jeudi 31 mars 2016

L'industrie française patine en ce début d'année

Selon l'INSEE, au mois de janvier, le chiffre d'affaires des entreprises de l'industrie manufacturière française se contracte de –1,1 % après -1,6 % en décembre. Le recul est plus marqué à l'exportation (-2,6 % après -0,7 %). Le chiffre d'affaires continue également de se contracter dans l'ensemble de l'industrie (-1,1 % après -1,5 %).

Au cours des trois derniers mois, le chiffre d'affaires progresse néanmoins dans l'industrie manufacturière de 0,7 %. La hausse est très largement portée par les matériels de transport (+4,5 %), même si le chiffre d'affaires augmente aussi dans les autres industries (+0,3 %). À l'inverse, il recule fortement dans la cokéfaction et raffinage (-4,1 %). Il est quasi stable dans les industries agro-alimentaires(+0,1 %) et dans les équipements électriques, électroniques, informatiques et machines (-0,1 %). Dans l'ensemble de l'industrie, le chiffre d'affaires augmente à peine (+0,2 %), limité par la baisse dans les industries extractives, énergies, eau, déchets et dépollution (-2,0 %).

Dans l'industrie manufacturière, sur un an, la progression reste forte avec un gain de 1,4 % pour le chiffre d'affaires. Il progresse quasiment au même rythme sur l'ensemble de l'industrie(+1,6 %).

Sur cette période, le chiffre d'affaires croît très fortement dans les matériels de transport (+10,4 %) et plus modérément dans les autres industries (+1,1 %), les industries agro-alimentaires (+0,9 %) et les équipements électriques, électroniques, informatiques et machines (+0,9 %). Cependant, il chute dans la cokéfaction et raffinage (-17,9 %) avec le fort recul des prix.

Le chiffre d'affaires dans l'industrie manufacturière
Le chiffre d'affaires dans l'industrie manufacturière

Les prix en baisse de 0,2 % sur un an !

Selon l'INSEE, au mois de mars, l'indice des prix à la consommation (IPC) augmenterait, en première estimation,  de 0,7 % par rapport au mois précédent, comme en mars 2015. Cette hausse s'explique par l'augmentation saisonnière des prix des produits manufacturés après la fin des soldes d'hiver. Par ailleurs, les prix de l'alimentation, en particulier ceux des produits frais ont augmenté tout comme les prix de l'énergie après neuf mois consécutifs de baisse.

Sur un an, les prix à la consommation diminueraient en mars 2016 comme le mois précédent (-0,2 %) du fait du recul marqué des prix de l'énergie au cours des derniers mois ainsi que, dans une moindre mesure, de la baisse des prix des produits manufacturés. La hausse des prix des services sur un an resterait modérée.

En mars 2016, l'indice des prix à la consommation harmonisé augmenterait de 0,8 % sur un mois, avec les mêmes raisons que pour la hausse mensuelle de l'IPC. Sur un an, il baisserait de 0,1 %, comme le mois précédent.

la consommation maintient le cap

Selon l'INSEE, les dépenses de consommation des ménages en biens ont augmenté de 0,6 % en volume en février (après +1,0 % en janvier et +1,1 % en décembre 2015). C'est une bonne nouvelle et cela devrait permettre d'engranger une croissance d'au moins 0,3 point au 1er trimestre.

Les dépenses de consommation dépassent leur précédent plus haut niveau atteint début 2011. Les achats de produits alimentaires rebondissent. Les dépenses en biens d'équipement du logement accélèrent. Les dépenses en énergie s'accroissent encore, même si elles ralentissent. La hausse totale est atténuée par un net repli des dépenses d'habillement après la période des soldes d'hiver.

La consommation totale de biens
La consommation totale de biens
Source : Insee

vendredi 25 mars 2016

Moral des ménages en berne au mois de mars

Selon l'INSEE, au mois de mars,  la confiance des ménages est en repli d'un point. L'indice qui la mesure est à 94 soit  son plus bas niveau depuis août 2015. Il s'écarte ainsi un peu plus de sa moyenne de longue durée (100) sur la période 1987-2015.

En mars, si l'opinion des ménages sur leur situation financière personnelle passée est stable par rapport à février, les perspectives d'évolution se dégradent de nouveau . La proportion de ménages estimant qu'il est opportun de faire des achats importants est néanmoins la même qu'en février. Le solde d'opinion des ménages sur leur capacité d'épargne actuelle se contracte de 2 points, atteignant ainsi son plus bas niveau depuis mars 2012. Celui concernant leur capacité d'épargne future recule également. la baisse est de 4 points. Les deux soldes sont proches de leur moyenne de long terme. Sur l'opportunité d'épargner, la proportion des ménages est stable mais elle se situe nettement au-dessous de sa moyenne de longue période.

Ce regain de pessimisme en cette fin de premier trimestre est-elle la conséquence de la nouvelle dégradation de la situation de l'emploi ou des menaces terroristes. 

Indicateur synthétique de confiance des ménages
Indicateur synthétique de confiance des ménages

jeudi 24 mars 2016

Emploi, fluide glacial

Le nombre de demandeurs d’emploi au mois de février augmente, en France, de 38 400 en hausse de 1,1 % par rapport au mois de janvier. Sur un an, la hausse est de 3,5 %. Cette augmentation efface celle du mois de janvier qui était avant tout le résultat de radiations administratives. 

Le nombre de demandeurs d’emploi s’élève donc  à 3,591 millions contre 3,552 millions au mois de janvier ce qui constitue un nouveau record historique. La hausse depuis le mois de mai 2012 est de 23 %.

Ce mauvais résultat, au-delà des jeux d’écriture comptable entre les différentes catégories de demandeurs d'emploi, souligne bien la difficulté qu’éprouve l’économie française à créer des emplois et cela malgré la faible progression de la population active.

La croissance qui reste en-deçà de 1,5 % est insuffisante pour générer un nombre suffisant d’emplois. Le faible taux d’utilisation des capacités de production et certainement l’existence de sureffectifs comme semble le prouver les faibles gains de productivité de ces dernières années sont autant d’éléments à prendre en compte pour comprendre le mauvais résultat de février. Par ailleurs, les incertitudes économiques de l’économie mondiale constituent un frein à la reprise de l’investissement. Les dirigeants d’entreprise ont de plus en plus une aversion aux risques ce qui les conduit à reporter leurs projets de développement et à embaucher en CDI.

lundi 21 mars 2016

Taux d'emploi dans quelques pays

samedi 19 mars 2016

Quand l'économie mondiale ralentit !

Toute chose étant égale par ailleurs, la croissance mondiale est sous contraintes

Ces quinze dernières années, la Chine et plus globalement les pays émergents ont porté la croissance de l’économie mondiale. Le ralentissement de la Chine, la récession au Brésil et en Russie ne peuvent que peser sur l’activité. La croissance mondiale éprouve désormais les pires difficultés à franchir la barre des 3 %. 

Plusieurs facteurs structurels jouent en défaveur d’une progression de la croissance.

La tertiarisation croissante de l’économie constitue indéniablement un frein. Les services génèrent moins de gains de productivité que l’industrie. Le développement des services, au sein des pays émergents et en premier lieu en Chine, nécessite la mise en place d’infrastructures  (réseaux de distribution). Par ailleurs, les augmentations des coûts provoquées par l’augmentation des salaires et de la couverture sociale ont amoindri la compétitivité de la Chine. 

Cette érosion de la croissance est également imputable au vieillissement de la population mondiale. La planète comptera, en 2030, un milliard de personnes de plus de 65 ans contre 500 millions aujourd’hui. Il est communément admis que le vieillissement de la population est synonyme de moindre gains de productivité et de moindres prises de risque

Nous assistons à une déformation du partage des revenus au niveau mondial au détriment des salariés, un phénomène générateur d’une perte de croissance de la consommation.

Le désendettement ne contribue pas positivement à l’activité. La forte progression des dettes publiques et privées dans les années 90 et 2000 peut être assimilée à l’achat de croissance à crédit. Or, cet investissement se révèle moins rentable que prévu. Le surcroit de croissance n’est pas au rendez-vous car les crédits ont plus servi à financer des frais de fonctionnement qu’à préparer l’avenir. Cet endettement s’accompagne ou est la conséquence d’un excès d’épargne provoqué par des excédents commerciaux sans précédent et par des transferts financiers de pays à fortes capacités de consommation au profit de pays à faibles capacités de consommation. Le taux d’épargne mondiale est passé de 27 % du PIB en 2000 à 31 % du PIB en 2015. De plus, le désendettement actuel accentue ce phénomène. .

La crise financière de 2008 et la réplique de 2011 en Europe ont, enfin, accentué l’aversion aux risques. Or, sans prise de risque il n’y a pas de croissance. Il y a aujourd’hui une tendance lourde soit à réduire le risque, soit à le déporter sur les maillons en bout de chaîne (ubérisation de l’économie, sous-traitance, auto-entrepreneurs….).

Ces facteurs ont donc tendance de réduire la croissance potentielle. Les faibles gains de productivité, générés par la révolution du digitale et des réseaux constituent, par ailleurs, un élément à prendre en compte. On voit des objets connectés et du big data partout sauf dans les statistiques économiques pour paraphraser Robert Solow (Prix Nobel d’Economie.)


mardi 15 mars 2016

3000 entreprises françaises à l'origine du quart du PIB et 20 % de l'emploi

En 2013, les 3,3 millions d’entreprises françaises du secteur marchand (non agricoles et non financières) réalisent une valeur ajoutée de 986 milliards d’euros, soit plus de la moitié de la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie. Les 3 000 premières  entreprises  réalisent  52 % de la valeur ajoutée des secteurs principalement marchands (509 milliards d’euros), soit près d’un quart du produit intérieur brut. Elles sont à l'origine de  83 % des exportations, de 70 % de l’investissement et de 58 % de l’excédent brut d’exploitation du champ. Elles emploient 5,1 millions de salariés en équivalent temps plein soit 43 % des salariés de ces secteurs et près de 20 % de l’emploi total en France.
Contrairement à certaines idées reçues, parmi les 3 000 entreprises si 240 sont des grandes entreprises, 2 030 sont des entreprises de taille intermédiaire (ETI), 590 sont des petites et moyennes entreprises (PME) hors microentreprises, et 140 sont des microentreprises (PME-MIC). Mais attention ces chiffres cachent une autre réalité. De nombreuses PME sont des filiales de grands groupes.

Il y a une grande stabilité au sein de ce groupe des 3000. Plus de huit sur dix étaient déjà, « au cœur de l'économie française » en 2012 dont la quasi-totalité des grandes entreprises et des ETI, et les deux tiers des PME. Très peu de PME-MIC étaient aussi présentes en 2012. Les PME qui apparaissent dans ce classement sont bien souvent des unités ne portant que ponctuellement des investissements pour des groupes ou des administrations publiques.

Les entreprises industrielles demeurent un moteur essentiel de l'économie nationale, même si l'industrie en France connaît un lent repli depuis plusieurs décennies. Les 1 140 principales entreprises industrielles représentent environ 40 % des effectifs salariés, de la valeur ajoutée, de l'investissement et de l'excédent brut d'exploitation des 3 000 entreprises. Elles représentent 69 % aux exportations de ces entreprises, ce qui correspond à 57 % des exportations des 3,3 millions d'entreprises implantées en France.



L'inflation toujours dans le triangle des Bermudes

Au mois de  février, l'inflation a été de 0,3 % contre une baisse de 1  % en janvier. Corrigé des variations saisonnières, il baisse de 0,2 %, comme le mois précédent. Sur un an, l'indice des prix se replie de 0,2 %  contre une hausse de 0,2 % en janvier. 
L'évolution des prix de l'énergie et celle des services expliquent en grande partie ce mouvement. Sur un mois, la hausse des prix à la consommation en février résulte surtout du rebond saisonnier des prix des produits manufacturés après les soldes d'hiver et de celui, moindre cette année, des services liés au tourisme. Par ailleurs, les prix des produits pétroliers reculent de nouveau tandis que les prix des produits alimentaires sont stables.
 En février 2016, l'indicateur d'inflation sous-jacente, qui ne prend pas en compte les produits soumis à de forte fluctuations conjoncturelles (énergie, alimentation...) est stable, après une hausse de 0,1 % en janvier. Sur un an, il croît de 0,7 %, soit légèrement moins vite que les deux mois précédents (+0,9 % en janvier et décembre). L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) augmente de 0,3 % sur le mois. Sur un an, il se replie légèrement (–0,1 % après +0,3 % les deux mois précédents).
Cette évolution des prix a du compter sur la décision de la BCE de muscler son programme de rachats d'actifs et de baisse des taux.

jeudi 10 mars 2016

La BCE sort la massue pour combattre la déflation

La Banque Centrale Européenne a décidé, le jeudi 10 mars, d’abaisser de 0,05 à 0 % son taux directeur. Cette mise à zéro du principal taux de la BCE était attendue mais n’en constitue pas moins la preuve que la situation demeure déflationniste. Les établissements bancaires pourront emprunter gratuitement auprès de l’institution monétaire. Le taux d’escompte, passe pour sa part de 0,30 % à 0,25 %. Le taux de dépôt, baisse encore de 10 points de base pour s’établir à-0,40 %. Cela coute de plus en plus de laisser dormir son argent au sein de la Banque centrale même si certains économistes pensaient que ce taux pourrait être abaissé à -0,5 %.

Mario Draghi a indiqué que cette période exceptionnelle de taux bas pourrait durer longtemps et se poursuivre au-delà du programme de rachat d’actifs qui devrait durer jusqu’à mars 2017.

Ces décisions font suite à la révision à la baisse des prévisions d’inflation par La Banque centrale européenne. La BCE a ramené sa prévision pour 2016 de 1 % à 0,1 %. Pour 2017, la BCE espère une inflation de 1,3 % en 2017 contre 1,6 % auparavant et 1,6 % en 2018. Le retour au taux cible de 2 % s’éloigne un peu plus. Par ailleurs, la BCE considère que le taux de croissance ne serait que de 1,4 % en 2016, de 1,7 % en 2017 et de 1,8% en 2018.

En ce qui concerne le programme de rachat d’obligations, la BCE a décidé de porter son enveloppe mensuelle passe de 60 à 80 milliards d’euros par mois. En outre,  la banque centrale agira directement sur le marché du crédit aux entreprises, à compter du mois d’avril, en rendant éligibles les obligations émises par des sociétés de bonne qualité (catégorie « investissement ») à son programme. La BCE a porté la limite de rachat d’une même souche d’obligations de 33 % du nombre de titres émis à 50 %, mais seulement pour les titres émis par les organisations internationales et les banques de développement supra-gouvernementales. De nouveaux programmes de refinancement long terme (TLTRO) seront proposés aux banques, pour une durée de 4 ans au taux de refinancement, soit 0 %. Si le volume des prêts d’une banque est supérieure à un certain niveau, celle-ci pourra bénéficier de taux négatifs, jusqu’à -0,40 % afin de l’encourager à poursuivre sa politique de crédits.


La BCE a donc sortir l’armement lourd pour contrer les tentations déflationnistes. Ces annonces prouvent que la sortie de la période de taux bas n’est pas pour demain ce qui ne sera pas conséquence sur la rémunération des épargnants. En outre, pour le moment, cette politique qui modifie en profondeur les canons de la rémunération des actifs ne se traduit pas par une reprise forte des crédits. Les agents non financiers profitent de ces taux pour renégocier leurs prêts et non pour accroître leur endettement. 

Production industrielle en hausse en France !

Au mois de janvier, l'industrie manufacturière a connu une progression de +0,8 % faisant suite à stagnation au mois de en décembre 2015. L’industrie dans son ensemble fait mieux avec une augmentation de 1,3 % qui fait plus que compenser la chute de 0,6 % de décembre.

La situation est plus contrastée sur trois mois. En effet l’industrie manufacturière enregistre une hausse de +0,5 % quand l'ensemble de l'industrie décroît de 0,3 %. Ce sont les secteurs des industries extractives, énergie, eau (-5,0 %) et des équipements électriques, électroniques, informatiques (-2,6 %) qui pèsent sur l’activité. Les industries agro-alimentaires connaissant sur ces trois derniers mois une contraction de 0,9 %. Le secteur des matériels de transport est en recul de 0,4 %.


Sur un an, la production manufacturière augmente de 2,6 %, la hausse étant de 1,9 % pour l’ensemble de l’industrie. La production augmente de 3,7 % pour les matériels de transport, de 2,3 % dans les équipements électriques, électroniques, informatiques et machines, de 1 % dans les industries agro-alimentaires. En revanche, la production diminue dans la cokéfaction et raffinage (-0,7 %) et recule nettement dans les industries extractives, énergie, eau (-2,8 %). Le recul de ce secteur d’activité est intimement lié à la baisse des prix et à la moindre demande de ces derniers mois.

mardi 8 mars 2016

La Chine en plein brouillard



Les importations chinoises ont reculé de 13,8 % et les exportations de 25,4 % au mois de février. Cette chute a été en partie occasionnée par le nouvel an chinois qui s'accompagne de plusieurs jours fériés.

Dans la devise chinoise, les exportations se sont contractées de 20,6% sur un an, à 822 milliards de yuans. De leur côté, les importations reculent pour le 16ème mois consécutif.

La contraction de février est néanmoins plus forte que prévu. En dollars, l'excédent commercial chinois a globalement fondu en février de 46% sur un an. Les exportations chinoises - exprimées en yuans - vers l'Union européenne (UE) ont baissé de 10,7% et celles vers les États-Unis de presque 11%. À l'inverse, les exportations européennes vers la Chine ont baissé de 7,7% et celles américaines de 16%.
Cette contraction s'explique avant tout par le fléchissement de la demande extérieure et par l'augmentation des coûts salariaux qui met à mal la compétitivité. La baisse des importations est liée à la chute des cours. En effet, en volume, les achats chinois de pétrole brut, de cuivre ou de minerai de fer ont en réalité augmenté en février.

lundi 7 mars 2016

Les femmes gagnent 16 % de moins que les hommes au sein de l'Union européenne

En 2014, l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes s'établissait à 16,1% dans l'Union européenne (UE). Autrement dit, pour chaque euro gagné dans l'heure par un homme, une femme gagnait en moyenne 84 centimes.

L'Allemagne pour une fois, ne fait pas partie des bons élèves. En effet, l'écart entre hommes et femmes y est de plus de 20 % comme en Estonie, en Autriche ou en République tchèque. Parmi les États membres, l'écart est de moins de 5% en Slovénie et à Malte.

En France, l'écart est de 15,3 %.

 Les différences entre les hommes et les femmes sur le marché du travail ne portent pas uniquement sur les écarts de rémunération, mais concernent également, en corrélation avec ceux-ci, le type de contrat de travail. En 2014, alors qu'une femme sur cinq dans l'UE (20,0%), âgée de 25 à 49 ans et sans enfant, travaillait à temps partiel, cela concernait un homme sur douze (8,2%). Et l'écart se creuse avec le nombre d'enfants: près de la moitié des femmes (45,1%) ayant au moins trois enfants travaillaient à temps partiel, contre 7,0% des hommes dans la même situation.




Les entreprises françaises reprennent le chemin de l'endettement

Selon la Banque de France au mois de janvier en rythme annuel, la dette des sociétés non financières a augmenté de 4,8 % au lieu de 4,5 % le mois précédent. Cette progression traduit sans nul doute une légère reprise de l'investissement. Pour les crédits bancaires, la hausse est sur un an de 4,8 % contre 4,2 % en décembre.  Le financement de marché est en léger retrait avec une hausse de 4,8 % contre 5,1 % en décembre. La situation des marchés en janvier explique sans nul doute cette situation.  

Financement des sociétés non financières
 (Encours et flux non cvs en milliards d'euros, taux de croissance et taux d'intérêt en %)
 
           
  EncoursFlux annuel net Taux de croissance annuel  Coût des financements nouveaux
(moyenne mensuelle) 
  Jan.-16Jan.-16 Déc.-15Jan.-16 Déc.-15Jan.-16
Financement des SNF1436,366,1 4,54,8 1,821,73 
  - dont crédits bancaires880,840,5 4,24,8 1,991,85 
  - dont financement de marché555,525,6 5,14,8 1,551,53 
 en euros428,125,7 6,56,4   
 en devises127,4-0,1 0,80,0   

  
Taux de croissance annuel, par mode de financement (en %)Coût moyen du financement (en %)
Crédits bancairesFinancement des SNFFinancement de marchéavr-14juil-14oct-14jan-15avr-15juil-15oct-15jan-16-101234567891011121314-101234567891011121314

(* Cliquez ici pour voir l'image seule)
Crédits bancairesFinancement de marchéavr-14juil-14oct-14jan-15avr-15juil-15oct-15jan-1611,21,41,61,822,22,42,62,833,211,21,41,61,822,22,42,62,833,2aout-14Financement de marché: 1,47
Source et calculs : Direction Générale des Statistiques

dimanche 6 mars 2016

La France et son industrie, un divorce consommé ?


La France, toujours en indélicatesse avec son industrie

La France est un pays de services qui a eu une industrie. Les services représentent désormais près de 80 % du PIB quand l’industrie pèse 12 %, le reste étant partagé par l’agriculture et la construction. La production manufacturière française reste en retrait par rapport à son niveau de 2008 (-15 %).

La France a perdu 2 millions d’emplois industriels en 30 ans. Ils sont passés de 28 à 12 % de l’emploi total. Tous les pays occidentaux ont connu des baisses comparables de leur emploi industriel. Ainsi, il a reculé de 15 points en Allemagne et aux États-Unis et de 16 points au Japon. L’emploi industriel ne représente que 10 % des emplois aux États-Unis et au Royaume-Uni, 17 % au Japon et 19 % en Italie. Ce poids demeure important en Allemagne (21 %).

Ce processus ne semble pas s’arrêter en France. 44 usines ont fermé en 2015. Ce nombre est néanmoins en baisse. Il était de 54 en 2014 et de 140 en 2013. Depuis 2009, 6 % des sites industriels de plus de 10 salariés ont fermé. En 2015, 8 900 emplois industriels ont été perdus contre 14 160 en 2014.
  

Malgré un contexte extrêmement favorable, l’industrie française n’a pas réussi à mettre un terme à son déclin. La chute des prix du pétrole, la dépréciation de l’euro et les faibles taux d’intérêt n’ont pas suffi. La baisse de l’investissement et la très forte dégradation des marges, enregistrées ces dernières années, ont pesé bien plus lourd. Si l’investissement dans le secteur industriel a augmenté en 2015, cette hausse est bien trop récente et trop faible, +2 %, pour mettre un terme au processus de désindustrialisation.


vendredi 26 février 2016

Ça vous regarde : Bien vieillir, mais à quel prix ? LCP Assemblée nati...

8e Débat Autonomie OCIRP France Info - Le Monde - LCP

l'industrie française a reculé en décembre



Au mois de décembre, le chiffre d'affaires des entreprises de l'industrie manufacturière s'est contracté de 1,1 % après une hausse de 1,3 % en novembre. Il décroît également à l'exportation de 0,6 % après une progression de 1,4 %. De même, le chiffre d'affaires se contracte sur l'ensemble de l'industrie (–1,0 % après +1,1 %).

Au quatrième trimestre 2015, le chiffre d'affaires recule de 0,4 % par rapport au troisième trimestre, dans l'industrie manufacturière comme dans l'ensemble de l'industrie.

Dans l'industrie manufacturière, le chiffre d'affaires progresse légèrement au quatrième trimestre 2015 par rapport au quatrième trimestre 2014 (+0,2%). Il augmente de façon un peu plus marquée dans l'ensemble de l'industrie(+0,6 %) du fait de la hausse soutenue dans les industries extractives, énergie, eau, déchets et dépollution (+2,2 %).
Le chiffre d'affaires dans l'industrie manufacturière
Le chiffre d'affaires dans l'industrie manufacturière
Source : Insee
Le chiffre d'affaires dans l'industrie manufacturière par secteur
Le chiffre d'affaires  dans l'industrie manufacturière par secteur

mercredi 24 février 2016

Emploi, affaire à suivre...


Le nombre de demandeurs d’emploi (catégorie A) a baissé de 27 900 au mois de décembre. Il s’élève désormais à 3 552 600. Sur trois mois, la baisse est de 0,8 % mais sur un an, elle cède la place à une hausse de 1,8 %.

Le résultat du mois de janvier est imputable à une forte progression des radiations. Cela peut être imputable à des clarifications de situation menées tant par Pôle Emploi que par des demandeurs d’emploi qui avaient retrouvé une activité sans le mentionner. Il peut également s’agir de personnes qui ont renoncé à effectuer des démarches pour se maintenir à Pôle Emploi.

Le nombre de demandeurs toutes catégories confondues en s’élevant à 5 459 700 est en recul de 0,3 %. Il progresse en revanche de 0,4 % sur trois mois et de 4,2 % sur un an.

Les jeunes de moins de 25 ans ont enregistré un recul de 1,5 % du nombre de demandeurs d’emploi. En revanche, les plus de 50 ans n’enregistrent pas de réelles améliorations. En un an, le nombre de demandeurs d’emploi de plus de 50 ans a progressé de 7,8 % (0,8 % sur trois mois et stabilité en janvier).

Plus noire, la durée moyenne du chômage continue de progresser. En janvier, elle était de 306 jours en hausse de 2 jours par rapport à décembre et de 18 jours en un an.

Compte tenu du recul du niveau de confiance des consommateurs et des entreprises au mois de février, il n’est pas attendu une réelle accélération de croissance dans les prochaines semaines. Le chômage se situe sur une ligne de crête sans pour autant s’engager sur un véritable processus de baisse. Les sureffectifs sont encore nombreux dans plusieurs secteurs d’activité et l’absence de reprise franche n’incite pas les dirigeants d’entreprise à embaucher en CDI.



La confiance des ménages est en berne au mois de février en France

Selon l'INSEE, au mois de février 2016, la confiance des ménages diminue de  2 points et atteint 95. L'indicateur s'écarte un peu plus de sa moyenne de longue période (100). Les incertitudes économiques semble peser sur la confiance des ménages qui doutent de la reprise. Cette baisse de la confiance risque d'enrayer la hausse de la consommation constatée en 2015. 

En février, l'opinion des ménages sur leur situation financière personnelle passée est quasi stable : le solde d'opinion perd 1 point. Leur opinion concernant son évolution future fléchit légèrement : le solde perd 2 points. Ces deux soldes restent au-dessous de leur moyenne de longue période. L'effet pétrole est de moins en moins perçu par les ménages qui ne considèrent pas que leur pouvoir d'achat s'accroît. 
Les ménages sont nettement moins nombreux qu'en janvier à considérer qu'il est opportun de faire des achats importants : après un rebond de 8 points le mois précédent, le solde d'opinion recule de 6 points en février. Il reste néanmoins au-dessus de sa moyenne de longue période.

En février, l'opinion des ménages sur leur capacité d'épargne ne varie quasiment pas. Le solde d'opinion sur leur capacité d'épargne actuelle se maintient à son niveau moyen de long terme. Celui sur leur capacité d'épargne future est quasi stable (+1 point) et reste légèrement au-dessus de sa moyenne de longue période.

Les ménages sont de nouveau moins nombreux à considérer qu'il est opportun d'épargner : le solde baisse encore de 4 points en février et se trouve désormais à son niveau le plus bas depuis août 2015. Il continue ainsi de s'éloigner de sa moyenne de longue période.La baisse des taux semble impacter les épargnants tout comme la chute des cours des actions en ce début d'année.
Indicateur synthétique de confiance des ménages
Indicateur synthétique de confiance des ménagesSource : Insee

mardi 23 février 2016

le climat des affaires en berne en février

Selon l'INSEE, au mois de février, le climat des affaires en France se contracte de deux points et retrouve son niveau de long terme (100). Le climat est stable dans l'industrie, perd un point dans le bâtiment et les services, et deux points dans le commerce de détail.

Indicateur de climat des affaires France
Indicateur de climat des affaires France
En dépit du repli du climat des affaires, l'indicateur de retournement pour l'ensemble de l'économie reste dans la zone indiquant une situation conjoncturelle favorable.

Indicateur de retournement France
Indicateur de retournement France
Lecture: Proche de +1 (resp. -1) : climat conjoncturel favorable (défavorable)
Sources : Insee, enquêtes de conjoncture
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samedi 20 février 2016

Que signifie l'âge du capitaine ?



Les électeurs des États-Unis, de l’Allemagne et de la France seront amenés dans les prochains mois à désigner leurs dirigeants. Si depuis la fin des années soixante, le rajeunissement de la classe politique est un thème majeur force est de constater que ce ne sera pas obligatoirement le cas pour les échéances à venir.

Ainsi, aux États-Unis, les principaux candidats ont plus de 60 ans voire plus. Donald Trump est né en 1946. Hilary Clinton a 69 ans. Son principal concurrent au sein du parti démocrate est Bernie Sanders âgé de 74 ans. Nous sommes loin de John Fitzgerald Kennedy élu à 44 ans, en 1961, Président des États-Unis. En Allemagne, la chancelière, Angela Merkel qui en est à son troisième mandat a 61 ans. Son concurrent au sein de son parti et au sein du Gouvernement Wolfgang Schäuble a 73 ans. En France, le champion des sondages à droite est Alain Juppé 70 ans. Les autres candidats potentiels au second tour, François Hollande, Nicolas Sarkozy ou François Fillon ont plus de 60 ans. Seule Marine Le Pen a moins de 60 ans. Certes il y a des exceptions notoires avec Matteo Renzi ou David Cameron qui avec leurs 41 et 49 ans, font figures de benjamins de la classe politique européenne.

Est-ce qu’une question de hasards ou est-ce une évolution plus structurelle ? L’âge des dirigeants a-t-elle vocation être plus élevé ?

Quelles sont les raisons qui peuvent conduire au choix de dirigeants plus âgés ?

La composition du corps électoral

La composition du corps électoral est un facteur à prendre en compte. Les retraités, en France, représentent 35 % de la population inscrite sur les listes électorales. En outre, ce poids est d’autant plus important que les retraités s’abstiennent moins que les jeunes. L’âge médian de la population française est désormais supérieur à 40 ans quand il était de 37 ans au début du siècle. Cet âge augmente de 2 à 3 mois chaque année. Les électeurs se trouvent donc chez les plus de 40 ans voire chez les plus de 50 ans. Les candidats ressemblant à leur électorat ont donc tendance également à être de plus en plus âgés.

Des années 60 aux années 90, tout gouvernement qui se respecte est angoissé par la question jeune. Les manifestations d’étudiants sont fréquentes et peuvent provoquer la démission de nombreux ministres (Alain Devaquet, Lionel Jospin…). Aujourd’hui, les manifestations sont bien plus rares et bien plus pacifiques (les dernières en date ont concerné le CPE sous Dominique de Villepin).

La logique de la conservation du pouvoir et l’effet des sauts générationnels

Les générations des baby-boomer tentent de conserver le pouvoir. Ils s’appuient sur les structures des partis politiques dont les représentants sont plus âgés que la moyenne de la population. Par absence d’appétence, par manque de temps, les jeunes sont sous-représentés au sein des partis. De ce fait, les trentenaires et les quarantenaires sont plus rares.

Par ailleurs en France, à l’exception de Valéry Giscard d’Estaing qui a été élu à 48 ans, l’accession aux responsabilités a été, de tout temps, un long cheminement sur plusieurs décennies. Il convient de signaler que si VGE a été élu jeune, il avait une expérience de plus de 15 ans au sommet de l’État. 

Pour atténuer cette analyse, il faut prendre en compte que le renouvellement au sein de la classe politique s’effectue par saut générationnel. Une génération d’hommes et de femmes politiques a tendance à bloquer l’accès à la génération qui lui succède et préfère promouvoir des personnes ayant 20 ans de moins qu’eux. Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac ont ainsi freiné les carrières des François Léotard, Alain Madelin, Philippe Séguin… Il en est de même à gauche avec François Mitterrand. Aujourd’hui, le processus semble se reproduire avec François Hollande et Nicolas Sarkozy même si avec les problèmes économiques et leur faible popularité leur mainmise sur leur camp est plus fragile que celle qu’avait leur prédécesseur.

Le principe de précaution électorale

Avec le vieillissement et les crises économiques depuis 2008, l’électorat a besoin d’être rassuré. L’expérience est donc une valeur en hausse. Les thèmes de campagne sont de plus en plus centrés sur les questions de sécurité au sens large du terme (environnement, sécurité intérieure…).

Ce sentiment de précaution est en conflit avec le principe « de sortir les sortants », principe qui a toujours le vent en poupe en période de crise. Les dernières élections en Grèce ou en Espagne ont été marquées par une montée des partis extrémistes dirigés par de jeunes responsables. Entre expérience et nouveauté, les électeurs semblent hésiter…

  
Quelles conséquences pour les programmes politiques ?

Compte tenu de l’âge des candidats et de la composition électorale, les mesures qui pourraient impacter les retraités sont très difficiles à prendre. Les dispositions fiscales sur les pensions ou touchant au patrimoine qui est, en France, possédé à plus de 50 % par les plus de 50 ans sont évidemment électoralement très coûteuses.

Reculer l’âge de la retraite à 63 ou 65 ans, modifier le code du travail ne concernent pas les retraités. En revanche, les candidats sont en règle générale plus silencieux concernant l’éventuelle harmonisation de la CSG des retraités sur celle des actifs ou la suppression de l’abattement de 10 % dont bénéficient ces mêmes retraités…


Les thèmes de la sécurité au sens large du terme occuperont une place de plus en plus importante dans les programmes. 

mercredi 17 février 2016

De « l’Europe communauté » à « l’Europe libre-service »



La construction européenne engagée, de manière structurée, dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale est-elle en train de se muer en processus de déconstruction informelle. Les débats sur Schengen et sur l’appartenance du Royaume-Uni ne sont-ils pas annonciateurs d’un détricottage pur et simple ? De même, l’incapacité des pays membres d’avancer vers une Europe plus intégrée ne témoigne-t-elle pas que les idéaux des pères fondateurs se sont évanouis ?

Aux origines, une démarche originale…

Après la Seconde Guerre Mondiale, la volonté de mettre un terme aux guerres européennes et l’échec relatif de la Société des Nations, ont conduit à la mise en place d’un processus original initié par quelques hommes politiques issus de France, d’Allemagne, de Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg et d’Italie. Les pères fondateurs, Jean Monnet, Konrad Adenauer, Joseph Bech, Johan Willemn Beyen, Alcide de Gaspieri, Robert Schuman et Paul Henry Spaak, ont décidé de contourner les problèmes politiques en retenant comme moteur de la construction euroépenne, la coopération l’économie. La paix passait, pour eux, par la prospérité. C’est ainsi qu’est née, en 1951, la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier qui institue dans ces deux secteurs d’activité un marché commun. Cette première réalisation débouche sur le Traité de Rome qui institue la Communauté Economique Européenne et Euratom. En contrepartie de la suppression des droits de douane, il est décidé d’instituer un système d’aide à l’agriculture qui prendra le nom de politique agricole commune avec instauration d’une préférence communautaire. Euratom avait, de son côté, vocation de favoriser la coopération des Etats membres dans le domaine de l’énergie atomique.

La CEE devient un pôle attractif du fait des forts taux de croissance des Etats membres et de la paix retrouvée. Elle devient un modèle de réussite en matière de coopération et de démocratie. Il en résulte une série d’élargissement. Avec la chute du mur de Berlin en 1989, elle s’ouvre à l’Europe de l’Est au moment même où est élaboré le Traité de Maastricht sur la monnaie commune. Cette dernière qui est en germe depuis la fin des années soixante (Plan Werner-Barre) vise à parachever le marché unique. Elle est jugée indispensable afin d’éviter les effets de dévaluations et des réévaluations qui minent le marché commun. Les variations des taux de change des pays membres obligent, par exemple, au niveau agricole où existent des prix d’intervention, des prix planchers…, des calculs complexes de montants compensatoires.

L’étage monétaire est alors imaginé comme une étape supplémentaire vers le fédéralisme qui est le fil conducteur de la construction, fédéralisme implicite et jamais affirmé en tant que tel.

Un pont trop loin

L’Europe a dû mener de front dans les années 90 à la fois l’élargissement vers l’Est et la création de la monnaie unique ainsi que la finalisation du marché unique lancé par Jacques Delors en 1985. Cette accumulation de défis a, sans nul doute, contribué à une perte d’identité de l’Europe. En outre, l’empirisme a montré ses limites avec une Europe à 28 Etats ayant des niveaux de développement et des objectifs différents. 70 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le souvenir du conflit ne suffit plus à unir les Etats membres. Par ailleurs, depuis vingt ans, nul n’ose imaginer l’étape d’après. L’Europe symbole de croissance est devenue une zone en crise avec un taux de chômage et une dette élevés. L’Europe ne fait plus rêver au point que l’Islande ne l’a pas intégrée.

Après la menace de sortie de la zone euro de la Grèce, l’Union est confrontée au chantage du Royaume-Uni. Le possible départ d’un Etat membre n’avait pas été anticipé car par nature, l’intégration européenne était un processus irréversible L’Union européenne s’est construite par analogie avec les Etats-Unis.

L’Europe, un bouc émissaire commode

L’Europe depuis les années 90 et surtout depuis 2008 est devenue un bouc émissaire facile. Les Gouvernement ont imputé à l’Europe la responsabilité des politiques de rigueur et des réformes structurelles impopulaires. A 28, l’Europe est devenue difficilement gouvernable d’autant plus que la Commission de Bruxelles, organe de nature fédérale, a perdu de son aura et de son influence. La seule institution fédérale est de fait la Banque centrale européenne qui joue de son indépendance pour élaborer des politiques réellement européennes.

L’Europe n’a pas de toute façon les moyens de ses ambitions. Le budget européen représente 1 % du PIB de l’Union. Faute de volonté politique suffisante et de consensus sur les objectifs, les institutions européennes réagissent dans l’urgence aux problèmes auxquels elles sont confrontées : crise des dettes publiques, crise des migrants…

L’épuisement du modèle

Le traité de Schengen traduit bien l’épuisement d’une certaine forme de coopération. Si l’effacement des frontières est logique à l’intérieur d’un espace de libre circulation des biens, des services, des personnes et des capitaux, la question de l’organisation de la surveillance des frontières de ce dit espace nécessite un minimum d’organisation fédérale. Le contrôle des frontières pèse essentiellement sur les pays se situant aux marges et qui ne sont pas obligatoirement des grands Etats. La Slovénie, la Slovaquie, la Hongrie… ont-ils les moyens d’assurer le contrôle des frontières ? La création d’une véritable police des frontières européenne s’impose mais tarde à prendre forme. Les moyens de Frontex, l’agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières,  sont faibles (environ 300 millions d’euros).

L’abandon de la convention de Schengen se traduirait, en revanche, par un surcoût de plusieurs milliards d’euros du fait de la réinstauration des contrôles aux frontières et du manque à gagner dans les échanges commerciaux (ralentissement des échanges, surcoûts administratifs….). Les deux pays qui seraient les plus pénalisés sont la France et l’Allemagne. Une telle suppression pourrait réduire de 10 % les échanges commerciaux entre Etats membres.

En refusant l’instauration d’un étage spécifique à la zone euro, la construction européenne bute sur des problèmes institutionnels majeurs. En effet, l’idée reste que la zone euro doit, à un moment ou à un autre, coïncider avec le périmètre de l’Union européenne or plusieurs Etats membres ne veulent pas entendre parler de la monnaie unique. De ce fait, ils n’entendent pas être soumis à la réglementation économique et financière qui y est attachée. De même, ils ne veulent pas être financièrement solidaires des Etats membres de la zone euro qui pourraient rencontrer des difficultés. Etant donné que ces Etats ont souvent défini un taux de change fixe avec l’euro, ils ont la tentation d’être des passagers clandestins. C’est ainsi que le Royaume-Uni, dans le cadre des négociations avec la Commission, demande à pouvoir échapper à la réglementation liée à l’euro. En acceptant l’idée que l’euro n’est pas l’avenir commun de tous, les Etats membres acceptent de facto le principe d’une union à la carte. Ce ne sera plus une communauté mais un libre-service.

Le Royaume-Uni avait, déjà, sous Margaret Thatcher, obtenu la reconnaissance de juste retour avec le fameux « I want my money back ». Les Britanniques bénéficient du fait qu’ils sont d’importants contributeurs nets d’un remboursement pris en charge par les autres Etats qui versent plus qu’ils ne reçoivent de l’Europe. A ce précédent, risque de s’ajouter toute une série de dérogations que les autres Etats membres pourront également revendiquer.

L’Europe, une puissance sans outil

Bruxelles est accusé de tous les maux. Or, que pèse le poids de l’administration est marginale. L’Europe est accusée d’en faire trop ou pas assez.

Au niveau économique, juridiquement, les institutions européennes n’ont pas de compétences directes pour à s’occuper de l’emploi, de la conjoncture économique…. Mais, avec l’instauration de la monnaie unique, l’Europe se retrouve en première ligne. Faute de gouvernement économique ou de direction du Trésor européen, faute de fonds de soutien conjoncturel, l’Union dispose de peu d’outils pour venir en aide à un Etat faisant face à un choc asymétrique.

Quand la norme tue l’imagination au pouvoir

Les gouvernements européens se sont enfermés dans un schéma juridique. Le respect de la norme est censé résoudre tous les problèmes. Le respect des normes budgétaires a pour objectif de corriger les comportements déviants, respect qui est tout relatif depuis 1999. Les normes apparaissent comme des murailles bien virtuelles quand la dette publique dépasse 100 % du PIB ou quand le chômage frappe le quart de la population active comme c’est le cas en Grèce.

L’Europe depuis vingt ans s’interdit d’être imaginative. Ainsi, sur la question des travailleurs détachés, il eut été possible d’imaginer la création d’un régime de sécurité sociale spécifique au niveau européen. Les travailleurs détachés acquitteraient leurs cotisations selon un barème européen défini afin d’éviter des distorsions de concurrence trop fortes.

De même, aujourd’hui, les différents Etats européens ont une tendance non plus à converger sur le plan économique mais à diverger. L’Allemagne et certains Etats du nord demeurent des pays industriels quand ceux du Sud ont des économies de plus en plus tertiaires. Il en résulte des déséquilibres croissants au niveau des balances commerciales. En outre, du fait que les gains de productivité dans l’industrie sont supérieurs à ceux constatés dans les services, le taux de croissance du Nord est plus élevé que celui du Sud de l’Europe.

Pour corriger ces divergences, la solution passe par l’organisation de transferts sociaux à l’intérieur de la zone euro. L’assurance-chômage et l’assurance-retraite devraient être européanisées. Certes, cela suppose un large consensus car dans un tel schéma, les Etats d’Europe du Nord financeraient ceux du Sud. Un tel mode de financement aurait l’avantage de ne pas générer de surendettement dans les Etats du Sud et d’équilibrer les balances des paiements.

L’Europe a-t-elle perdu le sens de l’histoire ?

Le politologue, Robert Kagan, considère que l’Europe en ayant consacré beaucoup d’énergie à la monnaie unique, s’est désengagée de l’histoire du monde. L’Europe a négligé les évolutions économiques et géostratégiques internationales (pays émergents, Afrique, situation au Moyen Orient, révolution digitale…). Les pays européens qui ont cru dans les années 90/200 à l’avènement d’un « paradis post-historique » sont confrontés depuis 2008 à une succession de crises à laquelle ils n’étaient pas préparés. Les pères fondateurs avaient opté pour un jeu éminemment politique qui se faisait fort de faire oublier que toute construction étatique passe par le politique. Aujourd’hui, avec l’absence d’une volonté politique forte, le vélo européen vacille de plus en plus à défaut de trouver la bonne vitesse.…

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lundi 15 février 2016

Le tourisme pénalisé par les attentats du mois de novembre

Les professionnels l'affirmaient depuis de nombreuses semaines. L'INSEE vient de confirmer que la fréquentation des hôtels a fortement baisé après les événements du mois de novembre. C'est fort logiquement la clientèle étrangère qui est en baisse.

Au quatrième trimestre 2015 en France métropolitaine, la fréquentation touristique dans les hébergements collectifs touristiques, exprimée en nuitées,diminue de 1,7 % par rapport à la même période de 2014.

Paris et son agglomération sont les plus impactées. Si  le quatrième trimestre avait démarré avec une croissance de la fréquentation dans la lignée des trimestres précédents, les attentats du 13 novembre ont interrompu cette dynamique dans l'agglomération parisienne. Dans les hôtels, la fréquentation y baisse globalement de 6,8 % et davantage pour la clientèle étrangère (-9,8 %). Dans les autres hébergements collectifs, le recul est encore plus marqué : la baisse globale (-12,2 %) est tirée par la chute de 36,6 % de la clientèle étrangère.Le déclin est plus important en décembre qu'en novembre, pour lequel la fréquentation n'a baissé que durant la seconde quinzaine.

Le littoral et la montagne ont en revanche enregistré une croissance des nuitées.

mardi 9 février 2016

Progression du crédit aux entreprises en 2015


Selon la Banque de France, les crédits aux entreprises ont augmenté de 2,8 % en 2015. Les crédits mobilisés par les entreprises atteignent 709,9 milliards d’euros, en augmentation de 2,8 % sur un an.

Cette progression concerne toutes les catégories d’entreprises : +2,0 % pour les PME, +2,9 % pour les ETI et +6 % pour les grandes entreprises.

L’augmentation de l’encours des crédits mobilisés concerne la majorité des secteurs de l’économie. Elle s’élève à 4,7 % dans les activités de soutien aux entreprises, ainsi que dans l’industrie, et à 3,4 % dans les activités immobilières. En revanche, l’encours des crédits mobilisés est en recul dans le transport (- 6,5 %).

Les entreprises françaises se financent, par ailleurs, à 40 % sur les marchés. cela concerne essentiellement les grandes entreprises et les ETI. 

Crédit aux entreprises (encours)

dimanche 7 février 2016

La France en mal de productivité !

Si la croissance est faible en France, c’est avant tout à cause de la diminution, depuis la fin des années 90, des gains de productivité horaire. Ce déclin de la productivité n’est pas spécifique à la France, il concerne l’ensemble de l’Europe au point que le décrochage avec les Etats-Unis devient criant.

En 1950, la productivité horaire était en France inférieure de 50 % par rapport à celle des Etats-Unis. Grâce à une forte accélération des gains de productivité, ce retard a été comblé en grande partie dans les années 80. La productivité augmentait de 5 à 6 % durant les années 50-60.Elle s’est érodée de décennie en décennie. Elle est passée de 3-4 % dans les années 70 à 2-3 % dans les années 80. Elle était comprise entre 1,5 -2 % dans les années 90 et jusqu’au milieu des années 2000. Depuis, elle est passée en-dessous de la barre du 1 %. Le taux moyen de croissance entre 2003 et 2014 est de 0,7 %.

Les Etats-Unis ont connu une évolution semblable mais avec un rebond dans les années 90 avec la diffusion des nouvelles technologies. L’Europe a été moins sensible à ces technologies à l’exception de la Suède.

L’Europe et tout particulièrement la France ont opté pour une intensification de la croissance en emploi. En multipliant les systèmes d’aide à l’emploi, les pouvoirs publics ont réduit, par voie de conséquence, les gains de productivité. Par ailleurs, du fait des contraintes réglementaires et de la pression sociale, les entreprises n’ont pas adapté totalement leur effectif à leurs ventes. Selon une étude « Ducoudré et Plane – OFCE » de 2015, les sureffectifs concerneraient, à la fin du deuxième trimestre 2015, plus de 100 000 personnes.

Au-delà de ces facteurs, le retard de productivité des entreprises françaises s’explique par la faible diffusion des techniques de l’information et de la communication. Selon une étude « Cette, Clerc et Bresson », le stock de capital en matériel informatique et de communication ainsi qu’en logiciels serait inférieur de 25 % à celui des Etats-Unis. Il correspondrait au stock des Etats-Unis de la fin des années 80 soit bien avant la révolution numérique.

Les entreprises, en raison de leur petite taille, ne sont pas des acteurs du Net. En 2014, 63 % des entreprises françaises ont un site Internet contre 75 % en moyenne au sein de l’OCDE et 90 % dans les pays d’Europe du Nord. Seules 17 % des entreprises françaises sont présentes sur les réseaux sociaux contre 25 % en moyenne au sein de l’OCDE. Le taux d’équipement des entreprises, en France, en robotique est deux fois plus faible qu’aux Etats-Unis ou en Allemagne. Selon une étude de France Stratégie, la France ne souffre pas d’un sous-investissement mais avant tout d’un mal-investissement.

La France n’a pas suffisamment renouvelé son tissu économique. Les positions de rente, les protections diverses et variées n’ont pas permis l’enclenchement d’un processus de destruction créatrice. Aux Etats-Unis, de nombreuses entreprises ont disparu remplacées par de nouvelles qui ont pu attirer des capitaux afin de s’accroître. Dans le secteur manufacturier, 50 % de la croissance a été tirée, aux Etats-Unis, par cette réallocation des capitaux en faveur de nouveaux acteurs. Pour le commerce de détail, ce taux est de 90 %. En Europe, les entreprises productives n’arrivent pas à grandir quand les moins productives ne périclitent que lentement. Il y a stagnation par absence de respiration du tissu économique.

La France souffre d’une insuffisante qualification de sa population active. La massification de l’enseignement supérieur est récente. Le faible niveau de qualification des générations plus anciennes pèse sur la productivité. En outre, la formation constitue une autre faiblesse. En 2013, 36 % de la population active a bénéficié d’une action de formation contre 50 % en moyenne au sein de l’OCDE et 70 % au sein des pays d’Europe du Nord. 56 % des diplômés de l’enseignement supérieur bénéficient d’actions de formation contre 17 % des actifs qui n’ont atteint que le deuxième cycle.

L’enseignement délivré n’est pas, en outre, en phase avec les besoins générés par les techniques de l’information et de communication. Il demeure très académique, la priorité étant donnée à l’acquisition des connaissances quand dans de nombreux pays dont ceux de l’Europe du Nord, l’accent est mis sur les méthodes. En France, le système éducatif est élitiste avec une valorisation du travail individuel à travers la notation, à travers l’acquisition de connaissances. La sélection s’effectue soit par concours pour les grandes écoles soit par la capacité à se frayer un chemin dans le parcours universitaire. Dans ces conditions, le poids de l’environnement familial voire géographique est déterminant. Dans de nombreux pays, le parcours scolaire repose avant tout sur l’acquisition de méthodes avec une part importante accordée au travail collaboratif. Le système éducatif français tend à s’adapter à la nouvelle donne même si des résistances existent (intégration des moyens d’information et de communication, travail en groupe…) mais il faudra plusieurs années afin que cette évolution se diffuse au sein de la population active. Toutes les réformes scolaires qu’elles portent sur l’organisation du système éducatif ou sur les programmes freinent font l’objet de contestation quasi-idéologiques.

La France protège trop ses entreprises et ses emplois. Les pouvoirs publics afin d’atténuer les conséquences des fermetures d’établissement ont pris de nombreuses mesures qui dans les faits se retournent contre les actifs. La rotation des entreprises et des emplois est trop faible en France. La protection des emplois existants empêche à ceux qui sont sur le marché du travail de trouver un nouveau poste. Le droit français protège les actionnaires et l’emploi à court terme au détriment des entreprises naissantes qui auraient besoin de plus de flexibilité. L’emploi à vie est un principe admis en France. Le poids de la fonction publique, plus de 5 millions de salariés, soit près de 20 % de la population active occupée, explique sans nul doute la popularité de ce principe. Les Français occupent plus longtemps le même emploi que leurs homologues européens, 11,4 ans contre une moyenne de 10 ans en Europe et 9 ans au Royaume-Uni. En France, malheur à l’exclu. Un actif sorti du marché du travail éprouve les pires difficultés à retrouver un emploi. Le chômage est vécu comme une tare.

La dualisation du marché du travail pèse également sur la productivité sur le long terme. Afin de contourner la rigidité du droit du travail, les entreprises recourent de plus en plus, pour les nouveaux entrants, aux CDD ou à l’intérim. Notre système est constitué d’un cœur d’emploi stables et protégés. En périphérie, un monde d’emplois précaires s’est développé avec à la clef peu de formation et peu d’investissement dans le capital humain. Les membres du premier club n’ont aucune raison de prendre des risques de peur de se retrouver dans la deuxième catégorie. Face à cette situation, le débat sur la sécurisation des parcours professionnels prend toute sa signification.

Les allégements de charges sur les bas salaires contribuent également à réduire les gains de productivité. Ils ne favorisent pas la montée en gamme des entreprises françaises, ni même la progression professionnelle des actifs. Il conviendrait, en la matière, de lisser les effets de seuil en instituant un abattement sur les 500 ou 800 premiers euros de salaire, applicable à tous les salariés.
La concurrence demeure insuffisante au sein de plusieurs secteurs d’activité dont  le secteur de la grande distribution.

Si la France dispose d’une politique en faveur de la recherche ambitieuse avec notamment le crédit d’impôt recherche, elle demeure malgré une réorientation ces dernières années trop concentrée sur quelques secteurs d’activité et quelques entreprises. La France est, en matière de diffusion des résultats de la recherche développement au sein des PME, distancée par l’Allemagne ou la Suède.