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mardi 17 février 2015

Le PIB par habitant recule en France depuis 2008

La faute à la faible croissance, 0,4 % par an depuis trois ans, la faute à l'augmentation de la population plus de 310 000 en 2014, le PIB par habitant recule depuis 2008. En sept ans, il a perdu 2 %. Les Français s'appauvrissent mais moins vite que les Italiens -12 % depuis 2008 ou les Grecs -25 %. En revanche, les Allemands ont gagné 3,5 %.

Depuis 2008, la richesse nationale allemande a gagné 3,5 % quand le gain n'a été que de 1,4 % en France. Entre 2004 et 2014, l'écart entre la France en terme de population est passée de 20,3 à 14,8 millions d'habitants. Depuis 2008, l'Allemagne a perdu 1,1 million d'habitants. En Allemagne, une croissance de 1 % permet d'améliorer le PIB par habitant de 1,7 % quand en France pour obtenir le même résultat il faut une croissance de 2,2 %. 

mercredi 18 juin 2014

Les salaires en Allemagne ont progressé plus vite qu'en France en 2013

Le fort taux de chômage en France et la dégradation de la conjoncture ont pesé sur les salaires en 2013 plus qu'en Allemagne qui a enregistré une inflation plus importante. En 2013, en France, le salaire mensuel brut de base (SMB) de l’ensemble du secteur marchand non agricole a progressé de 1,7 % en euros courants en
moyenne annuelle, un rythme inférieur à celui de  l’année précédente (+2,1 %). En Allemagne, le SMB
est plus dynamique et ralentit moins : +2,6 % en 2013 après +2,8 % en 2012.

Lire l'analyse de l'INSEE


vendredi 9 mai 2014

Les exportations allemandes : toujours en forme

Les exportations allemandes ont progressé de 1,9 % au mois de mars par rapport à mars 2013 et de 1,8 % par rapport au mois de février 2014. Les exportations se sont élevées à 96 milliards d'euros quand les importations ont atteint 79,6 milliards d'euros.  Les importations ont diminué de 0,9 % par rapport au mois de février. De ce fait, le rééquilibrage de la balance commerciale allemande risque de prendre du temps... La demande intérieure allemande reste insuffisante pour générer un flux d'importations en augmentation.


Flows of commodities and services in billion euros
ItemMarchJanuary to
March
FebruaryMarchJanuary to
March
20142013
Discrepancies in the totals may occur due to rounding.
1   Exports (f.o.b.)96.0279.192.494.2270.7
2   Imports (c.i.f.)79.6231.476.275.4221.4
Balance of
3   Foreign trade (1-2)16.447.716.218.949.3
4   Services1.24.61.71.20.0
5   Factor income (net)7.719.66.27.621.8
6   Current transfers–3.5–15.7–7.4–3.2–16.0
7   Supplementary trade items–2.3–7.7–2.9–3.3–7.7
8   Current account (3+4+5+6+7)19.548.513.821.147.4

lundi 7 avril 2014

Allemagne et Espagne en forme industrielle

L'Allemagne a enregistré une hausse de sa production industrielle de 4,8 % au mois de février sur une base annuelle contre 4,9 % en janvier. LA hausse du mois de février est de 0,4 % contre 0,3 % en janvier. Le résultat obtenu est supérieur aux attentes.

En Espagne, la reprise prend forme avec une production industrielle en hausse de 2,8 % sur un an avec le résultat de février. En janvier, ce taux était de 1,3 % prouvant que l'économie espagnole est redevenue compétitive. iv dir="ltr" style="text-align: left;" trbidi="on">

mardi 18 mars 2014

L'Allemagne s'inquiète ?


L'indicateur ZEW sur le sentiment économique est en recul en Allemagne à 46,6 au mois de mars contre 55,7 au mois de février. Il était déjà en recul par rapport à janvier. Le recul est plus fort que prévu. L'indicateur sur la situation courante est également en recul.

L'indice ZEW, qui porte le nom du centre allemand pour la recherche sur l'économie européenne, mesure les anticipations des analystes et des investisseurs institutionnels quant à l'évolution de l'économie allemande. st calculé à partir du sentiment d'environ 300 à 350 spécialistes financiers sur l'évolution de l'économie allemande dans les 6 mois à venir.

lundi 24 février 2014

La conjoncture allemande reste bien orientée


Le climat des affaires (industrie et commerce) reste bien orienté. la publication des indicateurs IFO a confirmé la bonne tendance de l’économie allemande.

Les évaluations de la situation de l'entreprise en cours étaient beaucoup mieux orientés qu'au mois de janvier. Si les anticipations sont un peu moins bonnes, elles restent en positives. Le climat des affaires dans l'industrie manufacturière s'améliore  pour le quatrième mois consécutif . Les fabricants sont beaucoup plus satisfaits de la situation actuelle des entreprises. Leur confiance dans l'évolution  des affaires s'est néanmoins légèrement affaibli mais elle demeure élevée . Bien que les perspectives à l'exportation s'assombrissent , la majorité des chefs d'entreprise restent optimistes.

Après forte hausse du mois dernier , l'indice du climat des affaires dans le commerce de gros a légèrement diminué. Les grossistes ont de nouveau nettement plus satisfaits de leur situation économique actuelle . Cependant, ils ne sont plus tout à fait positif sur les développements futurs . Dans le commerce de détail , l'indice du climat des affaires a augmenté de manière significative. La situation des affaires s'est améliorée , avec des évaluations atteignant leur plus haut niveau depuis le printemps 2012. L'indice du climat des affaires dans la construction a légèrement diminué. Les évaluations de la situation de l'entreprise actuelle sont moins favorables.

Lire le rapport 

vendredi 14 février 2014

Croissance, l'Allemagne sauve les meubles !


Avec des voisins en piteux état, l'Allemagne a sauvé les meubles l'année dernière. En effet,l'économie allemande a poursuivi sa croissance modérée à la fin de l'année . Au quatrième trimestre de 2013 , le produit intérieur brut ( PIB ) a augmenté de 0,4 % sur le troisième trimestre de 2013 . Dans les deux trimestres précédents , aussi, l'économie allemande avait augmenté de 0,7 % et 0,3 % , respectivement, après une stagnation au début de l'année . L'Office fédéral de la statistique ( Destatis ) rapporte également que cela se traduit par une hausse de 0,4 % pour l' ensemble de l'année 2013 ( calendrier ajusté : + 0,5 % ) . Sans surprise, le commerce extérieur continue à doper la croissance allemande, l'augmentation des exportations de biens et services a été sensiblement plus élevé que celui des importations . Dans une comparaison d'année en année, la croissance économique s'est accélérée au cours de l'année . Le PIB corrigé des prix au quatrième trimestre de 2013 a augmenté de 1,3 % , après des hausses de 1,1% au troisième trimestre de 2013 et de 0,9 % au deuxième trimestre de 2013. La population active occupée a atteint 42,2 millions de personnes soit une augmentation de 243 000 ou 0,6 % par rapport à 2012.

jeudi 13 février 2014

Inflation sous contrôle en Allemagne en janvier


Le taux d'inflation est de 1,3  % au mois de janvier contre 1,4 % en décembre sur une base annualisée. Les prix ont reculé de 0,7 % au mois de janvier contre une hausse de 0,5 %. Malgré la reprise, les prix restent très maîtrisés confirmant la tendance observée dans toute l'Union.

  Lire le rapport de l'institut statistique allemand

samedi 30 novembre 2013

La semaine économique et financière

Le coin des épargnants

Le CAC 40 est toujours en dessous de la barre des 4300 points. En de semaine, il s’en est rapproché à 4295 points. En une semaine, la progression a été de 0,39 % et sur le mois, la hausse a été de 0,40 %. Il y a une barre psychologique autour des 4300 points. L’attentisme est de rigueur au vu des résultats américains sur un marché en mode pause du fait de Thanksgiving.

Depuis le début de l’année, le CAC 40 a gagné 17,97 % et 20,35 % en un an.

L’or ne fait plus recette. L’once de métal jaune se situe autour de 1250 dollars l’once après être tombé à près de 1225 en début de semaine, loin de ses records de 2012. Depuis le début de l’année le métal précieux a perdu près de 25 % de sa valeur à Londres.

Zone euro, le Sud va mieux, le Nord confirme, le centre hésite

Le Sud sort de la récession. L’Espagne et le Portugal retrouvent des couleurs au niveau de la croissance et de la balance commerciale. L’Italie reste en revanche toujours en deux eaux. Le Nord confirme avec néanmoins la perte du triple A pour les Pays-Bas .

L’Espagne  a enregistré une augmentation de son activité économique au troisième trimestre de 2013, ce qui un fait nouveau depuis plus de deux ans.

La consommation, l’investissement des entreprises, ont montré des signes de stabilisation. Les exportations ont augmenté de près de 40% en volume depuis le printemps 2009.

Les coûts unitaires de production ont baissé, les investissements directs étrangers ont progressé le rétablissement de la profitabilité des entreprises a été importante.

Face à cette amélioration, l’Agence Standard & Poor’s a relevé le 29 novembre, la note de « négative » à « stable » pour la perspective attachée à la dette du pays, notée BBB-.

Zone euro, inflation en légère hausse, emploi en très légère baisse

Selon Eurostat, le taux d'inflation annuel de la zone euro est évalué pour le mois de novembre à  à 0,9%  contre 0,7 % au mois d'octobre dernier.

Ce petit ressaut a été occasionné par  l'alimentation, les boissons alcoolisées & le tabac. Ont joué également à la hausse les services (1,5% contre 1,2% en octobre). En revanche, les biens industriels hors énergie restent stables avec +0,3%. En revanche, l'énergie continue de se contracter avec -1,1% contre -1,7% en octobre.
L'amélioration dans le Sud et la reprise de la demande interne allemande peuvent expliquer ces variations à la hausse qui demeurent néanmoins très limitées. L'inflation demeure en-dessous de la cible de 2 % de la BCE.

Selon Eurostat, dans la zone euro, le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s'élève à 12,1% au mois d'octobre 2013 contre  12,2% relevé en septembre. Dans l’Union Européenne, le taux de chômage a été de 10,9%, stable par rapport au taux relevé en septembre.

En octobre 2013, 26,654 millions d’hommes et de femmes étaient au chômage dans l’Union  dont 19,298 millions dans la zone euro. Par rapport à septembre 2013, le nombre de chômeurs a diminué de 75 000 dans l’Union  et de 61 000 dans la zone euro. Comparé à octobre 2012, le chômage s’est accru de 512 000 personnes dans l’Union et de 615 000 dans la zone euro. Le chômage demeure au plus bas en Autriche (4,8%), en Allemagne (5,2%) et au Luxembourg (5,9%). Il demeure au plus haut en Grèce (27,3% en août 2013) et en Espagne (26,7%). Sur un an, le taux de chômage a augmenté dans la moitié des États membres et a baissé dans l’autre moitié. Les plus fortes hausses ont été enregistrées à Chypre (de 13,2% à 17,0%), en Grèce (de 25,5% à 27,3% entre août  2012 et août 2013) et aux Pays-Bas (de 5,5% à 7,0%).Les baisses les plus marquées ont été observées en Lettonie (de 14,0% à 11,9% entre les troisièmes trimestres 2012 et 2013), en Irlande (de 14,5% à 12,6%) et en Lituanie (de 13,0% à 11,1%). La France, avec un taux de chômage à 10,9 % se situe dans la moyenne pour l'Union européenne (10,9 +%) et en-dessous de la moyenne de la zone euro (12,1 %).

A titre de comparaison, au mois d'octobre 2013, le taux de chômage a été de 7,3% aux États-Unis, en hausse par rapport au taux de 7,2% enregistré en septembre 2013 et en baisse par rapport au taux de 7,9% observé en octobre 2012.

France, de modestes espoirs et des craintes

La France a enregistré une baisse de son chômage grâce à l’amélioration de la situation de l’emploi chez les jeunes en relation avec le développement des emplois aidés. Il faut noter que les départs à la retraite contribuent également à ce mouvement. En revanche, le chômage de longue durée se développe et concerne plus de 40 % des demandeurs d’emploi.

Questions craintes, les indicateurs relatifs à la confiance des ménages et de chiffres d’affaires redeviennent négatifs. De même, le recul de la consommation en octobre témoigne de la persistance de la crise. Les augmentations d’impôts pèsent sur l’activité économique plus fortement que prévu. Une augmentation d’un point de PIB des impôts réduit la croissance d’un point. De ce fait, le trend de la croissance reste toujours mal orienté.

Allemagne, Angela Merkel à la tête de sa deuxième grande coalition

Après 66 jours de négociation, la grande coalition est sur les rails. Ce délai dépasse la durée moyenne qui était de  37 jours. Les deux partis sont arrivés à un accord écrit de 185 pages. Ce contrat prévoit l’introduction d’un salaire minimum, l’abaissement de l’âge de départ à la retraite, la double nationalité pour les enfants nés en Allemagne de parents non ressortissants de l’UE, la parité homme-femme au sein des entreprises. Ces mesures sont issues du programme du SPD. L’ensemble de ces mesures représente 23 milliards d’euros sur 4 ans soit 1 point de PIB annuel. Le contrat de coalition semble donc, à première vue participer du changement de cap économique, que les Etats-Unis, le FMI et la Commission européenne ont appelé de leurs vœux au cours des dernières semaines.

Le salaire horaire minimum sera fixé à 8,50 euros à partir de 2015 et devrait concerner 7 millions de salariés, soit 16% de la masse salariale. Toutefois, la nouvelle loi devrait exclure les apprentis, les travailleurs saisonniers et les « mini-jobs ». Les secteurs où les accords de branche sont inférieurs à EUR 8,50 auront jusqu’en 2017 pour s’aligner. En outre, une commission paritaire formée de représentants des salariés (3), des employeurs (3) et d’experts (2) se réunira régulièrement pour négocier la réévaluation annuelle du salaire minimum. Sur le front
des retraites, le SPD voulait faire abroger la loi de 2007 qui prévoit de repousser à 67 ans l’âge de départ à la retraite d’ici à 2029. Désormais, la retraite à taux plein pourra être touchée dès 63 ans, mais sous certaines conditions, à savoir uniquement pour ceux qui auront totalisé 45 ans de cotisations.

En revanche, le SPD a renoncé à ses exigences européennes. Le contrat de coalition s’oppose à toute idée de mutualisation de la dette ainsi qu’à l’instauration d’un fonds européen de garantie des dépôts. En revanche, il est favorable à l’utilisation des fonds du MES pour recapitaliser directement des banques en difficulté, dans la mesure où « tous les autres moyens prioritaires » auront été épuisés.

L’objectif d’orthodoxie budgétaire est maintenu avec le maintien de l’équilibre du solde budgétaire structurel d’ici à 2015 et la réduction de la dette qui devrait être
ramenée à 70% du PIB d’ici à 2017, contre 80% en 2013. Il est également convenu que le Gouvernement ne recourra pas à des hausses d’impôts pour financer le train de nouvelles mesures.

La CSU a obtenu quelques concessions de ses partenaires. Les automobilistes étrangers empruntant les autoroutes allemandes ainsi que les poids lourds traversant le pays devront acquitter un péage. Néanmoins, cette mesure est contraire au droit européen.
Cet accord sera soumis à référendum auprès des 473 000 adhérents du SPD. Ces derniers voteront par correspondance entre les 6 et 12 décembre. Les résultats seront annoncés le 15 décembre.

Si le « oui » l’emporte le 15 décembre, le Bundestag se réunira le 17 pour réélire Angela Merkel, pour la troisième fois. La Chancelière disposera alors de quelques jours pour former son gouvernement. Par le passé, la répartition des portefeuilles ministériels était calquée sur celle des sièges obtenus au Bundestag. Ainsi le SPD devrait disposer de six portefeuilles ministériels sur les quatorze du nouveau cabinet Merkel. La CDU en aurait cinq et sa petite sœur bavaroise, la CSU, trois.

Etats-Unis, toujours en mode hésitant

Le retour de la croissance forte est toujours attendu. Les indicateurs avancés régionaux sont incertains. L’évolution des carnets de commandes de l’industrie manufacturière tend à confirmer les résultats moyens des enquêtes régionales.

Certes, il faut noter que les créations d’emplois ont été supérieures en octobre aux prévisions  avec un solde positif de 212 000. Mais, le taux de chômage reste calé à 7,3% en octobre. De ce fait, le taux de chômage reste bien supérieur à son taux naturel. Ce dernier est estimé à 5,5% par le CBO (Congressional Budget Office) et entre 5% et 6% par les membres du FOMC. La main d’œuvre disponible est ainsi bien supérieure aux offres d’emplois, pesant sur la formation des salaires, dont la progression en glissement annuel évolue aux alentours de 2% depuis deux ans et demi.

Dans ces conditions, la politique monétaire ne devrait pas être modifiée.

A suivre... next week
Lundi 2 décembre, aux Etats-Unis seront communiqués les résultats dépenses de construction pour les mois de septembre et octobre
Toujours aux Etats-Unis, sera rendu public l’indice ISM manufacturier du mois de novembre. Il est attendu en baisse.

Au Royaume-Uni, il faudra suivre l’indice  PMI manufacturier du mois de novembre.  
En octobre, l’indice global du secteur manufacturier avait légèrement été en baisse. Après cette correction, il est attendu en hausse pour novembre.  

Mardi 3 décembre

En France, il faudra suivre le débat sur l'avenir du nucléaire, à l'Assemblée nationale.

Mercredi 4 décembre, en France, sera rendu public l’indice PMI de services pour le mois de novembre. Se tiendra, par ailleurs un forum sur l'énergie, à l'université Paris-Dauphine, en présence.

Au Royaume-Uni, il faudra regarder l’indice d’activité dans les services qui  avait atteint, dans les services, son niveau le plus élevé depuis le printemps 1997 (à 62,5, après 60,3 en septembre). L’indice pourrait subir une légère correction en novembre.

L’OPEP se réunit à Vienne. Il n’y a pas de changement de cap à attendre.

Aux Etats-Unis, seront communiqués l’enquête emploi ADP du mois de novembre, les ventes de logements neufs pour les mois de septembre et octobre et le Livre beige de la Fed.

Au Canada, est attendue une réunion de la Banque centrale.  

Jeudi 5 octobre

En France sera publié le taux de chômage au sens du BIT pour le 3ème trimestre.

Au Royaume-Uni, la BoE se réunit. Compte tenu de l’évolution récente de la situation économique, la BoE devrait maintenir inchangé son taux directeur à 0,5%, ainsi que le montant de ses achats d’actifs à GBP 375 mds.

En parallèle, la BCE se réunit également. Le taux d’inflation de 0,9 % devrait rassurer le board. La BCE devrait laisser ses taux inchangés lors de la réunion de décembre.

Vendredi 6 décembre,

A Paris, se tient un sommet à l’Elysée sur la sécurité en Afrique. Toujours à Paris seront connus les résultats du commerce extérieur du mois d’octobre et la situation mensuelle budgétaire de l'Etat d’octobre.

A Washington, seront publiés les résultats des créations d'emploi et le taux de chômage du mois de novembre. Après un rebond en octobre, les créations d'emplois devraient se ralentir autour de 180 000 créations par mois. 

samedi 16 novembre 2013

La semaine économique et financière

Le Coin des Epargnants

La semaine a été marquée par l’annonce officielle de la création de deux nouveaux contrats d’assurance-vie, l’euro-croissance et le contrat « succession ». Le premier est destiné à orienter l’épargne vers les entreprises, le second à favoriser le financement du logement, de l’économie sociale et solidaire, les PME ou les entreprises de taille intermédiaire.

L’euro-croissance est un contrat multisupports avec un fonds euros dont la garantie en capital s’exprimera à terme permettant une allocation plus dynamique et devant fournir un rendement supérieur.

 Pour inciter les épargnants à transférer l’épargne de leurs anciens contrats sur les nouveaux contrats euro-croissance, le Gouvernement octroie l’antériorité fiscale ; les nouveaux contrats bénéficieront de l’ancienneté des contrats classiques ouverts précédemment. Ainsi, un épargnant qui a ouvert son contrat il y a quatre ans et qui décide de le transférer sur un nouveau contrat euro-croissance, n’aura à attendre que quatre ans pour obtenir le meilleur régime fiscal en matière de prélèvement libératoire au titre de l’impôt sur le revenu et non huit.

Le contrat « succession » est un contrat en unités de compte sans garantie en capital. Pour favoriser son développement, le Gouvernement propose un abattement de 20 % sur les droits de succession, abattement qui sera imputé avant celui de 152 500 euros.

Malheureusement, le Gouvernement  a décidé de relever le taux d’imposition de 25 à 31, 5 % des droits de succession pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire excédant  902 838 euros.

Le CAC 40 a gagné sur la semaine 0,75 %, porté par les propos de la future responsable de la Fed, Janet Yellen. Devant le Sénat, elle a indiqué que la politique des injections de liquidité, même si elle n’était pas éternelle, devrait se poursuivre tant que le chômage restait à un haut niveau.

Le CAC 40 a terminé la semaine à 4 292 points. Le CAC a augmenté de 17,66 % depuis le début de l’année.
Les autres grandes places mondiales ont également enregistré de très bons résultats. Francfort a atteint un nouveau record à 9.168,69. Il en est de même avec Wall Street. Le Dow Jones s’élève à plus de 15900 points et le Nasdaq est proche des 4000 points.

France, toujours au cœur du typhon

La croissance française a été aux abonnées absentes au 3ème trimestre avec un recul du PIB de 0,1 %. La zone euro a connu une toute petite croissance de 0,1 % ; l’Allemagne faisant +0,3 %.
Si un rapport de l’OCDE a souligné que la France devait faire face à une inquiétante perte de compétitivité, la Commission européenne a validé le projet de budget 2014 malgré un déficit de 3,6 % du PIB. La Commission n’a certainement pas voulu ouvrir un front avec le deuxième pays de l’Union européenne à quelques mois des élections européennes du mois de juin 2014. En outre, une mise sous pression de la France sous la forme d’une critique du budget aurait généré des turbulences financières assez dangereuses. De ce fait, le verdict de la Commission est assez logique.
Pour la fin d’année, un léger mieux conjoncturel est attendu avec une croissance devant se situer entre 0,2 et 0,3 % en ce qui concerne le dernier trimestre. Pour 2014, une légère reprise devrait intervenir avec une croissance pouvant se situer entre 0,7 et 0,9 % ce qui sera insuffisant pour permettre un reflux réel et non administré du chômage.

L’Allemagne seule face aux autres

L’Allemagne, toujours dans l’attente de son nouveau Gouvernement doit faire face à la montée des critiques extérieures.

Les Etats-Unis ont dès le mois d’octobre dénoncé « le rythme anémique de la croissance de la demande intérieure » en Allemagne et la dépendance du pays vis à-vis des exportations.
 Le FMI, à travers son premier directeur général adjoint, David Lipton, en visite à Berlin avait demandé à l’Allemagne de se fixer un objectif de réduction de son excédent courant.
 Cette semaine, ce fut le tour de la Commission européenne d’annoncer le lancement d’une « enquête approfondie » sur les excédents courants allemands afin de déterminer s’ils constituent un déséquilibre structurel.

 Cette enquête fait partie des prérogatives européennes, fixées dans le cadre du « Six-Pack » et pourrait déboucher sur une procédure pour « excédent excessif » nécessitant l’adoption de mesures correctrices, consistant par exemple à stimuler la demande intérieure. Pour Berlin, la bonne santé de l’économie allemande exprime avant tout la compétitivité de l’outil productif, les excédents courants n’étant qu’une conséquence. Somme toute, ce n’est qu’à la fin du Semestre européen, fin juin de l’année prochaine, et à l’issue de larges discussions que Bruxelles adoptera éventuellement une procédure à l’encontre de l’Allemagne.

A suivre…

La semaine prochaine sera plus pauvre en annonce économique en particulier en ce qui concerne la France. A noter, lundi, un sommet franco-italien où la France essaiera de jouer l’axe Paris-Rome face à Berlin.

Lundi 18 novembre

Anniversaire de l’auteur de ce papier,

Mardi 19 novembre, à Bruxelles, sera publié le résultat pour le mois d’octobre des immatriculations automobiles en Europe.

Mercredi 20 octobre, à Washington sera publié le Compte-rendu du FOMC des 29-30 octobre derniers.
Toujours aux Etats-Unis, seront connues les ventes de détail pour le mois d’octobre avec un recul attendu de 0,1% m/m, généré par un repli des ventes d'automobiles et de carburants. Hors ces deux éléments (ainsi que les matériaux de construction), les ventes auront ralenti en octobre, à +0,2%.
Toujours pour les Etats-Unis sera communiqué le résultat de l’inflation du mois d’octobre. Une nouvelle décélération de l'inflation est attendue en octobre, avec un glissement annuel des prix à la consommation limité à 1%. L'indice sous-jacent garderait une tendance stable mais faible à +1,7%.
Au Japon, sera publié le résultat du commerce international pour octobre. Les exportations devraient remonter en octobre soutenues par le renforcement du cycle manufacturier mondial. En raison d’une correction à la baisse des importations après les gains de septembre, le déficit commercial (cvs) pourrait avoir diminué.

Jeudi 21 novembre 2013

Pour la zone euro seront rendues publiques les enquêtes PMI de novembre. En octobre, le rythme de la reprise s’est modéré, l’indice PMI composite d’activité s’inscrivant en baisse de 0,3 point à 51,9. Une stabilisation est possible en novembre. L’indice demeurerait cohérent avec une croissance du PIB de l’ordre de 0,2 à 0,3% t/t au T4.
Une réunion de la BCE est prévue le 21 novembre mais aucune décision n’est attendue.

Vendredi 22 novembre, pour l’Allemagne, le résultat affiné du PIB pour le 3ème trimestre sera 
communiqué. La première estimation est ressortie à 0,3 % 


Toujours en Allemagne, sera communiquée l’enquête IFO de novembre. Pour octobre, l'enquête IFO a légèrement baissé pour la première fois en six mois. En novembre, elle devrait avoir effacé ce repli, confirmant qu'il s'agissait plus d'une pause dans l'amélioration que d'un retournement de tendance.

dimanche 6 octobre 2013

Le capitalisme français malade de la centralisation

La croissance, c’est du capital, du travail et du progrès technique. L’économie, c’est une somme de contrats. La valeur du contrat repose dans la confiance réciproque des signataires et sur le principe d’un partage équitable des gains générés. Aujourd’hui, nous ne manquons pas de capital, ni de travail. En ce qui concerne le progrès technique, la situation est plus ambigüe, d’un côté, la productivité décline et le principe de précaution aboutit à condamner toute innovation ; de l’autre, nous restons friands de biens technologiques. En outre, le nombre brevets concoctés à l’échelle mondiale s’accroît. En revanche, la défiance gangrène nos relations économiques. Le socle juridique est fragilisé par l’instabilité. Les acteurs habitués à une relation dominants/dominés que l’Etat a institué en modèle, l’applique en lieu et place d’une relation équilibrée gagnant/gagnant.

Il faut cesser de penser que l’économie, c’est la poursuite de la guerre par d’autre moyens. L’économie ne vise qu’à satisfaire les besoins des femmes et des hommes. La guerre économique que les Français aiment mettre en avant est une vision étriquée. Depuis Louis XIV, l’économie est, en France au service de la guerre qu’elle soit réelle ou imaginée. La création des grandes compagnies nationales ou de la marine n’avait comme objectif que d’assurer le rayonnement de la Couronne royale et de renforcer les capacités militaires du Royaume. Les nobles ne pouvant avoir comme métier que d’être des guerriers ne développaient pas d’activité économique et commerciales de peur de déroger à leur statut n’ont guère favorisé le décollage du pays. Les régimes se sont succédé sans pour autant changer la donne, l’économie n’est perçue que comme une intendance qui doit suivre les besoins d’un Etat au service du rayonnement du pays. Habitué que l’Etat régente pour son profit l’univers économique, les citoyens déclinent entre eux ce type de comportement. L’économie est avant tout perçue comme un jeu à somme nulle où les plus malins peuvent gagner au détriment des faibles, des perdants.

Notre relation avec la puissance publique est schizophrène et nous sommes en permanence de mauvaise foi. Nous considérons que l’Etat, les régimes sociaux, les collectivités locales nous rackettent et nous enlèvent le pain de la bouche tout en oubliant des services qu’ils nous rendent, des externalités qu’ils nous procurent. Les infrastructures, la formation, la sécurité même si parfois elle laisse à désirer sont la contrepartie des prélèvements effectués. Les prestations sociales contribuent tout à la fois à la demande finale et à la sécurité du système. Certes, il est tout à fait admissible de souligner que l’efficience de la dépense publique est mauvaise mais, c’est un tout autre débat. Notre relation au pouvoir est complexe car nous somme la vivons comme une relation de sujet à maître et non comme une relation équilibrée. Le Président de la République est l’héritier des rois de la monarchie absolue et non simplement un Français élu pour nous représenter. De ce fait, nous éprouvons une vive tentation de lui raccourcir la tête. Nous attendons que l’Etat règle tous nos problèmes, les petits comme les grands tout en le critiquant en permanence. La popularité des élus ne dure que le jour de l’élection et des quelques qui suivent. Nous oublions qu’en critiquant le Président, le Gouvernement, bien souvent nous critiquons notre pays et nous-même. Nous contribuons à saper le pacte républicain qui nous lie.

Ayant tout focalisé sur la relation verticale que nous entretenons avec le sommet de la pyramide administrative et politique, nous avons négligé nos relations horizontales. La Révolution nous a encouragés à le faire en supprimant les corps intermédiaires avec la loi Le Chapelier de 1791. Nous sommes des satellites de l’astre suprême et nous nous comportons dans nos relations privées comme des sous-ensembles de cet astre. Nous singeons l’Etat.

La verticalité des relations sociales et économiques est prégnante en matière sociale où les négociations doivent être nationales et ne peuvent pas se concevoir sans l’Etat. Les partenaires sociaux pour la réforme des retraites en 2013 ont eu avant tout des dialogues avec le Gouvernement. Même pour les négociations qui sont conduites par les partenaires sociaux, l’Etat est bien souvent présent et tient la plume.


Les collectivités locales vivent également dans la verticalité. C’est l’Etat qui organise leur vie à travers les transferts de compétences. Les pouvoirs transférés sont avant tout concédés, ils sont encadrés et limités. Quand les départements reçoivent comme mission de s’occuper des collèges, cela signifie qu’ils la charge de construire des établissements au profit de l’éducation nationale qui détermine le nombre de professeurs, les nomme et fixe le programme. La verticalité s’exprime également via les financements, l’Etat concédant quelques impôts mais s’arrogent de diriger l’action des collectivités locales à travers les diverses dotations.

La redynamisation de l’économie française passe par la restauration de solidarité de proximité entre les acteurs. Nous manquons cruellement de réseaux économiques de terrain. Il n’est pas étonnant que ce soit des territoires animés par des solidarités familiales comme en Vendée qui s’en sortent le mieux en termes économiques. Cette coopération économique est également une clef du succès allemand. Les entreprises d’un même bassin économique tissent des liens forts leur permettant de gérer ensemble les problèmes conjoncturels. Tout en étant concurrentes, elles peuvent mener des programmes de recherche en commun. Il n’est pas rare qu’une entreprise fasse profiter ses consoeurs de ses innovations. En Allemagne, l’économie n’est pas une guerre mais une aventure menée par des entreprises liées entre elles par des solidarités familiales et historiques. L’Allemagne est une création historique récente. Unifiée par Bismarck en 1871, elle fut, en outre, divisée en deux de 1949 à 1989. L’économie allemande repose sur une multitude de villes riches de leur histoire. Pour développer leur activité, les entreprises ont du tout à la fois s’imposer dans leur bassin d’origine mais tisser des liens dans les villes et régions voisines sans passer par un échelon national qui n’existait pas ou qui était sauf durant de rares périodes pas toujours heureuses plus faible qu’en France.


Le comportement des entreprises allemandes durant les crises est très différent de celui de leurs homologues français. L’entreprise allemande essaie autant que possible de maintenir ses effectifs afin de disposer au mieux de capacités de rebond. Les dirigeants allemands restent optimistes à moyen terme et à long terme quand le pessimisme règne en France. Ainsi Trumph, une entreprise spécialisée dans la conception de robots de découpe laser a durant la Grande récession de 2009, a été confrontée à une réduction drastique de ses commandes. Face à cette situation sans précédent pour cette entreprise, la direction a décidé de placer une grande partie du personnel en formation et d’investir sur de nouvelles machines. En 2010 et 2011, au moment de la reprise, Trumph a réussi à enregistrer ses plus forts taux de croissance de son histoire. La logique en vigueur outre-Rhin est d’améliorer en permanence la performance des salariés en jouant sur leur productivité. Les responsables français se focalisent trop sur le coût du travail et sur l’apport positif ou négatif des mini-jobs en Allemagne. En moyenne, le coût du travail est supérieur ou équivalent chez nos voisins. La durée de travail y est inférieure. Ce qui change, c’est l’implication professionnelle, l’existence d’un pacte entre employeurs et salariés ainsi que la recherche de gains de productivité par intégration de biens et services en provenance de pays à plus faibles coûts. Les relations économiques et sociales, en Allemagne, cherchent par définition d’intégrer les salariés à la communauté professionnelle au sein de l’entreprise et au sein d’un ensemble régional. En France, même si le travail demeure l’élément clef de socialisation, les relations sont empreintes d’une méfiance réciproque. Les salariés considèrent qu’ils ne sont pas rémunérés à la hauteur de leurs compétences et que leur travail n’est pas reconnu ; les employeurs jugent la qualité du travail insuffisant et son coût prohibitif. Il en résulte une crispation et l’impossibilité de mettre en œuvre des réformes reposant sur un consensus. Par l’absence d’échelons de négociation de proximité, tout remonte aux extrêmes tant au niveau des idées à défendre qu’au niveau des échelons représentatifs. 

mardi 19 juin 2012

La guerre des deux mondes


Après le gouffre des dettes, l’Union européenne s’enfonce dans une crise diplomatique qui à défaut d’être feinte pourrait avoir de fortes conséquences. Il suffit de se déplacer au sein de la zone euro pour percevoir la lassitude de l’opinion. A force de lui répéter que l’Europe est la cause de tous ses maux, elle le croit au point d’espérer la fin de l’euro. L a stratégie du bouc-émissaire fonctionne bien mais elle a des limites que nous sommes entrain d’atteindre. Les Allemands fiers à juste titre de leur réussite n’entendent pas être les payeurs en dernier ressort des turpitudes de leurs voisins. Ces derniers conscients que la richesse des Allemands provient de leur soif de consommation à crédit veulent continuer à pouvoir s’endetter tranquillement. Ils ne comprennent pas les raisons de l’arrêt des transferts du Nord vers le Sud car ils sont devenus habituels. Deux définitions de la croissance s’oppose ; la version allemande constituée de travail, de capital et de progrès technique face à la version française composée de beaucoup de consommation et d’un peu d’investissement. Ces deux conceptions ne sont pas fausses mais peu conciliables. De même, deux conceptions de l’Europe se font face. D’un côté, il y a la volonté allemande de progresser vers le fédéralisme politique ; de l’autre, celle de la France qui souhaite un gouvernement économique. L’Allemagne défend son modèle fédérale en place depuis 1949. Elle imagine une Europe d’Etats avec au sommet une structure de contrôle et de sanction. La France rêve d’une Europe interventionniste dotée de fonds permettant de relancer l’économie de la zone euro ou de certains des Etats membres. La France s’est dans le passé opposé à des avancées institutionnelles aboutissant à plus de fédéralisme politique. Il en fut ainsi avec le rejet du traité constitutionnel en 2005. Pour l’Allemagne, il est hors de question de créer des eurobonds sans avoir au préalable verrouillé leur utilisation.

Il y a, de plus, entre les deux protagonistes un réel problème de calendrier. La France juge prioritaire la relance de l’économie quand l’Allemagne demande aux Etats dispendieux d’assainir leurs comptes. La France remet à demain le retour aux équilibres quand l’Allemagne en fait un préalable au soutien aux économies défaillantes. La France considère que seule la croissance même si elle accroît les déficits et les dettes peut venir à bout des déséquilibres. L’Allemagne juge que les Etats déficitaires doivent ajuster leur niveau de consommation à leur niveau de production.

Les Allemands n’entendent pas être les dindons de la farce du jeu de poker menteur. Ils savent que nous savons qu’ils ont besoin de nous pour exporter et avoir de la croissance. Mais ils savent également que nous savons que sans eux l’Europe s’enfoncerait dans une spirale récessionniste.

Deux mondes et deux calendriers s’opposent avec pour le moment pas de terme à la montée aux extrêmes comme en témoigne l’échange de propos peu amènes entre Français, Anglais et Allemands.

Avec la victoire des libéraux grecs le 17 juin, l’Europe s’est donnée un peu d’air mais le répit sera de courte durée, au mieux quelques semaines avant que de nouvelles tensions ne réapparaissent en Grèce, en Espagne, en Italie et en France. La potion fiscale annoncée en France aura un effet négatif sur la croissance et devrait porter le taux de croissance vers zéro d’autant plus que le ralentissement se généralise autour de la planète.

L’Europe économique suppose de fortes avances fédérales avec des transferts de souveraineté mais pour cela il faut refonder les organes de direction au niveau européen. La Commission européenne a en effet disparu des écrans radars et le Conseil européen à 27 est l’otage des petits Etats qui font de la surenchère pour monnayer leur soutien. Le fédéralisme suppose des sacrifices de la part de tous les acteurs…

mercredi 8 février 2012

Pour rééquilibrer son commerce extérieur, la France doit importer plus

Il y a dix ans, ; la France dégageait un excédent commercial de 3,5 milliards d’euros quand, en 2011, le déficit a atteint 69,6 milliards d’euros. Les parts de marché à l’exportation de la France à l’exportation ne s’élèvent plus qu’à 3,3 % soit une diminution de près de moitié en dix ans.

L’augmentation de la facture énergétique explique les trois quarts de la dégradation de notre balance commerciale mais elle ne saurait expliquer notre rapide recul en matière d’exportations. Certes, l’Allemagne a également reculé du fait de la percée des pays émergents mais ses pertes n’ont été que de 20 % en dix ans avec une stabilisation voire un léger rebond ces dernières années.

Le recul structurel de la France s’explique, en partie, par l’accroissement des coûts salariaux (avant tout les salaires plus que les charges) mais surtout par un tissu industriel anémié (par l’augmentation des coûts en relation avec les 35 heures). Notre tissu économique est composé de grands groupes internationalisés (plus nombreux que pour l’Allemagne) et qui ont pu se soustraire des contraintes nationales et de petites entreprises de taille trop réduite pour accéder aux marchés internationaux.

Le mode d’organisation des entreprises françaises est peu propice à l’exportation. Au contraire, il favorise les importations de produits finaux. Les entreprises françaises ne tirent pas suffisamment profit de la spécialisation internationale pour valoriser la production dite nationale.

La France n’est pas malade de ses importations mais de la faiblesse de ses exportations. Il faut, à ce titre, souligner que notre ouverture sur l’extérieur est plus faible que l’Allemagne ou la moyenne des pays de la zone euro. Les importations et les exportations représentent 44 % du PIB en Allemagne contre 35 % en France et 42 % dans la zone euro.

L’Allemagne a su mieux utiliser les avantages procurés par le commerce international. Ainsi, l’Allemagne importe au total 73 % de plus que la France. Avant 2009, le taux de croissance des importations allemandes n’était supplanté que par celui de l’Espagne. La part des importations issue des pays à bas salaires progresse plus vite en Allemagne que chez ses partenaires : +12 % de 1994/2006 contre + 11 % en Espagne et + 8 % en France

L’Allemagne importe 45 % de plus de biens intermédiaires que la France. Elle importe des biens sophistiqués fabriqués dans les pays de l’Europe de l’Est ou en France. Elle joue à plein la théorie des avantages comparatifs. Elle profite du niveau de formation élevé dans les PECO à la différence de la France qui externalise des fabrications à faible valeur ajoutée.

Les entreprises françaises ont choisi de délocaliser l’ensemble des structures de production quand les entreprises allemandes ont opté pour l’importation des composants et le maintien du montage. L’Allemagne a obtenu par son mode de production une réduction de coûts de 20 points soit bien plus que les effets de la maitrise des coûts salariaux.

Le problème de la France est, certes, lié à un problème de coûts notamment salariaux et de marges mais il est avant la résultante d’un mauvais positionnement économique.

La France n’a pas su élever son niveau de production. Les produits français ne sont pas faiseurs de prix, ils ne sont pas la référence. Les acheteurs choisissent les produits français selon un critère de coût et non parce qu’ils sont les meilleurs. De ce fait, les entreprises françaises sont plus sensibles que leurs homologues allemandes à l’appréciation de l’euro. Pour lutter contre leurs concurrents, elles sont obligées d’aligner les prix voire d’être moins-disantes et donc rogner leurs marges. Or, la contraction des marges entraînent bien souvent la réduction des investissements ce qui nuit à la compétitivité des entreprises. Les marges bénéficiaires ont augmenté sur moyenne période en Allemagne, sont restées stables en Espagne mais ont baissé en France et en Italie.

Les entreprises françaises n’ont pas réussi à compenser l’augmentation des coûts salariaux par des gains de productivité suffisants à la différence des entreprises suédoises.

Un niveau de gamme élevé permet de compenser un coût salarial élevé comme en Suède ou en Allemagne à la différence de la France.

Les entreprises françaises n’ont pas réussi à se positionner sur le premium du fait de tradition ou par manque d’investissement. Il faut souligner que les secteurs sur lesquels la France a une position de premium, résistent à la concurrence internationale. Il s’agit du luxe et de l’aéronautique.

L’arrêt de l’hémorragie industrielle passe par une montée en gamme, condition également sine qua non de l’amélioration de la balance commerciale.

La plus grave erreur à commettre serait de se réfugier dans un pseudo-protectionnisme. En effet, c’est en jouant sur les complémentarités que les entreprises françaises pourront regagner des parts de marché. Il convient de ne pas oublier que 50 % de la valeur ajoutée d’un Airbus dépend de sous-traitants extérieur à la zone euro et que 40 % de celle d’un Boeing Dreamliner dépend de sous-traitants extérieurs aux USA.

Par ailleurs, si un I Phone fabriqué en Chine et exporté, rapporte brut 179 dollars aux fabricants chinois, la valeur de l’assemblage effectué par la Chine est de 6,50 dollars soit moins de 4 % u total du prix final. L’apport du Japon sur l’ensemble du process est en revanche de 34 %, pour l’Allemagne de 17 %, pour la Corée 13 % et pour les Etats-Unis 6 %.

L’instauration de protections en Europe n’est possible que s’il y a possibilité de substitution ce qui est loin d’être le cas. Les exportateurs chinois ou des pays émergents ont la possibilité de fixer les prix car il n’y a pas de concurrents locaux. La première victime du protectionnisme serait le consommateur.

vendredi 2 décembre 2011

La longue marche vers le fédéralisme monétaire


L'euro n'est pas encore doté d'un gouvernement. Les pays membres de la zone euro sont réticents face aux transferts de souveraineté qui seraient nécessaire pour donner une tête à l'Union monétaire. Les Etats européens se sont construits de manière négative par la guerre les uns contre les autres et par le budget. Le contrôle du budget et des impôts est la base des Etats démocratiques modernes. Renoncer à l'indépendance budgétaire constitue un changement, une rupture que même la crise actuelle ne suffit pas à justifier.

La chancelière Angela Merkel a, dans son intervention du 2 décembre, souligné que le Parlement allemand n'avait pas vocation à perdre ses pouvoirs budgétaires. Elle a ainsi déclaré que "la Commission et les tribunaux européens doivent jouer un plus grand rôle, sans que le Parlement allemand ne perde la maîtrise du budget" La chancelière souhaite développer un contrôle juridictionnel et pouvoir traduire devant la Cour européenne de justice (CEJ) les pays qui enfreignent de manière répétée les règles du Pacte de stabilité.

En complément et en accord avec Nicolas Sarkozy, l'Allemagne est favorable à l'adoption au sein de la zone euro de la «règle d'or» qui s'accompagnerait au niveau européen de sanctions automatiques en cas de non respect des normes. La chancelière a également proposé la création d'un poste de Commissaire européen préposé au maintien de la stabilité de la monnaie. Ce commissaire aurait comme mission de veiller à la mise en œuvre de mesures d'austérité en cas d'aide financière accordée au niveau communautaire.

La chancelière n'a pas condamné les interventions de la BCE qui néanmoins selon elle n'a pas à jouer le même rôle que la Federal Reserve Bank (Fed) américaine. Elle a mentionné que la BCE pourra continuer de racheter des obligations de pays de l'eurozone surendettés sur le marché secondaire.

Le convergence franco-allemande s'effectue pas à pas. La chancelière ne souhaite pas signer de chèque en blanc. L'Allemagne qui a du gérer le départ des troupes soviétiques après 1991 en payant la Russie, qui a du gérer la réunification par d'importants transferts financiers ne souhaitent pas faire de même au profit des Etats d'Europe du sud.

L'Allemagne pose un principe clair, que les Etats endettés commencent à agir, l'Allemagne étudiera après et sur preuves si elle peut les aider. Elle veut éviter tout automatisme. Elle souhaite instituer un contrôle par la norme . La faiblesse du plan est l'absence de mesures de corrections en cas de choc asynchrone. La chancelière considère que les évolutions des Etats membres sont de la responsabilité des gouvernements des Etats membres.