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jeudi 22 janvier 2015

La BCE engage la guerre contre la déflation



Mario Draghi était attendu et il a répondu présent. Après la prise de position de la Cour de Justice de l’Union Européenne légitimant les programmes d’achat d’actifs, après la déconnexion du franc suisse de l’euro, la BCE avait les mains libres pour lancer son quantitative easing.

Après des mois de tergiversations, c’est une révolution. Le programme est conséquent avec des achats à hauteur de  «60 milliards d’euros jusqu’à fin septembre 2016 et (...), quoi qu’il en soit, jusqu’à ce que nous constations un ajustement durable de la trajectoire d’inflation conforme à notre objectif d’atteindre des taux d’inflation inférieurs mais proches de 2% à moyen terme», a indiqué Mario Draghi. Le plan débutera au mois de mars et l’une enveloppe globale pourra atteindre 1.140 milliards d’euros.

20% du risque sera supporté par la BCE elle-même, les 80% restant étant partagés par les banques centrales des pays de la zone euro, limitant ainsi le degré de solidarité entre contribuables européens lors des futurs achats. Ces 80 % seront réalisés sur la base de la participation des banques centrales nationales au capital de la BCE. C’est une concession aux Allemands.

Le programme englobera les programmes déjà annoncés, le programme d’achat de titres adossés à des actifs (asset-backed securities purchase programme, ABSPP) et le programme d’achat d’obligations sécurisées (CBPP3). Le montant de 60 milliards d’euros annoncé par la BCE fait référence aux trois programmes. Les achats seront réalisés  moins jusqu’en septembre 2016 et en tout cas jusqu’à ce que le Conseil des gouverneurs observe un ajustement durable de l’évolution de l’inflation conforme à son objectif de taux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme.

Il ne s’agit pas d’achat sur le marché primaire. En effet, la BCE achètera contre de la monnaie de banque centrale, sur le marché secondaire, des obligations émises par les administrations centrales, les agences et les institutions européennes de la zone euro. Les institutions vendant ces titres pourront l’utiliser pour acquérir d’autres actifs.

Mario Draghi a souligné que l’Europe ne pouvait pas compter que sur la seule politique monétaire pour s’en sortir.   »Il faut que les gouvernements et la Commission européenne agissent ». « La politique monétaire peut créer les bases pour la croissance, mais pour que la croissance s’affermisse il faut de l’investissement »,

Cette injection de liquidités a pour objectifs économiques de favoriser le retour du taux d’inflation autour de 2 % à moyen terme et à accélérer le retour de la croissance. Elle devrait permettre le maintien des taux à des niveaux historiquement bas avec un meilleur étalonnage des taux.


jeudi 5 juin 2014

La BCE baisse ses principaux taux

La Banque Centrale Européenne ose un peu, beaucoup


Avec un taux de croissance réduit à 0,2 % au premier trimestre et avec une inflation qui demeure très en-deçà de l’objectif des 2 %, le taux d’inflation n’était que de 0,5 % au mois de mai, la Banque Centrale Européenne après de longs mois d’atermoiements a décidé de modifier sa grille de taux.

Elle a ainsi abaissé de 10 points de base, à 0,15 % le taux de refinancement ; le taux d’intérêt de la facilité de prêt marginal étant réduit de 35 points de base, à 0,40 %. Cette baisse devrait peser sur le coût du crédit. Elle devrait profiter en premier lieu aux Etats de la zone euro qui sont toujours confronté à dettes publiques importantes. A défaut de croissance et à défaut d’inflation, il faut à tout prix limiter le coût de son remboursement pour les Etats. La BCE met en œuvre une politique de répression financière qui consiste à faire payer les épargnants à travers une faible rémunération de leur argent. Par ailleurs cette mesure devrait peser sur les taux d’intérêt pratiqués par les banques et de ce fait conduire à une reprise du crédit.

Pour favoriser cette reprise du crédit, la BCE a décidé de placer en territoire négatif le taux d’intérêt de la facilité de dépôt qui est abaissé de 10 points de base et qui passe  à -0,10 %.

Cette mesure rarissime vise à inciter les banques à réduire leurs dépôts auprès de la Banque centrale et les conduire à prêter davantage.

Aujourd’hui, les banques conservent d’important volant de trésorerie à la Banque centrale par souci de sécurité afin de respecter les ratios prudentiels et par faiblesse de la demande de crédits de la part de leurs clients.

Désormais, les dépôts à la BCE seront payants. Cela peut conduire les banques soit à rapatrier dans leurs comptes les sommes en jeu, soit de faire payer à leurs clients le surcoût imposé à leur liquidité. Ce transfert sur le client a été constaté dans le passé en particulier au Danemark.

Sans franchir le cap des injections directes, la BCE a décidé de mener une série de mesures ciblées à plus long terme avec des opérations de refinancement visant à soutenir le crédit aux ménages et sociétés non financière.

Par ailleurs, la BCE pourrait annoncer d’autres mesures plus directes visant à intervenir contre la fragmentation des marchés financiers de la zone euro, à travers l’acquisition de titres.

Mario Draghi n’a fermé aucune porte pour l’avenir afin de pouvoir peser sur l’euro. Mais il a souligné qu’il fallait dans un premier temps évalué l'impact des mesures prises

Il n’est pas certain que les outils classiques permettent de ranimer l’économie européenne qui est confrontée à une véritable chape de plomb constituée par la dette publique. Les Etats sont contraints d’assainir leurs finances ce qui prend du temps. Par définition, ces politiques sont à court terme récessives. La faiblesse de l’investissement est liée à l’absence de perspectives positives à moyen terme. Dans un climat déflationniste, l’investissement est évidemment rejeté. De même, le refus du risque de la part d’un grand nombre d’acteurs avec en premier lieu les banques ne concourt pas à la reprise de l’activité. Le vieillissement de la population est un facteur à prendre en compte. En effet, des peuples âgés privilégient l’épargne avec garantie du capital au détriment du rendement, le désendettement aux crédits, la sécurité à l’innovation.


Malgré la baisse des taux de la part de la BCE, les taux d’intérêt pratiqués par les banques commerciales au regard de l’inflation et du taux de croissance demeurent élevés. En effet, les taux pratiqués tournent autour de 3 % avec une inflation à 0,5 ce qui conduit à des taux d’intérêt réels de 2,5 % soit plus de deux fois le taux de croissance. Or, en période de crise, il faudrait que le taux d’intérêt réel soit voisin voire inférieur au taux de croissance pour inciter les acteurs économiques à risquer leur agent…

dimanche 1 juin 2014

La lettre économique hebdomadaire N°77


Le coin des épargnants

Le CAC 40 a réussi à se maintenir au-dessus des 4500 points à 4519 en progression de 0,59 %. Malgré les déboires de BNP Paribas aux Etats-Unis qui ont entraîné un fort recul du titre, la bourse de Paris a progressé sur la semaine. Cette progression est d’autant plus remarquée que le contexte n’était pas porteur avec les résultats de l’économie française et ceux des élections européennes. Dans les faits, la bourse a été portée par le retour des opérations de fusion acquisition et par l’espoir que la Banque Centrale Européenne s’engage dans une politique plus volontariste cette semaine.
  
En attendant la BCE

La semaine économique sera marquée par la réunion de la BCE. Après des mois de préparation psychologique, Mario Draghi devrait, ce 5 juin, enfin annoncer quelques mesures de soutien à l’économie de la zone euro et de lutte contre les dérives déflationnistes en cours parmi certains Etats membres.

La BCE devrait réajuster ses prévisions de croissance en admettant que l’objectif de 1 % sur l’année 2014 pourrait ne pas être atteint. Le taux d’inflation devrait être plus proche de 0,8 %. La BCE pourrait légèrement modifier la projection de 2015 en abaissant le taux à  1,2 contre 1,3 %.

Il se pourrait que le taux de refinancement passe de 0,25 à 0,15 %. Par ailleurs, il est possible que la facilité de dépôt soit portée en territoire négatif. Cette mesure vise à demander aux banques qui laissent des dépôts à la BCE de payer un intérêt. Or, depuis qu’ils ne sont plus rémunérés, cette facilité est de moins en moins utilisée. En outre, les Banques Centrales qui ont opté pour des intérêts négatifs sur les dépôts n’ont pas obtenu les résultats escomptés ; c’est le cas du Danemark. Les banques laissent des dépôts et en font payer le coût à leurs clients finaux. En outre, la santé des banques est encore trop fragile pour leur imposer des surcoûts concernant leurs dépôts. Cette mesure n’est pas en phase avec l’esprit de Bâle III.

Certains espèrent que la BCE essaie de faire baisser l’euro à travers un discours plus agressif mais c’est loin d’être certain. Parmi les autres instruments qui pourraient être utilisés figurent l’émission de nouveaux prêts à long terme et l’achat d’actifs.

Le Japon au pied du mur

L’Abenomics (nom de la politique économique menée par le Premier Ministre japonais, Abe) rentre dans sa deuxième phase avec la hausse de TVA visant à réduire les déficits publics et d’endiguer la hausse continue de la dette publique qui dépasse 250 % du PIB.

La hausse de TVA de 3 points qui intervient après l’engagement d’une politique monétaire expansionniste constitue un moment clef. Elle peut interrompre nette la croissance et briser tout espoir d’enclenchement d’un cycle vertueux de réduction des déficits. Le Gouvernement espère, de son côté, que l’effet récessif sera faible et que l’augmentation de la masse monétaire continuera à doper l’économie. 

Le premier effet de la hausse de la TVA a été une augmentation sensible des prix à la consommation ce qui n’est pas pour déplaire aux autorités nippones.

Le taux d’inflation est passé de 1,6% en mars à 3,4% en avril. Les autorités monétaires tablent sur une croissance sur l’année de 1,25 % et de 2 % en 2015 ce qui demeure très faible. L’accélération des prix resterait temporaire.

En revanche et cela était attendue, la production industrielle a fortement diminué au mois d’avril avec un recul de 2,5 %. La baisse des commandes étrangères et la réduction de la consommation générée par la hausse de la TVA, hausse qui avait conduit à une anticipation des achats expliquent, ce recul.

Néanmoins, l’impact de la hausse de la TVA apparaît plus élevé que prévu. La croissance pourrait ralentir assez fortement au deuxième et troisième trimestre. Le taux de croissance pourrait revenir autour de 1 % au lieu de 1,7 attendu. La banque centrale japonaise pourrait être amenée à maintenir plus longtemps que prévu sa politique d’expansion monétaire. En outre, la troisième flèche de l’Abenomics, les réformes structurelles, se laissent attendre. Le Gouvernement tarde à engager des réformes de libéralisation de peur de voir monter le mécontentement. Des réformes du marché du travail, sur la fiscalité, sur l’activité commerciale n’ont toujours pas été adoptées…

France, enfer et damnation

Si le chômage s’oriente à la baisse dans la grande majorité des pays européens, la France fait de la résistance. Au mois d’avril, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a continué à augmenter pour atteindre 3,364 millions (+ 14 800, +0,4%).

Pour les inscrits à Pôle emploi ayant ou non travaillé dans le mois (catégories A, B et C), la progression est de 0,7% soit 36 400.

En Espagne, au mois d’avril, le taux de chômage a baissé de 2,33 %.Il continue néanmoins de toucher 5 millions de personnes. Au Portugal, sur un an, le chômage a diminué de 15 %. Au Royaume-Uni, le taux de chômage est de 6,8 % au plus bas depuis 2008. En Allemagne, malgré un petit rebond en mai, le taux de chômage reste à 6,7 % contre 10,2 % en France.

La France continue d’accumuler les mauvais résultats. Ainsi, au mois de mars le chiffre d’affaires des entreprises de l’industrie manufacturière s’est contracté 0,5 %) après une hausse en février (+0,7 %). Il recule également à l’exportation (–1,2 %).

Les dépenses de consommation des ménages en biens ont également diminué, au mois d’avril, de 0,3 % en volume, après avoir enregistré une hausse de 0,6 % en mars. Cette baisse s’explique en partie par un  recul des dépenses en énergie. Les dépenses en biens durables augmentent légèrement en avril (+0,5 % après +0,3 %), du fait notamment des achats d’automobiles (+0,7 % après + 0,4 % en mars). Les achats en équipement du logement ralentissent mais continuent de croître (+0,2 % après +0,7 %). La consommation de textile, habillement et cuir recule de nouveau (–1,5 % après –1,7 %). C’est la troisième baisse consécutive depuis février. Enfin, il faut noter que la confiance des ménages demeure toujours faible.

A suivre next week

 La semaine sera très monétaire avec la réunion des différentes banques centrales. La BCE est attendue au tournant car elle pourrait annoncer des mesures de soutien non conventionnelles.

Lundi 2 juin

Aux Etats-Unis,  il faudra suivre la publication de l’indicateur ISM manufacturier de mai. Une nouvelle amélioration de la confiance dans le secteur manufacturier est attendue. Toujours pour les indicateurs avancés, seront publiés les indices PMI pour les pays membres de la zone euro. Ils seraient en hausse pour l’Europe du Sud mais en basse pour la France et l’Allemagne.

Au Royaume-Uni, il faudra également regarder la publication de l’indicateur PMI manufacturier de mai qui devrait être aussi en hausse traduisant la poursuite du cycle de croissance.

En Allemagne sera publié le taux d’inflation de mai qui devrait être de 0,2 % portant le taux annuel à 1,1 %.

Mardi 3 juin

Pour la zone euro, il faudra suivre le taux d’inflation du mois de mai qui devrait être de 0,7 % et qui servira de base de réflexion à la BCE dans la réorientation éventuelle de sa politique.

En Italie, sera publié le taux de chômage qui devrait rester stable à 12,7 %.

Mercredi 4 juin  

Le G7 se réunit toute la journée. L’Ukraine sera au cœur des discussions tout comme les accords commerciaux. La réunion a lieu à Bruxelles et non en Russie. Par ailleurs, elle se déroulera sans Poutine qui, en revanche, sera présent sur les plages du débarquement le 6 juin.

Jeudi 5 juin  

Journée très monétaire avec la Réunion au Royaume-Uni de la BoE et à Francfort de la BCE. La BoE devrait maintenir inchangé son taux directeur à 0,5%, ainsi que le montant de ses achats d’actifs à hauteur de 375 milliards de livres.


Vendredi 6 juin

Aux Etats-Unis, il faudra regarder le rapport emploi de mai. Le taux de chômage pourrait remonter de 6,2 à 6,5 % mais du fait du retour sur le marché de l’emploi d’actifs. Les créations d’emploi seraient en hausse autour de 300 000.

En Allemagne, il sera intéressant de suivre le résultat de la production industrielle du mois d’avril. Une amélioration est attendue.

En France sera connu le résultat de la balance commerciale du mois d’avril avec un déficit attendu de 5 milliards d’euros contre 4,9 au mois de mars.




 




La lettre économique est une publication réalisée par Lorello Ecodata, cabinet de conseils en stratégies économiques dirigé par Philippe Crevel et avec le concours d’O2P-Conseil

Téléphone : 01 45 00 37 37 / 06 03 84 70 36
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Sites Internet : www.philippecrevel.com


jeudi 8 mai 2014

La BCE temporise en laissant inchangée ses taux et en attendant le mois de juin

La BCE a décidé le 8 mai de laisser inchangés les taux d’intérêt directeurs. Le Président de la BCE a souligné que la reprise modérée de l’économie de la zone euro se poursuivait. Il a mentionné pour conforté sa position que l'Europe après une  période prolongée de faible inflation était entrée dans une phase de remontée graduelle des taux de l’inflation mesurée par l’IPCH. Les signaux provenant de l’analyse monétaire confirmeraient ce diagnostic de tensions sous-jacentes modérées à moyen terme sur les prix dans la zone euro. Les anticipations d’inflation à moyen et long terme pour la zone euro restent solidement ancrées à un niveau compatible avec l'objectif de taux inférieurs mais proches de 2 %.Il a néanmoins répété que  le Conseil des gouverneurs était disposé à recourir à des instruments non conventionnels dans le cadre de son mandat afin de faire face efficacement aux risques d’une période trop longue de faible inflation. De nouvelles informations et analyses concernant les perspectives d’inflation et l’accès du secteur privé aux prêts bancaires seront disponibles début juin. La BCE a donné rendez-vous au mois de juin pour une éventuelle réorientation de sa politique monétaire. La prudence de la BCE est dictée par l'évolution de la situation américaine et par les derniers événements internationaux. Si le ralentissement de l'économie américaine se poursuivait et si l'effet de la baisse des injections de liquidité occasionnait des tensions sur les taux ou si la crise ukrainienne s'amplifiait, la BCE serait certainement amenée à intervenir plus énergiquement. Sa prudence actuelle est liée à sa volonté de ne pas gaspiller des cartouches en vue de tensions plus fortes au sein de l'économie mondiale. 

Le Président de la BCE a indiqué que le PIB en volume de la zone euro a crû de 0,2 %, en rythme trimestriel, au quatrième trimestre 2013, progressant ainsi pendant trois trimestres consécutifs. Il a est noté que la demande intérieure devrait continuer d’être soutenue par une série de facteurs tels que l’orientation accommodante de la politique monétaire, les effets de l’amélioration en cours des conditions de financement sur l’économie réelle, les progrès réalisés en matière d’assainissement budgétaire et de réformes structurelles et l’évolution des prix de l’énergie. Il a mentionné que  même si les marchés du travail se sont stabilisés et montrent les premiers signes d’une amélioration, le chômage demeurait important dans la zone euro et, globalement, le niveau des capacités productives inutilisées restait élevé. De plus, le rythme annuel de variation des prêts des IFM au secteur privé  restait négatif en mars, tandis que le nécessaire processus d’ajustement des bilans dans les secteurs public et privé continue de peser sur le rythme de la reprise économique.

Selon le Président de a BCE, les risques entourant les perspectives économiques dans la zone euro continuent d’être orientés à la baisse. Des risques géopolitiques et les évolutions observées sur les marchés financiers internationaux et dans les économies de marché émergentes pourraient influer négativement sur la situation économique. D’autres risques à la baisse ont trait à une demande intérieure plus faible que prévu et à une mise en œuvre insuffisante des réformes structurelles dans certains pays de la zone euro ainsi qu’à une croissance moins forte des exportations.

Selon l’estimation rapide d’Eurostat, la progression annuelle de l’IPCH dans la zone euro s’est accélérée à 0,7 % en avril 2014, après 0,5 % en mars.

Le Conseil des gouverneurs considère que les risques, tant à la hausse qu’à la baisse, pesant sur les perspectives d’évolution des prix sont limités et globalement équilibrés à moyen terme Dans ce contexte, les éventuelles répercussions des risques géopolitiques et des évolutions du taux de change feront l’objet d’un suivi attentif.

 La croissance annuelle de M3 s’est ralentie à 1,1 % en mars, après 1,3 % en février. La croissance de l’agrégat monétaire étroit M1 est restée vigoureuse, mais est revenue à 5,6 % en mars, contre 6,2 % en février. Le principal facteur soutenant l’expansion annuelle de M3 a encore été la progression de la position extérieure nette des IFM, qui reflète en partie l’intérêt persistant des investisseurs internationaux pour les actifs de la zone euro.

Le rythme annuel de variation des prêts aux sociétés non financières (en données corrigées des cessions de prêts et de la titrisation) s’est inscrit à -3,1 % en mars, sans changement par rapport à février. La faible dynamique des prêts aux sociétés non financières continue de traduire le décalage avec le cycle économique, le risque de crédit ainsi que l’ajustement en cours des bilans dans les secteurs financier et non financier. Le taux de croissance annuel des prêts aux ménages (en données corrigées des cessions de prêts et de la titrisation) s’est établi à 0,4 % en mars 2014, soit un niveau globalement inchangé depuis début 2013.

Selon toujours le Président de la BCE, le déficit des administrations publiques de la zone euro devrait continuer à se réduire, revenant de 3,0 % du PIB en 2013 à 2,5 % cette année et à 2,3 % en 2015. Le ratio de dette publique devrait se stabiliser à 96,0 % en 2014 et baisser en 2015, pour s’établir à 95,4 %. 

samedi 5 avril 2014

La semaine économique vue par Philippe Crevel

La semaine économique N°69 est une lettre d'information réalisée par Philippe Crevel et publiée notamment sur le site du Cercle des Epargnants.

Le coin des Epargnants

Le CAC 40 continue sa marche en avant à 4 484 points retrouvant son niveau d’avant la faillite de Lehmann Brothers. En une semaine, le CAC a gagné 1,66 %. Sur un an, la progression est supérieure à 20 %. Elle est d’un peu plus de 4 % depuis le 1er janvier.

Cette progression est imputable aux bons résultats américains. Au mois de mars, l’économie américaine (hors secteur agricole) a créé 192.000 emplois. Certes, cela est inférieur aux prévisions mais la tendance reste bonne surtout que les résultats de janvier et de février ont été revus à la hausse, à respectivement 144.000 et 197.000 créations nettes. Le taux de chômage reste à 6,7 %. Le discours de la Présidente de la FED et les propos assez offensifs de Mario Draghi ont conforté les investisseurs.

Une semaine d’économie

France, croire en une reprise modérée

L’INSEE vient de publier son étude de conjoncture du mois de mars. Pas de quoi s’emballer, la croissance serait certes de retour mais sans pour autant atteindre des sommets et permettre une décrue du chômage et une réduction des déficits publics. En effet, pour respirer, il faudrait au moins une croissance de 1,5 % or, selon l’INSEE, nous sommes plutôt partis pour atteindre 0,7 %. Certes, cela est beaucoup mieux que le +0,3 % en 2013 et le  0,0 % en 2012 mais cela demeure insuffisant. L’Institut considère que l’activité sera  notamment portée par l’industrie manufacturière (acquis de +1,1 % mi-2014 après +0,1 % en 2013 et -2,8 % en 2012). A contrario, la construction continuerait de peser sur l’activité (acquis de -1,3 % mi-2014, après -2,2 % en 2013).

Si l’INSEE ne voit pas une baisse du chômage en 2014, en revanche elle considère qu’à compter du second semestre l’emploi marchand non agricole devrait se stabiliser.

Toujours selon l’INSEE, au premier semestre, le pouvoir d’achat se redresserait (+1,0 % puis +0,1 %) après avoir légèrement fléchi au second semestre 2013 (-0,2 % par trimestre). Toujours selon l’INSEE, de mi-2013 à mi-2014, le pouvoir d’achat serait en hausse modérée (+0,6 %).

Cette faible croissance pèsera donc sur le niveau des déficits qui devraient rester autour de 4 % du PIB et rendra encore plus délicat la réalisation des 50 milliards d’euros d’économie et du double pacte, responsabilité et solidarité.

BCE, l’heure de la riposte se rapproche-t-elle ?

La Banque Centrale Européenne a décidé de ne rien changer mais le verbatim évolue. Les Gouverneurs ont indiqué qu’un taux d’inflation trop bas trop longtemps constituait une réelle menace et que le cas échéant des moyens non conventionnels seraient mis en œuvre.
Il est certain qu’avec un taux à 0,5 % au mois de mars, l’inflation est au plus bas. Il faut remonter à la récession de 2009 pour retrouver un tel taux.

Les prix baissent un peu partout et cela malgré quelques hausses d’impôts (TVA en France par exemple).
Au moment de la conférence de presse, Mario Draghi a reconnu que les données pour le mois de mars avaient constitué une surprise, pas assez notable cependant pour amener le Conseil à baisser ses taux directeurs.

La BCE considère qu’il n’y a pas d’enclenchement déflationniste au sein de la zone euro. Le président Draghi, a continué d’indiquer que les anticipations à moyen-long terme restaient « bien ancrées » et proches de l’objectif officiel de 2%.

En cas de décrochage, en revanche, Mario Draghi et l’ensemble du Conseil des gouverneurs n’hésiteront pas à recourir à toutes les armes possibles y compris les moins conventionnels, pour écarter ce risque : prêts aux banques, achats fermes de titres (quantitative easing), assouplissement des règles prudentielles appliquées au marché des assets-backed securities (ABS).

La BCE aime l’impressionnisme et avance par petites touches. Les déclarations de Mario Draghi constitue certainement un tout petit pas vers une éventuelle initiative de la BCE si d’ici la fin du mois de mai, il n’y a pas de retournement des anticipations sur les prix et les volumes de crédits.

Et demain et après demain

La guerre du déficit français aura-t-elle lieu ?

Avec un déficit public de 4,3 % en 2013 qui sera réduit au mieux à 4 % en 2014, la France ne rentrera pas dans le cadre européen comme prévu en 2015. François Hollande entend obtenir un nouveau délai de grâce à l’Europe pour passer sous la barre des 3 % du PIB. Or, nos partenaires n’entendent pas se faire avoir une fois de plus par les promesses françaises.

L'ex-Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat du centre droit à la présidence de la Commission européenne, a ouvert le bal en indiquant à Berlin qu’il est opposé sur le principe au fait que la France bénéficie d'un nouveau délai pour réduire son déficit public.
Il a rappelé que la France, qui a déjà obtenu un report jusqu'en 2015 pour être dans les limites des règles budgétaires européennes, "ne peut pas encore une fois avoir un passe-droit".

Jean-Claude Juncker a ajouté que la France devait "suivre les règles du jeu comme tous les autres".
La prochaine rencontre de Michel Sapin avec son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, lundi à Berlin, sera plus que délicate car à l’ordre du jour figure le rythme de réduction du déficit public français.

Jusqu’à maintenant, Wolfgang Schäuble a souligné que la France "restait un pays fort" en dépit d'une situation politique "difficile". Par ailleurs, le porte-parole d'Angela Merkel a dit vendredi faire "confiance à la France pour respecter ses engagements".

Les propos les plus durs proviennent sans surprise du président de la Banque centrale allemande, la Bundesbank, Jens Weidmann qui a demandé à la Commission européenne de faire "respecter les règles de manière stricte".

La France peut-elle demander un nouveau sursis ? Le calendrier électoral est plutôt favorable. En effet, les élections européennes de juin devraient enregistrer la montée en puissance du vote protestataire et anti-européen. De ce fait, la Commission sortante pourrait être tentée de ne pas mettre de l’huile sur le feu en ouvrant un nouveau front avec la France. Elle pourrait être également tentée de renvoyer le règlement du problème français à la prochaine commission. Les élections du mois de juin pourrait conduire à la constitution d’une grande coalition centre droit et centre gauche à l’Allemande ce qui ne serait pas pour déplaire au pouvoir français.

Par ailleurs, la Commission peut difficilement s’opposer de front au deuxième pays européen. Il y aura donc des négociations avec à la clef certainement un report du calendrier avec en contrepartie des promesses de réformes. Le Gouvernement français mettra en avant le pacte de responsabilité et son plan d’économies de 50 milliards d’euros. Cela ne suffira peut-être pour amadouer la Commission européenne qui exigera d’aller plus loin dans l’assainissement des comptes sociaux. Il est fort probable que le Gouvernement soit d’ici septembre contraint d’augmenter la CSG pour alléger les charges salariales tout en tentant d’équilibrer les comptes d’assurance-maladie.

Assurance-maladie, le chantier toujours en suspens

Le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault a posé quelques rustines pour réduire la dérive des comptes de l’assurance-vieillesse en faisant une grande partie de la charge sur les entreprises et les retraités. Il est fort probable que d’ici deux ou trois ans une nouvelle réforme soit nécessaire. Il a ouvert le dossier de la dépendance en promettant une réforme d’ici la fin de l’année. En revanche, pour l’assurance-maladie, circuler il n’y a rien à voir. Pourtant, le déficit de l’assurance-maladie voisine autour de 8 milliards d’euros. Malgré une forte maîtrise des dépenses d’assurance-maladie, malgré une réduction drastique des investissements, le déficit a tendance à s’accroitre du fait du vieillissement et de la stagnation économique.

Le Gouvernement a tendu quelques filins pour réformer l’assurance-maladie avec l’ANI sur la sécurisation de l’emploi qui prévoit la généralisation de la couverture santé. Une fois en vigueur, en 2015, il sera possible d’effectuer des transferts de charge de l’assurance maladie vers les complémentaires. Par ailleurs, plusieurs pistes sont à l’étude comme le déremboursement du premier rendez-vous chez les médecins ou l’augmentation des franchises (le 1 euro ou le ticket modérateur). D’autres pistes plus audacieuses ont été avancées mais ne devraient pas être inscrites à l’ordre du jour de la prochaine réforme. Il y avait, en particulier, la possibilité de rendre le système de prise en charge dégressif en fonction des revenus. Ce serait évidemment une remise en cause du modèle universel de couverture maladie à la Française. Sinon, le Gouvernement pourrait continuer la politique de déremboursement de certains médicaments jugés peu efficaces.

A suivre, next week….

Lundi 7 avril

En Allemagne, il faudra scruter la production industrielle du mois de mars qui devrait être stable par rapport au mois de février.

En Italie, il faudra suivre le résultat du déficit public qui devrait se situer autour de 3 % marquant la consolidation budgétaire entreprise depuis plusieurs années.
Sur le plan européen, il faudra suivre l’indicateur de la confiance des consommateurs d’avril qui est attendu en hausse par rapport à mars.

Aux Etats-Unis, il sera intéressant de regarder la variation des crédits à la consommation qui est attendue à la hausse.

Au Japon, les résultats du commerce extérieur seront publiés. Après le fort déficit du mois de janvier, il faudra analyser la réaction de l’économie japonaise. Néanmoins, un déficit est encore prévu.

Mardi 8 avril

Au Japon, sera communiquée l’enquête auprès des observateurs de l'économie du mois de mars. L’enquête devrait être positive du fait que les consommateurs anticipent la progression de 3 points de la TVA.

Au Royaume-Uni sera connue la production industrielle de février qui est attendue en hausse.

En France, les résultats de la balance commerciale du mois de février seront publiés avec à la clef un déficit d’environ 5,3 milliards d’euros contre -5,7 milliards d’euros au mois de janvier. L’économie française n’arrive toujours pas à gagner des parts de marché à l’exportation.
Toujours, en France, il faudra regarder les résultats de l’exécution budgétaire de février. En janvier, le déficit avait été de 12,7 milliards d’euros.

Aux Etats-Unis sera connu l’indice de l’optimisme des affaires de mars qui devrait ressortir en hausse.

Mercredi 9 avril

Il faudra suivre au Royaume-Uni, la réunion de la BoE qui devrait maintenir inchangé sa politique monétaire. Toujours à Londres, il faudra regarder les résultats de la balance commerciale avec un déficit de 3,33 milliards de livres contre 4 milliards au mois de janvier.

En Allemagne, seront publiés les résultats de la balance commerciale de février avec à la clef un excédent d’environ 19 milliards d’euros contre 17 milliards d’euros au mois de janvier.

Jeudi 10 avril

Au Japon, seront communiquées, les commandes de machines de février qui devraient être en diminution en phase avec e ralentissement attendu de l’économie.

En France, il faudra suivre le taux d’inflation de mars qui est attendu à 0,5 %. Néanmoins sur un an, le taux d’inflation devrait revenir à 0,6 % contre 0,9 % en février.

Toujours en France, il faudra analyser les résultats de la production industrielle de février. Il est fort probable que la production industrielle soit en baisse du fait du recul de la production d'énergie (consécutif à la douceur de l'hiver) et de la production manufacturière (exposée à un contrecoup après sa forte hausse de janvier).

En Italie, il faudra regarder les résultats de la production industrielle de février qui devraient marquer un recul de l’ordre de 0,2 %.
Au niveau européen, la BCE publiera son rapport mensuel.
Au Royaume-Uni, il faudra suivre les décisions sur les taux de la BoE.

Vendredi 11 avril

Le FMI se réunira toute la journée avec une déclaration finale.
Plusieurs indices des prix du mois de mars seront communiqués, en Chine, en Espagne et en Allemagne en particulier. L’inflation annuelle de l’Allemagne baisserait de 1 à 0,9 %. En Espagne, l’inflation serait de -0,2 %.
Aux Etats-Unis, il faudra suivre l’indice de confiance des consommateurs Reuters / Michigan.

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La semaine économique est une publication réalisée par Lorello Eco Data, société d’études et de stratégies économiques dirigée par Philippe Crevel.
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jeudi 6 mars 2014

La BCE ne change rien au taux

Le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé de conserver les taux en vigueur? Ainsi, le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 0,25 %, 0,75 % et 0,00 %.
La BCE estime que la reprise de la zone euro devrait permettre d'éviter la déflation et devrait avoir comme conséquence le retour de l'inflation autour de 2 % . Elle a noté que la masse monétaire M3 avait en janvier enregistré une hausse plus rapide qu'en décembre. Le point négatif reste les prêts dont la baisse est liée à un décalage de cycle selon la BCE.

lundi 24 février 2014

Que fera la BCE face à une inflation de 0,8 % ?

Le taux d’inflation annuel de la zone euro a été de 0,8% en janvier 20142, stable par rapport à décembre 2013 selon Eurostats. Il y a un  an auparavant, le taux était  de 2,0%. Le taux d’inflation mensuel a été en recul de 1,1% en janvier 2014. Pour l'Union européenne, le taux d'inflation a été de  0,9% en janvier 2014, contre 1,0% en décembre 2013.  Un an auparavant, il était de 2,1%. Le taux d’inflation mensuel a été de -0,9% en janvier 2014.
Ce résultat très faible et assez éloigné de l'objectif des 2 % pourrait inciter la BCE à intervenir afin d'éviter en déclenchement d'un cycle déflationniste. Certes, la BCE pourra affirmer que nous avons atteint un point bas car il n'y a pas eu de dégradation par rapport à décembre. 
Sans surprise, ce sont les pays en crise qui connaissent les plus forts reculs de l'inflation.  En janvier 2014, des taux annuels négatifs ont été observés à Chypre (-1.6%), en Grèce (-1.4%) et en Bulgarie (-1.3%). Les taux annuels les plus élevés ont été enregistrés au Royaume-Uni et en Finlande (1.9% chacun).
Par rapport à décembre 2013, l’inflation annuelle a baissé dans dix-sept États membres, est restée stable dans sept et a augmenté dans quatre autre. 
Les plus forts impacts à la hausse sur le taux d’inflation annuel de la zone euro proviennent du tabac (+0,08 point de pourcentage), de l'électricité ainsi que du "lait, fromage et oeufs" (+0,05 chacun), tandis que les carburants pour le transport (-0,19), les télécommunications (-0,13) et les combustibles liquides (-0,05) ont eu les plus forts impacts à la baisse.

samedi 8 février 2014

La semaine économique vue par Philippe Crevel

Le coin des épargnants
Le CAC 40 a progressé de 1,5 % sur la semaine et a terminé la semaine à 4228 points. Les investisseurs ont été rassurés par la déclaration de Draghi qui a souligné qu’il suivait avec attention l’évolution de l’inflation. De ce fait, les financières se sont reprises.
Il n’en demeure pas moins que la volatilité devrait rester forte durant les prochaines semaines.
Etats-Unis, le chômage continue de baisser
La baisse du taux de chômage à 6,6 %, au mois de janvier, aux Etats-Unis devrait conforter la politique engagée par la FED depuis le début d’année.
Le nombre de personnes au chômage est de 10,2 millions. Depuis le mois d’octobre, le taux de chômage est passé de 7,2 à 6,6 %. Le taux de chômage est de 6,2 % chez les hommes et de 5,9 % chez les femmes. Le taux de chômage reste élevé chez les jeunes à 20,7 %. Par origine ethnique, le taux de chômage est de 5,7 % chez les blancs, de 12,1 % chez les blacks, de 8,4 % chez les Hispaniques et de 4,8 % chez les asiatiques 
Le chômage de longue durée a fortement reculé au mois de janvier avec une baisse de 232 000. En un an, le recul concerne 1,1 million de personnes. Néanmoins, il concerne près de 36 % des chômeurs ce qui est nettement moins qu’en France.
Cette diminution du chômage s’est accompagnée d’une amélioration du taux d’emploi.
And now, ladies and Gentlemen
Le compte à rebours est lancé afin de savoir si au-delà des mots, la France est capable de se réformer. De pacte de responsabilité en réforme fiscale, les promesses fusent mais que cachent-elles ? Nul ne le sait précisément ou presque. Compte tenu de l’ampleur du déficit et de la dégradation de la situation des entreprises, les marges sont réduites et les attentes importantes. Le Gouvernement lance des balles et regardent comment elles rebondissent. Il en a été ainsi, cette semaine, avec l’idée de fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu. Ce fut également le cas avec celle du prélèvement à la source. Avec la proximité des élections municipales, il apparaît peu probable que le Gouvernement annonce la moindre réforme dans les prochaines semaines. La traduction en actes des promesses incombera peut être au futur Gouvernement à moins que l’urgence impose son calendrier. Il n’en demeure pas moins que pour sortir de l’ornière dans laquelle évolue l’économie française, cette dernière ne pourra pas se contenter de la reprise américaine ou de la sortie de récession de l’Europe du Sud.
Exportation, ça balance toujours en négatif
Le déficit commercial de la France s’est élevé en 2013 à 61,2 milliards d'euros contre 67 milliards d’euros en 2012 et 74 milliards d’euros en 2011.
Le déficit des échanges de biens avec le reste du monde a ainsi baissé de 6 milliards d'euros, soit près de 9% sur un an, selon les chiffres dévoilés vendredi par la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq.
Par rapport au record abyssal de 74 milliards d'euros enregistré en 2011, la baisse est de 17%. Mais en 2013, l'essentiel de la réduction du déficit s'explique par l'allègement de la facture énergétique.
Le chiffre de l'an dernier reste néanmoins le 3e plus mauvais de l'histoire après 2011 et 2012,
L’excédent allemand flirte avec les 200 milliards d’euros à 198,9 milliards d'euros en 2013.
Néanmoins, il y a un point positif, c’est le déficit hors énergie et matériel militaire a diminué de moitié en deux ans, à 13,5 milliards.
Mais les résultats du commerce extérieur traduit encore le recul de la France au niveau des échanges de marchandises. Pour les importations, le recul est de 2,3%, à 496,8 mds EUR et les exportations baisent de 1,3%, à 435,6 mds.
En revanche, la balance des services devrait dégager un excédent de 33,2 milliards d'euros, selon des chiffres provisoires. Le déficit de la balance des transactions courantes qui est le véritable juge de paix devrait se situer autour de 30-32 milliards en 2013.
La contribution du commerce extérieur à la croissance économique aurait été nulle voire négative l'an dernier (-0,2 point de produit intérieur brut), selon des évaluations provisoires transmises par le ministère.
Les exportations françaises sont portées en 2013 par trois grands moteurs traditionnels: l'agroalimentaire (+3,3% d'exportations avec un excédent de 11,5 milliards), la pharmacie (exportations en hausse de 2,5% et excédent de 4,5 milliards) et l'aéronautique, qui voit ses exportations augmenter de 1% et son excédent atteindre le record de 22 milliards et garder sa place de premier excédent commercial sectoriel.
L’année dernière, 120.700 entreprises ont exporté contre 119.200 en 2012. La France réalise 60% de son commerce au sein de l’Union européenne 
Chine, fin d’une époque
La Chine doit rechercher un nouveau modèle de développement faute de quoi elle pourrait bien perdre son statut de prétendant à la couronne mondiale. La Chine doit faire face à de nombreux défis. Le premier est d’ordre démographique avec un vieillissement de la population. Le second est lié à des problèmes d’accès aux matières premières et agricoles qui pourraient aboutir à une contraction des excédents commerciaux qui ont fait la richesse chinoise de ces vingt dernières années. La Chine, qui concentre 20% de la population mondiale ne possède que 10% des surfaces cultivables de la planète.  Ses achats en dollars de matières premières agricoles ont été multipliés par huit depuis son entrée dans l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), en 2001. Pour assurer son indépendance, la Chine achète des terres arables, en Afrique, en Asie ou en Amérique latine.
La Chine ne possède pratiquement pas de pétrole, ni de gaz, mais du charbon, au demeurant d’assez mauvaise qualité. Le « miracle » des années 2000 a donc eu pour contrepartie une très forte dépendance aux importations de produits de base. En 2013, celles-ci étaient à l’origine d’un déficit d’environ 550 milliards de dollars.
Pour financer ces besoins primaires, la Chine se doit de dégager des excédents commerciaux. Cela a été le cas ces dernières années, la Chine a accumulé d’énormes réserves de changes et est un  créancier net du reste du monde. Face au surendettement, les clients de la Chine sont tombés en crise et ont réduit leurs achats ou du moins leur croissance d’importations en provenance de Chine.
Aux Etats-Unis, plus encore en zone euro, la tolérance aux déséquilibres externes est moindre ; la compétitivité s’améliore, l’accent est mis sur la préservation des parts de marchés. Les déficits avec la Chine ont plutôt tendance à se réduire. Pour l’Allemagne, il y a désormais un excédent.
La Chine est en train d’abandonner son système d’économie d’assemblage. Le degré de  sophistication de ses produits augmente et, avec lui, leur contenu en  salaires et intrants. Pour la seconde économie mondiale, exporter toujours plus et au moindre coût n’est sans doute plus une stratégie d’avenir.
Un processus d’adaptation à la nouvelle donne prend forme avec une libéralisation progressive du marché intérieur visant notamment à abaisser les prix agricoles subventionnés, l’amélioration de la couverture sociale des travailleurs migrants, la facilitation de leurs déplacements, ou encore l’assouplissement partiel de la politique de l’enfant unique,
Il faut souligner que  la consommation des Chinois ne représente que 37 % du PIB contre plus de 60 % dans les pays de l’OCDE.  
La BCE n’est pas napoléonienne
Face à ses ennemis, Napoléon aimait surprendre et effectuer des attaques de contournement rapides en axant toutes ses énergies sur les points faibles. La BCE est moins innovante que Napoléon et joue peu l’effet de surprise. Elle avance par petites touches. Ainsi, malgré des signes tangibles de déflation, la BCE a décidé au l’occasion de sa réunion de février, de ne pas modifier ses taux directeurs. Malgré une  déclaration introductive globalement conforme à la précédente, néanmoins, le président Draghi ne s’interdit pas aucune option s, y compris l’absence de mesures supplémentaires en cas d’amélioration de la situation.
Pourtant quelques menaces auraient pu conduire à une action rapide. La faiblesse de l’inflation a dépassé les prévisions, les chiffres relatifs à la croissance du crédit sont restés décevants  et la volatilité de l’Eonia a considérablement augmenté. M. Draghi a, dans le cadre de la conférence de presse a tenté de relativiser l’importance de ces signes.
Le Président de la BCE considère que la situation se normalise. La faiblesse des prix est imputable à la diminution des cours des matières premières et l’évolution de la masse monétaire n’est pas préoccupante.
La réunion de mars de la BCE pourrait s’avérer comme crucial.  La Banque centrale présentera à cette occasion ses nouvelles projections d’inflation et de croissance pour les années 2014, 2015 et, exceptionnellement, pour 2016.
L’économie européenne est en état de vulnérabilité ; un nouveau choc pourrait entrainer l’enclenchement d’une spirale dépressive de forte ampleur.
Les pays périphériques se sont engagés dans une réduction de leurs coûts qui se traduit par un « authentique » processus de désinflation. Or, ce processus peut se muer assez facilement en une tendance déflationniste
Dans de nombreux pays, la demande intérieure est à l’arrêt et les excédents de capacités poussent à la baisse sur l’inflation. Le taux de chômage reste élevé.
Par ailleurs, les tests de résistance bancaire pourraient contraindre certaines banques à encore renforcer leurs fonds propres. Certains établissements pourraient être amenés à demander l’appui de la BCE pour améliorer leur situation.
Au-delà d’une action sur les taux directeurs, des mesures non-conventionnelles seraient la bienvenue en mars. 
Next week, what’s else
Lundi 10 février, sera publié le résultat de la production industrielle de décembre pour la France. Le résultat attendu ne devrait pas être très bon
Mardi 11 février, aux Etats-Unis, J.Yellen, la nouvelle responsable de la FED intervient devant le Congrès. Son discours devrait conforter les  tenants de la politique monétaire accommodante.
Mercredi 12 février, au Japon seront publiés les résultats des commandes de machine pour le mois de décembre.
Au Royaume-Uni sera rendu public le rapport sur l'inflation de la BoE. Par ailleurs, le taux de chômage étant proche du seuil de 7, la BoE devrait, par conséquent, clarifier sa politique monétaire.
Les résultats de la production industrielle de décembre seront connus en ce qui concerne la zone euro. Après avoir fortement rebondi en novembre (+1,8% m/m), la croissance de la production industrielle pourrait avoir ralenti en décembre.
Jeudi 13 février, aux Etats-Unis, seront rendues publiques les ventes de détail de janvier qui auront été gênées par la météo.
Vendredi 14 Février sera la journée du PIB en zone euro. Les enquêtes annoncent une augmentation d PIB pourrait pour le 4ème trimestre. Une croissance de 0,2-0,3% t/t est possible. Le PIB devrait continuer de croître en 2014, quoiqu'à un rythme modéré.
Sera attendu le résultat du PIB allemand pour le 4ème trimestre. Après une progression de 0,3% t/t au troisième trimestre, la croissance du PIB devrait avoir légèrement accéléré Une hausse de 0,4% t/t, est attendue soutenue par la consommation des ménages et l'investissement.
Il faudra évidemment suivre les résultats du PIB de la France pour le 4ème trimestre. Le taux de croissance devrait se situer entre 0,2 et 0,4 %.

vendredi 7 février 2014

la BCE joue le statuquo


La Banque Centrale Européenne a décidé de maintenir inchangé ses taux directeurs. Le taux de refinancement reste fixé à 0,25 %,. Le taux de facilité de dépôt reste nul et le taux de prêt marginal demeure à 0,75 %. Le taux de dépôt, auquel les banques placent leurs liquidités excédentaires auprès de la BCE pour vingt-quatre heures, a également été laissé à son niveau de 0 %. Plusieurs arguments pouvaient justifier une révision à la baisse. En effet, plusieurs indicateurs semblent prouver qu’une tendance déflationniste s’installe. L'inflation a été de 0,7 % en janvier quand l’objectif de la BCE vise est d’un peu moins de 2 %. Les prix de certains actifs sont en baisse, en particulier les valeurs immobilières. L’investissement reste en recul dans plusieurs pays dont la France. Les ventes au détail sont atones voire en baisse au sein de la zone euro et la demande de crédits est étale. Malgré ces arguments en faveur d’une action plus dynamique, la BCE considère que l’orientation de la conjoncture de la zone euro est bonne. Mario Draghi a souligné qu’une action serait envisageable en cas de détérioration des perspectives d’inflation. Il parie sur une reprise progressive de l’activité au cours de l’année. Cette option peut se justifier si la reprise américaine alimente celle de l’Europe et si le ralentissement des pays émergents n’est pas trop brutal. Compte tenu du processus de désindustrialisation qu’a connu la zone euro et en particulier les pays d’Europe du Sud et la France, la BCE prend un risque d’alimenter la récession en restant immobile. Certes, la gestion par les taux apparaît de plus en plus inefficace. Aujourd’hui, ce n’est pas l’argent cher qui empêche le crédit, ce sont les conditions du marché : recherche du moindre risque, faiblesse de lare demande, rentabilité faible de l’investissement, ratios prudentiels accrus pour les banques… C’est pour ces raisons que certains experts demandent à la Banque Centrale Européenne de prendre des mesures non conventionnelles en refinançant les banques et en ciblant les actions sur les crédits aux entreprises

jeudi 7 novembre 2013

La Banque centrale européenne abat ses dernières cartes ou presque ?



La Banque centrale européenne a décidé d'abaisser ses taux d'intervention à l'occasion de sa réunion du 7 novembre. Le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement baisse de 25 points de base et s'élève désormais à 0,25 %. La taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal passe à 0,75 % en baisse de 25 points de base. le taux d'intérêt de la facilité de dépôt reste à 0 %.

la BCE indique que ces diminutions sont liées au passage de l'inflation en-dessous de 1 %. Elle souligne que les évolutions de crédits demeurent atones et que l'inflation sur moyenne période est inférieure à 2 %. Elle affirme que le maintien des taux bas sera maintenue sur longue période autant que nécessaire.

Par ailleurs, la BCE a décidé de continuer d'effectuer des opérations de refinancement sous la forme d'appels d'offres à taux fixe aussi longtemps que nécessaire.

La Banque centrale européenne prend acte des menaces déflationnistes et récessives qui perdurent au sein de l'économie européenne.

Cette baisse de 0,25 % du principal taux d'intervention de la BCE devrait peser sur les taux d'intérêt au sein de la zone. Avec la baisse de l'inflation, les taux d'intérêt réels avaient fortement progressé ces derniers mois.

La décision de la BCE favorise les Etats qui pourront emprunter à moindre coût mais aussi tous les emprunteurs. Les ménages devraient ainsi pouvoir bénéficier de prêts immobiliers à moindres coûts.

En revanche, les épargnants devraient être pénalisés avec des rendements moindres en ce qui concerne les placements de taux. Les actions devraient, de ce fait, devenir plus attractives avec des possibilités de transferts de capitaux en provenance du marché obligataire.

mercredi 30 novembre 2011

Les banques centrales au chevet de la zone euro

Les six grandes banques centrales occidentales (BCE, FED, Banques centrales anglaise, suisse, canadienne et japonaise) ont annoncé à travers un communiqué commun qu'elles abaissaient de 50 points de base les taux auquel les banques peuvent durant la nuit se refinancer en dollars auprès de leur banque centrale. Cette intervention vise à empêcher le grippage complet du système bancaire. Elle signifie qu'il y avait un risque de se retrouver dans la situation de 2008 après la faillite de Lehman Brothers. Cette décision marque tout à la fois que les banques centrales sont conscientes de l'ampleur de la crise mais aussi qu'elles veulent anticiper un blocage qui avait provoqué l'arrêt complet de l'économie en 2008. Par ailleurs, les banques centrales non-européennes ont souligner que dans leurs pays il n'y avait pas de problèmes de refinancement ce qui veut dire que la zone malade de l'économie mondiale est l'Europe.