vendredi 29 mai 2009
mercredi 27 mai 2009
EDF se lance dans les obligations
A défaut d'aller sur le marché actions, les entreprises trouvent leurs sources de financement en émettant des obligations. EDF surfe sur cette vague en faisant un appel à l'épargne publique afin de lever 1 milliards d'euros. Cet appel aux particuliers au moment où les Français sont à la recherche de placements surs et rémunérateurs a toutes les chances de rencontrer le succès.
Mais attention, le marché des obligations est moins facile d'accès que celui des actions. En outre, il faut prendre en compte les menaces inflationnistes et l'évolution de la courbe des taux.
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Mais attention, le marché des obligations est moins facile d'accès que celui des actions. En outre, il faut prendre en compte les menaces inflationnistes et l'évolution de la courbe des taux.
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mardi 26 mai 2009
Philippe Crevel sur Europe 1 au sujet de l'épargne
Après l'annonce des résultats de la collecte d'assurance-vie , en progression de 11 % au mois d'avril, Philippe Crevel a été interviewé sur Europe 1
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lundi 25 mai 2009
Le Come back de l'assurance-vie
La crise, la baisse du taux du livret A et les taux attractifs des fonds euros ont permis le retournement du marché pour l'assurance-vie. Les cotisations collectées au mois d'avril ont progressé de 11 % pour atteindre près de 12 milliards d'euros. Depuis le début de l'année, la hausse est de 5 %. Les versements en fonds euros progressent de plus de 13 % quand ceux en unités de comptes diminuent de 33 %.
Au 30 avril 2009, l'encours de l'assurance vie s'élevait à 1 154,7 milliards d'euros en progression de 2 % par rapport à 2008.
Dans le même temps, la collecte sur le Livret A diminue mais reste positive. Les Français, en période de crise, ont tendance à accroitre leur effort en matière d'épargne et à reconstituer leur patrimoine atteint par la chute des cours en 2008.
Le taux d'épargne qui était de 14,9 % du revenu disponible brut en 2008 devrait atteindre 16 % d'ici la fin de l'année.
Au 30 avril 2009, l'encours de l'assurance vie s'élevait à 1 154,7 milliards d'euros en progression de 2 % par rapport à 2008.
Dans le même temps, la collecte sur le Livret A diminue mais reste positive. Les Français, en période de crise, ont tendance à accroitre leur effort en matière d'épargne et à reconstituer leur patrimoine atteint par la chute des cours en 2008.
Le taux d'épargne qui était de 14,9 % du revenu disponible brut en 2008 devrait atteindre 16 % d'ici la fin de l'année.
dimanche 24 mai 2009
Le sadomasochisme économique français pris en flag
Les Français ne sont ni de droite, ni de gauche mais réactionnaires surtout quand il s’agit d’économie.
La réalisation d’un nouveau circuit de Formule 1 fournit une nouvelle preuve de notre capacité à nous tirer une balle dans le pied.
Ainsi, la France qui avec l’Allemagne inventa l’automobile ne figure plus au calendrier de la Formule 1, sport symbole de cette industrie qui emploie plus de 10 % des salariés français.
Le refus des autorités de la Formule 1 d’utiliser le circuit de Magny Cours a été compris de tous du fait de l’incapacité des pouvoirs publics de tenir leur promesse d’améliorer sa desserte et du fait de l’inexistence d’un parc hôtelier de prestige. Il fallait s’appeler François Mitterrand pour décréter qu’un circuit perdu au milieu de la France et des champs pouvait accueillir la jet set et le gratin de l’automobile mondiale.
Depuis plusieurs années, la Fédération internationale de l’automobile menaçait de ne plus inscrire Magny Cours. Rien ne fut réalisé pour remédier aux problèmes énoncés ci-dessus. Conséquence, en 2010, la France n’a plus de grand prix.
Pour un pays qui possède deux grandes sociétés automobiles et qui reçoit plus de 70 millions de touristes par an, c’est se priver bêtement d’une vitrine.
Plusieurs projets d’implantation d’un nouveau circuit à proximité de la région parisienne ont été élaborés, mieux vaut tard que jamais, pour permettre d’ici 2012 la réinscription du Grand Prix de France au calendrier.
Or, les écologistes et autres associations de défense se sont opposés à la création d’un nouveau circuit.
Ainsi, le projet de Flins risquerait de mettre à mal la nappe phréatique qui alimente les habitants de l’Ouest de la Région parisienne. Comment croire que quelques voitures de courses, quelques jours par an menacent plus que les centaines de milliers de voitures qui s’entassent chaque jour sur les parkings des grandes surfaces avoisinantes puissent altérer la qualité de l’eau surtout quand le projet prévoit la récupération des eaux du circuit ?
En outre, un circuit, en pleine région parisienne qui héberge de nombreuses grandes usines automobiles pourrait être une piste d’essai pour des voitures moins polluantes. Il pourrait servir de base pour la recherche, l’innovation en matière de transports surtout que les centres de recherche de Peugeot et de Renault sont également implantés dans l’Ouest parisien.
Les écologistes pourraient demander à la Fédération internationale de l’automobile qu’une partie des bénéfices soit consacrée à la recherche pour les voitures propres, Ils pourraient demander que les Formules polluent moins. Mais s’opposer pour s’opposer à la construction d’un circuit de Formule 1 est assimilable aux interminables conflits que génèrent les tracés de ligne à grande vitesse. Les Français adorent le TGV à condition qu’il passe loin de ses terres mais qu’ils puissent se rendre rapidement à la gare.
Autre contradiction du même acabit, l’opposition de certaines associations à la rénovation de l’hôpital Necker. Pendant plusieurs années, des associations de quartier ont ralenti le projet de rénovation car ce dernier supprimait une bâtisse du XVIIIème siècle comme il en existe des milliers en France. Qui a visité l’hôpital des enfants malades comprend que sa modernisation est une nécessité. Les recours contre le projet ont ralenti de plusieurs années et ont entraîné des surcoûts qui seront payés par les contribuables. L’APHP a accepté de démolir pierre par pierre le pavillon et de le réinsérer dans le bâtiment moderne qu’elle construira boulevard du Montparnasse et rue de Sèvres.
A ce rythme, l’économie française n’est pas prête à rattraper son retard…
La réalisation d’un nouveau circuit de Formule 1 fournit une nouvelle preuve de notre capacité à nous tirer une balle dans le pied.
Ainsi, la France qui avec l’Allemagne inventa l’automobile ne figure plus au calendrier de la Formule 1, sport symbole de cette industrie qui emploie plus de 10 % des salariés français.
Le refus des autorités de la Formule 1 d’utiliser le circuit de Magny Cours a été compris de tous du fait de l’incapacité des pouvoirs publics de tenir leur promesse d’améliorer sa desserte et du fait de l’inexistence d’un parc hôtelier de prestige. Il fallait s’appeler François Mitterrand pour décréter qu’un circuit perdu au milieu de la France et des champs pouvait accueillir la jet set et le gratin de l’automobile mondiale.
Depuis plusieurs années, la Fédération internationale de l’automobile menaçait de ne plus inscrire Magny Cours. Rien ne fut réalisé pour remédier aux problèmes énoncés ci-dessus. Conséquence, en 2010, la France n’a plus de grand prix.
Pour un pays qui possède deux grandes sociétés automobiles et qui reçoit plus de 70 millions de touristes par an, c’est se priver bêtement d’une vitrine.
Plusieurs projets d’implantation d’un nouveau circuit à proximité de la région parisienne ont été élaborés, mieux vaut tard que jamais, pour permettre d’ici 2012 la réinscription du Grand Prix de France au calendrier.
Or, les écologistes et autres associations de défense se sont opposés à la création d’un nouveau circuit.
Ainsi, le projet de Flins risquerait de mettre à mal la nappe phréatique qui alimente les habitants de l’Ouest de la Région parisienne. Comment croire que quelques voitures de courses, quelques jours par an menacent plus que les centaines de milliers de voitures qui s’entassent chaque jour sur les parkings des grandes surfaces avoisinantes puissent altérer la qualité de l’eau surtout quand le projet prévoit la récupération des eaux du circuit ?
En outre, un circuit, en pleine région parisienne qui héberge de nombreuses grandes usines automobiles pourrait être une piste d’essai pour des voitures moins polluantes. Il pourrait servir de base pour la recherche, l’innovation en matière de transports surtout que les centres de recherche de Peugeot et de Renault sont également implantés dans l’Ouest parisien.
Les écologistes pourraient demander à la Fédération internationale de l’automobile qu’une partie des bénéfices soit consacrée à la recherche pour les voitures propres, Ils pourraient demander que les Formules polluent moins. Mais s’opposer pour s’opposer à la construction d’un circuit de Formule 1 est assimilable aux interminables conflits que génèrent les tracés de ligne à grande vitesse. Les Français adorent le TGV à condition qu’il passe loin de ses terres mais qu’ils puissent se rendre rapidement à la gare.
Autre contradiction du même acabit, l’opposition de certaines associations à la rénovation de l’hôpital Necker. Pendant plusieurs années, des associations de quartier ont ralenti le projet de rénovation car ce dernier supprimait une bâtisse du XVIIIème siècle comme il en existe des milliers en France. Qui a visité l’hôpital des enfants malades comprend que sa modernisation est une nécessité. Les recours contre le projet ont ralenti de plusieurs années et ont entraîné des surcoûts qui seront payés par les contribuables. L’APHP a accepté de démolir pierre par pierre le pavillon et de le réinsérer dans le bâtiment moderne qu’elle construira boulevard du Montparnasse et rue de Sèvres.
A ce rythme, l’économie française n’est pas prête à rattraper son retard…
jeudi 21 mai 2009
Attention au miroir aux allouettes
Même si le dernier résultat hebdomadaire du chômage marque une très légère amélioration, 631 000 demandeurs d'emploi supplémentaires contre 643 000 la semaine précédente, l'économie américaine est toujours en phase de repli. Le taux de chômage est de de 8,9 % et pourrait se rapprocher de 10 % avant la fin de l'année. Le taux de chômage a atteint un niveau inégalé depuis 25 ans. Les prochaines semaines risquent d'être délicates compte tenu des réductions d'effectifs sont annoncées dans l'industrie automobile.
Les instituts de conjonctures sont entrain de réviser à la baisse leurs prévisions. Néanmoins, ils prévoient sur l'année une chute de 2 points du PIB or tout concourt à penser qu'elle pourrait atteindre 3 points. De toute façon, la contraction enregistrée est la plus forte depuis 1946.
Aux Etats-Unis, il y a une forte sensibilité de l'opinion publique face à la montée du chômage. De ce fait, la FED a annoncé qu'elle ne s'interdisait pas de racheter des bons du Trésor, c'est à dire de faire fonctionner la planche à billets.
Les deux derniers mois avec la hausse des cours boursiers ont laissé croire que le plus dur était passé, que la croissance reprendrait ses droits d'ici la fin de l'année.
Or, les forces récessives demeurent puissantes du fait que la confiance fait encore défaut et que les effets de la contraction des actifs se répercutent progressivement dans toutes les strates économiques.
Par ailleurs, l'assainissement de la sphère financière exige du temps.
Les bons résultats boursiers étaient un mouvement de correction aidée par la distribution des dividendes. Les institutionnels ont acheté des actions d'entreprises distribuant des dividendes afin de ramasser du cash. Une fois les courses réalisées, le retour aux fondamentaux est de rigueur.
Les instituts de conjonctures sont entrain de réviser à la baisse leurs prévisions. Néanmoins, ils prévoient sur l'année une chute de 2 points du PIB or tout concourt à penser qu'elle pourrait atteindre 3 points. De toute façon, la contraction enregistrée est la plus forte depuis 1946.
Aux Etats-Unis, il y a une forte sensibilité de l'opinion publique face à la montée du chômage. De ce fait, la FED a annoncé qu'elle ne s'interdisait pas de racheter des bons du Trésor, c'est à dire de faire fonctionner la planche à billets.
Les deux derniers mois avec la hausse des cours boursiers ont laissé croire que le plus dur était passé, que la croissance reprendrait ses droits d'ici la fin de l'année.
Or, les forces récessives demeurent puissantes du fait que la confiance fait encore défaut et que les effets de la contraction des actifs se répercutent progressivement dans toutes les strates économiques.
Par ailleurs, l'assainissement de la sphère financière exige du temps.
Les bons résultats boursiers étaient un mouvement de correction aidée par la distribution des dividendes. Les institutionnels ont acheté des actions d'entreprises distribuant des dividendes afin de ramasser du cash. Une fois les courses réalisées, le retour aux fondamentaux est de rigueur.
dimanche 17 mai 2009
EUROPE, PARIER SUR L'EST
L’Union européenne n’est pas une Europe politique ; elle ne l’a jamais été et ne devrait pas le devenir à court ou à moyen terme. La construction européenne est avant tout celle des marchands, des idéalistes qui considéraient qu’en commerçant entre Français, Italiens, Belge, Luxembourgeois, Hollandais et Allemands, la guerre deviendrait impossible.
Ce doux rêve est désormais une réalité et c’est au nom de ce principe que l’Europe a intégré les pays de l’Europe de l’Est rendant ainsi plus difficile l’hégémonisme russe.
La construction européenne est devenue le label des pays démocratiques qui jugent la guerre inutile pour régler des conflits interne au Continent.
Les projets politiques déclarés en tant que tels ont échoué que ce soit la Communauté Européenne de la Défense en 1954 ou le Traité Constitutionnel en 2005. Il faut, à ce titre, souligner que dans les deux cas, c’est la France qui s’est opposé à la mise en place d’une Europe plus politique.
En revanche, les avancées économiques ont été couronnées de succès : le marché commun, la politique agricole commune, le marché unique, la monnaie unique.
L’Europe n’a pas à rougir de son bilan. Elle a réussi de passer de 5 à 27 membres d’intégrer l’Espagne, la Grèce et le Portugal qui sortaient de la dictature. Elle a réussi à intégrer la quasi-totalité des pays du pacte de Varsovie qui durant plus de quarante ans avaient été transformés en satellites de l’URSS. Elle a même intégré d’anciens pays qui avaient été intégrés à l’URSS comme la Lettonie, la Lituanie ou l’Estonie.
A 15, c’était difficile mais A 27, l’Union européenne ne peut pas être une force politique compte tenu qu’elle est plurielle tout à la fois anglo-saxonne, latine voire slave. Elle possède trois grandes capitales, Londres, Paris et Berlin et de nombreux autres centres comme Barcelone, Milan ou Prague voire Varsovie. Les partisans d’une Europe fédérale sont rares et la communauté de destin qui lie les Européens les uns aux autres n’est pas encore suffisamment partagée pour permettre une avancée dans la construction européenne.
En récusant ses origines, l’Europe a perdu de son sens. Elle est devenue conservatrice et tente d’ériger de bâtir des murs virtuels pour échapper à de supposées menaces.
Or, tout Empire qui préfère les lignes Maginot à l’esprit d’expansion ou de progrès est voué à décliner. Le vieux continent le sera réellement du fait des évolutions démographiques en cours. La population a commencé à décliner. Les taux de fécondité de l’Italie et des pays d’Europe centrale figurent parmi les plus faibles du monde. L’Europe, d’ici à quelques années, devra faire face à des charges de retraite, d’assurance maladie et de dépendance qu’elle ne pourra financer qu’à condition de rester une région prospère, dynamique. Or, cela suppose de poser la question de l’élargissement et des partenariats.
Faut-il récuser le droit à la Turquie d’entrer dans l’Union européenne ? La Turquie ne fait-elle partie du Conseil de l’Europe, de l’OTAN depuis sa création ? La France, Etat laïque refuserait-elle à un pays laïque mais peuplé majoritairement de Musulmans d’intégrer l’Union européenne ?
La Turquie en se trouvant à la frontière de l’Irak et de son voisin l’Iran sera dans les prochaines années un des pays clef du développement de la zone arabo-persane. Déjà, les entrepreneurs turcs rayonnent dans l’ensemble de la région. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la France comme l’Allemagne sont déjà implantées en Turquie bien plus que dans certains pays membres de l’Union.
Quand les 12 ont intégré l’Espagne, le Portugal et la Grèce, un pari avait été fait : celui que ces pays demeureraient des démocraties et qu’ils rattraperaient rapidement leur retard économique. Ne faut-il pas réaliser le même pari avec la Turquie ?
La question de l’appartenance au continent européen est secondaire. L’Empire Ottoman n’a-t-il pas été partie prenante de tous les grands conflits qui ont marqué l’histoire européenne ?
La Turquie est un marché à fort potentiel avec une population en forte croissance et qui servira de base pour développer les exportations des Etats membres vers l’Iran quand ce pays s’ouvrira et vers l’Irak.
De même, il est nécessaire de poser la question de la Russie, ex grande puissance qui entend le redevenir au plus vite. Ses richesses naturelles lui ont permis d’effacer les traces de l’effondrement des années quatre-vingt-dix. En revanche, elles ne lui ont pas encore permis de s’arrimer au Continent et de connaître une croissance économique équilibrée. En revanche, dès le retour de la croissance, la Russie retrouvera du cash et un rôle clef en Europe et en Asie.
La Russie a la même tentation que les Etats-Unis, le repli sauf qu’il a pour les deux pays des significations différentes. Le repli russe signifie autant que possible de reconstruire l’Empire ex-soviétique. De ce fait, l’Union européenne a une partie de son territoire dans l’espace de conquête de la Russie. Comme au temps du Traité de Rome, pour éviter les tentations de se transformer en actes, il faudra éviter l’irrédentisme russe. Tout comme la Turquie, la Russie a toujours été un membre affluent du concert des nations européennes.
Les Etats membres de l’Union européenne ont tout intérêt à attirer les capitaux russes qui seront courtisés par la Chine et les autres pays d’Asie. L’Europe a besoin de capitaux pour régénérer son capitalisme ; elle a besoin de matières premières et de l’énergie. Elle a besoin de nouveaux marchés. La Russie lui offre les trois et cela à ses frontières.
Les Allemands l’ont bien compris et jouent déjà en solitaire la carte de la Russie. La France semble hésiter or cette ouverture vers l’Est est inscrite dans les gènes de l’Europe et qui a été construite au nom de la paix et de l’économie. L’Europe, c’est une affaire de charbon et d’acier, c’est une affaire d’énergie et de commerce. IL faut revenir aux fondamentaux pour lui redonner du souffle.
Ce doux rêve est désormais une réalité et c’est au nom de ce principe que l’Europe a intégré les pays de l’Europe de l’Est rendant ainsi plus difficile l’hégémonisme russe.
La construction européenne est devenue le label des pays démocratiques qui jugent la guerre inutile pour régler des conflits interne au Continent.
Les projets politiques déclarés en tant que tels ont échoué que ce soit la Communauté Européenne de la Défense en 1954 ou le Traité Constitutionnel en 2005. Il faut, à ce titre, souligner que dans les deux cas, c’est la France qui s’est opposé à la mise en place d’une Europe plus politique.
En revanche, les avancées économiques ont été couronnées de succès : le marché commun, la politique agricole commune, le marché unique, la monnaie unique.
L’Europe n’a pas à rougir de son bilan. Elle a réussi de passer de 5 à 27 membres d’intégrer l’Espagne, la Grèce et le Portugal qui sortaient de la dictature. Elle a réussi à intégrer la quasi-totalité des pays du pacte de Varsovie qui durant plus de quarante ans avaient été transformés en satellites de l’URSS. Elle a même intégré d’anciens pays qui avaient été intégrés à l’URSS comme la Lettonie, la Lituanie ou l’Estonie.
A 15, c’était difficile mais A 27, l’Union européenne ne peut pas être une force politique compte tenu qu’elle est plurielle tout à la fois anglo-saxonne, latine voire slave. Elle possède trois grandes capitales, Londres, Paris et Berlin et de nombreux autres centres comme Barcelone, Milan ou Prague voire Varsovie. Les partisans d’une Europe fédérale sont rares et la communauté de destin qui lie les Européens les uns aux autres n’est pas encore suffisamment partagée pour permettre une avancée dans la construction européenne.
En récusant ses origines, l’Europe a perdu de son sens. Elle est devenue conservatrice et tente d’ériger de bâtir des murs virtuels pour échapper à de supposées menaces.
Or, tout Empire qui préfère les lignes Maginot à l’esprit d’expansion ou de progrès est voué à décliner. Le vieux continent le sera réellement du fait des évolutions démographiques en cours. La population a commencé à décliner. Les taux de fécondité de l’Italie et des pays d’Europe centrale figurent parmi les plus faibles du monde. L’Europe, d’ici à quelques années, devra faire face à des charges de retraite, d’assurance maladie et de dépendance qu’elle ne pourra financer qu’à condition de rester une région prospère, dynamique. Or, cela suppose de poser la question de l’élargissement et des partenariats.
Faut-il récuser le droit à la Turquie d’entrer dans l’Union européenne ? La Turquie ne fait-elle partie du Conseil de l’Europe, de l’OTAN depuis sa création ? La France, Etat laïque refuserait-elle à un pays laïque mais peuplé majoritairement de Musulmans d’intégrer l’Union européenne ?
La Turquie en se trouvant à la frontière de l’Irak et de son voisin l’Iran sera dans les prochaines années un des pays clef du développement de la zone arabo-persane. Déjà, les entrepreneurs turcs rayonnent dans l’ensemble de la région. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la France comme l’Allemagne sont déjà implantées en Turquie bien plus que dans certains pays membres de l’Union.
Quand les 12 ont intégré l’Espagne, le Portugal et la Grèce, un pari avait été fait : celui que ces pays demeureraient des démocraties et qu’ils rattraperaient rapidement leur retard économique. Ne faut-il pas réaliser le même pari avec la Turquie ?
La question de l’appartenance au continent européen est secondaire. L’Empire Ottoman n’a-t-il pas été partie prenante de tous les grands conflits qui ont marqué l’histoire européenne ?
La Turquie est un marché à fort potentiel avec une population en forte croissance et qui servira de base pour développer les exportations des Etats membres vers l’Iran quand ce pays s’ouvrira et vers l’Irak.
De même, il est nécessaire de poser la question de la Russie, ex grande puissance qui entend le redevenir au plus vite. Ses richesses naturelles lui ont permis d’effacer les traces de l’effondrement des années quatre-vingt-dix. En revanche, elles ne lui ont pas encore permis de s’arrimer au Continent et de connaître une croissance économique équilibrée. En revanche, dès le retour de la croissance, la Russie retrouvera du cash et un rôle clef en Europe et en Asie.
La Russie a la même tentation que les Etats-Unis, le repli sauf qu’il a pour les deux pays des significations différentes. Le repli russe signifie autant que possible de reconstruire l’Empire ex-soviétique. De ce fait, l’Union européenne a une partie de son territoire dans l’espace de conquête de la Russie. Comme au temps du Traité de Rome, pour éviter les tentations de se transformer en actes, il faudra éviter l’irrédentisme russe. Tout comme la Turquie, la Russie a toujours été un membre affluent du concert des nations européennes.
Les Etats membres de l’Union européenne ont tout intérêt à attirer les capitaux russes qui seront courtisés par la Chine et les autres pays d’Asie. L’Europe a besoin de capitaux pour régénérer son capitalisme ; elle a besoin de matières premières et de l’énergie. Elle a besoin de nouveaux marchés. La Russie lui offre les trois et cela à ses frontières.
Les Allemands l’ont bien compris et jouent déjà en solitaire la carte de la Russie. La France semble hésiter or cette ouverture vers l’Est est inscrite dans les gènes de l’Europe et qui a été construite au nom de la paix et de l’économie. L’Europe, c’est une affaire de charbon et d’acier, c’est une affaire d’énergie et de commerce. IL faut revenir aux fondamentaux pour lui redonner du souffle.
vendredi 15 mai 2009
Baisse du PIB : -1,2 % au premier trimestre
Comme cela était attendu, l'INSEE a annoncé une nette baisse du PIB pour le premier trimestre 2009 avec un recul de 1,2 point. La mauvaise surprise provient des corrections apportées sur les résultats de 2008 qui ont été revus à la baisse. La croissance de l'ensemble de 2008 n'a été que de 0,3% au lieu de 0,7% précédemment annoncé.
Du fait de sa plus faible exposition au commerce mondiale, la France enregistre des résultats moins dégradés que ces principaux partenaires et en particulier l'Allemagne. Il n'en demeure pas moins que l'actuelle récession est une des plus fortes de l'histoire économique contemporaine. Au premier trimestre, l'Allemagne a enregistré une contraction de 3,8% de son PIB au premier.
En France, les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 0,2% en janvier-mars, comme au quatrième trimestres, alors que les investissements des entreprises ont reculé de 3,2%. Le maintien de la consommation est à relier au maintien du pouvoir d'achat "dopé" par la désinflation.
Les investissements des ménages, essentiellement en logement, ont baissé de 1,5%.
Les stocks ont contribué négativement au PIB à hauteur de 0,8 point, après déjà -0,7 point au quatrième trimestre, et la demande intérieure hors stocks à hauteur de -0,4 point.
La contribution du commerce extérieur a été nulle au vu d'une baisse de 6,0% des exportations compensée par un recul de 5,3% des importations.
Du fait de sa plus faible exposition au commerce mondiale, la France enregistre des résultats moins dégradés que ces principaux partenaires et en particulier l'Allemagne. Il n'en demeure pas moins que l'actuelle récession est une des plus fortes de l'histoire économique contemporaine. Au premier trimestre, l'Allemagne a enregistré une contraction de 3,8% de son PIB au premier.
En France, les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 0,2% en janvier-mars, comme au quatrième trimestres, alors que les investissements des entreprises ont reculé de 3,2%. Le maintien de la consommation est à relier au maintien du pouvoir d'achat "dopé" par la désinflation.
Les investissements des ménages, essentiellement en logement, ont baissé de 1,5%.
Les stocks ont contribué négativement au PIB à hauteur de 0,8 point, après déjà -0,7 point au quatrième trimestre, et la demande intérieure hors stocks à hauteur de -0,4 point.
La contribution du commerce extérieur a été nulle au vu d'une baisse de 6,0% des exportations compensée par un recul de 5,3% des importations.
jeudi 14 mai 2009
Une Crise d'un nouveau genre
Le PIB de tous les pays est en chute libre vertigineuse ; le recul du PIB devrait atteindre 10 points en Islande 6 points en Allemagne, 4 points en France, 3 points aux Etats-Unis et au Japon. Le taux de croissance de la Chine serait divisé par deux….
Le commerce mondial qui permettait, en règle générale, d’atténuer les crises joue, aujourd’hui, le rôle d’accélérateur. La baisse devrait être comprise entre 9 et 11 % soit la plus forte baisse enregistrée depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
L’industrie automobile, l’industrie phare du 20ième siècle n’en finit pas d’accumuler les mauvais résultats. Les grands groupes ont enregistré 41 milliards d’euros de pertes en 2008. Pour 2009, le nombre de véhicules vendus devrait être de 55 millions d’unités contre 68 millions en 2007 et 64 millions en 2008. La baisse est de près de 20 % et atteindrait plus de 30 % aux Etats-Unis.
La production industrielle a baissé dans tous les États européens. De mars 2008 à mars 2009, Les baisses les plus importantes ont été observées en Estonie (-29,7%), au Luxembourg (-29,6%), en Espagne (-24,7%) ainsi qu'en Italie (-23,8%), et les plus faibles en Grèce (-5,8%), au Portugal (-7,9%) et en Pologne (-10,0%). La chute est de 15 % pour la France.
Cette dégradation rapide et forte a pour corollaire une progression mondiale du chômage. Ainsi, la Commission de Bruxelles s'attend à une perte de 8,5 millions d'emplois dans l'Union européenne en 2009-2010, ce qui devrait se traduire par un taux de chômage de 10,9% l'an prochain.
Dans la zone euro, elle prévoit qu'il atteigne 11,5% en 2010, un niveau sans précédent depuis l'après-guerre selon Bruxelles. Aux Etats-Unis, depuis le mois de décembre 2007, 5,7 millions d’emplois ont été détruits ; le taux de chômage s’élève à 8,9 % soit son plus haut niveau depuis 1983.
Cet enchaînement n’a été rendu possible que par l’accumulation de déséquilibres dont les Etats sont en grande partie responsables. Les faibles taux d’intervention de la FED, institués après le 11 septembre 2001 ont généré des bulles d’endettement publiques et privées aux Etats-Unis, bulles qui ont favorisé une mauvaise appréciation des risques.
Cette bulle a également encouragé la création d’un excès d’offre avec le choix de la Chine de se développer par l’exportation. L’abaissement des coûts provoqué par l’arrivée sur le marché des produits issus des pays émergents a permis des effets de rente et a entraîné l’apparition de déficits et d’excédents commerciaux sans précédent. Le déficit commercial américain a atteint, en 2007, plus de 800 milliards de dollars.
Le commerce mondial a ainsi alimenté la croissance qui n’a été, en revanche, tiré, ces dernières années, pas des gains de productivité liés à la recherche et à l’innovation.
La rupture financière a cassé la chaîne de croissance ; la méfiance a provoqué un repli général. Ce qui diffère cette crise des précédentes est son caractère médiatique. C’est la première crise vécut en direct. Avec la volatilisation virtuelle de 31 000 milliards de dollars d’actifs boursiers, avec la contraction du patrimoine immobilier des ménages américains de 60 000 milliards de dollars, avec les statistiques et les prévisions annoncées presque tous les jours, la crise semble être palpable.
La médiatisation a certainement été un accélérateur de la crise. Comment sinon expliquer la chute aussi brutale du marché de l’automobile ? Qu’aux Etats-Unis, l’achat à crédit soit la règle mais ce n’est pas le cas en Europe. En France, l’âge moyen des acheteurs de voiture est de plus de 50 ans. Les Français sont par tradition peu affectés par la chute des cours de bourse. Moins de trois millions sont actionnaires. A l’exception de ceux qui ont perdu leur emploi, les salariés n’ont pas eu à supporter de chute de leurs revenus. Au contraire, avec la désinflation, le pouvoir d’achat augmente, de 0,7 % en 2008 et 2009. Enfin, il convient de souligner que plus Français sur cinq bénéficie d’un emploi public et n’est donc pas exposé au risque du chômage.
Il n’en demeure pas moins que le consommateur s’est mis à chasser les produits low cost comme s’il était devenu criminel d’acheter des produits de marque…
Face à une crise généralisée de confiance, les Etats ont décidé d’accroître les dépenses publiques et de laisser filer les déficits et la dette publics. Ainsi, le déficit public français devrait dépasser les 6 points du PIB, la dette publique atteindra 80 % du PIB en 2009 et 86 % en 2010. Elle était de 68 % en 2008.
Aux Etats-Unis, le déficit public pourrait dépasser les 10 points tout comme au Royaume-Uni et en Irlande.
Cet emballement de la dette publique est favorisé tant par la demande de l’opinion publique que par la facilité qu’ont les Etats à lever de l’argent. En période de méfiance généralisée, les investisseurs et les épargnants se replient sur les titres les plus sûrs, donc les titres d’Etat. Il en résulte un effet d’éviction pour l’économie réelle ce qui renforce d’autant la récession.
La sortie passe par la résorption d’au moins une partie des déséquilibres. Certes, une embellie peut être obtenue du fait de l’injection de liquidités dans le circuit. Il faut noter qu’actuellement, elles ont été utilisées avant tout pour colmater et effacer les effets des dépréciations d’actifs mais non pour relancer l’économie.
L’existence d’une communauté d’intérêts entre la Chine et les Etats-Unis réduit les tentations de dépréciation du dollar et le rapatriement des capitaux chinois. Néanmoins, la création d’un véritable marché intérieur chinois est indispensable tout à la fois pour aboutir à des flux commerciaux plus équilibrés et une augmentation des coûts de main-d’oeuvre. La Chine a de toute façon des problèmes sociaux à résoudre dans les prochaines années. Le vieillissement de la population contraindra les pouvoirs publics à instaurer un véritable système de sécurité sociale, avec l’industrialisation, les solidarités paysannes s’érodant.
La coordination des politiques de taux et de change devrait s’accroître pour éviter la multiplication des arbitrages spéculatifs qui ont contribué à alimenter la bulle financière.
L’endettement public ayant pris le pas sur l’endettement privé et compte tenu des défis auxquels les Etats seront confrontés dans les prochaines années (dépenses vieillesse, dépendance), sa gestion devra être conduit avec finesse pour éviter une politique de stop and go.
La crise protéiforme que nous connaissons par sa globalité et sa singularité suppose certainement des réponses originales ; les recettes du passé sont certes instructives mais ne sauraient suffire surtout quand elles ont été utilisées sans succès à maintes reprises…
Le commerce mondial qui permettait, en règle générale, d’atténuer les crises joue, aujourd’hui, le rôle d’accélérateur. La baisse devrait être comprise entre 9 et 11 % soit la plus forte baisse enregistrée depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
L’industrie automobile, l’industrie phare du 20ième siècle n’en finit pas d’accumuler les mauvais résultats. Les grands groupes ont enregistré 41 milliards d’euros de pertes en 2008. Pour 2009, le nombre de véhicules vendus devrait être de 55 millions d’unités contre 68 millions en 2007 et 64 millions en 2008. La baisse est de près de 20 % et atteindrait plus de 30 % aux Etats-Unis.
La production industrielle a baissé dans tous les États européens. De mars 2008 à mars 2009, Les baisses les plus importantes ont été observées en Estonie (-29,7%), au Luxembourg (-29,6%), en Espagne (-24,7%) ainsi qu'en Italie (-23,8%), et les plus faibles en Grèce (-5,8%), au Portugal (-7,9%) et en Pologne (-10,0%). La chute est de 15 % pour la France.
Cette dégradation rapide et forte a pour corollaire une progression mondiale du chômage. Ainsi, la Commission de Bruxelles s'attend à une perte de 8,5 millions d'emplois dans l'Union européenne en 2009-2010, ce qui devrait se traduire par un taux de chômage de 10,9% l'an prochain.
Dans la zone euro, elle prévoit qu'il atteigne 11,5% en 2010, un niveau sans précédent depuis l'après-guerre selon Bruxelles. Aux Etats-Unis, depuis le mois de décembre 2007, 5,7 millions d’emplois ont été détruits ; le taux de chômage s’élève à 8,9 % soit son plus haut niveau depuis 1983.
Cet enchaînement n’a été rendu possible que par l’accumulation de déséquilibres dont les Etats sont en grande partie responsables. Les faibles taux d’intervention de la FED, institués après le 11 septembre 2001 ont généré des bulles d’endettement publiques et privées aux Etats-Unis, bulles qui ont favorisé une mauvaise appréciation des risques.
Cette bulle a également encouragé la création d’un excès d’offre avec le choix de la Chine de se développer par l’exportation. L’abaissement des coûts provoqué par l’arrivée sur le marché des produits issus des pays émergents a permis des effets de rente et a entraîné l’apparition de déficits et d’excédents commerciaux sans précédent. Le déficit commercial américain a atteint, en 2007, plus de 800 milliards de dollars.
Le commerce mondial a ainsi alimenté la croissance qui n’a été, en revanche, tiré, ces dernières années, pas des gains de productivité liés à la recherche et à l’innovation.
La rupture financière a cassé la chaîne de croissance ; la méfiance a provoqué un repli général. Ce qui diffère cette crise des précédentes est son caractère médiatique. C’est la première crise vécut en direct. Avec la volatilisation virtuelle de 31 000 milliards de dollars d’actifs boursiers, avec la contraction du patrimoine immobilier des ménages américains de 60 000 milliards de dollars, avec les statistiques et les prévisions annoncées presque tous les jours, la crise semble être palpable.
La médiatisation a certainement été un accélérateur de la crise. Comment sinon expliquer la chute aussi brutale du marché de l’automobile ? Qu’aux Etats-Unis, l’achat à crédit soit la règle mais ce n’est pas le cas en Europe. En France, l’âge moyen des acheteurs de voiture est de plus de 50 ans. Les Français sont par tradition peu affectés par la chute des cours de bourse. Moins de trois millions sont actionnaires. A l’exception de ceux qui ont perdu leur emploi, les salariés n’ont pas eu à supporter de chute de leurs revenus. Au contraire, avec la désinflation, le pouvoir d’achat augmente, de 0,7 % en 2008 et 2009. Enfin, il convient de souligner que plus Français sur cinq bénéficie d’un emploi public et n’est donc pas exposé au risque du chômage.
Il n’en demeure pas moins que le consommateur s’est mis à chasser les produits low cost comme s’il était devenu criminel d’acheter des produits de marque…
Face à une crise généralisée de confiance, les Etats ont décidé d’accroître les dépenses publiques et de laisser filer les déficits et la dette publics. Ainsi, le déficit public français devrait dépasser les 6 points du PIB, la dette publique atteindra 80 % du PIB en 2009 et 86 % en 2010. Elle était de 68 % en 2008.
Aux Etats-Unis, le déficit public pourrait dépasser les 10 points tout comme au Royaume-Uni et en Irlande.
Cet emballement de la dette publique est favorisé tant par la demande de l’opinion publique que par la facilité qu’ont les Etats à lever de l’argent. En période de méfiance généralisée, les investisseurs et les épargnants se replient sur les titres les plus sûrs, donc les titres d’Etat. Il en résulte un effet d’éviction pour l’économie réelle ce qui renforce d’autant la récession.
La sortie passe par la résorption d’au moins une partie des déséquilibres. Certes, une embellie peut être obtenue du fait de l’injection de liquidités dans le circuit. Il faut noter qu’actuellement, elles ont été utilisées avant tout pour colmater et effacer les effets des dépréciations d’actifs mais non pour relancer l’économie.
L’existence d’une communauté d’intérêts entre la Chine et les Etats-Unis réduit les tentations de dépréciation du dollar et le rapatriement des capitaux chinois. Néanmoins, la création d’un véritable marché intérieur chinois est indispensable tout à la fois pour aboutir à des flux commerciaux plus équilibrés et une augmentation des coûts de main-d’oeuvre. La Chine a de toute façon des problèmes sociaux à résoudre dans les prochaines années. Le vieillissement de la population contraindra les pouvoirs publics à instaurer un véritable système de sécurité sociale, avec l’industrialisation, les solidarités paysannes s’érodant.
La coordination des politiques de taux et de change devrait s’accroître pour éviter la multiplication des arbitrages spéculatifs qui ont contribué à alimenter la bulle financière.
L’endettement public ayant pris le pas sur l’endettement privé et compte tenu des défis auxquels les Etats seront confrontés dans les prochaines années (dépenses vieillesse, dépendance), sa gestion devra être conduit avec finesse pour éviter une politique de stop and go.
La crise protéiforme que nous connaissons par sa globalité et sa singularité suppose certainement des réponses originales ; les recettes du passé sont certes instructives mais ne sauraient suffire surtout quand elles ont été utilisées sans succès à maintes reprises…
mercredi 13 mai 2009
Rapport Cotis, plus de questions que de réponses
Nicolas Sarkozy avait lancé l'idée de la règle des trois tiers pour le partage des dividendes : un tiers pour les salariés, un tiers pour les actionnaires, un tiers pour l'investissement. Cette proposition avait donné lieu à des réactions mitigées de la part des partenaires sociaux. Pour surmonter la polémique, un rapport sur le partage de la valeur ajoutée, le partage des profits et les écarts de rémunérations en France a été demandé au directeur de l'INSEE, Jean-Philippe Cotis.
Le rapporteur affirme que "la part des salaires dans la richesse produite chaque année est globalement "plutôt stable" en France depuis la fin des années 1980. Sur près de 60 ans, la part des salaires dans la valeur ajoutée a cependant fortement fluctué: relative stabilité de 1949 au premier choc pétrolier, hausse jusqu'au début des années 1980, baisse jusqu'à la fin des années 1980 notamment avec le contre-choc pétrolier, et "relative stabilité" jusqu'à 2007.
Le rapport souligne que "la croissance des salaires nets depuis 20 ans est extrêmement faible". Cette stabilité trouve son explication dans la faible croissance économique de la France, dans le poids croissant des cotisations sociales et dans la montée des emplois précaires.
Néanmoins, le rapport souligne que les écarts de salaires se sont accrus en particulier dans la dernière décennie pour les 1% ou les 1 pour mille les mieux payés.
L'intéressement et la participation occupent "une place réduite mais croissante" depuis le début des années 1990.
Le montant des dividendes versés aux actionnaires a quasiment quintuplé depuis 1993, tandis que l'autofinancement des investissements par les entreprises a baissé.
"Les profits vont pour un peu plus d'un tiers aux revenus du capital (36%), pour une grosse moitié à l'investissement (57%) et le reste à la participation et l'intéressement (7%)", selon le rapport.
Le rapport soulève donc le problème du financement des dépenses sociales qui doivent logiquement augmenter dans les prochaines années : retraite, dépendance, assurance maladie. Or, l'arbitrage s'effectue entre salaire direct et charges. par ailleurs, un changement dans la répartition des dividendes risquerait de pénaliser l'investissement qui est déjà jugé trop faible.
Le rapporteur affirme que "la part des salaires dans la richesse produite chaque année est globalement "plutôt stable" en France depuis la fin des années 1980. Sur près de 60 ans, la part des salaires dans la valeur ajoutée a cependant fortement fluctué: relative stabilité de 1949 au premier choc pétrolier, hausse jusqu'au début des années 1980, baisse jusqu'à la fin des années 1980 notamment avec le contre-choc pétrolier, et "relative stabilité" jusqu'à 2007.
Le rapport souligne que "la croissance des salaires nets depuis 20 ans est extrêmement faible". Cette stabilité trouve son explication dans la faible croissance économique de la France, dans le poids croissant des cotisations sociales et dans la montée des emplois précaires.
Néanmoins, le rapport souligne que les écarts de salaires se sont accrus en particulier dans la dernière décennie pour les 1% ou les 1 pour mille les mieux payés.
L'intéressement et la participation occupent "une place réduite mais croissante" depuis le début des années 1990.
Le montant des dividendes versés aux actionnaires a quasiment quintuplé depuis 1993, tandis que l'autofinancement des investissements par les entreprises a baissé.
"Les profits vont pour un peu plus d'un tiers aux revenus du capital (36%), pour une grosse moitié à l'investissement (57%) et le reste à la participation et l'intéressement (7%)", selon le rapport.
Le rapport soulève donc le problème du financement des dépenses sociales qui doivent logiquement augmenter dans les prochaines années : retraite, dépendance, assurance maladie. Or, l'arbitrage s'effectue entre salaire direct et charges. par ailleurs, un changement dans la répartition des dividendes risquerait de pénaliser l'investissement qui est déjà jugé trop faible.
jeudi 7 mai 2009
Conseils Privés : la lettre
La lettre n°4 de Conseils Privés du mois de mai est publiée. Au sommaire, l'industrie automobile face au défi de l'innovation, les PME en France et l'actu du mois.
Télécharger la lettre

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mercredi 6 mai 2009
La dette publique, notre plus dangereuse amie
Pour contrecarrer la crise, les Etats ont opté pour un accroissement des dépenses publiques directes ou indirectes (prises de participation dans le capital d’entreprises en difficulté ou prêts) qui aboutit à une envolée de la dette. Certes, le taux d’endettement des Etats est loin de celui du Royaume-Uni durant le blocus napoléonien, 300 % du PIB, mais plus de vingt Etats ont des dettes publiques supérieures à 60 % du PIB. Cette situation est sans précédent en période de paix. Les Etats ont, en règle générale, aucune difficulté pour placer leurs titres compte tenu qu’en période de crise ils disposent d’une signature bien meilleure que celle des entreprises et qu’en outre l’épargne est abondante. Les ménages comme les entreprises augmentent leur épargne pour faire face à d’éventuels problèmes. Ainsi, le taux d’épargne des ménages américains est passé de 0 % en 2007 à plus de 4 % du revenu disponible brut au premier trimestre 2009. Le taux d’épargne de l’Union européenne dépasse 15 % du revenu disponible brut. Les épargnants échaudés par la crise boursière privilégient les placements d’Etat tout comme les fonds de pension et les fonds souverains.
Un cercle vicieux peut, de ce fait, établir l’argent public servant à financer la dette publique et non à relancer l’économie.
Gary Becker, le prix Nobel d’Economie de 1992, a souligné dans un article publié dans son blog qu’il était parfaitement logique que les banques ne prêtent plus du fait que leurs responsables n’ont aucune vision de la sortie de crise.
Le secteur privé peut souffrir d’un évident effet d’éviction. Les sources de financement de l’économie réelle s’assèchent au fur et à mesure de l’augmentation de la dette publique. Aujourd’hui, un des problèmes majeurs de l’économie est que les Etats peuvent s’endetter très facilement. Tout concourt à la dette publique : faible taux d’intérêt, méfiance vis-à-vis des acteurs privés. Cette situation n’incite pas à la rationalisation des dépenses publiques, ni à la mise en œuvre de réformes structurelles. En outre, la règlementation vient au secours des Etats en durcissant les conditions d'acquisition des actions pour les institutionnels. En effet, le cadre prudentielle, Solvency II (la directive a été adoptée par le Parlement européen le 22 avril dernier) impose aux assureurs d'accroître leur couverture s'ils acquièrent au titre de leurs gestion d'actifs, des actions.
Or si la crise a pris forme avec l’explosion de la bulle financière, c’est oublié que les faibles gains de productivité, ces dernières années, ont miné l’offre. Si les investisseurs ont joué avec les prêts immobiliers, les matières premières… il y au moins trois raisons : les faibles taux d’intérêt de 2001 à 2006, un marché des changes faussé, la stagnation des gains de productivité en occident. Les délocalisations ont également masqué la crise de l’offre qui est lié, par ailleurs, par une moindre valorisation des dépenses de recherche développement. L’économie mondiale vit la fin d’un cycle de croissance fondé sur la vulgarisation des techniques informatiques et de celles de la communication. L’innovation financière avait remplacé l’innovation technique comme source d’expansion.
Il y aura une sortie de crise mais la question n’est pas de savoir non quand mais comment ; elle est de savoir si ce sera une accalmie ou l’entrée dans une nouvelle phase de croissance.
Les Etats sont jusqu’à maintenant restés timorés sur les projets porteurs d’avenir. Les annonces ont concerné les infrastructures, mais pas de projets mobilisant les scientifiques à la différence de ce qui avait prévalu sous la présidence Reagan. Il ne faut pas oublier que les Etats-Unis en 1980 sortaient de plus de quinze ans de recul par rapport à leurs partenaires. Le PIB par habitant des Français était quasi-identique à celui des Américains. Aujourd’hui, il y a un écart de 30 points en notre défaveur. Or, le succès de Reagan a reposé sur de fortes baisses d’impôt et sur l’accroissement des dépenses de recherche.
Il conviendrait de retenir le pragmatisme reaganien pour éviter de rentrer dans la spirale sans fin de l’endettement public.
Un cercle vicieux peut, de ce fait, établir l’argent public servant à financer la dette publique et non à relancer l’économie.
Gary Becker, le prix Nobel d’Economie de 1992, a souligné dans un article publié dans son blog qu’il était parfaitement logique que les banques ne prêtent plus du fait que leurs responsables n’ont aucune vision de la sortie de crise.
Le secteur privé peut souffrir d’un évident effet d’éviction. Les sources de financement de l’économie réelle s’assèchent au fur et à mesure de l’augmentation de la dette publique. Aujourd’hui, un des problèmes majeurs de l’économie est que les Etats peuvent s’endetter très facilement. Tout concourt à la dette publique : faible taux d’intérêt, méfiance vis-à-vis des acteurs privés. Cette situation n’incite pas à la rationalisation des dépenses publiques, ni à la mise en œuvre de réformes structurelles. En outre, la règlementation vient au secours des Etats en durcissant les conditions d'acquisition des actions pour les institutionnels. En effet, le cadre prudentielle, Solvency II (la directive a été adoptée par le Parlement européen le 22 avril dernier) impose aux assureurs d'accroître leur couverture s'ils acquièrent au titre de leurs gestion d'actifs, des actions.
Or si la crise a pris forme avec l’explosion de la bulle financière, c’est oublié que les faibles gains de productivité, ces dernières années, ont miné l’offre. Si les investisseurs ont joué avec les prêts immobiliers, les matières premières… il y au moins trois raisons : les faibles taux d’intérêt de 2001 à 2006, un marché des changes faussé, la stagnation des gains de productivité en occident. Les délocalisations ont également masqué la crise de l’offre qui est lié, par ailleurs, par une moindre valorisation des dépenses de recherche développement. L’économie mondiale vit la fin d’un cycle de croissance fondé sur la vulgarisation des techniques informatiques et de celles de la communication. L’innovation financière avait remplacé l’innovation technique comme source d’expansion.
Il y aura une sortie de crise mais la question n’est pas de savoir non quand mais comment ; elle est de savoir si ce sera une accalmie ou l’entrée dans une nouvelle phase de croissance.
Les Etats sont jusqu’à maintenant restés timorés sur les projets porteurs d’avenir. Les annonces ont concerné les infrastructures, mais pas de projets mobilisant les scientifiques à la différence de ce qui avait prévalu sous la présidence Reagan. Il ne faut pas oublier que les Etats-Unis en 1980 sortaient de plus de quinze ans de recul par rapport à leurs partenaires. Le PIB par habitant des Français était quasi-identique à celui des Américains. Aujourd’hui, il y a un écart de 30 points en notre défaveur. Or, le succès de Reagan a reposé sur de fortes baisses d’impôt et sur l’accroissement des dépenses de recherche.
Il conviendrait de retenir le pragmatisme reaganien pour éviter de rentrer dans la spirale sans fin de l’endettement public.
Partage de la valeur ajoutée, rapport Colis,
Le directeur général de l'INSEE devrait prochainement remettre au Président de la République son rapport sur le partage de la valeur ajoutée.
Le rapport souligne que la part des rémunérations dans la valeur ajoutée est restée stable depuis le milieu des années quatre-vingt. L'épargne salariale et l'intéressement ont progressé depuis 19 ans passant de 0,5 à 2,5 % de la valeur ajoutée.
Les dividendes nets représentent 16 % de l'excédent brut d'exploitation des sociétés non financières en 2007 contre 7 % en 1993.
Les profits des entreprises se répartissent de la manière suivante :
- 57 % pour l'investissement
- 36 % pour les revenus du capital
- 7 % pour l'épargne salariale.
Le rapport souligne la baisse de l'autofiancement des entreprises. Il convient de souligner que l'autofinancement n'est pas une garantie de bonne gestion. En effet, il peut conduire à une mauvaise allocation des ressources, le risque n'aiguillonnant pas le choix des dirigeants.
Par ailleurs, le rapport note une faible progression des salaires depuis dix ans avec une montée des inégalités. La progression des très hauts salaires peut s'expliquer tan par l'internationalisation du marché que par l'effet de rareté au sein de la caste des dirigeants. Cette distorsion assimilable à une bulle spéculative devrait s'atténuer du fait de la crise et d'une vigilance accrue des actionnaires.
Le rapport souligne que la part des rémunérations dans la valeur ajoutée est restée stable depuis le milieu des années quatre-vingt. L'épargne salariale et l'intéressement ont progressé depuis 19 ans passant de 0,5 à 2,5 % de la valeur ajoutée.
Les dividendes nets représentent 16 % de l'excédent brut d'exploitation des sociétés non financières en 2007 contre 7 % en 1993.
Les profits des entreprises se répartissent de la manière suivante :
- 57 % pour l'investissement
- 36 % pour les revenus du capital
- 7 % pour l'épargne salariale.
Le rapport souligne la baisse de l'autofiancement des entreprises. Il convient de souligner que l'autofinancement n'est pas une garantie de bonne gestion. En effet, il peut conduire à une mauvaise allocation des ressources, le risque n'aiguillonnant pas le choix des dirigeants.
Par ailleurs, le rapport note une faible progression des salaires depuis dix ans avec une montée des inégalités. La progression des très hauts salaires peut s'expliquer tan par l'internationalisation du marché que par l'effet de rareté au sein de la caste des dirigeants. Cette distorsion assimilable à une bulle spéculative devrait s'atténuer du fait de la crise et d'une vigilance accrue des actionnaires.
lundi 4 mai 2009
La Commission Européenne au chevet des retraites
La Commission européenne vient de publier son rapport annuel sur le vieillissement de la population.
A travers ce rapport, la Commission souligne que malgré la crise, les Etats membres doivent poursuivre les réformes en matière de retraite. En effet, d'ici 50 ans, l'âge médian, qui s'établit aujourd'hui à environ 40 ans, devrait passer à 48 ans en raison de la hausse de l'espérance de vie, de la faiblesse du taux de natalité et du ralentissement de l'immigration. Selon le rapport, d'ici 2060, les dépenses augmenteront en moyenne de 4,7 % du PIB, en raison du nombre croissant de seniors. Pour chaque personne de plus de 65 ans, il ne restera plus que deux personnes en âge de travailler (de 15 à 64 ans), contre quatre aujourd'hui.
lire le rapport
A travers ce rapport, la Commission souligne que malgré la crise, les Etats membres doivent poursuivre les réformes en matière de retraite. En effet, d'ici 50 ans, l'âge médian, qui s'établit aujourd'hui à environ 40 ans, devrait passer à 48 ans en raison de la hausse de l'espérance de vie, de la faiblesse du taux de natalité et du ralentissement de l'immigration. Selon le rapport, d'ici 2060, les dépenses augmenteront en moyenne de 4,7 % du PIB, en raison du nombre croissant de seniors. Pour chaque personne de plus de 65 ans, il ne restera plus que deux personnes en âge de travailler (de 15 à 64 ans), contre quatre aujourd'hui.
lire le rapport
mercredi 29 avril 2009
OCDE, la France doit améliorer son taux d'emploi
L'OCDE vient de publier son étude 2009 sur la France. L'organisation internationale souligne que si des progrès ont été réalisés pour assouplir le marché du travail et pour favoriser la concurrence, des freins importants demeurent pour restaurer la compétitivité de l'économie française. la faiblesse du taux de l'emploi des 16/65 ans constitue le principal handicap de la France. Il est noté que la dégradation de ce rapport est parallèle à celui du PIB par habitant. Ainsi le taux d'emploi et le PIB par habitant étaient comparables à ceux des Etats-Unis en 1975 mais depuis cette date l'écart n'a pas cessé de croître.
L'OCDE demande que la France assainisse dès le retour de la croissance ses finances publiques sans recourir aux impôts qu'elle juge excessifs. Selon l'organisation internationale, les déficits publics devraient atteindre 6,6 % du PIB cette année et 8,3 % du PIB l'année prochaine.
lire le rapport de l'OCDE
L'OCDE demande que la France assainisse dès le retour de la croissance ses finances publiques sans recourir aux impôts qu'elle juge excessifs. Selon l'organisation internationale, les déficits publics devraient atteindre 6,6 % du PIB cette année et 8,3 % du PIB l'année prochaine.
lire le rapport de l'OCDE
mercredi 22 avril 2009
Retraite entre démagogie et refondation
Le rendez-vous des retraites de 2008 a été manqué du fait de la crise financière, du fait que le chômage était à son niveau le plus bas, du fait que l'harmonisation des régimes spéciaux obtenue sans grande casse a été perçue comme un exploit...
Mais, le dossier n'a été que partiellement fermé. L'accroissement plus rapide des déficits en raison justement de la crise mais aussi du dispositif mis en oeuvre pour les carrières longues devient préoccupant. Le déficit de la sécurité sociale dépassera 18 milliards d'euros en 2009 et celui de l'assurance vieillesse flirtera avec les 10 milliards d'euros.
Face à cette situation qui n'a vocation, malheureusement, qu'à s'aggraver le Gouvernement est tiraillé entre les vieilles recettes pour lutter contre l'envolée du chômage, c'est à dire la remise au goût du jour des préretraites et de l'autre l'adoption de réformes audacieuses pour garantir la pérennité de notre système de retraite.
A travers une proposition de loi déposée par plusieurs députés UMP, la majorité entend, à titre exceptionnel, remettre en cause la suppression des préretraites décidée il y a quelques mois dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009. C'est bien connu dans le passé, les préretraites ont réussi à endiguer le chômage des jeunes... Comme quoi les vieilles rengaines n'en finissent pas de hanter les couloirs des palais nationaux même si elles riment avec échecs. Comment croire qu'une entreprise se séparant de vieux salariés les remplacera par des jeunes, comment croire qu'un vieux salarié occupe un emploi identique à celui d'une jeune recrue ? Il n'y a que dans le cinéma pour voir de telle scène. En outre, cette année plus de 750 000 retraités partiront à la retraite, la question n'est donc pas celle d'élaguer les vieilles branches des entreprises françaises mais au contraire d'améliorer la formation des futurs salariés. L'argent destiné aux préretraites serait plus utile s'il était affecté à la formation des jeunes actifs. La crise contrairement aux idées reçues est une crise d'offre et non une crise de la demande.
Au-delà de la démagogie, certaines voix se font entendre pour débattre enfin réellement de l'âge légal de départ à la retraite. Notre pays est un des derniers a resté avec un âge fixé à 60 ans. La moyenne est à 65 ans et certains Etats ont décidé progressivement de le repousser à 67 voire 69 ans. Affreux, recul social, exploitation des vieux... Mais, il faut souligner qu'en soixante ans, l'espérance de vie à la retraite est passée de 10 à 17 ans. Bien évidemment, le travail des seniors suppose des adaptations, la prise en compte des capacités physiques. La Finlande et globalement les pays d'Europe du Nord sont en avance sur le sujet. Par ailleurs, un senior au travail a moins de risque de développer des maladies en particulier celles liées à la dégénérescence du cerveau...
Autre piste de réflexion lancée au sein de la majorité et sur laquelle travaille le Conseil d'Orientation des Retraite, la transformation du régime général de retraite qui est aujourd'hui un système à cotisations définies en un système par points ou en un système notionnel sur le modèle suédois. Les avantages d'une telle modification est de pouvoir mieux anticiper financièrement les effets du vieillissement sur les comptes de l'assurance vieillesse en jouant sur deux paramètres, la valeur d'achat du point en période de constitution de sa retraite et la valeur de rachat du point au moment de la liquidation. Le régime par points permet de mieux prendre en compte les parcours professionnels des salariés et rend plus facile les achats supplémentaires de points pour améliorer sa retraite. Les salariés décidant de poursuivre leur activité au-delà de l'âge légal et ayant le nombre de trimestres suffisant peuvent tirer un plus grand bénéfice que dans le système actuel.
La page du rendez-vous des retraites pour 2008 est à peine tournée que celle de 2010 s'annonce. Les discussions seront marquées tout à la fois par la nécessité d'endiguer un déficit structurel mais aussi par l'éventuelle persistance de la crise. Entre passion et raison, le débat entre les partenaires sociaux risque d'être délicat.
Mais, le dossier n'a été que partiellement fermé. L'accroissement plus rapide des déficits en raison justement de la crise mais aussi du dispositif mis en oeuvre pour les carrières longues devient préoccupant. Le déficit de la sécurité sociale dépassera 18 milliards d'euros en 2009 et celui de l'assurance vieillesse flirtera avec les 10 milliards d'euros.
Face à cette situation qui n'a vocation, malheureusement, qu'à s'aggraver le Gouvernement est tiraillé entre les vieilles recettes pour lutter contre l'envolée du chômage, c'est à dire la remise au goût du jour des préretraites et de l'autre l'adoption de réformes audacieuses pour garantir la pérennité de notre système de retraite.
A travers une proposition de loi déposée par plusieurs députés UMP, la majorité entend, à titre exceptionnel, remettre en cause la suppression des préretraites décidée il y a quelques mois dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2009. C'est bien connu dans le passé, les préretraites ont réussi à endiguer le chômage des jeunes... Comme quoi les vieilles rengaines n'en finissent pas de hanter les couloirs des palais nationaux même si elles riment avec échecs. Comment croire qu'une entreprise se séparant de vieux salariés les remplacera par des jeunes, comment croire qu'un vieux salarié occupe un emploi identique à celui d'une jeune recrue ? Il n'y a que dans le cinéma pour voir de telle scène. En outre, cette année plus de 750 000 retraités partiront à la retraite, la question n'est donc pas celle d'élaguer les vieilles branches des entreprises françaises mais au contraire d'améliorer la formation des futurs salariés. L'argent destiné aux préretraites serait plus utile s'il était affecté à la formation des jeunes actifs. La crise contrairement aux idées reçues est une crise d'offre et non une crise de la demande.
Au-delà de la démagogie, certaines voix se font entendre pour débattre enfin réellement de l'âge légal de départ à la retraite. Notre pays est un des derniers a resté avec un âge fixé à 60 ans. La moyenne est à 65 ans et certains Etats ont décidé progressivement de le repousser à 67 voire 69 ans. Affreux, recul social, exploitation des vieux... Mais, il faut souligner qu'en soixante ans, l'espérance de vie à la retraite est passée de 10 à 17 ans. Bien évidemment, le travail des seniors suppose des adaptations, la prise en compte des capacités physiques. La Finlande et globalement les pays d'Europe du Nord sont en avance sur le sujet. Par ailleurs, un senior au travail a moins de risque de développer des maladies en particulier celles liées à la dégénérescence du cerveau...
Autre piste de réflexion lancée au sein de la majorité et sur laquelle travaille le Conseil d'Orientation des Retraite, la transformation du régime général de retraite qui est aujourd'hui un système à cotisations définies en un système par points ou en un système notionnel sur le modèle suédois. Les avantages d'une telle modification est de pouvoir mieux anticiper financièrement les effets du vieillissement sur les comptes de l'assurance vieillesse en jouant sur deux paramètres, la valeur d'achat du point en période de constitution de sa retraite et la valeur de rachat du point au moment de la liquidation. Le régime par points permet de mieux prendre en compte les parcours professionnels des salariés et rend plus facile les achats supplémentaires de points pour améliorer sa retraite. Les salariés décidant de poursuivre leur activité au-delà de l'âge légal et ayant le nombre de trimestres suffisant peuvent tirer un plus grand bénéfice que dans le système actuel.
La page du rendez-vous des retraites pour 2008 est à peine tournée que celle de 2010 s'annonce. Les discussions seront marquées tout à la fois par la nécessité d'endiguer un déficit structurel mais aussi par l'éventuelle persistance de la crise. Entre passion et raison, le débat entre les partenaires sociaux risque d'être délicat.
mardi 21 avril 2009
Inflation to be or not to be
Au moment où tous les signaux sont au rouge, certains experts répètent que l’inflation est à nos portes. L’injection de milliers de milliards de dollars de liquidités, l’abaissement à des niveaux historiquement bas des taux d’intérêt, la progression sans retenue des déficits publics et donc des dettes publiques conduiraient immanquablement à une augmentation des prix. Les partisans de cette thèse annoncent que l’inflation pourrait prendre ses quartiers au sein de l’économie mondiale dès la fin de l’année.
L’inflation correspond à une mécanique bien connue qui repose sur plusieurs facteurs. L’inflation peut être importée en cas de progression des prix de certains biens importés. C’est que nous avions connu à l’occasion des deux chocs pétroliers de 1973 et 1979/1980. C’est dans une moindre mesure ce nous avons constaté en 2007/2008 avec l’envolée des cours des matières premières et des produits alimentaires.
L’inflation peut être occasionnée par des variations des taux de change. Les dévaluations en appréciant le coût des biens et services importés ont, en règle générale, un effet inflationniste.
L’inflation peut être le résultat de tensions sur les marchés. Quand l’offre ne peut répondre à la demande, les prix ont une tendance naturelle à augmenter.
L’installation de l’inflation suppose qu’une spirale se mette en place avec l’interaction de tous les facteurs. L’augmentation des prix des matières premières entraine celle des biens manufacturés et engendre celle des salaires qui par définition provoque l’accroissement des coûts de fabrication qui entraîne celui des biens… Les acteurs économiques ont de plus tendance à anticiper l’inflation à venir et donc à en prendre les devants.
Du fait des milliers de milliards de dollars jetés sur les marchés, l’inflation est inévitable.
Or, toutes les conditions sont loin d’être réalisées pour l’installation de l’inflation.
• L’ajustement des prix de certains biens et valeurs n’a pas été encore terminé ;
• Il n’y a pas d’excès de la demande sur l’offre sur les marchés et la concurrence internationale demeure vive ;
• Les milliards de dollars injectés ont surtout eu pour objectifs de consolider des établissements financiers qui n’étaient plus solvables ;
• Les acteurs économiques souhaitent avant tout reconstituer leur patrimoine et non dépenser.
La correction sur le prix de certaines valeurs n’est pas encore achevée
Si le cours des actions, des matières premières et celui des biens agricoles ont enregistré une rapide correction à la baisse, certains biens et services demeurent surcotés.
L’immobilier
En dix ans, la hausse de l’immobilier a été de 140 %. Cette hausse s’est traduite par une augmentation sans précédent du poids des prêts immobiliers. Selon une étude de l’INSEE, il représente 69 % du revenu disponible brut des ménages en 2007 contre 26 % en 1978.
La hausse de l’immobilier est avant tout liée à celle du foncier qui représentait en 1978 26 % de la valeur du bâtiment et qui en représente désormais plus de 56 %. En 30 ans, le prix du foncier aurait augmenté de 572 % quand le bâtiment n’a augmenté que de 32 %.
Si l’ajustement sur le cours des actions a été brutale passage du CAC 40 de près de 6000 à moins de 3000 points en moins de deux ans, celui sur l’immobilier est par définition plus lent compte tenu de la moindre fluidité des biens et du caractère non centralisé du marché. Les experts s’attendent ainsi à une baisse de 10 à 25 % sur la période 2009/2010.
En relation avec le prix du foncier, il faut également prendre en compte que le secteur du bâtiment du fait d’une forte demande avait eu tendance à accroître ses marges.
Les services
Avec la mondialisation et le développement d’une nouvelle caste de millionnaires voire de milliardaires, le secteur du luxe, l’hôtellerie et la restauration haut de gamme avaient augmenté considérablement leurs tarifs ces cinq dernières années. Ainsi, le prix des chambres en haute saison avait doublé dans les grandes chaines d’hôtels sur la côte d’azur. Avec la raréfaction des nouveaux millionnaires et le recentrage des établissements de luxe sur une clientèle plus locale, une décrue des prix est à attendre surtout que l’offre devrait s’accroître.
Cet ajustement devrait concerner l’ensemble du secteur de l’hôtellerie et de la restauration.
Il en sera de même pour toutes les activités liées à l’automobile qui devront prendre en compte les changements de comportement des consommateurs : réparation, location…
L’offre reste surabondante et la concurrence internationale vive
Les capacités de production demeurent importantes du fait des investissements réalisés dans les pays émergents et de la faiblesse de leur marché intérieur. La contraction du commerce mondial, -9 % prévue en 2009, a pour conséquences une sous-utilisation des capacités de production.
Par ailleurs, l’existence d’une main d’œuvre pléthorique dans les pays émergents et l’augmentation rapide du chômage dans les pays développés limitent les possibilités de dérapage des coûts salariaux.
Les liquidités sur les marchés sont capitalisées plus que déversées sur les marchés
Les centaines de milliards de dollars injectés pour assurer la solvabilité des institutions financières et assurer le fonctionnement du marché interbancaire qui ont pour corollaire une vive progression de l’endettement public n’ont pas d’effets inflationnistes immédiats. Compte tenu des dépréciations d’actifs liés à la chute des cours bousiers, les établissements financiers se doivent de respecter leurs ratios de solvabilité. La méfiance des banques vis-à-vis des éventuels emprunteurs limite également les tensions inflationnistes.
Il faut souligner que les banques prêtent à des taux relativement élevés compte tenu des taux d’intervention des banques centrales et des taux d’inflation. En matière de prêts immobiliers, les taux bruts avoisinent les 4,7 % quand la BCE a fixé son taux d’intervention à 1,25% et quand l’inflation est de 0,2 %.
Priorité à la reconstitution du patrimoine
En période de crise, les acteurs économiques ont une tendance naturelle à accroître leur effort d’épargne afin de se prémunir face à d’éventuels risques et pour reconstituer leur patrimoine qui a été atteint par la dépréciation. De ce fait, il est constaté une remontée du taux d’épargne des ménages en période de crise ce qui limite d’autant la consommation et donc les menaces inflationnistes.
La menace à court terme est avant tout la déflation avec la création d’une spirale de baisse des prix, les acteurs repoussant leurs décisions d’achat dans l’attente d’une future baisse. Un scénario à la japonaise n’est pas à exclure.
*
**
Certes, les efforts combinés de tous les pays, pays émergents compris, devraient contribuer à soutenir la demande. Certes, l’injection de liquidités, voire le retour de la planche à billets devenue virtuelle, certes la fixation de taux d’intervention par les BCE, certes la progression exponentielle des dettes publiques concourent à une remontée des prix mais afin qu’elle se manifeste il faut au préalable que la croissance refasse surface. Il est a priori peu probable que l’inflation soit de retour avant 2009 voire avant la fin du premier semestre 2010.
L’inflation correspond à une mécanique bien connue qui repose sur plusieurs facteurs. L’inflation peut être importée en cas de progression des prix de certains biens importés. C’est que nous avions connu à l’occasion des deux chocs pétroliers de 1973 et 1979/1980. C’est dans une moindre mesure ce nous avons constaté en 2007/2008 avec l’envolée des cours des matières premières et des produits alimentaires.
L’inflation peut être occasionnée par des variations des taux de change. Les dévaluations en appréciant le coût des biens et services importés ont, en règle générale, un effet inflationniste.
L’inflation peut être le résultat de tensions sur les marchés. Quand l’offre ne peut répondre à la demande, les prix ont une tendance naturelle à augmenter.
L’installation de l’inflation suppose qu’une spirale se mette en place avec l’interaction de tous les facteurs. L’augmentation des prix des matières premières entraine celle des biens manufacturés et engendre celle des salaires qui par définition provoque l’accroissement des coûts de fabrication qui entraîne celui des biens… Les acteurs économiques ont de plus tendance à anticiper l’inflation à venir et donc à en prendre les devants.
Du fait des milliers de milliards de dollars jetés sur les marchés, l’inflation est inévitable.
Or, toutes les conditions sont loin d’être réalisées pour l’installation de l’inflation.
• L’ajustement des prix de certains biens et valeurs n’a pas été encore terminé ;
• Il n’y a pas d’excès de la demande sur l’offre sur les marchés et la concurrence internationale demeure vive ;
• Les milliards de dollars injectés ont surtout eu pour objectifs de consolider des établissements financiers qui n’étaient plus solvables ;
• Les acteurs économiques souhaitent avant tout reconstituer leur patrimoine et non dépenser.
La correction sur le prix de certaines valeurs n’est pas encore achevée
Si le cours des actions, des matières premières et celui des biens agricoles ont enregistré une rapide correction à la baisse, certains biens et services demeurent surcotés.
L’immobilier
En dix ans, la hausse de l’immobilier a été de 140 %. Cette hausse s’est traduite par une augmentation sans précédent du poids des prêts immobiliers. Selon une étude de l’INSEE, il représente 69 % du revenu disponible brut des ménages en 2007 contre 26 % en 1978.
La hausse de l’immobilier est avant tout liée à celle du foncier qui représentait en 1978 26 % de la valeur du bâtiment et qui en représente désormais plus de 56 %. En 30 ans, le prix du foncier aurait augmenté de 572 % quand le bâtiment n’a augmenté que de 32 %.
Si l’ajustement sur le cours des actions a été brutale passage du CAC 40 de près de 6000 à moins de 3000 points en moins de deux ans, celui sur l’immobilier est par définition plus lent compte tenu de la moindre fluidité des biens et du caractère non centralisé du marché. Les experts s’attendent ainsi à une baisse de 10 à 25 % sur la période 2009/2010.
En relation avec le prix du foncier, il faut également prendre en compte que le secteur du bâtiment du fait d’une forte demande avait eu tendance à accroître ses marges.
Les services
Avec la mondialisation et le développement d’une nouvelle caste de millionnaires voire de milliardaires, le secteur du luxe, l’hôtellerie et la restauration haut de gamme avaient augmenté considérablement leurs tarifs ces cinq dernières années. Ainsi, le prix des chambres en haute saison avait doublé dans les grandes chaines d’hôtels sur la côte d’azur. Avec la raréfaction des nouveaux millionnaires et le recentrage des établissements de luxe sur une clientèle plus locale, une décrue des prix est à attendre surtout que l’offre devrait s’accroître.
Cet ajustement devrait concerner l’ensemble du secteur de l’hôtellerie et de la restauration.
Il en sera de même pour toutes les activités liées à l’automobile qui devront prendre en compte les changements de comportement des consommateurs : réparation, location…
L’offre reste surabondante et la concurrence internationale vive
Les capacités de production demeurent importantes du fait des investissements réalisés dans les pays émergents et de la faiblesse de leur marché intérieur. La contraction du commerce mondial, -9 % prévue en 2009, a pour conséquences une sous-utilisation des capacités de production.
Par ailleurs, l’existence d’une main d’œuvre pléthorique dans les pays émergents et l’augmentation rapide du chômage dans les pays développés limitent les possibilités de dérapage des coûts salariaux.
Les liquidités sur les marchés sont capitalisées plus que déversées sur les marchés
Les centaines de milliards de dollars injectés pour assurer la solvabilité des institutions financières et assurer le fonctionnement du marché interbancaire qui ont pour corollaire une vive progression de l’endettement public n’ont pas d’effets inflationnistes immédiats. Compte tenu des dépréciations d’actifs liés à la chute des cours bousiers, les établissements financiers se doivent de respecter leurs ratios de solvabilité. La méfiance des banques vis-à-vis des éventuels emprunteurs limite également les tensions inflationnistes.
Il faut souligner que les banques prêtent à des taux relativement élevés compte tenu des taux d’intervention des banques centrales et des taux d’inflation. En matière de prêts immobiliers, les taux bruts avoisinent les 4,7 % quand la BCE a fixé son taux d’intervention à 1,25% et quand l’inflation est de 0,2 %.
Priorité à la reconstitution du patrimoine
En période de crise, les acteurs économiques ont une tendance naturelle à accroître leur effort d’épargne afin de se prémunir face à d’éventuels risques et pour reconstituer leur patrimoine qui a été atteint par la dépréciation. De ce fait, il est constaté une remontée du taux d’épargne des ménages en période de crise ce qui limite d’autant la consommation et donc les menaces inflationnistes.
La menace à court terme est avant tout la déflation avec la création d’une spirale de baisse des prix, les acteurs repoussant leurs décisions d’achat dans l’attente d’une future baisse. Un scénario à la japonaise n’est pas à exclure.
**
Certes, les efforts combinés de tous les pays, pays émergents compris, devraient contribuer à soutenir la demande. Certes, l’injection de liquidités, voire le retour de la planche à billets devenue virtuelle, certes la fixation de taux d’intervention par les BCE, certes la progression exponentielle des dettes publiques concourent à une remontée des prix mais afin qu’elle se manifeste il faut au préalable que la croissance refasse surface. Il est a priori peu probable que l’inflation soit de retour avant 2009 voire avant la fin du premier semestre 2010.
samedi 11 avril 2009
ET S’IL FALLAIT REINVENTER LE MARCHE
La répétition des bulles spéculatives est la preuve d’un dérèglement chronique des marchés lié à une mauvaise appréciation des risques et des valeurs. Les corrections brutales que nous subissions depuis plus de vingt ans doivent être mises en parallèle avec l’amoindrissement de la concurrence et des contre-pouvoirs sur les marchés.
La mondialisation ainsi que les nouveaux secteurs d’activité nés avec les technique de l’information et de la communication, au lieu de favoriser la concurrence, ont permis la constitution de rentes de situation. Les oligopoles voire les monopoles sont redevenus légion. Cette absence de concurrence n’est pas sans conséquence sur le désordre que nous enregistrons dans le domaine de la hiérarchie des valeurs.
Les nouvelles technologies ont appauvri la concurrence
La création de nouveaux marchés donnaient lieu dans le passé à l’arrivée d’un grand nombre d’acteurs. Ce n’était que dans la phase de maturité qu’une concentration intervenait.
Avec les techniques de l’information et de la communication, quelques entreprises se sont arrogées des situations de monopoles ou de quasi-monopoles de fait.
Les autorités de contrôles de la concurrence nationales avaient réussi à casser des situations de monopole dont ceux de ATT et de ITT par exemple aux Etats-Unis. La mondialisation avec en corolaire l’obligation d’avoir des champions nationaux a réduit ce contrôle. Ainsi Microsoft a réussi à maintenir, malgré plusieurs procès, sa situation de monopole.
Ainsi, une entreprise détient presque à 100 % le marché des interfaces pour les ordinateurs individuels. Microsoft a créé une norme et a réussi à empêcher d’éventuels concurrents de s’engouffrer sur ce marché. Les coûts en termes de conception et de commercialisation ont réduit à néant la concurrence si l’on excepte Linux.
Les acheteurs d’ordinateurs n’ont qu’un seul souhait, l’utiliser le plus rapidement et le plus facilement possible. En outre, en cas de changement de machines, ils veulent en quelques secondes retrouver leur environnement de travail ou de loisir.
Casser le monopole de Microsoft nécessitait de créer un standard de normes sur lesquelles les concurrents auraient développés leurs plateformes. Cela aurait nécessité de casser Microsoft en plusieurs sociétés en distinguant ce qui relève des interfaces, des logiciels d’application et des navigateurs…
De même, aujourd’hui Google est devenu incontournable. 80 % des recherches sont effectuées grâce au moteur de recherche de Google. L’exploitation du fameux algorithme à des fins commerciales et la « scanérisation » de la toile ont créé un rapport de force sans précédent. En mémorisant un nombre croissant d’informations, Google s’est mué en aspirateur qui peut aboutir à réduire à néant la concurrence dans les domaines par exemple de l’information comme en témoigne la polémique lancée récemment par le New York Times.
Comme pour Microsoft, la création d’un standard de recherche aboutit à une situation de monopole offrant des rentes de situation sans précédent. Ces rentes ont permis et permettent à l’empire Google de s’agrandir.
Affadissement de la concurrence liée à la mondialisation
Du fait de la chute du mur de Berlin et de l’ouverture du capitalisme de la Chine et du décollage économique de nombreux pays comme le Brésil, l’Inde, l’Argentine…, deux phénomènes ont été constatés : l’arrivée de nouveaux concurrents et une concentration au niveau des vieux pays industriels pour à la fois conquérir de nouvelles parts de marché et pour résister aux nouveaux entrants.
Les Etats, en particulier en Europe, ont encouragé la constitution de champions nationaux, voire de champions européens. Ainsi, les entreprises sidérurgiques françaises ont été regroupés ; elles étaient encore deux à la fin des années quatre-vingt, puis elles ont été fusionnées avec leurs concurrentes du Benelux et de l’Allemagne.
Ce processus de fusion a été constatée dans de nombreux secteurs comme l’aluminium, la chimie, le pétrole, la pharmacie… En France, il ne reste plus qu’une seule compagnie pétrolière, Total qui a absorbé Elf et Antar.
La disparition de la concurrence au niveau national a été légitimée par l’existence de prédateurs internationaux.
Cette marche vers la concentration ne s’est pas arrêtée du fait de la libre circulation des capitaux et de la nécessité pour entrer sur de nouveaux marchés de réaliser des alliances. En outre, la faiblesse en fonds propres de certaines entreprises, en particulier françaises (absence de fonds de pension ou de fonds souverains) et la volonté des actionnaires de mieux valoriser leur capital a provoqué de nombreuses opérations de concentration. C’est ainsi que Mittal a mis la main sur la sidérurgie européenne.
Le secteur de l’automobile avait jusqu’à maintenant été presque à l’abri de ce vent de concentration. Il y avait encore en 2008 3 constructeurs américains, six constructeurs européens et trois constructeurs japonais auxquels il fallait ajouter les constructeurs indiens, coréens et chinois. La concurrence n’en demeurait néanmoins relative ; les constructeurs ayant décidé de se partager le monde en sphère d’influence.
L’érosion de concurrence a ouvert la porte à toutes les dérives
Sur de nombreux secteurs, énergie, sidérurgie, construction navale, pharmacie…, un cartel d’entreprises domine le marché. Evidemment, une telle situation ne favorise pas l’innovation et la baisse des prix. Elle ouvre la voie à de nombreuses dérives : spéculation, hausse des salaires des dirigeants.
La productivité stagne depuis une dizaine d’année selon l’OCDE. L’arrivée à maturité de certaines techniques explique cet état de fait. Mais, les bénéfices en forte croissance des grandes entreprises auraient du permettre la découverte de nouveaux gisements de croissance. Or, il a été constaté que des profits ne sont pas générateurs d’investissements obligatoirement rentables. Les rentes de situation ne favorisent pas l’innovation. Les économistes classiques ont toujours été méfiants vis-à-vis des bénéfices et de l’auto-investissement. Force est de constater que les situations de monopole ont avant tout favorisé les actionnaires. La multiplication, ces dernières années, des procédures de rachat d’actions par les entreprises et les cascades de LBO en sont les meilleures preuves.
Le G20 n’a pas traité la question clef de la concurrence sur les différents marchés ; or elle est capitale pour lutter contre la spéculation et contre des pratiques peu vertueuses.
Seule une concurrence vive sur des marchés transparents peut amener croissance et plus de moralité.
Malheureusement, les gouvernements, pour sauver à court terme, des emplois risquent au contraire d’encourager de nouvelles concentrations. Or, en aucun cas, la fusion d’entreprises n’est une garantie pour les emplois et encore moins pour ceux de demain. Il est important de redonner du souffle au capitalisme. Il serait utile de travailler sur un code international de la concurrence et de casser les monopoles ou les oligopoles qui se sont institués. En est-il encore temps car ces firmes sans patrie appartiennent à une caste dont le pouvoir dépasse les autorités publiques.
La mondialisation ainsi que les nouveaux secteurs d’activité nés avec les technique de l’information et de la communication, au lieu de favoriser la concurrence, ont permis la constitution de rentes de situation. Les oligopoles voire les monopoles sont redevenus légion. Cette absence de concurrence n’est pas sans conséquence sur le désordre que nous enregistrons dans le domaine de la hiérarchie des valeurs.
Les nouvelles technologies ont appauvri la concurrence
La création de nouveaux marchés donnaient lieu dans le passé à l’arrivée d’un grand nombre d’acteurs. Ce n’était que dans la phase de maturité qu’une concentration intervenait.
Avec les techniques de l’information et de la communication, quelques entreprises se sont arrogées des situations de monopoles ou de quasi-monopoles de fait.
Les autorités de contrôles de la concurrence nationales avaient réussi à casser des situations de monopole dont ceux de ATT et de ITT par exemple aux Etats-Unis. La mondialisation avec en corolaire l’obligation d’avoir des champions nationaux a réduit ce contrôle. Ainsi Microsoft a réussi à maintenir, malgré plusieurs procès, sa situation de monopole.
Ainsi, une entreprise détient presque à 100 % le marché des interfaces pour les ordinateurs individuels. Microsoft a créé une norme et a réussi à empêcher d’éventuels concurrents de s’engouffrer sur ce marché. Les coûts en termes de conception et de commercialisation ont réduit à néant la concurrence si l’on excepte Linux.
Les acheteurs d’ordinateurs n’ont qu’un seul souhait, l’utiliser le plus rapidement et le plus facilement possible. En outre, en cas de changement de machines, ils veulent en quelques secondes retrouver leur environnement de travail ou de loisir.
Casser le monopole de Microsoft nécessitait de créer un standard de normes sur lesquelles les concurrents auraient développés leurs plateformes. Cela aurait nécessité de casser Microsoft en plusieurs sociétés en distinguant ce qui relève des interfaces, des logiciels d’application et des navigateurs…
De même, aujourd’hui Google est devenu incontournable. 80 % des recherches sont effectuées grâce au moteur de recherche de Google. L’exploitation du fameux algorithme à des fins commerciales et la « scanérisation » de la toile ont créé un rapport de force sans précédent. En mémorisant un nombre croissant d’informations, Google s’est mué en aspirateur qui peut aboutir à réduire à néant la concurrence dans les domaines par exemple de l’information comme en témoigne la polémique lancée récemment par le New York Times.
Comme pour Microsoft, la création d’un standard de recherche aboutit à une situation de monopole offrant des rentes de situation sans précédent. Ces rentes ont permis et permettent à l’empire Google de s’agrandir.
Affadissement de la concurrence liée à la mondialisation
Du fait de la chute du mur de Berlin et de l’ouverture du capitalisme de la Chine et du décollage économique de nombreux pays comme le Brésil, l’Inde, l’Argentine…, deux phénomènes ont été constatés : l’arrivée de nouveaux concurrents et une concentration au niveau des vieux pays industriels pour à la fois conquérir de nouvelles parts de marché et pour résister aux nouveaux entrants.
Les Etats, en particulier en Europe, ont encouragé la constitution de champions nationaux, voire de champions européens. Ainsi, les entreprises sidérurgiques françaises ont été regroupés ; elles étaient encore deux à la fin des années quatre-vingt, puis elles ont été fusionnées avec leurs concurrentes du Benelux et de l’Allemagne.
Ce processus de fusion a été constatée dans de nombreux secteurs comme l’aluminium, la chimie, le pétrole, la pharmacie… En France, il ne reste plus qu’une seule compagnie pétrolière, Total qui a absorbé Elf et Antar.
La disparition de la concurrence au niveau national a été légitimée par l’existence de prédateurs internationaux.
Cette marche vers la concentration ne s’est pas arrêtée du fait de la libre circulation des capitaux et de la nécessité pour entrer sur de nouveaux marchés de réaliser des alliances. En outre, la faiblesse en fonds propres de certaines entreprises, en particulier françaises (absence de fonds de pension ou de fonds souverains) et la volonté des actionnaires de mieux valoriser leur capital a provoqué de nombreuses opérations de concentration. C’est ainsi que Mittal a mis la main sur la sidérurgie européenne.
Le secteur de l’automobile avait jusqu’à maintenant été presque à l’abri de ce vent de concentration. Il y avait encore en 2008 3 constructeurs américains, six constructeurs européens et trois constructeurs japonais auxquels il fallait ajouter les constructeurs indiens, coréens et chinois. La concurrence n’en demeurait néanmoins relative ; les constructeurs ayant décidé de se partager le monde en sphère d’influence.
L’érosion de concurrence a ouvert la porte à toutes les dérives
Sur de nombreux secteurs, énergie, sidérurgie, construction navale, pharmacie…, un cartel d’entreprises domine le marché. Evidemment, une telle situation ne favorise pas l’innovation et la baisse des prix. Elle ouvre la voie à de nombreuses dérives : spéculation, hausse des salaires des dirigeants.
La productivité stagne depuis une dizaine d’année selon l’OCDE. L’arrivée à maturité de certaines techniques explique cet état de fait. Mais, les bénéfices en forte croissance des grandes entreprises auraient du permettre la découverte de nouveaux gisements de croissance. Or, il a été constaté que des profits ne sont pas générateurs d’investissements obligatoirement rentables. Les rentes de situation ne favorisent pas l’innovation. Les économistes classiques ont toujours été méfiants vis-à-vis des bénéfices et de l’auto-investissement. Force est de constater que les situations de monopole ont avant tout favorisé les actionnaires. La multiplication, ces dernières années, des procédures de rachat d’actions par les entreprises et les cascades de LBO en sont les meilleures preuves.
Le G20 n’a pas traité la question clef de la concurrence sur les différents marchés ; or elle est capitale pour lutter contre la spéculation et contre des pratiques peu vertueuses.
Seule une concurrence vive sur des marchés transparents peut amener croissance et plus de moralité.
Malheureusement, les gouvernements, pour sauver à court terme, des emplois risquent au contraire d’encourager de nouvelles concentrations. Or, en aucun cas, la fusion d’entreprises n’est une garantie pour les emplois et encore moins pour ceux de demain. Il est important de redonner du souffle au capitalisme. Il serait utile de travailler sur un code international de la concurrence et de casser les monopoles ou les oligopoles qui se sont institués. En est-il encore temps car ces firmes sans patrie appartiennent à une caste dont le pouvoir dépasse les autorités publiques.
vendredi 10 avril 2009
Baisse du Livret A : le gouvernement coupe la poire en deux
Le taux du Livret A passera à 1,75 % au 1er mai contre 2,5 % actuellement. Cette baisse annoncée est moins forte que prévue. En effet, l'inflation sur un an s'établit à 0,3 % contre 3,2 % l'année précédente. En optant pour un taux de 1,75 %, le gouvernement a privilégié les épargnants modestes. Le taux de rendement réel atteint 1,45 % soit plus qu'au moment où le taux était de 4 %. Le taux réel était alors de 0,8 %. Mais comme en termes de pouvoir d'achat, le réel et le ressenti peuvent diverger.
Avec la baisse des taux d'intervention des banques centrales et la réduction à néant de l'inflation, le Gouvernement ne pouvait que baisser le taux du Livret A d'autant plus qu'il entend favoriser le logement social. Plus le taux du Livret A est élevé, plus les ressources mises à disposition des organismes d'HLM le sont.
par ailleurs, pour soutenir la consommation, Bercy aimerait que les Français désépargnent. Ce souhait risque d'être vain car, en période de crise, les Français ont une tendance naturelle à mettre davantage d'argent de côté. L'épargne de précaution est roi en France. Lors de la dernière récession, le taux d'épargne des ménages était remonté de près de 2 points pour atteindre 17 % du revenu disponible brut.
La logique aurait voulu que le Gouvernement abaisse à 1,25 % le taux du Livret A. La morosité sociale l'a conduit à gagner du temps en repoussant une éventuelle baisse à l'automne.
Avec la baisse des taux d'intervention des banques centrales et la réduction à néant de l'inflation, le Gouvernement ne pouvait que baisser le taux du Livret A d'autant plus qu'il entend favoriser le logement social. Plus le taux du Livret A est élevé, plus les ressources mises à disposition des organismes d'HLM le sont.
par ailleurs, pour soutenir la consommation, Bercy aimerait que les Français désépargnent. Ce souhait risque d'être vain car, en période de crise, les Français ont une tendance naturelle à mettre davantage d'argent de côté. L'épargne de précaution est roi en France. Lors de la dernière récession, le taux d'épargne des ménages était remonté de près de 2 points pour atteindre 17 % du revenu disponible brut.
La logique aurait voulu que le Gouvernement abaisse à 1,25 % le taux du Livret A. La morosité sociale l'a conduit à gagner du temps en repoussant une éventuelle baisse à l'automne.
Lettre à mes amis libéraux qui aiment le piratage
Lettre aux amis libéraux opposés à la loi contre le piratage sur Internet
Au nom de la liberté, des libéraux condamnent avec véhémence la loi Hadopi de Christine Albanel qui prévoit des sanctions contre les Internautes pratiquant des téléchargements illégaux.
Bien évidemment, obtenir gratuitement de la musique, de l’information, des données est plus agréable que de devoir les payer.
Bien évidemment qui n’a pas ou n’a pas été tenté de voler des cd ou des livres….
Mais, au-delà de la démagogie, au-delà de l’idée sympathique de donner l’accès au plus grand nombre à des biens culturels, il faut néanmoins en revenir à quelques principes simples. Les biens gratuits n’existent pas. L’économie de marché permet justement d’attribuer une valeur aux biens et aux services en prenant en compte le principe général de rareté.
Il est étonnant que certains souhaitent élargir la liste des biens dits collectifs au moment où ces derniers sont menacés. En effet, nous prenons conscience que des biens comme l’air, l’eau… ou les autres biens de la nature du fait de leur vulnérabilité ont une valeur.
La gratuité n’existe pas ; ce qui n’est pas payé par l’Internaute doit l’être par un autre. Est-ce au contribuable de payer les artistes ? Faut-il en revenir à la création culturelle d’Etat ? Etonnant paradoxe de la part pour des libéraux qui se battent contre la hausse des prélèvements obligatoires. Comment juger de la valeur d’un bien ou d’un service s’il n’y a plus d’arbitrage par les prix ? Certes, la publicité pourrait suppléer le consommateur mais est-elle gage d’une bonne allocation des ressources ? Ne constate-t-on pas que le téléchargement gratuit a abouti à une remise en cause de la diffusion du nombre d’artistes par les majors de l’édition musicale ? Ne peuvent survivre que ceux qui ont les moyens de remplir les salles de concert et de développer un important merchandising. Les groupes comme les Stones, AC-DC ou U2 ne sont pas touchés par le téléchargement illégal.
Pourquoi se focaliser avec autant de force sur cette histoire de téléchargement quand Internet permet d’avoir accès à des milliers de radios et de services permettant d’écouter à la demande sa chanson préférée ?
Si compte tenu du public visé, le débat s’est concentré sur la musique et la vidéo, la question vaut aussi pour l’information et la littérature.
En vertu de quoi payer un livre, une analyse et toute création intellectuelle ? Leur gratuité signifie que tous les produits de l’esprit se valent tous. Certes, avec la profusion des blogs, tout le monde peut être diffuseur d’informations ? Mais entre un Jacques Attali, un Milan Kundera, une analyse d’un grand journaliste ou d’un économiste et les badinages de certains blogs, il y a une différence.
Si les biens de l’esprit se doivent d’être gratuits, cela signifie que leurs créateurs doivent soit disposer de ressources propres, d’un patrimoine abondant ou de gentils sponsors. Nous en revenons aux règles en vigueur au XVIIIème siècle où les rois finançaient selon leur bon vouloir. Faut-il que les artistes trouvent des mécènes ce qui ne favorisera que ceux qui sont déjà en place ou qui ont des relations ? L’avenir est-il aux chanteurs de la starac ou de la nouvelle star. ? Faut-il lancer une starac pour les écrivains ?
En matière de presse, nous constatons que la gratuité est en train de tuer l’analyse au profit de la diffusion d’informations brutes. La valeur ajoutée des articles baissent au même rythme que les revenus des quotidiens.
Les libéraux qui en appellent à la responsabilité et qui soulignent que la mauvaise appréciation des valeurs peut conduire à des comportements collectifs irrationnels pour se racheter une conscience en viennent à légitimer le vol des œuvres de l’esprit. Quelle est la différence de voler un disque à la FNAC ou de télécharger illégalement le dernier disque des Stones ?
Le mécanisme de sanctions prévu par la loi contre le piratage n’est pas liberticide à preuve du contraire ; il en appelle à la responsabilité de chacun et surtout vise à faire prendre conscience que toute création a un prix. Que certains considèrent que les stars gagnent trop d’argent, cela est un autre débat et nul est interdit de surfer sur myspace pour trouver des artistes en devenir…et qui à terme veulent signer un contrat avec une major.
Au nom de la liberté, des libéraux condamnent avec véhémence la loi Hadopi de Christine Albanel qui prévoit des sanctions contre les Internautes pratiquant des téléchargements illégaux.
Bien évidemment, obtenir gratuitement de la musique, de l’information, des données est plus agréable que de devoir les payer.
Bien évidemment qui n’a pas ou n’a pas été tenté de voler des cd ou des livres….
Mais, au-delà de la démagogie, au-delà de l’idée sympathique de donner l’accès au plus grand nombre à des biens culturels, il faut néanmoins en revenir à quelques principes simples. Les biens gratuits n’existent pas. L’économie de marché permet justement d’attribuer une valeur aux biens et aux services en prenant en compte le principe général de rareté.
Il est étonnant que certains souhaitent élargir la liste des biens dits collectifs au moment où ces derniers sont menacés. En effet, nous prenons conscience que des biens comme l’air, l’eau… ou les autres biens de la nature du fait de leur vulnérabilité ont une valeur.
La gratuité n’existe pas ; ce qui n’est pas payé par l’Internaute doit l’être par un autre. Est-ce au contribuable de payer les artistes ? Faut-il en revenir à la création culturelle d’Etat ? Etonnant paradoxe de la part pour des libéraux qui se battent contre la hausse des prélèvements obligatoires. Comment juger de la valeur d’un bien ou d’un service s’il n’y a plus d’arbitrage par les prix ? Certes, la publicité pourrait suppléer le consommateur mais est-elle gage d’une bonne allocation des ressources ? Ne constate-t-on pas que le téléchargement gratuit a abouti à une remise en cause de la diffusion du nombre d’artistes par les majors de l’édition musicale ? Ne peuvent survivre que ceux qui ont les moyens de remplir les salles de concert et de développer un important merchandising. Les groupes comme les Stones, AC-DC ou U2 ne sont pas touchés par le téléchargement illégal.
Pourquoi se focaliser avec autant de force sur cette histoire de téléchargement quand Internet permet d’avoir accès à des milliers de radios et de services permettant d’écouter à la demande sa chanson préférée ?
Si compte tenu du public visé, le débat s’est concentré sur la musique et la vidéo, la question vaut aussi pour l’information et la littérature.
En vertu de quoi payer un livre, une analyse et toute création intellectuelle ? Leur gratuité signifie que tous les produits de l’esprit se valent tous. Certes, avec la profusion des blogs, tout le monde peut être diffuseur d’informations ? Mais entre un Jacques Attali, un Milan Kundera, une analyse d’un grand journaliste ou d’un économiste et les badinages de certains blogs, il y a une différence.
Si les biens de l’esprit se doivent d’être gratuits, cela signifie que leurs créateurs doivent soit disposer de ressources propres, d’un patrimoine abondant ou de gentils sponsors. Nous en revenons aux règles en vigueur au XVIIIème siècle où les rois finançaient selon leur bon vouloir. Faut-il que les artistes trouvent des mécènes ce qui ne favorisera que ceux qui sont déjà en place ou qui ont des relations ? L’avenir est-il aux chanteurs de la starac ou de la nouvelle star. ? Faut-il lancer une starac pour les écrivains ?
En matière de presse, nous constatons que la gratuité est en train de tuer l’analyse au profit de la diffusion d’informations brutes. La valeur ajoutée des articles baissent au même rythme que les revenus des quotidiens.
Les libéraux qui en appellent à la responsabilité et qui soulignent que la mauvaise appréciation des valeurs peut conduire à des comportements collectifs irrationnels pour se racheter une conscience en viennent à légitimer le vol des œuvres de l’esprit. Quelle est la différence de voler un disque à la FNAC ou de télécharger illégalement le dernier disque des Stones ?
Le mécanisme de sanctions prévu par la loi contre le piratage n’est pas liberticide à preuve du contraire ; il en appelle à la responsabilité de chacun et surtout vise à faire prendre conscience que toute création a un prix. Que certains considèrent que les stars gagnent trop d’argent, cela est un autre débat et nul est interdit de surfer sur myspace pour trouver des artistes en devenir…et qui à terme veulent signer un contrat avec une major.
mercredi 8 avril 2009
La lettre n° 3 de Conseils Privés
Conseils Privés, agence indépendante d'information et d'analyse économique vient de publier sa lettre n° 3.
Au sommaire, bien évidemment, le G20, la situation des Etats-Unis, l'analyse de la crise, les points à surveiller...
Au sommaire, bien évidemment, le G20, la situation des Etats-Unis, l'analyse de la crise, les points à surveiller...
lundi 6 avril 2009
Le plan senior attendra
La loi de financement pour la sécurité sociale pour 2009 prévoyait à compter du 1er janvier 2010 pour les entreprises n'ayant pas mis en oeuvre de plan en faveur de l'emploi des 55/65 ans une pénalité fixée à 1 % de la masse salariale. Ce dispositif nécessitait la publication de décrets d'application afin de fixer le contenu du plan et les indicateurs retenus. Le Gouvernement semble avoir décidé de reporter leur publication compte tenu de la situation économique. Même si dans le passé, il a été constaté que le départ des salariés âgés n'avait jamais permis d'améliorer le taux d'emploi des générations plus jeunes, il n'en demeure pas mois que les pouvoirs publics n'ont pas voulu ouvrir un autre front avec les partenaires sociaux.
Pour mémoire, le taux d'emploi des 55/64 ans était en 2007 de :
- 70 % en Suède
- 57,4 % au Royaume-Uni
- 51,5 % en Allemagne
- 50,9 au Pays Bas
- 44,7 % en moyenne au sein de l'Union Européenne
- 44,6 % en Espagne
- 38,6 % en Autriche
- 38,3 % en France
- 34,4 % en Belgique
- 33,8 % en Italie
Pour mémoire, le taux d'emploi des 55/64 ans était en 2007 de :
- 70 % en Suède
- 57,4 % au Royaume-Uni
- 51,5 % en Allemagne
- 50,9 au Pays Bas
- 44,7 % en moyenne au sein de l'Union Européenne
- 44,6 % en Espagne
- 38,6 % en Autriche
- 38,3 % en France
- 34,4 % en Belgique
- 33,8 % en Italie
mercredi 1 avril 2009
Et si Raymond Aron avait tort ?
Enfin, les opposants du capitalisme ont gagné. Depuis des années, des économistes, des sociologues, des philosophes, des femmes, des hommes politiques, des journalistes nous annonçaient que le système courrait à sa perte, qu’il portait en lui le vice, que son amoralité devait se retourner contre lui-même et contre nous même.
Bien évidemment que nous savions tous que Marx et Sartre avaient raison. Nous étions convaincus que la propagande américaine nous imposait, à notre corps défendant, son modèle, ses produits, sa culture.... Raymond Aron avait tout faux, l’économie de marché est un système d’asservissement généralisé. Nous sommes faussement libres car enchaînés aux valeurs matérielles et immatérielles du capitalisme.
La crise de 2008 remet les horloges à l’heure. La vérité éclate aux yeux de tous. Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre dans sa librairie préférée aux rayons économie ou essai pour s’en convaincre. Jamais, une crise n’a donné lieu à une telle inflation de livres sur le thème « nous vous l’avions bien dit, c’était inévitable » ou sur celui « le capitalisme est mort ».
S’il y a donc un secteur qui échappe à la crise, c’est celui spécialisé dans l’annonce des mauvaises nouvelles. Sans être exhaustif, je ne citerai que quelques ouvrages parus à la fin de l’année 2008 et au début de l’année 2009.
Ainsi, de manière sobre sans fioriture, le spécialiste de la régulation, Michel Aglietta a publié un essai dénommé « La crise, pourquoi on en est arrivé là ». Un peu plus explicite, l’ouvrage d’Hervé Kempf « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme ». Plus interrogatif mais toujours aussi peu indulgent avec le système actuel, l’essai de Jacques Attali, « La crise et après ? ». Dans le style, fin du monde, je vous conseille « La stratégie du choc : la montée du capitalisme du désastre par Naomi Klein, Lori Saint-Martin et Paul Gagné. Le couple Patrick Artus et Marie Paule Virard se sont spécialisés dans des ouvrages où l’optimisme n’est pas de rigueur. Ainsi, je peux citer « Globalisation, le pire est à venir ». Juste pour le plaisir, je ne résiste pas de citer quelques titres comme « La finance mondiale, tout va exploser » par Morad El Hattab et Philippe Jumel, « Le krach parfait » d’Ignacio Ramontet, « Le capitalisme et la pulsion de mort » de Gilles Dostaler et Bernard Maris ou « La crise globale » par Jean-Michel Quatrepoint…
Même les auteurs libéraux ou jugés comme tels jouent aux au pythies. Ainsi le journaliste Jean-Marc Sylvestre avec l’économiste «Olivier Pastré a publié un essai sans concession sur le rôle des marchés financiers « le roman vrai de la crise financière ».
L’acte de décès du capitalisme a donné lieu à une surenchère médiatique inégalée en la matière. Cette première grande crise du 21ème siècle est la première à être vécue en directe. Chaque jour, des témoignages sur le chômage, les faillites, la baisse du pouvoir d’achat parcourent les journaux d’information, les blogs... La puissance des nouvelles techniques d’information et de communication impose aux médias d’être toujours plus réactifs, d’anticiper voire de créer l’information au risque qu’elle soit fausse.
Le passage de l’an 2000 est loin mais nous avons pourtant l’impression que les peurs millénaristes perdurent à moins que ce soit un retour des sombres prévisions de Nostradamus. Nous voilà revenu en 1014 quand l’archevêque de York déclarait que « le monde se précipite vers sa fin » ou en juin 2000 quand un archevêque suédois reprenait le thème « tout le monde peut voir que le train est en passe de dérailler ».
La fin du monde est de toute façon depuis quelques années le thème à la mode avec le réchauffement climatique. Désertification, disparition des espèces, montée des océans, surpopulation, cyclones, tempêtes l’amoncellement des risques environnementaux sont autant de maux qui nous sont répétés à longueur de journée. Afin de sauver la Terre, les spécialistes du développement durable appellent de leurs vœux à la décroissance en s’inspirant des vieilles thèses du Club de Rome du début des années soixante-dix qui prônait la croissance à taux zéro. A croire que Dieu les a entendu avec la survenue de la plus forte récession de ces soixante dernières années… Pourtant, depuis la crise financière, ils sont plus modestes et discrets.
Les libéraux, déjà rares en France, ont disparu et se sont transformés en keynésiens ou en étatistes. Quand ils assument encore leur libéralisme, c’est pour mieux condamner le capitalisme qu’il ne faut, à leurs yeux, ne pas assimiler à l’économie de marché. Si tout va mal, c’est bien connu, c’est la faute des banquiers, des traders, des spéculateurs, des grands patrons, des entreprises apatrides qui délocalisent. Ils ont perverti le système au risque d’entraîner sa mort. Les libéraux français se posent en défenseur du petit entrepreneur, victime, abusé par sa banque et pressuré par l’Etat et la Sécurité sociale. Dans notre pays, en période de crise, le poujadisme est renaît de ses cendres. Le petit commerçant contre la grande surface, les sous-traitants contre les multinationales, le petit chef d’entreprise contre les PDG qui accumulent salaires et stock options.
C’est bien connu, le monde financier, le monde des affaires, le monde des grandes entreprises est immoral ; revenons au terrain, à la TPE qui ne ment pas.
Après avoir gagné il y a vingt ans sans coup férir sur le communisme, le capitalisme est jugé, aujourd’hui, coupable sans procès. Le chef d'entreprise est un bandit, un riche exploiteur. Le JDD dans son dernier numéro du mois de mars stigmatisait les riches, catégorie qui incluait toute personne touchant plus de 2600 euros par mois... Sous la terreur, les têtes tombaient, aujourd'hui, ce sont les PDG, les cadres dirigeants... Le coupable, c'est l'autre, c'est le voisin, le supérieur hiérarchique, le banquier... A force de braquer les projecteurs sur les patrons, il n'est pas surprenant que la haine sociale s'installe surtout dans un pays qui a toujours aimé faire tomber les têtes. la culpabilité précède en France le jugement dans notre pays.
Face aux flux de mauvaises nouvelles, de l’annonce répétée de la fin du capitalisme, des banques, de l’occident, des Etats-Unis, de l’accumulation de dettes abyssales, un être doué de raison aurait soit opté pour le suicide ou pour le moins décidé de retirer toute son épargne de la banque et partir sur une ile déserte… Or, force est de constater que malgré les oiseaux de mauvais augure, les consommateurs et les épargnants sont restés relativement sereins. Si le pessimisme monte, il n’y a pas de panique, il n’y a pas de peur collective manifeste.
Après trente ans de crise, la sensibilité du chômage est très forte dans notre pays. Toute dégradation est perçue comme un séisme. La progression des licenciements et la non-reconduction des CDD aura comme conséquences le gonflement de l'épargne de précaution, un ou deux points ce qui ne fera que conforter la première place de la France en matière d'épargne.
La France est, en effet, tout à la fois le pays qui dispose d'un niveau élevé de protection sociale et dont les habitants épargnent le plus par précaution. C'est aussi un des rares pays où la crise donne lieu à des revendications sociales et à un refus de toute réforme.
Le problème français repose sur une crise de confiance et sur une rupture entre le peuple et ses élites. Le succès des discours poujadistes, le rejet des pouvoirs, la jalousie face aux riches qui réussit par son travail sont autant de signes tangibles d'une société en crise. Il est paradoxal que les PDG soient montrés du doigt tant bien même que des footballeurs gagnent plus tout en n'obtenant pas toujours les résultats escomptés.
Le travail est perçu comme une source d'exploitation et non comme un moyen de développement. Les élites ont sans nul doute une part de responsabilité dans le désamour actuel. L'incapacité à faire repartir l'ascenseur social, le repli de la caste dirigeante sur elle même expliquent cette situation. La Nouvelle Star ou le football sont les seuls eldorados dans une société qui a fait du travail une contrainte. Il est vrai qu'un salaire médian autour de 1600 euros n'a pas de quoi enthousiasmé les jeunes étudiants.
Sans espoir de créer une sucess story à la Google, les jeunes Français préfèrent échapper à la réalité économique. La crise actuelle a tendance de rigidifier davantage les structures. Il serait nécessaire au contraire de favoriser la mixité sociale et de revoir la hiérarchie des valeurs
Bien évidemment que nous savions tous que Marx et Sartre avaient raison. Nous étions convaincus que la propagande américaine nous imposait, à notre corps défendant, son modèle, ses produits, sa culture.... Raymond Aron avait tout faux, l’économie de marché est un système d’asservissement généralisé. Nous sommes faussement libres car enchaînés aux valeurs matérielles et immatérielles du capitalisme.
La crise de 2008 remet les horloges à l’heure. La vérité éclate aux yeux de tous. Pour s’en convaincre, il suffit de se rendre dans sa librairie préférée aux rayons économie ou essai pour s’en convaincre. Jamais, une crise n’a donné lieu à une telle inflation de livres sur le thème « nous vous l’avions bien dit, c’était inévitable » ou sur celui « le capitalisme est mort ».
S’il y a donc un secteur qui échappe à la crise, c’est celui spécialisé dans l’annonce des mauvaises nouvelles. Sans être exhaustif, je ne citerai que quelques ouvrages parus à la fin de l’année 2008 et au début de l’année 2009.
Ainsi, de manière sobre sans fioriture, le spécialiste de la régulation, Michel Aglietta a publié un essai dénommé « La crise, pourquoi on en est arrivé là ». Un peu plus explicite, l’ouvrage d’Hervé Kempf « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme ». Plus interrogatif mais toujours aussi peu indulgent avec le système actuel, l’essai de Jacques Attali, « La crise et après ? ». Dans le style, fin du monde, je vous conseille « La stratégie du choc : la montée du capitalisme du désastre par Naomi Klein, Lori Saint-Martin et Paul Gagné. Le couple Patrick Artus et Marie Paule Virard se sont spécialisés dans des ouvrages où l’optimisme n’est pas de rigueur. Ainsi, je peux citer « Globalisation, le pire est à venir ». Juste pour le plaisir, je ne résiste pas de citer quelques titres comme « La finance mondiale, tout va exploser » par Morad El Hattab et Philippe Jumel, « Le krach parfait » d’Ignacio Ramontet, « Le capitalisme et la pulsion de mort » de Gilles Dostaler et Bernard Maris ou « La crise globale » par Jean-Michel Quatrepoint…
Même les auteurs libéraux ou jugés comme tels jouent aux au pythies. Ainsi le journaliste Jean-Marc Sylvestre avec l’économiste «Olivier Pastré a publié un essai sans concession sur le rôle des marchés financiers « le roman vrai de la crise financière ».
L’acte de décès du capitalisme a donné lieu à une surenchère médiatique inégalée en la matière. Cette première grande crise du 21ème siècle est la première à être vécue en directe. Chaque jour, des témoignages sur le chômage, les faillites, la baisse du pouvoir d’achat parcourent les journaux d’information, les blogs... La puissance des nouvelles techniques d’information et de communication impose aux médias d’être toujours plus réactifs, d’anticiper voire de créer l’information au risque qu’elle soit fausse.
Le passage de l’an 2000 est loin mais nous avons pourtant l’impression que les peurs millénaristes perdurent à moins que ce soit un retour des sombres prévisions de Nostradamus. Nous voilà revenu en 1014 quand l’archevêque de York déclarait que « le monde se précipite vers sa fin » ou en juin 2000 quand un archevêque suédois reprenait le thème « tout le monde peut voir que le train est en passe de dérailler ».
La fin du monde est de toute façon depuis quelques années le thème à la mode avec le réchauffement climatique. Désertification, disparition des espèces, montée des océans, surpopulation, cyclones, tempêtes l’amoncellement des risques environnementaux sont autant de maux qui nous sont répétés à longueur de journée. Afin de sauver la Terre, les spécialistes du développement durable appellent de leurs vœux à la décroissance en s’inspirant des vieilles thèses du Club de Rome du début des années soixante-dix qui prônait la croissance à taux zéro. A croire que Dieu les a entendu avec la survenue de la plus forte récession de ces soixante dernières années… Pourtant, depuis la crise financière, ils sont plus modestes et discrets.
Les libéraux, déjà rares en France, ont disparu et se sont transformés en keynésiens ou en étatistes. Quand ils assument encore leur libéralisme, c’est pour mieux condamner le capitalisme qu’il ne faut, à leurs yeux, ne pas assimiler à l’économie de marché. Si tout va mal, c’est bien connu, c’est la faute des banquiers, des traders, des spéculateurs, des grands patrons, des entreprises apatrides qui délocalisent. Ils ont perverti le système au risque d’entraîner sa mort. Les libéraux français se posent en défenseur du petit entrepreneur, victime, abusé par sa banque et pressuré par l’Etat et la Sécurité sociale. Dans notre pays, en période de crise, le poujadisme est renaît de ses cendres. Le petit commerçant contre la grande surface, les sous-traitants contre les multinationales, le petit chef d’entreprise contre les PDG qui accumulent salaires et stock options.
C’est bien connu, le monde financier, le monde des affaires, le monde des grandes entreprises est immoral ; revenons au terrain, à la TPE qui ne ment pas.
Après avoir gagné il y a vingt ans sans coup férir sur le communisme, le capitalisme est jugé, aujourd’hui, coupable sans procès. Le chef d'entreprise est un bandit, un riche exploiteur. Le JDD dans son dernier numéro du mois de mars stigmatisait les riches, catégorie qui incluait toute personne touchant plus de 2600 euros par mois... Sous la terreur, les têtes tombaient, aujourd'hui, ce sont les PDG, les cadres dirigeants... Le coupable, c'est l'autre, c'est le voisin, le supérieur hiérarchique, le banquier... A force de braquer les projecteurs sur les patrons, il n'est pas surprenant que la haine sociale s'installe surtout dans un pays qui a toujours aimé faire tomber les têtes. la culpabilité précède en France le jugement dans notre pays.
Face aux flux de mauvaises nouvelles, de l’annonce répétée de la fin du capitalisme, des banques, de l’occident, des Etats-Unis, de l’accumulation de dettes abyssales, un être doué de raison aurait soit opté pour le suicide ou pour le moins décidé de retirer toute son épargne de la banque et partir sur une ile déserte… Or, force est de constater que malgré les oiseaux de mauvais augure, les consommateurs et les épargnants sont restés relativement sereins. Si le pessimisme monte, il n’y a pas de panique, il n’y a pas de peur collective manifeste.
Après trente ans de crise, la sensibilité du chômage est très forte dans notre pays. Toute dégradation est perçue comme un séisme. La progression des licenciements et la non-reconduction des CDD aura comme conséquences le gonflement de l'épargne de précaution, un ou deux points ce qui ne fera que conforter la première place de la France en matière d'épargne.
La France est, en effet, tout à la fois le pays qui dispose d'un niveau élevé de protection sociale et dont les habitants épargnent le plus par précaution. C'est aussi un des rares pays où la crise donne lieu à des revendications sociales et à un refus de toute réforme.
Le problème français repose sur une crise de confiance et sur une rupture entre le peuple et ses élites. Le succès des discours poujadistes, le rejet des pouvoirs, la jalousie face aux riches qui réussit par son travail sont autant de signes tangibles d'une société en crise. Il est paradoxal que les PDG soient montrés du doigt tant bien même que des footballeurs gagnent plus tout en n'obtenant pas toujours les résultats escomptés.
Le travail est perçu comme une source d'exploitation et non comme un moyen de développement. Les élites ont sans nul doute une part de responsabilité dans le désamour actuel. L'incapacité à faire repartir l'ascenseur social, le repli de la caste dirigeante sur elle même expliquent cette situation. La Nouvelle Star ou le football sont les seuls eldorados dans une société qui a fait du travail une contrainte. Il est vrai qu'un salaire médian autour de 1600 euros n'a pas de quoi enthousiasmé les jeunes étudiants.
Sans espoir de créer une sucess story à la Google, les jeunes Français préfèrent échapper à la réalité économique. La crise actuelle a tendance de rigidifier davantage les structures. Il serait nécessaire au contraire de favoriser la mixité sociale et de revoir la hiérarchie des valeurs
Les retraites supplémentaires en question
Après les stock-options, les actions gratuites, c'est au tour des retraites chapeau d'être décriées.
Au-delà de la polémique concernant quelques dirigeants d'entreprise, il faut pas oublier que 2 millions de salariés bénéficient de suppléments de retraite au sein de leur entreprise (articles 82, 83 et 39 ainsi que le PERCO).
Interdire ces dispositifs comme le suggère François Sauvadet serait pénalisé de nombreux salariés et pas simplement les dirigeants.
Il faut savoir que les régimes de retraite supplémentaires sont soumis pour certains d'entre eux à négociation avec les partenaires sociaux et qu'ils sont fiscalement encadrés. L'exonération au titre de l'impôt sur les sociétés est plafonnée. Par ailleurs, le bénéficiaire de la retraite supplémentaire acquitte l'impôt sur le revenu, la CSG et le RDS. Les employeurs acquittent, en outre, une contribution (8 ou 12 %) pour la Sécurité sociale. Dans la majorité, certains élus souhaiteraient accroître ce taux (le doubler) ou soumettre à cotisations sociales les montants concernés.
d'un côté, les dirigeants politiques demandent de préparer la retraite mais de l'autre ils taxent en permanence les produits d'épargne retraite. D'ici 2040, le taux de remplacement (montant de la pension- régime général et complémentaires- par rapport au dernier salaire perçu) baissera de 10 à 20 points. Pour les cadres, le taux de remplacement devrait être de 40/45 %.
Selon le sondage du Cercle des Epargnants, les Français sont favorables au développement d'un système mixte associant répartition et capitalisation. Dans ce cadre, ils souhaitent que les entreprises s'impliquent davantage en matière de retraite....
Au-delà de la polémique concernant quelques dirigeants d'entreprise, il faut pas oublier que 2 millions de salariés bénéficient de suppléments de retraite au sein de leur entreprise (articles 82, 83 et 39 ainsi que le PERCO).
Interdire ces dispositifs comme le suggère François Sauvadet serait pénalisé de nombreux salariés et pas simplement les dirigeants.
Il faut savoir que les régimes de retraite supplémentaires sont soumis pour certains d'entre eux à négociation avec les partenaires sociaux et qu'ils sont fiscalement encadrés. L'exonération au titre de l'impôt sur les sociétés est plafonnée. Par ailleurs, le bénéficiaire de la retraite supplémentaire acquitte l'impôt sur le revenu, la CSG et le RDS. Les employeurs acquittent, en outre, une contribution (8 ou 12 %) pour la Sécurité sociale. Dans la majorité, certains élus souhaiteraient accroître ce taux (le doubler) ou soumettre à cotisations sociales les montants concernés.
d'un côté, les dirigeants politiques demandent de préparer la retraite mais de l'autre ils taxent en permanence les produits d'épargne retraite. D'ici 2040, le taux de remplacement (montant de la pension- régime général et complémentaires- par rapport au dernier salaire perçu) baissera de 10 à 20 points. Pour les cadres, le taux de remplacement devrait être de 40/45 %.
Selon le sondage du Cercle des Epargnants, les Français sont favorables au développement d'un système mixte associant répartition et capitalisation. Dans ce cadre, ils souhaitent que les entreprises s'impliquent davantage en matière de retraite....
L'exception démographique française
Dans du numéro 454 de "Population et Société", le démographe de l'INED, Gilles Pison, étudie les raisons de l'augmentation des naissances constatées en France depuis 10 ans, + 9 %. Nous sommes, en effet, passés de 738 000 à 801 000 naissances de 1998 à 2008. Sur la même période, la population a augmenté de 7 %. Le démographe de l'INED constate que sur vingt ans, le taux de fécondité est relativement stable, autour de 13 naissances pour 1000 habitants. En 1806, il était de 31 naissances pour 1000 habitants. Sur 200 ans, le nombre de naissances se situe autour du million mais la taille de la population a changé, 31 millions en 1806 et 62 millions aujourd'hui.
L'augmentation de la population de 7 % sur ces dix dernières années est avant tout le résultat du vieillissement de la population. les femmes en âge de procréer (15/50 ans) sont restées stables autour de 14,5 millions. L'indicateur synthétique de fécondité qui prend en compte les différents groupes d'âge des femmes a évolué ces dernières années passant de 1,94 en 1980 à 1?63 en 1993 pour remonter à 2 en 2008.
La descendance finale (le nombre d'enfants eus par une génération de femmes) pour les femmes nées en 1958 et ayant donc l'atteint l'âge de 50 ans en 2008 est de 2,13.
L'étude de l'INED démontre que les femmes ont de plus en plus tard leurs enfants et qu'elle rattrape en fin de course leurs ainées. L'âge moyen de la maternité est désormais de 30 ans. soit 3,5 ans plus tard qu'en 1978. Au début du 20ème siècle, la première naissance intervenait, en moyenne, à 24 ans. Le recul semble s'interrompre pour les générations nées après 1970. Selon les prévisions de l'INED, les générations d'après 1970 auraient en moyenne 2,05 enfants.
L'augmentation de la population de 7 % sur ces dix dernières années est avant tout le résultat du vieillissement de la population. les femmes en âge de procréer (15/50 ans) sont restées stables autour de 14,5 millions. L'indicateur synthétique de fécondité qui prend en compte les différents groupes d'âge des femmes a évolué ces dernières années passant de 1,94 en 1980 à 1?63 en 1993 pour remonter à 2 en 2008.
La descendance finale (le nombre d'enfants eus par une génération de femmes) pour les femmes nées en 1958 et ayant donc l'atteint l'âge de 50 ans en 2008 est de 2,13.
L'étude de l'INED démontre que les femmes ont de plus en plus tard leurs enfants et qu'elle rattrape en fin de course leurs ainées. L'âge moyen de la maternité est désormais de 30 ans. soit 3,5 ans plus tard qu'en 1978. Au début du 20ème siècle, la première naissance intervenait, en moyenne, à 24 ans. Le recul semble s'interrompre pour les générations nées après 1970. Selon les prévisions de l'INED, les générations d'après 1970 auraient en moyenne 2,05 enfants.
La lettre d'information n°33 du mois d'avril du Cercle est publiée
Au sommaire de la lettre n°33 du mois d’avril, un spécial sondage du Cercle. Les principaux résultats de l’enquête "les Français , l’épargne et la retraite" présentés le 10 mars dernier ainsi que des résultats non présentés concernant notamment le PERP.
jeudi 26 mars 2009
Mais que voulons nous ?
Au mois de janvier 2009, les Américains ont épargné 5% de leur revenu disponible brut contre 0,4 % au mois de décembre 2008. Durant des années, les économistes se sont alarmés du faible niveau d’épargne des Américains mais aujourd’hui, le retournement de tendance leur apparaît comme une mauvaise nouvelle car évidemment cela signifie que la consommation va diminuer.
En période de crise, les citoyens épargnent plus afin de se prémunir du risque chômage. Par ailleurs, les commentateurs, en ayant répété que la crise serait longue et dur, conduisent les acteurs économiques à l’extrême prudence.
Avec une balance commerciale déficitaire de plus de 800 milliards de dollars ces dernières années, et une balance des paiements courants déficitaires à hauteur de 6 % du PIB, les Etats-Unis ont développé un mode de croissance reposant sur la surconsommation et l’épargne importée. Au moment où les Etats pour endiguer la crise s’endette à grande vitesse, il est assez rassurant que les Américains épargnent. Il faut constater que les investisseurs commencent à renâcler à souscrire aux émissions de bons de Trésor proposées par les Etats-Unis ou par le Royaume-Uni. La peur d’une bulle obligataire et de l’arrivée de l’inflation ainsi que la concurrence des entreprises qui émettent des titres obligataires fortement rémunérées expliquent le faible engouement vis-à-vis des titres publics.
Depuis quelques années, les flux de capitaux se sont traduits pour les occidentaux par des flux sortants plus importants que les flux entrants. Témoignage de la désindustrialisation et de la mondialisation, ces flux négatifs n’ont pas été compensé par un saut technologique permettant de créer de nouveaux secteurs d’activités.
Aujourd’hui, l’objectif des occidentaux est de bénéficier de l’apport des fonds souverains qui pèsent environ 3000 milliards de dollars et des fonds de pension afin qu’ils puissent jouer un rôle structurant dans la regénérescence du capitalisme.
La crise actuelle par son impact déflationniste pose, en effet, le problème du financement de la sortie de crise et celui des nouveaux investissements. Il ne faut pas qu’il y ait un transfert durable sur les pouvoirs publics faute de quoi nous ne sommes pas certains d’avoir la meilleure allocation d’actifs.
Le problème actuel sera de relégitimer le marché et les banques comme catalyseurs de l’investissement productif. Le marché est indispensable pour donner l’orientation et sur longue période, il se trompe moins que les Etats. Mais considérées comme les principaux fautifs de la crise actuelle et en manques de liquidités, les banques se voient, aujourd’hui, contestées.
Si la France est moins concernées par la baisse brutale de la demande mondiale, elle est, en revanche, très fragile aux variations de conjoncture du fait de la souscapitalisation de ses entreprises et du fait que plus d’un salarié sur quatre dépend d’un groupe étranger contre 15 % en Allemagne ou 11 % aux Etats-Unis. Or, ce sont les centres extra territoriaux qui sont les premiers concernés par des plans sociaux.
En période de crise, les citoyens épargnent plus afin de se prémunir du risque chômage. Par ailleurs, les commentateurs, en ayant répété que la crise serait longue et dur, conduisent les acteurs économiques à l’extrême prudence.
Avec une balance commerciale déficitaire de plus de 800 milliards de dollars ces dernières années, et une balance des paiements courants déficitaires à hauteur de 6 % du PIB, les Etats-Unis ont développé un mode de croissance reposant sur la surconsommation et l’épargne importée. Au moment où les Etats pour endiguer la crise s’endette à grande vitesse, il est assez rassurant que les Américains épargnent. Il faut constater que les investisseurs commencent à renâcler à souscrire aux émissions de bons de Trésor proposées par les Etats-Unis ou par le Royaume-Uni. La peur d’une bulle obligataire et de l’arrivée de l’inflation ainsi que la concurrence des entreprises qui émettent des titres obligataires fortement rémunérées expliquent le faible engouement vis-à-vis des titres publics.
Depuis quelques années, les flux de capitaux se sont traduits pour les occidentaux par des flux sortants plus importants que les flux entrants. Témoignage de la désindustrialisation et de la mondialisation, ces flux négatifs n’ont pas été compensé par un saut technologique permettant de créer de nouveaux secteurs d’activités.
Aujourd’hui, l’objectif des occidentaux est de bénéficier de l’apport des fonds souverains qui pèsent environ 3000 milliards de dollars et des fonds de pension afin qu’ils puissent jouer un rôle structurant dans la regénérescence du capitalisme.
La crise actuelle par son impact déflationniste pose, en effet, le problème du financement de la sortie de crise et celui des nouveaux investissements. Il ne faut pas qu’il y ait un transfert durable sur les pouvoirs publics faute de quoi nous ne sommes pas certains d’avoir la meilleure allocation d’actifs.
Le problème actuel sera de relégitimer le marché et les banques comme catalyseurs de l’investissement productif. Le marché est indispensable pour donner l’orientation et sur longue période, il se trompe moins que les Etats. Mais considérées comme les principaux fautifs de la crise actuelle et en manques de liquidités, les banques se voient, aujourd’hui, contestées.
Si la France est moins concernées par la baisse brutale de la demande mondiale, elle est, en revanche, très fragile aux variations de conjoncture du fait de la souscapitalisation de ses entreprises et du fait que plus d’un salarié sur quatre dépend d’un groupe étranger contre 15 % en Allemagne ou 11 % aux Etats-Unis. Or, ce sont les centres extra territoriaux qui sont les premiers concernés par des plans sociaux.
mercredi 25 mars 2009
Evolution des pratiques de rémunération
L’analyse porte essentiellement sur les pays de l’Union européenne, les quinze pays d’avant l’élargissement ainsi que sur la Norvège. Les Etats-Unis et le Canada ont été également étudiés. Les données statistiques sont issues d’Eurostat, de l’OCDE et d’Eurofound. Les principales informations ont été recueillies auprès de Hewitt, et de l’Observatoire des Ressources Humaines du Canada ainsi qu’auprès de la Fondation Adenauer.
Les politiques de rémunération des salariés des grandes entreprises ne donnent pas lieu à de nombreuses études au sein de l’OCDE ou de l’Union européenne.
L’hétérogénéité des législations sociales, des données et l’absence d’analyse nationale sur la fixation microéconomique des salaires ne facilitent pas la réalisation d’un benchmarking sur le sujet. Les comparaisons sont hasardeuses du fait que les systèmes de protection sociale sont différents d’un pays à un autre. La place des entreprises dans la couverture sociale est plus importante en Allemagne qu’en France ; le rôle de l’individu étant plus élevé au Royaume-Uni et aux Etats-Unis qu’en France ou en Allemagne.
Les grands instituts économiques ainsi que les partenaires sociaux privilégient l’étude macroéconomique, le suivi du partage de la valeur ajoutée et l’évolution générale des salaires au détriment d’une étude des pratiques concrètes. Les différences sectorielles et en fonction de la taille des entreprises rendent délicates l’agrégation des données
Cette relative faiblesse de la recherche économique et sociale s’explique par ailleurs par les pratiques qui ont prévalu jusque dans les années quatre-vingt. Le recours à des conventions ou à des accords à haut niveau ainsi que l’application de dispositifs d’indexation plus ou moins évoluée limitaient le champ d’analyse. L’individualisation des salaires et le développement de pratiques plus fines de rémunération étaient, jusqu’à une date récente, réservés aux cadres de direction ou aux commerciaux.
Depuis vingt ans, en Europe, la tendance en matière de rémunération est
- À l’individualisation
- À la décentralisation des négociations salariales
- À l’accroissement de la flexibilité salariale
Ce processus est le plus abouti, sans surprise, dans les pays où les syndicats sont les plus faibles et les plus divisées. Il est, par ailleurs, constaté une convergence des augmentations et des pratiques salariales au sein de l’Europe.
I. EVOLUTION DES PRATIQUES SALARIALES
1.La convergence salariale
La convergence des prix au sein de l’OCDE, depuis une quinzaine d’années, s’accompagne d’une convergence des salaires.
Au sein de l’Union européenne, l’augmentation des salaires réels se situait dans une fourchette de 2,5 à 7,1 % dans les années soixante, l’écart a été profondément réduit 0,2 à 2 % en moyenne pour les dix dernières années.
L’augmentation des salaires réels depuis 1990 se situe en moyenne selon les pays entre 1 à 2 %.
Dans les années soixante, les salaires réels augmentaient au même rythme que la productivité, dans les années soixante-dix, cette augmentation était supérieure à celle de productivité. Depuis les années 80 et 90, la croissance des salaires réels est inférieure à celle de la productivité (un point en moyenne).
Le Royaume-Uni demeure une exception ; ainsi la part des salaires au sein de la valeur ajoutée reste supérieure à celle enregistrée en moyenne au sein de l’Union européenne. Cette situation est liée à la forte croissance de l’économie anglaise sur la période et à l’importance du secteur des services dans ce pays.
2. Une décentralisation de plus en plus forte
En Finlande et en Irlande, la négociation est nationale. En Belgique et en Grèce, elle concerne l’ensemble du secteur privé. En Belgique et Irlande, les accords interprofessionnels définissent des augmentations maximales établissant ainsi la marge de négociation au sein des entreprises ou au sein des secteurs d’activité.
Dans six pays (Espagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal et Suède), le niveau sectoriel est privilégié. Deux pays se démarquent avec des négociations au niveau de l’entreprise, la France et le Royaume-Uni.
Les accords interprofessionnels ou sectoriels sont de plus en plus indicatifs et ne comportent bien souvent que des recommandations (11 pays sur 16 de l’étude). Seuls l’Autriche, l’Espagne, la France, le Luxembourg et le Royaume-Uni ne recourent pas à des accords de ce type. Au Danemark, au Luxembourg, en Finlande et en Norvège, il n’y a pas de niveau dominant.
Depuis vingt ans, une décentralisation accrue en matière de négociation est constatée. Ainsi, au Royaume-Uni, les accords interprofessionnels ont presque tous disparus, de même en Suède, pays qui privilégie les accords sectoriels.
En Italie, un accord tripartite (Etat, syndicats, employeurs) prévoit que la négociation salariale doit s’effectuer au niveau sectoriel. La disparition des clauses d’indexation s’est accompagnée d’un renforcement de l’entreprise comme lieu de négociation pour les accords salariaux.
En Espagne, il est constaté en revanche une augmentation des accords sectoriels en relation avec la bonne tenue de la conjoncture et la diminution du taux de chômage.
Le niveau de négociation est lié à la force ou à la faiblesse des partenaires sociaux.
La place à la négociation est plus faible dans les pays ayant des dispositifs règlementaires fixant le niveau du salaire minimum. Sept pays (Espagne, France, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni) disposent de salaire minimum fixé par la loi.
Deux pays ont conservé des mécanismes d’indexation automatique : la Belgique et le Luxembourg.
3. Le contenu de la négociation diffère fortement selon les pays
En Finlande, les partenaires sociaux retiennent une formule intégrant la productivité et l’inflation pour calculer un coefficient d’augmentation collective auquel s’ajoute un coefficient d’augmentation individuelle. Dans les pays d’Europe du Nord, ce dernier coefficient comprend des critères de contribution au bon fonctionnement de l’équipe ou d’intensité dans le travail.
En Suède comme en Norvège, les critères qualitatifs se développent même si la notion d’égalité de revenu reste prégnante.
Au Pays-Bas comme en Irlande, les partenaires sociaux établissent une formule prenant en compte la productivité du travail et l’inflation.
II. LE DEVELOPPEMENT DE LA REMUNERATION VARIABLE
1. La généralisation de la rémunération variable
Au sein de l’Union européenne, la rémunération variable se développe avec la prise en compte de la performance de l’entreprise et de la performance individuelle.
Elle repose sur trois types de système de rémunération :
• Rémunération au rendement
• Rémunération en fonction de critères qualitatifs
• Rémunération en fonction de la rentabilité de l’entreprise ou en fonction de la réalisation d’objectifs.
Des critères éthiques comme ceux liés au développement durable ainsi que la réalisation de projets, la cohésion de groupe, le respect du client sont au Royaume-Uni comme en Allemagne de plus en plus utilisées.
Des pays comme l’Allemagne, le Portugal ou le Royaume-Uni pratiquent de longue date la rémunération variable ; en France, initialement associée à l’intéressement et à la participation, elle tend à concerner un nombre croissant de salariés au-delà des cadres et à intégrer l’ensemble des avantages dont ils peuvent bénéficier.
L’entreprise est, de longue date, en Allemagne, la clef de voute de la socialisation et de la protection sociale. De ce fait, le salaire ne recouvre qu’une partie des droits dont bénéficie les salariés. L’intéressement à travers la cogestion mais aussi le financement de nombreux loisirs (sports, vacances, formation) est la règle dans les grandes entreprises mais aussi dans les PME.
Ainsi, dans un Land comme la Bavière avec un taux de chômage de 5 %, la rémunération type au sein d’une entreprise de taille moyenne (secteur machine outil) s’établit pour un salarié (équivalent cadre) de la manière suivante :
- Rémunération fixe à laquelle s’ajoute le paiement des heures supplémentaires
- Primes de vacances, primes de fin d’année
- Variable de 25 à 30 % du montant annuel du salaire libérable en fonction de la réalisation des objectifs (entreprise, équipe et individuel)
- Participation aux bénéfices, options sur actions, actions à prix privilégié
- Prise en charge de la prévoyance, de la participation au fonds de pension pour le salarié et son conjoint
- Abondement sur un contrat d’assurance-vie
- Voiture de fonction, téléphone et formation (nombre de jours déterminés annuellement),
La France est le pays dont le plus grand nombre d’entreprises pratiquent la rémunération variable : 51 % contre 28 % au Royaume-Uni, 12 % en Allemagne ou 3 % en Italie. En prenant en compte le nombre de salariés, plus de 20 % des salariés français ont une rémunération liée aux performances de leur entreprise, 15 % en fonction de leurs performances individuelles.
En Autriche, 25 % des cadres et 15 % des employés ont une rémunération intégrant une part variable.
Aux Pays-Bas, près de 50 % des salariés sont concernés par la rémunération en fonction du rendement et 23 % en fonction des qualifications acquises.
En Espagne, 25 % des salariés reçoivent des primes de productivité.
En Italie, 20 % des entreprises utilisent des critères fondés sur les performances ; 20 % utilisent des critères reposant à la fois sur les performances économiques et des indicateurs quantitatifs.
Au Royaume-Uni, plus du tiers des cadres sont rémunérés en tenant compte de leur productivité et plus de 60 % pour les ouvriers qualifiés. Dans ce pays, il est fréquent que la participation en fonction des résultats de l’entreprise donne lieu à la répartition suivante :
- un tiers à la discrétion de la direction
- un tiers sous forme d’un pourcentage fixe attribué à tous les salariés
- un tiers sous forme d’une prime en valeur absolue
2. Les nouveaux critères de la rémunération variable
En Allemagne, de nouveaux critères de rémunération sont développés afin, par exemple, de prendre en compte des objectifs de développement durable (économie de matériaux, gestion des déchets, utilisation des matériels…).
En Italie, Espagne et Allemagne, les critères qualitatifs se généralisent. Le respect des délais, la qualité des prestations sont de plus en plus pris en compte dans les grilles de rémunération.
Au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, l’acquisition de qualification est également intégrée dans le processus de rémunération individuelle des salariés.
La rémunération variable peut être accordée dans certains pays en fonction de l’absentéisme ou en fonction du nombre de congés maladie. Par exemple, au-delà de quatre congés maladie, la prime de fin d’année est supprimée (Canada).
3. La rémunération variable et négociation collective
En Grèce, Finlande, Royaume-Uni, Finlande et au Portugal, les systèmes de rémunération variable sont majoritairement définis de manière discrétionnaire par les employeurs.
Dans les pays scandinaves, la négociation sectorielle ou au niveau de l’entreprise est de rigueur.
En Autriche, la mise en œuvre d’une politique de rémunération variable ne peut être mise en œuvre qu’après négociation.
En Allemagne, dans 40 % des cas, il y a un accord au niveau de l’entreprise.
En Italie, l’échelon de la négociation est l’entreprise même si quelques accords sectoriels existent sur le sujet.
III. LA REMUNERATION FLEXIBLE OU A LA CARTE APPELEE REMUNERATION « CAFETARIA »
Aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni mais aussi en Belgique, la pratique du salaire « cafétéria » s’étend. L'entreprise propose à ses managers des packages individualisés. Chacun peut arbitrer entre les différentes composantes, temps de travail, voiture de fonction, avantages en nature, actions, retraite, prévoyance... et choisir la structure de rémunération qui lui semble la plus proche de ses besoins. Chaque salarié dispose d’un nombre de points à consommer et donc à répartir en fonction de choix établis sur une base annuelle.
Ainsi, un jeune cadre célibataire privilégiera des avantages en nature ou un accès privilégié à un prêt immobilier au détriment d’une large couverture pour la prévoyance ou la retraite. Un salarié de plus de 40 ans pourra réaliser un choix inverse.
Selon le cabinet Hewitt, 40 % des grandes entreprises canadiennes recourent aux rémunérations flexibles. 12 % des entreprises, en France, auraient des programmes de rémunération à la carte. Dans la rémunération à la carte, il y a une véritable individualisation des parcours salariaux ce qui la distingue des simples accords de flexibilité qui s’appliquent à des catégories de salariés au sein de l’entreprise.
1.Le contexte
Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, le plein emploi oblige les entreprises afin d’attirer les meilleurs éléments à renouveler leur politique de rémunération. Les jeunes salariés considèrent que les politiques mises en œuvre par les employeurs favorisent les baby-boomers et ne prennent pas suffisamment en compte leur spécificité. Le salaire à la carte constitue une réponse de la part des responsables des ressources humaines à destination des moins de 35 ans.
La nouvelle génération est plus mobile, mieux informée et plus alerte pour demander des augmentations individuelles. Dans des pays à faible taux de chômage, la menace de démission est fréquente.
Nortel a ainsi créé un «portefeuille vie professionnelle» composé de programmes de loisirs et santé.
AstraZeneca, le Groupe RBC Banque Royale et la Banque du Canada ont également mis en œuvre des packages salariaux.
2.Avantages/inconvénients
La rémunération flexible permet de s’adapter aux besoins des différentes générations qui composent l’effectif d’une entreprise et constitue un élément non négligeable de fidélisation. Elle permet aussi l’atteinte d’objectifs organisationnels stratégiques.
L’arbitrage entre plusieurs éléments peut permettre à l’employeur d’économiser en masse salariale et en charges sociales.
Cette pratique permet également de mieux maitriser les dépenses sociales des entreprises. Les dépenses de santé et les dépenses de retraite, étant vouées à augmenter, les entreprises anglo-saxonnes souhaitent un suivi plus fin de ces dépenses et réduire leurs engagements.
Les syndicats sont assez réticents face à ces nouvelles pratiques qui à leurs yeux aboutissent à rendre opaques les politiques salariales des entreprises et à supprimer les liens de solidarité au sein des entreprises. Ils craignent que la rémunération flexible aboutisse à réduire le montant de leur salaire et limite le montant des augmentations.
Néanmoins, la satisfaction à leur encontre est élevée : 94% des entreprises qui offrent de tels régimes considèrent avoir atteint leurs objectifs sociaux (ressources humaines), et 97% des employés bénéficiaires ont qualifié le régime de bon à excellent (Hewitt et associés, 2003).
Lire l'ensemble de l'étude
Les politiques de rémunération des salariés des grandes entreprises ne donnent pas lieu à de nombreuses études au sein de l’OCDE ou de l’Union européenne.
L’hétérogénéité des législations sociales, des données et l’absence d’analyse nationale sur la fixation microéconomique des salaires ne facilitent pas la réalisation d’un benchmarking sur le sujet. Les comparaisons sont hasardeuses du fait que les systèmes de protection sociale sont différents d’un pays à un autre. La place des entreprises dans la couverture sociale est plus importante en Allemagne qu’en France ; le rôle de l’individu étant plus élevé au Royaume-Uni et aux Etats-Unis qu’en France ou en Allemagne.
Les grands instituts économiques ainsi que les partenaires sociaux privilégient l’étude macroéconomique, le suivi du partage de la valeur ajoutée et l’évolution générale des salaires au détriment d’une étude des pratiques concrètes. Les différences sectorielles et en fonction de la taille des entreprises rendent délicates l’agrégation des données
Cette relative faiblesse de la recherche économique et sociale s’explique par ailleurs par les pratiques qui ont prévalu jusque dans les années quatre-vingt. Le recours à des conventions ou à des accords à haut niveau ainsi que l’application de dispositifs d’indexation plus ou moins évoluée limitaient le champ d’analyse. L’individualisation des salaires et le développement de pratiques plus fines de rémunération étaient, jusqu’à une date récente, réservés aux cadres de direction ou aux commerciaux.
Depuis vingt ans, en Europe, la tendance en matière de rémunération est
- À l’individualisation
- À la décentralisation des négociations salariales
- À l’accroissement de la flexibilité salariale
Ce processus est le plus abouti, sans surprise, dans les pays où les syndicats sont les plus faibles et les plus divisées. Il est, par ailleurs, constaté une convergence des augmentations et des pratiques salariales au sein de l’Europe.
I. EVOLUTION DES PRATIQUES SALARIALES
1.La convergence salariale
La convergence des prix au sein de l’OCDE, depuis une quinzaine d’années, s’accompagne d’une convergence des salaires.
Au sein de l’Union européenne, l’augmentation des salaires réels se situait dans une fourchette de 2,5 à 7,1 % dans les années soixante, l’écart a été profondément réduit 0,2 à 2 % en moyenne pour les dix dernières années.
L’augmentation des salaires réels depuis 1990 se situe en moyenne selon les pays entre 1 à 2 %.
Dans les années soixante, les salaires réels augmentaient au même rythme que la productivité, dans les années soixante-dix, cette augmentation était supérieure à celle de productivité. Depuis les années 80 et 90, la croissance des salaires réels est inférieure à celle de la productivité (un point en moyenne).
Le Royaume-Uni demeure une exception ; ainsi la part des salaires au sein de la valeur ajoutée reste supérieure à celle enregistrée en moyenne au sein de l’Union européenne. Cette situation est liée à la forte croissance de l’économie anglaise sur la période et à l’importance du secteur des services dans ce pays.
2. Une décentralisation de plus en plus forte
En Finlande et en Irlande, la négociation est nationale. En Belgique et en Grèce, elle concerne l’ensemble du secteur privé. En Belgique et Irlande, les accords interprofessionnels définissent des augmentations maximales établissant ainsi la marge de négociation au sein des entreprises ou au sein des secteurs d’activité.
Dans six pays (Espagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal et Suède), le niveau sectoriel est privilégié. Deux pays se démarquent avec des négociations au niveau de l’entreprise, la France et le Royaume-Uni.
Les accords interprofessionnels ou sectoriels sont de plus en plus indicatifs et ne comportent bien souvent que des recommandations (11 pays sur 16 de l’étude). Seuls l’Autriche, l’Espagne, la France, le Luxembourg et le Royaume-Uni ne recourent pas à des accords de ce type. Au Danemark, au Luxembourg, en Finlande et en Norvège, il n’y a pas de niveau dominant.
Depuis vingt ans, une décentralisation accrue en matière de négociation est constatée. Ainsi, au Royaume-Uni, les accords interprofessionnels ont presque tous disparus, de même en Suède, pays qui privilégie les accords sectoriels.
En Italie, un accord tripartite (Etat, syndicats, employeurs) prévoit que la négociation salariale doit s’effectuer au niveau sectoriel. La disparition des clauses d’indexation s’est accompagnée d’un renforcement de l’entreprise comme lieu de négociation pour les accords salariaux.
En Espagne, il est constaté en revanche une augmentation des accords sectoriels en relation avec la bonne tenue de la conjoncture et la diminution du taux de chômage.
Le niveau de négociation est lié à la force ou à la faiblesse des partenaires sociaux.
La place à la négociation est plus faible dans les pays ayant des dispositifs règlementaires fixant le niveau du salaire minimum. Sept pays (Espagne, France, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal et Royaume-Uni) disposent de salaire minimum fixé par la loi.
Deux pays ont conservé des mécanismes d’indexation automatique : la Belgique et le Luxembourg.
3. Le contenu de la négociation diffère fortement selon les pays
En Finlande, les partenaires sociaux retiennent une formule intégrant la productivité et l’inflation pour calculer un coefficient d’augmentation collective auquel s’ajoute un coefficient d’augmentation individuelle. Dans les pays d’Europe du Nord, ce dernier coefficient comprend des critères de contribution au bon fonctionnement de l’équipe ou d’intensité dans le travail.
En Suède comme en Norvège, les critères qualitatifs se développent même si la notion d’égalité de revenu reste prégnante.
Au Pays-Bas comme en Irlande, les partenaires sociaux établissent une formule prenant en compte la productivité du travail et l’inflation.
II. LE DEVELOPPEMENT DE LA REMUNERATION VARIABLE
1. La généralisation de la rémunération variable
Au sein de l’Union européenne, la rémunération variable se développe avec la prise en compte de la performance de l’entreprise et de la performance individuelle.
Elle repose sur trois types de système de rémunération :
• Rémunération au rendement
• Rémunération en fonction de critères qualitatifs
• Rémunération en fonction de la rentabilité de l’entreprise ou en fonction de la réalisation d’objectifs.
Des critères éthiques comme ceux liés au développement durable ainsi que la réalisation de projets, la cohésion de groupe, le respect du client sont au Royaume-Uni comme en Allemagne de plus en plus utilisées.
Des pays comme l’Allemagne, le Portugal ou le Royaume-Uni pratiquent de longue date la rémunération variable ; en France, initialement associée à l’intéressement et à la participation, elle tend à concerner un nombre croissant de salariés au-delà des cadres et à intégrer l’ensemble des avantages dont ils peuvent bénéficier.
L’entreprise est, de longue date, en Allemagne, la clef de voute de la socialisation et de la protection sociale. De ce fait, le salaire ne recouvre qu’une partie des droits dont bénéficie les salariés. L’intéressement à travers la cogestion mais aussi le financement de nombreux loisirs (sports, vacances, formation) est la règle dans les grandes entreprises mais aussi dans les PME.
Ainsi, dans un Land comme la Bavière avec un taux de chômage de 5 %, la rémunération type au sein d’une entreprise de taille moyenne (secteur machine outil) s’établit pour un salarié (équivalent cadre) de la manière suivante :
- Rémunération fixe à laquelle s’ajoute le paiement des heures supplémentaires
- Primes de vacances, primes de fin d’année
- Variable de 25 à 30 % du montant annuel du salaire libérable en fonction de la réalisation des objectifs (entreprise, équipe et individuel)
- Participation aux bénéfices, options sur actions, actions à prix privilégié
- Prise en charge de la prévoyance, de la participation au fonds de pension pour le salarié et son conjoint
- Abondement sur un contrat d’assurance-vie
- Voiture de fonction, téléphone et formation (nombre de jours déterminés annuellement),
La France est le pays dont le plus grand nombre d’entreprises pratiquent la rémunération variable : 51 % contre 28 % au Royaume-Uni, 12 % en Allemagne ou 3 % en Italie. En prenant en compte le nombre de salariés, plus de 20 % des salariés français ont une rémunération liée aux performances de leur entreprise, 15 % en fonction de leurs performances individuelles.
En Autriche, 25 % des cadres et 15 % des employés ont une rémunération intégrant une part variable.
Aux Pays-Bas, près de 50 % des salariés sont concernés par la rémunération en fonction du rendement et 23 % en fonction des qualifications acquises.
En Espagne, 25 % des salariés reçoivent des primes de productivité.
En Italie, 20 % des entreprises utilisent des critères fondés sur les performances ; 20 % utilisent des critères reposant à la fois sur les performances économiques et des indicateurs quantitatifs.
Au Royaume-Uni, plus du tiers des cadres sont rémunérés en tenant compte de leur productivité et plus de 60 % pour les ouvriers qualifiés. Dans ce pays, il est fréquent que la participation en fonction des résultats de l’entreprise donne lieu à la répartition suivante :
- un tiers à la discrétion de la direction
- un tiers sous forme d’un pourcentage fixe attribué à tous les salariés
- un tiers sous forme d’une prime en valeur absolue
2. Les nouveaux critères de la rémunération variable
En Allemagne, de nouveaux critères de rémunération sont développés afin, par exemple, de prendre en compte des objectifs de développement durable (économie de matériaux, gestion des déchets, utilisation des matériels…).
En Italie, Espagne et Allemagne, les critères qualitatifs se généralisent. Le respect des délais, la qualité des prestations sont de plus en plus pris en compte dans les grilles de rémunération.
Au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, l’acquisition de qualification est également intégrée dans le processus de rémunération individuelle des salariés.
La rémunération variable peut être accordée dans certains pays en fonction de l’absentéisme ou en fonction du nombre de congés maladie. Par exemple, au-delà de quatre congés maladie, la prime de fin d’année est supprimée (Canada).
3. La rémunération variable et négociation collective
En Grèce, Finlande, Royaume-Uni, Finlande et au Portugal, les systèmes de rémunération variable sont majoritairement définis de manière discrétionnaire par les employeurs.
Dans les pays scandinaves, la négociation sectorielle ou au niveau de l’entreprise est de rigueur.
En Autriche, la mise en œuvre d’une politique de rémunération variable ne peut être mise en œuvre qu’après négociation.
En Allemagne, dans 40 % des cas, il y a un accord au niveau de l’entreprise.
En Italie, l’échelon de la négociation est l’entreprise même si quelques accords sectoriels existent sur le sujet.
III. LA REMUNERATION FLEXIBLE OU A LA CARTE APPELEE REMUNERATION « CAFETARIA »
Aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni mais aussi en Belgique, la pratique du salaire « cafétéria » s’étend. L'entreprise propose à ses managers des packages individualisés. Chacun peut arbitrer entre les différentes composantes, temps de travail, voiture de fonction, avantages en nature, actions, retraite, prévoyance... et choisir la structure de rémunération qui lui semble la plus proche de ses besoins. Chaque salarié dispose d’un nombre de points à consommer et donc à répartir en fonction de choix établis sur une base annuelle.
Ainsi, un jeune cadre célibataire privilégiera des avantages en nature ou un accès privilégié à un prêt immobilier au détriment d’une large couverture pour la prévoyance ou la retraite. Un salarié de plus de 40 ans pourra réaliser un choix inverse.
Selon le cabinet Hewitt, 40 % des grandes entreprises canadiennes recourent aux rémunérations flexibles. 12 % des entreprises, en France, auraient des programmes de rémunération à la carte. Dans la rémunération à la carte, il y a une véritable individualisation des parcours salariaux ce qui la distingue des simples accords de flexibilité qui s’appliquent à des catégories de salariés au sein de l’entreprise.
1.Le contexte
Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, le plein emploi oblige les entreprises afin d’attirer les meilleurs éléments à renouveler leur politique de rémunération. Les jeunes salariés considèrent que les politiques mises en œuvre par les employeurs favorisent les baby-boomers et ne prennent pas suffisamment en compte leur spécificité. Le salaire à la carte constitue une réponse de la part des responsables des ressources humaines à destination des moins de 35 ans.
La nouvelle génération est plus mobile, mieux informée et plus alerte pour demander des augmentations individuelles. Dans des pays à faible taux de chômage, la menace de démission est fréquente.
Nortel a ainsi créé un «portefeuille vie professionnelle» composé de programmes de loisirs et santé.
AstraZeneca, le Groupe RBC Banque Royale et la Banque du Canada ont également mis en œuvre des packages salariaux.
2.Avantages/inconvénients
La rémunération flexible permet de s’adapter aux besoins des différentes générations qui composent l’effectif d’une entreprise et constitue un élément non négligeable de fidélisation. Elle permet aussi l’atteinte d’objectifs organisationnels stratégiques.
L’arbitrage entre plusieurs éléments peut permettre à l’employeur d’économiser en masse salariale et en charges sociales.
Cette pratique permet également de mieux maitriser les dépenses sociales des entreprises. Les dépenses de santé et les dépenses de retraite, étant vouées à augmenter, les entreprises anglo-saxonnes souhaitent un suivi plus fin de ces dépenses et réduire leurs engagements.
Les syndicats sont assez réticents face à ces nouvelles pratiques qui à leurs yeux aboutissent à rendre opaques les politiques salariales des entreprises et à supprimer les liens de solidarité au sein des entreprises. Ils craignent que la rémunération flexible aboutisse à réduire le montant de leur salaire et limite le montant des augmentations.
Néanmoins, la satisfaction à leur encontre est élevée : 94% des entreprises qui offrent de tels régimes considèrent avoir atteint leurs objectifs sociaux (ressources humaines), et 97% des employés bénéficiaires ont qualifié le régime de bon à excellent (Hewitt et associés, 2003).
Lire l'ensemble de l'étude
vendredi 20 mars 2009
Rapport de l'OCDE sur la crise
L'OCDE a, à travers un rapport d'une trentaine de pages, établi une liste de propositions concernant la crise. L'organisation internationale entend rappeler aux Etats qu'il convient d'avoir une vision globale de la crise et qu'il ne faut pas succomber aux sirènes du protectionnisme. Elle préconise des actions de court terme visant à améliorer la gouvernance des entreprises, la régulation des marchés et la protection des consommateurs et des épargnants. Elle insiste sur la nécessité de travailler pour l'installation dune croissance viable. A cet effet, elle rappelle la nécessité de préserver l'ouverture des marchés pour les échanges et les investissements. Elle entend promouvoir une croissance "verte" tirée par l'innovation et un désengagement des Etats dès que les conditions le permettront.
En matière de retraite, l'OCDE souhaite que les organismes privés aient des politiques de placement qui n'exposent pas les adhérents aux aléas de la bourse. En ce qui concerne les régimes par répartition, l'OCDE rappelle que des mesures structurelles s'imposent afin d'en assurer l'équilibre.
Plus globalement, en matière de placements, l'organisation internationale réclame une réforme de la règlementation afin de garantir une plus grande stabilité des places. Elle demande un meilleur contrôle qui ne doit pas aboutir à freiner l'accès aux marchés financiers des entreprise.
lire le rapport
En matière de retraite, l'OCDE souhaite que les organismes privés aient des politiques de placement qui n'exposent pas les adhérents aux aléas de la bourse. En ce qui concerne les régimes par répartition, l'OCDE rappelle que des mesures structurelles s'imposent afin d'en assurer l'équilibre.
Plus globalement, en matière de placements, l'organisation internationale réclame une réforme de la règlementation afin de garantir une plus grande stabilité des places. Elle demande un meilleur contrôle qui ne doit pas aboutir à freiner l'accès aux marchés financiers des entreprise.
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mardi 17 mars 2009
Heureusement, il y a du patrimoine
La valeur économique du patrimoine net (dettes enlevées) et en termes réels a doublé de 1978 à 2007. Le patrimoine national représente 6,6 années de PIB en 2007 contre 4 dans les années quatre-vingt. Il a ainsi progressé plus vite que le PIB du fait de l’appréciation des valeurs mobilières et immobilières. 2008 marque ne rupture avec la baisse des cours des valeurs mobilières et la stagnation des prix de l’immobilier.
Le patrimoine net s’élève à 12 513 milliards d’euros en 2007 dont 12 490 milliards au titre du patrimoine non financier et 23 milliards d’euros au titre du patrimoine financier.
Le patrimoine non financier se décompose de la manière suivante :
• 45 % en terrains et sol
• 28 % en logements
• 14 % en ouvrages publics et autres bâtiments
Le patrimoine national a fortement progressé dans les années 80 et 90 avant de connaître une période de stabilisation. Un nouveau cycle de croissance s’est amorcé après 2001 pour s’achever en 2007.
Le poids des actifs financiers (en brut) s’est accru atteignant plus de 60 % en 2007 soit 12 points de plus qu’en 1978. Un pic avait été atteint avant l’éclatement de la bulle Internet.
La situation des ménages
Fin 2007, les ménages détenaient un patrimoine net de 9 500 milliards d’euros soit plus de 75 % du patrimoine national.
Les deux tiers des actifs sont composés de biens non financiers essentiellement de l’immobilier. Les terrains représentent 35 % de leurs actifs, les logements 27 %.
Leur patrimoine net correspond à 7,5 années de leur revenu disponible brut contre 4,4 en moyenne sur la période 1978/1997. 80 % de la progression du patrimoine des ménages s’explique par la progression des prix de l’immobilier. 58 % des Français étaient propriétaires de leur résidence principale en 2007 contre 47 % en 1978.
Pour la première fois en 30 ans, en 2008 le patrimoine des ménages régresse de 3 points.
Depuis 1978, les Français ont profondément modifié leur comportement en tant qu’épargnant. L’épargne liquide est ainsi passée de 63 % des actifs financiers à 29 % en 2007. le nombre de Français détenteurs de valeurs mobilières est passé de 1 à 12 millions de 1978 à 2007. Les portefeuilles titre représente 27 % de leur patrimoine financier contre 10 % en 1978.
En contrepartie, l’endettement des ménages s’est fortement accru passant de 26 à 69 % du revenu disponible brut de 1978 à 2007.
Les administrations publiques encore dans le vert
Contrairement aux idées reçues, le patrimoine net des administrations publiques est positif de 774 milliards d’euros soit 6,2 % du patrimoine national.
Au début des années 90, ce taux était de 11 %.
En 2007, les administrations détiennent 11 % des actifs non financiers nationaux (terrains, bureaux…) contre 13 % en 1978. Depuis 1982, ce patrimoine est essentiellement la propriété des collectivités locales.
Les administrations disposent de 847 milliards d’euros d’actifs financiers dont plus de la moitié en actions (entreprises publiques ou participations dans des sociétés privées). En 1982, l’Etat détenait 40 % de l’ensemble des actions des entreprises. Avec les privatisations, ce taux a été ramené à 10 % dans les années 90 puis à 3 % en 2007.
Retrouver l'étude de l'INSEE
Informations complémentaires sur le site de l'INSEE
Le patrimoine net s’élève à 12 513 milliards d’euros en 2007 dont 12 490 milliards au titre du patrimoine non financier et 23 milliards d’euros au titre du patrimoine financier.
Le patrimoine non financier se décompose de la manière suivante :
• 45 % en terrains et sol
• 28 % en logements
• 14 % en ouvrages publics et autres bâtiments
Le patrimoine national a fortement progressé dans les années 80 et 90 avant de connaître une période de stabilisation. Un nouveau cycle de croissance s’est amorcé après 2001 pour s’achever en 2007.
Le poids des actifs financiers (en brut) s’est accru atteignant plus de 60 % en 2007 soit 12 points de plus qu’en 1978. Un pic avait été atteint avant l’éclatement de la bulle Internet.
La situation des ménages
Fin 2007, les ménages détenaient un patrimoine net de 9 500 milliards d’euros soit plus de 75 % du patrimoine national.
Les deux tiers des actifs sont composés de biens non financiers essentiellement de l’immobilier. Les terrains représentent 35 % de leurs actifs, les logements 27 %.
Leur patrimoine net correspond à 7,5 années de leur revenu disponible brut contre 4,4 en moyenne sur la période 1978/1997. 80 % de la progression du patrimoine des ménages s’explique par la progression des prix de l’immobilier. 58 % des Français étaient propriétaires de leur résidence principale en 2007 contre 47 % en 1978.
Pour la première fois en 30 ans, en 2008 le patrimoine des ménages régresse de 3 points.
Depuis 1978, les Français ont profondément modifié leur comportement en tant qu’épargnant. L’épargne liquide est ainsi passée de 63 % des actifs financiers à 29 % en 2007. le nombre de Français détenteurs de valeurs mobilières est passé de 1 à 12 millions de 1978 à 2007. Les portefeuilles titre représente 27 % de leur patrimoine financier contre 10 % en 1978.
En contrepartie, l’endettement des ménages s’est fortement accru passant de 26 à 69 % du revenu disponible brut de 1978 à 2007.
Les administrations publiques encore dans le vert
Contrairement aux idées reçues, le patrimoine net des administrations publiques est positif de 774 milliards d’euros soit 6,2 % du patrimoine national.
Au début des années 90, ce taux était de 11 %.
En 2007, les administrations détiennent 11 % des actifs non financiers nationaux (terrains, bureaux…) contre 13 % en 1978. Depuis 1982, ce patrimoine est essentiellement la propriété des collectivités locales.
Les administrations disposent de 847 milliards d’euros d’actifs financiers dont plus de la moitié en actions (entreprises publiques ou participations dans des sociétés privées). En 1982, l’Etat détenait 40 % de l’ensemble des actions des entreprises. Avec les privatisations, ce taux a été ramené à 10 % dans les années 90 puis à 3 % en 2007.
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Informations complémentaires sur le site de l'INSEE
Vive les dividendes !!!
Sans le versement des dividendes, le placement "actions" n'est pas compétitif même sur longue période. Ainsi, selon une étude réalisée par la London Business School, les actions américaines ont rapporté depuis 1900, hors dividendes, 1,7 % soit moins que les obligations (2,1 %) et juste un peu mieux que les titres monétaires. En France, le rendement des actions est même négatif de 0,7 point tout comme en Allemagne (-0,8 point). Au Japon, la rentabilité est négative de 1,4 %. Au total, les actions au niveau mondial ont rapporté 1 %. Une autre étude réalisée à partir du CAC 40 à démontré que hors versement des dividendes, sur une base 100 en décembre 1987, les actions atteignent, fin 2008, 270 contre 500 pour les obligations et 200 pour les monétaires.
En intégrant les dividendes, les actions reprennent un avantage certain mais pas scandaleux. Ainsi, depuis 1900, le rendement des actions est de 6 % aux Etats-Unis, de 3,2 % en France, de 2,8 % en Allemagne et de 3,8 % au Japon. A l'échelle mondiale, le taux est de 5,2 %. 70 % de la rémunération des actions est lié au versement des dividendes. De ce fait condamner les dividendes, c'est refuser la prise de risque de l'actionnaire, c'est remettre en cause l'essence même de l'économie de marché. Cette étude prouve que grâce aux dividendes, le placement actions reste le meilleur ce qui est logique compte tenu de son caractère risqué. La rémunération est la contrepartie de la prise de risques de l'investisseur, prise de risques qui est inférieure en cas d'acquisition d'obligations ou de titres monétaires.
En intégrant les dividendes, les actions reprennent un avantage certain mais pas scandaleux. Ainsi, depuis 1900, le rendement des actions est de 6 % aux Etats-Unis, de 3,2 % en France, de 2,8 % en Allemagne et de 3,8 % au Japon. A l'échelle mondiale, le taux est de 5,2 %. 70 % de la rémunération des actions est lié au versement des dividendes. De ce fait condamner les dividendes, c'est refuser la prise de risque de l'actionnaire, c'est remettre en cause l'essence même de l'économie de marché. Cette étude prouve que grâce aux dividendes, le placement actions reste le meilleur ce qui est logique compte tenu de son caractère risqué. La rémunération est la contrepartie de la prise de risques de l'investisseur, prise de risques qui est inférieure en cas d'acquisition d'obligations ou de titres monétaires.
dimanche 15 mars 2009
Sondage 2009 : interview sur Europe 1
Philippe Crevel a été interrogé par Fabien Cazaeux sur les retraites en France. Il a été souligné le haut degré d'inquiétude en matière de retraite et le début d'évolution des Français sur la question du maintien de la retraite à 60 ans.
Retrouver cette interview sur Europe 1.fr
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