vendredi 25 janvier 2013
La semaine économique et financière 25 janvier 2013
jeudi 24 janvier 2013
2012, assurance-vie, quel bilan ?
En revanche, il est exagéré de crier à la défiance car la collecte brute s’élève, en 2012 à plus de 114,2 milliards d’euros. L'année s'est d'ailleurs terminée positivement avec une collecte nette de 200 millions d'euros.
La nouvelle ère de l’assurance est intimement liée à la maturité croissante de ce produit. Une grande majorité des contrats souscrits ont plus de huit ans, permettant ainsi à leurs titulaires d’opérer dans les meilleures conditions des rachats. Les assurés retraités sont les premiers à puiser sur leurs contrats d’assurance-vie tant pour réaliser un projet (voyage ou immobilier) que pour maintenir leur pouvoir d’achat.
Point positif, cette décollecte n’empêche pas l’encours de l’assurance-vie de progresser en 2012 pour atteindre 1391,017 milliards d’euros.
Une collecte nette victime de la crise et de la montée en puissance des prestations
La collecte nette qui était en moyenne de 40 milliards d’euros avant la crise a enregistré son premier recul en 2012.
Une collecte brute qui reste importante
Avec plus de 114,2 milliards d’euros de cotisations, l’assurance-vie reste au-dessus de ses résultats des années 90. Ainsi, en 1997, les cotisations avaient atteint 77 milliards d’euros et, en 1998, 65 milliards d’euros. Il faut souligner, par ailleurs, que les années d’avant crise ont été marquées par des transferts entre produits financiers dont l’assurance-vie a été le principal bénéficiaire. Le changement de la fiscalité des plans d’épargne logement a contribué à un dégonflement rapide de ce produit. Ce processus s’est achevé autour de 2007.
Avec la croissance des prestations, les Français gèrent l’assurance-vie comme un compte-courant
La véritable mutation provient de la croissance des prestations qui ont été multipliées par trois en vingt ans. Elles s’élevaient à 41 milliards d’euros en 1999 et à 53 milliards d’euros en 2002. Elles ont été de 117,6 milliards d’euros en 2012.
2012 ou l’année de l’épargne défiscalisée
L’année 2012 aura été particulière par le relèvement des plafonds de l’épargne défiscalisée, Livret A et LDD, qui a généré pour ces deux produits une collecte nette sans précédent. Certes, les finalités sont différentes entre le Livret A, produit de précaution et de proximité et l’assurance-vie, produit d’épargne longue. La garantie du capital offerte sur le Livret A et sur le fonds euros tout comme les rémunérations les rapprochent. Mais, il faut souligner que le relèvement des plafonds a surtout impacté les livrets bancaires.
Les banques qui doivent améliorer leur ratio de solvabilité ont tenté de conserver leurs clients en ne les incitant pas à placer leur épargne sur leurs contrats d’assurance-vie.
L’immobilier a été, surtout au début de l’année 2012, un féroce concurrent en tant que valeur refuge en période de crise financière d’autant plus que les banques demandent des apports personnels croissants. Avec le changement des règles fiscales et l’atteinte de prix dissuasifs, le nombre de transactions a fortement baissé à la fin de l’année. Il est à noter que cette baisse des ventes immobilières coïncide avec une relative amélioration de l’assurance-vie.
Les taux des fonds euros en baisse mais le plus dur de la pente est passé
La baisse des taux des fonds euros est imputable à l’évolution es taux sur les marchés monétaires et obligataires. En outre, l’obligation pour les compagnies de réduire leur exposition en titres issus de pays à risques (Sud de l’Europe) a pour conséquence une baisse du rendement (choix entre OAT et titres allemands peu rémunérateurs).
Pour 2012, les taux pratiqués tournent autour de 3 %. L’augmentation des prélèvements sociaux qui atteignent désormais 15,5 % ainsi que les menaces sur la fiscalité de l’assurance-vie ont pu dissuader des épargnants à placer une partie de leur disponibilité sur leur contrat. Il faut néanmoins mentionner que les fonds euros bénéficient d’une garantie en capital qui a son coût.
Avec la baisse de l’inflation, le rendement réel brut de l’impôt et frais de l’assurance-vie est de 1,6 point. Après prélèvements sociaux, le taux est de 1,1 %, soit net de tous prélèvements (sur la base de 7,5 %) et d’inflation de 1 % ce qui reste supérieur au Livret A dont le rendement net est de 0,5 point.
Après avoir subi les conséquences de l’effacement d’une grande partie de la dette grecque en 2011 et des opérations de recentrage des fonds euros sur des valeurs sûres et donc moins rentables, les taux de rendement devraient avoir atteint un plancher.
Les unités de compte toujours à la traîne malgré la reprise de la bourse :
Les Français acceptent les unités de compte en haut de cycle boursier ce qui entraîne de nombreux mécontentements au moment des krachs.
Ainsi, les supports UC ont collecté 36,3 milliards d’euros en 2000 avant de baisser à 14 milliards d’euros en 2002 après l’éclatement de la bulle Internet. Ils ont collecté plus de 34 milliards d’euros en 2006 et 2007 avant de rechuter. En 2012, la collecte des UC s’élevait à 15,1 milliards d’euros soit 13,2 % du total de la collecte brute.
A l’exception de 2008, l’encours de l’assurance-vie a toujours progressé. 2008 avait été marquée par la crise financière et la chute des bourses. L’année 2012 a été marquée par la progression de 15 % du CAC 40 du fait des solutions trouvées pour résorber la crise des dettes souveraines.
Les UC représentent 16,09 % des provisions mathématiques au 31 décembre 2012 contre 15,09 % fin 2011.
la maturité des contrats d’assurance-vie
Près des deux tiers des contrats ont plus de 8 ans et près de la moitié ont plus de 12 ans. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que les assurés effectuent des rachats car ils bénéficient d’un régime fiscal attractif. Il ne faut pas s’en offusquer car la souscription est intervenue avec un cadre fiscal encourageant les retraits après 8 ans (taux d’imposition de 7,5 % contre 15 % entre 4 et 8 ans et 35 % avant 4 ans avec application d’un abattement de 4600 euros pour un célibataire et 9200 euros pour un couple, les prélèvements sociaux étant perçus chaque année à hauteur de 15,5 %).
Les contrats d’assurance-vie sont majoritairement possédés par des épargnants de plus de 45 ans. Le vieillissement de la population a pour conséquences qu’un nombre accru d’assurés sont à la retraite. Ils sont amenés à puiser sur leurs contrats tout à la fois pour financer tout ou partie de leurs projets, pour effectuer des donations ou pour maintenir leur pouvoir d’achat.
Ce processus ne pourra que s’accentuer dans les prochaines années avec la poursuite du départ à la retraite des générations du baby-boom. Les éventuelles remises en cause des retraites pourraient également contribuer à la décollecte sachant qu’un des premiers motifs de souscription d’un contrat d’assurance-vie est la retraite.
Les enjeux de 2013 entre consolidation et réforme du régime fiscal de l’épargne longue
L’évolution de l’assurance-vie dépendra, en 2013, du contexte économique et des éventuels changements de fiscalité.
La conjoncture française devrait rester dégradée durant le premier semestre avec une possible amélioration en fin d’année avec la sortie de la récession de plusieurs pays d’Europe du sud. L’augmentation des impôts du fait des décisions prises en 2012 devrait pénaliser l’épargne longue.
Le relèvement du plafond du Livret A à 22 950 euros devrait malgré la baisse du taux de rémunération favoriser l’épargne défiscalisée. La forte progression du chômage et l’augmentation des prélèvements constituent, en règle générale, des facteurs favorables au Livret A et au LDD.
L’éventuelle réforme de la fiscalité de l’épargne longue qui devrait faire suite au rapport Karine Berger et Dominique Lefebvre pourrait impacter l’assurance-vie. Plusieurs pistes sont avancées dont le passage de 8 à 10 ans pour obtenir le régime fiscal le plus avantageux. Dans le prolongement du rapport de la Cour des Comptes de 2012 et du rapport Gallois sur la compétitivité, un ciblage plus prononcé des avantages fiscaux sur les unités de compte pourrait être institué.
La baisse du taux du Livret à 1,75 % devrait contribuer à rétablir une hiérarchie des taux entre le court terme et le long terme plus cohérente favorisant les produits d’épargne à long terme.
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mercredi 23 janvier 2013
La fraude fiscale au rapport : interview de Philippe Crevel sur Atlantico.fr
mardi 22 janvier 2013
Patrimoine de la France en 2011 : un moindre enrichissement et surtout des dettes accrues
le patrimoine des ménages a atteint 10 411 milliards d'euros en augmentation de 4,1 %, soit 7,9 fois le revenu disponible brut. 74 % de ce patrimoine est constitué d'actifs non financiers, essentiellement immobilier (70 %). Le patrimoine en terrains représente 1 3524 milliards d'euros. la progression pour cette composante n'a été que de 3,4 % contre 14,3 % en 2010. Le patrimoine logement s'est apprécié avec une hausse de 9,2 % en 2011 contre 4,5 % en 2010 et atteint 3 563 milliards d'euros. Le patrimoine non financier augmente de 6 % après 8,9 % en 2010.
Le patrimoine financier des ménages qui représente 26 % de leur patrimoine baisse de 0,8 % après une hausse de 5,9 % en 2010. le premier actif financier demeure l'assurance-vie avec 1430 milliards d'euros en progrès de 1,5 % contre 7,6 % en 2010. Les avoirs des ménages en OPCVM et actions diminuent de 7,6 % en 2011, année où le CAC 40 a baissé de 20,8 %. Les ménages détiennent 966 milliards d'euros de titres dont 494 milliards d'actions non cotées. En revanche, l'encours détenu sous forme de numéraire et de dépôts augmente de 5,8 % contre 3,3 % en 2010. Cet encours représente plus de 1200 milliards d'euros à fin 2011. L'endettement des ménages lié essentiellement à l'acquisition immobilière progresse plus lentement avec une hausse de 4,6 % contre 5,9 % en 2010.
Fin 2011, la valeur nette des sociétés non financières atteint 2076 milliards d'euros en augmentation de 16,3 % après 10,7 % en 2010. Les fonds propres des sociétés non financières diminuent de 1,6 % après une hausse de 7 % et représente 6,9 fois la valeur ajoutée contre 7,2 fois en 2010.
Le patrimoine des administrations du fait de l’endettement croissant n'en finit pas de se contracter avec une baise de 13,2 %. Le patrimoine des administrations est de 507 milliards d'euros soit 30 % du PIB. Le passif financier net est de -1256 milliards d'euros en dégradation de 13,2 %.
dimanche 20 janvier 2013
Chômage : François Hollande sera-t-il sauvé par la démographie ?
Dans les années 70, il était admis qu’il fallait 3 % de croissance pour diminuer le taux de chômage, dans les années 80 ou 90, 2 % de croissance suffisait. Aujourd’hui, 1,5 % permettrait d’améliorer cette situation. Pourquoi une telle évolution ? Premièrement, notre économie qui est désormais essentiellement tertiaire est plus réactive aux évolutions de la croissance. Elle a amélioré le contenu en emplois de sa croissance. Dans une économie industrielle, une reprise ne nécessite que peu de créations d’emplois ; il suffit de faire tourner un peu plus les chaines et avec une augmentation du taux d’utilisation des équipements. Dans une société de services, un accroissement de l’activité se traduit rapidement par des besoins d’emplois supplémentaires. Aujourd’hui, l’emploi tertiaire occupe 76 % des actifs français, contre 18 % dans l’industrie. En 1974, le secteur industriel portait 38 % des emplois.
La deuxième raison de l’amélioration du contenu en emploi de la croissance est purement démographique. En effet, depuis six ans, les premières générations du baby-boom de l’après seconde guerre mondiale commencent à partir à la retraite. Dans le même temps, arrivent sur le marché du travail des générations plus étroites des années 90.
Ce cadencement a été, en outre, impacté avec le report de l’âge légal de la retraite de 60 à 62 ans. En effet, le recul de l’âge de la retraite intervient par vague de manière progressive.
En 2012, 578 000 personnes sont concernées par le départ à la retraite. Ce faible nombre résulte du passage au 1er septembre dernier de l’âge de la retraite à 60 ans et 9 moins contre 60 et 4 mois pour la génération 1952 contre 60 ans et 4 mois pour la génération 1951. Ce recul a abouti à réduire le nombre de départs d’environ 200 000. La réforme de François Hollande permettant à ceux qui ont commencé avant 19 ans à travailler de prendre leur retraite, n’a accru que de 17 000 le nombre des départs à la retraite. En revanche, en 2013, il n’y aura pas de nouveau recul, le prochain étant programmé le 1er janvier 2014.
Pour 2013, le nombre de départs à la retraite devrait enregistrer un bond en atteignant 718 000 en progression de 24 %. Les dispositifs en faveur des carrières longues de 2010 et de 2012 devraient générer 100 000 départs anticipés. Le nombre de nouveaux entrants sur le marché du travail devrait se situer autour de 700 000.
Entre les entrants sur le marché du travail et les sortants, le Gouvernement peut donc espérer éviter une augmentation forte du chômage d’autant plus qu’il attend une éclaircie conjoncturelle d’ici la fin de l’année.
Si au premier trimestre, les effets du ralentissement économique se feront fortement sentir, une stabilisation pourrait intervenir du fait des jeux démographiques mais aussi grâce à une légère amélioration conjoncturelle. Les pays d’Europe du sud qui sont d’importants clients de la France devraient commencer à engranger les fruits des plans d’assainissement mis en œuvre il y a plus d’un an. L’Italie, l’Espagne et le Portugal pourraient sortir de la récession au cours du second semestre 2013 avec à la clef une légère reprise de leur demande intérieure. Certes, la France pourrait perdre encore des parts de marché en raison d’une concurrence accrue de la part des pays d’Europe du Sud qui ont amélioré leur compétitivité avec une contraction de leurs coûts salariaux.
Il n’en demeure pas moins que la combinaison « démographie et économie » pourrait le meilleur allié du pouvoir en place même si les problèmes structurels de l’économie française perdurent. Le mauvais positionnement de l’outil productif trop dépendant gamme moyenne nécessite une action forte sur la durée avec un accroissement sensible de l’investissement et de l’innovation. En raison d’un taux de marge trop faible, les entreprises françaises n’ont pas modernisé leurs équipements et positionné leur production sur le premium. En la matière, ni la démographie et la conjoncture internationale sauveront la France.
vendredi 18 janvier 2013
Les Experts d'Europe 1 avec la participation de Philippe Crevel
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La semaine économique et financière
L’euro a réussi, en 2012, à traverser la crise des dettes publiques. Le renforcement des pouvoirs de la BCE et la mise en œuvre du traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire (TSGC) au 1er janvier 2013 ont modifié le climat autour de la monnaie commune. Par ailleurs, les fondamentaux de la zone monétaire sont moins dégradés que les Européens le croient. L’euro s’est apprécié le début de l’année en cotant 1,34 dollar. Cette valorisation de la monnaie permet une détente sur les prix de l’énergie mais pénalise les exportations en-dehors de la zone euro. Néanmoins, la France est très impactée par l’importation des produits énergétiques et exporte essentiellement à l’intérieur de la zone euro. De ce fait, cette appréciation n’est pas obligatoirement une mauvaise nouvelle pour l’économie française.
Le retour de flamme du Sud
Les pays en proie à des problèmes de dettes, Espagne, Italie, Irlande, commencent à engranger les premiers bénéfices des politiques d’assainissement mises en œuvre avec une progression des exportations permettant une réduction des déficits commerciaux. La réduction des dépenses publiques et les augmentations des impôts combinées à une augmentation du taux d’épargne freinent la demande intérieure et incitent les entreprises à se réorienter vers l’étranger. Ainsi, entre octobre 2011 et octobre 2012, le déficit commercial agrégé de l’Espagne et du Portugal s’est contracté de 15,7 mds dont 9,6 mds d’euros au titre d’une hausse des exportations. En revanche, la Grèce n’arrive pas à relever ses exportations du fait des nombreuses faillites d’entrepris. Le déficit commercial a diminué de 5,8 mds d’euros en un an mais les ventes de biens à l’étranger n’ont augmenté que de 1,2 md d’euros. En Espagne, les coûts unitaires du travail ont diminué de 9 %. L’amélioration de la compétitivité des pays de l’Europe du Sud a pour conséquence d’attirer des investissements d’origine étrangère. Le Portugal enregistre ainsi une forte croissance des IDE.
Etats-Unis, la croissance s’accroche
Malgré les doutes sur le relèvement du plafond de dettes et les augmentations d’impôts décidées au début du mois de janvier, la confiance fait de la résistance. Par ailleurs, les résultats du dernier trimestre 2012 sont meilleures que prévue. Les dépenses de consommation restent bien orientées. Les ventes de détail ont progressé de 5,8% (taux trimestriel annualisé) au quatrième trimestre après 5,3% au troisième. Le secteur de la construction a confirmé sa sortie de crise avec une progression de près de 29% des permis de construire en glissement annuel). Le secteur de l’immobilier a créé environ 58 000 emplois entre mai et décembre 2012, soit une progression des effectifs de 1%. Les ventes de logement, en novembre, ont augmenté de 12,4 % dans l’ancien et 15,3% dans le neuf, en glissement annuel).
A suivre dans les prochains jours
La semaine prochaine, il faudra suivre au Royaume-Uni l’annonce des résultats du nombre de demandeurs d’emploi du mois de décembre. En France, l’Insee publiera l’indicateur sur le climat des affaires INSEE (janvier) qui pourrait être en hausse. Au niveau de la zone euro pour le mois de novembre, seront publiées les enquêtes PMI. L’indice composite d’activité pourrait progresser pour le deuxième mois consécutif. Il faudra suivre le sommet franco-allemand pour le 50ième anniversaire du traité de 1963 même si aucune annonce importante n’est attendue. Aux Etats-Unis, les résultats du mois de décembre concernant la vente de logements anciens seront publiés la semaine prochaine ; Les premiers résultats sur la croissance du Royaume-Uni de 2012 seront publiés Vendredi tout comme l’indice des affaires en Allemagne.
vendredi 11 janvier 2013
La semaine économique et financière
La Banque centrale européenne a décidé le 10 janvier de maintenir inchangé ses taux d’intervention malgré la baisse du taux d’inflation et de l’orientation toujours négative de l’économie française. La BCE peut toujours considérer que sur la zone l’inflation demeure toujours légèrement au-dessus de la cible de 2 %. Le niveau élevé du chômage devrait conduire à une modération des prix d’autant plus que l’impact des plans fiscaux diminuera dans les prochains mois.
La BCE juge non nécessaire l’assouplissement de la politique en agissant par les taux car elle a mis en œuvre de nombreux dispositifs non conventionnels. La BCE conserve la faculté de 25 point de base ses taux d’intervention au cas où la récession s’approfondissait dans les prochaines semaines.
Quelques rayons de soleil sur la conjoncture mondiale
L’indice ISM manufacturier a rebondi aux Etats-Unis de 50 points. Dans la zone euro, le sentiment économique a progressé deux mois de suite faisant suite à 18 mois de dégradation. Au Japon les anticipations se révèlent plus favorables. La production industrielle enregistre un léger mieux en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. Les balances commerciales s’améliorent en France et dans le sud de l’Europe. La crise des dettes publique semble s’estomper du fait de l’importance des moyens mis en œuvre au niveau européen (MESF, BCE…).
La zone euro doit pour autant oublier l’année 2012
D’après les derniers chiffres publiés par Eurostat, le taux de chômage enregistré dans la zone euro atteint le niveau record de 11,8 % en novembre 2012 soit 0,1 % de plus qu’en octobre. Dans l’Europe des 27 le chômage est de 10,7 %. En novembre 2011, les chiffres étaient respectivement de 10,6% en zone euro et de 10 % dans l’Union Européenne.
Les niveaux de chômage les plus bas sont enregistrés en Autriche (4,5%), au Luxembourg et en Allemagne quand les taux les plus importants sont en Espagne (26,6%) et en Grèce. Sur un an le taux de chômage a progressé dans 18 pays.
En parallèle avec l’augmentation du chômage, le PIB de la zone euro s’est contracté au troisième trimestre de 0,1 %. Il devrait encore diminuer de 0,4 % au quatrième. La zone euro sortirait de la récession au premier semestre 2013 avec une croissance nulle au premier trimestre et une croissance de 0,2 % au deuxième. La production industrielle aurait été fortement impactée au dernier trimestre avec une contraction de 2 %. Cette baisse intervient dans un contexte morose pour le commerce international et de recul du pouvoir d’achat. La diminution de l’inflation mettrait un terme à cette dégradation au premier semestre 2013.
Baissera ou ne baissera pas ?
La semaine économique française aura été marquée par le taux d’inflation qui a atteint 1,3 % en 2012. La contraction de l’inflation est la preuve manifeste du ralentissement économique même si les prix des services demeurent toujours orientés à la hausse. Les coûts salariaux augmentent toujours malgré la montée du chômage ce qui constitue une spécificité française.
Le débat public a tourné sur une éventuelle baisse du taux du Livret A qui pourrait passer de 2,25 à 1,5 % même si 1,75 % est un taux envisageable. L’Élysée souhaiterait maintenir un taux à 2 %.
Autre sujet, l’immobilier baissera-t-il ou non ? Le nombre de transactions se contracte et devrait durant l’année 2013 peser sur les prix.
A suivre
Lundi 14 janvier, l’indicateur de la production industrielle de la zone euro sera publié. Ce chiffre donnera le la sur la tendance pour la fin de l’année. Il est espéré un petit rebond par rapport au mois d’octobre qui avait enregistré un recul de 1,4 %. Mardi 15 janvier, les ventes de détail américaines seront connues avec l’espoir d’une croissance de 0,3 % malgré des résultats moyens pour l’automobile. En Allemagne, le taux d’inflation du mois de décembre et le montant du déficit public seront publiés.
Toujours mardi, le taux d’inflation anglais pour décembre et l’année 2012 sera connu. Il devrait se situer à 2,7 % soit nettement au-dessus du taux de la zone euro.
Mercredi, ce sera au tour des Etats-Unis de dévoiler leur taux d’inflation 2012 qui devrait être de 2,2 %. Mercredi, les immatriculations 2012 d’automobile en Europe seront suivies de prêt au regard des problèmes de surproduction.
Jeudi, plusieurs indicateurs concernant le bâtiment seront publiés : pour la zone euro, la production dans le secteur de la construction en novembre et aux Etats-Unis, les permis de construire et les mises en chantier de décembre.
Pour terminer la semaine prochaine, il faudra suivre la croissance du PIB chinois au quatrième trimestre et les statistiques de la production industrielle de décembre. Et aux Etats-Unis la publication de l’indice de confiance de l'Université du Michigan pour le mois de janvier. Il apparaît que le dénouement complexe du cliff fiscal n’aura pas pesé sur la confiance des chefs d'entreprises. En décembre, l'indicateur du moral des Américains s'était replié de près de dix points à 72,9 points. Selon le consensus de l'agence Bloomberg, l'indice de l'Université du Michigan aurait rebondi à 75 points.
Interview dans la Montagne
Lire l'Interview
Atlantico.fr : interview de Philippe Crevel
lundi 7 janvier 2013
L'immobilier, un prix cher à payer
L'OCDE demande à la France d'améliorer le fonctionnement du marché immobilier en augmentant la concurrence. Le Gouvernement est pour une fois d'accord avec l'OCDE, son intention est de faire baisser les prix de l'immobilier. En effet, la captation d'une part importante de l'épargne en faveur de la pierre conduit à une mauvaise allocation de cette dernière. L'épargne affectée à l'immobilier ne profite pas aux entreprises ce qui expliquerait également une contraction de notre croissance potentielle.
Pour réduite le coût de l'immobilier, une piste soulevée par l'OCDE vise à diminuer les coûts de transaction. Les coûts de transaction à l‟achat-vente d‟un logement s'élèveraient environ 12 % de sa valeur en moyenne quand les transactions sont effectuées par l‟intermédiaire d‟une agence immobilière. Ces frais prennent en compte la fiscalité (droits de mutation), l‟environnement réglementaire (les frais notariaux) et le degré de concurrence (commissions versées aux agences).
Le Conseil d‟État en 2009 avait également souligné que les pouvoirs publics avaient renchéri le coût de l'immobilier par l'accumulation de nouvelles normes juridiques, techniques et environnementales. Ce surcoût pourrait atteindre 15 %. Par exemple, l'application généralisée, sans étude d‟impact, à la construction neuve à compter de 2012 de la norme d‟accessibilité pour les handicapés se traduit par des exigences inefficaces de surface supplémentaire.
Les règles sur le foncier aboutissent une raréfaction de l'offre et à des comportements spéculatifs. La concomitance des lois Montagne et littoral a contribué à favoriser la spéculation dans le Sud de la France et en Corse au détriment des résidents ne disposant pas de foncier constructible.
Face à la pression démographique, la densification est une obligation. La suppression de la mesure de Nicolas Sarkozy d'augmenter les droits à construire de 30 % est une erreur. Il faut accepter en ville dans les centres urbains une plus grande hauteur pour les immeubles.
En contrepartie de la suppression des dispositifs d'incitation fiscale qui entraînent bien souvent des hausses des prix et la construction de biens par obligatoirement aux bons endroits, il faudrait mieux une réduction des droits de mutation. Pour les normes de construction, en fonction de la nature des biens et des régions, une plus grande latitude devrait être laissée aux professionnels.
mardi 1 janvier 2013
Lettre du Cercle des Epargnants : L 78 janvier 2013
Consulter la lettre
Au sommaire :
- L'édito ou "comment effacer une dette"
- Retraite, long is the road
- L'assurance-vie, une question de maturité
vendredi 28 décembre 2012
Interview sur Atlantico.fr
Atlantico : Alors que le livret A a recueilli presque 44 milliards d'euros de collecte en onze mois, l'Assurance-vie a perdu 3,6 milliards d'euros de collecte. Les hausses successives du plafond du livret A opérées par le gouvernement - une première hausse de 25% en octobre, puis de nouveau 25% à partir du 1er janvier - sont-elles responsables de cette perte de vitesse de l'assurance-vie ?
Retour sur 2012
Satisfaction ou I can’t get no satisfaction
La zone euro aura passé le cap de l’année 2012 malgré les sombres pronostics de certains, malgré la récession et malgré le feuilleton sans fin de la Grèce. L’accord de l’Allemagne sur le traité budgétaire ainsi que le revirement de position de François Hollande ainsi que la possibilité pour la Banque Centrale européenne d’intervenir sur le marché secondaire expliquent la détente sur les taux d’intérêt des pays exposés. La décision du 13 décembre 2013 aménageant la dette grecque a constitué le dernier épisode d’une année mouvementée sur le front des dettes souveraines. Logiquement, jusqu'en 2014, la question grecque devrait moins préoccuper l’Europe sous réserve que la situation économique s’améliore ce qui n’est pas une garantie. Les avancées sur l’union bancaire ont conclu l’année 2012.Il reste du chemin à parcourir pour parvenir à une Europe fédérale dotée d’un budget permettant de faire face à des chocs asymétriques. Il n’en demeure pas que fidèle à sa tradition l’Europe a, dans la difficulté, réalisé quelques progrès.
Gimme Shelter
L’économie mondiale a, en 2012, s’est caractérisée par une divergence des grandes zones géographiques. La zone euro s’est enfoncée dans la récession ; les Etats-Unis ont réussi à maintenir une croissance de 2 %, l’Asie a ralenti tout en conservant des taux élevés autour de 8 % pour la Chine. La bonne surprise provient de l’Afrique qui confirme son décollage avec des taux de croissance dignes de pays émergents. L’Amérique latine a connu une évolution plus complexe avec une crise qui se développe en Argentine et une conjoncture qui reste porteuse au Brésil.
Doom and gloom
La zone euro a payé élevé le prix de sa non-intégration. L’Europe n’est plus divisée est/ouest mais nord/sud. Les pays en crise se situent au sud à l’exception de l’Irlande et les pays à faible taux de chômage et à déficits publics maîtrisés sont au nord. L’Italie, l’Espagne, le Portugal et l’Italie ont rejoint la Grèce dans la récession. Il est également à signaler que Chypre est confrontée à un risque de banqueroute. L’application des plans d’assainissement qui visent à réduire les déficits publics et les déséquilibres commerciaux entraîne un fort ralentissement des économies concernées avec en plus de forte interférences. Le chômage atteint des sommets en Espagne, en Grèce, en France et en Italie. La France devrait terminer l’année avec plus de 300 000 demandeurs d’emplois de plus qu’en 2011. En prenant tout ceux qui recherchent un emploi, la France compte 4,6 millions de demandeurs d’emploi (catégories A, B,C) ; avec les DOM, le nombre est de 4,9 millions. 500 000 jeunes de moins de 25 ans sont à la recherche d’un emploi.
Highwire
2012 en matière de placements, en France, a été marquée par une hausse sensible des prélèvements sur les revenus de l’épargne et le patrimoine avec la fin du prélèvement libératoire, la hausse des prélèvements sociaux, le plafonnement de certaines niches fiscales, le retour à l’ancien barème de l’ISF… 2012 a connu la fin du boom de l’immobilier et la reprise des actions avec une hausse sensible du CAC 40. Côté épargne, le Livret A et le LDD ont fait le plein au niveau de la collecte en surfant sur la crise et l’effet d’aubaine créé par le relèvement des plafonds. L’assurance-vie tout en maintenant un bon niveau de collecte a connu des prestations toujours élevées preuve de l’entrée en maturité du produit. Il est à signaler que malgré la décollecte négative, l’encours de l’assurance-vie a continué à progresser. Les rendements de l’assurance-vie pour 2012 tourne autour des 3 % en phase avec les faibles taux d’intérêt pratiqués sur les emprunts publics des pays à bonne signature. Les Français malgré les retournement du marché actions sont restés frileux sur cette classe d’actifs échaudés par leurs précédentes mésaventures. La part des unités de compte dans les contrats d’assurance-vie a continué à baisser tout comme les OPCVM actions. Le nombre d’actionnaires directs a atteint, en France, un plancher bas autour de 4 millions.
Hand and fate
Au niveau politique, les élections n’ont pas été favorables aux sortants à l’exception de Barack Obama mais qui est, par ailleurs, en cohabitation avec une Chambre des Représentants républicaine. En 2013, des élections majeures sont prévues en Italie et en Allemagne. La situation italienne sera regardée de près compte tenu de la situation financière de l’Etat et du retour peu appréciée par les investisseurs de Berlusconi. En Allemagne, Angela Merkel semble bénéficier d’une avance suffisante dans les sondages mais des surprises ne sont pas impossibles. En France, 2013 sera une année sans élection, phénomène assez rare pour le noter et qui devrait permettre l’engagement de plusieurs réformes. Néanmoins, 2014 se préparera dès l’année prochaine avec en perspective les importantes élections municipales. One more shot
La question du financement de la protection sociale demeure un marronnier des débats publics. Le Conseil d’Orientation des Retraites a tiré la sonnette d’alarme pour les retraites avec un déficit qui pourrait dépasser 20 milliards d’euros d’ici 2020. Il y aussi le déficit de l’assurance-maladie et le financement de la dépendance qui ont été laissé en suspens du fait des élections. En 2013, l’heure des choix sonnera.
Hot stuff
Quelques points positifs pour conclure, la décrue des prix de l'énergie devrait favoriser la reprise tout en étant le talon d'Achille de l'économie européenne. La sortie de la crise de la zone euro devrait favoriser une appréciation des cours des entreprises surtout celles les plus internationalisées. En revanche, attention aux entreprises qui dépendent trop du marché européen ou de la consommation française. Si la facture fiscale risque de s'accroître au premier semestre, une stabilisation est attendue au second avec en perspective les élections municipales.
Décollecte de l'assurance-vie : quelles conséquences pour l'économie ?
Lire l'interview
vendredi 21 décembre 2012
2013, année économique maudite ?
Les économies avancées
L'INSEE souligne qu'au troisième trimestre 2012 l'activité a progressé de 0,2 % dans les économies avancées contre 0,1 % le trimestre précédent. De fortes divergences apparaissent au sein de cette catégorie de pays avec une croissance en augmentation aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et une contraction marquée en zone euro. Le Japon enregistre de son côté un rapide ralentissement. Le commerce mondial s'est contracté de 0,2 % au troisième trimestre avec à la clef un ralentissement des pays émergents asiatiques.
Pour le quatrième trimestre, l'activité continuerait à se replier au Japon de 0,2 % et de 0,3 % en zone euro. Aux Etats-Unis, malgré un ralentissement, la croissance serait de 0,3 % au dernier trimestre 2012 contre 0,7 % au troisième. Au sein des pays avancés, la croissance serait nulle tout comme le commerce mondial.
Pour 2013, l'incertitude américaine est forte avec le débat budgétaire. A défaut d'accord, les hausses d'impôt et les baisses de dépenses seraient de 4,7 % du PIB. Pour les ménages américains, la perte de revenus pourrait être de 4,6 %. Néanmoins, il y a un espoir pour une limitation du choc à un point de PIB. En outre, l'économie américaine a une forte capacité d’adaptation au choc fiscal et budgétaire permettant d'espérer que la croissance ne serait pas trop impactée. L"INSEE table sur une croissance au premier semestre de 0,4 % et de 0,5 % au second semestre. Le Japon devrait pouvoir obtenir de son côté un taux de croissance de 0,3 % par trimestre. Le Royaume-Uni devrait enregistrer une faible croissance sur toute l'année 2013.
la zone euro
L'INSEE considère que le plan de la BCE de rachat d'obligations souveraines a permis d'éloigner le spectre d'une crise profonde de la zone euro. Les taux d'intérêts italiens et espagnols sont en baisse depuis l'été 2012. L'impact des consolidations budgétaires serait moindre sur l'activité en Italie, identique en Espagne mais plus fort en France. Après une contraction de 0,3 % au quatrième trimestre, la croissance de la zone euro serait nulle au premier trimestre 2013 et de 0,1 % au deuxième. Les divergences de croissance seraient marquées au sein de la zone euro durant l'année 2013.
la France
L'INSEE souligne que l'activité s'est redressée, en France, au troisième trimestre avec une croissance de 0,2 % contre -0,1 % au deuxième. Cette amélioration est à mettre au crédit de la production manufacturière qui a enregistré une hausse de 1 % au troisième trimestre après un recul de 1 % au second. La demande extérieure à la France est restée soutenue avec une hausse de 0,5 % et la consommation a été vive avec un rebond de 0,3 % après un recul de 0,2 %. Pour le quatrième trimestre, l'activité devrait se contracter de 0,2 % du fait d'un repli de l'industrie manufacturière de 1,5 %, le climat des affaires s'est fortement dégradé dans l'industrie. Le maintien de la demande interne et externe éviterait une forte contraction de l'activité.
Pour 2013, l'INSEE prévoit une croissance de 0,1 % par trimestre pour les deux premiers permettant d'éviter une récession.
Compte tenu du faible taux de croissance, l'emploi a enregistré une contraction de 42 000 postes au troisième trimestre. D'ici la mi 2013, ce rythme de destruction va se maintenir (40 000 destructions nettes attendues par trimestre). Le taux de chômage devrait atteindre 10,5 % fin 2012 pour augmenter à 10,9 % à la mi 2013.
Le pouvoir d'achat en raison des mesures fiscales et du chômage baisserait de 0,3 % au second semestre 2012 . Sur l'ensemble de l'année 2012, il serait amputé de 0,2 % . Pour le premier semestre 2013, une hausse de 0,3 % est attendue.
L'INSEE prévoit début 2013 a une légère augmentation du taux d'épargne à 16,1 % du revenu disponible brut à mi 2013 néanmoins légèrement en dessous de son niveau de mi 2012 (16,4 %).
Pour l'année 2013, l'INSEE mentionne que les aléas de conjoncture sont forts avec en autre un doute sur la croissance américaine. L'activité pourrait ainsi évoluer dans une fourchette de -0,6 à + 0,6 % par trimestre en fonction des scénarii économiques.
lire la note d'ensemble
jeudi 20 décembre 2012
A quoi va bien pouvoir ressembler la réforme socialiste des retraites ? | Atlantico
A quoi va bien pouvoir ressembler la réforme socialiste des retraites ? une interview de Philippe Crevel sur le site Atlantico;fr
Le déficit des régimes de retraite atteindra 18,8 milliards d'euros en 2017, selon le Conseil d'orientation des retraites dans son rapport publié mercredi. Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, prévoit de revoir les régimes de retraite pour les ramener à l'équilibre financier
A quoi va bien pouvoir ressembler la réforme socialiste des retraites ? | Atlantico
mercredi 19 décembre 2012
Florange ou le rétroviseur économique
Derrière Florange, il y a évidemment des salariés qui veulent conserver leur emploi ce qui est évidemment légitime. Mais l’énergie déployée pour sauver un peu de 300 emplois ne cache-t-elle pas une forêt bien plus dense. Ainsi, la disparition des magasins Surcouf spécialisés dans la vente d’ordinateurs a entraîné la suppression d’environ 600 emplois. Chaque semaine des PME ferment, les pertes d’emplois sont bien supérieurs aux 300 de Florange tout en occupant pas la une des médias.
Le combat de Florange ressemble à celui des charbonnages et de la sidérurgie dans les années 80. A l’époque, les pouvoirs publics avaient consacrés des dizaines et des dizaines de milliards de francs pour in fine renoncer. Derrière Florange, il y a tout le refus de la France d’accepter les mutations économiques. Il y a l’idée que nos problèmes d’emplois sont liés à la mondialisation, à des chefs d’entreprise peu scrupuleux, à un capitalisme apatride et vil.
Florange, il faut y aller. L’usine est vieillissante. Elle n’a pas été la priorité de Mittal comme avant d’Arcelor qui avait programmé sa fermeture il y a près de dix ans. Quand l’Europe consomme de moins en moins d’acier, quand les marchés se situent à l’exportation, est-il raisonnable de maintenir de petites centres de productions loin des grands axes de communication. Il faut importer le minerai et l’énergie nécessaire à la production. Le coût du transport et celui de l’énergie d’autant plus que nous payons très cher notre gaz par refus du gaz de schiste grèvent les marges. Il faut, en outre, après, réacheminer sur des voies ferrés hors d’âge la production d’acier. L’efficience de la SNCF en matière de fret est légendaire. Si un combat est à mener à Florange, c’est celui de la reconversion pour assurer des emplois aux actuels sidérurgistes mais aussi à leurs enfants. Le sauvetage partiel négocié par les pouvoirs publics est une cautère sur une jambe de bois. Il permet de gagner un peu de temps. Nul n’ignore que demain Florange sera fermé ; les hauts-fourneaux n’ayant pas vocation à redémarrer faute de demande et du fait des surcoûts. Il est dommageable que l’argent affecté au sauvetage partiel ne soit pas mis à disposition pour la création de structures viables à moyen et long terme.
Nationaliser Florange en attendant une solution constitue une hérésie. Personne ne s’est posée la question de la commercialisation des produits de cette aciérie une fois nationalisée. Qui achèterait l’acier de Florange ? Qui s’occuperait de la distribution ? L’Etat avec ses deux hauts fourneaux aurait la charge de proposer à l’automobile française déjà en mauvaise santé d’acheter quelques tonnes ? Quel repreneur souhaiterait acquérir un morceau d’usine à moins d’obtenir quelques subventions à la clef ? Et puis en vertu de la règle du précédent, l’Etat serait amené à racheter toutes les usines, tous les établissements qui ferment, des raffineries en passant par les magasins Surcouf.
Le Ministre du redressement productif affirme que la nationalisation est une idée neuve. Bien au contraire, il s’agit d’une vieille lune qui n’a jamais réussi dans le passé. De la sidérurgie, déjà en passant par le Crédit Lyonnais et bien d’autres, les désastres économiques que le contribuable a du payer sont légions. La France regarde constamment dans le rétroviseur et est incapable de regarder la ligne d’horizon. S’il y a un combat à mener, c’est bien celui là, passer d’une vision rétrograde à une vision d’avenir.
lundi 17 décembre 2012
Retraite, une saison en enfer
La réforme de 2010 supposait un retour à l’équilibre des régimes de base pour 2017. La mesure clef était le report de l’âge légal de 60 à 62 ans et de la retraite à taux plein de 65 à 67 ans.
Selon les premières informations fournies par le Conseil d'Orientation des Retraites, d'ici 2020, le déficit des régimes de base évolueraient entre 20 et 25 milliards d'euros. En cas de maintien du taux de chômage au-dessus de 7 %, le déficit pourrait même atteindre 105 milliards d'euros d'ici 2060.
Pour revenir à l'équilibre d'ici 2020, le COR propose plusieurs pistes. Il faudrait soit relever les cotisations de 1,1 point ou baisser le rapport entre la pension moyenne et le salaire moyen de 5 % ou reculer l'âge effectif de départ à la retraite de 6 mois.
Cotisations, la voie difficile Compte tenu du niveau des prélèvements en France, les marges de manœuvre sont nuls ou presque. En outre, il convient de souligner que l’assurance-maladie et la dépendance sont également sujettes à réclamer une augmentation de CSG ou de prélèvements.
L’âge de départ à la retraite, le Gouvernement n’est pas chaud
Il faudrait que l'âge effectif soit de 63,5 ans pour les actifs du privé et de 59,2 ans pour la fonction publique. Ce relèvement peut passer soit par la durée de cotisation ou par l'âge légal. Ainsi, la durée de cotisation qui évolue de puis 2003 en fonction de l’espérance de vie à la retraite pourrait passer pour les futures générations à 42 voire 43 ans. Cette mesure pénalise moins les actifs ayant commencé à travailler tôt que le report de l’âge légal de départ à la retraite.
Pour reculer l’âge effectif de départ à la retraite, l’autre moyen est de jouer sur l’âge légal et l’âge de la retraite à taux plein. Nos partenaires ont tendance à fixer l’âge légal autour de 65 ans (Italie, Espagne) et ont adopté des lois afin de reculer l’âge de la retraite à taux plein au-delà de cet âge. Le report à 68 ans est programmé au Royaume-Uni. L’objectif est de pénaliser les départs précoces en prévoyant l’obtention de la retraite à taux plein au-delà d’un certain âge.
La baisse des pensions, une mesure impopulaire
Plusieurs méthodes sont possibles pour diminuer le taux de remplacement des pensions. Les pouvoirs publics peuvent désindexer les droits à retraite et les pensions de l’inflation ce qui rapporterait plusieurs milliards d’euros. Une autre solution consisterait à prendre en compte non plus les quinze meilleures années mais l’ensemble de la carrière ce qui limiterait les droits à pension. Une telle réforme poserait un problème d’équité avec la fonction publique dont les pensions sont calculées sur la base des 6 derniers mois. Une autre manière de réduire les pensions serait d’instituer des abattements en fonction de l’âge de départ sous forme de décote pour pénaliser les actifs partant avant un certain âge. D'ici 2040, l'équation est encore plus dure, il faudrait relever les cotisations de 5 à 6,2 points ou baisser à nouveau le rapport entre pension moyenne et revenu moyen de 20 % ou relever de 4 années en 2040 et 5 années en 2060 l'âge effectif de départ à la retraite.
L’idée de la réforme systémique, séduisante mais un chantier de haut vol
Compte tenu des blocages inhérents à toute réforme des retraites en France, l’option de la réforme systémique peut être une solution d’autant plus que le Gouvernement semble s’interdire de jouer sur l’âge légal.
La réforme systémique ne résout en rien le problème de financement mais permettrait de rebattre les cartes et surtout d’harmoniser tous les régimes en y intégrant la fonction publique.
La réforme systémique pourrait s’inspirer du modèle suédois qui repose sur un régime par points en comptes notionnels.
Un compte individuel de retraite virtuel est attribué à chaque actif sur lequel sont versées de manière fictive ses cotisations retraite. Ces cotisations peuvent être transformées en points comme dans nos régimes complémentaires.
Durant la période d’activité, les cotisations ou les points accumulés sont actualisés (taux de rendement) en fonction de l’indice des prix, de la masse salariale ou en fonction d’un autre indice.
Au moment de la liquidation de sa retraite, les cotisations ou les points sont transformés en rente en prenant en compte l’espérance de vie de la cohorte concernée (coefficient de conversion).
Un tel dispositif permet de lisser plus finement les effets du vieillissement que notre système actuel. Il autorise une plus grande liberté par rapport à l’âge légal. Ceux qui souhaitent partir tôt le peuvent mais leur retraite est moindre que ceux qui partent plus tard (ce qui est déjà un peu le cas dans notre système actuel).
Ce système est surtout beaucoup plus simple car il repose sur la fusion de tous les régimes de base et complémentaires. Notre système actuel comprend de multiples dispositifs complexes de compensation entre les caisses.
Le régime en comptes notionnels permettrait l’alignement du régime de la fonction publique et des régimes spéciaux
Une telle mutation pose des problèmes de transition et génère des coûts de migration. Il faudrait des mesures d’ajustements pour en atténuer l’impact.
Par ailleurs, pour garantir un réel équilibre du régime de retraite, il faudrait fixer un montant maximum de la richesse nationale alloué aux retraites ce qui pourrait conduire comme en Suède à des baisses automatiques de pension en cas de recul du PIB.
vendredi 7 décembre 2012
La semaine économique et financière
La semaine passée a été marquée par la détente des taux sur le marché de la dette publique en zone euro. La France a ainsi pu emprunter à un taux inférieur à 2 % et l'Espagne a réussi à boucler son programme d'émissions. Il faut néanmoins souligner que le financement des dettes publiques est de plus en plus national.
La Banque centrale européenne a décidé de ne pas changer ses taux d'intervention. Elle a revu à la baisse ses prévisions de croissance, la récession pour 2013 en zone euro étant très probable. La croissance du PIB de la zone euro serait comprise dans une fourchette de – 0,6 % à – 0,4 % en 2012, de – 0,9 % à + 0,3 % en 2013 et de + 0,2 % à + 2,2 % en 2014. Les prêts immobiliers aux particuliers restent à des niveaux historiquement bas, autour de 3,3 à 3,5 %.
En revanche, les Européens avancent à pas comptés sur l'Union bancaire du fait de divergences vis-à-vis du rôle de la BCE dans la supervision.
En France, le CAC 40 a retrouvé son niveau de l'été 2011 avant la tourmente des dettes publiques en franchissant le seuil de 3600 points. La poursuite de la valorisation des actions françaises dépendra de la capacité de l'Europe de sortir du trou noir des dettes souveraines. Les dernières décisions de la BCE et des Chefs d'Etat ont modifié depuis la rentrée la donne. La marge d'appréciation de la bourse de Paris car elle est loin d'avoir retrouvé son niveau d'avant crise à la différence de New York ou de Francfort qui a dépassé son niveau de 20008.
Au Royaume-Uni, le Chancelier de l'Echiquier a présenté le plan quinquennal budgétaire avec un report de deux ans de l'objectif de réduction du ratio de dette publique par rapport au PIB. En 2015, la dette publique atteindra un sommet à 97,4 % du PIB. le déficit public devrait atteindre 6,2 % du PIB en 2013 contre 5,2 % cette année. Il serait ramené à 1,8 % en 2017.
Aux Etats-Unis, le taux de chômage s'est abaissé à 7,7 % soit le meilleur résultat de ces quatre dernières années. 146 000 emplois ont été créés au mois de novembre malgré l'ouragan Sandy. C'est une demi bonne surprise. Ce bon résultat doit être néanmoins corrigé par d'autres données. Le taux de participation à la population active s’est contracté à 63,6 %, contre 63,8 % en octobre, signe que de nombreux Américains ont renoncé à chercher un emploi le mois dernier. Le nombre d’heures hebdomadaires travaillées est resté stable à 34,4, tandis que le salaire horaire a légèrement crû de 0,2 %. Par ailleurs, la croissance américaine reste suspendue aux discussions budgétaires et fiscales entre démocrates et Républicains. Du fait des divergences de vue, elles risquent d'être longues et difficiles.
En Allemagne, l'économie commence à souffrir de la récession de la zone euro qui a été confirmée par Eurostat. La production industrielle allemande est en repli au mois d'octobre tout comme l'investissement ce qui devrait entraîner un tassement de la croissance au quatrième trimestre.
A suivre la semaine prochaine, le PIB du troisième trimestre au Japon, la production industrielle du mois d'octobre en France ainsi qu'au sein de la zone euro, les prix de la consommation en France et les ventes de détail aux Etats-Unis.
Au niveau des réunions, il faudra suivre le comité de politique monétaire de la FED et le sommet des chefs d'Etat européens du 13 décembre consacré à l'intégration européenne.
jeudi 6 décembre 2012
Les impôts comme réponse à la rigidité ?
Face à une crise économique, les agents économiques sont censés ajuster leur comportement à la nouvelle donne et rechercher un nouvel équilibre. Ces ajustements prennent la forme de correction sur les principales variables économiques. Ainsi, le prix du capital peut être amené à baisser afin d’améliorer sa rentabilité, il en est de même avec le coût du travail et le prix des biens et services. Or, en France, tel n’est pas le cas.
La rigidité à la baisse des prix concerne autant les biens et services que le capital et le travail. Ainsi, l’immobilier ne baisse pas ou très peu depuis le début de la crise de 2007. En fin d’année 2012, il est constaté une réduction forte des transactions, une augmentation du stock de logements invendus mais pas de baisse tangible des prix. Compte tenu de la stagnation voire de la diminution du pouvoir d’achat des ménages, il en résulte des difficultés accrues pour se loger. En outre, la part immobilisée dans la pierre est certainement trop importante et ne contribue pas à un financement optimal de l’économie. Chez nos partenaires, la crise s’est accompagnée d’ajustements importants au niveau de l’immobilier en particulier en Espagne ou aux Etats-Unis.
Cette rigidité à la baisse est également très nette en ce qui concerne les salaires. Il n’y a pas de corrélation entre chômage et coûts du travail, contrairement à ce qui est constaté aux Etats-Unis, en Espagne ou en Italie. De ce fait, les entreprises françaises ne peuvent pas améliorer leurs marges et investir pour élever leur niveau de gamme ou pour trouver de nouveaux marchés. Cette rigidité est accrue par le droit du travail protecteur pour les personnes ayant un emploi mais excluant ceux qui n’en sont pas dotés.
La faible variation des salaires a pour corollaire la rigidité des prix des biens et services. Faute d’avoir des marges d’ajustement sur les coûts, les entreprises ne sont pas incitées à revoir leur tarif même en période de crise. La faiblesse de la concurrence en matière de distribution et le poids des secteurs réglementés accentuent cette tendance à la rigidité.
Face à cette rigidité des facteurs de production souvent favorisée implicitement ou explicitement par les pouvoirs publics, la seule variable d’ajustement pour intervenir sur le cours de l’économie est de jouer sur les impôts. Ainsi, pour réduire le déficit commercial de la France, à défaut de restaurer la compétitivité, il est nécessaire de diminuer les importations et donc la capacité d’achat des ménages. L’augmentation des impôts, impôt sur le revenu ou TVA contribue à amputer le pouvoir d’achat et facilite ainsi le retour à l’équilibre de la balance commerciale.
Pour améliorer la compétitivité coût, les pouvoirs publics doivent effectuer des transferts de ressources en allégeant d’un côté le coût du travail (baisse de charges ou crédit d’impôt) et de l’autre augmenter les impôts sur les consommateurs.
Pour résoudre le surcoût de l’immobilier, les gouvernement n’ont comme solution que de mobiliser une partie de l’épargne des Français via le Livret A ou via des dispositifs fiscaux incitatifs comme le Scellier ou le Duflot. . Il en résulte la multiplication de programmes pas toujours rationnels et rentables.
La France souffre d’une insuffisance de concurrence que ce soit au niveau du financement qu’au niveau de la distribution des biens et des services mais aussi par l’existence d’un trop grand nombre de secteurs encore réglementés. L’économie reste très fortement administrée dans ses systèmes de régulation et dans son mode de fonctionnement. L’existence de très grands groupes internationalisés et la faiblesse des entreprises de taille intermédiaire concourent également à cette rigidité générale. Les ajustements sont, par nature, plus difficiles à mener dans des grands groupes qui ont, par ailleurs, entre leurs mains plus d’outils pour gérer des chocs conjoncturels.
mercredi 5 décembre 2012
la France emprunte pour rien ou presque
Selon les Echos, au 19 novembre, le taux moyen pondéré des emprunts d'Etat français sur 2012 était de seulement 1,87 %, un niveau jamais atteint.
Nous sommes loin des années 80 avec des taux à deux chiffres. ainsi le taux à 10 ans français était de de 17,4% en 1981. Certes, ce taux est à mettre en relation avec l'inflation qui naviguait alors autour de 10 % et plus. Depuis le sommet de 1981, avec la désinflation, les taux des obligations ont baissé avec quelques remontées en fonction des crises monétaires en 1990, 1994 et 1999.
- Décembre 1982 : le taux passe sous la barre des 15%, à 14,83%.
- -Février 1986 : l'OAT descend sous le seuil des 10%, à 9,68%.
- 12 février 1998 : le taux glisse sous les 5%, à 4,99%.
- 1er octobre 1998 : il passe sous la barre des 4%, à 3,95%.
- 20 mai 2010 : l'OAT franchit à la baisse le seuil des 3%
Ce faible taux est une bonne nouvelle pour l'Etat qui peut emprunter à faibles coûts. C'est également une incitation pernicieuse à s'endetter. Il faut noter que le service de la dette, le remboursement des intérêts de la dette est inférieure à celui des années 90. Ce faible taux est une bonne nouvelle pour les emprunteurs, ménages et entreprises à la condition que les banques acceptent de prêter.
C'est en revanche une mauvaise nouvelle pour les épargnants dont les revenus seront pénalisés. C'est aussi le signe manifeste de la crise économique dans laquelle nous évoluons.
Si l'Etat français malgré la perte de son triple A peut emprunter à un tel taux, c'est parce que le champ des possibles pour les investisseurs s'est réduit. le nombre de grands pays offrant un volume de dettes suffisant et solvables se contracte. Il reste l'Allemagne mais elle ne peut pas être l'unique réservoir des investisseurs. DE ce fait, la France est un second choix avec une prime de risque de 0,6 point.
samedi 1 décembre 2012
La lettre du Cercle des Epargnants : mois de décembre 2012
- L'édito "Ode à la sagesse de l'épargnant"
- La contribution du Cercle au rapport berger/Lefebvre
- Pourquoi épargnons-nous ?
- le PERP entre en fusion
- le célibat, les inégalités et l'espérance de vie
- Chères dépenses de retraite
jeudi 29 novembre 2012
La solidarité en période de crise
Lire l'interview
vendredi 23 novembre 2012
Assuirance-vie le retour !!!!
Lire l'article
jeudi 22 novembre 2012
Boom du Livret A et du LDD : TF1 20 heures
dimanche 18 novembre 2012
Comment épargner son argent ?
lire l'article sur 20 minutes.fr
vendredi 9 novembre 2012
La France en récession !!!
C’est malheureusement l’histoire d’une chronique maintes fois annoncée ; la France entre en récession. La Banque de France a annoncé, le 9 novembre, que le PIB devrait reculer de 0,1 % au 3ème et au 4ème trimestres. Depuis le début de l’année, la France était sur la corde raide avec une croissance nulle au 1er et au 2ème trimestres. La France qui jusqu'à maintenant flirtait avec la récession y entre de plain pieds.
Du fait du contexte européen et des plans de réduction des déficits mis en œuvre, la France ne pouvait guère espérer renouer avec la croissance en cette fin d’année.
Plusieurs de ces grands partenaires sont en récession déjà depuis plusieurs trimestres comme l’Espagne et l’Italie ce qui pèse sur les exportations. L’Italie devrait enregistre une diminution de son PIB de 2,3 % et l’Espagne de 1,4 %. Le Royaume-Uni, autre grand client de la France est en récession (-0,3 %). Même l’Allemagne commence à être impacté avec un taux de croissance qui ne devrait pas excéder 0,4 % cette année.
L’autre grand facteur de contraction du PIB est la dégradation du pouvoir d’achat des Français. Les mesures Fillon annoncées en 2010 aboutissaient à une augmentation des prélèvements d’une dizaine de milliards d’euros auxquels il faut ajouter les mesures prises cet été par le nouveau Gouvernement et par celles en cours d’adoption dans le cadre du PLF et du PLFSS 2013. Une trentaine de milliards d’euros seront ainsi ponctionnés.
L’augmentation rapide du chômage depuis le début de l’année, conséquence du ralentissement l’autoalimente.
Quelles conséquences ?
Le taux de croissance de 2012 avait été revu à la baisse à 0,3 % contre 1,2 % initialement revu dans un premier temps à 0,8 %. Il pourrait être encore plus faible avec à la clef moins de rentrées fiscales.
L'acquis de croissance pour 2013 sera nul voire négatif rendant très improbable l'atteinte de l'objectif de 0,8 % du Gouvernement. Le manque à gagner fiscal devrait tourner autour de 5 à 6 milliards d'euros.
Les incertitudes américaines
L’année 2013 dépendra de la politique économique et budgétaire américaine. Logiquement, un important plan de réduction du déficit fédéral doit s’appliquer avec une remise en cause de nombreux avantages fiscaux et la réduction des dépenses. Une loi a été votée en 2010 pour graver dans le marbre l'objectif de réduction du déficit de 1 200 milliards de dollars sur 10 ans, à partir de 2013. Le déficit budgétaire est de 1326 milliards de dollars. Une commission spéciale, réunissant démocrates et républicains, est chargée d’établir ce plan de réduction Pour 2013, il pourrait porter sur 300 milliards de dollars.
Le Congrès devra également dans les prochaines semaines réétudier le relèvement du plafond de dettes fixé à 16 394 milliards de dollars. La dette américaine est de 16 190 milliards de dollars à fin octobre soit 100 % du PIB.
La mise en œuvre du plan de réduction pourrait avoir raison de la croissance américaine qui devrait être de 2,2 % en 2012 même si cette croissance repose sur des bases relativement saines (compétitivité retrouvée par maîtrise salariale et réduction de la facture énergétique).
Les Etats-Unis étant avec l’Union européenne, le principal centre de consommation, l’économie mondiale aurait du mal à résister à leur entrée en récession. C’est pourquoi il y a un relatif consensus sur le fait que l’assainissement des comptes publics américains soit étalé.
Il n’en demeure pas moins que la zone euro ne pourra pas bénéficier de la croissance américaine pour compenser la faiblesse de son activité intérieure.
2013, les tensions sociales remplaceront-elles les tensions économiques ?
La Grèce pourrait sortir du trou noir dans lequel elle est plongée depuis plus de cinq ans. Le PIB pourrait renouer avec la croissance en 2014 avec 0,6 %. Depuis le début de la crise, le PIB pourrait être amputé de plus de 15 %. Le chômage continuera à concerner le quart de la population active et l’endettement public devrait se situer à 180 % du PIB. Les tensions avec l’Union européenne restent vives.
L’Espagne devrait rester en récession en 2013 avec toujours un fort chômage. En revanche, la compétitivité de son économie s’améliore avec une reprise des exportations. Même si l’Italie sera toujours en récession, il est attendu une amélioration en fin d’année prochaine.
Compte tenu du niveau sans précédent ou presque du chômage et des mesures de réduction des dépenses publiques, des tensions sociales pourraient s’accroître l’année prochaine.
L’Europe attendra les élections allemandes de l’automne 2013
Les élections allemandes marqueront l’année 2013. Il est évident qu’Angela Merkel pour ne pas hypothéquer ses chances de réélection devra maintenir un discours orthodoxe sur les finances publiques et sur les engagements de l’Allemagne à l’égard de ces partenaires.
mercredi 7 novembre 2012
Allons-nous commettre sur le gaz de schiste la même erreur que sur les OGM ? | Atlantico
Allons-nous commettre sur le gaz de schiste la même erreur que sur les OGM ? | Atlantico
la victoire de Barack Obama, quelles conséquences pour l'Europe ?
Les Etats-Unis peuvent-ils tout à la fois réduire le déficit de 3 points sans tomber en récession. Il y a certes une plus grande flexibilité des dépenses qu'en Europe. D'autre part, les dépenses ne représentent que 30 % du PIB contre 56 % en France. De ce fait, leur impact sur la conjoncture est moindre qu'en France. Néanmoins, nul ne pense aujourd'hui qu'une application stricte du plan de réduction des déficits sera effectuée.
Les Etats-Unis disposent d'atouts pour maintenir leur taux de croissance qui tourne autour de 2 %. La diminution du coût de l'énergie avec le développement du gaz de schiste ou des pétroles bitumineux. La maîtrise salariale et le maintien d'un fort niveau de recherche constituent également les autres points forts des Etats-Unis. Il faut remarquer que la balance commerciale se rééquilibre progressivement traduisant une amélioration de la compétitivité américaine.
Barack Obama n'est pas attaché à l'Europe à la différence de Mitt Romney. Le Président est à la recherche d'un équilibre économique et stratégique avec la Chine et avec les nouveaux pays émergents asiatiques. Par ailleurs, son équipe est très consciente de la nécessité de développer les relations économiques avec les Etats d'Afrique qui bénéficient de forts taux de croissance.
Malgré la cohabitation avec la Chambre des Représentants, la position de Barack Obama sort renforcée. Il a deux ans pour tenter de résoudre les problèmes économiques avant les élections de Midterm et avant la fin du second mandat qui est en règle générale peu propice à l'engagement de réformes.
lundi 5 novembre 2012
Rapport Gallois ; pour une réforme de l'assurance-vie et en faveur de l'épargne longue
Dans l'état des lieux, Louis Gallois mentionne que "les règles d’affectation de l’épargne dite « réglementée » (livret A et livret de développement durable, dit LDD) garantissent le fléchage d’un montant minimal d’épargne vers les entreprises. L’essentiel de cette épargne, particulièrement abondante en France, est cependant mobilisée vers le financement du logement social (part dite « centralisée » au fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et consignations). Elle est, pour le moment,excédentaire.S’agissant plus précisément des actifs gérés par les sociétés d’assurance, en principe adaptés aux financements de long terme et représentant des montants considérables (1 680 milliards d’euros fin 201023), seule une fraction limitée finance les sociétés non financières françaises (110 milliards d’euros, soit un peu plus de 5 % et pratiquement rien ne va vers les PME et ETI non cotées. Les règles de Solvency II se sont, en outre, traduites par un retrait massif des compagnies d’assurance du marché des actions".
Dans la partie propositions, le rapport souligne que "le renforcement des fonds propres des entreprises est évidemment essentiel pour soutenir l’investissement dans une période de crédit plus rare. Il suppose que l’épargne soit orientée vers des placements longs et à risque, et les placements longs vers l’industrie. C’est le complément indispensable du « choc de compétitivité ». Nous proposons : que la « durée » des contrats d’assurance vie soit allongée par une adaptation de leur régime fiscal et que, par les mêmes moyens, les contrats en unités de compte (c'est-à-dire investis en actions), actuellement très minoritaires, ou les contrats « diversifiés » créés en 2005 soient avantagés par rapport aux contrats dits en euros (placements essentiellement obligataires).
le rapport précise que "les compagnies d’assurance soient conduites à investir une faible part de leurs actifs– de l’ordre de 2 % – dans des sociétés non cotées (elles y ont été incitées mais ne s’y sont pas tenues). La liquidité des placements devrait être assurée à une certaine échéance. Les placements s’effectueraient plutôt dans le cadre de fonds spécialisés. L’État devrait d’ailleurs inciter directement les collecteurs d’épargne proches de lui (la CNP, la Prefon,les Caisses des Retraites gérées par la Caisse des Dépôts (IRCANTEC…), le fonds de réserve des retraites, la CADES…) à être plus actifs dans ce domaine ; que les PEA soient, pour partie, réorientés vers les PME et les ETI (ils sont, pour une large part, investis dans les grandes valeurs de la cote), grâce à un avantage fiscal, pour déboucher sur un véritable PEA-PME, comme l’a annoncé le Président de la République le 20 septembre 2012 ; que le capital investissement pour les entreprises innovantes, notamment à travers les FCPI et les FIP, soit soutenu par la stabilité de son régime fiscal – a minima – ou plutôt,par l’augmentation des plafonds de versement des épargnants. Encourager parallèlement une durée plus longue de placement (10 ans) doit permettre de financer les « investissements patients » dont les PME ont besoin.Le développement de l’actionnariat dans les PME et les ETI doit plus généralement s’inscrire dans un cadre fiscal supportable pour un placement à risque et qui ne soit pas pénalisant par rapport à d’autres placements plus « confortables » comme l’immobilier, dont la fiscalité pourrait être relevée".
Lire l'ensemble du rapport
samedi 3 novembre 2012
Ce n'est pas à la mode mais vive la concurrence
Le marché unique n’a pas abouti à la création d’un vaste marché uniforme au sein de l’Union européenne du fait du poids des réglementations fiscales et sociales. A l’exception de l’entrée des compagnies low-cost, le ciel des Etats membres reste dominé par les grandes compagnies nationales. Pour les télécommunications, la concurrence s’est réalisée par les réseaux de téléphone mobile. Il n’en demeure pas moins que pour les grands Etats, sauf pour le Royaume-Uni, les leaders sont nationaux. Pour le transport ferroviaire, la libéralisation est plus sur le papier que dans les faits compte tenu du coût d’entrée sur le marché. La seule possibilité pour créer un réel climat de concurrence serait de diviser la SNCF en plusieurs lots. Avec la fusion de RFF et de la SNCF, le gouvernement fait plutôt machine arrière.
Le marché unique reste à construire pour de nombreux services. Ainsi, le marché unique de l’assurance est la juxtaposition de 27 marchés correspondant au 27 Etats membres de l’Union européenne. Un contrat d’assurance-vie français ne vaut que pour les Français.
Si la concurrence s’est accrue avec la mondialisation, elle concerne surtout le secteur industriel avec l’arrivée de producteurs des pays émergents.
Le poids et le rôle des administrations publiques contribuent au manque de concurrence en France. Les collectivités publiques en fixant les prix pour un nombre important de services empêchent l’entrée sur les marchés concernés d’entreprises privées. Les activités sportives ou culturelles sont aujourd’hui monopolisées par le secteur public. Le secteur du logement ou le financement des PME entrent de plus en plus dans la sphère publique.
La recherche d’une plus grande concurrence passe par une libéralisation de certains secteurs mais aussi par une refonte du mode d’intervention publique. L’Etat ne peut plus être producteur mais être avant tout régulateur. Il doit être un correcteur d’inégalités mais pas un destructeur de marchés. En lieu et place d’être un producteur de services, il doit facili
jeudi 1 novembre 2012
La lettre du mois de novembre du Cercle des Epargnants
Au sommaire de la lettre du mois de novembre :
- L'édito De Philippe Crevel, "quand l'épargnant se prend pour l'âne de Buridan"
- L'assurance-vie souffre mais ne rompt pas
- Retraite, comment éviter la Bérézina
- 20 000 milliards de dollars
- Le Madelin a sauvé sa peau fiscale
mardi 23 octobre 2012
Les Etats-Unis en proie à l'incertitude
Si le nom du vainqueur n'est pas aisé à déterminer, l'Europe apparaît comme la grande perdante de cette élection. Aucun des deux candidats ne l'a mentionné durant e débat réservé à la politique internationale. Les Etats-Unis s’affranchissent du vieux continent qu'il considère en proie à des problèmes insolubles de gouvernance.
Il n'en demeure pas moins que la vieille Europe rattrape légèrement son retard en matière de résultats boursiers. Le S&P 500 a progressé de 14 % aux Etats-Unis contre 11 % à Paris et 24 % à Berlin. L'appréciation de l'euro et les bons résultats des compagnies européennes jouent en faveur de ce rééquilibrage. En outre, les entreprises européennes valent peu chères par rapport aux entreprises américaines dont la valeur a retrouvé celle d'avant la Grande récession. Il y a donc encore des marges d'appréciation pour les entreprises européennes d'autant plus que les Etats-Unis devront mettre en oeuvre un plan de réduction des déficits publics en 2013.
vendredi 19 octobre 2012
Interview sur l'épargne salariale
vendredi 5 octobre 2012
Conjoncture : avis de tempête pour 2013
Jamais depuis la seconde guerre mondiale, la France n'a connu une telle stagnation. L'absence de gains de productivité semble entraver la croissance durant de nombreuses années au-delà de l'impact des plans de rigueur. Le taux de chômage devrait progresser et se rapprocher des 10,5 %.
Le pouvoir d'achat des Français devrait se réduire dans les prochains mois du fait de la hausse des impôts et la faiblesse des augmentations salariales. Cette contraction du pouvoir d'achat devrait peser sur le déficit commercial. Il ne faut pas oublier qu'un des objectifs du plan du Gouvernement est de réduire le déficit commercial qui a été de 70 milliards d'euros en 2011. La France compte tenu du poids de sa dette, 91 % du PIB, se doit de pouvoir rééquilibrer ses comptes extérieurs afin de limiter sa dette extérieure.
Le Gouvernement table sur une baisse du taux d'épargne qui est de 16,4 % du revenu disponible brut pour maintenir le niveau de la consommation. Certes, le taux d'épargne des ménages français figure parmi les plus élevés d'Europe. Les espoirs du Gouvernement risquent d'être déçus car en période de crise les Français maintiennent leur épargne voire l'augmente. De même quand la pression fiscale progresse, le taux d'épargne s’accroît. Les Français mettent de l'argent de côté pour payer les impôts.
Pour 2013, il y a un vrai risque d'enclenchement d'un cercle vicieux récessif avec deux zones économiques dans le rouge, Etats-Unis et Europe. Un plan de soutien structurel axé sur l'offre serait nécessaire pour éviter un plongeon dans la récession.
mercredi 3 octobre 2012
Conjoncture : 2013 suspendue au plan d'assainissement américain
L’économie mondiale retient néanmoins son souffle dans l’attente des résultats de l’élection présidentielle américaine. L’important n’est pas de savoir si Obama sera réélu ou si Romney réussira à combler son retard mais de savoir si le Président réélu ou élu appliquera le programme de réduction des déficits publics. En effet, compte tenu des dispositions adoptées par le Congrès, il est prévu qu’à compter de l’année prochaine, le déficit public soit réduit de 4 à 5 points. Une telle réduction plongerait l’économie américaine en récession. La croissance passerait de 2,5 à -0,5 voire -1 point.
Le plongeon de la croissance américaine signifierait que les deux premières zones économiques, la zone euro et les Etats-Unis, seraient en récession ce qui entraînerait l’économie mondiale en récession. Il y a un réel risque d’un enclenchement d’un cercle vicieux récessif qui nous rapprocherait davantage de la situation qui a prévalu dans les années 30 même si les analogies sont toujours délicats à réaliser en la matière.
Aujourd’hui, les dirigeants des Etats et les économistes espèrent que les Etats-Unis n’appliqueront pas de manière rigide le plan de réduction des déficits surtout en cas de réélection de Barak Obama. Il est néanmoins fort probable que la Chambre des représentants reste républicaine. Il y aura de toute façon réduction des dépenses et donc un impact négatif sur l’activité. L’année 2013 risque donc d’être difficile sur le plan économique avec une croissance nulle voire négative pour la France.
L'immobilier, éternel valeur refuge
La raréfaction des crédits, la baisse du pouvoir d'achat, la crise économique rien n'y fait, les prix de l'immobilier font de la résistance sur Paris.
Les derniers chiffres des notaires le confirment. Si la baisse d'ailleurs modeste est réelle en province, elle n'est pas à l'ordre du jour sur Paris.
L'immobilier parisien est devenu une valeur refuge et un produit d'épargne. Avec les dernières mesures fiscales qui frappent l'épargne financière, il est à craindre que le mouvement de hausse se poursuive.
Les conséquences sont le départ des classes moyennes de Paris et la création d'une réelle bulle spéculative. Les investisseurs institutionnels français et étrangers sont de plus en plus présents. Cet engouement pour l'immobilier détourne l'épargne de l'économie réelle et donc du financement des entreprises. L'essor de l'immobilier concourt à la désertification économique au point que les pouvoirs publics sont obligés de mettre en place des circuits de financement publics. Il serait plus simple de favoriser l'épargne longue financière.
mardi 2 octobre 2012
Tourisme, une saison difficile en Corse
lundi 1 octobre 2012
La lettre du Cercle des Epargnants
- L'édito du mois d'octobre par Philippe Crevel Epargne et impôts,
- un couple maudit
- L'assurance-vie n'a pas dit son dernier mot
- Les retraités français broient du noir
- Et si la réforme s'appelait Trustee
- Pas de répit pour la retraite en 2013