samedi 25 janvier 2014

La semaine économique et financière vue par Philippe Crevel

Le coin des Epargnants
 Rien n’a tourné rond cette semaine pour les épargnants. La bourse de Paris a terminé à 4170 points en recul sur la semaine en recul de 3,84 % sur la semaine. Le contexte économique et  financier s’est durci avec une menace de dégradation de la France par Moody’s.
 Par ailleurs, l’éventuel freinage plus rapide que prévu des injections de liquidité par la FED et le ralentissement de l’économie chinoise ont pesé sur la semaine.
 La reprise économique annoncée par tous il y a encore quelques jours devient moins nette du fait d’une situation plus complexe qu’attendue dans les pays émergents. Une remontée des taux d’intérêt pourrait, par ailleurs, faire revenir au cœur de l’actualité la question des dettes publiques.
 Il faut noter que de nombreux investisseurs ont décidé de prendre leurs bénéfices après la clôture de l’année fiscale et avant de rentrer dans le tunnel des versements des dividendes. Le mois de janvier et de février sont des bons mois pour effectuer des arbitrages dans les portefeuilles surtout quand il y a des plus-values à dégager.
 Il est fort probable que pierre qui roule n’amasse pas mousse, comprendra qui voudra…
 France, déficit en réduction mais toujours vertigineux
 Tout va bien Madame la Marquise, le déficit se réduit mais au-delà de cet optimisme de bon aloi, la France fait figure de mauvais élève.
 Le déficit public français a, en effet baissé en 2013, pour la quatrième année consécutive. Le Gouvernement n’a pas pu respecter son objectif fixé à 3% du PIB en 2013 par la Loi de Finances initiale (LFI). Il avait revu à la hausse à  4,1% du PIB par la Loi de Finances rectificative (LFR). A priori, il devrait légèrement dépassé cet objectif. Le déficit de l’État s’est élevé à EUR 75 milliards, soit EUR 3 milliards de plus que la cible visée de EUR 72 milliards. La dérive représente 0,1% du PIB. Cette dégradation provient de rentrées fiscales moins bonnes qu’anticipées. Les dépenses, en revanche, ont progressé dans les limites prévues. Il est possible que l’Etat puisse corriger cette légère dérive en jouant sur les dépenses des régimes sociaux.
Avec une dette publique de 92 % du PIB, les agences de notations restent vigilantes. Si Moody's n'a pas abaissé la note de la France, notre pays reste sous surveillance étroite..
 Etats-Unis, transition au sein de la FED
 Les 28 et 29 janvier prochains, c’est la fin de la présidence de Ben Bernanke et l’arrivée quelques jours plus tard de Janet L. Yellen.
 Cette transition est l’occasion de tracer un bilan des huit années de mandat de Bernanke qui aura du gérer une crise sans précédent. A milieu de son second mandat, Ben Bernanke aura finalement réussi à faire officiellement entrer la Fed dans le club des banques centrales ayant opté pour un ciblage flexible de l’inflation.
Après mis en œuvre des instruments de politiques non conventionnelles, la FED entend aujourd’hui recourir au tapering, c’est-à-dire la réduction du rythme mensuel d’expansion du bilan de la Fed au titre de la troisième vague d’assouplissement quantitatif (QE3).
 Jusqu’en décembre 2013, ces rachats s’élevaient à USD 45 mds de Treasuries à longue échéance et à USD 40 mds de MBS. Depuis le 1er janvier 2014, ils ont été diminués de USD 10 milliards de dollars. En annonçant ce ralentissement le 18 décembre 2013, Ben Bernanke a également précisé que, compte tenu des actuelles projections économiques des membres de la Fed, il prévoyait que QE3 serait réduit de USD 10 mds lors de chaque réunion du FOMC. Malgré les derniers indicateurs économiques assez médiocres, la FED a décidé de maintenir sa politique de réduction des injections de liquidités.
 Chine, la croissance au plus bas depuis 13 ans
Certes, un taux de 7,7 % fait rêver mais en Chine, la croissance sent le sapin. L’endettement croissant du secteur bancaire et des entreprises constitue une menace pour l’ensemble de l’économie qui s’est habituée à vivre au-dessus de 8 %.Pour 2014, le Gouvernement chinois devrait retenir un taux assez modeste de 7 %.
A suivre, next week
Une semaine très riche en annonces économiques avec le début de communication des résultats de croissance pour 2013. Il y aura en France, la publication des résultats du chômage de décembre et le débat sur l’inversion de la courbe. Il y aura également la consommation des ménages qui sera rendue publique vendredi. Cette semaine devrait être de ce fait encore agitée pour les épargnants ...
Lundi 27 janvier, à Bruxelles se tiendra la réunion de l'Eurogroupe. A Berlin sera publié l’indice Ifo  du climat des affaires du mois de janvier. A Washington, il faudra suivre les ventes de logements neufs du mois de décembre.
En France, il faudra évidemment suivre les résultats du chômage de décembre et donc de l’ensemble de l’année 2013. Une très légère baisse est attendue après l’augmentation de novembre.
 Mardi 28 janvier, deuxième journée de réunion de l'Ecofin. A Londres, il sera annoncé les résultats du PIB du 4ème trimestre 2013.
A Washington, il faudra suivre la réunion du FOMC de la Réserve fédérale (1ère journée). Il faudra également regarder les commandes de biens durables de décembre, l’indice immobilier S&P/Case-Shiller de novembre et la confiance du consommateur de janvier.
En France seront publiés les résultats de la construction de logements de décembre et l’enquête de conjoncture auprès des ménages de janvier.
Mercredi 29 janvier à Berlin, il faudra analyser l’indice GfK du moral des ménages de février.
A Washington sera publié le communiqué clôturant la réunion du FOMC de la Réserve fédérale.
Jeudi 30 janvier, il conviendra de regarder les résultats du 4ème trimestre espagnol pour savoir si la reprise est bien confirmée. A Berlin il faudra avoir en ligne de mire les résultats des demandeurs d'emploi et du taux de chômage de janvier ainsi que le taux d’inflation de janvier (1ère estimation)
 A Bruxelles, il faudra avoir un œil sur les indices du climat des affaires et du sentiment  économique de la zone euro pour janvier.
Il faudra surtout étudier les résultats du PIB du 4ème trimestre américain et les inscriptions au chômage de la semaine au 25 janvier ainsi que les promesses de vente immobilières de décembre.
Vendredi 31 janvier, à Pékin sera publié l’indice PMI manufacturier HSBC définitif de janvier.
A Bruxelles, le taux d’inflation de la zone euro du mois de janvier sera rendu public ainsi que le taux de chômage zone euro de décembre.
Aux Etats-Unis, seront connus les revenus et dépenses des ménages de décembre et le PMI de Chicago de janvier ainsi que l’indice Reuters-Michigan de janvier.
Au japon, il faudra suivre le taux d’inflation qui est toujours sous la pression des prix de l'énergie. Le taux d’inflation devrait demeurer à 1,5% en décembre.
Toujours au Japon sera publié le rapport d'emploi de décembre et les dépenses. Il faudra également suivre les dépenses et revenus des ménages de décembre et la production industrielle. 
Il faudra suivre, en France, la consommation des ménages de décembre  et les indices des prix de production et d'importation dans l'industrie pour décembre. Une mauvaise nouvelle est possible du fait de l’hiver clément qui ne pousse pas à la consommation d’énergie.

jeudi 23 janvier 2014

Baisse des impôts : est-ce possible ?


Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des Epargnants, a répondu aux questions du site d'information "Atlantico.fr" au sujet de l'annonce du Président de la république, François Hollande, sur la baisse des prélèvements obligatoires à compter de 2015. Qui en seront les bénéficiaires et est-ce possible ?

Lire l'interview   

Conjoncture France : climat des affaires stable

Selon l'INSEE, l’indicateur du climat des affaires en France, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité, demeure en janvier stable, à 94. Il reste inférieur à  sa moyenne de longue période (100).
L’indicateur du climat des affaires est également stable dans l’industrie et les services. Il perd un point dans le bâtiment et trois points dans le commerce de gros par rapport à novembre mais gagne trois points dans le commerce de détail.
L'indicateur de retournement calculé au niveau France reste dans la zone indiquant une situation conjoncturelle favorable.
Ces résultats sont assez conformes aux attentes des économistes. Il n'y a pas d'affermissement de la reprise. La croissance reste assez atone. Néanmoins, l'indicateur de retournement est plutôt bien orienté permettant de présager une amélioration de la conjoncture française dans les prochains mois ce qui est conforme aux prévisions du FMI ou de Bercy. 
Indicateur de climat des affaires France
Indicateur de climat des affaires France
Sources : Insee, enquêtes de conjoncture
Indicateur de retournement France
Indicateur de retournement France

mercredi 22 janvier 2014

Le FMI demande à la BCE d'être plus proactive


Le Fonds monétaire international opte, dans ses prévisions du mois de janvier, pour un optimisme raisonné. L’organisation internationale considère que le renforcement de la croissance au second semestre 2013 devrait se confirmer en 2014 et 2015. De ce fait, elle prévoit une croissance de l’économie mondiale de 3,7 % en 2014 et de 3,9 % en 2015. Le FMI considère que le risque d’inflation est quasi nul avec comme conséquence un alourdissement de la charge de la dette surtout si les taux d’intérêts sont amenés à augmenter avec la fin progressive des injections de liquidités par les Etats-Unis.

Dans son analyse du mois de janvier, le point clef est l’adresse à la Banque centrale européenne d’être plus proactive dans la gestion de la zone euro. Le FMI demande à la Banque centrale de s’inspirer de la méthode américaine ou britannique. Il incite les Européens à poursuivre leurs réformes structurelles et d’avancer dans le fédéralisme économique.

  1. La zone euro au cœur des préoccupations du FMI
La zone euro sort de la récession avec un taux de croissance qui devrait être de 1 % en 2014 et de 1,4 % en 2015. Le Royaume, grâce à sa politique monétaire expansive devrait atteindre 2,25 % de croissance en 2014 et 2015. Le FMI demande à la BCE de pratiquer des injections de liquidités à plus long terme avec le cas échéant des prêts ciblés afin de dynamiser la demande et réduire la fragmentation du marché financier.

Le FMI fixe un programme d’action clair pour l’Europe :

Ø      Couper le lien entre les banques et les banques afin de favoriser le crédit au secteur privé
Ø      Evaluer les bilans des banques
Ø      Réparer les bilans des banques et le cas échéant les recapitaliser
Ø      Achever l’Union bancaire en unifiant les dispositifs de supervision
Ø      Favoriser l’investissement et poursuivre les réformes structurelles

Il n’est par sûr que la BCE se plie aux souhaits du FMI. La BCE demeure, en effet, assez timide même si dans les derniers comptes rendu elle signale qu’elle a conscience des risques déflationnistes. EN revanche, il n’y pas encore de consensus pour entrer dans un nouveau cycle de prêts à long terme. L’Union bancaire bute, dans sa réalisation, sur les oppositions entre pays membres, les Allemands ne souhaitant pas que leurs banques locales soient supervisées par l’échelon européen.

Avec la sortie de la récession du Sud de l’Europe, les investisseurs commencent à s’intéresser à nouveau à l’Espagne ou au Portugal mais le financement demeure très compartimenté ne favorisant pas la relance de l’investissement.

  1. le FMI assez confiant sur la reprise américaine 
Le FMI prévoit pour les Etats-Unis une croissance de 2,8 % en 2014 après 1,9 % en 2013. La croissance pourrait atteindre 3 % en 2015. L’amélioration est en partie liée à l’assouplissement des hausses d’impôt et aux moindres réductions des dépenses en application de l’accord budgétaire. EN revanche, pour 2015, un durcissement budgétaire est attendu et devrait peser sur la croissance.

  1. ralentissement en vue au Japon 
Au Japon, le FMI revoit ses projections à la baisse pour le Japon du fait de l’augmentation de la TVA qui devrait peser sur l’activité. Le taux de croissance devrait être de 1,7 % en 2014 et de 1 % en 2015.

  1. quelques doutes sur les pays émergents 
Le FMI souligne que les pays émergents profiteront de la progression de la demande extérieure des pays avancés lais que de nombreuses faiblesses structurelles pourraient entraver leur développement.

Les économies émergentes et en développement devrait enregistrer une croissance de 5,1 % en 2014 et de 5,4 % en 2015.

La croissance chinoise qui demeure soutenue par l’investissement devrait s’établir à 7,5 % en 2014 et 2015.

Les marchés financiers des pays émergents devraient rester instables avec des mouvements de capitaux assez importants en liaison avec le changement de la politique monétaire américaine. Des sorties de capitaux sont à attendre avec des variations des taux de change. Les pays ayant des balances des paiements courants déficitaires seront vulnérables à ces mouvements de capitaux.

La Chine devra poursuivre sa réorientation économique en réduisant l’investissement en faveur de la consommation. L’inquiétude sur la situation financière des collectivités locales et de certaines entreprises progresse.

Le FMI trace un tableau en demi-teinte de l’économie mondiale avec un raffermissement de la croissance et en confirmant la sortie de la récession de l’Europe. Il n’en demeure pas moins que l’organisation internationale reste prudente sur les évolutions économiques et financières à court et moyen terme compte tenu des menaces liées à la gestion des dettes et à l’impact de la fin progressive des injections de liquidités.


mardi 21 janvier 2014

Regain de forme léger pour le Livret A au mois de décembre

La collecte du Livret A et du Livret de Développement Durable pour le mois de décembre 2013 a été positive de 0,73 milliard d’euros. De ce fait, l’année 2013 restera un bon cru avec une collecte nette totale de 19,1 milliards d’euros. En 2012, du fait des relèvements de plafond, la collecte nette avait été de plus de 49 milliards d’euros. En 2011, elle avait été de 17,49 milliards d’euros.

La collecte nette a été positive pour le Livret A de 350 millions d’euros la portant pour l’année à 12,14 milliards d’euros. Le Livret de Développement Durable a enregistré une collecte positive de 380 millions d’euros et une collecte nette sur l’année de près de 7 milliards d’euros (6,96).

L’encours avec les intérêts capitalisés s’élève à 367,2 milliards d’euros dont 266 milliards d’euros pour le Livret A et 101 pour le LDD. Les intérêts capitalisés ont atteint 5,5 milliards d’euros (4 pour le Livret A et 1,49 pour le LDD).

Les résultats du mois de décembre marquent une petite rupture après 3 mois successifs de décollecte. Le mois de décembre est, en règle générale, profitable à l’épargne de court terme. Les salariés qui bénéficient de primes en fin d’année les placent à court terme en attendant soit de les dépenser ou de les affecter à d’autres types de placements.

Au regard des résultats de ces dix dernières années, la collecte du mois de décembre 2013 est faible. En moyenne, elle est supérieure à 2 milliards d’euros. Du fait du faible taux de rendement du Livret A, les ménages ont sans nul doute laissé une grande partie de leurs disponibilités sur leurs comptes courants.

Ce résultat conforte donc la décision du Gouvernement de maintenir du moins jusqu’au 1er août le taux de l’épargne réglementée à 1,25 %.


lundi 20 janvier 2014

Fin de la croissance triomphante en Chine


Au dernier trimestre 2013, le taux de croissance de la Chine a été de 1,8 %. En comparaison avec nos résultats, c'est Byzance mais pour la Chine cela témoigne d'une véritable inflexion. Pour l'année 2013, le taux de croissance a été de 7,7 % soit en-deçà du trend habituel supérieur à 8. La récession européenne, l'amélioration de la compétitivité américaine et l'épuisement du modèle axé sur les exportations de biens industriels se font sentir. la Chine est confrontée à un changement de paradigme. Elle doit passer d'un système de production à un système de consommation. Aujourd'hui, elle produit environ 50 % de la production industrielle mondiale mais elle en consomme que 8 %. Le passage à une économie de consommation nécessite du temps car il faut mettre en place des réseaux de distribution. Il faut que les Chinois de l'intérieur qui n'ont pas encore profité du développement de ces vingt dernières années puissent accéder aux biens et services.

La Chine est par ailleurs confrontée à deux autres problèmes : la dette et le vieillissement. Ces deux maux ne sont pas l'apanage des pays occidentaux. Les plans de financement des collectivités locales, des entreprises ont été élaborés sur la base d'un taux de croissance de 8 et plus; or son affaiblissement peut remettre en cause la rentabilité de certains investissements et donc mettre en danger le remboursement des emprunts. Le vieillissement pose un problème d'organisation du risque vieillesse, il génère comme chez nous des surcoûts. Par ailleurs, il provoque des pénuries de main d'oeuvre et pèse sur les salaires. L'assouplissement de la règle de l'enfant unique constitue une réponse assez tardive à ce problème car la population active pourrait diminuer d'ici quelques années.

La pollution constitue un autre problème de la Chine moderne. Les autorités ont pris conscience des dangers pour la santé de la pollution. Néanmoins, le recours au charbon, énergie peu chère et abondante, complique la donne.

Compte tenu des différents problèmes auxquels la Chine doit faire face, la croissance devrait poursuivre sa baisse pour atteindre à l'horizon 2020, 5 %. Cette diminution est également la conséquence de la maturation de l'économie chinoise qui de développement à émergent est en phase de normalisation.

samedi 18 janvier 2014

La semaine économique et financière

Le Coin des Epargnants
Le CAC 40 a enfin refranchi la barre des 4300 points avec une hausse de 1,81 % sur la semaine pour atteindre 4327 points.
En ce début d’année, l’optimisme est de rigueur. Ainsi, la Banque Mondiale a revu ses prévisions à la hausse Selon la Banque, la croissance mondiale devrait atteindre 3,2 % contre 2,4 % en 2013. Elle s’attend à une reprise de l’activité dans les prochaines années.
La sortie de la récession de l’Europe pousse les marchés. La zone euro pourrait obtenir un taux de croissance de 1,25 % dès 2014.
De ce fait, les secteurs traditionnels de l’économie se ressaisissent. Alsthom a ainsi gagné 8,22 % sur les cinq derniers jours, Bouygues 7,9 %, Legrand, 7,04 % et Eiffage 5,19 %. Le secteur automobile a connu une bonne semaine Renault a fait la course en tête du CAC 40 et Peugeot connait l’euphorie avec 14,7 % sur la semaine.
Après six années de vaches maigres, le marché automobile européen redresse enfin la tête. Il vient en effet d’enregistrer son quatrième mois consécutif de hausse avec un bond de 13 % des immatriculations en décembre. L’année 2013 se termine ainsi sur une baisse moins sévère que prévu (-1,7 %).
Hollande, simplement changement d’inclinaison ou changement libéral
Le 31 décembre 2013 et le 15 janvier 2014 de François Hollande seront-ils l’équivalent du 25 mars 1983 de François Mitterrand. Il y trente ans, la gauche abandonnait le socialisme dans un seul pays pour se convertir au réalisme économique et décida de jouer la carte de l’Europe.
François Hollande a annoncé la suppression, à l’horizon 2017, des cotisations patronales sur la famille,  soit 30 milliards et 35 milliards d’euros d’allègement de charges.
Logiquement, le CICE (Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi) serait fusionné dans le dispositif et recyclé en baisse de charges à compter de 2016.
Le coût du travail serait allégé de 5% environ, et le taux de marge des sociétés non financières (SNF) serait directement augmenté d’environ trois points. Il remonterait ainsi de 28% aujourd’hui à 31%. Il retrouverait son niveau de 2008 ainsi que son niveau moyen depuis 1986, par ailleurs assez stable. Ce niveau est très en-deçà de la moyenne de la zone euro qui se situe autour de 40 %.
Le Gouvernement devra trouver de nouvelles économies pour financer la suppression des cotisations familiales. Des économies supplémentaires sur les dépenses Peu de détails ont été fournis sur la nature exacte des économies à réaliser.
Il est fort possible que l’Etat diminue les dotations aux collectivités locales en les liant aux regroupements faits (selon un système de bonus-malus). En 2012, les dépenses locales  représentaient en effet 20% du total quand celles de l’Etat comptent pour 34% et celles de la Sécurité sociale 46%.
Zone euro, la déflation s’infiltre
Face à une inflation installée en-dessous de 1 %, le débat sur l’adoption par la BCE de mesures plus fortes refait surface. La reprise naissante s’annonce faible, de ce fait, il y de plus en plus d’experts qui demandent à M.Draghi de prendre des initiatives. Parmi les options envisageables, un programme d’achats de titres contribuerait sans doute le plus efficacement à dynamiser l’activité.
Par une telle mesure, l’investissement productif des entreprises et les embauches pourraient être stimulés.
Etats-Unis, une fin d’année conforme aux espérances
 La production industrielle des Etats-Unis a augmenté  de 0,3% au mois de  décembre contre 1 % au mois de novembre. Le résultat du mois de décembre est en phase avec les attentes du marché. Par rapport à décembre 2012, la production industrielle s'est inscrite en hausse de 3,7%.
 Le taux d'utilisation des capacités de production s’élevait en décembre  à 79,2%, en  hausse de 0,1 point  par rapport au mois de novembre. Il demeure  inférieur d'un point à sa moyenne historique de long terme (1972-2012).
 Les ventes de détail ont enregistré une accélération notable en décembre. Hors automobiles, carburants, matériaux de construction et services alimentaires, leur rythme de progression annualisé sur trois mois s’est inscrit à +5,3% en décembre, après une moyenne de +4,7% au cours des quatre mois précédents.
 Ces données sont compatibles avec une croissance trimestrielle annualisée de 3,7% des dépenses réelles de consommation de ménages au dernier trimestre 2013. Une telle performance serait inédite depuis la fin de 2010, et marquerait une très nette accélération après une progression moyenne de +1,9% sur les trois premiers trimestres de l’année.
 Du fait de l’impact positif du commerce extérieur et de la reconstitution de stock, en moyenne annuelle sur 2013, la croissance pourrait avoir atteint 2%.
 Il faut noter que la réduction des déficits, a lourdement pesé sur la croissance, environ 0,8 point. Or ce frein sera moins puissant en 2014. Les Etats et collectivités locales ont mis fin, dans leur grande majorité, à l’assainissement « structurel » de leurs finances, laissant l’amélioration de la conjoncture conduire à une hausse des recettes et à une baisse des dépenses, alors qu’au niveau fédéral, il n’est prévu cette année aucune hausse de prélèvements. La progression des dépenses reste contrainte par le « sequester », qui a établi des limites pour chaque exercice budgétaire, mais le Congrès a voté une hausse des dépenses discrétionnaires, la première en trois ans. Il faut souligner que l’accord budgétaire, voté cette semaine par le Congrès, permet un financement de l’Etat jusqu’à la fin du mois de septembre. La bonne nouvelle est qu’il n’y aura pas de shutdown en 2014.
 Autre point à prendre en compte provient du fait que les Etats-Unis sont devenus le premier pays producteur de pétrole réduisant leur déficit commercial et contribuant à améliorer la compétitivité.
 A suivre, next week
 Lundi 20 janvier, à Pékin, sera communiqué le PIB du quatrième trimestre et la production industrielle ainsi que les ventes au détail et l’investissement en zones urbaines pour le mois de décembre
A Berlin sera connu les prix à la production de mois de décembre
 Mardi, à Berlin il faudra suivre l’indice ZEW du sentiment économique du mois de janvier
 Mercredi, il faudra regarder les décisions de politique monétaire de la Banque centrale du Japon.
 A Davos commencera le Forum économique mondial et cela jusqu'au 25 janvier.
 A Londres sera publié le nombre des demandeurs d'emploi ainsi que le taux de chômage de décembre.
A Francfort, le Conseil des gouverneurs de la BCE se réunira mais logiquement aucune décision n’est attendue sur les taux.
 Jeudi, à Pékin sera communiqué l’indice PMI Markit-HSBC manufacturier flash de janvier. Il en sera de même pour les indices PMI Markit flash de janvier pour l’Allemagne et pour le Royaume-Uni.
 A Washington, il faudra suivre les inscriptions au chômage de semaine au 18 janvier
 En France, il faudra regarder les enquêtes mensuelles et trimestrielles de conjoncture de l'Insee ainsi que les indices PMI Markit flash manufacturier et services de janvier. Il sera intéressant d’étudier les adjudications d'OAT moyen terme et indexées.

Il manque des sous dans la caisse de l'Etat, la faute à qui ?


Le Gouvernement a du admettre en présentant la situation budgétaire au 30 novembre que les recettes fiscales étaient plus faibles que prévu. La faute à la faiblesse de la croissance mais cette situation n'est-elle pas imputable justement à la hausse des prélèvements sociaux. Philippe Crevel tente de répondre à cette question dans le cadre d'une interview à Atlantico.fr.

Lire l'interview

mercredi 15 janvier 2014

Le taux du LIvret A restera à 1,25 %

Le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici a annoncé aujourd'hui le maintien du taux du livret A à 1,25%. Cette annonce n'est pas une surprise, déjà la semaine dernière sur RTL il avait déclaré : "le gouvernement sera attentif au pouvoir d'achat des épargnants. Sachant qu'avec 1,25%, nous avons déjà atteint un taux bas".D'après les derniers chiffres officiels publiés  mardi 14 décembre, l'inflation s'établit sur un an à 0,7 % en décembre 2013, et le Gouverneur de la Banque de France avait préconisé d'abaisser le taux du livret A à 1% au 1er février. Le Gouvernement a décidé de ne pas respecter la formule de fixation du taux de l'épargne réglementée. Cette divergence entre les préconisations du la Banque de France et les décisions du Gouvernement avait déjà eu un précédent, sous Sarkozy, où les calculs de la Banque de France préconisaient de passer à un taux du livret A à 2,75% alors que l'inflation était à 2,5% et le Gouvernement avait alors décidé de maintenir le taux à 2,25%.
Le maintien du taux à 1,25 % se justifie politiquement. Le Gouvernement n'avait guère envie d'abaisser à 1 % le taux du Livret A à quelques semaines des élections municipales.  La volonté de maintenir le pouvoir d'achat des épargnants apparaît nécessaire.
Ce maintien peut également se justifier afin de ne as amplifier  le mouvement de décollecte que connaît l'épargne réglementée. En trois mois, la décollecte a atteint près de 5 milliards d’euros (4,68 milliards d’euros)  Pour le seul Livret A, la décollecte est de 0,8 milliard d’euros contre 1,44 milliard d’euros au mois d’octobre et 1,56 milliard d’euros au mois de septembre. Pour le Livret de Développement Durable, la décollecte est 0,3 milliard d’euros.
 Il est fort probable que ce processus de collecte se soit poursuivi en décembre, certainement de manière moins marquée car en règle générale, à la fin de l'année, les Français plaçant sur leur Livret A une partie de leurs primes. La baisse de la collecte est très liée à la diminution du taux  qui est passé de 2,25 % à 1,25 % en moins d'un an.
Par ailleurs, le Gouvernement s'attend à une légère reprise du taux d'inflation du fait du relèvement des taux de TVA et du fait de la reprise économique qui devrait générer une hausse des prix des produits pétroliers. 


samedi 11 janvier 2014

La semaine économique et financière du 11 janvier 2014

Le coin des Epargnants

 Le CAC 40 a fait du surplace en ce début d’année avec une petite hausse de 0,07 point. La prudence est de mise face aux incertitudes et après les gains de l’année 2013. Le statuquo monétaire de part et d’autre de l’Atlantique a certainement pesé sur le comportement des investisseurs. Le CAC a terminé vendredi à 4260 points

 France, de la rupture dans le langage au tournant politique

 Près de deux semaines après les vœux, le buzz sur le changement de cap économique du Président économique. L’annonce d’un pacte de responsabilité avec les entreprises a été perçue comme la reconnaissance de leur rôle dans le processus de création de valeurs.
 Le taux de croissance de la France devrait se situer entre 0,7 et 1 % cette année. Le pouvoir espère que la croissance américaine et du reste de l’Europe portera la croissance française. La réduction du déficit public de 4,1 à 3,6 % du PIB pèsera un peu sur la demande intérieure avec un effort budgétaire de 15 milliards d’euros. Pour 2015, le Gouvernement parie sur une croissance de 1,5 %. Les experts économiques  estiment qu’un taux de 1,3 % est plus crédible. Le retour d’une croissance à 2 %, sous réserve d’un contexte favorable, n’est pas envisagé avant 2017.
 A moyen terme, le taux de croissance restera insuffisant pour créer suffisamment d’emplois pour juguler 
la dégradation du chômage enregistré depuis 2009.

 Zone euro, rien n’est fait mais statuquo sur les taux

 Le Président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, qui a jugé jeudi "prématuré" de parler de victoire sur la crise économique en zone euro. Néanmoins, la BCE n’a pas modifié ses taux. Son principal taux directeur est resté à 0,25 %. Le Président a, lors de son point presse, souligné que l’inflation est contenue et basse mais qu’elle devrait revenir progressivement autour de la cible des 2 %. Le taux d’inflation de la zone euro s’élevait à 0,8 %. Il a indiqué que la demande de monnaie restait atone. Au niveau économique, la BCE s’attend à une amélioration progressive au cours des années 2014 et 2015 grâce à une reprise de la demande interne.

 Zone euro, la reprise modérée

 Les trois principaux instituts européen de conjoncture économique (INSEE pour la France, IFO pour l’Allemagne et ISTAT pour l’Italie) sont très prudents et ne s’attendent pas à une reprise à l’américaine. Le retour de la croissance en Europe sera lent et progressif.
 Pour les résultats de la fin de l’année 2013, les trois instituts pensent qu’il y a une légère accélération. Ainsi, si le PIB de la zone euro a augmenté de 0,1 % au 3ème  trimestre 2013 avec une forte diminution de la croissance des exportations, l’activité économique devrait accélérer légèrement (+0,2 % au 4ème trimestre 2013, +0,2 % au 1er trimestre 2014 et +0,3 % au 2ème trimestre 2014). Les instituts considèrent que le moteur de la croissance devrait à terme être la demande interne qui remplacera celui de la demande externe.
 Les instituts notent que la politique budgétaire reste toujours restrictive dans de nombreux États membres et que la situation du marché du travail pourrait conduire à une stagnation du revenu réel disponible, entraînant une croissance limitée de la consommation privée.
 En revanche, l’investissement devrait, selon eux, augmenter grâce à l'accélération progressive de l'activité et à la nécessité de renouveler les capacités de production après une phase marquée d'ajustement. Sous l'hypothèse d’une stabilisation du prix du pétrole à 110 dollars le baril et d’un taux de change euro/dollar fluctuant autour de 1,36, l'inflation globale devrait rester bien en deçà de 2 %. Les trois instituts tablent sur une inflation de 0,9 % au 1er trimestre 2014 et de 1,1 % au 2ème trimestre 2014.
 Les instituts admettent que leur scénario peut être remis en cause avec le cas échéant une croissance de l’investissement plus forte que prévu, due à l'amélioration de l'accès au crédit. Par ailleurs, il est possible que la consommation privée stagne en raison de la faiblesse persistante du marché du travail et d’une demande extérieure plus faible dans les économies émergentes.

 Etats-Unis, ça tourne rond

 238 000 créations d’emplois ont été créés au mois de décembre soit plus que prévu. L’amélioration du marché du travail se poursuit.
 Le taux de de chômage est passé à 7% en novembre et à 6,7% en décembre. Il est à son plus bas niveau depuis cinq ans tout en étant encore au-dessus de son taux naturel. Il faut, par ailleurs, noté que du fait des retraits du marché du travail, le taux de chômage réel au-dessus de 8 %.

 A suivre next week

 Lundi 13 février, en France, il faudra suivre les indicateurs composites avancés de l'OCDE au mois de janvier avec la confirmation d’une reprise progressive des pays avancés. Aux Etats-Unis, il faudra suivre les résultats du budget fédéral pour le mois de décembre. A Détroit, le début des journées presse du salon de l'automobile sera à décrypter pour analyser l’évolution du marché automobile américain mais aussi mondial.

 Mardi 14 janvier, sera communiquée la balance des paiements de la France pour novembre. Il faudra suivre surtout, toujours en France, l’indice des prix à la consommation de décembre. Logiquement, le taux d’inflation devrait rester autour de 0,7 à 0,8 %. Le Gouvernement sera amené à trancher sur le taux du Livret A qui devrait rester à 1,25 % même si l’application de la formule devrait ramener le taux à 1 %.
 Toujours mardi et toujours en France, sera rendu public la situation mensuelle budgétaire de l'État de novembre.
 A Berlin sera connue la première estimation du PIB pour 2013. A Londres, le taux d’inflation pour décembre sera communiqué. A Bruxelles, la production industrielle du mois de novembre pour la zone euro sera rendue publique. A Washington, mardi sera riches en résultats : prix import/export du mois de décembre, les ventes au détail toujours pour décembre et les stocks des grossistes pour novembre

 Mercredi, en France, il faudra suivre les créations d'entreprises de décembre et l’indice de référence des loyers du 4ème trimestre.
 A Bruxelles, sera communiquée la balance commerciale de la zone euro pour novembre.
 Aux Etats-Unis, il faudra regarder l’indice manufacturier "Empire State" de janvier  en l’indice des prix à la production de décembre.

 Jeudi, en France, il faudra suivre l’adjudication d'OAT moyen terme.
 A Berlin sera communiqué le taux d’inflation de décembre quand à Bruxelles ce sera le taux d’inflation de la zone euro de décembre. A Washington sera également rendu public, l’indice des prix à la consommation de décembre. Il faudra également suivre les  inscriptions au chômage de semaine au 11 janvier et l’indice immobilier NAHB de janvier.

 Vendredi, à Londres, il faudra suivre les ventes au détail de décembre et les mises
 A Washington, seront communiqués les mises en chantier et les permis de construire de décembre

jeudi 9 janvier 2014

Quel avenir pour le secteur automobile en France ?


La Tribune a publié un article de Philippe Crevel consacré au marché de l'automobile français. Après les résultats de 2013 marqués à la fois par le recul des parts de marché des constructeurs français et par le repli des ventes, l'industrie automobile est-elle condamnée.

 Lire l'article

mardi 7 janvier 2014

L'épargne et le Gouvernement


Philippe Crevel, Secrétaire Général du Cercle des Epargnants, a été interviewé par le quotidien 20 Minutes au sujet de "la relation «schizophrénique» du gouvernement avec l’épargne des Français". Lire l'article sur le site de 20 Minutes

lundi 6 janvier 2014

Europ Midi : Philippe Crevel invité de wendy Bouchard sur l'épargne

Philippe Crevel est intervenu dans l'émission Europ Midi animée par la journaliste Wendy Bouchard, au sujet des Français et de l'épargne. Il a répondu aux différentes questions des auditeurs et des invités sur le plateau

Ecouter l'interview

Rente ou pas rente sur Atlantico.fr


Les rentiers du 19ème siècle ont disparu et ont laissé place  à de nouveaux rentiers. Qui sont-ils et quelles sont les conséquences de la rente des temps modernes pour la France. Philippe Crevel a répondu  à une interview sur le site Atlantico.fr

Lire l'articlefr

samedi 4 janvier 2014

La semaine économique et financière du 4 janvier 2014

Le Coin des Epargnants

Le CAC 40 a progressé de 17,99 % en 2013 et a flirté avec les 4300 points. Elle a terminé la première semaine de l’année avec une petite baisse de 0,70 %. Dans un marché, assez calme, les investisseurs ont à la fois engrangé quelques bénéfices et ont été un peu inquiété par les incertitudes chinoises et les prévisions pessimistes sur l’industrie française.

Si les deux précédentes années avaient été marquées par le relèvement du plafond du Livret A, 2014 a débuté avec le relèvement du plafond du PEA à 150 000 euros. L’année verra l’arrivée de deux nouveaux contrats d’assurance-vie orientée « actions », l’euro-croissance et le contrat Génération.

Le temps des vœux présidentiels

François Hollande a à l’occasion de ses vœux du 31 décembre tracé quelques lignes pour son action dans les prochains mois. Il a notamment admis que « les impôts sont devenus lourds, trop lourds, à force de s’accumuler depuis de nombreuses années.

Il a promis la création d’un « pacte de responsabilité aux entreprises fondé sur un principe simple : moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en contrepartie, plus d’embauches et plus de dialogue social ».

Il a souligné qu’il entend réduire la dépense publique. « Nous devons faire des économies partout où elles sont possibles. Et j'ai la certitude que nous pouvons faire mieux en dépensant moins. Cela vaut pour l’Etat, qui doit se concentrer sur ses missions essentielles, mais aussi pour les collectivités locales, qui doivent voir leurs compétences clarifiées ; et pour la sécurité sociale, qui est notre bien le plus précieux, qui doit en terminer avec les excès - nous les connaissons - et les abus ». Il a précisé que « nous devons dépenser moins pour réduire notre déficit mais aussi pour pouvoir, à terme, baisser les impôts. C’est là le sens de la réforme fiscale que nous avons engagée ».

Espagne, retour de l’enfer

 En Espagne, pour la première fois depuis 2006, le chômage a reculé en 2013 avec une diminution de 147 385 demandeurs d'emploi. Au mois de décembre, la baisse atteint 107 570  par rapport au mois précédent.

 Le nombre de demandeurs d’emploi reste néanmoins à un niveau. Environ 4,7 millions de personnes sont à la recherche d'un emploi. Au troisième trimestre 2013, le taux de chômage établi par l'Institut national de la statistique s'établissait à 25,98%.

L’Espagne a renoué avec la croissance au 3ème trimestre avec un petit gain de 0,1 %. Les résultats du commerce extérieur sont redevenus positifs. La compétitivité de l’économie espagnole s’est améliorée par les baisses des salaires et par les réformes concernant le marché du travail.

Chine, inquiétudes relatives

Avec le ralentissement de la croissance, quelques tensions financières renaissent en Chine. L’endettement du système bancaire et des collectivités locales ne supportent pas la baisse de l’activité.
Néanmoins, un atterrissage brutal n’est pas à l’ordre du jour. Le taux de croissance devrait se situer autour de 7 %.

La Chine doit digérer sa forte croissance des décennies précédentes et passé à un modèle de consommation en lieu et place d’un système économique axé sur les exportations industrielles.
La Chine doit faire face en Asie même à des concurrents coriaces tant au niveau du haut de gamme qu’au niveau des gammes moyennes. La Corée du Sud devrait enregistrer des bons résultats du fait de ses liens avec les Etats-Unis. La Malaisie, l'Indonésie ou l'Inde devraient connaître une expansion plus dynamique en 2014 avec un taux de croissance de plus de 6%.

Japon, le plus dur est à venir !

L’année 2014 risque d’être compliquée pour le Japon. En 2013, l’Abenomics a permis une augmentation de la demande et de la bourse. En 2014, les Japonais vont devoir supporter une forte hausse de la TVA qui va passer de 5 à 8%.

Le Premier Ministre a tenté d’éviter cette hausse mais elle est devenue incontournable afin de financer le système de retraite japonais et la politique de relance par les travaux publics. Les dépenses sociales progressent très rapidement du fait du vieillissement de la population. En 2013, le Japon a vu sa population diminuer de 244.000 habitants.
Le Japon va devoir se résigner à recourir à l’immigration.  Le sujet est sensible car le doublement de la population étrangère à 2,2 millions de personnes au cours de ces vingt dernières années a entraîné des crispations dans l’archipel. La population immigrée ne représente que  2% de la population totale. Par comparaison, les immigrés représentent environ 11% de la population en France 
Le Premier Ministre veut ouvrir  le marché japonais aux investisseurs étrangers mais il y a aussi des résistances sur ce sujet.

A suivre, next week

Lundi 6 janvier, il faudra regarder la publication des indicateurs avancés, le PMI Markit services du mois de décembre au Japon et le PMI Markit services toujours de décembre pour la Chine mais aussi celui de Washington. De même, seront publiés à Berlin, l’indice PMI Markit services et le taux d’inflation de décembre.
Aux Etats-Unis, il faudra regarder les commandes à l'industrie du mois de novembre.

Lundi, la Direction du Trésor français réalisera sa première adjudication. Du fait du retour en flamme des Etats d’Europe du Sud, une augmentation des taux sur les titres français pourrait intervenir en ce début d’année 2014.

Mardi 7 décembre sera publié le nombre de demandeurs d'emploi et le taux de chômage à Berlin. A Bruxelles, le taux d’inflation de la zone euro sera publié pour le mois de décembre.
A Washington sera communiquée la balance commerciale de novembre
En France, sera publiée l’enquête de conjoncture auprès des ménages du mois de décembre

Mercredi 8 janvier seront publiées  la balance commerciale de novembre et les commandes à l'industrie de novembre pour l’Allemagne. A Bruxelles, seront rendus publics les ventes au détail zone euro et le taux de chômage zone euro pour le mois de novembre.
A Washington sera communiqué les résultats du crédit à la consommation de novembre

Jeudi 9 janvier, seront communiqués les indices  du climat des affaires et du sentiment économique de la  zone euro du mois de décembre. A Berlin sera connue la production industrielle de mois de novembre. A Londres, il faudra suivre les résultats de la balance commerciale de novembre et la décision de politique monétaire.

En France, il faudra suivre les résultats du commerce extérieur pour le mois de novembre.

A Francfort, il faudra suivre le Conseil des gouverneurs de la BCE qui pourrait être amené à prendre des décisions sur les taux.

Aux Etats-Unis, seront communiqués les résultats des inscriptions au chômage pour la première semaine.

Vendredi, il faudra regarder la production industrielle de novembre pour la France. Elle est attendue en baisse. Il faudra également suivre la production industrielle du Royaume-Uni. De même, il faudra prendre en compte les résultats de l’emploi pour le mois de décembre aux Etats-Unis et les stocks et ventes des grossistes / novembre

vendredi 3 janvier 2014

La voiture, c'est foutu ?

Pour la quatrième année consécutive, les ventes de voitures particulières neuves ont, en France, baissé de 5,7% en 2013 et se sont élevées à 1,79 million d’unités.

 Evidemment que la crise qui a provoqué une baisse du pouvoir d’achat, une augmentation du chômage et qui se traduit également par un durcissement à l’accès au crédit expliquent cette diminution.
 Mais au-delà des facteurs conjoncturels, il ne faut pas négliger que de nombreux facteurs structurels jouent contre l’achat de voitures.

 Le premier élément à prendre en compte est l’urbanisation de la France. Aujourd’hui, près de quatre Français sur cinq vivent en milieu urbain. En effet, 77,5 % de la population française vit en zone urbaine, soit 47,9 millions d'habitants, selon l’INSEE. Les villes occupent désormais 21,8 % du territoire, soit une progression de 19 % en dix ans. La progression de ces dernières années est plus forte que celui enregistré dans les années 80 et 90. Les grandes métropoles de Paris, Nantes, Bordeaux, Toulouse, de Montpellier ou de Lyon attirent de plus en plus de personnes. Or, cette densification de a population a pour conséquence la montée en puissance des transports en public. La voiture est, en outre, pénalisée dans ces grands centres urbains du fait que depuis vingt ans la réalisation de nouveaux axes de communication routière n’a pas suivi la progression de la population. Les embouteillages dissuadent les urbains à acquérir une voiture. A Paris où l’offre de transport public est importante et où les difficultés de circulation et de stationnement sont connues, moins d’un habitant sur deux a une voiture, soit le taux le plus faible de France.

 L’urbanisation a un autre impact, l’augmentation du coût du logement. En France, le prix de l’immobilier a doublé en dix ans. Cette appréciation concerne essentiellement les grandes métropoles. Quand les charges liées au logement représentent plus du quart du budget des dépenses d’un ménage, ce dernier est contraint de réaliser des arbitrages qui peuvent aboutir à reporter l’achat d’une nouvelle voiture.

 La contrainte économique et financière est relative. Contrairement à certaines idées reçues, le coût de la voiture est aujourd’hui moins élevé que dans les années 60 en proportion du revenu. Le nombre de jours de travail nécessaire pour acheter une voiture s’est fortement contracté. Même sur ces vingt dernières années, la part de l’automobile dans le budget des ménages est passée de 11,1 à 9,4 %. Si le poste achat est en baisse, en revanche, les dépenses annuelles liées à l’entretien (carburant, entretien, péages) augmentent. Elles ont progressé de 1000 euros en vingt ans. Mais, les ménages doivent faire face à de nouvelles dépenses et une fois de plus effectuer des choix. Ainsi, la forte augmentation des dépenses liées à Internet, à la communication nécessite de réaliser des économies. Par ailleurs, les Français voyagent moins longtemps mais plus loin. De e fait, le recours à des modes de transports rapides s’accroit. Le développement d’un réseau ferré à grande vitesse dissuade de nombreux Français d’utiliser la voiture pour aller dans le Sud de la France, sur la côte atlantique… De même, l’essor des compagnies aériennes low cost a permis à de nombreux Français de voyager à moindres frais et plus souvent. Il n’est pas étonnant que le nombre de kilomètres parcourus avec sa voiture diminue. Il est passé de 13 000 kilomètres à 11 755 kilomètres de 1990 à 2010.

 Le vieillissement de la population joue également contre l’automobile. L’achat d’une voiture est assez lié à famille, amener les enfants à l’école ou aux différentes animations, transporter les courses, se déplacer pour les vacances… Une fois les enfants élevés et partis, l’usage de la voiture diminue et son usure avec retardant d’autant l’acquisition d’une nouvelle voiture qui sera, par ailleurs, plus petite.

 La voiture s’est banalisée. C’est devenu un outil et moins un symbole. Moyen d’émancipation, marqueur social dans les années 60 et 70, la voiture est devenue un moyen de transport. C’est assez logique. La diffusion de l’automobile à toutes les classes sociales s’est réalisée durant les années 70 et 80. A partir du moment où la quasi totalité des Français ont une voiture, sa possession n’est plus un élément différenciant. Le parc de voitures particulières atteint plus de 31 millions. Il était de 6 millions en 1960 et de 21 millions en 1980. Malgré la crise, il continue de progresser ; + 0,2 % en 2012. Plus de 83 % des ménages ont une voiture et 30 % en possèdent plus d’une contre respectivement 71 et 15 % en 1980. Le succès répété du Mondial de l’Automobile, tous les deux ans à Paris, montre néanmoins que la voiture conserve néanmoins un pouvoir d’attraction fort dans la population.

 Les jeunes sont aujourd’hui moins enclins que leurs aînés à passer leur permis de conduire et à acquérir une automobile. Ils sont les principales victimes de la crise et ne disposent pas de moyens suffisants pour accéder à la voiture. Par ailleurs, ils ne jugent pas la voiture comme un élément clef pour s’émanciper des parents. Les rapports enfants / parents ont fortement évolué. Il y a moins d’opposition que dans le passé et les liens demeurent fort dans les premières années de la vie professionnelle. L’émancipation passe plus par les réseaux sociaux que par la voiture.

 L’amélioration de la qualité des voitures est un autre facteur à prendre en compte. Autrefois, tout voyage de plus de 800 kilomètres nécessitait une préparation : vérification des niveaux d’huile, d’eau voire une révision. Aujourd’hui, les fameuses révisions s’effectuent tous les 25 000 kilomètres. Les pannes sont moins nombreuses et sont bien souvent électroniques plus que mécaniques. De ce fait, il n’est pas étonnant que les Français gardent plus longtemps leur voiture. La durée moyenne de détention est passée de 3,7 à 5 ans de 1990 à 2010. Par voie de conséquence, l’âge moyen des véhicules augmente ; il est passé de 5,9 ans à 8 ans sur la même période.

 La voiture n’est pas foutue au regard des chiffres. C’est son usage qui se modifie. Il est certain que le covoiturage, l’auto-partage sont des pratiques amenées à se diffuser. A partir du moment où l’utilisation d’une voiture n’est pas une obligation quotidienne, que le nombre de kilomètres effectués diminue, le recours à ces nouvelles formes d’utilisation est assez logique. Mais, pour le moment, c’est encore des phénomènes marginaux.

 L’automobile française est-ce la fin ? Renault (hors Dacia), Peugeot et Citroën ne représentent désormais plus que 48,7 % du marché, contre 52,8 % en 2008. Dans les années quatre-vingt, les constructeurs français détenaient environ 60 % des parts de marché. Cette baisse est assez logique du fait de l’augmentation du nombre de producteurs. Jusque dans les années 80, le marché européen se limitait à quelques marques, Renault, Peugeot, Citroën, Volkswagen, Fiat; Ford, Opel, Rover… Deux phénomènes ont modifié la donne, l’arrivée des marques de luxe sur les créneaux des moyennes et petites voitures et l’arrivée de nouveaux constructeurs japonais puis coréens. Il en a résulté une baisse des parts de marché pour les Français. Mais, à l’exception de l’Allemagne, tous les autres pays ont connu un effritement voire un déclin de leurs constructeurs nationaux (Royaume-Uni, Suède, Italie, Espagne).

 Les marques françaises n’ont pas su monter en gamme et ont perdu la clientèle aisée voire moyenne qui a été conquis par les modèles premium allemands. Le succès de BMW (Mini comprise) et d’Audi témoignent que l’automobile fait toujours rêver. De même, les constructeurs français ont été longtemps absents des marchés des SUV et 4x4 en fort essor dans les années 90 et 2000. En revanche, Renault a su proposer une offre lowcost avec Dacia qui a réussi à conquérir 5 % du marché français.

 Les constructeurs français se sont internationalisés et sont présents, en Europe, en Afrique, en Amérique Latine et en Asie. Certes, il faut regretter que cette internationalisation ai été trop lente et ait été réalisée au détriment es centres de production français mais elle est la condition de survie. Il n’en demeure pas moins qu’il est assez logique que le marché français n’échappe pas à cette internationalisation.
 Les constructeurs français mettent en avant les coûts du travail pour expliquer tout ou partie de leurs problèmes. L’écart de coûts avec l’Allemagne ne permet pas de justifier la différence de résultats. Néanmoins, les constructeurs allemands ont utilisé à la perfection la division internationale du travail en privilégiant l’intégration de pièces en provenance des pays à bas coûts. Les usines allemandes sont des centres d’assemblages  de puzzles dont les morceaux viennent des pays d’Europe de l’Est ou d’Asie. Ils ont réussi à maintenir leurs produits sur le haut de gamme par un fin travail de marketing et par un haut niveau d’investissement. Enfin, les constructeurs allemands bénéficient d’importants soutiens financiers à travers les réseaux bancaires des Länder.

 La mobilité constitue une des révolutions majeures de ces cinquante dernières années. L’automobile doit partager cette avancée avec d’autres moyens de transports mais elle garde des atouts indéniables par la flexibilité et par la multiplicité des tâches qu’elle peut remplir. De ce fait, la fin de la voiture n’est pas pour demain. Les nouveaux marchés que sont l’Asie et l’Afrique constituent des débouchés immenses. L’avènement de nouvelles technologies permettant de réduire la pollution et e faciliter la circulation avec le développement de l’assistance à la conduite, constituent des enjeux de premiers ordres pour cette industrie qui reste structurante pour les économies occidentales. 

mercredi 1 janvier 2014

La lettre du Cercle des Epargnants - janvier 2014



La lettre N°90 du Cercle des Epargnants du mois de janvier est publiée.

Au sommaire :

  • 2014, des anniversaires et des naissances
  • Quel cap pour l'épargne ?
  • Bilan du déblocage de l'épargne salariale
  • La "silver épargne", l'avenir de l'Homme
  • Cher immobilier
  • Quel plafond fiscal
  • Contrat génération, ne jamais suivre l'exemple des vieux


lire la lettre N°90 

PAge 1 N°90