vendredi 17 juin 2011

Nous sommes tous des Grecs



Avec un recul du PIB de 5,5 % au premier trimestre 2011 et un taux de chômage de 16 %, la Grèce est sous pression sociale, économique et financière. Dès la fin de l’année 2009, il était connu que la Grèce devait faire face à un calendrier impossible. Du fait d’une duration courte de ses emprunts, les échéances les plus importantes étaient programmées en 2010, 2011 et 2012. L’année dernière, la Grèce a pu bénéficier d’un plan d’aide de 110 milliards d’euros. La mise en place d’un plan d’assainissement a permis de réduire le déficit public d’environ quatre points. Il devrait passer de 14,7 % en 2009 à 10,3 % en 2011. Cette réduction ne permet pas une stabilisation de la dette publique qui devrait s’élever à 157,7 % du PIB en fin d’année contre 142,8 % en 2à10. Elle pourrait atteindre 166 % en 2012. Par ailleurs, les taux grecs à deux restent supérieurs à 10 % et ont même atteint 27,55 % le 16 juin.

Face aux échéances de remboursement, un nouveau plan d’aide est indispensable ; il devra se situer autour de 100 à 120 milliards d’euros. Il faudra sans nul doute rééchelonner la dette grecque avec une garantie européenne.

L’idée d’une banqueroute grecque provoquerait une onde choc qui risquerait de faire exploser l’Europe, de nombreuses banques et l’euro par effet de contagion sur le Portugal, l’Espagne ou l’Irlande…

Pourquoi faut-il aider la Grèce ? En aidant ce pays, nous nous aidons nous-mêmes en évitant l’implosion de la sphère financière européenne. En outre, si la Grèce est dans une situation plus que délicate, elle le doit à une mauvaise gestion publique mais aussi à l’incapacité de l’Europe et de ses Etats membres à vérifier le respect des fameux critères de Maastricht et de prendre les mesures de sauvegarde nécessaires. En la matière, il y a eu défaillance dans les instruments de contrôle. Les Etats membres ne se sont pas également penchés sur la question clef du fonctionnement d’une zone monétaire. Aux Etats-Unis, la mobilité de la population et l’existence de fonds pour corriger les divergences économiques entre les différents Etats permettent d’atténuer les chocs économiques internes. Il en est de même au sein de l’Allemagne fédérale où les dispositifs de péréquation sont très importants entre les Länder. Or, rien de comparable n’existe au sein de la zone euro.

L’Allemagne a-t-elle intérêt à aider la Grèce ? Oui car il ne faut pas oublier que les pays de l’Union européenne sont les principaux acheteurs de produits « made in Germany ». La population allemande est vieillissante et diminue. Les parts de marchés ne sont pas en Allemagne mais au-delà des frontières. Les Grecs, les Espagnols, les Italiens voire les Français ont acheté des produits allemands se traduisant par une balance commerciale excédentaire. Ces achats effectués à crédit ont contribué à la croissance de l’économie allemande. L’impossibilité de jouer sur la valeur de la monnaie pour corriger les déséquilibres nécessite que d’autres instruments prennent le relais. Une dévaluation appauvrit le pays concerné et améliore la compétitivité de ses exportations. Le pouvoir d’achat extérieur est réduit et les capacités d’exportation augmentées. A défaut de pouvoir dévaluer, il faut bien que ceux qui profitent de l’avantage compétitif paie leur aumône.

La sortie de l’euro constituerait un terrible échec et une source de déstabilisation. Si la Grèce recourait à une telle solution, la banqueroute serait quasi automatique avec une longue période d’assainissement. Nul ne voudrait reprêter à ce pays durant des années. La forte dévaluation serait synonyme d’un appauvrissement. Le risque de contagion aux autres pays en situation de vulnérabilité serait fort. L’Allemagne et la France seraient perdantes en termes d’exportations d’autant plus que compte tenu des importations croissantes de matières premières et d’énergie, la dépréciation de la monnaie dégraderait la balance commerciale. Elle marquerait une rupture dans le processus de construction européenne déjà mis à mal depuis l’échec du référendum en France en 2005.

Face à la crise grecque, le temps est plutôt à l’égoïsme d’où l’impression persistante d’une Europe qui court après l’évènement. L’absence de volonté pour aller vers plus de fédéralisme au niveau économique et financier, vers une coordination plus forte des politiques économiques et budgétaires constitue un réel frein pour la résolution de la crise.








lundi 6 juin 2011

Lettre N°59 du Cercle des Epargnants


Au sommaire de la lettre N° 59 du Cercle des Epargnants du mois de juin :

- les comptes notionnels en Europe
- les retraités et la famille
- les flux de capitaux au service de la croissance

Lire la lettre






mardi 31 mai 2011

Tassement de la consommation des ménages en avril

En avril, les dépenses de consommation des ménages en biens se sont contractés de 1,8 % en volume. Elles avaient baissé de 1,0 %  au mois de  mars.

Cette baisse est imputable au fort recul des achats de biens durables, en particulier l’automobile du fait de la fin de l'impact de la prime à la casse  et par une baisse des dépenses en énergie en relation avec la situation climatique clémente et une progression des prix.

Les dépenses alimentaires ont en revanche progressé.
Les dépenses en biens durables ont diminué de –6,3 % au mois d'avril après  -1,2 % en mars.

Les achats d’automobiles ont reculé de –10,2 % après -2,1 % en mars.
Les achats en équipement du logement ont  également reculé en avril (-1,5 %, après -0,6 % en mars). En avril, les achats de textile-cuir baissent légèrement –0,5 %après -4,2 % en mars et après la hausse générée par les soldes  en février (+5,5 %).

Les dépenses de consommation en autres produits fabriqués sont en hausse en avril (+0,2 %) après déjà une hausse de 0,3 % en mars.

En avril, la consommation en produits alimentaires est en progression de 0,8 % après une baisse de  -0,7 % en mars.

La consommation en énergie se contractent  au mois d’avril (–3,2 %) après -0,7 % en mars. Les dépenses en produits pétroliers (gaz, carburants et fioul) reculent nettement (-3,4 % après -1,2 %). La baisse d’ensemble s’explique principalement par les conditions climatiques estivales du mois d' avril.

Cette baisse de la consommation pourrait peser sur la croissance si elle se poursuivait. Au premier trimestre, la croissance a été portée par la reconstitution des stocks.


vendredi 27 mai 2011

Immobilier, toujours plus haut !!!!!

L'INSEE vient de publier les dernières statistiques concernant les prix de l'immobilier en Ile de France. Selon cette enquête,  les prix des logements anciens s'est encore accru  au cours du  premier trimestre de cette année.

Ainsi,  les prix des logements anciens ont progressé de 3,7 % (chiffres provisoires CVS). Cette hausse est due principalement à celle des prix des appartements (4,5 %), les prix des maisons augmentant également mais de façon moins marquée (2,1 %).

A Paris, les prix des appartements augmentent de 5,6 %, dans les Yvelines de 4,1 % et dans  les Hauts-de-Seine de 4,0 % tandis que les prix des maisons augmentent fortement dans les Hauts-de-Seine (6,6 %) et le Val-de-Marne (3,2 %).

Sur un an, les prix en Ile de France  progressent de 13,6 %. Cette hausse est de plus de 20 % pour Paris.

Par rapport à l’an 2000, au premier trimestre 2011, la hausse des prix en Île-de-France s’établit à 153 % pour les appartements et à 93 % pour les maisons.

Les avis divergent sur l'évolution à court et moyen terme.

Le niveau actuel des prix empêche de nombreux primo-accédants d'acquérir un bien immobilier. Le marché est porté par le transfert d'actifs en provenance soit de placements financiers (baisse de la collecte de l'assurance-vie), soit par la cession d'autres biens (biens professionnels, vente de logements).

Le retournement du marché pourrait être provoqué par une élévation rapide des taux d'intérêt or du fait de la fragilité de la reprise, la Banque Centrale Européenne entend contrer l'éventuel retour de l'inflation par une remontée lente et prudente des taux.

L'autre facteur qui pourrait occasionner une stabilisation des prix est la diminution de la solvabilité des acheteurs. Il faudra suivre dans les prochains mois les délais de vente qui pour le moment demeurent faibles à Paris.

A la différence de l'Espagne ou de Londres, le marché parisien n'était pas considéré comme surévalué avant la crise. La chute des places financières n'a fait que renforcer son potentiel de croissance.

La hausse rapide constatée depuis deux ans n'est pas sans risque surtout pour les acheteurs qui envisagent de réalise rapidement des plus-values. L'immobilier comme la bourse peut enregistrer de fortes variations. Il en fut ainsi en 1993 avec une chute d'environ 50 % pour le marché parisien.

consulter la note de l'INSEE

lundi 16 mai 2011

L'économie japonaise après le tremblement de terre

Philippe Crevel a été interviewé par le Parisien sur les conséquences économiques du Tsunami pour le Japon et pour l'ensemble de l'économie mondiale.

Lire l'article

Hausse des Prix, quelles conséquences ?

Avec le renchérissement des prix du pétrole, de l’alimentation ou de l’habillement, l’inflation a continué son processus de hausse avec plus 0,3 % au mois d'avril soit 2,1 % sur un an. Au mois de mars, la hausse avait été de 0,8 %.

Cette accélération des prix réduit le pouvoir d'achat des Français.

« C’est inquiétant pour le pouvoir d’achat parce que même si les prix du pétrole baissent depuis début mai, les prix des autres produits de consommation courante vont continuer à augmenter », a commenté Mathilde Lemoine (HSBC).

Pour avril, l’Insee souligne également que l’inflation s'explique par l’augmentation des prix des produits manufacturés, liée notamment à la fin progressive des soldes d’hiver, et par de « fortes » hausses de prix des produits énergétiques et alimentaires.

Les prix des produits manufacturés ont progressé de 0,6 % (+0,2 % sur un an) le mois dernier avec une nette hausse pour l’habillement et les chaussures (+3,2 % ; +1,1 % sur un an) due à la fin des soldes. L’Insee relève aussi la hausse du prix des automobiles neuves (+1,0 % ; +3,0 % sur un an) avec la fin d’un certain nombre de promotions.

Toujours selon l’Insee, les prix de l’alimentation ont augmenté le mois dernier de 0,2 % (+0,6 % sur un an).

Les ménages ont jusqu'à maintenant maintenu leur niveau de consommation en réduisant leur effort d'épargne qui est redescendu en-dessous de 16 %, niveau historiquement haut.

L'inflation reste à un niveau contenu du fait des excédents pesant l'offre (main d'oeuvre et produits industriels) et du fait de l'absence de revalorisation salariale (pas de spirale inflationniste).

Le relèvement progressif des taux de la Banque Central Européenne (1,25 % actuellement et qui pourrait atteindre 2 % d'ici la fin de l'année) devrait freiner les menaces d'emballement. Si l'inflation restait dans la fourchette des 2 à 3 %, il n'y aurait peu de conséquence sur un plan macro-économique. Après un premier trimestre assez porteur, les économistes attendent un léger ralentissement à partir du second semestre du fait de l'impact des plans d'assainissement budgétaire et du relèvement des taux d'intérêt.

Le taux d'épargne devait s'abaisser en France autour de 15,6 % du revenu disponible brut d'ici la fin de l'année permettant de maintenir le pouvoir d'achat qui sera également amélioré par la diminution du chômage.

Pression fiscale en hausse au sein de l'OCDE

La charge fiscale et sociale applicable aux revenus salariaux a augmenté en 2010 au sein de l'OCDE. C'est en particulier le cas en France, en Italie ou en Belgique. Le coin fiscal pour un couple marié avec deux enfants et un salaire moyen s'élève en France à 42,1 % en France, 39,6 % en Belgique et à 37,2 % en Italie. Pour un célibataire sans enfant, le coin fiscal atteint en France 55,4 %. La moyenne pour les pays de l'OCDE est à 24,6 %. Ce taux est le plus faible en Nouvelle Zélande, au Chili, en Suisse ou au Luxembourg.

Lire le communiqué de l'OCDE

mardi 10 mai 2011

Erreurs économiques, nul n'était parfait le 10 mai 1981

Le 10 mai 1981, la France a choisi l’alternance et la mise en œuvre des 110 propositions. Aujourd’hui, il est de bon ton d’encenser cette période or la nostalgie ne doit pas masquer de nombreuses erreurs économiques furent commises et que nous en payons encore le prix fort.

Si dès 1982 et surtout en 1983, le retour au réalisme économique s’imposé, il n’en demeure pas moins que la France reste profondément marquée par les décisions prises dans la foulée de l’arrivée de François Mitterrand.

Ainsi, la décision de jouer sur les dépenses publiques en les augmentant de 25 % et en embauchant un grand nombre de fonctionnaires se fait encore sentir aujourd’hui. Si la dette publique ne dépassait pas 25 % du PIB en 1980, elle n’a pas cessé de progresser pour atteindre aujourd’hui 85 %. Si de 1974 à 1980, le déficit budgétaire restait contenu entre 1 % et 2 %, il flirte en moyenne autour de 3 % voire plus comme en 1993 ou comme depuis 2009.

Les dépenses de fonctionnement ont été privilégié au détriment de l’investissement qui est aujourd’hui réalisé par les collectivités territoriales qui sont, elles mêmes, de plus en plus confrontés à des problèmes financiers.

Le taux des dépenses publiques a progressé et atteint 56 % du PIB, celui des prélèvements obligatoires est passé de 41 à 43 % voire 44 % certaines années. Le plan de relance a été, en outre, réalisé trop tard au moment où la reprise se manifestait et où la priorité était la lutte contre l’inflation.

La France a perdu deux à trois ans avant de s’engager dans une politique de désindexation et désinflation.

François Mitterrand s’était fait élire en répétant que la France ne compterait pas deux millions de chômeurs. Dès la fin de l’année 1982, ce seuil était franchi. Malgré la multiplication des emplois aidés, des stages publics et autres TUC, la France est depuis trente ans malade de son chômage et en particulier du chômage de ses jeunes. Le recours systématique à des solutions publiques ou parapubliques est une cautère coûteuse, inutile qui n’a que favorisé que l’esprit de résignation.

Autre réforme symbolique, le passage de la retraite à 60 ans. Certes, au moment de son adoption, cette mesure ne coûtait pas très chère du fait que les générations partant à la retraite comportait un nombre réduit d’individus. Par ailleurs, la patronat n’était guère hostile car cela permettait de diminuer les effectifs sans recourir à de coûteux plans de licenciement. Néanmoins, tout le monde savait que cette mesure était un contresens compte tenu de l’évolution démographique. Tous les autres Etats ont dix ou quinze ans avant la France porté l’âge de départ à la retraite à 65 ans et voire plus. Le taux d’emploi des seniors compte parmi les plus faibles d’Europe.

Le passage à 39 heures puis à 35 heures (promesse qui figurait parmi les 110 propositions de 1981) pouvait se justifier au nom de gains de productivité. Or, c’est l’inverse, le passage obligatoire à 39 puis à 35 heures a conduit les entreprises à accroître la productivité horaire avec comme conséquences plus de stress, moins d’augmentation salariale et moins d’emploi.
Les nationalisations auraient selon ses avocats sauvé de nombreuses entreprises condamnées du fait du manque de mobilisation de leurs actionnaires. L’Etat a été dans les faits incapables de jouer son rôle d’actionnaire du fait de l’ampleur de ses déficits puis du fait des règles européennes. La stratégie de nombreuses publiques a été gelé ce qui les a fragilisées. Certains comme Saint Gobain, BNP Paribas, ont réussi à devenir des leaders mondiaux, d’autres ont disparu comme Pechiney ou Arcelor/Sarcelor ou Bull. L’Etat s’est concentré sur des grandes entreprises au lieu de se préoccuper de la revivification du tissu économique et des PME.

Contrairement à une idée reçue, les socialistes ont été les grands artisans de la financiarisation de l’économie avec l’ouverture des marchés financiers à partir de 1985 et la création de nouveaux instruments financiers. Pierre Bérégovoy a été à l’origine de la mutation, en France, de la sphère financière. Cette mutation a été réalisée en partie pour faciliter le financement de l’Etat et des entreprises publiques.

François Mitterrand a été tout à la fois tenté par le protectionnisme avec en 1983 ses atermoiements sur une éventuelle sortie du Franc du SME, voire de la France de la CEE ou en 1992 avec la volonté d’empêcher les produits japonais d’être importés mais aussi par le libre échange en optant pour le marché unique que lui a vendu Jacques Delors et la monnaie unique.

François Mitterrand, c’est le carnet des changes qui visait à limiter le montant des devises que chaque Français pouvait dépenses durant ses voyages hors de France, c’est le contrôle des changes et le blocage des prix. Il fut un des derniers artisans de l’économie administrée en occident. Mais, il fut celui qui reprit le travail de libéralisation de Raymond Barre à partir de 1985, mouvement amplifié par la cohabitation de 1986. Bizarrement, la dernière grande période libérale s’est concentrée entre la fin de son premier septennat et le début du second, de la mutation des marchés financiers à l’application de la règle du ni privatisation/ni nationalisation qui dans les faits a été contournée.

François Mitterrand lança certes Eureka pour contrebalancer la guerre des étoiles de Ronald Reagan mais il ne favorisa pas l’émergence d’une recherche dynamique et indépendante. Il a fallu attendre 2007 pour obtenir l’autonomie des universités et leur regroupement en pôles structurés.

Sur l’Europe, il fut le défenseur d’une Europe des années 60, celle de la réconciliation mais il fut incapable de créer l’Europe du 21ème siècle en favorisant l’émergence de sociétés réellement européennes, d’une recherche européenne, d’un pouvoir fédéral fort. Il ne comprit pas les bouleversements économiques liées à la chute du Mur de Berlin et le changement radical qui s’est opéré avec Deng Xiaoping à partir de 1978.

jeudi 5 mai 2011

Epargne des Français : quoi de neuf

L'épargne des ménages français se décomposent de la manière suivante :

1446 milliards d'euros dans l'assurance-vie et les produits associés (PERP...)
517 milliards d'euros dans les actions non cotées
497 milliards d'euros dans les valeurs mobilières
744 milliards d'euros dans l'épargne réglementée (Livret A, PEL, CEL....)
368 milliards d'euros dans les dépôts à vue et les comptes à terme
Depuis quelques mois, l'épargne des ménages est en proie à quelques inflexions.

Ainsi, au mois de mars 2011, la collecte de l'assurance-vie est en baisse pour le quatrième mois consécutif. Au mois de mars, le recul a été de 45 %. Sur les trois premiers mois de l'année, la chut est de 13 %.

Cette diminution est liée en partie à un effet base. Le premier trimestre 2010 avait été marqué par un fort rebond.

Trois autres facteurs expliquent le recul.

Les incertitudes fiscales ont joué un rôle durant le premier trimestre en poussant les épargnants à l'attentisùe

Le fort engouement en faveur de l'immobilier a conduit les épargnants à reporter une partie de leur épargne vers ce placement

La baisse du taux d'épargne certes légère en relation avec la reprise de l'inflation peut expliquer également cette évolution d'autant plus que l'écart de taux entre les fonds euros des contrats d'assurance-vie et les Livrets réglementés est faible.

Un autre facteur peut également citer. Les réglementations prudentielles en cours d'élaboration incitent les banques à accroître les comptes sur livrets qui rentrent au bilan sous forme de liquidités par rapport à l'assurance-vie qui augmente leur besoin en fonds propres.

L'assurance-vie est certainement arrivée à maturité. Son encours est passé de 450 à 1330 milliards d'euros de fin 2001 à mars 2011. La progression des dernières années était imputable au déplacement de l'épargne des Plans d'épargne Logement. Le fort taux des fonds euros avait également contribué des ménages à modifier leur allocation d'actifs en diminuant la poche actions sur comptes titres.

L'assurance-vie est aujourd'hui alimentée pour les contrats les plus importants par la cession des activités professionnelles (5000 000 dirigeants d'entreprise vont prendre leur retraite d'ici 10 ans). En revanche, avec l'érosion du pouvoir d'achat et temps que l'immobilier sera en tête de gondole des placements, les cotisations ne pourront pas connaitre une croissance à deux chiffres.

lundi 2 mai 2011

Lettre du Cercle des Epargnants N° 58 - Mai 2011

Au sommaire de la lettre du mois de mai :
- Un monde sans mémoire
- l'emploi des seniors et des juniors : même combat
- le taux d'épargne aux Etats-Unis et en France - les retraités français, des bienheureux ?
 

 





Au sommaire de la lettre du mois de mai :
- Un monde sans mémoire
- l'emploi des seniors et des juniors : même combat
- le taux d'épargne aux Etats-Unis et en France - les retraités français, des bienheureux ?

Lire la lettre

mercredi 20 avril 2011

De la dette à la prime obligatoire

Pour les Keynésiens, l’endettement n’est pas en soi condamnable. Le transfert de charges sur les prochaines générations se justifie par le fait qu’elles profiteront soit des investissements réalisés, soit de la croissance générée par le recours à l’emprunt.

L’endettement qu’il finance des dépenses de consommation ou des dépenses d’équipement peut donc être favorable tant à ceux qui en profitent aujourd’hui qu’à ceux qui demain devront le rembourser. L’endettement déplacerait la courbe de création de richesses vers le haut.

Ce côté vertueux de la dette suppose qu’elle soit bien génératrice de croissance et que le surcroit de richesses permette son remboursement sans obérer la croissance à venir.

Il ne fait pas de doute que la croissance de ces dernières années a été achetée à crédit sans pour autant qu’elle aboutisse à générer un équilibre tant sur le plan de l’offre (chômage), sur le plan de la croissance que sur celui des finances publiques. Certes, contrairement aux idées reçues, le niveau de vie a progressé dans les pays occidentaux. Le rythme varie de 1 à 2 % par an, inférieur à celui des Trente Glorieuses mais supérieur à celui de longue période. La croissance achetée à crédit aurait pour certains accru les inégalités. C’est faux en grande partie, le niveau moyen des revenus et de patrimoine a augmenté sur vingt ans. En revanche, aux deux extrémités, les personnes à faibles revenus éprouvent les pires difficultés à s’extraire de leur situation quand les 0,1 % les plus riches ont accaparé une part plus élevée de richesses.

Il est indéniable que l’efficacité marginale de l’emprunt public tend à baisser et que son coût réel pour la société augmente. Cette baisse du rendement marginal de l’emprunt explique les hésitations des investisseurs à fermer les yeux devant l’envolée des dettes publiques que ce soit en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Irlande ou aux Etats-Unis.

Les Etats ont de plus en plus de mal à mobiliser de nouvelles ressources pour rembourser leurs emprunts d’autant plus que le recours à l’impôt freine la croissance. Sommes-nous au début d’une ère de banqueroute des Etats comme Jacques Attali le pressent avec à la clef un risque de réapparition du protectionnisme et de nationalisme ou sommes-nous au début d’une ère de coopération mondiale afin de mettre la gouvernance en phase avec l’économie mondialisée ?

Du fait du vieillissement et de la montée en puissance sans précédent des Etats providence, les passifs sociaux des Etats au sens large du terme ont atteint des niveaux difficilement compatibles avec une croissance de 1 à 2 % par an. Les tenants de la décroissance devraient également souligner que l’application de leur thèse suppose une décrue des politiques sociales et des politiques publiques qui n’ont pas cessé de progresser depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Les niveaux de dépenses publiques différents d’un pays à un autre au sein de l’OCDE ne sauraient masquer que dans les faits les situations sont quasi-identiques. Ainsi, aux Etats-Unis, les dépenses retraite et maladie ne sont pas comptabilisées dans les dépenses publiques car financées soit par les ménages, soit par les fonds de pension ou par des compagnies d’assurance. En Allemagne, les régimes professionnels de retraite sont assimilés à des régimes privés et ne sont donc pas comptabilisés comme dépenses publiques à la différence des régimes complémentaires en France.

En réintégrant toutes les dépenses, l’ensemble des pays se situe à un niveau de dépenses publiques et sociales qui avoisinent les 50 % de la richesse produite. D’ici 2050, compte tenu de la progression des dépenses retraite, maladie et dépendance, il faut trouver en moyenne entre 4 à 7 % du PIB. Pour cela, il faut soit jouer sur la croissance, c'est-à-dire l’association du capital, du travail et des gains de productivité ou opter pour une autre allocation des dépenses.

Les solutions keynésiennes de jouer sur la dépense publique pour relancer l’économie semble dans leur forme actuelle être usées car elles nourrissent plus le déficit que la croissance. L’espoir d’une coopération internationale ou au niveau de chaque grand marché (Europe, Alena, Asie..) apparaît aujourd’hui ténu.

La nécessité de favoriser une croissance productive suppose tout à la fois la reconnaissance du capital composé par l’accumulation de l’épargne comme un des facteurs clef de la croissance. Le débat sur la répartition des bénéfices démontre que l’opposition entre travail et capital demeure vivace. Pourtant, différents rapports ont démontre que la répartition a faiblement évolué ces 20 dernières années mais le ressenti est tout autre. De même, en matière de taxation, il est admis que le capital est mieux traité que le travail. Il faut souligner que le capital dans sa phase de constitution est issu des revenus du travail et a déjà subi en tant que tel des prélèvements. Par ailleurs, mises à part les niches fiscales, il n’est pas évident que le capital soit mieux traité. Il n’y a pas de chiffres qui le prouvent comme l’a démontré le récent rapport de la Cour des Comptes sur la compétitivité fiscale entre la France et l’Allemagne.

L’épargne longue investie en actions n’a pas la cote au moment même où la nécessité de favoriser l’appareil productif est répétée. Les nouvelles normes prudentielles applicables aux assureurs et aux banquiers auront un effet négatif tout comme la volonté des pouvoirs publics de favoriser la consommation par tous les moyens au nom d’un réamorçage de la croissance. D’un côté, l’épargne doit financer les pouvoirs publics soit directement par souscription de titres publiques, soit par l’impôt ; de l’autre les entreprises sont appelées à se substituer à l’Etat en accordant des allocations sous la forme de primes plus ou moins obligatoires…

lundi 11 avril 2011

Immigration, pas de problème, bien au contraire

La France est un pays d'immigration. Cette réalité est liée à l'histoire de sa démographie et à sa position géographique. La France a été l'un des premiers pays industriels à entamer le processus de transition démographique au XIXème siècle.

La baisse de fécondité a accompagné voire précédé la baisse de la mortalité. La France, pays rural, avec l'instauration du code civil et la fin du droit d’aînesse a incité les familles à réduire le nombre de leurs enfants. Les guerres révolutionnaires et du Premier Empire ont certainement accéléré le processus de déclin démographique tant sur un point concret (mortalité) que psychologique.

Il faut souligner que les armées napoléoniennes étaient composées de militaires provenant de différents pays et cette tradition a survécu avec La Légion Etrangère.

Le processus de dénatalité a été marqué entre les deux guerres mondiales. La saignée de la première guerre a privé la France de millions de jeunes actifs. Pour reconstruire et faire fonctionner l'économie, la France a accueilli de nombreux travailleurs immigrés d'origine polonaise puis italienne. A la fin de la seconde guerre mondiale, il en fut de même avec les travailleurs espagnols, portugais puis issus du Maghreb ainsi que d'Afrique noire.

A la fin du 19ème comme au début du 20ème siècles, l'intégration n'était pas aisée. De nombreuses violences étaient à déplorer.

Aujourd'hui, contrairement aux idées reçues, le nombre d'immigrés rapporté à la population est inférieur en France à celui constaté en Suisse, en Allemagne ou au Royaume-Uni.

Toutes les études économiques prouvent qu'il y a un lien entre croissance économique et croissance de la population active. le Japon qui connait un réel déclin démographique en est la meilleure preuve avec une croissance qui tourne autour de 0,7 point depuis 20 ans et une dette de plus de 200 % du PIB.

Le Japon se s'en sort (au-delà des problèmes actuels) par un fort taux d'épargne et par d'importants gains de productivité.

Notre population active atteindra dans les prochaines années son maximum avant de reculer s'il n'y a pas d'apport extérieur à partir de 2035.

Déjà, aujourd'hui, de nombreuses offres d'emploi restent sans réponse en particulier dans le secteur de la restauration et du bâtiment. Or, la France vit de plus en plus du tourisme, de la restauration et des hôtels. Le BTP constitue un des secteurs clef de la croissance dans plusieurs régions (Sud, Corse mais aussi Région parisienne).

Tous les pays qui ont opté pour le repli sur soi, pour le rejet de l'autre ont connu le déclin à travers l'histoire, de Rome à la Chine en passant par le Japon.

Les pays occidentaux ont depuis les années 90 pris l'option de réduire l'immigration en durcissant les lois et établissant des murs (Etats-Unis avec le Mexique, Israël avec la Palestine). Les murs ne portent jamais chances car le Cheval de Troie l'emporte toujours.

La formule de Michel Rocard "la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde" est devenue le leitmotiv de la politique des différents gouvernements.

Qu'il y ait une volonté d'encadrer, de favoriser le développement des pays du Maghreb ou d'Afrique, c'est souhaitable. Mais, il serait suicidaire de fermer les frontières, de détourner tous les flux migratoires (au cas où cela serait possible).

La question est autre. Certains considèrent que les immigrés illégaux voire légaux coûtent chers. Au-delà du caractère pas très sympathique du calcul, l'apport économique (valeur ajoutée, consommation, cotisations, impôts) est supérieur aux allocations. Si déficit public, il y a, il est en relation avec le nombre et le montant des allocations et non à leurs bénéficiaires. Penser que sans immigrés, l'équilibre des finances publiques serait assuré est une pure ineptie . Bien au contraire, la contraction de la population active rendrait encore plus difficile le comblement des déficits et le remboursement de la dette.

vendredi 8 avril 2011

Gaz de schiste, victime du principe de précaution ?

Après les OGM, la France serait sur le point d’interdire l’exploitation des gaz de schiste.

Le principe de précaution et notre refus du progrès n’ont pas fini de faire de ravages. La France ressemble de plus en plus à la Chine du XVème siècle qui se referma sur elle-même et perdit progressivement son rang de grande puissance. Il a fallu attendre Deng Xiaoping en 1978 pour mettre un terme à ce processus de déclin à travers l’ouverture de Chine au capitalisme.

Le gaz de schiste constitue un des moyens pour assurer l’indépendance énergétique de la France. Le schiste est une roche qui peut contenir du gaz naturel, méthane et propane. Grâce à l’amélioration des techniques, l’extraction de ce gaz non conventionnel a été rendu possible à des coûts non excessifs. Les progrès ont été réalisés en particulier dans le domaine des forages qui peuvent atteindre de 2000 à 3000.

Pour récupérer le gaz emprisonné dans la roche, il est injecté de l’eau et des produits chimiques sous haute pression. La polémique provient de l’utilisation des produits chimiques et de leur diffusion dans les sols et dans les nappes phréatiques. Il est indéniable que des mesures doivent être prises afin de limiter au maximum les risques pour l’environnement, pour assurer leur récupération et pour éviter leur diffusion.

Mais, il faut souligner qu’il n’ y a pas d’énergie propre. Même le solaire est générateur de pollution à travers la production des cellules photovoltaïques. Il en est de même avec la construction des éoliennes. Concernant l’énergie électrique, les batteries au lithium sont tout à la fois polluantes à fabriquer et difficile à recycler à la différence des vieilles batteries au plomb. L’exploitation du gaz de schiste n’est pas plus polluant que celle du pétrole ou du charbon. A moins de revenir à un monde sans énergie, il convient non pas d’interdire ce gaz mais de prendre les précautions nécessaires pour sa bonne exploitation. Le principe de précaution ne doit pas se muer en principe d’interdiction au nom du refus de toute prise de risque.

L’exploitation du gaz de schiste a déjà modifié la donne énergétique en permettant aux Etats-Unis de devenir le premier producteur mondial de gaz et d’être indépendants pour cette énergie voire bientôt exportateur. 17 443 milliards de mètre cube de gaz de schiste seraient accessibles aux Etats-Unis représentant 30 ans de consommation soit l’équivalent des réserves du Koweït.

La France dispose de plusieurs régions qui pourraient accueillir des gisements de gaz de schiste, la zone la plus intéressante se situerait entre Valence et Montpellier. D’autres zones sont situées dans le bassin parisien et dans le Nord.

L’interdiction des forages constituerait un non sens au moment où la question de l’indépendance énergétique se pose avec plus d’acuité et au moment où la question des cours de l’énergie est au cœur de l’actualité. D’un côté, les pouvoirs publics tentent de limiter les hausses de tarifs en ayant recours aux techniques dépassées du gel des prix ; de l’autre, ils empêchent l’exploitation de réserves nationales. Le malthusianisme n’apporte ni le pouvoir d’achat, ni la croissance, ni l’emploi.

mardi 29 mars 2011

Lettre N°57 du Cercle - Avril 2011 : spécial sondage

La lettre du Cercle des Epargnants du mois d'avril 2011 est consacrée au sondage 2011 sur l'épargne et la retraite.

Retrouver la lettre

mardi 22 mars 2011

Quand l’absence de pédagogie peut tourner en horreurs économiques

Depuis 2008, l’économie mondiale est mise sous tension. La crise boursière et financière s’est transformé en récession, la plus sévère que nous ayons connue depuis la grande crise de 1929.

Par des actions coordonnées des différents Etats, la crise a été jugulée en 2010 mais de nombreux déséquilibres persistent dont un excès d’offre de travail se traduisant par un taux de chômage élevé au sein des vieux pays industrialisés.

Le retour de la croissance, aussi ténue soit-elle, a conduit les gouvernements a considéré que le pire était derrière nous, oubliant pris par l’exigence du court terme, que les déséquilibres demeuraient.

Plus grave, pour expliquer la crise et nos déboires, le recours au bouc émissaire a permis d’occulter la profondeur des problèmes.

Ainsi, les Américains avec les subprimes ont été accusés d’avoir déclenché la crise ; les banquiers du monde ont été montrés du doigt car ils se sont enrichis sur le dos des classes moyennes et des revenus modestes. Ils ont eu de plus l’outrecuidance d’avoir bénéficié de prêts des Etats, c'est-à-dire de nos impôts pour les sauver d’un naufrage dont étaient responsables.

Egalement accusé, les pays émergents et la Chine qui en nous inondant de produits à bas coûts tueraient l’emploi. De plus, en osant se développer, ces pays favorisent la hausse des cours des matières premières et de l’énergie.

Enfin, après les Américains, les Chinois, la faute de nos malheurs économiques, sociaux, psychologiques proviendraient de l’arrivée d’immigrés en grand nombre qui seraient responsables de voler nos emplois, nos allocations et nos maisons.

Les relents des années trente hantent les vieux pays européens et aussi un peu les Etats-Unis. Les tentations protectionnistes refont surface.

Les leçons de l’après Seconde Guerre Mondiale semblent oublier par les citoyens et par ceux censés les orienter.

Depuis deux ans, il y a un véritable déficit pédagogique permettant aux contre-vérités de s’imposer et aux fantasmes de prospérer.

Si en 2007, l’économie mondiale a failli imploser, c’est en raison d’une surchauffe liée à un achat à crédit de la croissance. Les Etats-Unis en ayant recours à l’endettement privé et les pays européens avec le maintien de déficits publics, aidés en cela par une politique monétaire accommodante, ont tenté de masquer l’affaiblissement des gains de productivité. Par ailleurs, contrairement à une idée reçue, les importations des pays émergents ont contribué à la croissance occidentale, les consommateurs profitent de biens à prix inférieur.


Les tensions sur les prix des matières premières liées au décollage longtemps souhaité des pays dits émergents ont conduit les Banques centrales à durcir leur politique. Ce changement et des pratiques bancaires et financières peu transparentes ont mis le feu à des bulles spéculatives et ont eu raison de la croissance virtuelle.

Les plans d’aide au secteur bancaire décidés par tous les Etats n’avaient pas vocation à remplir les poches de banquiers indélicats mais bien à éviter l’arrêt net de l’économie. Les banques en 2009 refusaient de se prêter entre elles tant le niveau de défiance était élevé. Les grandes entreprises comme Renault n’arrivaient plus à obtenir de prêts à court terme pour payer leurs salariés. La crise de 2009 a cassé nette l’expansion car le carburant monétaire est venu à manquer très rapidement. A ce titre, le recul du commerce international a été fort et immédiat. Il était indispensable d’assurer la liquidité. Fallait-il être plus sévère avec les apprentis sorciers de la finance ? Peut-être. Fallait-il nationaliser ? Cela a été fait dans certains cas. Fallait-il revoir les modes de rémunération des traders et des dirigeants ? Peut-être et à ce titre, l’économiste Robert Reich, l’ancien secrétaire d’Etat à l’emploi de Bill Clinton le propose. Mais il y avait urgence en 2009. Ce que l’on peut vraiment regretter, c’est qu’une fois la crise passée, les réformes visant à mieux réguler, à mieux contrôler aient été lentes à se mettre en place et surtout qu’elles n’aient pas donné lieu à explication.

Face au chômage, certains en appellent au protectionnisme. Ce serait une erreur historique. Le libre échange construit depuis 1945 est le moteur de notre croissance. Contrairement aux idées reçues, la mondialisation n’est pas destructrice d’emplois. De nombreuses études, citées notamment pas Robert Reich dans son dernier ouvrage, « le jour d’après », le prouvent. Ce n’est pas parce qu’un pays produit moins cher que nous des produits que nous sommes voués à être rayés de la carte économique. Au nom de la thèse des avantages comparatifs, même un pays moins compétitif peut continuer à exporter. Surtout, la mondialisation est le catalyseur de la croissance. Ce ne sont pas les pays occidentaux, vieillissants et suréquipés qui peuvent alimenter la croissance. Les Trente Glorieuses d’après guerre n’ont rien eu d’exceptionnelles. La France, les pays d’Europe ont retrouvé, en 1970, leur niveau d’avant la première guerre mondiale en ce qui concerne leur poids dans les échanges commerciaux ; ils avaient en grande partie rattrapé leur retard sur les Etats-Unis et effacé les un demi-siècle de déclin et de guerres.

En refusant le protectionnisme, en adhérant à la mondialisation et non en la subissant, nous pouvons comme le prétendent avec intelligence Karine Berger et Valérie Rabault dans leur ouvrage « Les Trente Glorieuses sont devant nous » connaître à nouveau une croissance forte et durable.

Autre hérésie entendue au bistrot du commerce et ailleurs, « la France doit sortir de l’euro ». Est-ce que l’euro est trop fort ou trop faible. C’est l’éternelle question. A regarder le niveau des exportations allemandes, il faut croire que le sujet n’en est pas un d’autant plus que la France exporte majoritairement ses produits dans la zone euro. A défaut d’avoir l’euro, justement notre pays devrait faire face à des variations de sa monnaie au sein de sa zone d’échanges. Bien évidemment, les tenants de la dévaluation en seraient heureux en cas de dépréciation. Mais, il ne faut pas oublier qu’une dévaluation, c’est avant tout un appauvrissement qui peut être compensée que par un surcroit de croissance. Quand la France a eu recours aux dévaluations, il y avait bien souvent à la clef des plans de rigueur pour permettre d’améliorer la compétitivité. La dévaluation a pour conséquence le renchérissement des biens importés et, en premier lieu, des matières premières et de l’énergie. La dévaluation est une source d’inflation qu’il faut corriger en durcissant la politique monétaire.

La fin de l’euro serait pour les finances publiques un désastre compte tenu de l’impact sur les taux d’intérêt et de la dépréciation de la monnaie. Le risque de banqueroute ne serait pas négligeable.

L’euro serait aux dires de quelques économistes ne serait pas économiquement viable car la zone économique qu’il recouvre ne serait pas optimale. Du fait de la faible mobilité du facteur travail et de l’inexistence de mécanismes de solidarité entre les différentes régions, les ajustements ne peuvent être que brutaux et aboutir à la mise en œuvre de politiques anti-communautaires. Le chômage et l’envolée des taux d’intérêt sur les titres d’Etat comme en Grèce ou en Irlande en seraient la meilleure preuve tout comme les politiques de dumping fiscal adoptées par certains pays. Ces arguments sont en partie fondés mais ils doivent surtout inciter les Etats membres à créer des instruments de coopération et de gestion des crises évitant de tels comportements nuisibles pour l’ensemble des Etats membres. Si la zone n’est pas optimale, ce n’est pas une raison pour essayer de la rendre justement plus optimal sachant que le prix de sa disparition serait sans commune mesure avec celui d’une plus grande optimisation.

La crise n’est pas terminée ou du moins nous ne sommes pas sortis d’une période d’ajustements. En deux cents ans, la révolution économique n’en finit pas de transformer notre vie quotidienne. La circulation des hommes, des biens, des capitaux et des informations s’est accéléré tout comme la production des biens. Ce processus s’effectue avec une progression de la population mondiale inimaginable il y a un siècle. L’augmentation du nombre humains est créateur de richesses contrairement aux thèses de Malthus et d’autant plus que cette création repose de moins en moins sur des valeurs physiques mais sur de l’immatériel.

L’Europe face à ce monde en pleine évolution ne croit plus à l’expansion. Elle refuse l’histoire et même son passé ainsi que ses valeurs. Le débat sur l’immigration est symptomatique de l’état d’esprit de l’Europe et de la France en particulier. L’Europe est vieillissante. La population a commencé à diminuer dans plusieurs Etats ; Or, il y a un lien entre croissance et démographie. Elle est aussi sous-peuplé au regard de ses capacités agricoles et de l’espace. De ce fait, il faut accepter d’être une terre d’accueil au nom de nos propres intérêts.

Il est stupéfiant de vilipender une part de notre population au nom de préjugés que nous condamnons quand ils se manifestent à l’étranger. Après avoir fait appel à leurs parents et grands-parents pour reconstruire notre pays dévasté après la seconde guerre mondiale, nous considérons les enfants de deuxième ou de troisième générations nés français, vivant en France comme indignes de notre pays. En vertu du fait qu’une extrême minorité d’entre eux seraient mal intégrés, une partie de notre population serait jugée suspecte.

Il y a bien évidemment un problème des banlieues lié à un urbanisme inadapté, à la création de cités dortoirs séparés des lieux de travail. L’absence de tissu urbain avec des commerces, des artisans, des TPE et des PME expliquent que des quartiers entiers se transforment en zone de non-droits. La réhabilitation des HLM ne suffira pas. Il faut recréer des vraies villes avec des espaces de vie sociale et économique. L’ENA n’aurait pas du être décentralisée de Paris à Strasbourg (centre ville) mais en banlieue. Il ne serait pas illogique que des ministères soient installés au nom de la réduction des coûts fonciers à Saint Denis, à Evry ou à Sarcelles.

La non intégration sociale d’enfants de la deuxième et troisième générations n’est pas un fantasme. Il fallu attendre 2007 pour qu’un black présente le journal télévisé. Sinon combien d’enfants d’origine magrébine dans les directions des entreprises françaises ? Combien d’élus sont-ils noirs ou musulmans ? Tout comme la parité reste un combat permanent, celui de l’intégration des enfants et petits enfants d’immigrés reste un chantier. Si la question de la formation se pose, c’est que l’école a échoué. Il apparaît surprenant que dans des établissements fréquentés par des enfants d’origine modeste, un effort en termes de professeurs et de moyens ne soit pas accompli. Quand les structures familiales sont absentes ou défaillantes, quand la vie de quartier se résume à des tours délabrés, il faut bien que la puissance publique prenne le relais.

Les entreprises ont également de déceler les nouveaux talents. Dans les années 60, il n’était pas rare que face à la pénurie d’ingénieurs, les sociétés financent les cours du soir de leurs meilleurs employés afin qu’ils puissent passer des examens et progresser dans la hiérarchie. Il serait utile de reprendre ces pratiques en permettant à ceux qui n’ont pu accéder aux grandes écoles d’avoir une seconde chance.

La France ne réussit économiquement qu’avec une feuille de route tracée. Ce fut le cas sous la 4ème République qui échoua sur la question de la décolonisation mais qui fut un succès au niveau de la reconstruction grâce à l’appui notamment des américains. Ce fut le cas également au début de la 5ème République avec un mélange étonnant de libéralisme (Plan Rueff/Pinay) et de planification. Aujourd’hui, il n’y plus de ligne tracée au sol, plus d’horizon. Face à ce vide, la tentation communautariste et celle du repli sur soi deviennent les balises de la vie politique et sociale.


Les pouvoirs publics ne doivent pas abandonner le débat du sens. Il est étonnant que dans une société qui réclame de la transparence, la politique soit encore l’espace du mensonge, du faux-semblant.

lundi 14 mars 2011

Le blues des classes moyennes

Les classes moyennes sont au cœur de deux ouvrages, l’un est français, « le chagrin des classes moyennes » de Nicolas Bouzou, l’autre est américain « le jour d’après » de Robert Reich. L’un et l’autre soulignent que la fin des 30 glorieuses a été marqué par le retour des inégalités et par la concentration des richesses au profit d’une minorité.

Les deux auteurs indiquent que les classes moyennes n’ont plus confiance dans le système car elles sont attirés vers la bas et non projetés vers le haut comme dans les années 50 ou 60.

Robert Reich stigmatise la politique développée depuis Reagan qui a abouti à alléger la fiscalité des plus riches qui ne réinjectent pas suffisamment dans l’économie leur richesse. Il demande à une redistribution plus équitable afin de permettre une véritable relance de la consommation.

Il condamne la manque d’éthique du capitalisme américain ce qui génère une désillusion dans le système et des comportements anti-économiques.

Les situations américaine et françaises sont différentes. L’Etat providence est relativement faible aux Etats-Unis quand il n’a pas cessé de s’accroître en France. La montée des inégalités a été plus rapide outre-atlantique qu’en France. Il n’en demeure pas moins que le constat est identique. Le système économique n’est pas optimal. L’investissement public ou privé est en recul. La croissance des dernières années a été acheté à crédit. Robert Reich souligne bien que la crise des subprimes n’est que la conséquence de déséquilibres plus profonds et non leur cause.

Nicolas Bouzou insiste de son côté sur la faillite du modèle étatique centralisé français qui appauvrit et n’arrive pas à sortir de la chienlit une part croissante de la population.

Il faut noter que si le système fiscal français est jugé dégressif (thèse de Piketty et de Landais) il faut prendre en compte les allocations qui sont majoritairement touchées par les revenus modestes. Il est vrai qu’il y a une rupture au milieu de la population qui est soumis aux prélèvements sans bénéficier des allocations tout en ayant pas les revenus suffisants pour s’épanouir.

Comme l’indique Robert Reich, le sentiment de frustration a augmenté car la vie des classes supérieures s’expose sur es tabloïds et que l’écart de niveau de vie s’est accru. Surtout, l’idée que le travail ne permet pas de combler cet écart s’est largement diffusée.

Il est intéressant de noter qu’un consensus semble se dégager de part et d’autre de l’Atlantique ; Robert Reich citant les travaux de Piketty et de Landais. L’économie ne redémarrera pas sans une remise en cause de la répartition des richesses et sans une modification du comportement des acteurs économiques.

Quelles conclusion à en tirer ? Il faut absolument favoriser l’investissement productif et intellectuel et certainement, remettre en cause les situations de monopole qui génèrent des rentes de situations et donc des fortunes irrationnelles. A la différence du secteur pétrolier ou des Telecom dans les années 60 (ATT/ITT), ni autorités américaines, ni les autorités européennes ont eu le courage de casser le monopole de Microsoft (qui depuis s’érode mais qui a été réel durant 20 ans) ou celui des grands opérateurs de communication des années 2000. Le monde est dominé par des oligopoles qui sont en position de cartels. Il apparaît indispensable de casser les cartels qui se sont créés à l’échelle mondiale.

Au niveau de la concentration des richesses, le système fiscal doit encourager les placements productifs tournés vers l’investissements.

vendredi 4 mars 2011

Débat sur la fiscalité du patrimoine : chercher la cohérence

Le débat sur la fiscalité du patrimoine se transforme de plus en plus en concours Lépine. Comme à la Foire de Paris, certaines propositions peuvent apparaître raisonnables mais d'autres sont dangereuses et surtout en en contradiction avec d'autres mesures ou objectifs poursuivis par les pouvoirs publics.

Ainsi, il est répété qu'il faut taxer plus les revenus du patrimoine que le patrimoine en tant que tel. Sur le principe, pourquoi pas. Le fameux paysan de l’Île de Ré n'est pas devenu riche du seul fait que sa terre s'est appréciée sauf à en améliorer le rendement en utilisant plus de pesticides, d'engrais voire des OGM. Il peut donc être souhaitable d'imposer plus le fruit du capital que le capital en lui même sauf que contrairement à des idées reçues, les marges de manœuvre sont faibles. Il est possible de supprimer des niches et des abattements mais l'augmentation des taux d'imposition (plus-values, imposition du revenu, droits de mutation) est limitée. Evidemment au nom de ce principe, il n'est pas possible d'imposer la possession de la résidence principale sauf à prendre en compte un loyer virtuel.

L'alourdissement de l'assurance-vie est envisagé afin de compenser la suppression de la première tranche de l'iSF. Il a été proposé de relever le taux d'imposition à la sortie, d'instituer une taxation annuelle des plus-values ou d'imposer au 1er euro les rachats partiels. L'assurance-vie est victime de son succès. Devenue le second produit d'épargne après le Livret A, avec plus de 1300 milliards d'euros d'encours, elle attire par définition les regards. Elle bénéficie d'avantages fiscaux évalués entre 1 et 3,5 milliards d'euros ce qui fait un coût de dépense fiscale rapporté au montant de l'encours assez faible.

La fiscalité de l'assurance-vie, a été fortement banalisée avec la généralisation des prélèvements sociaux, avec l'instauration de plafonds et de règles pour les droits de succession. Si avant 1991, ce produit était une aubaine fiscale, aujourd'hui, il a perdu de sa superbe d'autant plus que le rendement des fonds euros est au plus bas. Les compagnies proposent des rendements de 3,5 % quand le Livret A net d'impôt propose du 2 %.

Par ailleurs, il faut mettre en parallèle l'objectif des pouvoirs publics de favoriser l’accession à la propriété et leur tentation de s'en prendre à l'assurance-vie.

L'augmentation des prix l'immobilier, plus de 10 % en 2010 et plus de 17 % pour Paris démontre que la pierre est redevenue une valeur refuge. En s'attaquant à l'assurance-vie, l'attractivité de l'immobilier comme placement ne fera que s'accroître. Il faut souligner, à ce titre, que les versements sur les contrats d'assurance-vie ont diminué de 11 % en un an du fait du faible rendement des fonds euros, de la morosité de la conjoncture boursière et aussi du fait des incertitudes fiscales. Or, l'assurance-vie, c'est de l'épargne longue, 64 % des encours ont plus de 8 ans, 47 % plus de 12 ans. Accroître la taxation de l'assurance-vie, c'est prendre un risque de report sur l'immobilier et favoriser l'amplification de la hausse actuelle. Les primo-accédants seront les premières victimes et en particulier les moins de 35 ans qui ne disposent pas de patrimoine financier.

L'alourdissement de la fiscalité de l'assurance-vie est également incohérente au regard des objectifs d'amélioration du financement de l'économie. L'épargne collectée par l'assurance-vie est placée en emprunts d'Etat français et étrangers (la dette publique), en obligations d'entreprises et en actions (unités de compte). 30 % de la dette publique française est financée par les assureurs ainsi que 43 % des obligations émises par les entreprises.

Le Président de la république a, en maintes reprises, répété qu'il fallait encourager les placements à long terme afin d'accroître les fonds propres des entreprises. Il avait, en 2010, indiqué qu'il fallait que l'épargne concourt à la réindustrialisation de la France. Il ne faudrait pas qu'aujourd'hui afin de résoudre cette histoire du bouclier fiscal qui concerne 16 000 personnes et coûtent 600 millions d'euros. Pour mémoire, l'assurance-vie 15 millions de détenteurs et concernent 30 millions de personnes (détenteurs et bénéficiaires).

L'équité et l'efficience doivent être les deux objectifs de la réforme de la fiscalité du patrimoine. La recherche d'une plus grande justice fiscale est indispensable surtout en période de crise mais l'impôt qui est un mal nécessaire doit être le moins destructeur possible de création de richesse, c'est à dire de croissance. Au nom de l'efficience, l'impôt doit tout à la fois inciter les contribuables à tirer le meilleur profit de leur patrimoine et non les conduire à le thésauriser (ne pas l'exploiter) ou le vendre (pour échapper à l'impôt). C'est pourquoi il est toujours préférable de recourir à des impôts à assiette large avec des taux faibles. Toujours au nom de l'efficience, les pouvoirs publics devraient encourager l'épargne longue destinée à l'investissement productif et non favoriser l'épargne courte. De même, il faut éviter d'alimenter la bulle spéculative immobilière en remettant en cause, en permanence, la fiscalité de l'épargne et en particulier de l'assurance-vie au nom du fait que ce produit a rencontré le succès.

jeudi 3 mars 2011

lundi 28 février 2011

Die Hard 5 : scénario pour Sarkozy et l'économie mondiale

Le scénario de « Die hard 5 » avec Bruce Willis serait en cours de réalisation. Nicolas Sarkozy pourrait en être le héros. A 14 mois de l’élection présidentielle, il se retrouve dans la situation de John Mac Clane qui ne dispose que d’un temps réduit pour régler un nombre incroyable de problèmes. Avec une popularité étale et faible, Nicolas Sarkozy devra tout à la fois éviter une implosion de sa majorité, favoriser l’émergence d’une croissance qui risque de souffrir de la hausse des prix des matières premières, réduire le chômage et les déficits, améliorer le pouvoir d’achat et surtout redonner le moral aux Français.

Sur le plan économique, la croissance française est toujours entravée par la faiblesse de l’investissement et par le maintien d’un fort taux de chômage. La réduction des déficits, indispensable, devrait, en 2011, peser sur l’activité. Il conviendrait donc de mieux orienter l’épargne vers des placements plus productifs ou vers la consommation.

Il faut encourager les Français à mobiliser leur épargne en faveur de l’économie réelle.

La consommation est censée rester le principal moteur de la croissance française sachant qu’elle est menacée par une résurgence de l’inflation. Le pouvoir d’achat des Français devrait progresser plus lentement en raison de la hausse des prix des matières premières (énergie et agricoles). La hausse des prélèvements obligatoires devraient également freiner la consommation.

Les premières études sur les comportements en matière d’épargne semblent indiquer que les Français seraient pour le statuquo ou pour puiser légèrement dans leurs actifs pour maintenir leur consommation mais des intentions à la pratique, il y a souvent un décalage.

L’INSEE, au mois de décembre, penchait pour le maintien à un niveau élevé du taux d’épargne et d’une progression modérée de la consommation (autour de 1,2 % en base annuelle sur le premier semestre). Sur l’année, les experts tablent sur une croissance de 1,4 % contre 1,6 % en 2010. Cette progression ne prend pas en compte les conséquences des derniers évènements. Il est fort probable que comme en 2008 les Français tentent de réduire leurs frais de transports.

Les menaces inflationnistes inquiètent la Banque Centrale Européenne mais aussi et surtout les autorités chinoises. Ces dernières veulent limiter l’augmentation des prix autour de 5 % et envisagent de freiner la croissance. Avec une croissance de plus de 10 %, le développement de goulets d’étranglements est inévitable générant des asymétries d’information et donc des bulles d’inflation. La Chine a besoin de structurer sa croissance pour éviter un emballement. De ce fait, le moteur chinois jouera un rôle plus faible dans la croissance de l’économie mondiale (tout en demeurant primordial).

La capacité de croissance des Etats anciennement industrialisés repose toujours sur leurs capacités à initier un nouveau bond technologique (énergie, santé, organisation…). Pour le moment, les gains de productivité demeurent étales et ne sont pas liés à un processus technologique de dernière génération. A quand le retour de Schumpeter…

jeudi 24 février 2011

Pouvoir d'achat : consommation et épargne : le dilemme

Dans la dernière étude de Viavoice pour les Echos, face à la recrudescence de l’inflation, les Français veulent maintenir ou augmenter leur effort d’épargne pour 47 % d’entre-eux. 34 % veulent moins épargner pour maintenir leur niveau de consommation et 17 % de ne plus ou pas épargner. Sur un an, les intentions d’épargne diminuent. Il sera intéressant de suivre le taux d’épargne qui jusqu’à maintenant reste à un niveau élevé,environ 16 % du revenu disponible brut. Il est possible qu’entre les intentions, le ressenti et les actes, des divergences apparaissent. La persistance du chômage, la remontée des taux et les augmentation des impôts pourraient contribuer au maintien du taux d’épargne.

Les résultats du Livret A au mois de janvier ne confirme pas les intentions de ce sondage.

Par ailleurs, 55 % des Français souhaitent maintenir leur niveau de consommation , 34 % pensent devoir se restreindre quand seuls 10 % des Français pensent consacrer plus d’argent à leur consommation. 56 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat va diminuer dans les 3 prochains mois.

mercredi 23 février 2011

Tribune de Philippe Crevel contre la TVA sociale

Dans la Tribune du 23 février 2011, un papier signé Philippe Crevel est publié au sujet de la TVA sociale "les mirages de la TVA sociale".

Lire l'article

mercredi 16 février 2011

La chronique de l'ISF

A chaque jour, son lot d'annonces et de contre-annonces. En ce mercredi 16 février 2011, le temps est à l'audace. Nicolas Sarkozy serait prêt à supprimer l'ISF au moment même où les élus de l'UMP qui ont peur pour leur avenir électoral réclame de la prudence en soulignant qu'une éventuelle suppression ne peut être faite qu'en début de législature.
La TVA sociale qui avait été enterrée refait surface dans une vision protectionniste. Le Président souhaiterait taxer les importations. Méline est de retour or ce sont les consommateurs qui sont toujours perdants quand on s'attaque aux importations. Ce n'est pas le Chinois qui paie la taxe mais le Français et le coût du travail dans un produit vendu en France représente entre 10 et 15 % pour des biens de consommation courante.

vendredi 11 février 2011

10 milliards d’euros de bénéfices, scandales ou contreperformances

L’annonce des résultats par Total de ses bénéfices annuels suscitent toujours les mêmes réactions. Le pétrolier est accusé de profiter de la hausse du prix du pétrole pour racketter les consommateurs. Le montant, plus de 10 milliards d’euros, est comparé au déficit de la Sécurité sociale ou au montant du SMIC.

Mais, bien évidemment, dans une société de l’émotionnel, il n’est pas surprenant qu’un tel montant donne le tournis. Pourtant 10 milliards d’euros de bénéfices pour un chiffre d’affaire de 159 milliards d’euros, cela n’a rien d’exceptionnel. Le ratio est de 6,2 loin des fameux 15 % que les vils fonds de pension sont prétendus accusés de demander aux sociétés dans lesquelles ils investissent.

Surtout que le montant des bénéfices donnera lieu à paiement à l’impôt sur les sociétés (peu en France il faut l’avouer car Total est déficitaire sur ces activités françaises et gagnent de l’argent à l’extérieur), Total rémunéra sous forme d’intéressement et participation ses salariés, réinvestira une partie pour moderniser ses installations et innover et in fine distribuera un dividende à ses actionnaires qui ne sont pas tous riches. En effet, tout épargnant qui dispose d’OPCVM (SICAV, FCP) a toutes les chances sans le savoir de détenir une petite partie de Total. Les Français ne sont pas des investisseurs directs en actions mais sont les champions du monde ou presque de la détention intermédiée.

Total, 3ème compagnie pétrolière européenne et recordman du bénéfice (du fait de sa taille) au sein du CAC 40, devrait être une source de fierté et non être mis année après année au banc des accusés.

mercredi 2 février 2011

La lettre 55 du Cercle des Epargnants

Au sommaire de la lettre d'information du Cercle du mois de février :

- la réforme de la fiscalité du patrimoine
- le retour de la retraite à 60 ans est-il possible ?
- les complémentaires, un enjeu social !

lire la lettre n°55

Les mirages de la TVA sociale

La TVA sociale comme solution à nos problèmes est devenue une des meilleures antiennes du débat public.

Or, si l’idée peut apparaître séduisante, elle repose sur de nombreux contre-vérités et contre-sens. Son application, en 2011, ne règlerait rien à nos problèmes et pourrait même être contreproductive.

La création de la TVA sociale devrait d’améliorer la compétitivité des entreprises et en particulier de l’emploi à travers la diminution des charges sociales.

En outre, la TVA sociale s’appliquerait sur l’ensemble des biens et services soumis à la TVA en France donc aussi aux produits importés ; en revanche, les produits exportés en seraient exonérés.

Par ailleurs, l’Allemagne n’a-t-elle pas prouvé l’efficacité de la hausse de la TVA compte tenu de l’ampleur de ses excédents commerciaux, de son faible taux de chômage et de son taux de croissance en 2010.

Or, la comparaison avec l’Allemagne est riche d’enseignements. Le taux de TVA avant la hausse était de 15 % quand, en France, il est de 19,6 %. Le relèvement du taux normal Outre-Rhin de 4 points a permis une légère baisse des charges sociales mas surtout une réduction de l’impôt sur les sociétés. La maîtrise des coûts est imputable à la rigueur salariale.

L’Allemagne n’est pas dans la même situation que la France. Le moteur traditionnel de sa croissance est l’exportation quand chez nous, c’est la consommation. La population allemande décroît quand la notre s’accroit. Il est donc crucial pour les Allemands d’exporter pour maintenir leur niveau de richesses.

L’augmentation de la TVA pénalise par nature la demande ce qui en Allemagne a moindre impact qu’en France. En outre, la hausse est intervenue en période de faible inflation. Aujourd’hui, le contexte a profondément changé. L’expérience britannique de relèvement de la TVA risque de mener ce pays à la stagflation.

En matière d’impôt, c’est toujours le consommateur final qui paie. Relever la TVA pour taxer les produits chinois, c’est dans les faits taxer le consommateur français. Il ne faut pas oublier que dans le prix d’un produit de consommation courante (habillement par exemple) le coût de fabrication intervient pour moins de 10 %. La majoration de la TVA frappera donc des prestations d’origine française. Compte tenu des écarts de salaire, le transfert de charges sociales sur la TVA ne changera qu’à la marge la compétitivité des produits français car l’ensemble de la chaine devra supporter la TVA. La majoration du taux de TVA ne fera qu’accroître le coût de remboursement pour l’Etat. En effet, les entreprises ne versent que la différence entre la TVA perçue sur le consommateur et la TVA acquittée dans le cadre de la production. L’augmentation du taux de TVA ne ferait qu’augmenter les remboursements de TVA ; le panier est ainsi en partie percé.

Certaines activités en particulier dans le secteur financier échappent à la TVA ce qui nécessiterait un système à deux vitesses où de jouer avec l’archaïque taxe sur les salaires qui n’est pas déductible et qui pénalise déjà le secteur français de l’assurance.

L’augmentation de la TVA pénaliserait donc le consommateur qui verrait son pouvoir d’achat amputé sauf à augmenter d’autant son salaire. Dans ce cas, le transfert ne serait qu’un jeu de bonneteau avec un risque d’enclenchement d’une spirale inflationniste.

En matière de TVA, il y a certainement des niches à traquer et certainement une réflexion à entamer sur l’écart important qui existe entre le taux réduit et le taux normal (pas facile à quelques mois d’élections nationales).

dimanche 30 janvier 2011

Pour un impôt général sur le capital

Le patrimoine des Français représente sept fois leur revenu disponible brut contre 4,3 fois en 1978.

La progression du patrimoine est imputable à l’accumulation d’épargne investie dans des actifs et dans leur appréciation. Le fait que la France soit en paix depuis 1945 ou 1962, la guerre d’Algérie si l’on retient le dernier conflit armé ayant duré plusieurs années et ayant mobilisé une part importante de nos forces armées, a facilité la progression de la valeur du patrimoine. Sur ces dernières années, à la différence des Trente Glorieuses et de la stagflation qui l’a suivie, le patrimoine a profité de la désinflation.

Ce sont les générations 55-65 ans qui sont les plus riches en France. C’est assez logique car ce sont celles qui ont tout à la fois profité de la croissance de l’après seconde guerre mondiale et, depuis 20 ans, de la valorisation du capital. Les générations qui les précèdent ont été handicapées par les guerres voire la crise de 29 (héritages plus faibles, biens détruits…). Celles qui les suivent n’ont pas suffisamment accumulé et ont été confrontées plus durement aux différentes crises (économiques et financières).

En matière de répartition de richesses, deux phénomènes contradictoires se superposent. Le premier aboutit à une répartition plus égalitaire entre les Français du patrimoine. Les 1 % les plus riches possèdent 13 % du patrimoine en 2004 contre 60 % en 1913 ou 30 % en 1945. Cette situation résulte tout à la fois à l’enrichissement des classes moyennes, à l’accession à la propriété d’un nombre croissant de Français (57 % des Français sont propriétaires et 75 % le sont au moment de la cessation de leur activité) ainsi qu’à l’impact des impôts et en premier des droits de succession.

Néanmoins, depuis une décennie, les 0,1 % des plus riches français ont tendance à accroître leur capital plus vite que la moyenne. Cette tendance est constatée dans tous les pays. La mondialisation économique s’accompagne d’une mondialisation des riches dont la valorisation du patrimoine obéit de moins en moins à des critères nationaux. Cette dénationalisation d’une partie des plus riches avait été annoncé par Robert Reich, ancien secrétaire d’Etat de Bill Clinton dans un livre « Economie Mondialisée » publié en 1993. Cette catégorie bénéficie de forte expansion de l’économie mondiale, des capacités démultipliées d’investissements et dispose des moyens pour s’affranchir aux mieux et légalement (dans certains cas illégalement) des contraintes fiscales. Cette super classe comprend les « manipulateurs de symbole » comme le souligne Robert Reich, les créateurs d’idées, d’innovations qui sont reprises par l’ensemble de la planète (Google, Apple) mais aussi ceux dont l’activité se situe dans le luxe ou dans les matières premières. La base (énergie, matières premières), le futile (le luxe) et les symboles (la communication) constituent les vecteurs de croissance de cette nouvelle catégorie de citoyens du monde.

Autre phénomène à prendre en compte concernant l’augmentation du patrimoine, c’est l’allongement de la durée de la vie. L’espérance de vie des Français atteint désormais 80 ans. A 60 ans, elle dépasse 22 ans. Tous les ans, nous gagnons de trois à quatre mois supplémentaires. Une telle situation a un double impact. Elle permet une accumulation plus longue d’épargne et favorise la constitution de patrimoine plus important ; deuxièmement, elle ralentit la mobilité du capital. Sauf en cas de donations, les enfants héritent de leurs parents de plus au moment où ils sont à la retraite ce qui ne favorise pas une réaffectation productive du patrimoine ainsi légué. En effet, hériter à 45 ou 50 ans ne conduit pas aux mêmes comportements qu’hériter à 65 ou 75 ans. Dans le premier cas, la tentation d’utiliser l’argent pour s’installer à son compte, pour créer une entreprise pour acheter une maison ou tout simplement pour consommer l’emporte sur la thésaurisation en vue de problèmes à venir (dépendance) ou liée à un comportement devenu plus prudent avec l’âge.

La refonte éventuelle de la fiscalité du patrimoine devrait prendre en compte ces évolutions. Un patrimoine est d’autant plus utile au pays qu’il est créateur de richesses. Taxer les revenus du patrimoine contribue à taxer une création de valeurs qui est positive. Un patrimoine rentable est toujours préférable à un patrimoine dormant.

Contrairement à quelques affirmations vite prononcées, les revenus du patrimoine ne sont pas exorbitants. La rentabilité moyenne du capital tourne actuellement, pour les ménages, autour de 3 %. De toute façon, sauf période exceptionnelle et bulles spéculatives, ce taux n’est jamais très éloigné du taux de croissance. Compte tenu de l’inflation et des impôts, les revenus du patrimoine ne sont pas des gisements fiscaux fantastiques et l’idée d’une taxation au même niveau que le travail n’a pas beaucoup de sens sachant que l’épargne ayant servi de base à ses revenus a déjà subi une taxation pour sa constitution.

Il conviendrait donc plutôt d’inciter les détenteurs d’actifs à les rentabiliser au mieux. De ce fait, l’idée de la suppression totale de l’ISF pourrait être contreproductive. Il faudrait au contraire assujettir tout le capital, biens professionnels et œuvre d’art compris, à un impôt mais dont le taux serait compatible avec le taux de rendement du capital. Il est certain que le taux de 1,8 % applicable à la tranche supérieure de l’ISF ne peut qu’inciter qu’à l’expatriation. Fixer un taux maximum autour de 0,3 à 0,5 % mais en supprimant toutes les niches fiscales serait certainement plus utile tant aux finances de l’Etat qu’à l’économie.

Par ailleurs, il convient non pas de revenir sur les mesures en faveur des donations mais les encourager pour favoriser la mobilité du capital. A ce titre, l’introduction réelle de la fiducie ou du trustee en France résoudrait un certain nombre de problèmes liés à la succession. La possibilité de transmettre en franchise fiscale des successions à des trusts, en particulier pour des PME, contribuerait à accroître la taille des PME françaises. Aujourd’hui, sauf à passer par des montages complexes, il est toujours difficile pour un chef d’entreprise à pérenniser son activité en la transférant à un trust qui offre aux héritiers d’un cadre juridique clair tout en pouvant les dégager des responsabilités de la gestion.

dimanche 23 janvier 2011

Progression des inégalités, pas simple que cela...

Selon une étude du Crédit suisse, 24,2 millions de personnes disposent pour au moins un milion de dollars d'actifs (immobilier, mobilier, oeuvres artistiques, revenus, rentes). Cela correspond à 0,5 % de la population mondiale. Ils contrôlent 692 milliards de dollars d'actifs soit un tiers du total. 41 % d'entre-eux vivent aux Etats-Unis , 10 % au Japon et 3 % en Chine. 47 % de ses millionnaires sont des entrepreneurs et moins d'un cinquième est un héritier.
Au sommet de la pyramide, 81 000 personnes possèdent plus de 50 millions de dollars d'actifs et 30 000, 100 millions. 2800 happy few ont 500 millions dollars d'actifs.

Sur ces vingt dernières années, un double processus s'est enclanché, un égalité croissante à l'échelle mondiale qui s'accompagne par la montée des inégalités au sein des pays. Ainsi, en retenant le coefficient de Gini, il est constaté qu'il est passé de 0,34 à 0,38 aux Etats-Unis du milieu des années 80 au milieu des années 2000 (égalité parfaite à 0, inégalité totale à 1), en Allemagne, il est passé sur la même période de 0,26 à 0,3. En Chine, il a progressé de 0,28 à 0,4. En revanche, au Brésil, il est passé de 0,59 à 0,55. A l'échelle mondiale, il est passé de 0,66 à 0,61% (source OCDE, World Bank).

vendredi 14 janvier 2011

La TVA sociale, l’ISF, la vache et l’illusion du bonheur dans le près

En fiscalité, les antiennes ont la vie dure. L’ISF et la TVA sociale sont de bons marronniers pour les journalistes et pour les homes politiques.

La TVA sociale est censée résoudre d’un coup de baguette magique le problème de la compétitivité française et de freiner les méchantes importations en provenance des pays émergents.

L’idée de diminuer le coût du travail en abaissant les charges sociales en augmentant la TVA peut apparaître séduisante. Il n’en demeure pas moins qu’il faut toujours payer la taxe et ce n’est pas en créant une taxe sur une vache que cette dernière se mettre à la payer comme l’indiquait un ancien ministre de l’économie.

L’augmentation de la TVA aboutira à faire payer le consommateur français or, notre croissance est tirée par la consommation à hauteur de 80 %. Certes, mais en contrepartie, les produits des pays à bas coûts contribueront aux recettes publiques. C’est faux car c’est bien le consommateur qui paie la taxe. Deuxièmement, l’écart de coûts est tel que l’abaissement de charges sociales/augmentation de la TVA ne changera rien à la donne. Avec la baisse des coûts, pouvons nous espérer que des usines se relocalisent en France. Il y en aura qui seront montrés en exemple mais la logique est bien que la France se spécialise dans des domaines où elle dispose d’avantages concurrentiels et non de faire la course avec la Chine, course qu’elle a par nature perdue. Certes, l’Allemagne et le Royaume-Uni augmentent leur TVA mais il faut souligner que ces deux pays avaient des taux de TVA inférieurs aux nôtres. En lieu et place de croire au mirage de la TVA sociale, il pourrait être étudié une réduction des niches en matière de TVA et un rapprochement du taux réduit et du taux normal.

La création de la TVA sociale viserait à répondre à l’Allemagne et au Royaume-Uni en s’engageant dans une jeu protectionniste qui ne dirait pas son nom. Ce serait joué contre les consommateurs en favorisant les producteurs. A terme, je ne suis pas convaincu que la France l’emporte.

Deuxième débat éternel, l’ISF. Cet impôt qui n’est qu’un impôt partiel sur la fortune car son assiette n’intègre pas les biens professionnels et les œuvres d’art est devenu un gruyère avec l’instauration de multiples dispositifs de déduction.

Taxer le capital n’est pas en soi choquant car cela doit inciter son heureux bénéficiaire a en améliorer le rendement à travers l’obtention de meilleurs revenus. Il faudrait donc non pas pénaliser la taxation des revenus du capital mais plutôt taxer l’ensemble du capital mais à un taux qui ne soit pas destructeur. Il peut apparaître logique que la résidence principale qui n’est pas une source de revenus soit exonérée du moins dans certaines limites. En taxant tout le capital, on ferait œuvre de pédagogie, les Français seraient obligés d’admettre qu’ils sont plus riches qu’ils ne le croient. En revanche, sur une assiette large, les taux devraient restés modérés entre 0,1 et 0,5 % et non atteindre 1,8 %. Il faut savoir que le rendement du patrimoine total des ménages français n’excèdent pas 1,2 % et que le rendement du patrimoine donnant lieu à revenus tourne autour de 2/3 %.

L’imagination fiscale ne doit pas de toute façon faire oublier que les prélèvements français sont quatre points au-dessus de la moyenne européenne et que les dépenses publiques absorbent 56 % de la richesse nationale. Il est plus facile de toucher à une niche fiscale, de relever un taux que de couper dans les dépenses surtout si elles ont une connotation sociale.

mardi 11 janvier 2011

Les impôts ont baissé en 2009 , il n'est pas sur que cela dure

la pression fiscale a, selon l'OCDE, atteint son point le plus depuis le début des années 90 en 2009. Cette pression fiscale est passée dans les pays de l'OCDE est passée de 35,4 % à 33,7 % du PIB de 2007 à 2009.

Dans 17 pays, la charge fiscale a baissé en 2009 quand elle a augmenté dans 7 pays. dans près de la moitié des pays membres de l'OCDE, la baisse est constante depuis 3 ans (Canada, France, Islande, Irlande, Nouvelle Zelande, Norvège, Royaume-Uni). Les recettes fiscales ont en revanche augmenté en Suisse, au Luxembourg et en Turquie.

Les baisses enregistrées n'ont pas modifié le classement des pays. Arrivent en tête, sans surprise, le Danemark, la Suède, la France, l'Autriche et la Belgique.

Les pays ayant le plus faible taux de charge fiscale sont : le Mexique, le Chili, la Turquie et les Etats-Unis (26,1 %).


Depuis les années soixante, il est constaté dans l'ensemble de la zone la montée en puissance des cotisations sociales. Elles sont passées de 18 à 25 % des recettes publiques de 1965 à 2008. Sur la même période, les impôts sur les bénéfices sont passés de 9 à 10 %.

La part des impôts sur le revenu des personnes physiques est restée globalement stable passant de 26 % en 1965 à 15 % en 2008.

La part des impôts sur la consommation est passée de 36 à 30 % mais avec, en contrepartie la montée en puissance de la TVA (sa part au sein des recettes publiques est passée de 12 à 20 %).

La part des impôts sur le patrimoine est passée de 9 à 8 % des recettes publiques de 1965 à 2008.

60 % des recettes publiques sont captées par les administrations centrales, 20 par les administrations sociales et 15 % par les collectivités territoriales.

En 2009, la part des administrations centrales a reculé au profit de la sécurité sociale et des administrations locales.

La baisse constatée depusi 2007 est la conséquence directe de la crise qui a diminué la base taxable et également des plans de relance qui comportaient des mesures d'allègements fiscaux.

Logiquement à compter de 2010 et surtout 2011 avec la reprise et les plans d'assainissment engagés par les différents Etats, la charge fiscale devrait augmenter. Il y a un risque que l'assainissement freine la croissance réduisant d'autant la base taxable.

Il n'en demeure pas moins que le temps est plus aux augmentations d'impôt qu'à leur diminution.

dimanche 9 janvier 2011

Immobilier et si demain les prix baissaient ?

Aux Etats-Unis, les prix de l'immobilier ont baissé de 30 à 40 %. Ils ont également fortement diminué en Espagne ou au Royaume-Uni. En France, après avoir stagné durant l'année 2009, la tendance a été à l'envolée surtout durant le premier semestre 2010. De ce fait, depuis le début de la décennie, le prix du mètre carré a été multiplié, en moyenne, par deux en France. Cette appréciation explique en grande partie le sentiment partagé par un nombre croissant de Français que leur pouvoir d'achat se contracte quand bien même il n'a pas cessé d'augmenter. Un Français consacre du quart au tiers de ses revenus au loyer ou à l'amortissement de son prêt immobilier. Du fait du poids croissant des dépenses de logement, le Français vit plus modestement que ce voisins. Ainsi, un salarié à rémunération égale paie en moyenne un loyer deux fois inférieur et pour un logement de meilleure qualité. En outre, le rendement de l'immobilier locatif est meilleur en Allemagne qu'en France (en revanche, les plus-values sont moindres).

L'appréciation de l'immobilier est alimentée par le développement de l'investissement locatif aidé. Deux tiers des investissements locatifs sont des opérations de défiscalisation qui ont conduit toute la châine du secteur immobilier à augmenter ses tarifs. Du foncier à la construction en passant par les différents intermédiaires ont majoré leur prix du fait qu'il y une pénurie face à la demande. Le secteur du bâtiment est aujourd'hui incaable de construire plus de 350 000 logements par an.

Le régime d'amortissement fiscal n'a pas incité à peser sur les prix bien au contraire. Plus le montant du bien est élevé, plus l'amortissement (dans les limites des plafonds autorisés) sera important.

Plus grave, cette frénésie pour le logement n'a en rien réduit a pénurie car de nombreux programmes ont été réalisés dans des villes ou dans des zones géographiques où il n'y avait pas de réels besoins. En effet, les promoteurs ont opté pour des villes où lecoût du foncier était faible ; dans ce cas là, les habitants préfèrent acheter et non louer ou si ce n'est pas cher, c'est qu'il n'y a pas de demande...

Souvent faute de demande, le montant des loyers n'est pas à la hauteur des espérances et en cas de vacance du logement, les avantages fiscaux peuvent être remis en cause.

Du fait des tickets d'entrée de plus en plus élevés, le marché immobilier français repose sur la plus-value et non sur le rendement locatif. C'est le stock qui valorise l'investissement et non le flux.

En cas de retournement du marché, ce qui n'est pas impossible, de nombreux investisseurs risquent d'être décus.

Quels sont les facteurs qui peuvent générer un retournement du marché de l'immobilier ?

A court terme :

- une augmentation des taux d'intérêt
- une aggravation de la crise économique
- un ticket d'entrée trop élevée raréfiant le nombre d'investisseurs
- la fin des mécanismes d'incitation fiscale

A moyen et long terme

- la moindre augmentation de la population
- le vieillissement de la population (vente d'appartements en zone urbaine au profit des zones cotières)
- le tarissement de l'épargne du fait d'une hausse des prélèvements, des besoins en matière de retraite et de dépendance

jeudi 6 janvier 2011

Pourquoi les prix agricoles montent : interview de Philippe Crevel sur 20 minutes.fr

Au sujet de l'augmentation des prix agricoles

Article complet sur 20 minutes.fr


Du blé au sucre, les prix des produits alimentaires s’envolent. Ils ont atteint en décembre leur plus haut niveau depuis juin 2008, d’après des chiffres publiés mercredi par l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO).

Si aucun risque de pénurie n’est à prévoir, cette hausse fait craindre de nouvelles émeutes de la faim comme en 2008. En septembre dernier, 13 personnes ont déjà été tuées au Mozambique lors de manifestations contre la vie chère. Des incidents ont aussi éclaté ces derniers jours en Algérie.

La météo fait des siennes
Cette envolée des cours s’explique d’abord par les mauvaises conditions climatiques en 2010. «La sécheresse de l’été dernier en Russie et en Ukraine, principaux exportateurs de blé dans le monde, ont mis à mal les récoltes. L’offre est donc moins importante que la demande: cela crée une tension sur les prix d’autant plus forte que les pays vivent sur leurs stocks en période hivernale», explique à 20minutes.fr Philippe Crevel, conseiller économiste pour Generali.

Et la météo devrait continuer à faire des siennes cette année. «Les prix peuvent encore beaucoup augmenter pour plusieurs raisons: si le temps sec en Argentine se transforme en sécheresse comme cela semble être le cas, si nous commençons à rencontrer des problèmes avec les dégâts hivernaux pour la récolte du blé dans l'hémisphère Nord», a expliqué à Reuters Abdolreza Abbassian, économiste à la FAO.

Spéculation sur les produits alimentaires
Mais les mauvaises conditions climatiques n’expliquent pas tout. Les cours explosent également en raison de la spéculation accrue sur les matières premières. Le riz, l’orge ou le sucre «sont devenus des actions comme les autres. Comme la Bourse se porte mal et les taux intérêts sont très bas, les investisseurs préfèrent miser sur les matières agricoles. Sans compter les mauvaises récoltes, leur prix a déjà tendance à augmenter naturellement depuis quelques années avec la hausse de la population mondiale et de la consommation de viande», précise Philippe Crevel.

Une spéculation qui fait flamber les prix plus fort que de raison et ravive les tensions sociales dans les pays pauvres...

mardi 4 janvier 2011

les Français continuent à épargner

Au 3ème trimestre 2010, le taux d'épargne est resté, en France, à un niveau élevé, 16,2 % du revenu disponible brut contre 16,1 % au trimestre précédent. Cette stabilité s'est accompagnée d'une augmentation du revenu disponible brut dopé par la progression des revenus des TNS.

Les revenus des entrepreneurs individuels ont progressé de 0,9 % sur le 3ème trimestre grâce à la reprise économique en 2010, ainsi que du soutien apporté par les prestations sociales (+0,7 %).
En revanche, les revenus salariaux enregistrent leur plus faible hausse depuis mi-2009 (+0,3 % après +0,7 %).

L part des salaires bruts dans le RDB recule à 57,4 % soit son plus faible niveau depuis 1995. L'inflation est restée modérée. Elle est stable sur les mois de juillet à septembre, les ménages gagnent en pouvoir d’achat, avec au total +0,7 % sur le trimestre, soit +0,4 % pour le pouvoir d’achat par tête (+0,3 % au T2).

Le taux de marges des entreprises remonte au T3 2010. Il revient à 36,5 % de la valeur ajoutée (part des profits dans la VA) contre 26,4 % précédemment.

lundi 3 janvier 2011

La lettre du Cercle N°54

AAu sommaire de la lettre N°54 du mois de janvier 2011 :

- les taux longs, hausse ou baisse en vue
- les retraites chapeau ont-elles vécu ?
- l'espérance de vie, les gains sont après 90 ans
- la richesse des ménages français.

lire la lettre n°54