vendredi 13 novembre 2015

Un léger mieux dans la croissance !



La France a renoué avec la croissance au 3ème trimestre après avoir enregistré la stagnation du deuxième. Le taux de croissance a ainsi atteint 0,3 % entre juillet et septembre. Cette croissance a été portée par la consommation et par l’investissement des entreprises. En revanche, le commerce extérieur a contribué négativement à l’évolution du PIB. La progression du pouvoir d’achat des ménages générée par la faible inflation explique la bonne tenue de la croissance. L’amélioration de la confiance tant des consommateurs que des affaires laisse présager un bon quatrième trimestre. Le taux de croissance de ce dernier trimestre devrait se situer entre 0,3 et 0,4 % . Le  taux de croissance sur l’ensemble de l’année devrait être donc de 1,1 à 1,2 % mettant fin à trois années de stagnation.


La demande intérieure contribue à la croissance grâce à la consommation

La demande intérieure finale (hors stocks) contribue à la croissance du PIB pour +0,3 point après +0,1 point au deuxième trimestre.


La consommation toujours portée par l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages

Les dépenses de consommation des ménages ont augmenté de 0,3 % contre une stagnation au deuxième trimestre. Les dépenses d'énergie ont fortement progressé +1,6 % après –2,1 %, les acteurs économiques reconstituant leurs stocks en profitant des faibles prix de l'énergie. En revanche, les achats d'automobiles sont restés stables, après deux trimestres de hausse. Les dépenses en services continuent de progresser modérément (+0,2 % comme au trimestre précédent).


L’investissement toujours à la peine malgré la reprise de celui des entreprises

Au troisième trimestre 2015, la Formation Brut de Capital Fixe (FBCF) n’a progressé que de 0,1 % contre une baisse de 0,1 % au deuxième trimestre. Cela reste le maillon faible de la croissance française. L’accélération de l’investissement des entreprises non financières est une bonne nouvelle même si la hausse ne permet pas de compenser le retard accumulé ces dernières années. La FCBF des entreprises a, en effet, progressé plus vite au troisième qu’au deuxième (+0,7 % après +0,5 %). En revanche, l’investissement des ménages continue de baisser même si une décélération est constatée (–0,5 % après –1,1 %).

Les collectivités publiques et en premier lieu les collectivités territoriales diminuent toujours leur effort d’investissement. Le cycle électoral en cours et la réduction des concours de l’Etat ont des incidences directes sur l’investissement. En effet, l’investissement des administrations publiques diminue de 1% au troisième trimestre après une baisse de 0,8 % au deuxième.

Le repli de la FCBF des ménages et des administrations publiques se traduit par un recul de l'investissement en construction (–0,8 % après –1,0 %).

Les échanges extérieurs ne jouent plus en faveur de la croissance

La contribution extérieure est négative, de 0,7 % contre une contribution positive de 0,4 % au 2ème trimestre. Les exportations se contractent de 0 ,6 % au 3ème trimestre contre une hausse de 1,9 % au 2ème trimestre quand dans le même temps les importations progressent (+1,7 % après +0,5 %).

La bonne tenue de la consommation et la reprise de l’investissement expliquent l’augmentation des importations. La dépréciation de l’euro, plus de 10 % depuis le 1er janvier, n’a pas permis au 3ème trimestre une hausse des exportations.

Les entreprises ont reconstitué leurs stocks pour la fin de l’année

Les variations de stocks  ont contribué positivement à la croissance (+0,7 point après –0,4 point). Les entreprises anticipent un bon 4ème trimestre. Par ailleurs, elles avaient déstocké au cours du deuxième.

La production est en hausse mais le bâtiment souffre

La production de biens et services se redresse au troisième trimestre (+0,4 %) après une quasi-stabilité le trimestre précédent (–0,1 %).

La production des branches manufacturières rebondit (+0,3 % après –0,6 %), notamment celle de cokéfaction-raffinage qui avait chuté au deuxième trimestre en raison de l'arrêt temporaire de raffineries.

La production de services marchands accélère légèrement (+0,6 % après +0,3 %). La situation reste compliquée pour la construction qui enregistre une contraction de 0,8 % au 3ème trimestre faisant suite à une baisse de 0,9 % au 2ème trimestre.


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