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samedi 14 juin 2014

La lettre économique de Lorello Ecodata N°79 du 14 juin 2014

Comme chaque semaine, Lorello Ecodata décrypte l'actualité économique de la semaine passée et les événements à venir.

Cette lettre actuellement gratuite sera accessible par abonnement avec la lettre de l'épargne et de la retraite d'ici le mois de septembre au prix de 500 euros par an. Pour tout contact : s.akbaraly@o2p-conseil.com


Au sommaire de la lettre économique hebdomadaire N°79 de Lorello Ecodata publiée le 14 juin 2014 :


  • Le coin des épargnants
  • Le Royaume-Uni seul sur son île
  • France, en mal d’emplois
  • La menace déflationniste
  • Les Etats-Unis, l’empire contre-attaque
  • A suivre, la semaine prochaine



samedi 1 février 2014

La semaine économique vue par Philippe Crevel

Le coin des épargnants
La bourse de Paris a terminé à 4165 points avec une croissance de 0,1 % sur la semaine et une baisse de 3 % depuis le 1er janvier.
Les bourses doivent faire face au processus de réduction des injections de liquidités de la FED, aux incertitudes sur la croissance mondiale. La vulnérabilité des pays émergents est également une source d’inquiétudes. Nous entrons dans une période agitée qui risque de se traduire par une plus grande volatilité des cours.
La Fédération Française des Sociétés d’Assurance a communiqué les résultats de l’assurance-vie pour 2013. Après une année 2012 marquée par la première décollecte de son histoire, l’assurance-vie a renoué avec la croissance l’année dernière. Le contrat Euro-croissance devait être commercialisé à la fin de l’année ou plutôt début 2015, les décrets d’application devant être publiés d’ici la mi 2014.
Etats-Unis, la nouvelle croissance
La croissance, au second semestre 2013, a atteint 3,7 % soit le taux le plus élevé de ces dix dernières années. Les investissements ont connu une progression sans précédent avec + 11,4 % au 4ème trimestre. La croissance au dernier trimestre a été de 3,2 % après 4,1 % au 3ème.
Sur l’ensemble de l’année, les Etats-Unis ont connu une croissance de 2 % et cela malgré un plan d’assainissement portant sur 85 milliards de dollars et la paralysie de l’Etat pendant la première quinzaine d’octobre avec la mise en congé de centaines de milliers de fonctionnaires ; le premier a réduit la croissance de de 1,5 point et le second de 0,3 point.
Dans ces conditions, c’est sans surprise que la Fed a annoncé cette semaine la réduction de 10 milliards de dollars de ses achats mensuels de titres. Les marchés obligataires américains réagissent bien au tapering.
Du fait de l’augmentation des taux, les ménages devraient réduire leurs investissements en matière immobilière dans les prochains mois sans que cela pèse sur la croissance.
En 2013, les ménages ont puisé dans leur épargne pour augmenter leur consommation, une tendance qui qui, en 2014, devra être relayée par la croissance du revenu du travail comme d’ailleurs le Président Obama l’a suggéré à l’occasion du Discours de l’Union. Le marché du travail reste encore fragile avec des créations qui ont de 130-140 000 en décembre et qui devraient être de 170 000 en janvier.
Le taux de chômage ne devrait que peu varier du fait que de nombreux Américains pourraient être tentés de se réinscrire au chômage compte tenu de l’amélioration conjoncturelle.
Zone Euro, des signaux toujours positifs… mais aussi quelques inquiétudes
Que ce soient les indicateurs avancés ou les premiers résultats du 4ème trimestre, la reprise, certes lente, se confirme au sein de la zone euro. Les indices PMI, l’indice du sentiment économique (ESI) de la Commission européenne et l’indice IFO en Allemagne ont progressé en janvier, retrouvant des niveaux proches des points hauts de mi-2011. Il faut noter que la croissance belge a légèrement accéléré au T4 (0,4% t/t après +0,3% au T3). Dans la partie Sud d la zone, la fin de la récession au second semestre 2013 est largement confirmée en Espagne, où le PIB a augmenté de 0,3% t/t, après 0,1% t/t au T3.
Néanmoins, les menaces déflationnistes demeurent comme en témoigne l’évolution de la masse monétaire. La BCE sera suivie de près au moment de la prochaine réunion du Conseil des Gouverneurs, le 6 février à Francfort. La masse monétaire n’a augmenté que de 1% sur un an en décembre et l’inflation n’a été que de 0,7% en janvier 2014.
L’Espagne, la fin de la respiration artificielle
Au début du mois de décembre, l’Espagne est sortie du programme d’aide ouvert par le Mécanisme Européen de Stabilité à la fin du mois de décembre 2013. Ce programme visait à faciliter la recapitalisation du secteur bancaire et n’impliquait pas, à ce titre, de conditions particulières sur la politique économique ibérique. 
Pour éliminer tout doute quant à la capacité de l’Etat espagnol à restructurer son secteur bancaire, les Européens s’étaient engagés, mi-2012, à prêter jusqu’à 100 milliards d’euros à l’Espagne. 41,3 mds auront finalement été nécessaires (versés, pour l’essentiel, en décembre 2012).
France, croissance au 4ème trimestre : 0,3 % est probable
La France marquet-elle le pas ou arrivera-t-elle à redécoller ? La réponse en ce début d’année n’est pas évidente à formuler. Ainsi, les indices composites de l’INSEE et de la Banque de France montent une amélioration régulière tout au long de l’année 2013 laissant présager une reprise de l’activité économique  mais l’indice composite PMI reste en état dépressif et semble indiquer une rechute.
Les signaux contradictoires envoyés par l’économie française démontrent que la reprise est lente et fragile.
Il n’en demeure pas moins qu’après le repli du troisième trimestre (-0,1% t/t), le PIB devrait enregistrer un rebond au quatrième dans l’esprit du deuxième trimestre (+0,5% t/t). Il est possible que la contribution du commerce extérieur soit positive au 4ème permettant de compenser l’effet négatif des variations de stock.
Compte tenu des résultats de la consommation au mois de décembre avec un recul de 0,1 %, l’effet déblocage de l’épargne salariale autorisé de juillet à décembre aura été faible.
Les pouvoirs publics attendaient une augmentation des achats avant les hausses de TVA au 1er janvier 2014 et le durcissement des bonus-malus écologiques sur les voitures. Ce n’est pas certain qu’il ait eu lieu.
En revanche, les données de production et de ventes au détail  confirment un rebond de l’activité. En novembre, dernier point connu, la production industrielle a progressé de 1,3% m/m, effaçant la baisse des deux mois précédents et ramenant l’acquis de croissance en territoire positif à +0,3% t/t.
Pour la croissance du dernier trimestre 2013, la Banque de France table sur +0,5 % et l’INSEE sur + 0,4 %. A priori, elle devrait se situer à +0,3 %. Réponse le 14 février.
A suivre, next week
Lundi 3 février
En France, seront attendues les immatriculations de voitures neuves du mois de  janvier. Les constructeurs auront ainsi une information sur la tendance 2014. Il faudra également regarder l’indicateur avancé PMI manufacturier du mois de janvier.
En Allemagne, au Royaume-Uni, comme en Chine, il faudra également suivre l’indice PMI manufacturier officiel de janvier.
Mardi 4 février, il sera intéressant de regarder les chiffres des prix à la production de la  zone euro de décembre.
Mercredi, en France, il faudra consulter les indices PMI des services et composite de janvier. A Pékin, il faudra suivre les indices PMI services HSBC de janvier.
A Berlin comme à Londres, il faudra analyser l’indice PMI Markit services définitif de janvier et l’indice PMI Markit services définitif zone euro également de janvier 
A Bruxelles seront communiquées  les ventes au détail zone euro de décembre.
Jeudi 6 février à Paris, sera rendue publique l’enquête sur les investissements dans l'industrie de janvier.
 A Berlin, il en sera de même pour les commandes à l'industrie de décembre.
Plusieurs réunions monétaires sont programmées jeudi 6 avec notamment la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE. Une conférence de presse avec les décisions sur les taux est attendue à 13h45.
Vendredi 7 février, à Berlin sera communiquée la balance commerciale de décembre ainsi que la production industrielle de ce même mois.
A Londres, il sera rendu public la production industrielle de décembre et la balance commerciale de ce même mois.
A Washington, il faudra suivre de près l’évolution du nombre de demandeurs d'emploi, taux de chômage pour le mois de janvier.
A Paris, nous connaîtrons les résultats du commerce extérieur de décembre et donc de 2013.
Il sera également rendu public la situation mensuelle budgétaire de l'État pour la France à fin décembre.

dimanche 22 décembre 2013

Revue de patrimoine version 2012 : interview de Philippe Crevel pour Atlantico.fr


Après la publication des résultats 2012 du patrimoine de la France, Philippe Crevel a répondu aux questions de la rédaction d'Atlantico.fr qui étaient centrées sur le patrimoine des ménages. Si l'immobilier a stagné en 2012 ; en revanche, le patrimoine financier a fortement progressé du fait de la meilleure santé de la bourse.

Lire l'interview sur le site d'Atlantico.fr

samedi 14 décembre 2013

La semaine économique et financière vue par Philippe Crevel


Le coin des Epargnants

La bourse de Paris a vécu au rythme des résultats américains. Les bons indicateurs ont été perçus comme des risques de remise en cause de la politique d’injection de liquidités et donc comme des risques d’augmentation des taux. Le seuil des 4300 points a laissé place à celui des 4000. Le CAC 40 n’est pas passé en-dessous mais il s’en est rapproché en terminant la semaine à 4059 points. La baisse a été de 4,57 % en un mois mais le CAC 40 a encore progressé sur un an de 11,58 %.

France, des signes dans tous les sens

La Banque de France croit à la reprise de l’activité au dernier trimestre en s’appuyant notamment sur les bons résultats du commerce de détail. En revanche, la production industrielle a baissé au mois d’octobre de 0,3 %et le rééquilibrage du commerce extérieur est plus lent que prévu. De ce fait, il est assez difficile de se faire une idée sur la croissance du PIB qui pourrait se situer autour de 0,2 à 0,3 %, la Banque de France penche pour 0,5 % permettant à la croissance de se situer autour de 0,3 % sur l’année. 

Europe, des petits légers mieux

La destruction d’emploi semble se réduire au sein de la zone euro comme au sein de l’Union européenne. En effet, selon Eurostat, le nombre de personnes ayant un emploi  est resté stable au troisième trimestre 2013 par rapport au trimestre précédent. Ce résultat confirme celui du deuxième trimestre 2013 où l'emploi avait également été stable dans les deux zones. Par rapport au même trimestre de l'année précédente, l'emploi est, en revanche, toujours en retrait avec une diminution de 0,8 % dans la zone euro et de 0,3% dans l'Union au troisième trimestre 2013 (après respectivement -1,1% et -0,6% au deuxième trimestre 2013).

La production industrielle semble se stabiliser même si le résultat du mois d’octobre a déçu. L’inflation demeure en dessous nettement des 2 % réglementaires ce qui peut faire craindre un début de spirale déflationniste. Les pressions sur la Banque centrale seront fortes en début d’année 2014 pour mettre en branle des outils non conventionnels. Depuis l’été 2013, le taux d’utilisation des capacités de production remonte graduellement. La demande intérieure se raffermit par ailleurs, y compris dans des pays où elle s’était effondrée, tels l’Espagne ou le Portugal.

Par ailleurs, l’Irlande sort de la respiration artificielle. En effet,  ce pays qui avait été fortement impacté par la crise des subprimes retrouve la capacité de se financer sur les marchés. L’Irlande a été avant aidée par le FMI. Elle a conservé son taux réduit d’impôt sur les sociétés lui permettant de maintenir sa capacité d’attraction des sièges sociaux. Le pays a retrouvé son niveau de compétitivité de 2001 mais le taux d’endettement public demeure un des plus élevés de l’Union européenne et le taux de chômage reste élevé.

La déflation constitue-t-elle une menace pour la zone euro en 2014. La baisse de l’inflation est en grande partie imputable à la baisse des prix de l’énergie qui impacte les prix des produits manufacturés. En revanche, la faible progression de la masse monétaire est plus inquiétante. Cette évolution s’explique par la faiblesse des crédits distribués. Cette réduction du crédit est certainement plus déflationniste que l’effet prix.

Etats-Unis, pas de shutdown, une reprise qui prend des formes, est-ce trop beau ?

Le Congrès a réussi, avant les fêtes, de conclue un accord permettant un financement sans heurt du gouvernement fédéral jusque au mois de septembre 2015. Néanmoins, les coupes automatiques de dépenses (sequestration) restent en application. Pour l’exercice budgétaire 2014, les dépenses fédérales seront supérieures de seulement USD 45 mds à celles précédemment budgétées (soit 0,3% du PIB), et de USD 18 mds (0,1% du PIB) pour l’exercice suivant. En vertu de l’accord, l’indemnisation du chômage de « longue durée » (soit au-delà de 26 semaines) ne sera pas prolongée. Cela devrait impacter 1,3 million de personnes s’ajoutant aux 2,7 millions de plus ne sont déjà plus éligibles.
Le taux de chômage pourrait en être réduit, mais non pas grâce à un retour à l’emploi, mais au travers d’un nouveau recul des taux d’activité…

Les données sur emploi sont a priori positives. En fonction des données du mois de novembre, 203 000 postes ont été créés, après 200 000 en octobre. Le taux d’activité a atteint 63% quand il était passé de 63,6% à 62,8% entre janvier et octobre. Le taux de chômage s’est contracté de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 7%, au plus bas en 5 ans.

En revanche, la durée moyenne du temps de travail hebdomadaire demeure stable à 33,7 heures depuis la fin 2010. Sur la même période, la croissance des salaires horaire reste stable aux alentours de 2%.
La somme des personnes au chômage et des personnes qui ne sont ni en poste ni en recherche de travail demeure très élevé. Depuis la sortie officielle de récession, en juillet 2009, la hausse est de 6 millions de personnes 

A suivre, next week…

Lundi 16 décembre, il faudra suivre à Berlin, la publication des indices PMI Markit flash  pour le mois de décembre. A Londres seront également communiqués les indices PMI Markit flash de la zone euro toujours pour le mois de décembre.
A Bruxelles seront publiés les résultats de la balance commerciale zone euro pour le mois d’octobre.
Aux Etats-Unis seront publiés les résultats de la productivité pour le 3ème trimestre et ceux de la production industrielle du mois de novembre.

Mardi 17 décembre, à Bruxelles, il faudra suivre les résultats des immatriculations automobiles en Europe du mois de novembre et le taux d’inflation de la zone euro (définitif) pour le mois de novembre. A Berlin sera publié l’indice ZEW du sentiment des investisseurs du mois de décembre. A Bruxelles et à Londres, il faudra suivre le taux d’inflation (définitif) du mois de novembre. A Washington, le FOMC de la Réserve fédérale se réunira. Malgré le recul du chômage, la FED devrait être prudente dans la réduction des injections de liquidité. Le point d’inflexion devrait intervenir autour du mois de mars.
Toujours aux Etats-Unis, il faudra regarder le taux d’inflation du mois de novembre. Le taux devrait se situer autour de 1,2 % avec une inflation sous-jacente stable à 1,7 %
Au Royaume-Uni sera également connu le taux d’inflation. Il devrait augmenter autour de 2,3 % en rythme annuel du fait de la hausse de certains tarifs d’énergie.

Mercredi 18 décembre, les résultats de la balance commerciale du mois de  novembre du Japon seront publiés. A Berlin, il faudra suivre la publication de l’indice Ifo du climat des affaires du mois de décembre. A Francfort, il sera intéressant de suivre la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE même si aucune décision sur les taux n’est attendue.
A Londres, il faudra regarder le nombre de demandeurs d'emploi  et le, taux de chômage du mois de novembre.
Aux Etats-Unis, il faudra regarder les mises en chantier des mois de septembre, octobre et novembre ainsi que les permis de construire du mois de novembre.

Jeudi 19 décembre, à Bruxelles débutera le dernier Conseil européen.
A Londres, il faudra suivre les ventes au détail du mois de novembre. Aux Etats-Unis seront communiquées les inscriptions au chômage de semaine du 14 décembre ainsi que les reventes de logements de novembre.

Vendredi 20 décembre, se terminera le Conseil européen. A Bruxelles sera communiqué l’indice de confiance du consommateur pour la zone euro du mois de décembre. A Berlin, il faudra suivre les prix à la production de novembre et l’indice GfK du moral des ménages de janvier.
L’indice du climat des affaires du mois de décembre sera publié vendredi. Même si certaines données semblent démontrer une stagnation, cet indice pourrait souligner une éventuelle amélioration.

dimanche 1 décembre 2013

La lettre du Cercle des Epargnants du mois de décembre 2013 : N°89


Au sommaire de la lettre N°89 du Cercle des Epargnants :

  • L'édito de Philippe Crevel "la pierre, notre meilleure ennemie"
  • Touche pas au Grisbi
  • Le rush fiscal de l'épargne est engagé
  • Le sapin de Noël de l'épargnant
  • Internet et assurance, chien ou chat
  • La réforme n'est pas celle que vous voyez
  • C'est toujours la faute des enfants


Lire la lettre 

L 89 P1

samedi 26 octobre 2013

La semaine économique et financière vue par Philippe Crevel


Le coin des épargnants

Les épargnants mis à l'amende

Mauvaise semaine pour les épargnants ; les titulaires de PEA, certains détenteurs de Plan d’épargne logement et de contrats d’assurance-vie ont appris que désormais le taux des prélèvements sociaux étaient de 15,5 % pour les revenus tirés de leur placement et cela quel que soit leur année de réalisation. Auparavant, il était appliqué au moment de la sortie de l’argent le taux historique. Il en résulte une augmentation d’environ de 40 % des prélèvements à acquitter. Cela représente 0,1 point de rendement. Le coût est de 600 millions d’euros. Au-delà de son montant non négligeable, cette mesure contribue à saper la confiance des épargnants. Le reniement de la parole de l’Etat peut dissuader les ménages à placer leur argent sur des supports longs. Cette mauvaise manière laisse des traces. Les épargnants ont le sentiment que la pause fiscale ne s’applique pas à eux. Il ne faudrait pas que cette disposition ne soit que le hors d’œuvre d’augmentations plus substantielles que le Gouvernement pourrait mettre en œuvre dans le cadre du projet de loi de finances rectificative.
Face à la grogne des épargnants, la majorité tente une parade en essayant de dissocier petits épargnants des épargnants dits plus aisés. Ce traitement différencié constitue une habile manœuvre mais se saurait masquer la hausse des prélèvements.

Calme plat  à la bourse de Paris 

La bourse de Paris a perdu cette semaine 0,32 % et a terminé à 4 272 points. Les places financières ont stabilisé leur niveau après avoir enregistré des gains après la fin du shutdown. Les indicateurs américains en demi-teinte laissent entrevoir le maintien du statuquo pour la politique monétaire américaine ce qui est plutôt bien perçu par les investisseurs. Néanmoins, la croissance américaine fait du surplace et est demeure peu créatrice d’emplois.

 La France, dans l’attente des résultats du troisième trimestre

 Après la surprise du second trimestre, les experts n’attendent pas sa réédition pour le 3ème. Les mauvais résultats du chômage du mois de septembre ne laissent pas envisager un rebond de croissance. Les indices avancés ont certes laissé percevoir une amélioration mais qui ne devrait pas se traduire immédiatement dans les chiffres. La prévision de croissance pour le troisième trimestre est de 0. Ils seront officiellement annoncés le 14 novembre prochain.

 Le dernier rapport sur la compétitivité française établi par Rexecode devrait réjouir le Gouvernement. En effet, après plusieurs années de recul, la compétitivité s’améliorerait avec de possibles gains à l’exportation.

 Etats-Unis vers une croissance fade

En matière de chômage, les derniers résultats sont mitigés : l’industrie manufacturière et la construction ont créateurs nets d’emplois, avec une progression des effectifs de respectivement 15 000 et 22 000 en août et septembre. Les collectivités locales se sont également remis à recréer des emplois,  les effectifs salariés ont progressé en août et septembre (67 000 en deux mois), principalement dans l’éducation (72 000 en deux mois). En revanche, l’emploi dans le secteur des services, enregistrent des résultats moins bons avec seulement 100 000 postes créés en septembre, contre une moyenne de 148 000 entre juin et août et de 181 000 au cours des cinq premiers mois de l’année.

Le ralentissement des créations d’emplois concerne le secteur des finances mais aussi les services aux entreprises, les personnels hospitaliers et le tourisme.

Le taux de chômage a diminué néanmoins à 7,2% en septembre. Il reste deux points au-dessus du taux jugé normal. Les horaires hebdomadaires et les salaires continuent de ne progresser que très lentement. La durée moyenne des épisodes de chômage ne se réduit pas. Le taux d’emploi demeure au plus bas depuis trente ans et le taux de chômage des jeunes des 16-24 ans au plus haut en trente ans également.

La Russie achète du temps

 La Russie souffre du faible taux d’investissement qui conduit à une dégradation de sa compétitivité. Le pays demeure cruellement dépendant du cours du baril de pétrole. Il faut absolument que ce dernier soit au-dessus de 90 barils pour financer l’imposant secteur public. Certains économistes considèrent que le budget est  à l’équilibre à 110 dollars le baril soit 10 au-dessus du cours actuel. La Russie peut néanmoins encaisser un choc économique compte tenu de son faible niveau de dette et de ses réserves. Il n’en demeure pas moins que le modèle économique reposant sur la consommation est peu tenable à long terme. Le taux de croissance de la Russie oscille entre 2 et 2,5 % loin des taux des autres pays émergents.

  L’exécutif conscient de la situation a engagé des plans de modernisation qui ont du mal à se mettre en œuvre du fait de l’importance des besoins et des difficultés rencontrées pour monter les projets. Le Président Poutine mise sur les Jeux Olympiques d’Hiver pour créer un élan chez les investisseurs internationaux et des entreprises étrangères. Le refroidissement avec les Etats-Unis favorise tout à la fois les entreprises allemandes et chinoises. La Russie a réussi à sortir par le haut de la crise syrienne en soulignant qu’un accord nécessitait son aval. En Outre, les Président Poutine a pu démontrer que son pays comptait toujours sur la scène internationale. La légitimité du pouvoir repose à la fois sur l’ordre et sur l’adhésion du peuple russe à son dirigeant. Nationalistes, les Russes ont besoin de reconnaissance afin d’oublier les conséquences de la chute de l’URSS qui date de plus de 20 ans. Même si Vladimir Poutine est à mi mandat, la question du successeur commence à poindre. Actuellement, aucun dirigeant ne s’impose. La solution de facilité sera le renouvellement du Président actuel.

 A venir

 Lundi 28 octobre, à Washington sera connu le résultat de la production industrielle.

 Mardi 29 octobre, sera communiqué à Berlin l’indice Gfk sur le sentiment des consommateurs. A Washington, il faudra suivre les prix de a production industrielle ainsi que les résultats des ventes de détail et l’indice des prix de l’immobilier.
 Au Japon, il faudra suivre le rapport sur l’emploi qui devrait être marquée par une amélioration.

 Mardi et Mercredi 30 octobre, le FMOC de la FED se réunit avec sans doute pas de changement à prévoir.

 Mercredi 30 octobre, en Allemagne sera connu le taux de chômage et la première estimation de l’inflation du mois d’octobre. A Bruxelles sera dévoilé l’indice du climat des affaires et du sentiment économique de la zone euro. Aux Etats-Unis, il faudra suivre l’enquête emploi du mois d’octobre. Les résultats de l’inflation du mois de septembre seront également communiqués.

 Jeudi, seront connus à Bruxelles les résultats de l’inflation et ceux de l’emploi au sein de la zone euro pour le mois de septembre. A Washington, les inscriptions au chômage de la semaine du 26 octobre seront communiquées.

A Tokyo, il faudra regarder l’actualisation des prévisions de croissance pour le Japon.

 En France, il sera important de suivre les dépenses de consommation des ménages. Elles sont attendues en baisse du fait de la réception des avis d’imposition et du contexte peu porteur.

 Vendredi, les indices avancés PMI chinois, anglais et américain sur la production industrielle seront communiqués. Il faudra également suivre les résultats du mois d’octobre des ventes d’automobiles aux Etats-Unis. 

samedi 19 octobre 2013

La semaine économique et financière du 19 octobre

Le coin des épargnants

 La semaine aura été rythmée par les atermoiements des Etats-Unis. La bourse de Paris a été rassurée par l’accord obtenu à l’arraché et qui soumis néanmoins à clause de revoyure. La bourse de Paris a augmenté de 1,7 % sur la semaine et a terminé à 4286 points. Depuis le 1er janvier, la hausse atteint plus de 17 %.

 Etats-Unis, soulagement mais de courte durée

 Les Etats-Unis ont évité la banqueroute avec l’élaboration d’un accord entre démocrates et républicains. 

Ces derniers apparaissent comme les perdants de ce bras de fer digne d’une tragédie antique. L’économie américaine mais aussi l’économie mondiale ont été pris en otage par un Congrès dont les membres sont en campagne électorale. Les Républicains sortent de la crise affaiblie. En effet, ils ont dû reculer face à la volonté farouche du Président de maintenir en état sa loi sur l’assurance-maladie. L’opinion publiques s’est plutôt rangée du côté du Président qui était pour en difficulté dans les sondages. Sa fermeté a été louée et a effacé sa faiblesse constatée lors de la crise syrienne.  

 Après 16 jours de joutes et de discussions feutrées, le Congrès a adopté un accord permettant la « réouverture » de l’administration fédérale américaine. Il a également décidé de suspendre la validité du plafond de la dette fédérale. La dotation budgétaire provisoire (continuing resolution) garantit le bon fonctionnement de l’Etat fédéral jusqu’à la mi-janvier, tandis que la question du plafond de la dette est repoussée jusqu’au début du mois de février. La paix est retrouvée mais est temporaire.

 Avec l’adoption de cet accord, les fonctionnaires peuvent retrouver leur travail et leur traitement. Il est prévu que les Etats qui ont financé certaines activités assumées normalement par l’Etat fédéral seront remboursés. Néanmoins, la loi prévoit que le financement des activités de l’Etat fédéral expire le 15 janvier 2014 et que la validité du plafond de la dette ne sera en vigueur que jusqu’au 7 février 2014. Par ailleurs, au début de 2014, les Etats-Unis devront subir l’application de la deuxième tranche de la réduction des dépenses discrétionnaires fédérales. Le débat promet d’être animé. Les démocrates souhaitent abroger ces réductions des dépenses automatiques. Certains républicains, notamment les élus des Etats et districts accueillant d’importantes bases militaires ou des industries privées travaillant pour le ministère de la Défense souhaitent également des modifications.

 La France à la recherche d’une ligne fiscale

 La discussion du projet de loi de finances pour 2014 donne lieu à de nombreuses têtes à queues fiscales. Après les errements sur l’excédent brut d’exploitation, c’est au tour de la TVA de faire les frais d’une majorité un peu nerveuse à l’approche des élections municipales.

  Allemagne, le retour de la grande coalition

 Sans trop de surprise, l’Allemagne sera dirigée par une grande coalition CDU-CSU et SPD pour les prochaines années. Pour des Français, c’est difficilement compréhensible que le parti ayant gagné de loin les élections doivent composer pas à pas avec celui qui a été battu. Un contrat sera dans les prochaines semaines élaboré. Il prévoira les mesures que la nouvelle majorité s’engage à prendre, les limites à ne pas dépasser de la part des partenaires membres de la coalition. Il s’agit d’un véritable contrat de mariage entre deux partenaires qui n’avaient pas l’intention au départ de s’accoupler. Deux tiers des Allemands souhaitent la constitution de cette grande coalition. Le problème, ce sont les désirs du SPD qui veut l’instauration d’un salaire minimum et le poste de ministre des finances tenu par Schaüble. Si ce dernier est très populaire dans l’opinion, en revanche, sa rivalité avec la Chancelière est forte. Elle pourrait se servir de l’exigence du SPD pour s’en débarrasser même si son âge n’en fait plus un concurrent au sein de la CDU.

 Royaume-Uni, l’exemple américain de l’Europe

 Le Royaume-Uni en étant pas membre de la zone euro a fait le pari de l’injection de liquidités monétaires assortis d’un programme favorable à l’entreprise pour sortir de l’ornière de la récession. Ce pari semble pour le moment gagnant avec un redémarrage certain de l’économie britannique.

 L’Italie, la réforme malgré les soubresauts politiques

 Conformément au « Two-Pack » prévu dans le cadre du traité budgétaire européen, le gouvernement Letta a présenté cette semaine sa loi de finances 2014 qui couvre les trois prochaines années. Le projet de loi comporte un dispositif visant à la fois à consolider les finances publiques et à promouvoir la croissance. Le gouvernement a, notamment, adopté des mesures en faveur de l’emploi.

 L’Italie souffre d’un faible taux d’emploi en particulier en ce qui concerne la population féminine. A 55,7 %, le taux d’emploi est l’un des moins élevés de la zone euro. Seules la Grèce et l’Espagne enregistrent de plus mauvais résultats. En 2012, le gouvernement Monti avait pris des mesures pour répondre à ces problèmes. Les procédures d’embauche ou encore de rupture de contrat de travail ont été simplifiées, les contrats à durée indéterminée ont été encouragés au détriment des CDD.

 Pour les prochaines années, le gouvernement a décidé de réduire la fiscalité sur le travail qui est supérieure de 4 points de PIB environ à la moyenne de la zone euro. L’allègement porte sur 10,6 milliards d’euros sur les trois prochaines années.

Du fait de la nécessité de réduire le poids de la dette, l’Italie n’a pas une grande marge de manœuvre. Le ratio de la dette est supérieur à 130 % du PIB et les paiements d’intérêts représentent 5 % du PIB, contre 3 % en moyenne dans la zone euro.

 Le Gouvernement a également prévu de réaliser 16 milliards d’euros d’économies sur trois ans. Le gouvernement a également décidé de créer un nouvel impôt destiné à remplacer la taxe immobilière sur la résidence principale, la vente de biens publics et la réduction des dépenses courantes. Le projet de loi prévoit un gel des salaires dans la  fonction publique pour l’année prochaine, le blocage de l’indexation des pensions au-delà de 3 000 euros par mois et une contribution sociale pour les retraites supérieures à 100 000 euros par an. Face à ce nouveau plan, des manifestations sont prévues dans les prochains jours et les syndicats menacent de faire grève.

  A venir…

  Lundi 21 octobre, il faudra suivre les résultats de la balance commerciale du mois de septembre au Japon. Sera également communiqué les prix de la production allemande de septembre

 Toujours lundi, il faudra regarder aux Etats-Unis les résultats des reventes de logements du mois de septembre. Le taux de chômage devrait rester à 7,3 %.

 Mardi sera consacré au rapport de l’emploi des Etats-Unis pour le mois de septembre. Ces résultats ne seront pas par définition impactés par le shutdown. Une amélioration est attendue.

 Mercredi, l’indice de confiance du consommateur zone euro du mois octobre sera rendu public. L’indice du climat des affaires français sera également communiqué. Une progression est attendue mais moins forte qu’en août. Il est possible également que les services souffrent en particulier dans le secteur touristique.

 Jeudi, il sera intéressant de regarder l’indice PMI HSBC manufacturier flash du mois d’octobre en Chine ainsi que les indices PMI Markit flash allemands. De même seront rendus publics les indices PMI Markit zone euro flash pour octobre.

Jeudi et vendredi, l’actualité sera marquée par la réunion du Conseil européen 0 Bruxelles.
 Jeudi sera communiqué à Washington les inscriptions au chômage de semaine au 19 octobre. Sera également rendu public l’indice PMI Markit manufacturier flash du mois d’octobre

 Vendredi à Berlin, l’indice Ifo du climat des affaires du mois d’octobre sera publié. Il faudra également suivre l’évolution de la masse monétaire M3 et le crédit au privé zone euro du mois de septembre, informations données par la BCE.
A Londres, des informations sur le PIB au 3ème trimestre seront données. 

vendredi 20 septembre 2013

La semaine économique et financière du 16 au 20 septembre 2013

Chaque semaine, l’équipe du Cercle revient sur les faits majeurs de la semaine écoulée et décrypte les points d’actualité de la prochaine semaine.

 Le coin des épargnants

 Les bourses ont respiré à l’annonce de la décision de la FED de ne rien changer. Il n’en demeure pas moins que la menace d’une remontée des taux demeure. Les places européennes ont terminé la semaine en roues libres en attendant le résultat des élections allemandes. Le CAC 40 a conclu une troisième semaine en hausse avec + 1,32 % à 4207 points.

 Quand la FED joue la prudence et la montre

 La Fed a reporté la fin progressive des achats de titres afin de ne pas peser sur la conjoncture. Cette décision a été saluée par l’ensemble des acteurs économiques. En effet, la croissance américaine reste incertaine surtout qu’il faut prendre en compte l’impact des réductions de dépenses et des relèvements d’impôt. La situation de l’emploi aux Etats-Unis marque un effritement de la croissance. Les ventes de détail n’ont pas été à la hauteur des attentes au mois août, avec une croissance qui vient quasi exclusivement de l’automobile. Hors cet élément, les ventes en volume sont quasiment inchangées sur le mois.

 La renégociation du plafond de dettes est en soi suffisamment déstabilisante pour ajouter un élément de perturbation supplémentaire.

 Allemagne, Angela Merkel face au défi du 3ème mandat

 Angela Merkel devrait repartir pour un troisième mandat au soir du dimanche 22 septembre. La question des contours de la coalition reste ouverte. Il est fort probable que les électeurs amènent le FDP au-dessus de 5 %. Il est fréquent que l’électeur allemand dispache ses voix, choisissant  pour le scrutin majoritaire un candidat CDU et au second tour un FDP en ce qui concerne les électeurs de droite. La personnalisation forte de la campagne autour de la Chancelière peut entraîner un léger phénomène de rejet surtout à l’Ouest peu habitué à cette pratique. Il faudra suivre les scores du parti Linke et des anti-européens qui pourraient se rapprocher des 5 %. Par ailleurs, à Berlin comme dans certaines grandes villes, l’extrême gauche pourrait réaliser de bons scores. Le parti « Les Piraten » a été assez offensif durant la campagne.
 Si la reconduction de la majorité actuelle est probable, deux autre scénarii sont envisageables, le retour d’une grande coalition ou l’organisation de coalitions atypiques ( CDU-Grünen, SPD-Grünen-Linke).
 Le Président de la République, François Hollande, préfèrerait une grande coalition même si l’inflexion politique serait, en Allemagne faible. Le consensus en faveur de la restauration des équilibres budgétaires en Europe dépasse les clivages politiques. En outre, même le SPD ne conteste pas dans les faits le rôle d’Angela Merkel et ses positions internationales.

 Néanmoins, après les élections allemandes, le calendrier européen reprendra ses droits. Il faudra rapidement, à nouveau, traiter le cas grec avec 11 milliards d’euros à trouver. La question du budget européen devra être également être abordé tout comme la mise en œuvre de l’Union bancaire. Sur ce dernier point, l’Allemagne fait de la résistance afin d’éviter que ses banques régionales soient placées sous le contrôle de la BCE.

 France, gel ou réchauffement fiscal

 La semaine a été animé par la vraie fausse pause fiscale programmée pour 2014 ou 2015 selon le Président ou le Premier Ministre. Il n’en demeure pas moins qu’en 2014, les prélèvements augmenteront de 0,3 à 0,5 % du PIB avec une série de mesures déjà actées (baisse du plafond du quotient familial, hausse de la TVA, baisse des niches fiscales, hausse des cotisations sociales, hausse des droits de mutation, hausse de la taxe sur les carburants….). pour 2015, tout est ouvert mais maladie  dont le déficit dépasse les 8 milliards d’euros. Sur le plan des dépenses, la confusion règne, les diminutions étant une moindre augmentation. Les dépenses de l’Etat continueront d’augmenter, 5 milliards d’euros, mais moins vite que prévu.

 Retraite, l’essentiel est ailleurs

 Le projet de loi garantissant l’avenir et la justice du système de retraite a été présenté le 18 septembre. Aucune surprise au rendez-vous à l’exception de quelques articles en fin de projet avec une mise au pas de la caisse des professions libérales et des avancés en matière d’information des assurés. La logique de la convergence est inscrit en filigrane dans le texte. Il est à noter que le Gouvernement supprime la gestion en interne des régimes de retraite à prestations définies. Ces régimes devront être logés à l’extérieur des entreprises.

 La Commission de Bruxelles grimace face au projet de réforme français mais devrai néanmoins l’approuver à défaut de mieux.

 A suivre

 En France

 Collecte de l’épargne réglementée et de l’assurance-vie

 La semaine prochaine, il faudra suivre en France les résultats de la collecte du Livret A et celle de l’assurance-vie du mois d’août. Une relative baisse de la collecte du Livret A est attendu du fait de la baisse du taux de rendement abaissé de 1,75 à 1,25%.

 Budget 2014

 Le budget 2014 sera officiellement présenté en Conseil des Ministres le 25 septembre. Si les grandes masses ont déjà l’objet d’annonces, il faudra suivre les mesures fiscales avec à la clef une éventuelle remise en cause de la fiscalité de l’assurance-vie. Il faudra également regarder les coups de pousse donnés aux contribuables modestes et à la fonction publique.

 Pour la France, la semaine sera riche en éléments statistiques avec l’indice PMI flash de septembre (lundi), le nombre de permis de construire pour août (mardi), l’enquête de conjoncture dans l’industrie et les services (mercredi), l’évolution de la consommation des ménages de juillet et août (vendredi).

  Indicateurs avancés

 La semaine prochaine, il faudra regarder une série d’indicateurs sur la conjoncture afin de déterminer si la reprise prend de l’étoffe. Ainsi, seront publiés les indices PMI manufacturiers chinois et américain. Le PME markit de la zone euro sera également présent ainsi que l’indice ifo sur le climat des affaires en Allemagne.

 Mercredi, pour les Etats-Unis, il faudra suivre les commandes de biens durables et les ventes de logements neufs pour le mois d’août.

jeudi 24 novembre 2011

Face à la défiance, refonder les sources de financement de l'économie

Les crises bancaires sont toujours délicates à gérer car elles concernent le moteur même de l’économie. Le système bancaire repose sur un facteur très fragile, difficilement quantifiable, la confiance. Donner son argent à une banque afin qu’elle le conserve en sécurité et qu’elle le gère en contrepartie de quoi elle peut prêter en ayant recours à l’effet de levier. La banque est à la source du processus de création de valeur en amplifiant la richesse qui est déposée sur les comptes. Qu’un grippage intervienne dans les mécanismes bancaires du fait d’un étiolement de la confiance, c’est l’ensemble de l’économie qui est menacé de paralysie. Or, depuis 2008, la confiance est entamée. Les subprimes et leur diffusion à l’ensemble des produits financiers ont entraîné une contagion du doute au point que les banques ne se font plus confiance. Le système bancaire repose en grande partie sur les relations interbancaires, relations indispensables pour assurer la liquidité et la compensation. Depuis 2008, les banques et plus globalement les entreprises financières privilégient la relation directe avec les banques centrales au détriment des relations internes à la sphère financière. Le blocage des relations bancaires explique l’arrêt net de l’économie en 2009, le recul du commerce mondial et la dégradation rapide de l’emploi. Les plans mis en œuvre depuis plus de deux ans ont réussi par injection de liquidités à déstresser l’ensemble des relations bancaires sans pour autant réinstaurer un réel climat de confiance. En effet, des doutes subsistent sur la qualité des bilans des banques, sur le volume des créances douteuses présentes dans les coffres. Depuis 2010, la question de la dette souveraine est venue casser la frêle confiance qui s’était créée. Jusqu’à ces derniers mois, la règle voulait même si elle était largement contredite par l’histoire qu’un Etat ne faisait pas faillite. Désormais, avec l’abandon de 50 % de la dette grecque, cette règle est caduque avec conséquence que les banques fortement exposées en matière de dettes publiques à risque sont des brebis galeuses. La chasse aux valeurs sûres, la recherche de liquidités sont devenues les sports préférés des institutions financières. La forte répulsion aux risques des vieux pays occidentaux s’accroit de jour en jour au point de plonger l’économie de nombreux pays en atonie. Le rendement n’est plus le point clef en matière de placement, c’est la garantie du capital qui compte. Ce comportement de risque zéro qui correspond au principe de précaution en matière de développement durable est extrêmement pervers. La politique des taux d’intérêt faibles pratiquée par les banques centrales depuis dix ans a, tout à la fois, généré des comportements spéculatifs pervers avec les bulles Internet ou immobilière, elle a favorisé le recours massif à l’endettement privé et public au point de rendre insolvable les Etats. Elle a surtout concouru ce au recul de l’investissement productif. La frénésie du court terme a tué le long terme. Pourquoi prêter à risque à 10 ou 15 ans quand il est possible d’avoir un rendement assez proche et sans risque à court terme ? Les entreprises françaises qui à la différence des entreprises anglo-saxonnes se financent essentiellement sous forme de crédits bancaires sont très sensibles à la politique des banques en la matière. Les PME sont évidemment les premiers concernées. Le recul de l’investissement au mois de septembre 2011 confirme cette sensibilité au-delà du contexte économique dégradé. Au minimum, chaque année, 10 % des entreprises françaises seraient rationnées en termes de crédit contre 2,5 % aux Etats-Unis. Du fait du risque de rationnement bancaire, les PME sont contraintes de conserver un volant plus important de trésorerie, 5 % du bilan en moyenne contre 2 % en Allemagne. Du fait d’un problème d’accès au crédit, les PME françaises pour se développer s’adossent à des groupes de taille supérieure. 35 % des PME étaient adossées à un groupe en 1999, 44 % en 2004. Les PME adossées représentent plus de 60 % des effectifs salariés et de la valeur ajoutée des PME. Les dirigeants de PME préfèrent la cession à l’ouverture de leur capital. Le manichéisme est de rigueur, être totalement chez soi ou vendre. La fiscalité et les règles comptables favorisent ce type de comportement. L’adossement est souvent perçu de manière négative. Ce jugement n’est pas confirmé par les résultats. Les 5 % des PME ayant connu la plus forte croissance sont à 78 % des filiales de grands groupes. L’adossement apparaît comme une solution pour les PME de moins de 50 salariés. Le taux de croissance est de 8 à 14 % en rythme annuel de 1985 à 2010 contre 1 % sans adossement. Cette situation nous distingue des pays anglo-saxons. Néanmoins, si dans le passé, la voie de l’adossement permettait de contourner les freins au développement et les blocages bancaires. Il n’est pas obligatoirement la meilleure solution pour la nouvelle décennie. L’accès aux crédits bancaires sera défavorable pour tous les acteurs. Le recours au marché sous forme d’obligations ou d’ouverture du capital constitue un des moyens à étudier. Certes, compte tenu de la difficulté d’accéder aux marchés financiers, le regroupement autour des grandes entreprises pourrait s’accélérer au détriment de notre tissu de PME. L’autre voie sera de faciliter l’accès directs des PME aux marchés financiers. Alternext qui a remplacé le nouveau marché reste encore de taille modeste et ne joue pas son rôle dans le financement des PME ; de même, les business angels sont en nombre trop réduit, autour de 4000. Le capital risque et le fonds d’investissement spécialisé dans les PME sont essentiellement des niches fiscales. Notre industrie financière, à l’image de notre pays, est orientée vers les pouvoirs publics et vers les grandes entreprises. Le private equity est embryonnaire. La crise que nous connaissons depuis 2008 devrait inciter à revoir les modes de financement et rapprocher l’épargne des investissements productifs en simplifiant les circuits, les régimes juridiques et fiscaux.