L’Europe a été la zone économique la plus touchée par la crise économique ; elle ne bénéficie qu’avec modération de la reprise qui se dessine à la différence des Etats-Unis et de l’Asie.
Par facilité et par souci de faire porter la faute d’autres, il a été complaisamment répété que la crise était d’origine américaine et qu’elle n’était que le fruit de comportements spéculatifs et pervers de banquiers anglo-saxons.
Force est d’admettre que la crise avant d’être financière est économique. Cette dernière avait commencé avant même les révélations sur les défaillances de certaines banques ou de certains fonds. La multiplication des déséquilibres, l’affaissement des gains de productivité en occident ainsi que la hausse des matières premières ont tissé une trame de fond propice au déclenchement d’une crise majeure dont les premiers signes remontent à 2007.
Les responsables européens en reportant les torts sur les Etats-Unis ont négligé d’étudier la réalité économique.
L’Europe est gangrénée par une dérive des comptes publics d’un grand nombre de ses Etats, par de faibles gains de productivité et par une atonie de la croissance entretenue également par une stagnation de sa population.
En 2008/2009, les dirigeants européens ont répété que la crise marquait la victoire du modèle européen reposant sur un système développé d’Etat providence. Ce système n’a pas empêché la crise, le chômage, la pauvreté… Ce système est aujourd’hui une chape de plomb qui empêche l’Europe de renouer avec la croissance.
A la différence des Etats-Unis, les marges de manœuvre d’un grand nombre d’Etat européens sont faibles. Les déficits publics étaient élevés avant la crise. La norme des 3 % du PIB fixé par Maastricht était, sans nul doute, trop laxiste en période de croissance ; elle a été, en outre, contournée par de nombreux Etats. L’endettement n’a pas cessé de croître depuis le milieu des années 70, seuls quelques Etats ont réussi à le réduire ou à la stabiliser mais à des niveaux élevés. Face à la crise, les Etats ont tout à la fois accru la dette publique en acquérant des participations dans des entreprises et en multipliant les dépenses de soutien. Le patient européen était déjà drogué ; il a été décidé d’accroître la dose de morphine au risque de le plonger en léthargie.
A l’heure de régler les comptes, car le transfert massif de dettes du privé vers le public ne pouvait pas laisser les investisseurs indifférents, les Européens sont démunis. Le niveau élevé des prélèvements obligatoires (plus de 40 % du PIB en moyenne) rend l’utilisation de cette arme difficile. L’augmentation des impôts et taxes ampute le pouvoir d’achat des consommateurs ou pénalise la compétitivité déjà faible des entreprises. Les Etats-Unis avec un taux de prélèvements obligatoires de 30 % du PIB n’ont pas le même problème.
Il ne reste donc comme possibilité que de réduire les dépenses comme il est demandé de le faire à la Grèce avec comme conséquence de plonger l’Europe encore plus dans la stagnation.
Ce qui est en cause c’est bien le modèle européen d’économie mixte avec un système large de protection sociale qui coûte plus qu’il ne protège.
Avec une population vieillissante accrochée à ses droits et avec une jeunesse peu nombreuse et sans illusion, l’Europe est en proie aux doutes.
Le succès allemand semblerait prouver que des solutions existent. L’Allemagne a réussi à surmonter le coût de la réunification et de maintenir sa compétitivité afin de rester le leader des exportations mondiales au prix d’une maîtrise poussé des salaires et d’une gestion stricte des finances publiques. Le régime des retraites a été réformé en fixant un taux maximum de cotisation et en prévoyant de relever l’âge légal à 67 ans. Il n’est pas surprenant que l’Allemagne ait réussi à maintenir son déficit public autour des 3 % du PIB en pleine crise. L’Allemagne est aidée par sa démographie. Depuis 2003, l’Allemagne se dépeuple ; elle peut supporter plus facilement une réduction de son système d’Etat providence. Les gains de PIB sont plus faciles à partager avec une population en diminution qu’avec une population en croissance.
Il n’est pas étonnant que les Allemands rejettent l’idée d’aider les pays laxistes ayant laissé filer leurs déficits depuis des années. En vertu de quoi les fourmis devraient aider les cigales. Déjà méfiants lors de l’instauration de l’euro et de l’abandon du mark, ils sont aujourd’hui hostiles à se transformer en pompiers européens.
Dans une zone euro où il n’y a pas de gouvernement économique, où la mobilité des travailleurs est faible, où il n’y a pas de fonds de soutien, tout écart de compétitivité, tout écart en matière de gestion publique se paie directement et cher. La zone monétaire européenne n’a jamais été optimale au sens des monétaristes. Il y a urgence de trouver des solutions pour instaurer des soupapes de sécurité. Il y a eu défaillance des organes de contrôle qui n’ont pas anticipé les risques que les Etats membres faisaient prendre aux autres à travers des politiques laxistes. Les Etats souverains n’acceptent pas l’immixtion dans leurs affaires publiques ; le problème est que depuis 1999, l’euro est le bien commun de 16 Etats qui en sont collectivement responsables. La mise sous tutelle d’Etats membres n’est pas prévue d’où le recours au FMI comme gardien du temple. Jusqu’à maintenant ses interventions étaient liées à des problèmes de changes, de déficits de balance des paiements courants, avec l’euro, il doit intervenir pour régler des problèmes de déficits et de dettes excessifs. Certes, cette problématique existe dans ses autres interventions. Le Royaume-Uni et plus récemment l’Islande ont fait appel au FMI pour surmonter des crises financières. Il n’en demeure pas moins que l’Europe semble démunie pour juguler un mal qui ronge depuis plus de 30 ans un grand nombre de ses membres.
Le retour à un modèle moins laxiste, moins démagogique, plus ciblé, moins étatiste constitue une nécessité pour faire face à la crise de l’endettement public mais aussi pour reprendre le chemin de la croissance mondiale.
mercredi 28 avril 2010
Espérance de vie/CSP/Diplômes
L'écart d'espérance de vie entre ceux qui ont un diplôme BAC + 4 et plus et ceux qui ont une durée d'études supérieures de moins de 3 ans est de 3,5 ans en ce qui concerne les hommes. Pour les femmes, l'écart est moindre.
L'espérance de vie à 55 ans d'un homme sans diplôme est de 35,6 ans contre 31,5 ans pour les femmes. Pour un homme ayant le niveau du BAC, l'espérance de vie est de 27,7 as pour un homme et de 32,7 ans pour une femme.
Pour un diplômé du 2ème ou du 3ème cycle, l'espérance de vie pour un homme est de 30 ans et pour une femme de 32,8 ans.
En matière de CSP, l'espérance de vie à 55 ans est de 25,5 ans pour les ouvriers (31,7 pour les femmes) de 26 a ns pour les employés (32,6 ans pour les femmes)et de 27 ans pour les professions intermédiaires (34 ans pour les femmes). Les cadres ont une espérance de vie de 29,2 ans pour les hommes de 29,2 ans et de 33,6 ans pour les femmes soit un écart entre sexe de 4,2 ans.
L'écart d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre homme est de 3,8 ans et de 1,9 pour une femme.
Ces écarts semblent donner raison aux tenants de la prise en compte de la pénibilité mais il faut également intégrer le fait que les cadres prennent plus tardivement leur retraite que les ouvriers et les employés réduisant ainsi la durée effective de leur retraite.
L'espérance de vie à 55 ans d'un homme sans diplôme est de 35,6 ans contre 31,5 ans pour les femmes. Pour un homme ayant le niveau du BAC, l'espérance de vie est de 27,7 as pour un homme et de 32,7 ans pour une femme.
Pour un diplômé du 2ème ou du 3ème cycle, l'espérance de vie pour un homme est de 30 ans et pour une femme de 32,8 ans.
En matière de CSP, l'espérance de vie à 55 ans est de 25,5 ans pour les ouvriers (31,7 pour les femmes) de 26 a ns pour les employés (32,6 ans pour les femmes)et de 27 ans pour les professions intermédiaires (34 ans pour les femmes). Les cadres ont une espérance de vie de 29,2 ans pour les hommes de 29,2 ans et de 33,6 ans pour les femmes soit un écart entre sexe de 4,2 ans.
L'écart d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre homme est de 3,8 ans et de 1,9 pour une femme.
Ces écarts semblent donner raison aux tenants de la prise en compte de la pénibilité mais il faut également intégrer le fait que les cadres prennent plus tardivement leur retraite que les ouvriers et les employés réduisant ainsi la durée effective de leur retraite.
vendredi 23 avril 2010
La lettre Agir Pour Ma Retraite - Avril 2010

Le troisième numéro d'Agir Pour Ma Retraite est publié.
Au sommaire :
- le rapport du Conseil d'Orientation des Retraites
- l'article 39
- Voies et Moyens de la Réforme
- Surcote et décote
....
lire la lettre n°3
mercredi 21 avril 2010
Effet domino ou endiguement
En 2010, il ne s'agit pas de lutter contre la tentation hégémonique de l'URSS mais d'éviter la contagion de la crise grecque à d'autres pays de la zone euro.
La Grèce qui représente environ 2 % du PIB de l'Union européenne et compte 11 millions d'habitants menace avec sa dette publique de 300 milliards d'euros la stabilité de la principale puissance économique et commercial mondial dont le PIB dépasse 18 000 milliards de dollars.
Or, aujourd'hui, il y a une nécessité d'endiguer la Grèce pour éviter un effet domino. L'Europe et surtout la zone euro traversent sa première grande crise.
Que la Grèce puisse avoir un déficit public excessif ne devrait surprendre personne car ce Etat, depuis son indépendance, n'a que très rarement enregistré des excédents budgétaires.
Que ce déficit soit supérieur à 10 % voire 12 % du PIB en 2009 quand il était annoncé à 8 % n'est pas non plus une surprise car les statistiques ont toujours été élastiques dans ce pays.
Il n'en demeure pas moins que la zone euro est sous tension du fait que la Grèce pour faire face à ses engagements doit emprunter à hauteur de 8 % soit plus de 5 points au-dessus du taux pratiqué pour les emprunts allemands à 10 ans. Or, avec une inflation de 2 ou 3 points, le taux réel pratiqué est de plus de 5 points, soit une prime de risque importante et difficilement supportable à moyen terme.
L'Allemagne a renâclé à venir en aide aux Grecques afin d'éviter le précédent. La population allemande qui a du supporter des efforts importants tant pour réaliser l'unification et pour améliorer la compétitivité de l'économie (baisse de salaire, augmentation de la TVA) ne veut pas payer pour les Grecques considérés comme peu vertueux. Les Allemands ne veulent pas devenir les pompiers des Etats laxistes.
Les Etats membres de l'Union ont décidé d'accorder une enveloppe de prêts pouvant aller jusqu'à 30 milliards d'euros au taux de 5 % en contrepartie de quoi la Grèce était invitée avec le concours du FMI de restaurer ses finances.
La Grèce se caractérise par le poids de son secteur public, environ 40 % du PIB et par le rôle du travail au noir.
Les services qui représentent plus de 70 % de la valeur ajoutée sont dominés en ce qui concerne le secteur privé par le tourisme.
Il y a de ce fait peu de relais de croissance d'autant plus que la population stagne du fait d'un des plus faibles taux de fécondité de l'Union , 1,29 ce qui rapproche ce pays de l'Allemagne.
La mise en œuvre du plan de rigueur devrait se traduire par une contraction du PIB de plus de 2 points cette année et de plus d'un point en 2011.
Après la Grèce, la zone euro compte-t-elle d'autres maillons faibles ?
Certains pensent à l'Espagne et au Portugal. L'Espagne souffre d'une hypertrophie du secteur du bâtiment et de la spéculation immobilière de ces dernières années. En revanche, sa dette et sa duration sont mieux maîtrisées qu'en Grèce. Le Portugal, du fait de sa taille réduite, constitue une menace relative tout comme l'Irlande.
Les Etats européens disposent d'une arme que les Etats d'Amérique latine n'avaient pas dans les années 80 et 80 pour assainir leurs finances, les impôts. La base taxable de l'Irlande, de l'Italie, de la France ou de l'Espagne est beaucoup plus large que celle qui prévalait en Argentine ou au Brésil à l'époque.
Néanmoins, les Etats de l'Union pensaient avoir deux ou trois ans de répit pour passer de la pire crise depuis 1929 à l'indispensable assainissement de leurs finances publiques. Ce délai de grâce a été supprimé avec comme conséquence une croissance en berne.
La zone euro risque d'être le parent pauvre de la reprise économique faute d'avoir pu mettre en place des politiques structurelles à l'échelle européenne.
L'Union opte pour un régime de basse pression économique avec comme danger une déstructuration progressive de son système de protection sociale.
A force de ne pas s'adapter, les pays européens préfèrent que les marchés et la Commission de Bruxelles décident à leur place.
L'effet domino ne devrait pas intervenir tout comme la sortie d'un Etat de la zone euro. Le prix à payer serait supérieur aux gains. Si la Grèce sortait, elle pourrait certes déprécier sa monnaie mais elle serait poussée à la banqueroute. Elle devrait rembourser en euros et les taux pour s'endetter dépasserait de loin les 8 % actuels. Si jouer sur la valeur de la monnaie est impossible et si la mobilité du travail est faible ce qui est le cas au sein de la zone euro, il faut instituer des mécanismes de correction. Il y a un devoir européen de doper la croissance grecque car à 5 ou à 8 % cet Etat ne pourra pas rembourser sauf à provoquer une révolution de la part d'un peuple au sang chaud qui ne supportera pas longtemps la rigueur.
La Grèce qui représente environ 2 % du PIB de l'Union européenne et compte 11 millions d'habitants menace avec sa dette publique de 300 milliards d'euros la stabilité de la principale puissance économique et commercial mondial dont le PIB dépasse 18 000 milliards de dollars.
Or, aujourd'hui, il y a une nécessité d'endiguer la Grèce pour éviter un effet domino. L'Europe et surtout la zone euro traversent sa première grande crise.
Que la Grèce puisse avoir un déficit public excessif ne devrait surprendre personne car ce Etat, depuis son indépendance, n'a que très rarement enregistré des excédents budgétaires.
Que ce déficit soit supérieur à 10 % voire 12 % du PIB en 2009 quand il était annoncé à 8 % n'est pas non plus une surprise car les statistiques ont toujours été élastiques dans ce pays.
Il n'en demeure pas moins que la zone euro est sous tension du fait que la Grèce pour faire face à ses engagements doit emprunter à hauteur de 8 % soit plus de 5 points au-dessus du taux pratiqué pour les emprunts allemands à 10 ans. Or, avec une inflation de 2 ou 3 points, le taux réel pratiqué est de plus de 5 points, soit une prime de risque importante et difficilement supportable à moyen terme.
L'Allemagne a renâclé à venir en aide aux Grecques afin d'éviter le précédent. La population allemande qui a du supporter des efforts importants tant pour réaliser l'unification et pour améliorer la compétitivité de l'économie (baisse de salaire, augmentation de la TVA) ne veut pas payer pour les Grecques considérés comme peu vertueux. Les Allemands ne veulent pas devenir les pompiers des Etats laxistes.
Les Etats membres de l'Union ont décidé d'accorder une enveloppe de prêts pouvant aller jusqu'à 30 milliards d'euros au taux de 5 % en contrepartie de quoi la Grèce était invitée avec le concours du FMI de restaurer ses finances.
La Grèce se caractérise par le poids de son secteur public, environ 40 % du PIB et par le rôle du travail au noir.
Les services qui représentent plus de 70 % de la valeur ajoutée sont dominés en ce qui concerne le secteur privé par le tourisme.
Il y a de ce fait peu de relais de croissance d'autant plus que la population stagne du fait d'un des plus faibles taux de fécondité de l'Union , 1,29 ce qui rapproche ce pays de l'Allemagne.
La mise en œuvre du plan de rigueur devrait se traduire par une contraction du PIB de plus de 2 points cette année et de plus d'un point en 2011.
Après la Grèce, la zone euro compte-t-elle d'autres maillons faibles ?
Certains pensent à l'Espagne et au Portugal. L'Espagne souffre d'une hypertrophie du secteur du bâtiment et de la spéculation immobilière de ces dernières années. En revanche, sa dette et sa duration sont mieux maîtrisées qu'en Grèce. Le Portugal, du fait de sa taille réduite, constitue une menace relative tout comme l'Irlande.
Les Etats européens disposent d'une arme que les Etats d'Amérique latine n'avaient pas dans les années 80 et 80 pour assainir leurs finances, les impôts. La base taxable de l'Irlande, de l'Italie, de la France ou de l'Espagne est beaucoup plus large que celle qui prévalait en Argentine ou au Brésil à l'époque.
Néanmoins, les Etats de l'Union pensaient avoir deux ou trois ans de répit pour passer de la pire crise depuis 1929 à l'indispensable assainissement de leurs finances publiques. Ce délai de grâce a été supprimé avec comme conséquence une croissance en berne.
La zone euro risque d'être le parent pauvre de la reprise économique faute d'avoir pu mettre en place des politiques structurelles à l'échelle européenne.
L'Union opte pour un régime de basse pression économique avec comme danger une déstructuration progressive de son système de protection sociale.
A force de ne pas s'adapter, les pays européens préfèrent que les marchés et la Commission de Bruxelles décident à leur place.
L'effet domino ne devrait pas intervenir tout comme la sortie d'un Etat de la zone euro. Le prix à payer serait supérieur aux gains. Si la Grèce sortait, elle pourrait certes déprécier sa monnaie mais elle serait poussée à la banqueroute. Elle devrait rembourser en euros et les taux pour s'endetter dépasserait de loin les 8 % actuels. Si jouer sur la valeur de la monnaie est impossible et si la mobilité du travail est faible ce qui est le cas au sein de la zone euro, il faut instituer des mécanismes de correction. Il y a un devoir européen de doper la croissance grecque car à 5 ou à 8 % cet Etat ne pourra pas rembourser sauf à provoquer une révolution de la part d'un peuple au sang chaud qui ne supportera pas longtemps la rigueur.
jeudi 15 avril 2010
Le rapport du Conseil d'Orientation des Retraites
Par rapport aux prévisions de 2007, le besoin de financement a été multiplié par deux du fait de la crise qui diminué les ressources et qui risque de peser durant de nombreuses années sur la croissance potentielle. Ce besoin, en fonction des scenarii, varie entre 1,7 à 3 points de PIB, soit de 72 à 115 milliards d’euros. La dégradation serait très rapide ; à l’horizon 2015 le besoin de financement pour les trois scénarios atteindrait déjà 1,8 point soit 40 milliards d’euros quelque soit le scénario.
Le Conseil d’Orientation des Retraites souligne que le déficit d’investissement que l’économie française a connu en 2008 et 2009 aura des effets durables sur le potentiel de croissance.
Dans le scenario A, le montant des déficits cumulés atteindrait 77 points de PIB en 2050 contre 61 points dans le rapport de 2007.
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Le Conseil d’Orientation des Retraites souligne que le déficit d’investissement que l’économie française a connu en 2008 et 2009 aura des effets durables sur le potentiel de croissance.
Dans le scenario A, le montant des déficits cumulés atteindrait 77 points de PIB en 2050 contre 61 points dans le rapport de 2007.
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mardi 13 avril 2010
Rapport du Cor : chronique de déficits attendus
Le rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR),
souligne que le besoin de financement de tous les régimes (de base et complémentaires, pour les salariés du public et du privé ou les travailleurs indépendants) atteindrait entre 72 et 115 milliards d'euros par an en 2050.
En retenant le scénario A (gain de productivité de 1,8% par an et chômage à 4,5% par an à partir de 2020), considéré très optimiste par tous les experts, le déficit serait de 40,7 milliards en 2020 et de 72 milliards en 2050 (1,7 point de PIB), dont 51,8 milliards pour la Cnav (régime de base des salariés du privé).
En optant pour le scénario B (1,5% de gain de productivité annuel et 4,5% de chômage après 2020), le besoin de financement global s(élèverait à 45 milliards en 2020 et 103 milliards en 2050 (2,6 points de PIB), dont 64,4 milliards pour la Cnav.
Enfin, le scénario C (1,5% de hausse annuelle de la productivité et 7% de chômage à partir de 2020), le besoin de financement est de 48,8 milliards par an à l'horizon 2020 et de 115 milliards à l'horizon 2050 (3 points de PIB) dont 65 milliards pour la Cnav.
souligne que le besoin de financement de tous les régimes (de base et complémentaires, pour les salariés du public et du privé ou les travailleurs indépendants) atteindrait entre 72 et 115 milliards d'euros par an en 2050.
En retenant le scénario A (gain de productivité de 1,8% par an et chômage à 4,5% par an à partir de 2020), considéré très optimiste par tous les experts, le déficit serait de 40,7 milliards en 2020 et de 72 milliards en 2050 (1,7 point de PIB), dont 51,8 milliards pour la Cnav (régime de base des salariés du privé).
En optant pour le scénario B (1,5% de gain de productivité annuel et 4,5% de chômage après 2020), le besoin de financement global s(élèverait à 45 milliards en 2020 et 103 milliards en 2050 (2,6 points de PIB), dont 64,4 milliards pour la Cnav.
Enfin, le scénario C (1,5% de hausse annuelle de la productivité et 7% de chômage à partir de 2020), le besoin de financement est de 48,8 milliards par an à l'horizon 2020 et de 115 milliards à l'horizon 2050 (3 points de PIB) dont 65 milliards pour la Cnav.
Philippe Crevel en débat avec Henri Sterdyniak sur Public Sénat : lundi 12 avril 2à10
Public Sénat avait convié lundi 12 avril 2010 au Journal de 18 heures Philippe Crevel à débattre sur la réforme des retraites avec Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE.
regarder le journal
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vendredi 9 avril 2010
La malédiction du pouvoir en France
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De septennat en quinquennat, la vie politique française depuis plus de trente ans est rythmée par des cycles en vertu desquels l’exécutif en vient toujours à abandonner ses promesses et ses idéaux afin de tenter de récupérer une opinion et des médias qui le rejettent.
Le pouvoir est dans notre pays, en soi, illégitime. L’opinion, la rue l’emportent toujours à un moment on un autre. Puis, au niveau des symboles, il convient de souligner que les lieux d’exercice du pouvoir, l’Elysée, Matignon, la Palais Bourbon n’ont pas été construits initialement pour la Présidence de la république, les services du Premier Ministre ou la Chambre des députés. Les révolutions ont eu raison des anciens lieux de pouvoirs transformés en musées ou détruits comme pour les Tuileries. La France n’en a toujours pas terminé avec le raccourcissement de Louis XVI, la fin du Second Empire ou l’humiliation de 1940 ainsi qu’avec les guerres coloniales.
Les élections confèrent à l’exécutif un sursis qui peut durer de quelques mois à deux ans mais rarement plus. C’est le mythe des cent jours, de la lune de miel… Durant cette période, il est pour utiliser une expression de franglais « médiamaker ». Il est générateur d’actualités. Il est créateur d’évènements positifs. C’est tout neuf et tout beau. Les journalistes relaient alors avec complaisance les faits et gestes des nouveaux puissants. Drogués par cette illusion de puissance, les responsables en viennent à commettre toute forme d’excès et à perdre le sens de la mesure. Notre tradition royaliste prend le dessus amenant la presse et l’opinion à se retourner. Et puis, il est toujours amusant de condamner ce que l’on a tellement aimé. Le pouvoir de « médiamaker » devient « mediataker ». Il est obligé de réagir, de se justifier par rapport aux allégations de la presse, des blogs… Il court derrière l’actualité. De pyromane, il est transformé en pompier impuissant. A peine, un incendie est éteint que plusieurs autres prennent aux quatre coins de la France. L’opposition et les syndicats n’ont qu’à jeter que quelques gouttes d’huile à jeter pour embraser de multiples foyers qui durant la première période n’auraient donné lieu qu’à quelques lignes au fonds d’une rubrique. Un responsable de FO avait un soir dans le bureau d’un ministre de la santé déclaré que la démocratie sociale, c'est-à-dire la force de la rue mue par des organisations qui ne représentent que quelques pour cents de la population active l’emporte toujours sur la démocratie politique. Ce coup de menton n’est pas sans fondement.
Face aux déchainements médiatiques, face à la baisse dans les sondages, les gouvernements en viennent à abandonner leur programme. En règle générale, ils essaient de colmater les brèches en décidant la pause dans les réformes et en obéissant aux diktats de la presse. Ils en arrivent à pratiquer une politique inverse à leurs engagements.
En 1981, François Mitterrand est élu sur la base d’un changement net d’orientation de la politique économique. Dès 1982 avec la défaite aux cantonales et surtout en 1983, après les résultats catastrophiques des municipales et la dégradation de la situation économique, l’exécutif décide la pause dans les réformes. La bataille de l’école privée, en 1984 aura raison de l’esprit du 10 mai 1981. La nomination de Laurent Fabius comme Premier Ministre et le départ des ministres communistes confirment la modification du cap ce qui n’empêchera pas la droite de gagner les élections législatives de 1986.
La première cohabitation de 1986-1988 n’échappera pas à la règle même si elle demeure comme une période durant laquelle un gouvernement oser mettre en œuvre une grande partie. Les manifestations étudiantes et la mort de Malik Oussekine ont néanmoins provoqué une césure ; il y a avant et après cette mort. Avant Jacques Chirac est dans la certitude de gagner l’élection présidentielle ; après il tente de ne pas mourir. Sa défaite a marqué l’histoire politique de ses vingt dernières années. Pour gagner l’élection suivante, le pouvoir se doit de na pas appliquer son programme et gérer au fil de l’eau. Telle a été la leçon qui a, à tort, été retenue de cette première cohabitation.
La période 1988-1993 est marquée par la lente déliquescence sur fonds d’affaires du pouvoir socialiste. Il n’en demeure pas moins qu’elle comprend deux partie, la première avec Michel Rocard, Premier Ministre populaire qui instaure la CSG et tente de réformer le pays en conservant les acquis libéraux du précédent gouvernement, la seconde avec les gouvernements d’Edith Cresson et de Pierre Bérégovoy impopulaires qui sont ballotés par les évènements.
La seconde cohabitation se veut différente de la première du fait que François Mitterrand ne se représente pas et qu’Edouard Balladur entend ne pas commettre les erreurs de son ancien mentor et désormais concurrent. Il veillera à appliquer avec un extrême pragmatisme le programme de 1993 ce qui n’empêchera de buter sur le Contrat d’Insertion professionnelle. Dès la fin de l’année de 1993 et surtout à partir du mois de mars 1994, la période de grâce est terminée. La descente aux enfers sera lente mais tracée jusqu’à la défaite en 1995.
L’élection de Jacques Chirac donnera lieu à la plus courte lune de miel. Dès la fin de l’année, le pouvoir doit abandonner son ardeur réformatrice et se contenter de gérer le quotidien. Les grandes manifestations de l’hiver 95 cumulées avec les affaires ainsi que les divisions au sein de la majorité incitent le pouvoir à anticiper les élections législatives en 1997, une année avant la fin de la législature. Le pari fut perdu du moins pour la conservation de Matignon mais se révéla judicieuse pour la réélection de Jacques Chirac.
Le quinquennat « matignoneste » de Lionel Jospin et de la gauche plurielle commença dans le bonheur avec le retour de la croissance et les 35 heures. Tout réussissait au nouveau Premier Ministre. Son équipe était appelée la « dream team » avec Dominique Strauss-Kahn, Elisabeth Guigou, Martine Aubry, Dominique Voynet… L’assassinat du Préfet Erignac, la difficile application des 35 heures rendues obligatoires dans le dos du patronat, les divisions à gauche fissurèrent l’édifice. Le balancier mis à gauche toute au début de la législature se déplaça à droite avec un Laurent Fabius devenu Ministre de l’Economie et qui se voulait être le Tony Blair français. L’impôt sur le revenu fut abaissé et les stocks options favorisées. Lionel Jospin ne franchit pas le premier tour offrant à Jacques Chirac, tout étonné, une élection à la soviétique.
Avec 82 % des voix, la légitimité aurait pu être forte et durable or elle ne résista pas à l’épreuve de la tradition. Jean-Pierre Raffarin, au début, avec son côté bon sens près de chez-vous » fut très populaire et entrepris de réformer le système de retraite. La canicule de 2003 et l’usure des bonnes formules génèrent un désamour au point où la droite perdit les élections régionales et cantonales de 2004 ainsi que l’élection européenne de 2005. Impopulaire, l’exécutif dut subir une défaite humiliante avec le référendum concernant le Traité constitutionnel européen voulu par la France et écrit sous l’autorité de Valéry Giscard d’Estaing. Dominique de Villepin a en quelques mois connu la même fatalité, l’envol dans les sondages, le côté tout est possible puis la douche froide avec l’échec du CIE et l’affaire clairstream.
2007 rererebelotte… Nicolas Sarkozy avait prouvé qu’il pouvait être mediamaker sur longue période en tant que ministre de l’intérieur. Il le fut durant toute la campagne électorale. Par son dynamisme, il continua au-delà des quelques incompréhensions provoquées par le yacht de Bolloré ou son escapade estivale aux Etats-Unis durant l’année 2007 à créer le mouvement et à maintenir le cap. La crise en lui conférant un rôle international renforça sa stature. La victoire relative de l’UMP à l’élection européenne de 2009 lui donna un sursis tout comme la popularité de son Premier Ministre. Il n’en demeure pas moins qu’au fil des mois, la presse a repris son droit à détruire, à créer l’actualité. D’offensif, le pouvoir est devenu défensif. Les Ministres courent de plus en plus derrière les incendies allumées pour certains par eux-mêmes, par leurs collègues. Toutes les décisions sont mauvaises. Il en fut ainsi avec le plan de vaccination comme il en est aujourd’hui avec les expropriations en Vendée et en Charente Maritime après les inondations liées à la tempête Xynthia. Il y a quelques semaines, toute la presse considérait qu’il fallait détruire les maisons ; aujourd’hui, c’est scandaleux de priver de leur maison des familles…
Englué dans l’histoire du bouclier fiscal, terrible mot pour un principe qui devrait faire l’objet d’un consensus (est-il normal que plus de la moitié de ses revenus soit affectée aux impôts), le pouvoir en vient à vouloir taxer les riches ce qui signifie en France taxer les cadres moyens et les cadres supérieurs, c'est-à-dire ceux qui sont déjà les plus imposés. A vouloir obéir à l’opinion publique, le pouvoir risque de se désagréger.
La remise en cause du bouclier fiscal pourrait intervenir dans le cadre de la réforme des retraites. Il est fort à parier qu’à deux ans de l’élection présidentielle, de peur de se mettre à dos la démocratie sociale, le pouvoir décide de modifier avec prudence les paramètres avec comme conséquences de mécontenter tout le monde. Augmentation des contributions, allongement de la durée de cotisation, étude pour l’avenir de la retraite par points et du report de l’âge légal de départ à la retraite… Rel pourrait être le programme de la négociation.
De septennat en quinquennat, la vie politique française depuis plus de trente ans est rythmée par des cycles en vertu desquels l’exécutif en vient toujours à abandonner ses promesses et ses idéaux afin de tenter de récupérer une opinion et des médias qui le rejettent.
Le pouvoir est dans notre pays, en soi, illégitime. L’opinion, la rue l’emportent toujours à un moment on un autre. Puis, au niveau des symboles, il convient de souligner que les lieux d’exercice du pouvoir, l’Elysée, Matignon, la Palais Bourbon n’ont pas été construits initialement pour la Présidence de la république, les services du Premier Ministre ou la Chambre des députés. Les révolutions ont eu raison des anciens lieux de pouvoirs transformés en musées ou détruits comme pour les Tuileries. La France n’en a toujours pas terminé avec le raccourcissement de Louis XVI, la fin du Second Empire ou l’humiliation de 1940 ainsi qu’avec les guerres coloniales.
Les élections confèrent à l’exécutif un sursis qui peut durer de quelques mois à deux ans mais rarement plus. C’est le mythe des cent jours, de la lune de miel… Durant cette période, il est pour utiliser une expression de franglais « médiamaker ». Il est générateur d’actualités. Il est créateur d’évènements positifs. C’est tout neuf et tout beau. Les journalistes relaient alors avec complaisance les faits et gestes des nouveaux puissants. Drogués par cette illusion de puissance, les responsables en viennent à commettre toute forme d’excès et à perdre le sens de la mesure. Notre tradition royaliste prend le dessus amenant la presse et l’opinion à se retourner. Et puis, il est toujours amusant de condamner ce que l’on a tellement aimé. Le pouvoir de « médiamaker » devient « mediataker ». Il est obligé de réagir, de se justifier par rapport aux allégations de la presse, des blogs… Il court derrière l’actualité. De pyromane, il est transformé en pompier impuissant. A peine, un incendie est éteint que plusieurs autres prennent aux quatre coins de la France. L’opposition et les syndicats n’ont qu’à jeter que quelques gouttes d’huile à jeter pour embraser de multiples foyers qui durant la première période n’auraient donné lieu qu’à quelques lignes au fonds d’une rubrique. Un responsable de FO avait un soir dans le bureau d’un ministre de la santé déclaré que la démocratie sociale, c'est-à-dire la force de la rue mue par des organisations qui ne représentent que quelques pour cents de la population active l’emporte toujours sur la démocratie politique. Ce coup de menton n’est pas sans fondement.
Face aux déchainements médiatiques, face à la baisse dans les sondages, les gouvernements en viennent à abandonner leur programme. En règle générale, ils essaient de colmater les brèches en décidant la pause dans les réformes et en obéissant aux diktats de la presse. Ils en arrivent à pratiquer une politique inverse à leurs engagements.
En 1981, François Mitterrand est élu sur la base d’un changement net d’orientation de la politique économique. Dès 1982 avec la défaite aux cantonales et surtout en 1983, après les résultats catastrophiques des municipales et la dégradation de la situation économique, l’exécutif décide la pause dans les réformes. La bataille de l’école privée, en 1984 aura raison de l’esprit du 10 mai 1981. La nomination de Laurent Fabius comme Premier Ministre et le départ des ministres communistes confirment la modification du cap ce qui n’empêchera pas la droite de gagner les élections législatives de 1986.
La première cohabitation de 1986-1988 n’échappera pas à la règle même si elle demeure comme une période durant laquelle un gouvernement oser mettre en œuvre une grande partie. Les manifestations étudiantes et la mort de Malik Oussekine ont néanmoins provoqué une césure ; il y a avant et après cette mort. Avant Jacques Chirac est dans la certitude de gagner l’élection présidentielle ; après il tente de ne pas mourir. Sa défaite a marqué l’histoire politique de ses vingt dernières années. Pour gagner l’élection suivante, le pouvoir se doit de na pas appliquer son programme et gérer au fil de l’eau. Telle a été la leçon qui a, à tort, été retenue de cette première cohabitation.
La période 1988-1993 est marquée par la lente déliquescence sur fonds d’affaires du pouvoir socialiste. Il n’en demeure pas moins qu’elle comprend deux partie, la première avec Michel Rocard, Premier Ministre populaire qui instaure la CSG et tente de réformer le pays en conservant les acquis libéraux du précédent gouvernement, la seconde avec les gouvernements d’Edith Cresson et de Pierre Bérégovoy impopulaires qui sont ballotés par les évènements.
La seconde cohabitation se veut différente de la première du fait que François Mitterrand ne se représente pas et qu’Edouard Balladur entend ne pas commettre les erreurs de son ancien mentor et désormais concurrent. Il veillera à appliquer avec un extrême pragmatisme le programme de 1993 ce qui n’empêchera de buter sur le Contrat d’Insertion professionnelle. Dès la fin de l’année de 1993 et surtout à partir du mois de mars 1994, la période de grâce est terminée. La descente aux enfers sera lente mais tracée jusqu’à la défaite en 1995.
L’élection de Jacques Chirac donnera lieu à la plus courte lune de miel. Dès la fin de l’année, le pouvoir doit abandonner son ardeur réformatrice et se contenter de gérer le quotidien. Les grandes manifestations de l’hiver 95 cumulées avec les affaires ainsi que les divisions au sein de la majorité incitent le pouvoir à anticiper les élections législatives en 1997, une année avant la fin de la législature. Le pari fut perdu du moins pour la conservation de Matignon mais se révéla judicieuse pour la réélection de Jacques Chirac.
Le quinquennat « matignoneste » de Lionel Jospin et de la gauche plurielle commença dans le bonheur avec le retour de la croissance et les 35 heures. Tout réussissait au nouveau Premier Ministre. Son équipe était appelée la « dream team » avec Dominique Strauss-Kahn, Elisabeth Guigou, Martine Aubry, Dominique Voynet… L’assassinat du Préfet Erignac, la difficile application des 35 heures rendues obligatoires dans le dos du patronat, les divisions à gauche fissurèrent l’édifice. Le balancier mis à gauche toute au début de la législature se déplaça à droite avec un Laurent Fabius devenu Ministre de l’Economie et qui se voulait être le Tony Blair français. L’impôt sur le revenu fut abaissé et les stocks options favorisées. Lionel Jospin ne franchit pas le premier tour offrant à Jacques Chirac, tout étonné, une élection à la soviétique.
Avec 82 % des voix, la légitimité aurait pu être forte et durable or elle ne résista pas à l’épreuve de la tradition. Jean-Pierre Raffarin, au début, avec son côté bon sens près de chez-vous » fut très populaire et entrepris de réformer le système de retraite. La canicule de 2003 et l’usure des bonnes formules génèrent un désamour au point où la droite perdit les élections régionales et cantonales de 2004 ainsi que l’élection européenne de 2005. Impopulaire, l’exécutif dut subir une défaite humiliante avec le référendum concernant le Traité constitutionnel européen voulu par la France et écrit sous l’autorité de Valéry Giscard d’Estaing. Dominique de Villepin a en quelques mois connu la même fatalité, l’envol dans les sondages, le côté tout est possible puis la douche froide avec l’échec du CIE et l’affaire clairstream.
2007 rererebelotte… Nicolas Sarkozy avait prouvé qu’il pouvait être mediamaker sur longue période en tant que ministre de l’intérieur. Il le fut durant toute la campagne électorale. Par son dynamisme, il continua au-delà des quelques incompréhensions provoquées par le yacht de Bolloré ou son escapade estivale aux Etats-Unis durant l’année 2007 à créer le mouvement et à maintenir le cap. La crise en lui conférant un rôle international renforça sa stature. La victoire relative de l’UMP à l’élection européenne de 2009 lui donna un sursis tout comme la popularité de son Premier Ministre. Il n’en demeure pas moins qu’au fil des mois, la presse a repris son droit à détruire, à créer l’actualité. D’offensif, le pouvoir est devenu défensif. Les Ministres courent de plus en plus derrière les incendies allumées pour certains par eux-mêmes, par leurs collègues. Toutes les décisions sont mauvaises. Il en fut ainsi avec le plan de vaccination comme il en est aujourd’hui avec les expropriations en Vendée et en Charente Maritime après les inondations liées à la tempête Xynthia. Il y a quelques semaines, toute la presse considérait qu’il fallait détruire les maisons ; aujourd’hui, c’est scandaleux de priver de leur maison des familles…
Englué dans l’histoire du bouclier fiscal, terrible mot pour un principe qui devrait faire l’objet d’un consensus (est-il normal que plus de la moitié de ses revenus soit affectée aux impôts), le pouvoir en vient à vouloir taxer les riches ce qui signifie en France taxer les cadres moyens et les cadres supérieurs, c'est-à-dire ceux qui sont déjà les plus imposés. A vouloir obéir à l’opinion publique, le pouvoir risque de se désagréger.
La remise en cause du bouclier fiscal pourrait intervenir dans le cadre de la réforme des retraites. Il est fort à parier qu’à deux ans de l’élection présidentielle, de peur de se mettre à dos la démocratie sociale, le pouvoir décide de modifier avec prudence les paramètres avec comme conséquences de mécontenter tout le monde. Augmentation des contributions, allongement de la durée de cotisation, étude pour l’avenir de la retraite par points et du report de l’âge légal de départ à la retraite… Rel pourrait être le programme de la négociation.
jeudi 8 avril 2010
La lettre d'information du Cercle - Avril 2010
Au sommaire de la lettre n°45 du Cercle
- de l'assurance-vie à l'assurance-retraite
- l'emploi des seniors, une question d'âge social
- le taux d'équipement des entreprises en produit d'épargne retraite
- les contrats Madelin
- la dépendance
- l'avenir du PERP
...
lire la lettre

- de l'assurance-vie à l'assurance-retraite
- l'emploi des seniors, une question d'âge social
- le taux d'équipement des entreprises en produit d'épargne retraite
- les contrats Madelin
- la dépendance
- l'avenir du PERP
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mercredi 7 avril 2010
Quand le mauvais impôt risque de chasser le bon
Jean-François Copé et le Parti socialiste ont au moins un point en commun, celui de vouloir fusionner la CSG et l’impôt sur le revenu. Cette tentation existe depuis la création, en 1990, de cette contribution par Michel Rocard. La CSG avait été adoptée par le seul PS avec le renfort de quelques centristes contre le reste de la droite et du parti communiste.
La C.S.G. a été, en effet, créée par la loi de finances pour 1991 du 29 décembre; elle recouvre trois contributions distinctes :
- une contribution sur les revenus d’activité et de remplacement,
- une contribution sur les revenus du patrimoine,
- une contribution sur les produits de placement à revenu fixe soumis à prélèvement libératoire
L’assiette de la CSG se décompose de la manière suivante :
- 71 % revenus d’activité ;
- 18 % retraites et allocations chômage ;
- 10 % revenus du capital ;
- 1 % gains des jeux.
Fixé initialement à 1,1 % en 1991, le taux de la CSG a été relevé à 2,4 % le 1er juillet 1993. A compter du 1er janvier 1997, l’assiette de la CSG a été élargie et le taux porté à 3,4 % du fait du transfert de 1,3 points de cotisation d’assurance maladie. Ce nouveau point supplémentaire est déductible du revenu pour le calcul de l’IR.
Lors de son instauration, le Gouvernement de Michel Rocard avait opté pour la non-déductibilité de la C.S.G. de la base de l’impôt sur le revenu ; la CSG pouvait donc être assimilée à un prélèvement fiscal.
La CSG sert à financer la C.N.A.F. pour 1.1 point et le Fonds de solidarité vieillesse pour 1.3 points et la CNAM avec depuis le depuis le 1er janvier 1998, le transfert de 4,75 points de cotisation d’assurance maladie sur 4,1 point de CSG.
De ce fait, depuis cette date, le taux de la CSG est 7,5 points.
Des taux spécifiques ont été institués pour les demandeurs d’emploi et les retraités.
Le taux de CSG est donc porter à 6,2 points pour les retraités.
Actuellement, sont exonérés de la CSG, les bénéficiaires de pension attribuée sous condition de ressources ou dont la cotisation d’impôt sur le revenu est inférieure au seuil de recouvrement avant réduction d’impôt.
Les initiateurs de la CSG avaient comme objectif d’instituer un prélèvement simple englobant la totalité des revenus et à fort rendement. A la différence des cotisations sociales qui ne concernent que les revenus du travail, la CSG touche les autres types de revenus (fonciers, financiers…). Par ailleurs, l’instauration d’un taux proportionnel garantissait un bon rendement. A la différence de l’impôt sur le revenu qui ne concerne qu’un contribuable sur deux, la CSG est acquittée par presque la totalité de tous les Français. Par ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, elle a échappé aux tentations pourtant nombreuses de lui adjoindre des gadgets fiscaux visant à élimer son caractère proportionnel. Le risque est de le transformer en impôt sur le revenu bis et que le mauvais impôt chasse le bon.
L’impôt sur le revenu ne rapporte que 50 milliards d’euros quand le montant de la CSG s’élève à plus de 84 milliards d’euros.
Fusionner les deux impôts aboutirait à parer le nouvel ensemble de tous les défauts de l’impôt sur le revenu. Naturellement seraient pris en compte les charges familiales, puis le montant des revenus, puis à force les niches fiscales qui, pourtant contestées ne manqueraient pas d’envahir ce nouveau terrain de jeu.
En France, l’impôt proportionnel est honni. Il a deux avantages : l’efficacité et la neutralité. La progressivité est assurée par l’impôt sur le revenu. Dénaturer la CSG aboutirait à engendrer une usine à gaz.
Certains considèrent qu’il faut taxer davantage les riches et alléger la facture fiscale des personnes à revenus moyens or par définition le nombre de personnes aisées est faible voire très faible. La masse imposable se situe non pas en haut de la pyramide mais en son cœur ; fusionner les deux impôts aboutira à frapper les classes moyennes qui n’ont pas la faculté de monter des systèmes fiscaux pour diminuer leur pression fiscale ou qui n’ont pas la possibilité de s’expatrier.
L’idée de la fusion de la CSG et de l’IR est démagogique. La mise en place d’un impôt sur le revenu prélevé à la source sans année de décalage comme de nombreux candidats à l’élection présidentielle l’avaient promis, constituerait une avancée donnant en outre la faculté de supprimer de nombreuses niches fiscales.
La C.S.G. a été, en effet, créée par la loi de finances pour 1991 du 29 décembre; elle recouvre trois contributions distinctes :
- une contribution sur les revenus d’activité et de remplacement,
- une contribution sur les revenus du patrimoine,
- une contribution sur les produits de placement à revenu fixe soumis à prélèvement libératoire
L’assiette de la CSG se décompose de la manière suivante :
- 71 % revenus d’activité ;
- 18 % retraites et allocations chômage ;
- 10 % revenus du capital ;
- 1 % gains des jeux.
Fixé initialement à 1,1 % en 1991, le taux de la CSG a été relevé à 2,4 % le 1er juillet 1993. A compter du 1er janvier 1997, l’assiette de la CSG a été élargie et le taux porté à 3,4 % du fait du transfert de 1,3 points de cotisation d’assurance maladie. Ce nouveau point supplémentaire est déductible du revenu pour le calcul de l’IR.
Lors de son instauration, le Gouvernement de Michel Rocard avait opté pour la non-déductibilité de la C.S.G. de la base de l’impôt sur le revenu ; la CSG pouvait donc être assimilée à un prélèvement fiscal.
La CSG sert à financer la C.N.A.F. pour 1.1 point et le Fonds de solidarité vieillesse pour 1.3 points et la CNAM avec depuis le depuis le 1er janvier 1998, le transfert de 4,75 points de cotisation d’assurance maladie sur 4,1 point de CSG.
De ce fait, depuis cette date, le taux de la CSG est 7,5 points.
Des taux spécifiques ont été institués pour les demandeurs d’emploi et les retraités.
Le taux de CSG est donc porter à 6,2 points pour les retraités.
Actuellement, sont exonérés de la CSG, les bénéficiaires de pension attribuée sous condition de ressources ou dont la cotisation d’impôt sur le revenu est inférieure au seuil de recouvrement avant réduction d’impôt.
Les initiateurs de la CSG avaient comme objectif d’instituer un prélèvement simple englobant la totalité des revenus et à fort rendement. A la différence des cotisations sociales qui ne concernent que les revenus du travail, la CSG touche les autres types de revenus (fonciers, financiers…). Par ailleurs, l’instauration d’un taux proportionnel garantissait un bon rendement. A la différence de l’impôt sur le revenu qui ne concerne qu’un contribuable sur deux, la CSG est acquittée par presque la totalité de tous les Français. Par ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, elle a échappé aux tentations pourtant nombreuses de lui adjoindre des gadgets fiscaux visant à élimer son caractère proportionnel. Le risque est de le transformer en impôt sur le revenu bis et que le mauvais impôt chasse le bon.
L’impôt sur le revenu ne rapporte que 50 milliards d’euros quand le montant de la CSG s’élève à plus de 84 milliards d’euros.
Fusionner les deux impôts aboutirait à parer le nouvel ensemble de tous les défauts de l’impôt sur le revenu. Naturellement seraient pris en compte les charges familiales, puis le montant des revenus, puis à force les niches fiscales qui, pourtant contestées ne manqueraient pas d’envahir ce nouveau terrain de jeu.
En France, l’impôt proportionnel est honni. Il a deux avantages : l’efficacité et la neutralité. La progressivité est assurée par l’impôt sur le revenu. Dénaturer la CSG aboutirait à engendrer une usine à gaz.
Certains considèrent qu’il faut taxer davantage les riches et alléger la facture fiscale des personnes à revenus moyens or par définition le nombre de personnes aisées est faible voire très faible. La masse imposable se situe non pas en haut de la pyramide mais en son cœur ; fusionner les deux impôts aboutira à frapper les classes moyennes qui n’ont pas la faculté de monter des systèmes fiscaux pour diminuer leur pression fiscale ou qui n’ont pas la possibilité de s’expatrier.
L’idée de la fusion de la CSG et de l’IR est démagogique. La mise en place d’un impôt sur le revenu prélevé à la source sans année de décalage comme de nombreux candidats à l’élection présidentielle l’avaient promis, constituerait une avancée donnant en outre la faculté de supprimer de nombreuses niches fiscales.
mercredi 31 mars 2010
Le boucllier fiscal, la taxe carbone et son voisin
Hier les 200 cents familles, aujourd’hui les 20 000 bénéficiaires du bouclier fiscal. Le débat politique aime résumer la richesse ou la pseudo richesse à quelques chiffres qui sonnent bien dans les oreilles des Français.
Créé lors du précédent quinquennat par le Gouvernement de Dominique de Villepin et sous la houlette du Ministre du budget de l’époque, Jean-François Copé, le bouclier fiscal vise à plafonner le montant des impôts acquittés par un contribuable par rapport à ses revenus.
Sont pris en compte dans les impôts, l’impôt sur le revenu, l’impôt sur la fortune, la taxe d’habitation, la CSG et la CRDS. Le plafond maximal d’imposition fixé à 60 % des revenus a été descendu à 50 % au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
La polémique sur le bouclier fiscal est intimement lié au rapport que les Français ont vis-à-vis de la réussite et de l’argent.
La réussite personnelle est admise pour les sportifs et pour les artistes qui bien souvent préfèrent s’expatrier pour échapper au fisc. En revanche, la réussite des chefs d’entreprise est une injustice comme celle de son voisin.
Au lieu de se focaliser sur le montant des remboursements, il faudrait analyser le montant des impôts payés par les contribuables concernés par le bouclier fiscal. En outre, ce fameux bouclier ne prend pas en compte les impôts indirects comme la TVA. Les riches ou supposés riches sont aussi consommateurs. Et puis, il n’est pas inutile de revenir à l’origine de ce bouclier institué pour éviter que des contribuables propriétaires de terrains dans des zones soumises à une importante spéculation foncière soient contraints de vendre à défaut de pouvoir payer l’ISF.
En Allemagne, il est admis que les impôts ne puissent pas dépasser 50 % des revenus et c’est à ce titre que l’impôt sur le patrimoine a été supprimé par la Cour constitutionnel de Karlsruhe.
En France, il a été écrit qu’à partir de 4000 euros par mois, un actif entre dans la dangereuse catégorie des nantis. Évidemment, les patrons osant toucher plus de 100 000 euros sont des malfaiteurs voire des psychopathes à raccourcir de suite.
Les opposants au bouclier fiscal soulignent qu’il coûte cher, environ 500 millions d’euros et qu’il n’a fait revenir aucun expatrié. Ces derniers auraient bien tort compte tenu de l’absence de consensus et de l’instabilité chronique de la loi fiscale. Comment créer de la confiance quand une fois la disposition votée, elle est déjà remise en cause ?
Les Français ne supportent les impôts qu’à condition que ce soit son voisin qui les acquitte. Ainsi, la taxe carbone jugée positive dans le principe a été rejetée car susceptible d’entamer le pouvoir d’achat même si l’Etat s’était engagé à la rembourser. Sa suppression a permis d’éviter le montage d’une splendide usine à gaz, spécialité fiscale française difficilement exportable. La notion d’impôt proportionnel est en France mal comprise. Il est pourtant simple d’admettre qu’un contribuable gagnant 1000 paiera 400 d’impôt quand celui gagnant 100 en paiera 40 avec le même taux de 40 %. Gagnant 10 fois plus, il paie 10 fois plus d’impôt. Pour favoriser la création de richesse et l’innovation mais aussi pour lutter contre la fraude fiscale, un système simple d’imposition est toujours plus efficace qu’un système truffé de niches, d’exonérations et d’abattements…
Créé lors du précédent quinquennat par le Gouvernement de Dominique de Villepin et sous la houlette du Ministre du budget de l’époque, Jean-François Copé, le bouclier fiscal vise à plafonner le montant des impôts acquittés par un contribuable par rapport à ses revenus.
Sont pris en compte dans les impôts, l’impôt sur le revenu, l’impôt sur la fortune, la taxe d’habitation, la CSG et la CRDS. Le plafond maximal d’imposition fixé à 60 % des revenus a été descendu à 50 % au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
La polémique sur le bouclier fiscal est intimement lié au rapport que les Français ont vis-à-vis de la réussite et de l’argent.
La réussite personnelle est admise pour les sportifs et pour les artistes qui bien souvent préfèrent s’expatrier pour échapper au fisc. En revanche, la réussite des chefs d’entreprise est une injustice comme celle de son voisin.
Au lieu de se focaliser sur le montant des remboursements, il faudrait analyser le montant des impôts payés par les contribuables concernés par le bouclier fiscal. En outre, ce fameux bouclier ne prend pas en compte les impôts indirects comme la TVA. Les riches ou supposés riches sont aussi consommateurs. Et puis, il n’est pas inutile de revenir à l’origine de ce bouclier institué pour éviter que des contribuables propriétaires de terrains dans des zones soumises à une importante spéculation foncière soient contraints de vendre à défaut de pouvoir payer l’ISF.
En Allemagne, il est admis que les impôts ne puissent pas dépasser 50 % des revenus et c’est à ce titre que l’impôt sur le patrimoine a été supprimé par la Cour constitutionnel de Karlsruhe.
En France, il a été écrit qu’à partir de 4000 euros par mois, un actif entre dans la dangereuse catégorie des nantis. Évidemment, les patrons osant toucher plus de 100 000 euros sont des malfaiteurs voire des psychopathes à raccourcir de suite.
Les opposants au bouclier fiscal soulignent qu’il coûte cher, environ 500 millions d’euros et qu’il n’a fait revenir aucun expatrié. Ces derniers auraient bien tort compte tenu de l’absence de consensus et de l’instabilité chronique de la loi fiscale. Comment créer de la confiance quand une fois la disposition votée, elle est déjà remise en cause ?
Les Français ne supportent les impôts qu’à condition que ce soit son voisin qui les acquitte. Ainsi, la taxe carbone jugée positive dans le principe a été rejetée car susceptible d’entamer le pouvoir d’achat même si l’Etat s’était engagé à la rembourser. Sa suppression a permis d’éviter le montage d’une splendide usine à gaz, spécialité fiscale française difficilement exportable. La notion d’impôt proportionnel est en France mal comprise. Il est pourtant simple d’admettre qu’un contribuable gagnant 1000 paiera 400 d’impôt quand celui gagnant 100 en paiera 40 avec le même taux de 40 %. Gagnant 10 fois plus, il paie 10 fois plus d’impôt. Pour favoriser la création de richesse et l’innovation mais aussi pour lutter contre la fraude fiscale, un système simple d’imposition est toujours plus efficace qu’un système truffé de niches, d’exonérations et d’abattements…
jeudi 25 mars 2010
Un COR très musclé
La réunion du Conseil d'Orientation des Retraites du 24 mars a fait l'objet de débats houleux entre partenaires sociaux. La décision de réaliser des simulations sur un report à 62 ans et au-delà de l'âgé légal de départ à la retraite ainsi que sur la durée de cotisation a été contesté par la CGT et la CFDT qui ont souligné que l'option de scenarii noirs permettraient au gouvernement de présenter un scenario gris et plus acceptable. Ils ont indiqué que d'autres solutions existaient comme le relèvement des ressources ou l'élargissement des assiettes.
Le COR qui est un lie de consensus n'est pas habitué à être le théâtre de passes d'armes. La CFDT a même menacé de se désolidariser du rapport.
Il n'en demeure pas moins que la question du financement demeure pleine et entière et que les estimations d'espérance de vie de l'INSEE sont sans appel :
2009 :
- Hommes : 77,8 ans
- Femmes : 84,5 ans
2020 :
- Hommes : 79,3 ans
- Femmes : 85,7 ans
2050 :
- Hommes : 83,8 ans
- Femmes : 89 ans
Le COR qui est un lie de consensus n'est pas habitué à être le théâtre de passes d'armes. La CFDT a même menacé de se désolidariser du rapport.
Il n'en demeure pas moins que la question du financement demeure pleine et entière et que les estimations d'espérance de vie de l'INSEE sont sans appel :
2009 :
- Hommes : 77,8 ans
- Femmes : 84,5 ans
2020 :
- Hommes : 79,3 ans
- Femmes : 85,7 ans
2050 :
- Hommes : 83,8 ans
- Femmes : 89 ans
mardi 23 mars 2010
Il y a désindustrialisation et désindustrialisation
Il y a désindustrialisation et désindustrialisation
La crise économique a accéléré le processus de désindustrialisation que la France et tous les vieux pays industrialisés connaissent depuis de nombreuses années. Ce processus revêt deux formes : des délocalisations et des externalisations.
Les délocalisations sont régies par deux règles : la recherche de couts de production plus faibles et la nécessité de produire dans les futures grandes zones de consommation. La contrainte du coût de production est d’autant plus élevé que les produits concernés ne sont pas positionnés en haut de gamme. Le prix est ainsi déterminant sur les voitures d’entrée de gamme et de gammes moyennes. Depuis des décennies, il est appris que les produits allemands sont « price maker » quand les produits sont « price taker ». Les firmes françaises sauf dans le domaine du luxe ne dictent pas leurs prix à leurs acheteurs. La qualité des produits allemands, leur réputation et aussi un savoir faire indéniable dans la commercialisation permet à l’Allemagne de dégager des excédents commerciaux année après année. Même si ces dernières années, les coûts salariaux ont été maîtrisés, ils sont comparables à ceux de la France. Le positionnement des produits et la structure de l’économie expliquent le décalage entre les deux pays. Certes, avec une population en diminution, le PIB par habitant croît plus facilement et les gains de productivité impactent moins l’emploi.
Les délocalisations ne sont pas en soi condamnables si elles n’entrainent pas le départ des centres de recherche, des directions de pilotage, de stratégie, de marketing des entreprises. Dans un pays où le niveau de formation des jeunes augmente fortement, il est logique que les emplois suivent cette évolution. La tertiairisation des emplois dans l’industrie témoigne de l’élévation des compétences : plus de recherche, plus d’innovation, plus de services. Ce qui doit rester en France ce n’est pas obligatoirement les usines mais bien les centres névralgiques des sociétés, les sièges sociaux, les directions financières, les directions du marketing, les directions en charge de la conception du marketing, la communication, les relations publiques… Les entreprises fonctionnent selon le principe des réseaux, réseaux de compétences et de production. Les délocalisations posent le problème des sous-traitants qui n’ont comme solution soit de suivre, si c’est possible, leur entreprise nourricière, de fermer ou de se repositionner, ce qui n’est pas loin de là toujours évident. L’Allemagne a réussi à limiter la désindustrialisation en jouant sur la qualité et l’innovation. La légendaire force du réseau de PME assises sur des familles et sur des banques explique la résistance des sous-traitants en Allemagne.
La désindustrialisation est souvent perçue que sous l’angle des délocalisations. Or, au nom du fonctionnement en réseaux et de la spécialisation des entreprises sur leur cœur de métier, elles externalisent de nombreux services. Il en a résulté une forte baisse de l’emploi industriel. Ce phénomène est d’autant plus remarqué que l’industrie doit de plus en plus intégrée de plus en plus de services pour vendre : crédit à la consommation, assistance, information… Or, pour assurer ces fonctions de service, les industriels ont fait appel à des entreprises spécialisées : banques, assureurs, sociétés de leasing… De plus, les emplois de service sont de plus en plus externalisés. Autrefois, étaient concernés les emplois liés, par exemple, au ménage, à la restauration mais désormais toutes les fonctions de service sont concernés : marketing, communication, gestion, distribution… Si trois quarts des emplois sont liés au tertiaire, cela ne signifie pas que l’industrie ne demeure pas au centre et qu’elle n’est pas le cœur des réseaux. Il est vain de croire que la France se recouvrira d’usines dans les prochaines années. Les ateliers de production demeureront dans les pays à faibles coûts de main d’œuvre. A supposer qu’ils reviennent en France, il n’est pas certain que ce soit une bonne nouvelle concernant notre capacité à rester en tête de peloton des puissances économiques…
La crise économique a accéléré le processus de désindustrialisation que la France et tous les vieux pays industrialisés connaissent depuis de nombreuses années. Ce processus revêt deux formes : des délocalisations et des externalisations.
Les délocalisations sont régies par deux règles : la recherche de couts de production plus faibles et la nécessité de produire dans les futures grandes zones de consommation. La contrainte du coût de production est d’autant plus élevé que les produits concernés ne sont pas positionnés en haut de gamme. Le prix est ainsi déterminant sur les voitures d’entrée de gamme et de gammes moyennes. Depuis des décennies, il est appris que les produits allemands sont « price maker » quand les produits sont « price taker ». Les firmes françaises sauf dans le domaine du luxe ne dictent pas leurs prix à leurs acheteurs. La qualité des produits allemands, leur réputation et aussi un savoir faire indéniable dans la commercialisation permet à l’Allemagne de dégager des excédents commerciaux année après année. Même si ces dernières années, les coûts salariaux ont été maîtrisés, ils sont comparables à ceux de la France. Le positionnement des produits et la structure de l’économie expliquent le décalage entre les deux pays. Certes, avec une population en diminution, le PIB par habitant croît plus facilement et les gains de productivité impactent moins l’emploi.
Les délocalisations ne sont pas en soi condamnables si elles n’entrainent pas le départ des centres de recherche, des directions de pilotage, de stratégie, de marketing des entreprises. Dans un pays où le niveau de formation des jeunes augmente fortement, il est logique que les emplois suivent cette évolution. La tertiairisation des emplois dans l’industrie témoigne de l’élévation des compétences : plus de recherche, plus d’innovation, plus de services. Ce qui doit rester en France ce n’est pas obligatoirement les usines mais bien les centres névralgiques des sociétés, les sièges sociaux, les directions financières, les directions du marketing, les directions en charge de la conception du marketing, la communication, les relations publiques… Les entreprises fonctionnent selon le principe des réseaux, réseaux de compétences et de production. Les délocalisations posent le problème des sous-traitants qui n’ont comme solution soit de suivre, si c’est possible, leur entreprise nourricière, de fermer ou de se repositionner, ce qui n’est pas loin de là toujours évident. L’Allemagne a réussi à limiter la désindustrialisation en jouant sur la qualité et l’innovation. La légendaire force du réseau de PME assises sur des familles et sur des banques explique la résistance des sous-traitants en Allemagne.
La désindustrialisation est souvent perçue que sous l’angle des délocalisations. Or, au nom du fonctionnement en réseaux et de la spécialisation des entreprises sur leur cœur de métier, elles externalisent de nombreux services. Il en a résulté une forte baisse de l’emploi industriel. Ce phénomène est d’autant plus remarqué que l’industrie doit de plus en plus intégrée de plus en plus de services pour vendre : crédit à la consommation, assistance, information… Or, pour assurer ces fonctions de service, les industriels ont fait appel à des entreprises spécialisées : banques, assureurs, sociétés de leasing… De plus, les emplois de service sont de plus en plus externalisés. Autrefois, étaient concernés les emplois liés, par exemple, au ménage, à la restauration mais désormais toutes les fonctions de service sont concernés : marketing, communication, gestion, distribution… Si trois quarts des emplois sont liés au tertiaire, cela ne signifie pas que l’industrie ne demeure pas au centre et qu’elle n’est pas le cœur des réseaux. Il est vain de croire que la France se recouvrira d’usines dans les prochaines années. Les ateliers de production demeureront dans les pays à faibles coûts de main d’œuvre. A supposer qu’ils reviennent en France, il n’est pas certain que ce soit une bonne nouvelle concernant notre capacité à rester en tête de peloton des puissances économiques…
la réforme des retraites reprend ses droits
Après la trêve électorale, la réforme des retraites redevient d'actualité. Ainsi, le Conseil d'Orientation des Retraites est amené à préciser ses hypothèses de travail. Il a prévu de réaliser des simulations en retenant comme âge légal de départ non plus 62 ou 63 ans mais 65 ans. Par ailleurs, il étudierait également la possibilité de reporter de l'âge de la retraite à taux plein qui est de 65 ans à 68 voire à 70 ans. Autre option qui devrait être étudiée, le passage de la durée de cotisation à 45 ans d'ici 2028. Jusqu'à maintenant, le COR tablait sur un passage à 43,5a ns pour 2050. Ces scenarii assez ambitieux devrait permettre aux négociateurs de trouver un accord à mi-chemin.
Il n'en demeure pas moins que le tabou des 60 ans semble être levé du moins au sein du COR...
Affaire à suivre
Il n'en demeure pas moins que le tabou des 60 ans semble être levé du moins au sein du COR...
Affaire à suivre
jeudi 18 mars 2010
Les Grecs, les Italiens, les Français, les autres et la dette
La Grèce a payé très chère ses omissions en matière de comptabilité publique et le mauvais étalement dans le temps de sa dette (la maturité de sa dette). Les marchés où plutôt les acteurs des marchés financiers ont également reproché l'absence de volonté publique pour assainir les finances publiques. Mais, la Grèce n'est qu'un épiphénomène compte tenu du faible poids de sa dette dans le volume total de la dette de l'OCDE ou de l'Union européenne. Par ailleurs, la Grèce est derrière le Japon, l'Italie ou l'Islande en matière d'engagements publics. Elle est juste devant la Belgique, la Hongrie, la France et les Etats-Unis.
L'importance du déficit structurel explique le mouvement de mauvaise humeur des marchés. le problème est que tous les Etats sont confrontés à l'augmentation possible de leur déficit structurel avec l'augmentation prévisible des dépenses de santé et de retraite. selon les études du CBO, l'évolution de ces dépenses pourraient empêcher tout assainissement budgétaire aux Etats-Unis d'ici 2050. Les dépenses fédérales au titre de Medicare et de Medicaid passeraient de 5,3 à 12,2 % du PIB d'ici 2050. Les dépenses liées à la retraite publique passeraient de 4,8 à 5,7 % du PIB. Les dépenses sociales pourraient représenter 46 % des dépenses fédérales en 2050 contre 20 % en 2010. A défaut de retournement de tendance, le déficit de l'Etat fédéral serait en 2050 de plus de 8 % du PIB.
La dérive des comptes publics peut se traduire par un retour de l'inflation, une remontée des taux d'intérêt (une hausse de 1 pt imputable à l'augmentation de la dette publique de plus de 36 % est possible), une moindre croissance avec à la clef une augmentation des prélèvements ainsi qu'une dépréciation de la monnaie.
Jusqu'à présent les grands Etats ont réussi à placer facilement leurs titres du fait que les investisseurs sont à la recherche de sécurité. Les Etats-Unis qui restent la première puissance économique bénéficient toujours d'un engouement. Les autorités fédérales ont du réduire la maturité moyenne de la dette avec comme conséquence une augmentation prévisible des taux courts. Actuellement, elles empruntent à faibles coûts du fait de la politique des taux courts pratiqués par les banques centrales.
la France a fait un choix inverse en optant pour des placements longs jusqu'à 50 ans.
Il n'en demeure pas moins que l'Europe demeure vulnérable du fait de la faible coordination des politiques économiques de ses Etats membres et de l'apparition sur le devant de la scène de divisions comme en témoignent les derniers échanges franco-allemands.
Le fort endettement des Etats européens et le niveau excessif de leurs déficits structurels démontrent que les critères de Maastricht n'ont pas été suffisamment sévères. Autoriser en période de croissance de maintenir des déficits autour de 3 % du PIB (tout en sachant que les chiffres étaient faussés de un à 2 points) a placé l'Union européenne en position de faiblesse. le désendettement n'a été effectif que dans un nombre réduit de pays et de manière insuffisante. La France, l'Italie, la Belgique, la Grèce sont les mauvais élèves de la classe depuis 20 ans.
Si dans les années 80 et 90, l'Europe avec Jacques Delors et des responsables politiques nationaux pro-européens avait réussi à imposer tout à la fois le marché unique et l'euro avec à la clef la mise en oeuvre de réformes de structures importantes, la situation est totalement différente aujourd'hui. La Commission est faible et l'Europe est devenue un bouc-émissaire.
L'importance du déficit structurel explique le mouvement de mauvaise humeur des marchés. le problème est que tous les Etats sont confrontés à l'augmentation possible de leur déficit structurel avec l'augmentation prévisible des dépenses de santé et de retraite. selon les études du CBO, l'évolution de ces dépenses pourraient empêcher tout assainissement budgétaire aux Etats-Unis d'ici 2050. Les dépenses fédérales au titre de Medicare et de Medicaid passeraient de 5,3 à 12,2 % du PIB d'ici 2050. Les dépenses liées à la retraite publique passeraient de 4,8 à 5,7 % du PIB. Les dépenses sociales pourraient représenter 46 % des dépenses fédérales en 2050 contre 20 % en 2010. A défaut de retournement de tendance, le déficit de l'Etat fédéral serait en 2050 de plus de 8 % du PIB.
La dérive des comptes publics peut se traduire par un retour de l'inflation, une remontée des taux d'intérêt (une hausse de 1 pt imputable à l'augmentation de la dette publique de plus de 36 % est possible), une moindre croissance avec à la clef une augmentation des prélèvements ainsi qu'une dépréciation de la monnaie.
Jusqu'à présent les grands Etats ont réussi à placer facilement leurs titres du fait que les investisseurs sont à la recherche de sécurité. Les Etats-Unis qui restent la première puissance économique bénéficient toujours d'un engouement. Les autorités fédérales ont du réduire la maturité moyenne de la dette avec comme conséquence une augmentation prévisible des taux courts. Actuellement, elles empruntent à faibles coûts du fait de la politique des taux courts pratiqués par les banques centrales.
la France a fait un choix inverse en optant pour des placements longs jusqu'à 50 ans.
Il n'en demeure pas moins que l'Europe demeure vulnérable du fait de la faible coordination des politiques économiques de ses Etats membres et de l'apparition sur le devant de la scène de divisions comme en témoignent les derniers échanges franco-allemands.
Le fort endettement des Etats européens et le niveau excessif de leurs déficits structurels démontrent que les critères de Maastricht n'ont pas été suffisamment sévères. Autoriser en période de croissance de maintenir des déficits autour de 3 % du PIB (tout en sachant que les chiffres étaient faussés de un à 2 points) a placé l'Union européenne en position de faiblesse. le désendettement n'a été effectif que dans un nombre réduit de pays et de manière insuffisante. La France, l'Italie, la Belgique, la Grèce sont les mauvais élèves de la classe depuis 20 ans.
Si dans les années 80 et 90, l'Europe avec Jacques Delors et des responsables politiques nationaux pro-européens avait réussi à imposer tout à la fois le marché unique et l'euro avec à la clef la mise en oeuvre de réformes de structures importantes, la situation est totalement différente aujourd'hui. La Commission est faible et l'Europe est devenue un bouc-émissaire.
jeudi 11 mars 2010
Fonds monétaire européen, une révolution ?
Face à la crise grecque, l’idée de créer un Fonds Monétaire Européen a été avancée. Aujourd’hui, la Banque centrale comme la Commission n’ont pas les pouvoirs de prêter à un Etat membre sous condition.
Du fait de l’ampleur de ses déficits et des tentatives de maquillage des comptes, maquillage qui concerne de nombreux Etats, la Grèce est confrontée à un problème de refinancement qui fragilise l’euro. L’Allemagne qui est la première puissance économique de la zone ne veut pas endosser le rôle de prêteur en dernier ressort. Ce pays a construit sa force économique depuis la Seconde Guerre Mondiale sur la rigueur et les vertus de l’appréciation de la monnaie. L’introduction des critères de Maastricht était la condition sine qua non afin que l’Allemagne accepte d’abandonner le mark.
Aujourd’hui, l’Allemagne est confrontée à un dilemme : aider la Grèce revient à donner un chèque en blanc à un pays jugé mauvais gestionnaire et à créer un dangereux précédent ; ne pas aider au risque d’affaiblir la monnaie européenne.
La création d’un FME permettrait de sortir par le haut de cette crise et éviter à la Grèce l’humiliation de l’intervention du FMI. Ce dernier n’intervient pas qu’au profit de pays sous-développés ou de pays émergents. Le Royaume-Uni a fait appel au FMI dans les années soixante-dix et l’Islande a bénéficié d’une aide en 2009 afin de surmonter la banqueroute de son système bancaire et financier.
La création du FME qui par nature devait être indépendant tout en ayant de fortes chances d’être entre les mains des grands Etats de la zone euro supposerait un droit de regard sur les finances publiques nationales. En effet, le FME qui serait financé comme le FMI par des participations issues des Etats membres serait amené à intervenir au profit d’Etat devant faire face à des situations financières mettant en cause la stabilité de la zone ou pouvant mettre en cause le fonctionnement régulier de l’Etat.
Les prêts, les garanties, seraient conditionnés par la mise en œuvre de plans d’assainissement des comptes publics, par l’engagement de réformes structurels concernant par exemple la retraite, l’emploi public, la fiscalité…
La création du FME serait une révolution par rapport au système actuel mais ne serait pas sans conséquence du fait que les Etats européens seront dans les prochaines années confrontés à des engagements très lourds : retraite, santé, dépendance. Ces engagements sont des sources de tensions financières et donc des sources possibles d’intervention du futur FME.
La création du FME pourrait traduire l’incapacité des Etats européens à se réformer par l’interne et la nécessité de faire intervenir un arbitre au risque de faire monter le populisme et le sentiment anti-européen.
Du fait de l’ampleur de ses déficits et des tentatives de maquillage des comptes, maquillage qui concerne de nombreux Etats, la Grèce est confrontée à un problème de refinancement qui fragilise l’euro. L’Allemagne qui est la première puissance économique de la zone ne veut pas endosser le rôle de prêteur en dernier ressort. Ce pays a construit sa force économique depuis la Seconde Guerre Mondiale sur la rigueur et les vertus de l’appréciation de la monnaie. L’introduction des critères de Maastricht était la condition sine qua non afin que l’Allemagne accepte d’abandonner le mark.
Aujourd’hui, l’Allemagne est confrontée à un dilemme : aider la Grèce revient à donner un chèque en blanc à un pays jugé mauvais gestionnaire et à créer un dangereux précédent ; ne pas aider au risque d’affaiblir la monnaie européenne.
La création d’un FME permettrait de sortir par le haut de cette crise et éviter à la Grèce l’humiliation de l’intervention du FMI. Ce dernier n’intervient pas qu’au profit de pays sous-développés ou de pays émergents. Le Royaume-Uni a fait appel au FMI dans les années soixante-dix et l’Islande a bénéficié d’une aide en 2009 afin de surmonter la banqueroute de son système bancaire et financier.
La création du FME qui par nature devait être indépendant tout en ayant de fortes chances d’être entre les mains des grands Etats de la zone euro supposerait un droit de regard sur les finances publiques nationales. En effet, le FME qui serait financé comme le FMI par des participations issues des Etats membres serait amené à intervenir au profit d’Etat devant faire face à des situations financières mettant en cause la stabilité de la zone ou pouvant mettre en cause le fonctionnement régulier de l’Etat.
Les prêts, les garanties, seraient conditionnés par la mise en œuvre de plans d’assainissement des comptes publics, par l’engagement de réformes structurels concernant par exemple la retraite, l’emploi public, la fiscalité…
La création du FME serait une révolution par rapport au système actuel mais ne serait pas sans conséquence du fait que les Etats européens seront dans les prochaines années confrontés à des engagements très lourds : retraite, santé, dépendance. Ces engagements sont des sources de tensions financières et donc des sources possibles d’intervention du futur FME.
La création du FME pourrait traduire l’incapacité des Etats européens à se réformer par l’interne et la nécessité de faire intervenir un arbitre au risque de faire monter le populisme et le sentiment anti-européen.
dimanche 7 mars 2010
L'Islande rejette l'accord Icesave
Les Islandais ont rejeté, à plus de 93 %, par référendum le 7 mars 2010, sans surprise, l'accord Icesave, visant à organiser le remboursement des 3,5 milliards d'euros aux Etats anglais et néerlandais. La banque en ligne Icesave a fait faillite obligeant les pouvoirs publics du Royaume-Uni et des Pays-Bas à dédommager leurs ressortissants, les principaux clients de la banque.
Le gouvernement islandais avait conclu un accord avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas afin de régler le différend financier.
Or, ce plan a été mis à mal par le référendum demandé par le Président de la République.
Les Islandais n'ont pas admis de devoir contribuer au remboursement de créances au profit d'Etats étrangers dont les habitants ont profité de l'Islande comme place off shore. Par ailleurs, l'Islande, après avoir connu une croissance très rapide au point d'avoir le 6ème PIB par habitant le plus élevé est confrontée à une récession sans précédent. Le PIB a reculé de 7 % l'année dernière et les revenus des Islandais seraient en recul de 20 %.
Ce rejet par référendum n'est pas une surprise. Il était prévu par les sondages même s'ils tablaient sur un vote à 75 %. Néanmoins, quel électeur est prêt à accepter que ses impôts serviront à rembourser des Etats étrangers du fait de la banqueroute d'une banque en ligne ?
Ce rejet avait été anticipé ; les Etats concernés ont relancé le processus de négociation afin de trouver un nouvel accord.
L'Islande ne peut pas compte tenu de son niveau d'endettement (dette publique de 300 % du PIB) s'offrir le luxe d'une banqueroute. Ce pays est sous respiration artificielle. Il a obtenu l'appui du FMI qui a délivré une aide de plusieurs milliards de dollars. Si l'Islande refusait de rembourser , sa monnaie plongerait tout comme son économie et son PIB. L'Islande dépend de la pêche qui traverse une grave crise avec le problème de surexploitation des fonds marins, du tourisme et du secteur financier.
De ce fait, afin d'être moins dépendants des fluctuations de sa monnaie et de bénéficier des dispositifs de régulation européenne, l'Islande entend intégrer l'Union européenne puis la zone euro. Or, cette intégration passe par un accord avec Londres et La Haye.
Les Européens sont aussi intéressés à trouver dans les meilleurs délais un accord pour éviter un effet de contagion à d'autres Etats comme la Grèce.
En effet, même si le Parlement et le Gouvernement ont tenté d'empêcher ce référendum, le Président islandais a tenté une opération populiste pour peser sur le Royaume-Uni et les Pays-Bas.
En cas de contagion, la suspicion gagnerait les marchés qui joueraient contre les Etats européens.
Les réticences allemandes pour venir en aide à la Grèce démontrent que la solidarité au sein de la zone euro donne lieu à de âpres négociations. L'Allemagne n'a guère envi de jouer le rôle de pompier au profit d'Etats peu vertueux. La France se montre plus conciliante en essayant au passage de vendre quelques navires de guerre... Tout se négocie même et surtout les dettes...
Le gouvernement islandais avait conclu un accord avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas afin de régler le différend financier.
Or, ce plan a été mis à mal par le référendum demandé par le Président de la République.
Les Islandais n'ont pas admis de devoir contribuer au remboursement de créances au profit d'Etats étrangers dont les habitants ont profité de l'Islande comme place off shore. Par ailleurs, l'Islande, après avoir connu une croissance très rapide au point d'avoir le 6ème PIB par habitant le plus élevé est confrontée à une récession sans précédent. Le PIB a reculé de 7 % l'année dernière et les revenus des Islandais seraient en recul de 20 %.
Ce rejet par référendum n'est pas une surprise. Il était prévu par les sondages même s'ils tablaient sur un vote à 75 %. Néanmoins, quel électeur est prêt à accepter que ses impôts serviront à rembourser des Etats étrangers du fait de la banqueroute d'une banque en ligne ?
Ce rejet avait été anticipé ; les Etats concernés ont relancé le processus de négociation afin de trouver un nouvel accord.
L'Islande ne peut pas compte tenu de son niveau d'endettement (dette publique de 300 % du PIB) s'offrir le luxe d'une banqueroute. Ce pays est sous respiration artificielle. Il a obtenu l'appui du FMI qui a délivré une aide de plusieurs milliards de dollars. Si l'Islande refusait de rembourser , sa monnaie plongerait tout comme son économie et son PIB. L'Islande dépend de la pêche qui traverse une grave crise avec le problème de surexploitation des fonds marins, du tourisme et du secteur financier.
De ce fait, afin d'être moins dépendants des fluctuations de sa monnaie et de bénéficier des dispositifs de régulation européenne, l'Islande entend intégrer l'Union européenne puis la zone euro. Or, cette intégration passe par un accord avec Londres et La Haye.
Les Européens sont aussi intéressés à trouver dans les meilleurs délais un accord pour éviter un effet de contagion à d'autres Etats comme la Grèce.
En effet, même si le Parlement et le Gouvernement ont tenté d'empêcher ce référendum, le Président islandais a tenté une opération populiste pour peser sur le Royaume-Uni et les Pays-Bas.
En cas de contagion, la suspicion gagnerait les marchés qui joueraient contre les Etats européens.
Les réticences allemandes pour venir en aide à la Grèce démontrent que la solidarité au sein de la zone euro donne lieu à de âpres négociations. L'Allemagne n'a guère envi de jouer le rôle de pompier au profit d'Etats peu vertueux. La France se montre plus conciliante en essayant au passage de vendre quelques navires de guerre... Tout se négocie même et surtout les dettes...
jeudi 4 mars 2010
Agir Pour Ma Retraite : Mars 2010 N°2
Selon une étude de l’OCDE réalisée parmi 16 pays membres, les pensions, du fait des réformes engagées ces vingt dernières années, diminueront en moyenne de 22 % pour les hommes et de 25 % pour les femmes. La France est un des pays où la baisse est la plus marquée. Les modifications de la base de calcul, et des règles d’indexation ainsi que le passage à 25 ans expliquent, en grande partie, la diminution des pensions qui seront, dans le futur, fournies.
Toute réforme des retraites pose le problème de la répartition de la charge entre actifs et inactifs que ce soit dans les systèmes par répartition ou par capitalisation. Elle pose également la question de la place accordée au secteur public et au secteur privé. En France, 85 % de la rémunération des retraités est assurée par le secteur public. Ce taux est très largement au-dessus de la moyenne de l’OCDE ou de l’Union européenne. La tendance est au rééquilibrage en faveur des systèmes privés. Les actifs sont appelés dans tous les pays à travailler plus longtemps et à prendre en charge, sous forme d’épargne, directement ou indirectement, une part croissante de leur future retraite. Nos partenaires développent des systèmes privés à adhésion obligatoire ou facultative avec la possibilité d’affiliation automatique.
Pour atteindre le taux de remplacement moyen de l’OCDE qui est de 59 % du dernier salaire individuel, il faudrait accroître l’effort d’épargne, en France, de quatre points du salaire.
Le report de l’âge légal de départ à la retraite et celui de la retraite à taux plein aboutiraient à réduire ce déficit d’épargne.
Cette tendance au sein de l’OCDE bute en France sur le fait que la retraite ne repose que sur un pilier constitué du régime de base et des régimes complémentaires, obligatoire et reposant sur la répartition. Le second pilier qui chez nos partenaires repose sur des régimes professionnels n’existe que marginalement, en France, et enfin le troisième pilier celui de l’épargne individuelle demeure évanescent malgré la création en 2003 du PERP.
Le passage à un système de retraite par points et en comptes notionnels ne résoudrait en rien la problématique du financement des retraites. En revanche, en conduisant à une fusion de l’Agirc et de l’Arrco avec le régime général, il ouvrirait un espace pour la création d’un véritable second pilier. Sur ce point, la polémique sur les « retraites chapeau » n’aurait pas du aboutir à leur diabolisation mais à leur généralisation en reprenant le concept qui avait prévalu en 1947 avec l’instauration des complémentaires rendues obligatoires pour tous les salariés en 1972.
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La lettre du Cercle des Epargnants : mois de mars 2010
Au sommaire de la lettre d'information du Cercle des Epargnants du mois de mars 2010, la numéro 44 :
- Ne pas confondre assurance-vie et dette publique
- Les frais de gestion en France et chez nos partenaires
- Les résultats du PERP et du Madelin
- Pourquoi le Livret A fait une bonne année 2009 ou presque...
- Les Français, les fourmis de l'OCDE
lire la lettre
mardi 2 mars 2010
L'Europe sous pression
L’euro comme la livre sterling baissent. L’euro est ainsi tombé à son plus bas niveau par rapport au dollar depuis le 18 mai 2009 à 1,34 et la livre sterling est passée sous la barre des 1,5 dollar pour s’établir lundi 1er mars, à 1,4973 dollar, son plus bas niveau depuis avril 2009. Depuis le début de l’année, la dépréciation de la livre atteint plus de 7 % et celle de l’euro 10 %. Il était, il y a encore peu de temps, de bon ton de faire reposer une partie de nos problèmes sur l’euro dont l’appréciation pénalisait notre économie. Certes, cette appréciation ne gênait aucunement l’Allemagne qui accumule les excédents commerciaux et concernait dans les faits peu de secteurs en France. En effet, notre pays réalise une grande partie de son commerce extérieur au sein de la zone euro. En outre, la réévaluation de l’euro diminuait le coût des matières premières et de l’énergie.
Aujourd’hui, l’Europe et la France sont rappelées à leurs tristes réalités. L’accès de faiblesse de l’euro et de la livre témoigne des doutes qu’inspirent les politiques économique set budgétaires mises en œuvre sur le vieux continent.
La crise européenne débute par un manque de transparence dans les finances publiques grecques. Tous les Etats, surtout avec l’obligation de respecter les fameux critères de Maastricht, ont comme les entreprises, multiplié les jeux d’écriture pour présenter des bilans plus présentables.
Elle prospère du fait des doutes que les investisseurs portent sur la capacité des Européens à assainir leurs comptes. Les difficultés du Royaume-Uni, lié à l’importance de son déficit public, sa dépendance à la sphère financière et aux hésitations de son gouvernement en pleine campagne électorale démontrent que la vieille Europe n’inspire pas confiance. Le refus des Islandais de rembourser les dettes contractées auprès des épargnants anglais ou hollandais soulignent que l’opinion publique est peu favorable à subir une cure d’austérité.
La crise européenne prospère aussi sur le manque de solidarité entre les Etats, pour le moment justifié par le peu d’empressement des Allemands à venir en aide aux Grecs. L’Allemagne, le pays le plus vertueux, n’a guère envie de se transformer en pompier des pays dépensiers. Elle se fait tirer l’oreille pour bien souligner qu’il est hors de question qu’elle ouvre à tout à chacun des lignes de financement. La crise monétaire frappe tout à la fois un pays de la zone euro et un pays qui a refusé d’y entrer, un pays de taille modeste et une ex grande puissance. Elle traduit l’incapacité de l’Union d’être un acteur économique de premier plan. Les égoïsmes et l’absence de vision stratégique ont eu raison des beaux plans des pères fondateurs de l’Europe et de ceux de Valéry Giscard d’Estaing
La crise est aussi le révélateur d’un processus de déclin plus large. L’Europe, depuis deux décennies, connaît des résultats économiques inférieurs à celles des autres grandes zones. Les investisseurs préfèrent investir aux Etats-Unis qui concilient sécurité et un rendement certes inférieur à la Chine (qui ne possède pas le même niveau de sécurité) mais supérieur à celui qui existe en Europe.
Aujourd’hui, l’Europe et la France sont rappelées à leurs tristes réalités. L’accès de faiblesse de l’euro et de la livre témoigne des doutes qu’inspirent les politiques économique set budgétaires mises en œuvre sur le vieux continent.
La crise européenne débute par un manque de transparence dans les finances publiques grecques. Tous les Etats, surtout avec l’obligation de respecter les fameux critères de Maastricht, ont comme les entreprises, multiplié les jeux d’écriture pour présenter des bilans plus présentables.
Elle prospère du fait des doutes que les investisseurs portent sur la capacité des Européens à assainir leurs comptes. Les difficultés du Royaume-Uni, lié à l’importance de son déficit public, sa dépendance à la sphère financière et aux hésitations de son gouvernement en pleine campagne électorale démontrent que la vieille Europe n’inspire pas confiance. Le refus des Islandais de rembourser les dettes contractées auprès des épargnants anglais ou hollandais soulignent que l’opinion publique est peu favorable à subir une cure d’austérité.
La crise européenne prospère aussi sur le manque de solidarité entre les Etats, pour le moment justifié par le peu d’empressement des Allemands à venir en aide aux Grecs. L’Allemagne, le pays le plus vertueux, n’a guère envie de se transformer en pompier des pays dépensiers. Elle se fait tirer l’oreille pour bien souligner qu’il est hors de question qu’elle ouvre à tout à chacun des lignes de financement. La crise monétaire frappe tout à la fois un pays de la zone euro et un pays qui a refusé d’y entrer, un pays de taille modeste et une ex grande puissance. Elle traduit l’incapacité de l’Union d’être un acteur économique de premier plan. Les égoïsmes et l’absence de vision stratégique ont eu raison des beaux plans des pères fondateurs de l’Europe et de ceux de Valéry Giscard d’Estaing
La crise est aussi le révélateur d’un processus de déclin plus large. L’Europe, depuis deux décennies, connaît des résultats économiques inférieurs à celles des autres grandes zones. Les investisseurs préfèrent investir aux Etats-Unis qui concilient sécurité et un rendement certes inférieur à la Chine (qui ne possède pas le même niveau de sécurité) mais supérieur à celui qui existe en Europe.
mercredi 24 février 2010
Regain conjoncturel pour le Livret A
La collecte nette pour le LIvret A a, au mois de janvier 2010, atteint 1,69 milliard d'euros, pour un encours de 186,6 milliards d'euros tous guichets confondus. La tendance est la même pour le Livret de développement durable (LDD) : la collecte a atteint 220 millions d'euros en janvier, pour un encours de 69,9 milliards d'euros. Pour le Livret A, cette collecte positive met fin à un processus de décollectte entamée au mois de mai 2009.
Ce regain est conjoncturel. A la fin d'année de nombreux salariés reçoivent des primes ou un treizième mois qu'ils placent sur leur Livret A en attente de réemploi. Le paiement du premier tiers provisionnel devrait assécher en partie cette enveloppe.
La persistance d'un fort de chômage conduit les ménages français à maintenir un fort volant d'épargne de précaution.
Il faut souligner que sur l'ensemble de l'année dernière, le Livret A et le LDD ont attiré 13,21 milliards d'euros, une somme à laquelle se sont ajoutés les 4,67 milliards d'euros d'intérêts capitalisés en fin d'année. Cette augmentation se décompose en deux mouvements, le premier, la hausse de la collecte sous fond de crise financière puis économique avec la banalisation de la distribution du Livret A à toutes les banques au 1er janvier 2009, le second après les baisses du taux de rémunération un puissant mouvement de décollecte de 10,6 milliards d'euros entre mai et décembre 2009.
Il n'est pas prévu de remonter des taux avant le second semestre 2010, remontée qui devrait être limitée compte tenu des politiques monétaires et du très faible rebond de l'inflation.
Ce regain est conjoncturel. A la fin d'année de nombreux salariés reçoivent des primes ou un treizième mois qu'ils placent sur leur Livret A en attente de réemploi. Le paiement du premier tiers provisionnel devrait assécher en partie cette enveloppe.
La persistance d'un fort de chômage conduit les ménages français à maintenir un fort volant d'épargne de précaution.
Il faut souligner que sur l'ensemble de l'année dernière, le Livret A et le LDD ont attiré 13,21 milliards d'euros, une somme à laquelle se sont ajoutés les 4,67 milliards d'euros d'intérêts capitalisés en fin d'année. Cette augmentation se décompose en deux mouvements, le premier, la hausse de la collecte sous fond de crise financière puis économique avec la banalisation de la distribution du Livret A à toutes les banques au 1er janvier 2009, le second après les baisses du taux de rémunération un puissant mouvement de décollecte de 10,6 milliards d'euros entre mai et décembre 2009.
Il n'est pas prévu de remonter des taux avant le second semestre 2010, remontée qui devrait être limitée compte tenu des politiques monétaires et du très faible rebond de l'inflation.
jeudi 18 février 2010
Les maux et les mots de la réforme des retraites
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Le défi des retraites ne se limite pas à la question du financement des régimes d’assurance-vieillesse. Il s’inscrit dans un processus démographique sans précédent qui prend trois aspects :
• L’augmentation par allongement de la durée de vie du nombre des personnes de plus de 60 ans ;
• La stabilisation puis le déclin de la population active ;
• La stabilisation et le déclin de la population totale.
Ce processus concerne, en premier lieu, les pays occidentaux mais aussi les pays émergents voire les pays en développement. Entre aujourd’hui et 2050, tous les Etats ou presque devront résoudre les problèmes que génère cette mutation démographique : financement des retraites, financement de la dépendance et de l’assurance maladie, gestion de l’emploi des seniors…
A l’exception des périodes de guerre et de grandes épidémies, jamais le monde n’a été confronté à un tel défi qui est de nature structurelle et qui comprend tout à la fois des aspects économiques, financiers et sociaux. Les guerres, la peste, le choléra étaient des accidents conjoncturels.
L’instauration de la couverture vieillesse accompagne le développement économique des Etats. Le passage de la société agricole à la société industrielle avec à la clef l’urbanisation a conduit les pouvoirs publics à instituer des dispositifs d’assurance vieillesse. L’assurance vieillesse devient une réalité selon les pays à partir de la première révolution industrielle autour des années 1870 pour se généraliser après la seconde guerre mondiale. Les pays à fort consensus et ayant connu un développement industriel rapide ont été les premiers à mettre en œuvre de larges couvertures vieillesse. La France, plus rurale, moins industrialisée et moins consensuelle, a longtemps tergiversé avant de créer un régime de retraite par répartition obligatoire avec la publication des ordonnances de 1944.
L’octroi d’une retraite constitue au départ une récompense, un dédommagement pour l’effort fourni durant des années. Ainsi, le premier régime de retraite français concerne les marins qui donnaient bien souvent leur vie au Roi.
Dans un pays marqué par la lutte des classes comme la France, les pensions réparent, en partie, le préjudice subi par « l’exploitation » des salariés par le capital. Le débat actuel sur la pénibilité reprend cette thématique.
La France a opté, en 1944, pour un système d’assurances professionnelles associant les syndicats. Ce système censé couvrir tous les risques et tous les actifs n’a jamais atteint ses objectifs du fait de l’opposition des bénéficiaires des régimes spéciaux (qui préexistaient avant l’adoption des ordonnances) que des indépendants (qui ne voulaient pas être placés sous la coupe des syndicats).
Par ailleurs, l’Etat a toujours joué un grand rôle à travers son pouvoir réglementaire. Il a réduit le champ de la négociation sociale au point que les syndicats ont perdu le contrôle dans les faits de l’assurance-maladie. Aujourd’hui, le pouvoir des syndicats dans l’assurance-vieillesse est, de plus en plus, virtuel. La réforme de 1993 a été réalisé en plein été sous forme de décrets ; les lois ultérieures ont donné lieu à des négociations mais selon un calendrier et en retenant les paramètres fixés par l’Etat.
La division syndicale a facilité le transfert de responsabilités au profit de l’Etat. Les syndicats sont, de toute façon, assez heureux d’imputer aux pouvoirs publics l’impopularité des mesures. Ils se cantonnent dans un rôle d’opposants tout en étant officiellement gestionnaires des régimes sociaux.
La France s’est engagée dans la réforme des retraites depuis 1993 afin de limiter l’impact sur les équilibres des régimes de retraite de l’allongement de la durée de vie et de l’arrivée à l’âge de la retraite des enfants du baby-boom en jouant sur les critères paramétriques du système (durée de cotisation, base de calcul de la retraite…).
Les différents plans n’ont jamais adopté ou pris dans le cadre d’un consensus. Un syndicat comme la CFDT a, en 2003, appuyé l’initiative du Gouvernement au prix de divisions internes.
Dix sept ans après le premier train de réformes, le système de retraite entre dans une période de tempête du fait que, depuis 2007, les classes nombreuses du baby boom arrivent à l’âge de la retraite et que l’allongement de la durée de vie poursuit son allongement. La crise a ajouté une composante conjoncturelle à ces facteurs structurels en privant les régimes de base de près de 5 milliards d’euros en 2010.
Les simulations réalisées pour le rapport 2007 sur les retraites par le Conseil d’Orientation des Retraites apparaissent dépassées car elles reposaient sur un taux de chômage de 4,5 % ; une productivité de 1,8 % et d’une croissance de 2 %. Ces hypothèses ont été balayées par la crise. Le COR considère qu’il faudra près de 9 ans pour effacer les scories de la crise sur les équilibres financiers des comptes sociaux. Les résultats du régime de base retraite en 2010 an sont ceux qui étaient prévus en 2020.
Face à cette dérive structurelle et conjoncturelle, le Président de la République a lancé un cycle de négociations qui comporte plusieurs enjeux.
Une des raisons de ce cycle est de prouver aux marchés financiers et donc aux investisseurs internationaux qu’au moment où la dette publique dépasse 80 % du PIB, la France est capable de se réformer et de maîtriser ses déficits publics.
Le second enjeu est de démontrer à l’électorat de droite que le Président et le Gouvernement n’ont pas renoncé à réformer. Il a réussi à piéger Martine Aubry sur le report de l’âge légal.
Depuis le début de son quinquennat, le Président essaie de diviser le front syndical en soulignant leurs divergences (FO est pour le statuquo, la CFDT pour la réforme systémique, la CGC est ouverte au report à 62 ans, la CGT est attentiste…).
Officieusement, les partenaires sociaux, la majorité et une partie de l’opposition sont d’accord sur les grands principes d’une réforme. L’exception française en matière d’âge légal de départ à la retraite n’est pas tenable. Depuis 1945, la durée moyenne de la retraite a été multipliée par deux et celle de la vie active s’est contractée de 8 ans. En 1936, la moitié des jeunes de 14 ans travaillaient ; en 2010, l’âge moyen d’entrée sur le marché du travail est de 22,5 ans. En 1960, il y avait 4 cotisants pour un retraité, aujourd’hui, il y a 1,5 actifs pour un retraité, en 2030 il y en aura 1,3 et en 2050, 1,2.
Si dans les quarante prochaines années, le nombre de retraités doit être multiplié par deux, celui des actifs a atteint son maximum et devrait décroître sauf immigration dans les prochaines années. Chaque année, plus de 730 000 personnes prennent leur retraite, retraite dont la durée s’allonge en parallèle avec l’espérance de vie.
Les syndicats, en début de négociation, refusent l’idée d’un report de l’âge légal de départ à la retraite qui figure au panthéon des acquis sociaux. Mais, les 60 ans jouent le rôle de butoir. Les salariés comme les entreprises se calent sur cet âge pour gérer leur carrière et leur personnel. Contrairement à une idée reçue, il n’y a pas de problème d’emploi des seniors en France. Le taux d’emploi des 50/59 ans est même supérieur en France à celui de la moyenne européenne ; entre 54 et 59 ans il est de 56 % contre 59 %. C’est pour la tranche d’âge des 60/65 ans où il est nettement en dessous de la moyenne. 16 % des Français sont encore en activité entre 60 et 65 ans contre plus de 30 % au sein de l’Union européenne. Ceux qui poursuivent leur activité au-delà de 60 ans sont essentiellement les cadres et les femmes ne disposant pas des trimestres suffisant pour obtenir une retraite à taux plein. Les 60 ans organise le monde du travail. Bouger le curseur modifiera les comportements. Tous les autres pays ont utilisé ce paramètre. Nos partenaires ont choisi de fixer l’âge de départ entre 65 et 67 ans en moyenne.
La France en privilégiant l’allongement de la durée de cotisation a choisi de contourner le problème des 60 ans. En effet, avec une entrée plus tardive sur le marché du travail, il y aura de moins de moins d’actifs qui disposeront des 41 ou des 42 annuités à 60 ans. Il n’en demeure pas moins que la vie professionnelle continue à s’organiser autour de ce fameux seuil. Le passage à 62 ans permettrait un gain de 6 milliards d’euros soit le montant du déficit structurel actuel de la CNAV. Pour 2020, il faudrait sans nul doute passer à 64 ans. Le passage à 62 ans, tout comme l’allongement de la durée de cotisation, ne peut être réalisé que de manière progressive. Il est difficile d’annoncer à un salarié de 60 ans qu’il devra travailler d’un coup deux ans de plus. De même, pour une entreprise, il est délicat de gérer avec des à-coups les départs à la retraite.
Les syndicats pensent que l’augmentation des cotisations permettrait de résoudre le problème. Certes, il était prévu dans la loi Fillon de 2003 de transférer une partie des cotisations chômage sur les cotisations retraite avec une hypothèse d’une décrue du chômage. Ainsi, un transfert de 0,4 pont était fixé au 1er janvier 2003, un autre transfert de 0,3 point au 1er janvier 2010 et enfin 0,4 point au 1er janvier 2011. Ce basculement aurait du fournir en fin de processus plus de 6,5 milliards d’euros à la CNAV. La crise avec la remontée du chômage a eu raison de cette opération. Est-il alors possible d’augmenter le taux des cotisations vieillesse ? La France figure dans le peloton de tête en matière de coût du travail. Le relever aboutirait à favoriser un peu plus la désindustrialisation et les délocalisations. Le gain en termes de cotisations serait amputé par les pertes générées par l’augmentation du chômage et la contraction de la masse salariale. En outre, d’autres dépenses sociales pourraient également justifier une augmentation de cotisation ou de la CSG, l’assurance maladie ou la dépendance. Néanmoins, il est possible qu’en fin de négociation, le patronat accepte un relèvement des cotisations s’il obtient en contrepartie un geste des syndicats sur les 60 ans.
Les syndicats réclament la prise en compte de la pénibilité du travail. Cette revendication avait été intégrée dans la loi de 2003. Plus de quatre ans de négociation ont débouché sur un échec. Le patronat refuse la création d’un système automatique de reconnaissance de la pénibilité de peur que se multiplient des régimes spéciaux. Le MEDEF est disposé à la mise en place de commission médicale qui étudierait au cas par cas l’état des salariés. Les organisations syndicales demandent que certains métiers soient classés comme pénibles. Peu de pays se sont engagés dans cette voie du fait de la difficulté à définir la pénibilité. En effet, un travail peut se révéler pénible des années après ou en fonction de l’âge du salarié. Faudra-t-il intégrer le stress, les conditions de transport… ? Une des difficultés provient aussi de notre système de base qui est un régime à prestations définies. Le calcul de la pension intervient au moment de la liquidation. Les salariés ayant été exposés à un travail pénible pourrait bénéficier de trimestres supplémentaires ou à des majorations de droit. Ces dispositifs, lourds à gérer, faussent les modalités de calcul. Dans un système par points et en comptes notionnels, il est possible de prendre en compte, plus facilement, l’espérance de vie et d’accroître le nombre de points pour des travailler exposés.
La CFDT en réclamant une réforme systémique a intégré la difficulté de prendre en compte la pénibilité dans le système actuel. En revanche, le basculement du régime général à prestations définies tel que nous le connaissons aujourd’hui en un système par points et en comptes notionnels est anxiogène car il occasionnerait des transferts de revenus entre retraités ; il y aura forcément des gagnants et des perdants. Il est bien connu que les perdants hurlent quand les gagnants restent silencieux. La révolution systémique ne peut être menée que progressivement et sur les bases d’un large consensus comme en Suède. Cette réforme nécessiterait, en outre, de réaliser la fusion des régimes de base avec l’AGIRC et l’ARRCO. Elle serait par nature anxiogène et ne peut être réalisée qu’après une élection présidentielle. Une telle révolution modifie les règles de calcul des retraites et lisse les effets du vieillissement sur les comptes publics mais elle ne garantit pas pour autant un équilibre automatique. Le passage à un régime en comptes notionnels ne permet de supprimer les déficits. A charge constante, il faut toujours trouver 80 milliards d’euros d’ici 2050.
Autre sujet sensible, la modification du mode de calcul des pensions publiques. Aujourd’hui, les retraites des fonctionnaires sont calculées sur la base des salaires des six derniers mois. Le taux de remplacement atteint plus de 70 % quand il est en moyenne de 60 % dans le privé et que de dernier devrait baisser de près de 10 points d’ici 2050. En outre, depuis 2003, les primes sont, en partie, prises en compte avec le Régime additionnel de la fonction publique. L’harmonisation des modes de calcul entre le public et le privé constitue un chiffon rouge pour les syndicats. Le gouvernement a évoqué le sujet afin de le retirer de l’ordre du jour en signe d’apaisement. Il n’en demeure pas moins que les retraites publiques occasionneront un surcroit de 40 milliards d’euros d’ici 2050.
Le Président de la République a fixé son calendrier en tenant compte des différentes contraintes électorales, syndicales et patronales. Entre les élections législatives et celles de la CFDT ainsi que celles du MEDEF, il était impossible d’aboutir avant l’été. De plus, au sein des grandes entreprises, les syndicats participeront à des élections qui détermineront leur représentativité en vertu de la loi adoptée en 2008.
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Le défi des retraites ne se limite pas à la question du financement des régimes d’assurance-vieillesse. Il s’inscrit dans un processus démographique sans précédent qui prend trois aspects :
• L’augmentation par allongement de la durée de vie du nombre des personnes de plus de 60 ans ;
• La stabilisation puis le déclin de la population active ;
• La stabilisation et le déclin de la population totale.
Ce processus concerne, en premier lieu, les pays occidentaux mais aussi les pays émergents voire les pays en développement. Entre aujourd’hui et 2050, tous les Etats ou presque devront résoudre les problèmes que génère cette mutation démographique : financement des retraites, financement de la dépendance et de l’assurance maladie, gestion de l’emploi des seniors…
A l’exception des périodes de guerre et de grandes épidémies, jamais le monde n’a été confronté à un tel défi qui est de nature structurelle et qui comprend tout à la fois des aspects économiques, financiers et sociaux. Les guerres, la peste, le choléra étaient des accidents conjoncturels.
L’instauration de la couverture vieillesse accompagne le développement économique des Etats. Le passage de la société agricole à la société industrielle avec à la clef l’urbanisation a conduit les pouvoirs publics à instituer des dispositifs d’assurance vieillesse. L’assurance vieillesse devient une réalité selon les pays à partir de la première révolution industrielle autour des années 1870 pour se généraliser après la seconde guerre mondiale. Les pays à fort consensus et ayant connu un développement industriel rapide ont été les premiers à mettre en œuvre de larges couvertures vieillesse. La France, plus rurale, moins industrialisée et moins consensuelle, a longtemps tergiversé avant de créer un régime de retraite par répartition obligatoire avec la publication des ordonnances de 1944.
L’octroi d’une retraite constitue au départ une récompense, un dédommagement pour l’effort fourni durant des années. Ainsi, le premier régime de retraite français concerne les marins qui donnaient bien souvent leur vie au Roi.
Dans un pays marqué par la lutte des classes comme la France, les pensions réparent, en partie, le préjudice subi par « l’exploitation » des salariés par le capital. Le débat actuel sur la pénibilité reprend cette thématique.
La France a opté, en 1944, pour un système d’assurances professionnelles associant les syndicats. Ce système censé couvrir tous les risques et tous les actifs n’a jamais atteint ses objectifs du fait de l’opposition des bénéficiaires des régimes spéciaux (qui préexistaient avant l’adoption des ordonnances) que des indépendants (qui ne voulaient pas être placés sous la coupe des syndicats).
Par ailleurs, l’Etat a toujours joué un grand rôle à travers son pouvoir réglementaire. Il a réduit le champ de la négociation sociale au point que les syndicats ont perdu le contrôle dans les faits de l’assurance-maladie. Aujourd’hui, le pouvoir des syndicats dans l’assurance-vieillesse est, de plus en plus, virtuel. La réforme de 1993 a été réalisé en plein été sous forme de décrets ; les lois ultérieures ont donné lieu à des négociations mais selon un calendrier et en retenant les paramètres fixés par l’Etat.
La division syndicale a facilité le transfert de responsabilités au profit de l’Etat. Les syndicats sont, de toute façon, assez heureux d’imputer aux pouvoirs publics l’impopularité des mesures. Ils se cantonnent dans un rôle d’opposants tout en étant officiellement gestionnaires des régimes sociaux.
La France s’est engagée dans la réforme des retraites depuis 1993 afin de limiter l’impact sur les équilibres des régimes de retraite de l’allongement de la durée de vie et de l’arrivée à l’âge de la retraite des enfants du baby-boom en jouant sur les critères paramétriques du système (durée de cotisation, base de calcul de la retraite…).
Les différents plans n’ont jamais adopté ou pris dans le cadre d’un consensus. Un syndicat comme la CFDT a, en 2003, appuyé l’initiative du Gouvernement au prix de divisions internes.
Dix sept ans après le premier train de réformes, le système de retraite entre dans une période de tempête du fait que, depuis 2007, les classes nombreuses du baby boom arrivent à l’âge de la retraite et que l’allongement de la durée de vie poursuit son allongement. La crise a ajouté une composante conjoncturelle à ces facteurs structurels en privant les régimes de base de près de 5 milliards d’euros en 2010.
Les simulations réalisées pour le rapport 2007 sur les retraites par le Conseil d’Orientation des Retraites apparaissent dépassées car elles reposaient sur un taux de chômage de 4,5 % ; une productivité de 1,8 % et d’une croissance de 2 %. Ces hypothèses ont été balayées par la crise. Le COR considère qu’il faudra près de 9 ans pour effacer les scories de la crise sur les équilibres financiers des comptes sociaux. Les résultats du régime de base retraite en 2010 an sont ceux qui étaient prévus en 2020.
Face à cette dérive structurelle et conjoncturelle, le Président de la République a lancé un cycle de négociations qui comporte plusieurs enjeux.
Une des raisons de ce cycle est de prouver aux marchés financiers et donc aux investisseurs internationaux qu’au moment où la dette publique dépasse 80 % du PIB, la France est capable de se réformer et de maîtriser ses déficits publics.
Le second enjeu est de démontrer à l’électorat de droite que le Président et le Gouvernement n’ont pas renoncé à réformer. Il a réussi à piéger Martine Aubry sur le report de l’âge légal.
Depuis le début de son quinquennat, le Président essaie de diviser le front syndical en soulignant leurs divergences (FO est pour le statuquo, la CFDT pour la réforme systémique, la CGC est ouverte au report à 62 ans, la CGT est attentiste…).
Officieusement, les partenaires sociaux, la majorité et une partie de l’opposition sont d’accord sur les grands principes d’une réforme. L’exception française en matière d’âge légal de départ à la retraite n’est pas tenable. Depuis 1945, la durée moyenne de la retraite a été multipliée par deux et celle de la vie active s’est contractée de 8 ans. En 1936, la moitié des jeunes de 14 ans travaillaient ; en 2010, l’âge moyen d’entrée sur le marché du travail est de 22,5 ans. En 1960, il y avait 4 cotisants pour un retraité, aujourd’hui, il y a 1,5 actifs pour un retraité, en 2030 il y en aura 1,3 et en 2050, 1,2.
Si dans les quarante prochaines années, le nombre de retraités doit être multiplié par deux, celui des actifs a atteint son maximum et devrait décroître sauf immigration dans les prochaines années. Chaque année, plus de 730 000 personnes prennent leur retraite, retraite dont la durée s’allonge en parallèle avec l’espérance de vie.
Les syndicats, en début de négociation, refusent l’idée d’un report de l’âge légal de départ à la retraite qui figure au panthéon des acquis sociaux. Mais, les 60 ans jouent le rôle de butoir. Les salariés comme les entreprises se calent sur cet âge pour gérer leur carrière et leur personnel. Contrairement à une idée reçue, il n’y a pas de problème d’emploi des seniors en France. Le taux d’emploi des 50/59 ans est même supérieur en France à celui de la moyenne européenne ; entre 54 et 59 ans il est de 56 % contre 59 %. C’est pour la tranche d’âge des 60/65 ans où il est nettement en dessous de la moyenne. 16 % des Français sont encore en activité entre 60 et 65 ans contre plus de 30 % au sein de l’Union européenne. Ceux qui poursuivent leur activité au-delà de 60 ans sont essentiellement les cadres et les femmes ne disposant pas des trimestres suffisant pour obtenir une retraite à taux plein. Les 60 ans organise le monde du travail. Bouger le curseur modifiera les comportements. Tous les autres pays ont utilisé ce paramètre. Nos partenaires ont choisi de fixer l’âge de départ entre 65 et 67 ans en moyenne.
La France en privilégiant l’allongement de la durée de cotisation a choisi de contourner le problème des 60 ans. En effet, avec une entrée plus tardive sur le marché du travail, il y aura de moins de moins d’actifs qui disposeront des 41 ou des 42 annuités à 60 ans. Il n’en demeure pas moins que la vie professionnelle continue à s’organiser autour de ce fameux seuil. Le passage à 62 ans permettrait un gain de 6 milliards d’euros soit le montant du déficit structurel actuel de la CNAV. Pour 2020, il faudrait sans nul doute passer à 64 ans. Le passage à 62 ans, tout comme l’allongement de la durée de cotisation, ne peut être réalisé que de manière progressive. Il est difficile d’annoncer à un salarié de 60 ans qu’il devra travailler d’un coup deux ans de plus. De même, pour une entreprise, il est délicat de gérer avec des à-coups les départs à la retraite.
Les syndicats pensent que l’augmentation des cotisations permettrait de résoudre le problème. Certes, il était prévu dans la loi Fillon de 2003 de transférer une partie des cotisations chômage sur les cotisations retraite avec une hypothèse d’une décrue du chômage. Ainsi, un transfert de 0,4 pont était fixé au 1er janvier 2003, un autre transfert de 0,3 point au 1er janvier 2010 et enfin 0,4 point au 1er janvier 2011. Ce basculement aurait du fournir en fin de processus plus de 6,5 milliards d’euros à la CNAV. La crise avec la remontée du chômage a eu raison de cette opération. Est-il alors possible d’augmenter le taux des cotisations vieillesse ? La France figure dans le peloton de tête en matière de coût du travail. Le relever aboutirait à favoriser un peu plus la désindustrialisation et les délocalisations. Le gain en termes de cotisations serait amputé par les pertes générées par l’augmentation du chômage et la contraction de la masse salariale. En outre, d’autres dépenses sociales pourraient également justifier une augmentation de cotisation ou de la CSG, l’assurance maladie ou la dépendance. Néanmoins, il est possible qu’en fin de négociation, le patronat accepte un relèvement des cotisations s’il obtient en contrepartie un geste des syndicats sur les 60 ans.
Les syndicats réclament la prise en compte de la pénibilité du travail. Cette revendication avait été intégrée dans la loi de 2003. Plus de quatre ans de négociation ont débouché sur un échec. Le patronat refuse la création d’un système automatique de reconnaissance de la pénibilité de peur que se multiplient des régimes spéciaux. Le MEDEF est disposé à la mise en place de commission médicale qui étudierait au cas par cas l’état des salariés. Les organisations syndicales demandent que certains métiers soient classés comme pénibles. Peu de pays se sont engagés dans cette voie du fait de la difficulté à définir la pénibilité. En effet, un travail peut se révéler pénible des années après ou en fonction de l’âge du salarié. Faudra-t-il intégrer le stress, les conditions de transport… ? Une des difficultés provient aussi de notre système de base qui est un régime à prestations définies. Le calcul de la pension intervient au moment de la liquidation. Les salariés ayant été exposés à un travail pénible pourrait bénéficier de trimestres supplémentaires ou à des majorations de droit. Ces dispositifs, lourds à gérer, faussent les modalités de calcul. Dans un système par points et en comptes notionnels, il est possible de prendre en compte, plus facilement, l’espérance de vie et d’accroître le nombre de points pour des travailler exposés.
La CFDT en réclamant une réforme systémique a intégré la difficulté de prendre en compte la pénibilité dans le système actuel. En revanche, le basculement du régime général à prestations définies tel que nous le connaissons aujourd’hui en un système par points et en comptes notionnels est anxiogène car il occasionnerait des transferts de revenus entre retraités ; il y aura forcément des gagnants et des perdants. Il est bien connu que les perdants hurlent quand les gagnants restent silencieux. La révolution systémique ne peut être menée que progressivement et sur les bases d’un large consensus comme en Suède. Cette réforme nécessiterait, en outre, de réaliser la fusion des régimes de base avec l’AGIRC et l’ARRCO. Elle serait par nature anxiogène et ne peut être réalisée qu’après une élection présidentielle. Une telle révolution modifie les règles de calcul des retraites et lisse les effets du vieillissement sur les comptes publics mais elle ne garantit pas pour autant un équilibre automatique. Le passage à un régime en comptes notionnels ne permet de supprimer les déficits. A charge constante, il faut toujours trouver 80 milliards d’euros d’ici 2050.
Autre sujet sensible, la modification du mode de calcul des pensions publiques. Aujourd’hui, les retraites des fonctionnaires sont calculées sur la base des salaires des six derniers mois. Le taux de remplacement atteint plus de 70 % quand il est en moyenne de 60 % dans le privé et que de dernier devrait baisser de près de 10 points d’ici 2050. En outre, depuis 2003, les primes sont, en partie, prises en compte avec le Régime additionnel de la fonction publique. L’harmonisation des modes de calcul entre le public et le privé constitue un chiffon rouge pour les syndicats. Le gouvernement a évoqué le sujet afin de le retirer de l’ordre du jour en signe d’apaisement. Il n’en demeure pas moins que les retraites publiques occasionneront un surcroit de 40 milliards d’euros d’ici 2050.
Le Président de la République a fixé son calendrier en tenant compte des différentes contraintes électorales, syndicales et patronales. Entre les élections législatives et celles de la CFDT ainsi que celles du MEDEF, il était impossible d’aboutir avant l’été. De plus, au sein des grandes entreprises, les syndicats participeront à des élections qui détermineront leur représentativité en vertu de la loi adoptée en 2008.
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mardi 16 février 2010
Public Sénat : Jean-Claude Mailly et Philippe Crevel en débat sur les retraites
A l’occasion su sommet social du 15 février 2009, Philippe Crevel a été convié à débattre avec Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière. Philippe Crevel a été amené à répondre aux propositions de FO sur la réforme des retraites.
Regarder le débat
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lundi 15 février 2010
Pas de danse sur la réforme des retraites
Après quelques annonces fracassantes, le Président de la République joue la prudence. Fidèle à sa méthode, taper puis après calmer en négociant, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas de toute façon agir autrement à quelques semaines des élections régionales. En outre, deux partenaires sociaux sont en pré-congrès : la CFDT et le MEdef. Enfin, de nombreuses élections syndicales au sein des entreprises doivent avoir lieu au printemps, élections qui donnent toujours lieu à des surenchères.
Ainsi, à l'occasion de son discours introductif, le Président de la République a semblé lâcher du lest en soulignant qu'il "ne passera pas en force" concernant la réforme des retraites. Il a ajouté que "nous prendrons tout le temps nécessaire pour dialoguer, pour que les positions de chacun soient parfaitement comprises, pour que les Français soient clairement informés des enjeux et des situations".
"En tout état de cause, la réforme ne sera pas adoptée par le Parlement en juillet. Je veux un débat approfondi… qui prendra le temps qu'il faut."
Il a déclaré que "la réforme des retraites est trop importante pour qu'elle ne soit pas conduite de manière concertée, ouverte et sur la base d'un diagnostic partagé".
Pour montrer que le sommet social ne se limitait pas à la question des retraites, il a commencé son discours en abordant le problème du chômage.
La concertation sera réellement lancée après les élections régionales au mois d'avril. Cette concertation pourrait associer les partis politiques comme l'a indiqué ce matin Laurent Wauquiez. Cette concertation sera lancée à partir des travaux du Conseil d'Orientation des Retraites. La question de la pénibilité fera l'objet d'une concertation spécifique.
Or, ce sont les deux pistes favorisées par le gouvernement pour tenter de renflouer le régime des retraites gravement menacé par le vieillissement de la population et le mauvais fonctionnement du marché du travail. "Aujourd'hui, sur dix retraites que nous versons, il y en a une qui n'est pas financée. Si nous ne faisons rien, dans dix ans ce sera une sur huit", a rappelé M. Sarkozy.
La réforme des retraites bute en France sur l'absence de consensus comme en témoignent les différentes enquêtes d'opinion; Ainsi selon l'enquête d'opinion, commandée par Matignon et réalisée les 4 et 5 février, 56 % se disent hostiles à l'allongement de la durée de cotisation et 60 % à la remise en question de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans.
Ainsi, à l'occasion de son discours introductif, le Président de la République a semblé lâcher du lest en soulignant qu'il "ne passera pas en force" concernant la réforme des retraites. Il a ajouté que "nous prendrons tout le temps nécessaire pour dialoguer, pour que les positions de chacun soient parfaitement comprises, pour que les Français soient clairement informés des enjeux et des situations".
"En tout état de cause, la réforme ne sera pas adoptée par le Parlement en juillet. Je veux un débat approfondi… qui prendra le temps qu'il faut."
Il a déclaré que "la réforme des retraites est trop importante pour qu'elle ne soit pas conduite de manière concertée, ouverte et sur la base d'un diagnostic partagé".
Pour montrer que le sommet social ne se limitait pas à la question des retraites, il a commencé son discours en abordant le problème du chômage.
La concertation sera réellement lancée après les élections régionales au mois d'avril. Cette concertation pourrait associer les partis politiques comme l'a indiqué ce matin Laurent Wauquiez. Cette concertation sera lancée à partir des travaux du Conseil d'Orientation des Retraites. La question de la pénibilité fera l'objet d'une concertation spécifique.
Or, ce sont les deux pistes favorisées par le gouvernement pour tenter de renflouer le régime des retraites gravement menacé par le vieillissement de la population et le mauvais fonctionnement du marché du travail. "Aujourd'hui, sur dix retraites que nous versons, il y en a une qui n'est pas financée. Si nous ne faisons rien, dans dix ans ce sera une sur huit", a rappelé M. Sarkozy.
La réforme des retraites bute en France sur l'absence de consensus comme en témoignent les différentes enquêtes d'opinion; Ainsi selon l'enquête d'opinion, commandée par Matignon et réalisée les 4 et 5 février, 56 % se disent hostiles à l'allongement de la durée de cotisation et 60 % à la remise en question de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans.
dimanche 14 février 2010
2009, la récession centenale
CONJONCTURE FRANCAISE
ENTRE LARMES ET ESPOIRS
La France est sortie de la récession en fin 2009 avec un PIB en croissance de 0,6 % au dernier trimestre. La sortie s’est accélérée en fin d’année ; en effet le PIB n’avait augmenté que de 0,2 % au 3ème trimestre. Il n’en demeure pas moins que la France a connu sa plus sévère récession depuis la fin de la seconde guerre mondiale comme la quasi-totalité de ses partenaires économiques. Le PIB de la zone euro a reculé de 4 points ; le recul de la France figure parmi les quatre moins mauvais.
Au dernier trimestre, la France a obtenu de meilleurs résultats que l’Allemagne dont le PIB est resté étal ou l’Italie qui a enregistré un recul de son PIB de 0,1 point. Le résultat français est légèrement au-dessus des prévisions. En revanche, pour la zone euro, l’heure est à la déception avec une croissance réduite à 0,1 % quand elle était attendue à 0,3 %.
La France a été moins impactée par la crise du fait de sa moindre exposition au commerce internationale, le poids plus élevé du secteur public et le maintien d’un haut niveau de consommation soutenu par l’importance des dépenses sociales.
La consommation des ménages a ainsi augmenté de 0,9 point au dernier trimestre après 0,1 point au 3ème trimestre. Ce résultat s’explique par la prime à la casse qui a soutenu en fin d’année e marché de l’automobile (+8 % au dernier trimestre).
Les vagues de froid ont eu un effet positif en augmentant les dépenses d’énergie (+0,7 % au dernier trimestre).
Le processus de déstockage s’est ralenti. Les variations de stock ont contribué à 1,4 point de contraction du PIB.
La production de biens et de services s’est accrue de 0,6% après +0,3% au troisième trimestre, en dépit d'une décélération de la production manufacturière (+1,7% après +2,0%). En moyenne sur l'année, la production totale a baissé de 3,1%, "soit le plus fort recul depuis soixante ans.
En revanche, l’investissement des entreprises n’a pas redémarré. La chute, en 2009, est historique, -7,7 %, sans précédent depuis 1945. La baisse dure depuis sept trimestres. Elle constitue un point noir pour l’économie française et sa compétitivité.
Une telle dégradation au niveau de la production et de l’investissement a eu malheureusement comme conséquence logique la destruction de plus de 410 000 postes.
Le commerce extérieur reste toujours un point noir de l’économie française. Le bon niveau de la consommation se traduit par une progression des importations, +3,3 % au quatrième trimestre contre 0,5 % pour les exportations. La France souffre bien d’un processus de désindustrialisation. La reprise est avant tout une reprise de la consommation et non de son outil productif.
Pour 2010, le scénario gris semble l’emporter, une croissance molle tournant autour de 1 point ne permettant pas une décrue du chômage. L’industrie automobile devrait connaître un ralentissement du fait de la fin progressive de la prime à la casse. L’espoir est une amélioration de la rentabilité de ce secteur qui a enregistré de fortes pertes en 2009, plus de 3 milliards d’euros pour Renault.
L’aéronautique risque de connaître un tassement de son activité avec des risques d’annulation de commandes du fait des pertes importantes des compagnies aériennes. L’A380 tarde a rencontré le succès commercial escompté même si encore aujourd’hui les contraintes de logistique pèsent plus que les évolutions de la demandes…
L’industrie pharmaceutique est une des rares à connaître une forte croissance comme quoi le grippe A a eu au moins un avantage…
La France qui est la première destination touristique avec plus de 72 millions d’étrangers ne peut espérer que le retour de la croissance mondiale permettra leur retour en masse sur le territoire national afin de palier aux défaillances de l’industrie.
ENTRE LARMES ET ESPOIRS
La France est sortie de la récession en fin 2009 avec un PIB en croissance de 0,6 % au dernier trimestre. La sortie s’est accélérée en fin d’année ; en effet le PIB n’avait augmenté que de 0,2 % au 3ème trimestre. Il n’en demeure pas moins que la France a connu sa plus sévère récession depuis la fin de la seconde guerre mondiale comme la quasi-totalité de ses partenaires économiques. Le PIB de la zone euro a reculé de 4 points ; le recul de la France figure parmi les quatre moins mauvais.
Au dernier trimestre, la France a obtenu de meilleurs résultats que l’Allemagne dont le PIB est resté étal ou l’Italie qui a enregistré un recul de son PIB de 0,1 point. Le résultat français est légèrement au-dessus des prévisions. En revanche, pour la zone euro, l’heure est à la déception avec une croissance réduite à 0,1 % quand elle était attendue à 0,3 %.
La France a été moins impactée par la crise du fait de sa moindre exposition au commerce internationale, le poids plus élevé du secteur public et le maintien d’un haut niveau de consommation soutenu par l’importance des dépenses sociales.
La consommation des ménages a ainsi augmenté de 0,9 point au dernier trimestre après 0,1 point au 3ème trimestre. Ce résultat s’explique par la prime à la casse qui a soutenu en fin d’année e marché de l’automobile (+8 % au dernier trimestre).
Les vagues de froid ont eu un effet positif en augmentant les dépenses d’énergie (+0,7 % au dernier trimestre).
Le processus de déstockage s’est ralenti. Les variations de stock ont contribué à 1,4 point de contraction du PIB.
La production de biens et de services s’est accrue de 0,6% après +0,3% au troisième trimestre, en dépit d'une décélération de la production manufacturière (+1,7% après +2,0%). En moyenne sur l'année, la production totale a baissé de 3,1%, "soit le plus fort recul depuis soixante ans.
En revanche, l’investissement des entreprises n’a pas redémarré. La chute, en 2009, est historique, -7,7 %, sans précédent depuis 1945. La baisse dure depuis sept trimestres. Elle constitue un point noir pour l’économie française et sa compétitivité.
Une telle dégradation au niveau de la production et de l’investissement a eu malheureusement comme conséquence logique la destruction de plus de 410 000 postes.
Le commerce extérieur reste toujours un point noir de l’économie française. Le bon niveau de la consommation se traduit par une progression des importations, +3,3 % au quatrième trimestre contre 0,5 % pour les exportations. La France souffre bien d’un processus de désindustrialisation. La reprise est avant tout une reprise de la consommation et non de son outil productif.
Pour 2010, le scénario gris semble l’emporter, une croissance molle tournant autour de 1 point ne permettant pas une décrue du chômage. L’industrie automobile devrait connaître un ralentissement du fait de la fin progressive de la prime à la casse. L’espoir est une amélioration de la rentabilité de ce secteur qui a enregistré de fortes pertes en 2009, plus de 3 milliards d’euros pour Renault.
L’aéronautique risque de connaître un tassement de son activité avec des risques d’annulation de commandes du fait des pertes importantes des compagnies aériennes. L’A380 tarde a rencontré le succès commercial escompté même si encore aujourd’hui les contraintes de logistique pèsent plus que les évolutions de la demandes…
L’industrie pharmaceutique est une des rares à connaître une forte croissance comme quoi le grippe A a eu au moins un avantage…
La France qui est la première destination touristique avec plus de 72 millions d’étrangers ne peut espérer que le retour de la croissance mondiale permettra leur retour en masse sur le territoire national afin de palier aux défaillances de l’industrie.
vendredi 12 février 2010
L’Européen, jamais « euro »
L’Européen, jamais « euro »
Depuis 2008, les membres de la zone euro se plaignaient de l’appréciation de la monnaie européenne en soulignant qu’elle générait une importante perte de compétitivité sur les marchés mondiaux.
Certes, ils oubliaient que cette appréciation diminuait le coût des importations, pesait favorablement sur les prix et qu’enfin, surtout en France, la majorité des exportations sont réalisées en euros. Par ailleurs, cette appréciation n’a pas empêché l’Allemagne de dégager durant d’importants excédents commerciaux. Enfin, de nombreuses études les prouvent, il n’est pas prouvé que les mouvements de change aient une influence sur longue période sur l’économie réelle.
Aujourd’hui, la dépréciation, toute relative de l’euro qui est revenu de 1,5 à 1,36 dollar ouvre le débat inverse. La monnaie unique serait fragile, ne protégerait pas les Etats membres des turbulences de l’économie mondiale. La baisse de l’euro pèserait sur les balances commerciales en renchérissant le prix des produits importés.
« Jamais contents » tel est le slogan des Européens. L’euro est depuis sa création un bouc émissaire facile car il est géré à l’extérieur des Etats membres. Si tout va mal, c’est à cause de la Banque centrale européenne et du très méchant dollar.
La crise que traverse la monnaie unique est liée à la progression exponentielle, non contrôlée et peu transparente des déficits publics de plusieurs Etats membres.
Le poids de la dette grecque, voire celle du Portugal, de l’Espagne ou de l’Irlande représentent moins de 10 % du total de la dette de la zone euro mais la méfiance s’est installée du fait que ces Etats et tout particulièrement la Grèce avaient tendance à sous-évaluer le montant réel des déficits. Par ailleurs, les Etats européens s’endettent pour faire face à l’envolée des dépenses courantes et non pour préparer l’avenir. Il y a en outre une incapacité dans certains pays, après une crise, d’assainir les comptes publics et de réduire les dépenses.
Du fait du vieillissement de la population qui est plus rapide sur le vieux continent que sur tous les autres, les dépenses publiques auront tendance à croitre rapidement. De ce fait, avec des niveaux d’endettement supérieur à 80 % du PIB, les marges de manœuvre ont disparu. Les investisseurs ont voulu rappeler que les Etats européens n’étaient pas à l’abri de problèmes de remboursement d’autant plus que le niveau des prélèvements est élevé, plus de 10 points supérieur à celui des Etats-Unis et que la population est réfractaire à toute remise en cause des avantages sociaux accordés dans le passé. Le maintien d’un chômage élevé pèse tout à la fois sur les rentrées d’impôt et sur les charges.
La faiblesse relative de l’euro est également imputable à la croissance potentielle faible des Etats de la zone qui est plus faible que celle des Etats-Unis.
Le dollar demeure La Monnaie de réserve par excellence. Les Etats-Unis concilient sécurité et rendement. Le dollar peut également se reposer sur son passé que n’a pas l’euro qui est une monnaie récente confrontée à sa première grande crise. Néanmoins, il faut se rappeler que lors de sa création, l’euro avait plongé à 0,86 par rapport à un dollar.
Une monnaie a besoin de temps pour devenir une référence, un étalon. Cette crise sera salutaire si elle permet de prendre conscience que la fuite dans l’endettement structurel mène à l’appauvrissement et que la solidarité entre pays est obligatoire pour éviter la multiplication des tensions à l’intérieur comme à l’extérieur.
Depuis 2008, les membres de la zone euro se plaignaient de l’appréciation de la monnaie européenne en soulignant qu’elle générait une importante perte de compétitivité sur les marchés mondiaux.
Certes, ils oubliaient que cette appréciation diminuait le coût des importations, pesait favorablement sur les prix et qu’enfin, surtout en France, la majorité des exportations sont réalisées en euros. Par ailleurs, cette appréciation n’a pas empêché l’Allemagne de dégager durant d’importants excédents commerciaux. Enfin, de nombreuses études les prouvent, il n’est pas prouvé que les mouvements de change aient une influence sur longue période sur l’économie réelle.
Aujourd’hui, la dépréciation, toute relative de l’euro qui est revenu de 1,5 à 1,36 dollar ouvre le débat inverse. La monnaie unique serait fragile, ne protégerait pas les Etats membres des turbulences de l’économie mondiale. La baisse de l’euro pèserait sur les balances commerciales en renchérissant le prix des produits importés.
« Jamais contents » tel est le slogan des Européens. L’euro est depuis sa création un bouc émissaire facile car il est géré à l’extérieur des Etats membres. Si tout va mal, c’est à cause de la Banque centrale européenne et du très méchant dollar.
La crise que traverse la monnaie unique est liée à la progression exponentielle, non contrôlée et peu transparente des déficits publics de plusieurs Etats membres.
Le poids de la dette grecque, voire celle du Portugal, de l’Espagne ou de l’Irlande représentent moins de 10 % du total de la dette de la zone euro mais la méfiance s’est installée du fait que ces Etats et tout particulièrement la Grèce avaient tendance à sous-évaluer le montant réel des déficits. Par ailleurs, les Etats européens s’endettent pour faire face à l’envolée des dépenses courantes et non pour préparer l’avenir. Il y a en outre une incapacité dans certains pays, après une crise, d’assainir les comptes publics et de réduire les dépenses.
Du fait du vieillissement de la population qui est plus rapide sur le vieux continent que sur tous les autres, les dépenses publiques auront tendance à croitre rapidement. De ce fait, avec des niveaux d’endettement supérieur à 80 % du PIB, les marges de manœuvre ont disparu. Les investisseurs ont voulu rappeler que les Etats européens n’étaient pas à l’abri de problèmes de remboursement d’autant plus que le niveau des prélèvements est élevé, plus de 10 points supérieur à celui des Etats-Unis et que la population est réfractaire à toute remise en cause des avantages sociaux accordés dans le passé. Le maintien d’un chômage élevé pèse tout à la fois sur les rentrées d’impôt et sur les charges.
La faiblesse relative de l’euro est également imputable à la croissance potentielle faible des Etats de la zone qui est plus faible que celle des Etats-Unis.
Le dollar demeure La Monnaie de réserve par excellence. Les Etats-Unis concilient sécurité et rendement. Le dollar peut également se reposer sur son passé que n’a pas l’euro qui est une monnaie récente confrontée à sa première grande crise. Néanmoins, il faut se rappeler que lors de sa création, l’euro avait plongé à 0,86 par rapport à un dollar.
Une monnaie a besoin de temps pour devenir une référence, un étalon. Cette crise sera salutaire si elle permet de prendre conscience que la fuite dans l’endettement structurel mène à l’appauvrissement et que la solidarité entre pays est obligatoire pour éviter la multiplication des tensions à l’intérieur comme à l’extérieur.
mercredi 3 février 2010
Lettre N°43 du Cercle des Epargnants
Au sommaire de la lettre du mois de février :
- l’édito : "Vous avez dit rendez-vous ?"
- pourquoi les taux des fonds euros baissent ?
- Premier bilan des plans senior
- les résultats démographiques 2009
- ...
Retrouvez toute l'actualité de l'épargne et de la retraite dans la lettre du Cercle du mis de février
mardi 2 février 2010
la lettre "Agir Pour Ma Retraite : N°1
Face à l’allongement de la durée de vie, plus 10 ans en 50 ans, nous sommes tous conscients, même si nous le regrettons, que les régimes de retraite devront faire l’objet d’ajustements et de réformes dans
les prochaines années. Le droit à la retraite, affirmé dans le préambule de la Constitution représente pour les Français un acquis social de première importance. Dans un pays sensible à la lutte des classes, il
est perçu comme une juste compensation. Dans les trente prochaines années, les gains en espérance de vie, la stagnation de la population active du fait d’un plus faible taux de fécondité depuis 1965 auront des incidences économiques et financières dont les Français ont conscience.
Quand la retraite représente le quart de la vie d’un homme ou d’une
femme, il devient de plus en plus crucial de s’en préoccuper. « Agir Pour Ma Retraite » entend tout à la fois répondre à des questions pratiques sur la préparation de la retraite et faire le point sur les réformes en cours. Cette lettre analysera les propositions du Gouvernement et des partenaires sociaux.
Lire la lettre N°1 d'Agir Pour Ma Retraite
les prochaines années. Le droit à la retraite, affirmé dans le préambule de la Constitution représente pour les Français un acquis social de première importance. Dans un pays sensible à la lutte des classes, il
est perçu comme une juste compensation. Dans les trente prochaines années, les gains en espérance de vie, la stagnation de la population active du fait d’un plus faible taux de fécondité depuis 1965 auront des incidences économiques et financières dont les Français ont conscience.
Quand la retraite représente le quart de la vie d’un homme ou d’une
femme, il devient de plus en plus crucial de s’en préoccuper. « Agir Pour Ma Retraite » entend tout à la fois répondre à des questions pratiques sur la préparation de la retraite et faire le point sur les réformes en cours. Cette lettre analysera les propositions du Gouvernement et des partenaires sociaux.
Lire la lettre N°1 d'Agir Pour Ma Retraite
vendredi 29 janvier 2010
La retraite reportée à 67 ans : "Vérité en deça des Pyrénées, fausseté en delà" (Montaigne)
Quand la France s'interroge sur l'éventuelle possibilité de repousser l'âge de départ à la retraite à 62 ans, nos voisins travaillent sur le report au-delà de 65 ans qui est déjà la norme moyenne au-delà de nos frontières.
Ainsi, l'Espagne dotée d'un gouvernement socialiste devrait adopter un projet repoussant l'âge de la retraite à 67 ans.
Lire l'article sur le site de l'Express
lire l'article des Echos
Ainsi, l'Espagne dotée d'un gouvernement socialiste devrait adopter un projet repoussant l'âge de la retraite à 67 ans.
Lire l'article sur le site de l'Express
lire l'article des Echos
jeudi 28 janvier 2010
Statu Quo pour les régimes de retraite
Le Conseil d'Orientation des Retraites a remis au Parlement son rapport sur les possibilités de réformer le système de retraite. Sans surprise et dans la droite ligne des propos présidentiels, le COR n'incite pas les pouvoirs publics à se lancer dans une réforme systémique. Même si le rapport souligne la caractère complexe du système actuel, il mentionne la difficulté d'un processus de basculement dans un nouveau régime. par ailleurs, une réforme structurelle ne changerait pas la donne financière. Le COR a étudié trois types de régime, le régime à annuités (le régime actuel), le régime par points (qui est retenu par les complémentaires) et le régime en comptes notionnels (qui est en vigueur en Suède et en partie en Italie). Le COR a refusé toute préconisation mais la CFDT s'est déclarée ouverte sur les comptes notionnels. Si un mode de calcul ne fait pas un équilibre financier, en revanche il peut ou non simplifier son obtention. Le système actuel est lourd à gérer. Il n'est possible de jouer que sur le nombre de trimestres et sur le nombre d'années retenues pour le calcul de la pension. Un système par points ou en comptes notionnels (ce dernier permettant de prendre en compte l'espérance de vie par génération pour le calcul des droits) offre plus de souplesse.
Il faudra attendre la présidentielle.... pour certainement se pencher le futur de l'assurance vieillesse en France.
Lire l'article du Monde
le rapport du COR
Il faudra attendre la présidentielle.... pour certainement se pencher le futur de l'assurance vieillesse en France.
Lire l'article du Monde
le rapport du COR
lundi 25 janvier 2010
Rapport du Conseil d'Orientation des Retraites, laisser le temps au temps
Le 27 janvier prochain, le COR adoptera son septième rapport sur les retraites, rapport qui abordera la question du transfert du régime général en régime par points et en comptes notionnels. Le suspens n'est pas de rigueur. Le COR, à travers plusieurs documents de travail et quelques indiscrétions à laisser entendre que la révolution systémique n'est pas à l'ordre du jour. A deux ans de l'élection présidentielle, il apparaît difficile de remettre à plat l'ensemble du système de retraite français. Le COR souligne à juste titre que le changement de système ne modifiait pas les coûts. Néanmoins, le passage à un régime par points pouvait amener de la transparence et faciliter les ajustements à opérer compte tenu du défi que nous impose le vieillissement de la population. Il faut, sans nul doute, laisser le temps au temps afin que les esprits prennent conscience des avantages et des inconvénients du statu quo, surtout en France.
mercredi 20 janvier 2010
64,7 millions de Français et moi, et moi et moi
64,7 millions de Français, "Et moi, et moi, et moi, Avec ma vie, mon petit chez-moi, Mon mal de tête, mon point au foie, j'y pense et puis j'oublie
C'est la vie, c'est la vie". petit hommage à Jacques Dutronc qui a entamé une nouvelle tournée à 66 ans prouvant ainsi que les seniors avaient de la ressource...
L'INSEE vient de publier les résultats du dernier recensement démographique. En 2009, la population française s'est élevée à 64,7 millions de personnes en progression de 346 000 par rapport à 2008. La France demeure le deuxième pays le plus peuplé de l'Union européenne derrière l'Allemagne qui compte 81,7 millions d'habitants. Le Royaume-Uni compte 62 millions d'habitants. L'Union européenne à 27 possède 500 millions d'habitants et les Etats-Unis 308 millions.
L'espérance de vie continue d'augmenter ce qui alimente le débat sur le recul de l'âge de départ à la retraite. Ainsi, une fille née en 2009 dispose d'une espérance de vie de 84,5 ans en progression de deux mois par rapport à 2008. Pour les hommes, l'espérance de vie est de 77,8 ans. Les gains se réalisent désormais dans la tranche d'âge 70/79 ans. En 1981, l'espérance de vie pour les femmes et les hommes étaient respectivement de 78,5 et 70 ans. En moins de trente ans, le gain est de 6 ans pour les femmes et de près de 8 ans pour les hommes.
A 60 ans, l'espérance de vie d'un homme est de 22,2 ans et pour une femme de 27 ans.
De ce fait, le vieillissement de la population française se poursuit. La part des plus de 60 ans atteint 23 %.
Le solde naturel a été de 275 000 contre 286 000 en 2008. La France est responsable de la moitié du solde naturel européen. Le taux de fécondité est de 1,99. Seule l'Irlande fait mieux. L'âge d'arrivée du premier enfant continue de reculer. Il est désormais de 30 ans. 821 000 naissances ont été enregistrées en 2009 en recul de 7500 par rapport à 2008. Ce recul s'explique par le fait que 2008 était une année bissextile et que les Femmes retardent de plus l'arrivée du premier enfant.
Le solde migratoire s'élève à 71 000 très en dessous du niveau de nos principaux voisins.
Le PACS continue à rencontrer un important succès, plus de 700 000 depuis sa création. En 2009, la progression a été de 20 % , après 40 % en 2008. 175 000 PACS ont été enregistrés contre 256 000 mariages. 95 % des PACS concernent des personnes hétérosexuelles.
retrouver les résultats de l'INSEE
C'est la vie, c'est la vie". petit hommage à Jacques Dutronc qui a entamé une nouvelle tournée à 66 ans prouvant ainsi que les seniors avaient de la ressource...
L'INSEE vient de publier les résultats du dernier recensement démographique. En 2009, la population française s'est élevée à 64,7 millions de personnes en progression de 346 000 par rapport à 2008. La France demeure le deuxième pays le plus peuplé de l'Union européenne derrière l'Allemagne qui compte 81,7 millions d'habitants. Le Royaume-Uni compte 62 millions d'habitants. L'Union européenne à 27 possède 500 millions d'habitants et les Etats-Unis 308 millions.
L'espérance de vie continue d'augmenter ce qui alimente le débat sur le recul de l'âge de départ à la retraite. Ainsi, une fille née en 2009 dispose d'une espérance de vie de 84,5 ans en progression de deux mois par rapport à 2008. Pour les hommes, l'espérance de vie est de 77,8 ans. Les gains se réalisent désormais dans la tranche d'âge 70/79 ans. En 1981, l'espérance de vie pour les femmes et les hommes étaient respectivement de 78,5 et 70 ans. En moins de trente ans, le gain est de 6 ans pour les femmes et de près de 8 ans pour les hommes.
A 60 ans, l'espérance de vie d'un homme est de 22,2 ans et pour une femme de 27 ans.
De ce fait, le vieillissement de la population française se poursuit. La part des plus de 60 ans atteint 23 %.
Le solde naturel a été de 275 000 contre 286 000 en 2008. La France est responsable de la moitié du solde naturel européen. Le taux de fécondité est de 1,99. Seule l'Irlande fait mieux. L'âge d'arrivée du premier enfant continue de reculer. Il est désormais de 30 ans. 821 000 naissances ont été enregistrées en 2009 en recul de 7500 par rapport à 2008. Ce recul s'explique par le fait que 2008 était une année bissextile et que les Femmes retardent de plus l'arrivée du premier enfant.
Le solde migratoire s'élève à 71 000 très en dessous du niveau de nos principaux voisins.
Le PACS continue à rencontrer un important succès, plus de 700 000 depuis sa création. En 2009, la progression a été de 20 % , après 40 % en 2008. 175 000 PACS ont été enregistrés contre 256 000 mariages. 95 % des PACS concernent des personnes hétérosexuelles.
retrouver les résultats de l'INSEE
vendredi 15 janvier 2010
Renault n'a pas vocation à imiter la sidérurgie française des années 80
Le psychodrame autour de la construction des futurs Clios en Turquie sent bon la démagogie électorale et repose sur d'insupportable relents nationalistes.
Si la France possède encore une industrie automobile, c'est en grande partie du fait que, dans les années 80, les deux grands groupes, Renault et Peugeot, ont opté pour un développement international, européen essentiellement. Renault a par ailleurs choisi de nouer une alliance avec Nissan au moment où de dernier était en proie à de graves difficultés permettant à la firme française de devenir un groupe mondial.
Depuis de nombreuses années, Renault fabrique ses petits modèles à l'étranger, en Espagne, en Slovaquie, en Turquie et en Roumanie pour Dacia. Les usines françaises sont chargées du montage des véhicules de gamme moyenne et de haut de gamme.
Cette répartition est logique et s'inscrit dans le processus du développement économique.
Certes, il est regrettable que Renault et également PSA n'aient pas développé de marques premium sur le modèle de Audi pour occuper le créneau du haut de gamme mais cela est du passé. Aujourd'hui, le défi de l'automobile est de construire des véhicules propres utilisant de nouvelles sources d'énergie. Compte tenu des coûts de fabrication, l'avenir de la production nationale se trouve dans la construction de voitures intégrant un important volet électrique.
Les pouvoirs publics ne devraient pas s'offusquer de la construction des Clios en Turquiie mais appuyer la construction des véhicules électriques dans l'usine de Flins, une des usines phares du groupe depuis la fermeture de Boulogne Boulogne-Billancourt.
En jouant les matamores, le Gouvernement répète les mêmes erreurs que celles commises avec la sidérurgie et avec les mines dans les années quatre-vingt. Lancer des grandes aciéries non spécialisées sur les créneaux à foret valeur ajoutée ou pire rouvrir des mines comme en 1981 constituaient un non sens économique. De plus, le coût financier, budgétaire avait été très élevé. L'argent ainsi gaspillé aurait été plus utile pour assurer la formation des salariés et pour la recherche.
La crise économique ravive les réflexes nationalistes et malthusiens. Espérons que les propos sur Renault ne demeurent que des slogans de campagne...
Si la France possède encore une industrie automobile, c'est en grande partie du fait que, dans les années 80, les deux grands groupes, Renault et Peugeot, ont opté pour un développement international, européen essentiellement. Renault a par ailleurs choisi de nouer une alliance avec Nissan au moment où de dernier était en proie à de graves difficultés permettant à la firme française de devenir un groupe mondial.
Depuis de nombreuses années, Renault fabrique ses petits modèles à l'étranger, en Espagne, en Slovaquie, en Turquie et en Roumanie pour Dacia. Les usines françaises sont chargées du montage des véhicules de gamme moyenne et de haut de gamme.
Cette répartition est logique et s'inscrit dans le processus du développement économique.
Certes, il est regrettable que Renault et également PSA n'aient pas développé de marques premium sur le modèle de Audi pour occuper le créneau du haut de gamme mais cela est du passé. Aujourd'hui, le défi de l'automobile est de construire des véhicules propres utilisant de nouvelles sources d'énergie. Compte tenu des coûts de fabrication, l'avenir de la production nationale se trouve dans la construction de voitures intégrant un important volet électrique.
Les pouvoirs publics ne devraient pas s'offusquer de la construction des Clios en Turquiie mais appuyer la construction des véhicules électriques dans l'usine de Flins, une des usines phares du groupe depuis la fermeture de Boulogne Boulogne-Billancourt.
En jouant les matamores, le Gouvernement répète les mêmes erreurs que celles commises avec la sidérurgie et avec les mines dans les années quatre-vingt. Lancer des grandes aciéries non spécialisées sur les créneaux à foret valeur ajoutée ou pire rouvrir des mines comme en 1981 constituaient un non sens économique. De plus, le coût financier, budgétaire avait été très élevé. L'argent ainsi gaspillé aurait été plus utile pour assurer la formation des salariés et pour la recherche.
La crise économique ravive les réflexes nationalistes et malthusiens. Espérons que les propos sur Renault ne demeurent que des slogans de campagne...
lundi 11 janvier 2010
Retraite : méfiance et pessimisme. Bon courage au Gouvernement
L'enquête de l'IFOP publiée par le JDD du 10 janvier 2010 souligne la difficulté de faire passer en France le principe d'une réforme sur les retraites.
Ainsi 40 % des Français considèrent que jusqu'à maintenant il n'y pas eu de réforme. Pourtant depuis 1993, notre système de retraite a été profondément changé. Les conditions d'obtention de la retraite de base ont été revues, le régime des fonctionnaires a été aligné sur celui des salariés et les régimes spéciaux ont été (en partie) banalisés. Un processus de rapprochement des caisses tant au niveau du régime de base qu'au niveau des régimes complémentaires a été entrepris.
Pourquoi alors 40 % des Français jugent que rien n'a été fait ? La répétition des rendez-vous et l'apparition de déficits sembleraient prouver que les réformes n'ont pas été à la hauteur. Or, tous les pays ont conduit la réforme de leur système de retraite par étapes. L'Italie, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas ont réalisé leurs réformes en plusieurs fois et n'ont pas terminé d'ajuster leur système aux réalités démographiques et financières.
40 % des Français pensent que les réformes sont allées dans le mauvais sens pour seulement 20 % qu'elles allaient dans le bon sens. Tout le monde ou presque souhaite gagner plus tout en travaillant moins. Les Français refusent d'admettre que l'espérance de vie a doublé à 60 ans en 50 ans. Bien évidemment que l'allongement de la durée de cotisation ne peut pas être une mesure populaire. Il en est de même pour les règles d'indexation. Par ailleurs, les Français sont fâchés avec l'économie et les chiffres. Ils ont du mal à admettre que la part consacrée aux retraites en France figure parmi les plus élevées de l'OCDE et que le niveau de vie des retraités est supérieur à celui des actifs. Il est difficile à admettre que moins d'actifs et plus de retraites signifie une remise en cause des règles. Le travail de pédagogie est encore à réaliser.
Ce sont les plus jeunes et les ruraux qui sont les plus opposés à l'évolution du système. Les CSP+ sont les fortement convaincus qu'il n'y a pas vraiment eu de réformes. La méfiance des jeunes provient de la répétition du message comme quoi ils n'auront pas de retraite à la fin de leur vie. Les cadres supérieurs qui seront les principaux concernés par la chute du taux de remplacement considèrent que les gouvernements hésitent à prendre des mesures impopulaires en particulier contre les fonctionnaires.
76 % des Français ne sont pas confiants concernant la garantie de toucher plus tard une retraite satisfaisante par rapport à leurs revenus. ce taux était de 61 % en octobre 2008. Les confiants sont passés sur la même période de 38 à 24 %. Les tout à fait confiants ne sont plus que 4 % contre 8 % précédemment ; les pas du tout confiants sont 46 % contre 33 % en octobre 2008. Cette grande inquiétude symbolise l'anxiété propre à la société française et qui dépasse de loin le débat sur les retraites. Le niveau de redistribution publique en faveur des retraités est très élevée en France (85 % des revenus des retraités provient de la retraite par répartition). L'idée que ce système soit remis en cause est une crainte partagée par le plus grand nombre et tout particulièrement par les jeunes. L'idée d'une insuffisance de revenus au moment de la retraite n'est pas sans conséquence sur la volonté d'épargner durant la période d'activité. Plus d'un Français sur deux affirment épargner pour sa retraite.
Cette méfiance face à la retraite future est très forte pour les cadres supérieurs (89 %). Elle peut se comprendre car d'ici 2050 leur taux de remplacement devrait chuter de 20 points. Plus les Français sont diplômés, plus la méfiance s'accroit (68 % pour les non diplômés contre 79 % pour les bac+2 et 76 % pour les BAC+3 et supérieurs).
Ainsi 40 % des Français considèrent que jusqu'à maintenant il n'y pas eu de réforme. Pourtant depuis 1993, notre système de retraite a été profondément changé. Les conditions d'obtention de la retraite de base ont été revues, le régime des fonctionnaires a été aligné sur celui des salariés et les régimes spéciaux ont été (en partie) banalisés. Un processus de rapprochement des caisses tant au niveau du régime de base qu'au niveau des régimes complémentaires a été entrepris.
Pourquoi alors 40 % des Français jugent que rien n'a été fait ? La répétition des rendez-vous et l'apparition de déficits sembleraient prouver que les réformes n'ont pas été à la hauteur. Or, tous les pays ont conduit la réforme de leur système de retraite par étapes. L'Italie, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas ont réalisé leurs réformes en plusieurs fois et n'ont pas terminé d'ajuster leur système aux réalités démographiques et financières.
40 % des Français pensent que les réformes sont allées dans le mauvais sens pour seulement 20 % qu'elles allaient dans le bon sens. Tout le monde ou presque souhaite gagner plus tout en travaillant moins. Les Français refusent d'admettre que l'espérance de vie a doublé à 60 ans en 50 ans. Bien évidemment que l'allongement de la durée de cotisation ne peut pas être une mesure populaire. Il en est de même pour les règles d'indexation. Par ailleurs, les Français sont fâchés avec l'économie et les chiffres. Ils ont du mal à admettre que la part consacrée aux retraites en France figure parmi les plus élevées de l'OCDE et que le niveau de vie des retraités est supérieur à celui des actifs. Il est difficile à admettre que moins d'actifs et plus de retraites signifie une remise en cause des règles. Le travail de pédagogie est encore à réaliser.
Ce sont les plus jeunes et les ruraux qui sont les plus opposés à l'évolution du système. Les CSP+ sont les fortement convaincus qu'il n'y a pas vraiment eu de réformes. La méfiance des jeunes provient de la répétition du message comme quoi ils n'auront pas de retraite à la fin de leur vie. Les cadres supérieurs qui seront les principaux concernés par la chute du taux de remplacement considèrent que les gouvernements hésitent à prendre des mesures impopulaires en particulier contre les fonctionnaires.
76 % des Français ne sont pas confiants concernant la garantie de toucher plus tard une retraite satisfaisante par rapport à leurs revenus. ce taux était de 61 % en octobre 2008. Les confiants sont passés sur la même période de 38 à 24 %. Les tout à fait confiants ne sont plus que 4 % contre 8 % précédemment ; les pas du tout confiants sont 46 % contre 33 % en octobre 2008. Cette grande inquiétude symbolise l'anxiété propre à la société française et qui dépasse de loin le débat sur les retraites. Le niveau de redistribution publique en faveur des retraités est très élevée en France (85 % des revenus des retraités provient de la retraite par répartition). L'idée que ce système soit remis en cause est une crainte partagée par le plus grand nombre et tout particulièrement par les jeunes. L'idée d'une insuffisance de revenus au moment de la retraite n'est pas sans conséquence sur la volonté d'épargner durant la période d'activité. Plus d'un Français sur deux affirment épargner pour sa retraite.
Cette méfiance face à la retraite future est très forte pour les cadres supérieurs (89 %). Elle peut se comprendre car d'ici 2050 leur taux de remplacement devrait chuter de 20 points. Plus les Français sont diplômés, plus la méfiance s'accroit (68 % pour les non diplômés contre 79 % pour les bac+2 et 76 % pour les BAC+3 et supérieurs).
mercredi 6 janvier 2010
La lettre n°42 du Cercle des Epargnants
Au sommaire de la lettre n°42 du Cercle des Epargnants :
- la réforme des retraites 2010, réforme systémique ou paramétrique ?
- les coûts économiques du vieillissement
- les dépenses de retraite et la redistribution sociale
- l'épargne et la crise font bon ménage
lire la lettre N°42

- la réforme des retraites 2010, réforme systémique ou paramétrique ?
- les coûts économiques du vieillissement
- les dépenses de retraite et la redistribution sociale
- l'épargne et la crise font bon ménage
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