.
La hausse de l’immobilier est avant tout liée à celle du foncier qui représentait en 1978 26 % de la valeur du bâtiment et qui en représente désormais plus de 56 %. En 30 ans, le prix du foncier aurait augmenté de 572 % quand le bâtiment n’a augmenté que de 32 %.
Si l’ajustement sur le cours des actions a été brutale passage du CAC 40 de près de 6000 à moins de 3000 points en moins de deux ans, celui sur l’immobilier est par définition plus lent compte tenu de la moindre fluidité des biens et du caractère non centralisé du marché. Les experts s’attendent ainsi à une baisse de 10 à 25 % sur la période 2009/2010.
En relation avec le prix du foncier, il faut également prendre en compte que le secteur du bâtiment du fait d’une forte demande avait eu tendance à accroître ses marges.
Les services
Avec la mondialisation et le développement d’une nouvelle caste de millionnaires voire de milliardaires, le secteur du luxe, l’hôtellerie et la restauration haut de gamme avaient augmenté considérablement leurs tarifs ces cinq dernières années. Ainsi, le prix des chambres en haute saison avait doublé dans les grandes chaines d’hôtels sur la côte d’azur. Avec la raréfaction des nouveaux millionnaires et le recentrage des établissements de luxe sur une clientèle plus locale, une décrue des prix est à attendre surtout que l’offre devrait s’accroître.
Cet ajustement devrait concerner l’ensemble du secteur de l’hôtellerie et de la restauration.
Il en sera de même pour toutes les activités liées à l’automobile qui devront prendre en compte les changements de comportement des consommateurs : réparation, location…
L’offre reste surabondante et la concurrence internationale vive
Les capacités de production demeurent importantes du fait des investissements réalisés dans les pays émergents et de la faiblesse de leur marché intérieur. La contraction du commerce mondial, -9 % prévue en 2009, a pour conséquences une sous-utilisation des capacités de production.
Par ailleurs, l’existence d’une main d’œuvre pléthorique dans les pays émergents et l’augmentation rapide du chômage dans les pays développés limitent les possibilités de dérapage des coûts salariaux.
Les liquidités sur les marchés sont capitalisées plus que déversées sur les marchés
Les centaines de milliards de dollars injectés pour assurer la solvabilité des institutions financières et assurer le fonctionnement du marché interbancaire qui ont pour corollaire une vive progression de l’endettement public n’ont pas d’effets inflationnistes immédiats. Compte tenu des dépréciations d’actifs liés à la chute des cours bousiers, les établissements financiers se doivent de respecter leurs ratios de solvabilité. La méfiance des banques vis-à-vis des éventuels emprunteurs limite également les tensions inflationnistes.
Il faut souligner que les banques prêtent à des taux relativement élevés compte tenu des taux d’intervention des banques centrales et des taux d’inflation. En matière de prêts immobiliers, les taux bruts avoisinent les 4,7 % quand la BCE a fixé son taux d’intervention à 1,25% et quand l’inflation est de 0,2 %.
Priorité à la reconstitution du patrimoine
En période de crise, les acteurs économiques ont une tendance naturelle à accroître leur effort d’épargne afin de se prémunir face à d’éventuels risques et pour reconstituer leur patrimoine qui a été atteint par la dépréciation. De ce fait, il est constaté une remontée du taux d’épargne des ménages en période de crise ce qui limite d’autant la consommation et donc les menaces inflationnistes.
La menace à court terme est avant tout la déflation avec la création d’une spirale de baisse des prix, les acteurs repoussant leurs décisions d’achat dans l’attente d’une future baisse. Un scénario à la japonaise n’est pas à exclure.
*
**
Certes, les efforts combinés de tous les pays, pays émergents compris, devraient contribuer à soutenir la demande. Certes, l’injection de liquidités, voire le retour de la planche à billets devenue virtuelle, certes la fixation de taux d’intervention par les BCE, certes la progression exponentielle des dettes publiques concourent à une remontée des prix mais afin qu’elle se manifeste il faut au préalable que la croissance refasse surface. Il est a priori peu probable que l’inflation soit de retour avant 2009 voire avant la fin du premier semestre 2010.
L’inflation correspond à une mécanique bien connue qui repose sur plusieurs facteurs. L’inflation peut être importée en cas de progression des prix de certains biens importés. C’est que nous avions connu à l’occasion des deux chocs pétroliers de 1973 et 1979/1980. C’est dans une moindre mesure ce nous avons constaté en 2007/2008 avec l’envolée des cours des matières premières et des produits alimentaires.
L’inflation peut être occasionnée par des variations des taux de change. Les dévaluations en appréciant le coût des biens et services importés ont, en règle générale, un effet inflationniste.
L’inflation peut être le résultat de tensions sur les marchés. Quand l’offre ne peut répondre à la demande, les prix ont une tendance naturelle à augmenter.
L’installation de l’inflation suppose qu’une spirale se mette en place avec l’interaction de tous les facteurs. L’augmentation des prix des matières premières entraine celle des biens manufacturés et engendre celle des salaires qui par définition provoque l’accroissement des coûts de fabrication qui entraîne celui des biens… Les acteurs économiques ont de plus tendance à anticiper l’inflation à venir et donc à en prendre les devants.
Du fait des milliers de milliards de dollars jetés sur les marchés, l’inflation est inévitable.
Or, toutes les conditions sont loin d’être réalisées pour l’installation de l’inflation.
• L’ajustement des prix de certains biens et valeurs n’a pas été encore terminé ;
• Il n’y a pas d’excès de la demande sur l’offre sur les marchés et la concurrence internationale demeure vive ;
• Les milliards de dollars injectés ont surtout eu pour objectifs de consolider des établissements financiers qui n’étaient plus solvables ;
• Les acteurs économiques souhaitent avant tout reconstituer leur patrimoine et non dépenser.
La correction sur le prix de certaines valeurs n’est pas encore achevée
Si le cours des actions, des matières premières et celui des biens agricoles ont enregistré une rapide correction à la baisse, certains biens et services demeurent surcotés.
L’immobilier
En dix ans, la hausse de l’immobilier a été de 140 %. Cette hausse s’est traduite par une augmentation sans précédent du poids des prêts immobiliers. Selon une étude de l’INSEE, il représente 69 % du revenu disponible brut des ménages en 2007 contre 26 % en 1978.
La hausse de l’immobilier est avant tout liée à celle du foncier qui représentait en 1978 26 % de la valeur du bâtiment et qui en représente désormais plus de 56 %. En 30 ans, le prix du foncier aurait augmenté de 572 % quand le bâtiment n’a augmenté que de 32 %.
Si l’ajustement sur le cours des actions a été brutale passage du CAC 40 de près de 6000 à moins de 3000 points en moins de deux ans, celui sur l’immobilier est par définition plus lent compte tenu de la moindre fluidité des biens et du caractère non centralisé du marché. Les experts s’attendent ainsi à une baisse de 10 à 25 % sur la période 2009/2010.
En relation avec le prix du foncier, il faut également prendre en compte que le secteur du bâtiment du fait d’une forte demande avait eu tendance à accroître ses marges.
Les services
Avec la mondialisation et le développement d’une nouvelle caste de millionnaires voire de milliardaires, le secteur du luxe, l’hôtellerie et la restauration haut de gamme avaient augmenté considérablement leurs tarifs ces cinq dernières années. Ainsi, le prix des chambres en haute saison avait doublé dans les grandes chaines d’hôtels sur la côte d’azur. Avec la raréfaction des nouveaux millionnaires et le recentrage des établissements de luxe sur une clientèle plus locale, une décrue des prix est à attendre surtout que l’offre devrait s’accroître.
Cet ajustement devrait concerner l’ensemble du secteur de l’hôtellerie et de la restauration.
Il en sera de même pour toutes les activités liées à l’automobile qui devront prendre en compte les changements de comportement des consommateurs : réparation, location…
L’offre reste surabondante et la concurrence internationale vive
Les capacités de production demeurent importantes du fait des investissements réalisés dans les pays émergents et de la faiblesse de leur marché intérieur. La contraction du commerce mondial, -9 % prévue en 2009, a pour conséquences une sous-utilisation des capacités de production.
Par ailleurs, l’existence d’une main d’œuvre pléthorique dans les pays émergents et l’augmentation rapide du chômage dans les pays développés limitent les possibilités de dérapage des coûts salariaux.
Les liquidités sur les marchés sont capitalisées plus que déversées sur les marchés
Les centaines de milliards de dollars injectés pour assurer la solvabilité des institutions financières et assurer le fonctionnement du marché interbancaire qui ont pour corollaire une vive progression de l’endettement public n’ont pas d’effets inflationnistes immédiats. Compte tenu des dépréciations d’actifs liés à la chute des cours bousiers, les établissements financiers se doivent de respecter leurs ratios de solvabilité. La méfiance des banques vis-à-vis des éventuels emprunteurs limite également les tensions inflationnistes.
Il faut souligner que les banques prêtent à des taux relativement élevés compte tenu des taux d’intervention des banques centrales et des taux d’inflation. En matière de prêts immobiliers, les taux bruts avoisinent les 4,7 % quand la BCE a fixé son taux d’intervention à 1,25% et quand l’inflation est de 0,2 %.
Priorité à la reconstitution du patrimoine
En période de crise, les acteurs économiques ont une tendance naturelle à accroître leur effort d’épargne afin de se prémunir face à d’éventuels risques et pour reconstituer leur patrimoine qui a été atteint par la dépréciation. De ce fait, il est constaté une remontée du taux d’épargne des ménages en période de crise ce qui limite d’autant la consommation et donc les menaces inflationnistes.
La menace à court terme est avant tout la déflation avec la création d’une spirale de baisse des prix, les acteurs repoussant leurs décisions d’achat dans l’attente d’une future baisse. Un scénario à la japonaise n’est pas à exclure.
**
Certes, les efforts combinés de tous les pays, pays émergents compris, devraient contribuer à soutenir la demande. Certes, l’injection de liquidités, voire le retour de la planche à billets devenue virtuelle, certes la fixation de taux d’intervention par les BCE, certes la progression exponentielle des dettes publiques concourent à une remontée des prix mais afin qu’elle se manifeste il faut au préalable que la croissance refasse surface. Il est a priori peu probable que l’inflation soit de retour avant 2009 voire avant la fin du premier semestre 2010.
samedi 11 avril 2009
ET S’IL FALLAIT REINVENTER LE MARCHE
La répétition des bulles spéculatives est la preuve d’un dérèglement chronique des marchés lié à une mauvaise appréciation des risques et des valeurs. Les corrections brutales que nous subissions depuis plus de vingt ans doivent être mises en parallèle avec l’amoindrissement de la concurrence et des contre-pouvoirs sur les marchés.
La mondialisation ainsi que les nouveaux secteurs d’activité nés avec les technique de l’information et de la communication, au lieu de favoriser la concurrence, ont permis la constitution de rentes de situation. Les oligopoles voire les monopoles sont redevenus légion. Cette absence de concurrence n’est pas sans conséquence sur le désordre que nous enregistrons dans le domaine de la hiérarchie des valeurs.
Les nouvelles technologies ont appauvri la concurrence
La création de nouveaux marchés donnaient lieu dans le passé à l’arrivée d’un grand nombre d’acteurs. Ce n’était que dans la phase de maturité qu’une concentration intervenait.
Avec les techniques de l’information et de la communication, quelques entreprises se sont arrogées des situations de monopoles ou de quasi-monopoles de fait.
Les autorités de contrôles de la concurrence nationales avaient réussi à casser des situations de monopole dont ceux de ATT et de ITT par exemple aux Etats-Unis. La mondialisation avec en corolaire l’obligation d’avoir des champions nationaux a réduit ce contrôle. Ainsi Microsoft a réussi à maintenir, malgré plusieurs procès, sa situation de monopole.
Ainsi, une entreprise détient presque à 100 % le marché des interfaces pour les ordinateurs individuels. Microsoft a créé une norme et a réussi à empêcher d’éventuels concurrents de s’engouffrer sur ce marché. Les coûts en termes de conception et de commercialisation ont réduit à néant la concurrence si l’on excepte Linux.
Les acheteurs d’ordinateurs n’ont qu’un seul souhait, l’utiliser le plus rapidement et le plus facilement possible. En outre, en cas de changement de machines, ils veulent en quelques secondes retrouver leur environnement de travail ou de loisir.
Casser le monopole de Microsoft nécessitait de créer un standard de normes sur lesquelles les concurrents auraient développés leurs plateformes. Cela aurait nécessité de casser Microsoft en plusieurs sociétés en distinguant ce qui relève des interfaces, des logiciels d’application et des navigateurs…
De même, aujourd’hui Google est devenu incontournable. 80 % des recherches sont effectuées grâce au moteur de recherche de Google. L’exploitation du fameux algorithme à des fins commerciales et la « scanérisation » de la toile ont créé un rapport de force sans précédent. En mémorisant un nombre croissant d’informations, Google s’est mué en aspirateur qui peut aboutir à réduire à néant la concurrence dans les domaines par exemple de l’information comme en témoigne la polémique lancée récemment par le New York Times.
Comme pour Microsoft, la création d’un standard de recherche aboutit à une situation de monopole offrant des rentes de situation sans précédent. Ces rentes ont permis et permettent à l’empire Google de s’agrandir.
Affadissement de la concurrence liée à la mondialisation
Du fait de la chute du mur de Berlin et de l’ouverture du capitalisme de la Chine et du décollage économique de nombreux pays comme le Brésil, l’Inde, l’Argentine…, deux phénomènes ont été constatés : l’arrivée de nouveaux concurrents et une concentration au niveau des vieux pays industriels pour à la fois conquérir de nouvelles parts de marché et pour résister aux nouveaux entrants.
Les Etats, en particulier en Europe, ont encouragé la constitution de champions nationaux, voire de champions européens. Ainsi, les entreprises sidérurgiques françaises ont été regroupés ; elles étaient encore deux à la fin des années quatre-vingt, puis elles ont été fusionnées avec leurs concurrentes du Benelux et de l’Allemagne.
Ce processus de fusion a été constatée dans de nombreux secteurs comme l’aluminium, la chimie, le pétrole, la pharmacie… En France, il ne reste plus qu’une seule compagnie pétrolière, Total qui a absorbé Elf et Antar.
La disparition de la concurrence au niveau national a été légitimée par l’existence de prédateurs internationaux.
Cette marche vers la concentration ne s’est pas arrêtée du fait de la libre circulation des capitaux et de la nécessité pour entrer sur de nouveaux marchés de réaliser des alliances. En outre, la faiblesse en fonds propres de certaines entreprises, en particulier françaises (absence de fonds de pension ou de fonds souverains) et la volonté des actionnaires de mieux valoriser leur capital a provoqué de nombreuses opérations de concentration. C’est ainsi que Mittal a mis la main sur la sidérurgie européenne.
Le secteur de l’automobile avait jusqu’à maintenant été presque à l’abri de ce vent de concentration. Il y avait encore en 2008 3 constructeurs américains, six constructeurs européens et trois constructeurs japonais auxquels il fallait ajouter les constructeurs indiens, coréens et chinois. La concurrence n’en demeurait néanmoins relative ; les constructeurs ayant décidé de se partager le monde en sphère d’influence.
L’érosion de concurrence a ouvert la porte à toutes les dérives
Sur de nombreux secteurs, énergie, sidérurgie, construction navale, pharmacie…, un cartel d’entreprises domine le marché. Evidemment, une telle situation ne favorise pas l’innovation et la baisse des prix. Elle ouvre la voie à de nombreuses dérives : spéculation, hausse des salaires des dirigeants.
La productivité stagne depuis une dizaine d’année selon l’OCDE. L’arrivée à maturité de certaines techniques explique cet état de fait. Mais, les bénéfices en forte croissance des grandes entreprises auraient du permettre la découverte de nouveaux gisements de croissance. Or, il a été constaté que des profits ne sont pas générateurs d’investissements obligatoirement rentables. Les rentes de situation ne favorisent pas l’innovation. Les économistes classiques ont toujours été méfiants vis-à-vis des bénéfices et de l’auto-investissement. Force est de constater que les situations de monopole ont avant tout favorisé les actionnaires. La multiplication, ces dernières années, des procédures de rachat d’actions par les entreprises et les cascades de LBO en sont les meilleures preuves.
Le G20 n’a pas traité la question clef de la concurrence sur les différents marchés ; or elle est capitale pour lutter contre la spéculation et contre des pratiques peu vertueuses.
Seule une concurrence vive sur des marchés transparents peut amener croissance et plus de moralité.
Malheureusement, les gouvernements, pour sauver à court terme, des emplois risquent au contraire d’encourager de nouvelles concentrations. Or, en aucun cas, la fusion d’entreprises n’est une garantie pour les emplois et encore moins pour ceux de demain. Il est important de redonner du souffle au capitalisme. Il serait utile de travailler sur un code international de la concurrence et de casser les monopoles ou les oligopoles qui se sont institués. En est-il encore temps car ces firmes sans patrie appartiennent à une caste dont le pouvoir dépasse les autorités publiques.
La mondialisation ainsi que les nouveaux secteurs d’activité nés avec les technique de l’information et de la communication, au lieu de favoriser la concurrence, ont permis la constitution de rentes de situation. Les oligopoles voire les monopoles sont redevenus légion. Cette absence de concurrence n’est pas sans conséquence sur le désordre que nous enregistrons dans le domaine de la hiérarchie des valeurs.
Les nouvelles technologies ont appauvri la concurrence
La création de nouveaux marchés donnaient lieu dans le passé à l’arrivée d’un grand nombre d’acteurs. Ce n’était que dans la phase de maturité qu’une concentration intervenait.
Avec les techniques de l’information et de la communication, quelques entreprises se sont arrogées des situations de monopoles ou de quasi-monopoles de fait.
Les autorités de contrôles de la concurrence nationales avaient réussi à casser des situations de monopole dont ceux de ATT et de ITT par exemple aux Etats-Unis. La mondialisation avec en corolaire l’obligation d’avoir des champions nationaux a réduit ce contrôle. Ainsi Microsoft a réussi à maintenir, malgré plusieurs procès, sa situation de monopole.
Ainsi, une entreprise détient presque à 100 % le marché des interfaces pour les ordinateurs individuels. Microsoft a créé une norme et a réussi à empêcher d’éventuels concurrents de s’engouffrer sur ce marché. Les coûts en termes de conception et de commercialisation ont réduit à néant la concurrence si l’on excepte Linux.
Les acheteurs d’ordinateurs n’ont qu’un seul souhait, l’utiliser le plus rapidement et le plus facilement possible. En outre, en cas de changement de machines, ils veulent en quelques secondes retrouver leur environnement de travail ou de loisir.
Casser le monopole de Microsoft nécessitait de créer un standard de normes sur lesquelles les concurrents auraient développés leurs plateformes. Cela aurait nécessité de casser Microsoft en plusieurs sociétés en distinguant ce qui relève des interfaces, des logiciels d’application et des navigateurs…
De même, aujourd’hui Google est devenu incontournable. 80 % des recherches sont effectuées grâce au moteur de recherche de Google. L’exploitation du fameux algorithme à des fins commerciales et la « scanérisation » de la toile ont créé un rapport de force sans précédent. En mémorisant un nombre croissant d’informations, Google s’est mué en aspirateur qui peut aboutir à réduire à néant la concurrence dans les domaines par exemple de l’information comme en témoigne la polémique lancée récemment par le New York Times.
Comme pour Microsoft, la création d’un standard de recherche aboutit à une situation de monopole offrant des rentes de situation sans précédent. Ces rentes ont permis et permettent à l’empire Google de s’agrandir.
Affadissement de la concurrence liée à la mondialisation
Du fait de la chute du mur de Berlin et de l’ouverture du capitalisme de la Chine et du décollage économique de nombreux pays comme le Brésil, l’Inde, l’Argentine…, deux phénomènes ont été constatés : l’arrivée de nouveaux concurrents et une concentration au niveau des vieux pays industriels pour à la fois conquérir de nouvelles parts de marché et pour résister aux nouveaux entrants.
Les Etats, en particulier en Europe, ont encouragé la constitution de champions nationaux, voire de champions européens. Ainsi, les entreprises sidérurgiques françaises ont été regroupés ; elles étaient encore deux à la fin des années quatre-vingt, puis elles ont été fusionnées avec leurs concurrentes du Benelux et de l’Allemagne.
Ce processus de fusion a été constatée dans de nombreux secteurs comme l’aluminium, la chimie, le pétrole, la pharmacie… En France, il ne reste plus qu’une seule compagnie pétrolière, Total qui a absorbé Elf et Antar.
La disparition de la concurrence au niveau national a été légitimée par l’existence de prédateurs internationaux.
Cette marche vers la concentration ne s’est pas arrêtée du fait de la libre circulation des capitaux et de la nécessité pour entrer sur de nouveaux marchés de réaliser des alliances. En outre, la faiblesse en fonds propres de certaines entreprises, en particulier françaises (absence de fonds de pension ou de fonds souverains) et la volonté des actionnaires de mieux valoriser leur capital a provoqué de nombreuses opérations de concentration. C’est ainsi que Mittal a mis la main sur la sidérurgie européenne.
Le secteur de l’automobile avait jusqu’à maintenant été presque à l’abri de ce vent de concentration. Il y avait encore en 2008 3 constructeurs américains, six constructeurs européens et trois constructeurs japonais auxquels il fallait ajouter les constructeurs indiens, coréens et chinois. La concurrence n’en demeurait néanmoins relative ; les constructeurs ayant décidé de se partager le monde en sphère d’influence.
L’érosion de concurrence a ouvert la porte à toutes les dérives
Sur de nombreux secteurs, énergie, sidérurgie, construction navale, pharmacie…, un cartel d’entreprises domine le marché. Evidemment, une telle situation ne favorise pas l’innovation et la baisse des prix. Elle ouvre la voie à de nombreuses dérives : spéculation, hausse des salaires des dirigeants.
La productivité stagne depuis une dizaine d’année selon l’OCDE. L’arrivée à maturité de certaines techniques explique cet état de fait. Mais, les bénéfices en forte croissance des grandes entreprises auraient du permettre la découverte de nouveaux gisements de croissance. Or, il a été constaté que des profits ne sont pas générateurs d’investissements obligatoirement rentables. Les rentes de situation ne favorisent pas l’innovation. Les économistes classiques ont toujours été méfiants vis-à-vis des bénéfices et de l’auto-investissement. Force est de constater que les situations de monopole ont avant tout favorisé les actionnaires. La multiplication, ces dernières années, des procédures de rachat d’actions par les entreprises et les cascades de LBO en sont les meilleures preuves.
Le G20 n’a pas traité la question clef de la concurrence sur les différents marchés ; or elle est capitale pour lutter contre la spéculation et contre des pratiques peu vertueuses.
Seule une concurrence vive sur des marchés transparents peut amener croissance et plus de moralité.
Malheureusement, les gouvernements, pour sauver à court terme, des emplois risquent au contraire d’encourager de nouvelles concentrations. Or, en aucun cas, la fusion d’entreprises n’est une garantie pour les emplois et encore moins pour ceux de demain. Il est important de redonner du souffle au capitalisme. Il serait utile de travailler sur un code international de la concurrence et de casser les monopoles ou les oligopoles qui se sont institués. En est-il encore temps car ces firmes sans patrie appartiennent à une caste dont le pouvoir dépasse les autorités publiques.
vendredi 10 avril 2009
Baisse du Livret A : le gouvernement coupe la poire en deux
Le taux du Livret A passera à 1,75 % au 1er mai contre 2,5 % actuellement. Cette baisse annoncée est moins forte que prévue. En effet, l'inflation sur un an s'établit à 0,3 % contre 3,2 % l'année précédente. En optant pour un taux de 1,75 %, le gouvernement a privilégié les épargnants modestes. Le taux de rendement réel atteint 1,45 % soit plus qu'au moment où le taux était de 4 %. Le taux réel était alors de 0,8 %. Mais comme en termes de pouvoir d'achat, le réel et le ressenti peuvent diverger.
Avec la baisse des taux d'intervention des banques centrales et la réduction à néant de l'inflation, le Gouvernement ne pouvait que baisser le taux du Livret A d'autant plus qu'il entend favoriser le logement social. Plus le taux du Livret A est élevé, plus les ressources mises à disposition des organismes d'HLM le sont.
par ailleurs, pour soutenir la consommation, Bercy aimerait que les Français désépargnent. Ce souhait risque d'être vain car, en période de crise, les Français ont une tendance naturelle à mettre davantage d'argent de côté. L'épargne de précaution est roi en France. Lors de la dernière récession, le taux d'épargne des ménages était remonté de près de 2 points pour atteindre 17 % du revenu disponible brut.
La logique aurait voulu que le Gouvernement abaisse à 1,25 % le taux du Livret A. La morosité sociale l'a conduit à gagner du temps en repoussant une éventuelle baisse à l'automne.
Avec la baisse des taux d'intervention des banques centrales et la réduction à néant de l'inflation, le Gouvernement ne pouvait que baisser le taux du Livret A d'autant plus qu'il entend favoriser le logement social. Plus le taux du Livret A est élevé, plus les ressources mises à disposition des organismes d'HLM le sont.
par ailleurs, pour soutenir la consommation, Bercy aimerait que les Français désépargnent. Ce souhait risque d'être vain car, en période de crise, les Français ont une tendance naturelle à mettre davantage d'argent de côté. L'épargne de précaution est roi en France. Lors de la dernière récession, le taux d'épargne des ménages était remonté de près de 2 points pour atteindre 17 % du revenu disponible brut.
La logique aurait voulu que le Gouvernement abaisse à 1,25 % le taux du Livret A. La morosité sociale l'a conduit à gagner du temps en repoussant une éventuelle baisse à l'automne.
Lettre à mes amis libéraux qui aiment le piratage
Lettre aux amis libéraux opposés à la loi contre le piratage sur Internet
Au nom de la liberté, des libéraux condamnent avec véhémence la loi Hadopi de Christine Albanel qui prévoit des sanctions contre les Internautes pratiquant des téléchargements illégaux.
Bien évidemment, obtenir gratuitement de la musique, de l’information, des données est plus agréable que de devoir les payer.
Bien évidemment qui n’a pas ou n’a pas été tenté de voler des cd ou des livres….
Mais, au-delà de la démagogie, au-delà de l’idée sympathique de donner l’accès au plus grand nombre à des biens culturels, il faut néanmoins en revenir à quelques principes simples. Les biens gratuits n’existent pas. L’économie de marché permet justement d’attribuer une valeur aux biens et aux services en prenant en compte le principe général de rareté.
Il est étonnant que certains souhaitent élargir la liste des biens dits collectifs au moment où ces derniers sont menacés. En effet, nous prenons conscience que des biens comme l’air, l’eau… ou les autres biens de la nature du fait de leur vulnérabilité ont une valeur.
La gratuité n’existe pas ; ce qui n’est pas payé par l’Internaute doit l’être par un autre. Est-ce au contribuable de payer les artistes ? Faut-il en revenir à la création culturelle d’Etat ? Etonnant paradoxe de la part pour des libéraux qui se battent contre la hausse des prélèvements obligatoires. Comment juger de la valeur d’un bien ou d’un service s’il n’y a plus d’arbitrage par les prix ? Certes, la publicité pourrait suppléer le consommateur mais est-elle gage d’une bonne allocation des ressources ? Ne constate-t-on pas que le téléchargement gratuit a abouti à une remise en cause de la diffusion du nombre d’artistes par les majors de l’édition musicale ? Ne peuvent survivre que ceux qui ont les moyens de remplir les salles de concert et de développer un important merchandising. Les groupes comme les Stones, AC-DC ou U2 ne sont pas touchés par le téléchargement illégal.
Pourquoi se focaliser avec autant de force sur cette histoire de téléchargement quand Internet permet d’avoir accès à des milliers de radios et de services permettant d’écouter à la demande sa chanson préférée ?
Si compte tenu du public visé, le débat s’est concentré sur la musique et la vidéo, la question vaut aussi pour l’information et la littérature.
En vertu de quoi payer un livre, une analyse et toute création intellectuelle ? Leur gratuité signifie que tous les produits de l’esprit se valent tous. Certes, avec la profusion des blogs, tout le monde peut être diffuseur d’informations ? Mais entre un Jacques Attali, un Milan Kundera, une analyse d’un grand journaliste ou d’un économiste et les badinages de certains blogs, il y a une différence.
Si les biens de l’esprit se doivent d’être gratuits, cela signifie que leurs créateurs doivent soit disposer de ressources propres, d’un patrimoine abondant ou de gentils sponsors. Nous en revenons aux règles en vigueur au XVIIIème siècle où les rois finançaient selon leur bon vouloir. Faut-il que les artistes trouvent des mécènes ce qui ne favorisera que ceux qui sont déjà en place ou qui ont des relations ? L’avenir est-il aux chanteurs de la starac ou de la nouvelle star. ? Faut-il lancer une starac pour les écrivains ?
En matière de presse, nous constatons que la gratuité est en train de tuer l’analyse au profit de la diffusion d’informations brutes. La valeur ajoutée des articles baissent au même rythme que les revenus des quotidiens.
Les libéraux qui en appellent à la responsabilité et qui soulignent que la mauvaise appréciation des valeurs peut conduire à des comportements collectifs irrationnels pour se racheter une conscience en viennent à légitimer le vol des œuvres de l’esprit. Quelle est la différence de voler un disque à la FNAC ou de télécharger illégalement le dernier disque des Stones ?
Le mécanisme de sanctions prévu par la loi contre le piratage n’est pas liberticide à preuve du contraire ; il en appelle à la responsabilité de chacun et surtout vise à faire prendre conscience que toute création a un prix. Que certains considèrent que les stars gagnent trop d’argent, cela est un autre débat et nul est interdit de surfer sur myspace pour trouver des artistes en devenir…et qui à terme veulent signer un contrat avec une major.
Au nom de la liberté, des libéraux condamnent avec véhémence la loi Hadopi de Christine Albanel qui prévoit des sanctions contre les Internautes pratiquant des téléchargements illégaux.
Bien évidemment, obtenir gratuitement de la musique, de l’information, des données est plus agréable que de devoir les payer.
Bien évidemment qui n’a pas ou n’a pas été tenté de voler des cd ou des livres….
Mais, au-delà de la démagogie, au-delà de l’idée sympathique de donner l’accès au plus grand nombre à des biens culturels, il faut néanmoins en revenir à quelques principes simples. Les biens gratuits n’existent pas. L’économie de marché permet justement d’attribuer une valeur aux biens et aux services en prenant en compte le principe général de rareté.
Il est étonnant que certains souhaitent élargir la liste des biens dits collectifs au moment où ces derniers sont menacés. En effet, nous prenons conscience que des biens comme l’air, l’eau… ou les autres biens de la nature du fait de leur vulnérabilité ont une valeur.
La gratuité n’existe pas ; ce qui n’est pas payé par l’Internaute doit l’être par un autre. Est-ce au contribuable de payer les artistes ? Faut-il en revenir à la création culturelle d’Etat ? Etonnant paradoxe de la part pour des libéraux qui se battent contre la hausse des prélèvements obligatoires. Comment juger de la valeur d’un bien ou d’un service s’il n’y a plus d’arbitrage par les prix ? Certes, la publicité pourrait suppléer le consommateur mais est-elle gage d’une bonne allocation des ressources ? Ne constate-t-on pas que le téléchargement gratuit a abouti à une remise en cause de la diffusion du nombre d’artistes par les majors de l’édition musicale ? Ne peuvent survivre que ceux qui ont les moyens de remplir les salles de concert et de développer un important merchandising. Les groupes comme les Stones, AC-DC ou U2 ne sont pas touchés par le téléchargement illégal.
Pourquoi se focaliser avec autant de force sur cette histoire de téléchargement quand Internet permet d’avoir accès à des milliers de radios et de services permettant d’écouter à la demande sa chanson préférée ?
Si compte tenu du public visé, le débat s’est concentré sur la musique et la vidéo, la question vaut aussi pour l’information et la littérature.
En vertu de quoi payer un livre, une analyse et toute création intellectuelle ? Leur gratuité signifie que tous les produits de l’esprit se valent tous. Certes, avec la profusion des blogs, tout le monde peut être diffuseur d’informations ? Mais entre un Jacques Attali, un Milan Kundera, une analyse d’un grand journaliste ou d’un économiste et les badinages de certains blogs, il y a une différence.
Si les biens de l’esprit se doivent d’être gratuits, cela signifie que leurs créateurs doivent soit disposer de ressources propres, d’un patrimoine abondant ou de gentils sponsors. Nous en revenons aux règles en vigueur au XVIIIème siècle où les rois finançaient selon leur bon vouloir. Faut-il que les artistes trouvent des mécènes ce qui ne favorisera que ceux qui sont déjà en place ou qui ont des relations ? L’avenir est-il aux chanteurs de la starac ou de la nouvelle star. ? Faut-il lancer une starac pour les écrivains ?
En matière de presse, nous constatons que la gratuité est en train de tuer l’analyse au profit de la diffusion d’informations brutes. La valeur ajoutée des articles baissent au même rythme que les revenus des quotidiens.
Les libéraux qui en appellent à la responsabilité et qui soulignent que la mauvaise appréciation des valeurs peut conduire à des comportements collectifs irrationnels pour se racheter une conscience en viennent à légitimer le vol des œuvres de l’esprit. Quelle est la différence de voler un disque à la FNAC ou de télécharger illégalement le dernier disque des Stones ?
Le mécanisme de sanctions prévu par la loi contre le piratage n’est pas liberticide à preuve du contraire ; il en appelle à la responsabilité de chacun et surtout vise à faire prendre conscience que toute création a un prix. Que certains considèrent que les stars gagnent trop d’argent, cela est un autre débat et nul est interdit de surfer sur myspace pour trouver des artistes en devenir…et qui à terme veulent signer un contrat avec une major.
mercredi 8 avril 2009
La lettre n° 3 de Conseils Privés
Conseils Privés, agence indépendante d'information et d'analyse économique vient de publier sa lettre n° 3.
Au sommaire, bien évidemment, le G20, la situation des Etats-Unis, l'analyse de la crise, les points à surveiller...
Au sommaire, bien évidemment, le G20, la situation des Etats-Unis, l'analyse de la crise, les points à surveiller...
lundi 6 avril 2009
Le plan senior attendra
La loi de financement pour la sécurité sociale pour 2009 prévoyait à compter du 1er janvier 2010 pour les entreprises n'ayant pas mis en oeuvre de plan en faveur de l'emploi des 55/65 ans une pénalité fixée à 1 % de la masse salariale. Ce dispositif nécessitait la publication de décrets d'application afin de fixer le contenu du plan et les indicateurs retenus. Le Gouvernement semble avoir décidé de reporter leur publication compte tenu de la situation économique. Même si dans le passé, il a été constaté que le départ des salariés âgés n'avait jamais permis d'améliorer le taux d'emploi des générations plus jeunes, il n'en demeure pas mois que les pouvoirs publics n'ont pas voulu ouvrir un autre front avec les partenaires sociaux.
Pour mémoire, le taux d'emploi des 55/64 ans était en 2007 de :
- 70 % en Suède
- 57,4 % au Royaume-Uni
- 51,5 % en Allemagne
- 50,9 au Pays Bas
- 44,7 % en moyenne au sein de l'Union Européenne
- 44,6 % en Espagne
- 38,6 % en Autriche
- 38,3 % en France
- 34,4 % en Belgique
- 33,8 % en Italie
Pour mémoire, le taux d'emploi des 55/64 ans était en 2007 de :
- 70 % en Suède
- 57,4 % au Royaume-Uni
- 51,5 % en Allemagne
- 50,9 au Pays Bas
- 44,7 % en moyenne au sein de l'Union Européenne
- 44,6 % en Espagne
- 38,6 % en Autriche
- 38,3 % en France
- 34,4 % en Belgique
- 33,8 % en Italie
mercredi 1 avril 2009
Et si Raymond Aron avait tort ?
Enfin, les opposants du capitalisme ont gagné. Depuis des années, des économistes, des sociologues, des philosophes, des femmes, des hommes politiques, des journalistes nous annonçaient que le système courrait à sa perte, qu’il portait en lui le vice, que son amoralité devait se retourner contre lui-même et contre nous même.
Bien évidemment que nous savions tous que Marx et Sartre avaient raison. Nous étions convaincus que la propagande américaine nous imposait, à notre corps défendant, son modèle, ses produits, sa culture.... Raymond Aron avait tout faux, l’économie de marché est un système d’asservissement généralisé. Nous sommes faussement libres car enchaînés aux valeurs matérielles et immatérielles du capitalisme.
La crise de 2008 remet les horloges à l’heure. La vérité éclate aux yeux de tous. Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre dans sa librairie préférée aux rayons économie ou essai pour s’en convaincre. Jamais, une crise n’a donné lieu à une telle inflation de livres sur le thème « nous vous l’avions bien dit, c’était inévitable » ou sur celui « le capitalisme est mort ».
S’il y a donc un secteur qui échappe à la crise, c’est celui spécialisé dans l’annonce des mauvaises nouvelles. Sans être exhaustif, je ne citerai que quelques ouvrages parus à la fin de l’année 2008 et au début de l’année 2009.
Ainsi, de manière sobre sans fioriture, le spécialiste de la régulation, Michel Aglietta a publié un essai dénommé « La crise, pourquoi on en est arrivé là ». Un peu plus explicite, l’ouvrage d’Hervé Kempf « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme ». Plus interrogatif mais toujours aussi peu indulgent avec le système actuel, l’essai de Jacques Attali, « La crise et après ? ». Dans le style, fin du monde, je vous conseille « La stratégie du choc : la montée du capitalisme du désastre par Naomi Klein, Lori Saint-Martin et Paul Gagné. Le couple Patrick Artus et Marie Paule Virard se sont spécialisés dans des ouvrages où l’optimisme n’est pas de rigueur. Ainsi, je peux citer « Globalisation, le pire est à venir ». Juste pour le plaisir, je ne résiste pas de citer quelques titres comme « La finance mondiale, tout va exploser » par Morad El Hattab et Philippe Jumel, « Le krach parfait » d’Ignacio Ramontet, « Le capitalisme et la pulsion de mort » de Gilles Dostaler et Bernard Maris ou « La crise globale » par Jean-Michel Quatrepoint…
Même les auteurs libéraux ou jugés comme tels jouent aux au pythies. Ainsi le journaliste Jean-Marc Sylvestre avec l’économiste «Olivier Pastré a publié un essai sans concession sur le rôle des marchés financiers « le roman vrai de la crise financière ».
L’acte de décès du capitalisme a donné lieu à une surenchère médiatique inégalée en la matière. Cette première grande crise du 21ème siècle est la première à être vécue en directe. Chaque jour, des témoignages sur le chômage, les faillites, la baisse du pouvoir d’achat parcourent les journaux d’information, les blogs... La puissance des nouvelles techniques d’information et de communication impose aux médias d’être toujours plus réactifs, d’anticiper voire de créer l’information au risque qu’elle soit fausse.
Le passage de l’an 2000 est loin mais nous avons pourtant l’impression que les peurs millénaristes perdurent à moins que ce soit un retour des sombres prévisions de Nostradamus. Nous voilà revenu en 1014 quand l’archevêque de York déclarait que « le monde se précipite vers sa fin » ou en juin 2000 quand un archevêque suédois reprenait le thème « tout le monde peut voir que le train est en passe de dérailler ».
La fin du monde est de toute façon depuis quelques années le thème à la mode avec le réchauffement climatique. Désertification, disparition des espèces, montée des océans, surpopulation, cyclones, tempêtes l’amoncellement des risques environnementaux sont autant de maux qui nous sont répétés à longueur de journée. Afin de sauver la Terre, les spécialistes du développement durable appellent de leurs vœux à la décroissance en s’inspirant des vieilles thèses du Club de Rome du début des années soixante-dix qui prônait la croissance à taux zéro. A croire que Dieu les a entendu avec la survenue de la plus forte récession de ces soixante dernières années… Pourtant, depuis la crise financière, ils sont plus modestes et discrets.
Les libéraux, déjà rares en France, ont disparu et se sont transformés en keynésiens ou en étatistes. Quand ils assument encore leur libéralisme, c’est pour mieux condamner le capitalisme qu’il ne faut, à leurs yeux, ne pas assimiler à l’économie de marché. Si tout va mal, c’est bien connu, c’est la faute des banquiers, des traders, des spéculateurs, des grands patrons, des entreprises apatrides qui délocalisent. Ils ont perverti le système au risque d’entraîner sa mort. Les libéraux français se posent en défenseur du petit entrepreneur, victime, abusé par sa banque et pressuré par l’Etat et la Sécurité sociale. Dans notre pays, en période de crise, le poujadisme est renaît de ses cendres. Le petit commerçant contre la grande surface, les sous-traitants contre les multinationales, le petit chef d’entreprise contre les PDG qui accumulent salaires et stock options.
C’est bien connu, le monde financier, le monde des affaires, le monde des grandes entreprises est immoral ; revenons au terrain, à la TPE qui ne ment pas.
Après avoir gagné il y a vingt ans sans coup férir sur le communisme, le capitalisme est jugé, aujourd’hui, coupable sans procès. Le chef d'entreprise est un bandit, un riche exploiteur. Le JDD dans son dernier numéro du mois de mars stigmatisait les riches, catégorie qui incluait toute personne touchant plus de 2600 euros par mois... Sous la terreur, les têtes tombaient, aujourd'hui, ce sont les PDG, les cadres dirigeants... Le coupable, c'est l'autre, c'est le voisin, le supérieur hiérarchique, le banquier... A force de braquer les projecteurs sur les patrons, il n'est pas surprenant que la haine sociale s'installe surtout dans un pays qui a toujours aimé faire tomber les têtes. la culpabilité précède en France le jugement dans notre pays.
Face aux flux de mauvaises nouvelles, de l’annonce répétée de la fin du capitalisme, des banques, de l’occident, des Etats-Unis, de l’accumulation de dettes abyssales, un être doué de raison aurait soit opté pour le suicide ou pour le moins décidé de retirer toute son épargne de la banque et partir sur une ile déserte… Or, force est de constater que malgré les oiseaux de mauvais augure, les consommateurs et les épargnants sont restés relativement sereins. Si le pessimisme monte, il n’y a pas de panique, il n’y a pas de peur collective manifeste.
Après trente ans de crise, la sensibilité du chômage est très forte dans notre pays. Toute dégradation est perçue comme un séisme. La progression des licenciements et la non-reconduction des CDD aura comme conséquences le gonflement de l'épargne de précaution, un ou deux points ce qui ne fera que conforter la première place de la France en matière d'épargne.
La France est, en effet, tout à la fois le pays qui dispose d'un niveau élevé de protection sociale et dont les habitants épargnent le plus par précaution. C'est aussi un des rares pays où la crise donne lieu à des revendications sociales et à un refus de toute réforme.
Le problème français repose sur une crise de confiance et sur une rupture entre le peuple et ses élites. Le succès des discours poujadistes, le rejet des pouvoirs, la jalousie face aux riches qui réussit par son travail sont autant de signes tangibles d'une société en crise. Il est paradoxal que les PDG soient montrés du doigt tant bien même que des footballeurs gagnent plus tout en n'obtenant pas toujours les résultats escomptés.
Le travail est perçu comme une source d'exploitation et non comme un moyen de développement. Les élites ont sans nul doute une part de responsabilité dans le désamour actuel. L'incapacité à faire repartir l'ascenseur social, le repli de la caste dirigeante sur elle même expliquent cette situation. La Nouvelle Star ou le football sont les seuls eldorados dans une société qui a fait du travail une contrainte. Il est vrai qu'un salaire médian autour de 1600 euros n'a pas de quoi enthousiasmé les jeunes étudiants.
Sans espoir de créer une sucess story à la Google, les jeunes Français préfèrent échapper à la réalité économique. La crise actuelle a tendance de rigidifier davantage les structures. Il serait nécessaire au contraire de favoriser la mixité sociale et de revoir la hiérarchie des valeurs
Bien évidemment que nous savions tous que Marx et Sartre avaient raison. Nous étions convaincus que la propagande américaine nous imposait, à notre corps défendant, son modèle, ses produits, sa culture.... Raymond Aron avait tout faux, l’économie de marché est un système d’asservissement généralisé. Nous sommes faussement libres car enchaînés aux valeurs matérielles et immatérielles du capitalisme.
La crise de 2008 remet les horloges à l’heure. La vérité éclate aux yeux de tous. Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre dans sa librairie préférée aux rayons économie ou essai pour s’en convaincre. Jamais, une crise n’a donné lieu à une telle inflation de livres sur le thème « nous vous l’avions bien dit, c’était inévitable » ou sur celui « le capitalisme est mort ».
S’il y a donc un secteur qui échappe à la crise, c’est celui spécialisé dans l’annonce des mauvaises nouvelles. Sans être exhaustif, je ne citerai que quelques ouvrages parus à la fin de l’année 2008 et au début de l’année 2009.
Ainsi, de manière sobre sans fioriture, le spécialiste de la régulation, Michel Aglietta a publié un essai dénommé « La crise, pourquoi on en est arrivé là ». Un peu plus explicite, l’ouvrage d’Hervé Kempf « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme ». Plus interrogatif mais toujours aussi peu indulgent avec le système actuel, l’essai de Jacques Attali, « La crise et après ? ». Dans le style, fin du monde, je vous conseille « La stratégie du choc : la montée du capitalisme du désastre par Naomi Klein, Lori Saint-Martin et Paul Gagné. Le couple Patrick Artus et Marie Paule Virard se sont spécialisés dans des ouvrages où l’optimisme n’est pas de rigueur. Ainsi, je peux citer « Globalisation, le pire est à venir ». Juste pour le plaisir, je ne résiste pas de citer quelques titres comme « La finance mondiale, tout va exploser » par Morad El Hattab et Philippe Jumel, « Le krach parfait » d’Ignacio Ramontet, « Le capitalisme et la pulsion de mort » de Gilles Dostaler et Bernard Maris ou « La crise globale » par Jean-Michel Quatrepoint…
Même les auteurs libéraux ou jugés comme tels jouent aux au pythies. Ainsi le journaliste Jean-Marc Sylvestre avec l’économiste «Olivier Pastré a publié un essai sans concession sur le rôle des marchés financiers « le roman vrai de la crise financière ».
L’acte de décès du capitalisme a donné lieu à une surenchère médiatique inégalée en la matière. Cette première grande crise du 21ème siècle est la première à être vécue en directe. Chaque jour, des témoignages sur le chômage, les faillites, la baisse du pouvoir d’achat parcourent les journaux d’information, les blogs... La puissance des nouvelles techniques d’information et de communication impose aux médias d’être toujours plus réactifs, d’anticiper voire de créer l’information au risque qu’elle soit fausse.
Le passage de l’an 2000 est loin mais nous avons pourtant l’impression que les peurs millénaristes perdurent à moins que ce soit un retour des sombres prévisions de Nostradamus. Nous voilà revenu en 1014 quand l’archevêque de York déclarait que « le monde se précipite vers sa fin » ou en juin 2000 quand un archevêque suédois reprenait le thème « tout le monde peut voir que le train est en passe de dérailler ».
La fin du monde est de toute façon depuis quelques années le thème à la mode avec le réchauffement climatique. Désertification, disparition des espèces, montée des océans, surpopulation, cyclones, tempêtes l’amoncellement des risques environnementaux sont autant de maux qui nous sont répétés à longueur de journée. Afin de sauver la Terre, les spécialistes du développement durable appellent de leurs vœux à la décroissance en s’inspirant des vieilles thèses du Club de Rome du début des années soixante-dix qui prônait la croissance à taux zéro. A croire que Dieu les a entendu avec la survenue de la plus forte récession de ces soixante dernières années… Pourtant, depuis la crise financière, ils sont plus modestes et discrets.
Les libéraux, déjà rares en France, ont disparu et se sont transformés en keynésiens ou en étatistes. Quand ils assument encore leur libéralisme, c’est pour mieux condamner le capitalisme qu’il ne faut, à leurs yeux, ne pas assimiler à l’économie de marché. Si tout va mal, c’est bien connu, c’est la faute des banquiers, des traders, des spéculateurs, des grands patrons, des entreprises apatrides qui délocalisent. Ils ont perverti le système au risque d’entraîner sa mort. Les libéraux français se posent en défenseur du petit entrepreneur, victime, abusé par sa banque et pressuré par l’Etat et la Sécurité sociale. Dans notre pays, en période de crise, le poujadisme est renaît de ses cendres. Le petit commerçant contre la grande surface, les sous-traitants contre les multinationales, le petit chef d’entreprise contre les PDG qui accumulent salaires et stock options.
C’est bien connu, le monde financier, le monde des affaires, le monde des grandes entreprises est immoral ; revenons au terrain, à la TPE qui ne ment pas.
Après avoir gagné il y a vingt ans sans coup férir sur le communisme, le capitalisme est jugé, aujourd’hui, coupable sans procès. Le chef d'entreprise est un bandit, un riche exploiteur. Le JDD dans son dernier numéro du mois de mars stigmatisait les riches, catégorie qui incluait toute personne touchant plus de 2600 euros par mois... Sous la terreur, les têtes tombaient, aujourd'hui, ce sont les PDG, les cadres dirigeants... Le coupable, c'est l'autre, c'est le voisin, le supérieur hiérarchique, le banquier... A force de braquer les projecteurs sur les patrons, il n'est pas surprenant que la haine sociale s'installe surtout dans un pays qui a toujours aimé faire tomber les têtes. la culpabilité précède en France le jugement dans notre pays.
Face aux flux de mauvaises nouvelles, de l’annonce répétée de la fin du capitalisme, des banques, de l’occident, des Etats-Unis, de l’accumulation de dettes abyssales, un être doué de raison aurait soit opté pour le suicide ou pour le moins décidé de retirer toute son épargne de la banque et partir sur une ile déserte… Or, force est de constater que malgré les oiseaux de mauvais augure, les consommateurs et les épargnants sont restés relativement sereins. Si le pessimisme monte, il n’y a pas de panique, il n’y a pas de peur collective manifeste.
Après trente ans de crise, la sensibilité du chômage est très forte dans notre pays. Toute dégradation est perçue comme un séisme. La progression des licenciements et la non-reconduction des CDD aura comme conséquences le gonflement de l'épargne de précaution, un ou deux points ce qui ne fera que conforter la première place de la France en matière d'épargne.
La France est, en effet, tout à la fois le pays qui dispose d'un niveau élevé de protection sociale et dont les habitants épargnent le plus par précaution. C'est aussi un des rares pays où la crise donne lieu à des revendications sociales et à un refus de toute réforme.
Le problème français repose sur une crise de confiance et sur une rupture entre le peuple et ses élites. Le succès des discours poujadistes, le rejet des pouvoirs, la jalousie face aux riches qui réussit par son travail sont autant de signes tangibles d'une société en crise. Il est paradoxal que les PDG soient montrés du doigt tant bien même que des footballeurs gagnent plus tout en n'obtenant pas toujours les résultats escomptés.
Le travail est perçu comme une source d'exploitation et non comme un moyen de développement. Les élites ont sans nul doute une part de responsabilité dans le désamour actuel. L'incapacité à faire repartir l'ascenseur social, le repli de la caste dirigeante sur elle même expliquent cette situation. La Nouvelle Star ou le football sont les seuls eldorados dans une société qui a fait du travail une contrainte. Il est vrai qu'un salaire médian autour de 1600 euros n'a pas de quoi enthousiasmé les jeunes étudiants.
Sans espoir de créer une sucess story à la Google, les jeunes Français préfèrent échapper à la réalité économique. La crise actuelle a tendance de rigidifier davantage les structures. Il serait nécessaire au contraire de favoriser la mixité sociale et de revoir la hiérarchie des valeurs
Inscription à :
Articles (Atom)