mercredi 1 juin 2016

L'enquête du Cercle de l'Epargne Edition 2016

Le Cercle de l'Epargne a présenté l'édition 2016 de son enquête annuelle sur "les Français, leur épargne et leur retraite". le 1er juin 2016.
Cette présentation a été réalisée par Jérôme Jaffré, directeur du CECOP, membre du Conseil scientifique du Cercle de l'Epargne et par Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Epargne en présence d'André Renaudin, directeur général d'AG2R LA MONDIALE.
Entre inquiétudes et incertitudes, les Français prêts à agir !
 Les Français croient, que d’ici dix ans, leur système de retraite fera faillite. Ils considèrent à une très large majorité que leur pension sera insuffisante pour vivre correctement. Face à ce péril, sans nul doute exagéré, les Français, pour s’en prémunir, maintiennent leur effort d’épargne en vue de la retraite en privilégiant la pierre et l’assurance-vie.
Au niveau des réformes, ils se prononcent pour le régime unique de retraite et contre le report de l’âge de départ à la retraite à 65 ans.
Avec l’immobilier, l’assurance-vie reste le placement préféré des Français en particulier pour son rendement. A ce sujet, les Français estiment que la rémunération de l’épargne sera stable à baissière en France en 2016.
 Les chiffres clefs
  •  70 % des Français croient à la faillite des régimes de base et des régimes complémentaires d’ici 10 ans
  • 72 % des Français favorable à un régime unique de retraite
  • 65 % des Français opposés à la retraite à 65 ans
  • 72 % des Français considèrent que leur pension est ou sera insuffisante pour vivre correctement (49 % des retraités jugent leur pension insuffisante
  • 65 % des Français jugent le placement immobilier intéressant devant l’assurance-vie (62 %)
  • 56 % des Français considèrent l’assurance-vie comme le placement le plus compétitif
  • 55 % des épargnants jugent normal que le rendement soit conditionné à une prise de risque accru
 LES FRANÇAIS PRÊTS À AGIR POUR LEUR RETRAITE ET LEUR ÉPARGNE !


Les Français sont attachés à leur retraite d’où leur inquiétude en ce qui concerne son évolution. Ils sont prêts à accepter certaines réformes sous réserve que l’âge légal ne soit pas reporté à 65 ans. Afin de maintenir leur niveau de vie à la retraite, ce qui constitue une priorité, ils sont une majorité à épargner et ils sont favorables au développement de fonds de pension à la française.

En matière d’épargne, les épargnants jugent que prise de risques rime avec un meilleur rendement. Si l’immobilier reste une valeur sûre, l’assurance-vie conforte sa première place au sein des placements financiers avec une montée en puissance du contrat multi-supports permettant de panacher fonds euros et unités de compte.


Les chiffres clefs

·         55 % des épargnants jugent normal que le rendement soit conditionné à une prise de risques accrue

·         65 % des Français pensent que le placement immobilier est plus intéressant que l’assurance-vie (62 %)

·         55 % des Français déclarent épargner en vue de la retraite

·         66 % des Français sont favorables aux compléments de revenus par capitalisation


I.              LES FRANÇAIS FACE LEUR RETRAITE

1.    Une inquiétude à la hauteur de l’attachement des Français à leur système de retraite
                                                                                                                                           
La succession des réformes et les difficultés économiques et financières de la France génèrent un climat anxiogène qui se traduit par un sentiment largement partagé au sein de la population que notre système de retraite est menacé.

2.    Quelles réformes pour conforter le système de retraite ?

Les Français restent attachés à l’idée de partir tôt à la retraite, autour de 60 ans si possible. De ce fait, il n’est pas étonnant qu’ils rejettent à 60 % le report de l’âge légal de 62 à 65 ans. Le principe de travailler plus longtemps pour avoir une meilleure pension divise les actifs en deux catégories (50 % étant pour, quand 50 % sont contre).

L’unification des régimes de retraite est très favorablement accueilli ; 72 % des sondés y sont favorables.

Le développement des fonds de pension n’est plus un sujet de clivage au sein de l’opinion (66 % des Français sont favorables, 70 % à droite et 59 % à gauche). La reconnaissance officielle par la loi Sapin II des fonds de pension témoigne d’une réelle évolution des mentalités en la matière.

3.    72 % des Français pensent que leur pension est ou sera insuffisante pour vivre correctement

Près des 3/4 des Français considèrent que leurs pensions ne leur permettent pas ou ne leurs permettront pas de vivre correctement. Près de la moitié des retraités partagent ce sentiment (49 %)

4.    Comment bien préparer financièrement sa retraite ?

Pour 63 % des Français, être propriétaire de sa résidence principale constitue la solution pour préparer sa retraite. Pour 31 % d’entre eux, cette préparation passe également par la réalisation d’investissements dans l’immobilier locatif.

Ils sont 52 % à penser que le recours à l’épargne financière est nécessaire (30 % optent pour des produits longs comme l’assurance-vie, et 22 % pour des produits dédiés à la retraite).

Plus de la moitié (55 %) des Français déclarent épargner en vue de la retraite dont 16 % régulièrement. En 2015, ils étaient 57 % à déclarer épargner en vue de la retraite. L’actualité moins dense sur le thème de la retraite peut expliquer ce tassement. Les revenus aisés épargnent le plus, de manière assez logique, en vue de la retraite (68 %).


II.            LES FRANÇAIS FACE À LEUR ÉPARGNE !

1.    Le rendement de l’épargne est attendu stable pour 2016

45 % des Français anticipent une stagnation des rendements de l’épargne en 2016 contre 11 % qui prévoient une hausse. 44 % considèrent, de leur côté qu’une baisse est incontournable.

2.    La prise de risque pour avoir du rendement est de plus en plus acceptée par les épargnants

55 % des épargnants jugent normal que les placements financiers évoluent vers un peu plus de risques pour permettre un meilleur rendement. En revanche, les non-épargnants sont à 67 % opposés à cette tendance. Les catégories sociales traditionnellement épargnantes sont les plus favorables à la prise de risques (72 % chez les cadres supérieurs).

3.    La pierre et l’assurance-vie, les deux placements préférés des Français

Sans surprise, les Français restent attachés aux valeurs sûres que sont la pierre (65 % des sondés considèrent ce placement intéressant) et l’assurance-vie (62 %). Les contrats d’assurance-vie sont plébiscités par ceux qui en ont un. 84 % des titulaires d’un tel contrat jugent l’assurance-vie intéressante.

46 % des personnes sondées privilégient les contrats multi-supports associant fonds euros et unités de compte. Ils sont néanmoins 42 % à préférer le fonds euros au risque d’avoir un faible rendement. En revanche, le côté « tout unités de compte » ne retient l’intérêt que de 12 % des sondés. Les unités de comptes pures sont privilégiées un peu plus chez les 18-24 ans (15 %) et chez les jeunes actifs (25-34 ans).

L’enquête a été réalisée sur Internet du 19 au 22 avril 2016 auprès d’un échantillon de 1 003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Le terrain d’enquête a été confié à l’Institut français d’opinion politique (IFOP).

* À la demande du Cercle de l’Épargne, le Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique (CECOP) a conduit une étude sur les Français, la retraite et l’épargne.
L’enquête a été réalisée sur Internet du 19 au 22 avril 2016 auprès d’un échantillon de 1 003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Le terrain d’enquête a été confié à l’IFOP.

Contact presse :
Sarah Le Gouez
06 13 90 75 48


Philippe Crevel : 06 03 84 70 36

mardi 31 mai 2016

La Corse du Sud tire l'immobilier vers le haut

Dans le cadre de son bilan annuel sur la Corse, l'INSEE souligne qu'en 20157 400 autorisations de construire ont été accordées. Avec 3 700 logements de plus sur un an, le nombre d’autorisations a été multiplié par deux par rapport à 2014. Ce résultat tranche avec les résultats enregistrés en France métropolitaine où, après trois ans de baisse (- 11 % en 2014, - 13 % en 2013 et - 6 % en 2012), le nombre d’autorisations augmente également : + 3,8 % sur un an (+ 0,7 % pour les logements individuels et + 5,7 % pour les logements collectifs).

En Corse, la hausse est imputable aux logements collectifs et en résidence avec 3 700 autorisations de plus par rapport à 2014, après - 5 % en 2014 et - 37,5 % en 2013. Parallèlement, le nombre de logements individuels reste stable sur un an, avec seulement 100 autorisations supplémentaires. Il avait  chuté en 2014 (- 29 %)

C'est avant tout la Corse du Sud qui a permis la relance de la construction neuve en Corse
Trois quarts de la croissance annuelle régionale est imputable à ce département. Leur nombre triple en 2015, après - 14 % en 2014. C’est avant tout Ajaccio qui est en pointe.. En effet, le PLU de la commune a bénéficié en juillet dernier d’un sursis à exécution qui lui a permis de délivrer six autorisations de construire concernant d’importants projets immobiliers. Ces dernières représentent à elles seules un peu plus de 2 400 logements, soit 43 % des autorisations recensées sur l’ensemble du territoire départemental.

Le recul  en Haute-Corse se confirme. Le nombre de logements autorisés est en baisse de 3,8 % après - 18 % en 2014.

La commercialisation de logements neufs repart à la hausse. Le nombre de mises en vente augmente de 7 % (après - 16 % en 2014 et - 9 % en 2013), les réservations de 13 % (après - 16 % en 2014 et - 2 % en 2013). Le stock de logements disponibles en fin d’année atteint 1 490 logements, en recul de 3 %. Il demeure néanmoins très élevé.  Le stock d’invendus recule de 6 % après 4 années de hausse. Hausse des ventes d’appartements conjuguée à une légère augmentation des prix.

Les ventes d’appartements collectifs, qui représentent 93 % du marché de la construction neuve cette année, augmentent de près de 10 %. Rapporté à la population, le marché corse confirme sa première place nationale avec plus de 4 logements réservés pour 1 000 habitants contre 2 pour les autres régions méditerranéennes. Le prix moyen au m² atteint 3 580 €, soit + 4 % sur un an après un recul en 2014. Au niveau national, les ventes enregistrent une forte hausse de 18,6 %. Le prix moyen au m² s’accroît légèrement pour atteindre 3 890 € (-0,3 % l’année précédente).

En 2015, les ventes de maisons neuves retrouvent leur niveau des années 2012 et 2013 avec 100 maisons réservées (57 en 2014). Le prix moyen par lot diminue pour atteindre 318 300 € en moyenne (391 k€ en 2014, 306 k€ en 2013). Ce niveau de prix est de 28 % supérieur à la moyenne nationale.

Il faudra attendre la fin de l'épiphénomène ajaccien   pour apprécier la réalité de la reprise de la construction en Corse.

mercredi 25 mai 2016

Chômage, et de deux !

Un deuxième mois consécutif de baisse du chômage en France

Après la forte réduction de mars, le nombre de demandeurs d’emploi est à nouveau en recul au mois d’avril.

En France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) est de 3 511 100 en baisse de 0,6 % sur un mois (soit –19 900 personnes). Sur trois mois, la baisse est de 1,2 % (–41 500 personnes). Désormais, le nombre de demandeurs d’emploi est en diminution sur un an de 0,6 % (–22 500 personnes).

Au mois d’avril, toutes les catégories d’âge bénéficient de la réduction du chômage. Le nombre de demandeurs diminue de 1,0 % pour les moins de 25 ans, de 0,6 % pour ceux âgés de 25 à 49 ans et de 0,3 % pour ceux âgés de 50 ans ou plus.

Toutes catégories confondues (A, B, C), le nombre de demandeurs d’emploi est de 5 397 000 à fin avril 2016. Ce nombre diminue de 1,0 % sur un mois (soit –57 100 personnes) et de 1,1 % sur trois mois (–62 700 personnes). Sur un an, il reste en hausse (+1,1 % sur un an soit +61 300 personnes). L’ancienneté moyenne des demandeurs (catégories A, B, C) continue, en revanche d’augmenter. Elle passe de 580 à 583 jours. Elle a progressé de 34 jours en un an.


Le Ministère du Travail a souligné qu’au mois d’avril 2016, le nombre de sorties de catégories A, B, C pour défaut d’actualisation a enregistré une forte hausse ce qui relativise la baisse enregistrée. Plus de 45 % des sorties sont liées à un défaut d’actualisation (catégories A, B, C) contre 18,4 % pour les reprises d’activité. Les radiations administratives représentent de leurs côtés 10 % des sorties soit le même taux que les entrées en formation. Ces dernières progressent de plus de 15 % sur trois mois et de plus de 18 % sur un an. C’est la conséquence de la montée en puissance du programme de formation engagée par le Gouvernement. Retraité des facteurs exceptionnels (formation, jours non ouvrés en avril), la décrue du nombre de demandeurs d’emploi est certainement bien plus faible. Néanmoins, elle s’inscrit dans un contexte de croissance modérée mais réelle. Après l’augmentation du PIB de 0,5 % au premier trimestre, ce dernier pourrait enregistrer une croissance de 0,3 à 0,4 % au deuxième trimestre permettant d’espérer un accroissement des créations d’emploi dans le secteur marchand. 

Les auto-entrepreneurs au rapport



Trois ans après leur immatriculation, seuls 30 % des auto-entrepreneurs inscrits au premier semestre 2010 sont toujours actifs sous ce régime. Parmi les 62 % qui ont réellement démarré une activité, 49 % sont pérennes à trois ans, soit beaucoup moins que les créateurs d’entreprises individuelles classiques de la même génération (62 %). Les auto-entrepreneurs ayant démarré en activité principale sont davantage pérennes à trois ans (52 %) que ceux ayant débuté en activité de complément (45 %). Toutefois, pour près d’un tiers des premiers, l’activité principale au démarrage devient une simple source de revenu d’appoint quelques années plus tard.

Comme pour les créateurs individuels classiques, la pérennité dépend beaucoup du secteur d’activité. C’est dans la santé humaine-action sociale qu’elle est la plus élevée (71 %). À l’opposé, elle est plus faible dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques (45 %), le commerce (46 %) et la construction (50 %), qui concentrent pourtant plus de la moitié des immatriculations de 2010. De plus, la pérennité s’accroît fortement avec l’âge de l’auto-entrepreneur, passant de 40 % avant 30 ans à 55 % au-delà de 50 ans.



La mise en place en janvier 2009 du régime de l’auto-entrepreneur(requalifié micro-entrepreneur fin 2014) s’est aussitôt traduite par une forte augmentation du nombre de créations d’entreprises. En 2010, avec 360 000 immatriculations, ce régime représentait 58 % des créations de l’année, soit près de 80 % des nouvelles entreprises individuelles. En 2015, ces proportions ont diminué à 43 % et 63 % respectivement.

Sur les 191 000 auto-entrepreneurs inscrits au premier semestre 2010, champ de cette étude, beaucoup (38 %) n’ont jamais été actifs, car ils n’ont pas déclaré de chiffre d’affaires dans les deux années suivant leur immatriculation, délai légal au-delà duquel leur radiation a été prononcée. À l’inverse, 62 % ont effectivement démarré une activité. Souvent, à la différence des autres créateurs d’entreprises, ce démarrage a été différé par rapport à la date d’inscription : seuls 42 % des auto-entrepreneurs ayant débuté une activité l’ont fait dès le trimestre de leur immatriculation en 2010, 23 % ont attendu au moins deux trimestres et 9 % un an au moins

vendredi 13 mai 2016

Reprise des créations d'entreprise en France au mois d'avril

Selon l'INSEE, au mois d'avril, une remontée des  créations d'entreprises a été enregistrée.  Une hausse de 1,8 % a été notée faisant suite à une baisse de 1,1 % au mois de mars. Les immatriculations de micro-entrepreneurs se redressent (+4,1 %) et les créations d'entreprises classiques se stabilisent quasiment (+0,3 %).
Créations d'entreprises (CVS-CJO*)
Créations d'entreprises (CVS-CJO*)
* Données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables


Le nombre cumulé de créations au cours des trois derniers mois augmente de 5,8 %par rapport à la même période un an plus tôt  tiré par les créations de sociétés (+12,7 %) et d'entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs (+9,0 %). Dans le même temps, les immatriculations de micro-entrepreneurs diminuent de 1,3 %. Le transport reste le secteur qui contribue le plus à la hausse générale.

En données brutes, le nombre cumulé d'entreprises créées au cours des douze derniers mois est en revanche en baisse de 0,9 %. Ce recul est dû au fort repli des immatriculations de micro-entrepreneurs (-16,6 %) en un an. À l'opposé, les créations d'entreprises individuelles hors micro-entrepreneurs augmentent fortement (+23,6 %), ainsi que, dans une moindre mesure, celles de sociétés (+8,3 %).

En avril 2016, en données brutes, les demandes d'immatriculation de micro-entrepreneurs représentent 41,3 % des entreprises créées au cours des douze derniers mois. Un an auparavant, la part était de 49,2 %. Cette baisse est liée au durcissement du statut d'auto-entrepreneur. 

jeudi 12 mai 2016

Légère baisse des défaillances d'entreprise


Selon la Banque de France, à fin février, le cumul sur 12 mois du nombre de défaillances s’élève à 62 016, soit une baisse de 1,0 % par rapport à février 2015. 

Les défaillances cumulées diminuent dans la construction, l’industrie, le soutien aux entreprises, ainsi que l’information et la communication. En revanche, elles augmentent dans l’enseignement, santé, action sociale et services aux ménages et dans l’hébergement et la restauration.

Les défaillances cumulées sont quasi-stables pour la catégorie des microentreprises (+0,1 %) alors qu’elles reculent pour les autres PME (-11,0 %) ainsi que pour les ETI et grandes entreprises (-21,1 %).
Les encours de crédits associés aux défaillances représentent environ 0,4 % du total des encours de crédit déclarés au Service central des Risques de la Banque de France.


Défaillances d'entreprises

mardi 10 mai 2016

L'industrie française toujours mal orientée


Selon l'INSEE, au mois de mars, la production  dans l'industrie manufacturière  est en recul de 0,9 % faisant suite à une contraction de 1,4 % en février, Pour l'ensemble de l'industrie, la baisse est moins marquée  (-0,3 % après -1,3 %).
La production manufacturière baisse au premier trimestre 2016 (-0,7 %)

Au premier trimestre 2016, la production décroît par rapport au quatrième trimestre 2015 dans l'industrie manufacturière (-0,7 %) ainsi que dans l'ensemble de l'industrie (-0,6 %).

Sur cette période, la production diminue dans toutes les grandes branches manufacturières sauf dans les matériels de transport (+3,8 %). Elle se contracte dans les autres produits industriels (-1,0 %) et accuse un net recul dans les biens d'équipement (-3,3 %). Elle baisse légèrement dans les industries agro-alimentaires (-0,4 %) et fortement dans la cokéfaction et raffinage (-5,4 %).

Sur un an, le bilan reste positif. Dans l'industrie manufacturière, la production du premier trimestre 2016 progresse de 0,9 % par rapport au premier trimestre 2015. Elle augmente également dans l'ensemble de l'industrie (+0,5 %).

Sur cette période, la production croît fortement dans les matériels de transport(+3,9 %) et, plus modérément, dans les autres produits industriels (+0,7 %) ainsi que dans les biens d'équipement (+1,0 %). En revanche, elle recule dans les industries extractives, énergie, eau (-2,4 %) et plonge dans la cokéfaction et raffinage (-8,5 %). Elle est quasi stable dans les industries agro-alimentaires (-0,1 %).

vendredi 29 avril 2016

Un début d'année qui sourit à l'économie française


Comme en 2015, la croissance démarre l’année sur les chapeaux de roue. En effet, au premier trimestre 2015, le PIB en volume a augmenté de 0,5 %, après +0,3 % au quatrième trimestre 2015.
Une croissance toujours en pointe
Cette croissance a été tirée par les dépenses de consommation des ménages qui ont augmenté de 1,2 % contre un recul de 0,1 % au dernier trimestre 2015. L’effet attentat s’est estompé et les Français ont repris le chemin des magasins. Plusieurs secteurs ont été dynamiques comme l’automobile et l’électroménager (achat de télévision en raison du passage à la haute-définition, de l’Euro 2016 et des JO de Rio).

Investissement positif pour les entreprises mais toujours négatif pour les ménages

 Par ailleurs, l’investissement des entreprises progresse fortement profitant de la bonne orientation de la conjoncture française et des faibles taux d’intérêt. I augmente de 0,9 % après 0,7 % au dernier trimestre 2015. Ce résultat est important car il témoigne de la confiance restaurée des chefs d’entreprise en l’avenir. Il pourrait déboucher sur une fortification de la croissance dans les prochains mois.

L’investissement des ménages est toujours en baisse malgré quelques signes positifs sur le marché de la construction. Il a reculé de 0,2 % au premier trimestre 2016. Certes, la baisse est en régression par rapport aux trimestres précédents. Elle avait atteint 0,9 % au quatrième trimestre 2015.

Le commerce extérieur le maillon faible

Le commerce extérieur continue, en revanche, à être un point noir pour l’économie française. Les exportations se sont contractées de 0,2 % au premier trimestre quand les importations ont progressé de 0,5 %. Certes, il y a une nette décélération des importations qui avaient cru de 2,1 % au 4ème trimestre 2015. Néanmoins, le commerce extérieur a contribué négativement à la croissance de 0,2 point. La France souffre comme tous ses partenaires du ralentissement du commerce international et de la croissance des pays émergents.
Les variations de stock ont, par ailleurs, contribué négativement à hauteur de 0,2 point contre un apport positif de 0,5 point au 4ème trimestre 2015.

La croissance française qui repose fortement sur la consommation engrange toujours les effets de la baisse du pétrole qui a contribué à améliorer le pouvoir d’achat des ménages. Il est à noter que ces derniers ont au cours du dernier trimestre 2015 accru de manière significative leur effort d’épargne qui est passé de 15,4 à 15,9 % du revenu disponible brut. Le taux d’épargne financière a atteint un sommet à 7,1 %. Il est possible qu’au cours du premier trimestre 2016, les ménages aient utilisé une partie de cette épargne dont une partie non négligeable a été laissée sur les comptes courants pour réaliser des dépenses de consommation.

Compte tenu de l’acquis de croissance, 1 %, l’objectif de 1,5 % fixé par le Gouvernement n’apparaît pas inatteignable. Certes, il convient d’être prudent au regard de la situation économique de nos partenaires dont les économies sont plus ouvertes sur l’extérieur que la nôtre. La France résiste mieux que l’Allemagne, par exemple, quand le commerce international ralentit. Néanmoins, nous serons impactés si ce ralentissement se poursuit sur l’ensemble de l’année. Il est à noter que la Commission européenne et le FMI sont plus prudents que le Gouvernement en matière de prévision de croissance pour la France en ayant retenu respectivement 1,3 et 1,1 % comme taux de croissance.

mardi 26 avril 2016

résultats du chômage au mois de mars : l'emploi en mode yoyo

Le nombre de demandeurs a reculé de 60 000 en mars soit un recul de 1,7 %. Sur les trois premiers mois de l’année, le recul est de 1,4 %. Néanmoins, sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi est toujours en hausse de 0,5 %. La France figure toujours parmi les mauvais élèves de l’Union européenne et de la zone euro. En un an, le taux de chômage a diminué de 0,8 point quand il est stable en France (selon les statistiques d’Eurostat qui diffèrent de celles de Pôle Emploi).

La France métropolitaine comptait à fin mars 3 531 000 demandeurs d’emploi. Au début du quinquennat de François Hollande, le nombre de demandeurs était de 2 922 800 (mai 2012). En quatre ans, le nombre de demandeurs d’emploi s’est accru de  20 %.
La bonne nouvelle du mois de mars provient du fait que le chômage baisse pour tous les âges, chez les jeunes de moins de 25 ans comme pour les plus de 50 ans et les 25-50 ans. Sur un an, en revanche, la situation des seniors s’est fortement dégradée : hausse de 6,5 % du chômage contre une baisse de 6,4 % chez les moins de 25 ans.
Le bon résultat du mois de mars résulte d’un nombre important de radiations. Les sorties pour défaut d’actualisation sont au plus haut sur ces dix dernières année (près de 230 000 sur trois mois).

La multiplication des radiations témoigne sans nul doute d’un meilleur contrôle de la part de Pôle Emploi ; par ailleurs, des demandeurs d’emploi peuvent négliger d’effectuer leur déclaration du fait qu’ils ont repris un emploi. Mais, un certain nombre renoncent également à effectuer ses démarches officielles par abandon ou du fait qu’ils sont arrivés en fin de droit. Il est à noter que si sur un mois la durée moyenne du chômage baisse de 8 jours (catégories A, B et C), elle est en augmentation de 20 jours sur un an en France métropolitaine.

Au-delà de l’effet radiation, la petite embellie de l’emploi au cours du premier trimestre 2016 est imputable à l’amélioration de la conjoncture. La consommation a connu deux bons premiers mois de l’année et le climat des affaires reste globalement bon voire en progrès pour le secteur du bâtiment et de la construction. Il convient néanmoins de souligner que la production industrielle a été en recul assez net en février (-0,9 %). Il n’en demeure pas moins que la croissance au premier trimestre devrait être au moins de 0,3 % ce qui permettrait de se rapprocher du 1,5 % de croissance sur l’année, taux de croissance frontière pour obtenir une décrue durable du chômage.

Plusieurs facteurs peuvent jouer en défaveur de la croissance. En effet, les facteurs porteurs en 2015, la baisse du pétrole, la dépréciation de l’euro et la diminution des taux d’intérêt joueront un rôle moindre cette année. Par ailleurs, la situation des pays émergents pourrait peser plus fortement que prévu sur la croissance des pays avancés et en particulier de la France même si notre pays est moins dépendant de l’extérieur que ses principaux partenaires européens. C’est une raison pourquoi la France réussit mieux en période de faible croissance que l’Allemagne.

L’année 2016 sera marquée par le référendum du 23 juin prochain au Royaume-Uni qui pourrait avoir un impact récessif sur l’ensemble de l’Union en cas de victoire du Brexit. Par ailleurs, l’évolution de l’économie américaine reste difficile à apprécier. Certains considèrent qu’elle a atteint un maximum et qu’elle débute sa descente quand d’autres espèrent la poursuite du cycle de croissance.

mardi 19 avril 2016

Les taux d'intérêt négatifs à "C à dire " sur France 5 avec Philippe Crevel

Philippe Crevel était l'invité d'Alex de Tarlé sur France 5 pour l'émission "C à Dire" du 18 avril 2016 consacrée aux taux d'intérêt négatifs 


lundi 18 avril 2016

Mais où sont passés les contribuables aisés ?

Philippe Crevel a été interviewé par Atlantico au sujet de la chute du nombre des contribuables aisés. Pourquoi les explications avancées par Bercy pour tenter de masquer le coût du choc fiscal ne tiennent pas la route ? La fiscalité très importante place les revenus les plus riches dans une situation particulièrement inconfortable en France. Si l'on veut éviter de voir se poursuivre la fuite des gros revenus, qui rapportent déjà beaucoup à la France, il serait temps de penser sérieusement à une réforme fiscale.

dimanche 10 avril 2016

Les taux bas sont-ils une bonne nouvelle pour l'immobilier

Les taux d'intérêt sont au plus bas. Les ménages peuvent s'endetter à 10 ans à moins de 2 % pour acquérir un bien immobilier. Est-ce que tout le monde en profite ? Cela va-t-il durer ?

Réponses dans l'interview

jeudi 31 mars 2016

L'industrie française patine en ce début d'année

Selon l'INSEE, au mois de janvier, le chiffre d'affaires des entreprises de l'industrie manufacturière française se contracte de –1,1 % après -1,6 % en décembre. Le recul est plus marqué à l'exportation (-2,6 % après -0,7 %). Le chiffre d'affaires continue également de se contracter dans l'ensemble de l'industrie (-1,1 % après -1,5 %).

Au cours des trois derniers mois, le chiffre d'affaires progresse néanmoins dans l'industrie manufacturière de 0,7 %. La hausse est très largement portée par les matériels de transport (+4,5 %), même si le chiffre d'affaires augmente aussi dans les autres industries (+0,3 %). À l'inverse, il recule fortement dans la cokéfaction et raffinage (-4,1 %). Il est quasi stable dans les industries agro-alimentaires(+0,1 %) et dans les équipements électriques, électroniques, informatiques et machines (-0,1 %). Dans l'ensemble de l'industrie, le chiffre d'affaires augmente à peine (+0,2 %), limité par la baisse dans les industries extractives, énergies, eau, déchets et dépollution (-2,0 %).

Dans l'industrie manufacturière, sur un an, la progression reste forte avec un gain de 1,4 % pour le chiffre d'affaires. Il progresse quasiment au même rythme sur l'ensemble de l'industrie(+1,6 %).

Sur cette période, le chiffre d'affaires croît très fortement dans les matériels de transport (+10,4 %) et plus modérément dans les autres industries (+1,1 %), les industries agro-alimentaires (+0,9 %) et les équipements électriques, électroniques, informatiques et machines (+0,9 %). Cependant, il chute dans la cokéfaction et raffinage (-17,9 %) avec le fort recul des prix.

Le chiffre d'affaires dans l'industrie manufacturière
Le chiffre d'affaires dans l'industrie manufacturière

Les prix en baisse de 0,2 % sur un an !

Selon l'INSEE, au mois de mars, l'indice des prix à la consommation (IPC) augmenterait, en première estimation,  de 0,7 % par rapport au mois précédent, comme en mars 2015. Cette hausse s'explique par l'augmentation saisonnière des prix des produits manufacturés après la fin des soldes d'hiver. Par ailleurs, les prix de l'alimentation, en particulier ceux des produits frais ont augmenté tout comme les prix de l'énergie après neuf mois consécutifs de baisse.

Sur un an, les prix à la consommation diminueraient en mars 2016 comme le mois précédent (-0,2 %) du fait du recul marqué des prix de l'énergie au cours des derniers mois ainsi que, dans une moindre mesure, de la baisse des prix des produits manufacturés. La hausse des prix des services sur un an resterait modérée.

En mars 2016, l'indice des prix à la consommation harmonisé augmenterait de 0,8 % sur un mois, avec les mêmes raisons que pour la hausse mensuelle de l'IPC. Sur un an, il baisserait de 0,1 %, comme le mois précédent.

la consommation maintient le cap

Selon l'INSEE, les dépenses de consommation des ménages en biens ont augmenté de 0,6 % en volume en février (après +1,0 % en janvier et +1,1 % en décembre 2015). C'est une bonne nouvelle et cela devrait permettre d'engranger une croissance d'au moins 0,3 point au 1er trimestre.

Les dépenses de consommation dépassent leur précédent plus haut niveau atteint début 2011. Les achats de produits alimentaires rebondissent. Les dépenses en biens d'équipement du logement accélèrent. Les dépenses en énergie s'accroissent encore, même si elles ralentissent. La hausse totale est atténuée par un net repli des dépenses d'habillement après la période des soldes d'hiver.

La consommation totale de biens
La consommation totale de biens
Source : Insee

vendredi 25 mars 2016

Moral des ménages en berne au mois de mars

Selon l'INSEE, au mois de mars,  la confiance des ménages est en repli d'un point. L'indice qui la mesure est à 94 soit  son plus bas niveau depuis août 2015. Il s'écarte ainsi un peu plus de sa moyenne de longue durée (100) sur la période 1987-2015.

En mars, si l'opinion des ménages sur leur situation financière personnelle passée est stable par rapport à février, les perspectives d'évolution se dégradent de nouveau . La proportion de ménages estimant qu'il est opportun de faire des achats importants est néanmoins la même qu'en février. Le solde d'opinion des ménages sur leur capacité d'épargne actuelle se contracte de 2 points, atteignant ainsi son plus bas niveau depuis mars 2012. Celui concernant leur capacité d'épargne future recule également. la baisse est de 4 points. Les deux soldes sont proches de leur moyenne de long terme. Sur l'opportunité d'épargner, la proportion des ménages est stable mais elle se situe nettement au-dessous de sa moyenne de longue période.

Ce regain de pessimisme en cette fin de premier trimestre est-elle la conséquence de la nouvelle dégradation de la situation de l'emploi ou des menaces terroristes. 

Indicateur synthétique de confiance des ménages
Indicateur synthétique de confiance des ménages

jeudi 24 mars 2016

Emploi, fluide glacial

Le nombre de demandeurs d’emploi au mois de février augmente, en France, de 38 400 en hausse de 1,1 % par rapport au mois de janvier. Sur un an, la hausse est de 3,5 %. Cette augmentation efface celle du mois de janvier qui était avant tout le résultat de radiations administratives. 

Le nombre de demandeurs d’emploi s’élève donc  à 3,591 millions contre 3,552 millions au mois de janvier ce qui constitue un nouveau record historique. La hausse depuis le mois de mai 2012 est de 23 %.

Ce mauvais résultat, au-delà des jeux d’écriture comptable entre les différentes catégories de demandeurs d'emploi, souligne bien la difficulté qu’éprouve l’économie française à créer des emplois et cela malgré la faible progression de la population active.

La croissance qui reste en-deçà de 1,5 % est insuffisante pour générer un nombre suffisant d’emplois. Le faible taux d’utilisation des capacités de production et certainement l’existence de sureffectifs comme semble le prouver les faibles gains de productivité de ces dernières années sont autant d’éléments à prendre en compte pour comprendre le mauvais résultat de février. Par ailleurs, les incertitudes économiques de l’économie mondiale constituent un frein à la reprise de l’investissement. Les dirigeants d’entreprise ont de plus en plus une aversion aux risques ce qui les conduit à reporter leurs projets de développement et à embaucher en CDI.

lundi 21 mars 2016

Taux d'emploi dans quelques pays

samedi 19 mars 2016

Quand l'économie mondiale ralentit !

Toute chose étant égale par ailleurs, la croissance mondiale est sous contraintes

Ces quinze dernières années, la Chine et plus globalement les pays émergents ont porté la croissance de l’économie mondiale. Le ralentissement de la Chine, la récession au Brésil et en Russie ne peuvent que peser sur l’activité. La croissance mondiale éprouve désormais les pires difficultés à franchir la barre des 3 %. 

Plusieurs facteurs structurels jouent en défaveur d’une progression de la croissance.

La tertiarisation croissante de l’économie constitue indéniablement un frein. Les services génèrent moins de gains de productivité que l’industrie. Le développement des services, au sein des pays émergents et en premier lieu en Chine, nécessite la mise en place d’infrastructures  (réseaux de distribution). Par ailleurs, les augmentations des coûts provoquées par l’augmentation des salaires et de la couverture sociale ont amoindri la compétitivité de la Chine. 

Cette érosion de la croissance est également imputable au vieillissement de la population mondiale. La planète comptera, en 2030, un milliard de personnes de plus de 65 ans contre 500 millions aujourd’hui. Il est communément admis que le vieillissement de la population est synonyme de moindre gains de productivité et de moindres prises de risque

Nous assistons à une déformation du partage des revenus au niveau mondial au détriment des salariés, un phénomène générateur d’une perte de croissance de la consommation.

Le désendettement ne contribue pas positivement à l’activité. La forte progression des dettes publiques et privées dans les années 90 et 2000 peut être assimilée à l’achat de croissance à crédit. Or, cet investissement se révèle moins rentable que prévu. Le surcroit de croissance n’est pas au rendez-vous car les crédits ont plus servi à financer des frais de fonctionnement qu’à préparer l’avenir. Cet endettement s’accompagne ou est la conséquence d’un excès d’épargne provoqué par des excédents commerciaux sans précédent et par des transferts financiers de pays à fortes capacités de consommation au profit de pays à faibles capacités de consommation. Le taux d’épargne mondiale est passé de 27 % du PIB en 2000 à 31 % du PIB en 2015. De plus, le désendettement actuel accentue ce phénomène. .

La crise financière de 2008 et la réplique de 2011 en Europe ont, enfin, accentué l’aversion aux risques. Or, sans prise de risque il n’y a pas de croissance. Il y a aujourd’hui une tendance lourde soit à réduire le risque, soit à le déporter sur les maillons en bout de chaîne (ubérisation de l’économie, sous-traitance, auto-entrepreneurs….).

Ces facteurs ont donc tendance de réduire la croissance potentielle. Les faibles gains de productivité, générés par la révolution du digitale et des réseaux constituent, par ailleurs, un élément à prendre en compte. On voit des objets connectés et du big data partout sauf dans les statistiques économiques pour paraphraser Robert Solow (Prix Nobel d’Economie.)


mardi 15 mars 2016

3000 entreprises françaises à l'origine du quart du PIB et 20 % de l'emploi

En 2013, les 3,3 millions d’entreprises françaises du secteur marchand (non agricoles et non financières) réalisent une valeur ajoutée de 986 milliards d’euros, soit plus de la moitié de la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie. Les 3 000 premières  entreprises  réalisent  52 % de la valeur ajoutée des secteurs principalement marchands (509 milliards d’euros), soit près d’un quart du produit intérieur brut. Elles sont à l'origine de  83 % des exportations, de 70 % de l’investissement et de 58 % de l’excédent brut d’exploitation du champ. Elles emploient 5,1 millions de salariés en équivalent temps plein soit 43 % des salariés de ces secteurs et près de 20 % de l’emploi total en France.
Contrairement à certaines idées reçues, parmi les 3 000 entreprises si 240 sont des grandes entreprises, 2 030 sont des entreprises de taille intermédiaire (ETI), 590 sont des petites et moyennes entreprises (PME) hors microentreprises, et 140 sont des microentreprises (PME-MIC). Mais attention ces chiffres cachent une autre réalité. De nombreuses PME sont des filiales de grands groupes.

Il y a une grande stabilité au sein de ce groupe des 3000. Plus de huit sur dix étaient déjà, « au cœur de l'économie française » en 2012 dont la quasi-totalité des grandes entreprises et des ETI, et les deux tiers des PME. Très peu de PME-MIC étaient aussi présentes en 2012. Les PME qui apparaissent dans ce classement sont bien souvent des unités ne portant que ponctuellement des investissements pour des groupes ou des administrations publiques.

Les entreprises industrielles demeurent un moteur essentiel de l'économie nationale, même si l'industrie en France connaît un lent repli depuis plusieurs décennies. Les 1 140 principales entreprises industrielles représentent environ 40 % des effectifs salariés, de la valeur ajoutée, de l'investissement et de l'excédent brut d'exploitation des 3 000 entreprises. Elles représentent 69 % aux exportations de ces entreprises, ce qui correspond à 57 % des exportations des 3,3 millions d'entreprises implantées en France.



L'inflation toujours dans le triangle des Bermudes

Au mois de  février, l'inflation a été de 0,3 % contre une baisse de 1  % en janvier. Corrigé des variations saisonnières, il baisse de 0,2 %, comme le mois précédent. Sur un an, l'indice des prix se replie de 0,2 %  contre une hausse de 0,2 % en janvier. 
L'évolution des prix de l'énergie et celle des services expliquent en grande partie ce mouvement. Sur un mois, la hausse des prix à la consommation en février résulte surtout du rebond saisonnier des prix des produits manufacturés après les soldes d'hiver et de celui, moindre cette année, des services liés au tourisme. Par ailleurs, les prix des produits pétroliers reculent de nouveau tandis que les prix des produits alimentaires sont stables.
 En février 2016, l'indicateur d'inflation sous-jacente, qui ne prend pas en compte les produits soumis à de forte fluctuations conjoncturelles (énergie, alimentation...) est stable, après une hausse de 0,1 % en janvier. Sur un an, il croît de 0,7 %, soit légèrement moins vite que les deux mois précédents (+0,9 % en janvier et décembre). L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) augmente de 0,3 % sur le mois. Sur un an, il se replie légèrement (–0,1 % après +0,3 % les deux mois précédents).
Cette évolution des prix a du compter sur la décision de la BCE de muscler son programme de rachats d'actifs et de baisse des taux.

jeudi 10 mars 2016

La BCE sort la massue pour combattre la déflation

La Banque Centrale Européenne a décidé, le jeudi 10 mars, d’abaisser de 0,05 à 0 % son taux directeur. Cette mise à zéro du principal taux de la BCE était attendue mais n’en constitue pas moins la preuve que la situation demeure déflationniste. Les établissements bancaires pourront emprunter gratuitement auprès de l’institution monétaire. Le taux d’escompte, passe pour sa part de 0,30 % à 0,25 %. Le taux de dépôt, baisse encore de 10 points de base pour s’établir à-0,40 %. Cela coute de plus en plus de laisser dormir son argent au sein de la Banque centrale même si certains économistes pensaient que ce taux pourrait être abaissé à -0,5 %.

Mario Draghi a indiqué que cette période exceptionnelle de taux bas pourrait durer longtemps et se poursuivre au-delà du programme de rachat d’actifs qui devrait durer jusqu’à mars 2017.

Ces décisions font suite à la révision à la baisse des prévisions d’inflation par La Banque centrale européenne. La BCE a ramené sa prévision pour 2016 de 1 % à 0,1 %. Pour 2017, la BCE espère une inflation de 1,3 % en 2017 contre 1,6 % auparavant et 1,6 % en 2018. Le retour au taux cible de 2 % s’éloigne un peu plus. Par ailleurs, la BCE considère que le taux de croissance ne serait que de 1,4 % en 2016, de 1,7 % en 2017 et de 1,8% en 2018.

En ce qui concerne le programme de rachat d’obligations, la BCE a décidé de porter son enveloppe mensuelle passe de 60 à 80 milliards d’euros par mois. En outre,  la banque centrale agira directement sur le marché du crédit aux entreprises, à compter du mois d’avril, en rendant éligibles les obligations émises par des sociétés de bonne qualité (catégorie « investissement ») à son programme. La BCE a porté la limite de rachat d’une même souche d’obligations de 33 % du nombre de titres émis à 50 %, mais seulement pour les titres émis par les organisations internationales et les banques de développement supra-gouvernementales. De nouveaux programmes de refinancement long terme (TLTRO) seront proposés aux banques, pour une durée de 4 ans au taux de refinancement, soit 0 %. Si le volume des prêts d’une banque est supérieure à un certain niveau, celle-ci pourra bénéficier de taux négatifs, jusqu’à -0,40 % afin de l’encourager à poursuivre sa politique de crédits.


La BCE a donc sortir l’armement lourd pour contrer les tentations déflationnistes. Ces annonces prouvent que la sortie de la période de taux bas n’est pas pour demain ce qui ne sera pas conséquence sur la rémunération des épargnants. En outre, pour le moment, cette politique qui modifie en profondeur les canons de la rémunération des actifs ne se traduit pas par une reprise forte des crédits. Les agents non financiers profitent de ces taux pour renégocier leurs prêts et non pour accroître leur endettement. 

Production industrielle en hausse en France !

Au mois de janvier, l'industrie manufacturière a connu une progression de +0,8 % faisant suite à stagnation au mois de en décembre 2015. L’industrie dans son ensemble fait mieux avec une augmentation de 1,3 % qui fait plus que compenser la chute de 0,6 % de décembre.

La situation est plus contrastée sur trois mois. En effet l’industrie manufacturière enregistre une hausse de +0,5 % quand l'ensemble de l'industrie décroît de 0,3 %. Ce sont les secteurs des industries extractives, énergie, eau (-5,0 %) et des équipements électriques, électroniques, informatiques (-2,6 %) qui pèsent sur l’activité. Les industries agro-alimentaires connaissant sur ces trois derniers mois une contraction de 0,9 %. Le secteur des matériels de transport est en recul de 0,4 %.


Sur un an, la production manufacturière augmente de 2,6 %, la hausse étant de 1,9 % pour l’ensemble de l’industrie. La production augmente de 3,7 % pour les matériels de transport, de 2,3 % dans les équipements électriques, électroniques, informatiques et machines, de 1 % dans les industries agro-alimentaires. En revanche, la production diminue dans la cokéfaction et raffinage (-0,7 %) et recule nettement dans les industries extractives, énergie, eau (-2,8 %). Le recul de ce secteur d’activité est intimement lié à la baisse des prix et à la moindre demande de ces derniers mois.

mardi 8 mars 2016

La Chine en plein brouillard



Les importations chinoises ont reculé de 13,8 % et les exportations de 25,4 % au mois de février. Cette chute a été en partie occasionnée par le nouvel an chinois qui s'accompagne de plusieurs jours fériés.

Dans la devise chinoise, les exportations se sont contractées de 20,6% sur un an, à 822 milliards de yuans. De leur côté, les importations reculent pour le 16ème mois consécutif.

La contraction de février est néanmoins plus forte que prévu. En dollars, l'excédent commercial chinois a globalement fondu en février de 46% sur un an. Les exportations chinoises - exprimées en yuans - vers l'Union européenne (UE) ont baissé de 10,7% et celles vers les États-Unis de presque 11%. À l'inverse, les exportations européennes vers la Chine ont baissé de 7,7% et celles américaines de 16%.
Cette contraction s'explique avant tout par le fléchissement de la demande extérieure et par l'augmentation des coûts salariaux qui met à mal la compétitivité. La baisse des importations est liée à la chute des cours. En effet, en volume, les achats chinois de pétrole brut, de cuivre ou de minerai de fer ont en réalité augmenté en février.

lundi 7 mars 2016

Les femmes gagnent 16 % de moins que les hommes au sein de l'Union européenne

En 2014, l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes s'établissait à 16,1% dans l'Union européenne (UE). Autrement dit, pour chaque euro gagné dans l'heure par un homme, une femme gagnait en moyenne 84 centimes.

L'Allemagne pour une fois, ne fait pas partie des bons élèves. En effet, l'écart entre hommes et femmes y est de plus de 20 % comme en Estonie, en Autriche ou en République tchèque. Parmi les États membres, l'écart est de moins de 5% en Slovénie et à Malte.

En France, l'écart est de 15,3 %.

 Les différences entre les hommes et les femmes sur le marché du travail ne portent pas uniquement sur les écarts de rémunération, mais concernent également, en corrélation avec ceux-ci, le type de contrat de travail. En 2014, alors qu'une femme sur cinq dans l'UE (20,0%), âgée de 25 à 49 ans et sans enfant, travaillait à temps partiel, cela concernait un homme sur douze (8,2%). Et l'écart se creuse avec le nombre d'enfants: près de la moitié des femmes (45,1%) ayant au moins trois enfants travaillaient à temps partiel, contre 7,0% des hommes dans la même situation.




Les entreprises françaises reprennent le chemin de l'endettement

Selon la Banque de France au mois de janvier en rythme annuel, la dette des sociétés non financières a augmenté de 4,8 % au lieu de 4,5 % le mois précédent. Cette progression traduit sans nul doute une légère reprise de l'investissement. Pour les crédits bancaires, la hausse est sur un an de 4,8 % contre 4,2 % en décembre.  Le financement de marché est en léger retrait avec une hausse de 4,8 % contre 5,1 % en décembre. La situation des marchés en janvier explique sans nul doute cette situation.  

Financement des sociétés non financières
 (Encours et flux non cvs en milliards d'euros, taux de croissance et taux d'intérêt en %)
 
           
  EncoursFlux annuel net Taux de croissance annuel  Coût des financements nouveaux
(moyenne mensuelle) 
  Jan.-16Jan.-16 Déc.-15Jan.-16 Déc.-15Jan.-16
Financement des SNF1436,366,1 4,54,8 1,821,73 
  - dont crédits bancaires880,840,5 4,24,8 1,991,85 
  - dont financement de marché555,525,6 5,14,8 1,551,53 
 en euros428,125,7 6,56,4   
 en devises127,4-0,1 0,80,0   

  
Taux de croissance annuel, par mode de financement (en %)Coût moyen du financement (en %)
Crédits bancairesFinancement des SNFFinancement de marchéavr-14juil-14oct-14jan-15avr-15juil-15oct-15jan-16-101234567891011121314-101234567891011121314

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Crédits bancairesFinancement de marchéavr-14juil-14oct-14jan-15avr-15juil-15oct-15jan-1611,21,41,61,822,22,42,62,833,211,21,41,61,822,22,42,62,833,2aout-14Financement de marché: 1,47
Source et calculs : Direction Générale des Statistiques

dimanche 6 mars 2016

La France et son industrie, un divorce consommé ?


La France, toujours en indélicatesse avec son industrie

La France est un pays de services qui a eu une industrie. Les services représentent désormais près de 80 % du PIB quand l’industrie pèse 12 %, le reste étant partagé par l’agriculture et la construction. La production manufacturière française reste en retrait par rapport à son niveau de 2008 (-15 %).

La France a perdu 2 millions d’emplois industriels en 30 ans. Ils sont passés de 28 à 12 % de l’emploi total. Tous les pays occidentaux ont connu des baisses comparables de leur emploi industriel. Ainsi, il a reculé de 15 points en Allemagne et aux États-Unis et de 16 points au Japon. L’emploi industriel ne représente que 10 % des emplois aux États-Unis et au Royaume-Uni, 17 % au Japon et 19 % en Italie. Ce poids demeure important en Allemagne (21 %).

Ce processus ne semble pas s’arrêter en France. 44 usines ont fermé en 2015. Ce nombre est néanmoins en baisse. Il était de 54 en 2014 et de 140 en 2013. Depuis 2009, 6 % des sites industriels de plus de 10 salariés ont fermé. En 2015, 8 900 emplois industriels ont été perdus contre 14 160 en 2014.
  

Malgré un contexte extrêmement favorable, l’industrie française n’a pas réussi à mettre un terme à son déclin. La chute des prix du pétrole, la dépréciation de l’euro et les faibles taux d’intérêt n’ont pas suffi. La baisse de l’investissement et la très forte dégradation des marges, enregistrées ces dernières années, ont pesé bien plus lourd. Si l’investissement dans le secteur industriel a augmenté en 2015, cette hausse est bien trop récente et trop faible, +2 %, pour mettre un terme au processus de désindustrialisation.