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mercredi 12 août 2015

Quand la Chine s’engage dans la guerre des changes, le monde tremble



La Chine a décidé de déprécier sa monnaie afin de freiner la décroissance de son économie. Le pays ainsi s’engage dans une bataille des changes qui pourrait impacter le commerce international mais aussi toute la région asiatique

Chine a, en effet, abaissé le taux de référence du yuan face au dollar à deux reprises provoquant une dépréciation de facto de sa monnaie. Celle-ci a atteint son plus bas niveau en quatre ans, à 6,43 yuans pour 1 dollar, mercredi 12 août. Le yuan a désormais perdu 3,5 % en Chine au cours entre lundi et mercredi et environ 4,8 % sur les marchés mondiaux.

A la différence des Etats-Unis ou de la zone euro, la monnaie chinoise n’est pas une monnaie qui évolue en fonction de l’offre et de la demande sur les marchés des changes. La Chine fixe administrativement chaque matin un cours pivot autour duquel sa monnaie ne pourra pas s’écarter de plus de 2 %, à la hausse ou à la baisse.

Les Chinois avaient accepté depuis plusieurs années de relever le cours de leur monnaie tout à la fois à la demande des grands pays importateurs comme les Etats-Unis mais aussi afin de réduire le coûts de ses importants notamment énergétiques et pour faciliter la politique d’achats d’actifs à l’étranger.

Pourquoi la Chine favorise la dépréciation de leur monnaie ?

Le changement de pied des autorités chinoises est lié à la baisse de la croissance, baisse qui s’explique tant par la stagnation des exportations que par le changement de modèle économique.

Depuis 2011, le commerce international stagne voie recule. Il a été pénalisé la crise de la zone euro et par la chute des cours des matières premières. En outre, la Chine ne peut plus guère espérer augmenter ses parts de marché à la fois parce qu’elle est déjà pour de nombreux produits industriels en position dominante et qu’elle est confrontée à une augmentation de ses coûts la contraignant à opérer des délocalisations.

L’économie chinoise est de plus en plus dépendante des services or, ces derniers génèrent moins de gains de productivité que l’industrie. Il en résulte une moindre croissance. Le vieillissement de la population devrait également peser sur la croissance.

Si les pouvoirs publics sont conscients que la croissance devrait s’amoindrir dans les prochaines années, ils souhaiteraient que cette baisse soit très progressive or, depuis 2014, la chute a plutôt tendance à s’accélérer. Une croissance plus faible prévue à des conséquences économiques, sociales et politiques.

Au niveau économique et financier, une activité moins soutenue que prévue signifie que les plans d’investissement sont à revoir, que des projets montés sur la base d’une croissance de 8 à 10 % ne sont plus rentables à 7 % et que de ce fait, les remboursements d’emprunt ne pourront pas être tenus. Il en résulte un risque bancaire d’autant plus que le niveau d’endettement est élevé pour les structures financières.

Au niveau social, une moindre croissance signifie des salaires plus faibles et l’apparition d’un sous-emploi. Or, le gouvernement chinois est craint toujours qu’un malaise social se transforme en agitation politique.

Les craintes économiques, financières et sociales ont poussé les autorités chinoises à agir sur le cours de la monnaie.

Quelles conséquences ?

La baisse du RMB devrait améliorer la compétitivité des produits chinois et donc les exportations. Cela devrait nuire à l’Allemagne, la Corée et le Japon mais également voire surtout aux pays émergents concurrents de la Chine.

Cette dépréciation de la monnaie chinoise devrait conduire à une baisse bourses des pays émergents mais aussi occidentales.

La dépréciation devrait pénaliser le pouvoir d’achat des consommateurs chinois qui devraient être confrontés à une augmentation plus rapide des prix (augmentation du prix des importations). Cette dévaluation si elle devrait provoquer un coup de fouet pour la production industrielle pourrait dissuader les entreprises chinoises à monter en gamme. Elle pourrait aussi réduire les possibilités de rachat à l’international en raison d’une baisse du pouvoir d’achat de la monnaie chinoise.

En revanche, les ménages chinois peuvent espérer une baisse des taux d’intérêt sauf si l’inflation s’élevait trop fortement.

L’enclenchement d’une guerre des changes

La guerre des changes déclarée par la Chine peut provoquer par réaction, des politiques monétaires plus expansionnistes dans les pays asiatiques concurrents de la Chine (Japon, Corée, Thaïlande, Cambodge...).

La dépréciation du RMB pourrait aussi conduire la Réserve Fédérale américaine à reporter de quelques mois la décision de relever les taux qui ne ferait qu’accélérer l’appréciation du dollar ;

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lundi 20 janvier 2014

Fin de la croissance triomphante en Chine


Au dernier trimestre 2013, le taux de croissance de la Chine a été de 1,8 %. En comparaison avec nos résultats, c'est Byzance mais pour la Chine cela témoigne d'une véritable inflexion. Pour l'année 2013, le taux de croissance a été de 7,7 % soit en-deçà du trend habituel supérieur à 8. La récession européenne, l'amélioration de la compétitivité américaine et l'épuisement du modèle axé sur les exportations de biens industriels se font sentir. la Chine est confrontée à un changement de paradigme. Elle doit passer d'un système de production à un système de consommation. Aujourd'hui, elle produit environ 50 % de la production industrielle mondiale mais elle en consomme que 8 %. Le passage à une économie de consommation nécessite du temps car il faut mettre en place des réseaux de distribution. Il faut que les Chinois de l'intérieur qui n'ont pas encore profité du développement de ces vingt dernières années puissent accéder aux biens et services.

La Chine est par ailleurs confrontée à deux autres problèmes : la dette et le vieillissement. Ces deux maux ne sont pas l'apanage des pays occidentaux. Les plans de financement des collectivités locales, des entreprises ont été élaborés sur la base d'un taux de croissance de 8 et plus; or son affaiblissement peut remettre en cause la rentabilité de certains investissements et donc mettre en danger le remboursement des emprunts. Le vieillissement pose un problème d'organisation du risque vieillesse, il génère comme chez nous des surcoûts. Par ailleurs, il provoque des pénuries de main d'oeuvre et pèse sur les salaires. L'assouplissement de la règle de l'enfant unique constitue une réponse assez tardive à ce problème car la population active pourrait diminuer d'ici quelques années.

La pollution constitue un autre problème de la Chine moderne. Les autorités ont pris conscience des dangers pour la santé de la pollution. Néanmoins, le recours au charbon, énergie peu chère et abondante, complique la donne.

Compte tenu des différents problèmes auxquels la Chine doit faire face, la croissance devrait poursuivre sa baisse pour atteindre à l'horizon 2020, 5 %. Cette diminution est également la conséquence de la maturation de l'économie chinoise qui de développement à émergent est en phase de normalisation.

samedi 4 janvier 2014

La semaine économique et financière du 4 janvier 2014

Le Coin des Epargnants

Le CAC 40 a progressé de 17,99 % en 2013 et a flirté avec les 4300 points. Elle a terminé la première semaine de l’année avec une petite baisse de 0,70 %. Dans un marché, assez calme, les investisseurs ont à la fois engrangé quelques bénéfices et ont été un peu inquiété par les incertitudes chinoises et les prévisions pessimistes sur l’industrie française.

Si les deux précédentes années avaient été marquées par le relèvement du plafond du Livret A, 2014 a débuté avec le relèvement du plafond du PEA à 150 000 euros. L’année verra l’arrivée de deux nouveaux contrats d’assurance-vie orientée « actions », l’euro-croissance et le contrat Génération.

Le temps des vœux présidentiels

François Hollande a à l’occasion de ses vœux du 31 décembre tracé quelques lignes pour son action dans les prochains mois. Il a notamment admis que « les impôts sont devenus lourds, trop lourds, à force de s’accumuler depuis de nombreuses années.

Il a promis la création d’un « pacte de responsabilité aux entreprises fondé sur un principe simple : moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en contrepartie, plus d’embauches et plus de dialogue social ».

Il a souligné qu’il entend réduire la dépense publique. « Nous devons faire des économies partout où elles sont possibles. Et j'ai la certitude que nous pouvons faire mieux en dépensant moins. Cela vaut pour l’Etat, qui doit se concentrer sur ses missions essentielles, mais aussi pour les collectivités locales, qui doivent voir leurs compétences clarifiées ; et pour la sécurité sociale, qui est notre bien le plus précieux, qui doit en terminer avec les excès - nous les connaissons - et les abus ». Il a précisé que « nous devons dépenser moins pour réduire notre déficit mais aussi pour pouvoir, à terme, baisser les impôts. C’est là le sens de la réforme fiscale que nous avons engagée ».

Espagne, retour de l’enfer

 En Espagne, pour la première fois depuis 2006, le chômage a reculé en 2013 avec une diminution de 147 385 demandeurs d'emploi. Au mois de décembre, la baisse atteint 107 570  par rapport au mois précédent.

 Le nombre de demandeurs d’emploi reste néanmoins à un niveau. Environ 4,7 millions de personnes sont à la recherche d'un emploi. Au troisième trimestre 2013, le taux de chômage établi par l'Institut national de la statistique s'établissait à 25,98%.

L’Espagne a renoué avec la croissance au 3ème trimestre avec un petit gain de 0,1 %. Les résultats du commerce extérieur sont redevenus positifs. La compétitivité de l’économie espagnole s’est améliorée par les baisses des salaires et par les réformes concernant le marché du travail.

Chine, inquiétudes relatives

Avec le ralentissement de la croissance, quelques tensions financières renaissent en Chine. L’endettement du système bancaire et des collectivités locales ne supportent pas la baisse de l’activité.
Néanmoins, un atterrissage brutal n’est pas à l’ordre du jour. Le taux de croissance devrait se situer autour de 7 %.

La Chine doit digérer sa forte croissance des décennies précédentes et passé à un modèle de consommation en lieu et place d’un système économique axé sur les exportations industrielles.
La Chine doit faire face en Asie même à des concurrents coriaces tant au niveau du haut de gamme qu’au niveau des gammes moyennes. La Corée du Sud devrait enregistrer des bons résultats du fait de ses liens avec les Etats-Unis. La Malaisie, l'Indonésie ou l'Inde devraient connaître une expansion plus dynamique en 2014 avec un taux de croissance de plus de 6%.

Japon, le plus dur est à venir !

L’année 2014 risque d’être compliquée pour le Japon. En 2013, l’Abenomics a permis une augmentation de la demande et de la bourse. En 2014, les Japonais vont devoir supporter une forte hausse de la TVA qui va passer de 5 à 8%.

Le Premier Ministre a tenté d’éviter cette hausse mais elle est devenue incontournable afin de financer le système de retraite japonais et la politique de relance par les travaux publics. Les dépenses sociales progressent très rapidement du fait du vieillissement de la population. En 2013, le Japon a vu sa population diminuer de 244.000 habitants.
Le Japon va devoir se résigner à recourir à l’immigration.  Le sujet est sensible car le doublement de la population étrangère à 2,2 millions de personnes au cours de ces vingt dernières années a entraîné des crispations dans l’archipel. La population immigrée ne représente que  2% de la population totale. Par comparaison, les immigrés représentent environ 11% de la population en France 
Le Premier Ministre veut ouvrir  le marché japonais aux investisseurs étrangers mais il y a aussi des résistances sur ce sujet.

A suivre, next week

Lundi 6 janvier, il faudra regarder la publication des indicateurs avancés, le PMI Markit services du mois de décembre au Japon et le PMI Markit services toujours de décembre pour la Chine mais aussi celui de Washington. De même, seront publiés à Berlin, l’indice PMI Markit services et le taux d’inflation de décembre.
Aux Etats-Unis, il faudra regarder les commandes à l'industrie du mois de novembre.

Lundi, la Direction du Trésor français réalisera sa première adjudication. Du fait du retour en flamme des Etats d’Europe du Sud, une augmentation des taux sur les titres français pourrait intervenir en ce début d’année 2014.

Mardi 7 décembre sera publié le nombre de demandeurs d'emploi et le taux de chômage à Berlin. A Bruxelles, le taux d’inflation de la zone euro sera publié pour le mois de décembre.
A Washington sera communiquée la balance commerciale de novembre
En France, sera publiée l’enquête de conjoncture auprès des ménages du mois de décembre

Mercredi 8 janvier seront publiées  la balance commerciale de novembre et les commandes à l'industrie de novembre pour l’Allemagne. A Bruxelles, seront rendus publics les ventes au détail zone euro et le taux de chômage zone euro pour le mois de novembre.
A Washington sera communiqué les résultats du crédit à la consommation de novembre

Jeudi 9 janvier, seront communiqués les indices  du climat des affaires et du sentiment économique de la  zone euro du mois de décembre. A Berlin sera connue la production industrielle de mois de novembre. A Londres, il faudra suivre les résultats de la balance commerciale de novembre et la décision de politique monétaire.

En France, il faudra suivre les résultats du commerce extérieur pour le mois de novembre.

A Francfort, il faudra suivre le Conseil des gouverneurs de la BCE qui pourrait être amené à prendre des décisions sur les taux.

Aux Etats-Unis, seront communiqués les résultats des inscriptions au chômage pour la première semaine.

Vendredi, il faudra regarder la production industrielle de novembre pour la France. Elle est attendue en baisse. Il faudra également suivre la production industrielle du Royaume-Uni. De même, il faudra prendre en compte les résultats de l’emploi pour le mois de décembre aux Etats-Unis et les stocks et ventes des grossistes / novembre

samedi 28 décembre 2013

La semaine économique et financière

52ème lettre économique et financière du Cercle pour l'année 2013. Bonne Fin d'Année à tous et à vendredi prochain pour la première lettre de l'année 2014 .

Le coin des épargnants 

La semaine aura été marquée par la poursuite de la décollecte du Livret A et du LDD qui néanmoins termineront l'année avec un solde très positif autour de 18 milliards d'euros. L'assurance-vie a confirmé qu'elle résiste bien sans pour autant faire des étincelles avec une collecte nette positive de 600 millions d'euros au mois de novembre. Depuis le début de l'année, la collecte s'élève à 12 milliards d'euros.
De son côté, le CAC 40 a progressé de 3,68 % en une semaine. La perte sur un mois est limitée à 1,41 %. 
Depuis le 1er janvier, la hausse est désormais de 15,86 %.

Le CAC 40 a terminé à 4 277 points revenant autour de la barre symbolique des 4 300 points toujours pas franchie. Les bourses ont été dopées par les résultats américains et par les déclarations de la FED de la semaine dernière.

France, chômage le débat empoisonné, la baisse de la hausse ou la hausse de la baisse ?

130 000 emplois n'ont pas trouvé preneurs selon une étude commandée par le MEDEF et de l'autre, le chômage frappe plus de 10,5 % de la population active française. Au mois de novembre, le taux de chômage a progressé de 0,5 % malgré 100 000 contrats d'avenir et au total plus de 400 000 emplois aidés. Le Gouvernement a communiqué sur l’inversion de la courbe du chômage en raisonnant sur une moyenne glissante. Certes, depuis plus de quatre mois, le chômage des jeunes recule quand celui des seniors augmente. Certes, l’emploi non-marchand  progresse quand le secteur marchand continue à diminuer. Il y a certes une inflexion dans le rythme des destructions mais la situation demeure toujours critique. Avec une croissance quasi nulle en 2013 et une croissance qui devrait se situer autour de 1 % en 2014, les espoirs de réellement réduire le chômage sont faibles. Le Président de la République comptera sur la reprise économique de la zone euro et des Etats-Unis pour doper une croissance française anémique et espérer améliorer la situation de l’emploi. La France attendra beaucoup de l’extérieur mais la limite à ce pari provient du niveau extrêmement bas du taux de marge des entreprises français qui limite d’autant leurs capacités de rebond.

Europe, la zone euro passe à 18 et la Grèce préside l’Union européenne

Au 1er janvier, la zone euro accueille la Lettonie qui devient le 18ème Etat membre. Cette intégration intervient avec près de 6 ans de retard. La Lettonie a réussi à régler ses problèmes de finances publiques.

La Lettonie fait, aujourd’hui, figure de bon élève de la zone euro avec  une hausse annuelle de son PIB de plus de 5% en 2011 et 2012. En 2013, la hausse devrait être de 4 %. Le taux d’inflation devrait se situer autour de 0,3 % cette année. Le taux de chômage est en recul. Il est passé de 13% au premier trimestre 2013  à 11,8% au troisième trimestre. Il pourrait revenir à 10 % et être ainsi dans la moyenne de la zone euro au cours de l’année 2014.  Certains secteurs font état de pénurie de main d’œuvre qualifiée, même si le rythme de progression des salaires en général (+4,5 à 5%) paraît en ligne  avec les gains de productivité, d’où une stabilité des coûts unitaires de main d’œuvre.

Le déficit des administrations publiques devrait atteindre  1,3% en 2013, soit le même niveau  que celui de 2012. En 2010 le déficit public de la Lettonie était de 8,1%. Pour 2014, le déficit devrait se situer autour de 0,9 % du PIB. La dette publique s’élève à 42,5% du PIB en 2013, contre 9% avant 2008. Les banques lettones respectent les conditions fixées par la BCE en matière de ratio de solvabilité.

La Lettonie est avant tout un pays de services qui représentent 70 % de son PIB contre 26 % pour l’industrie et 4 % pour l’agriculture.

La Lettonie suit l’Estonie qui a intégré la zone euro en 2011. La Lituanie qui n’avait pas été retenue en 2007 pourrait en 2014 représenter sa candidature à la zone euro.

Japon, l'Abenomics, un an après… 

L’Abenomics est née un 26 décembre 2012. Un an plus tard, le bilan est mitigé. Quand Shinzo Abe reprend le pouvoir, l’économie japonaise est à l’arrêt. Il décide alors une politique de relance qui repose sur une politique d’expansion monétaire. Il prend le parti de faire baisser le yen afin d’améliorer la compétitivité chancelante des produits japonais. Il fixe, par ailleurs, un objectif de retour de l’inflation à 2 % pour mettre un terme à la déflation. Il met en œuvre un plan de soutien dans le bâtiment et les infrastructures. Ce plan de soutien porte sur 110 milliards d’euros. Pour 2014, il poursuit ce soutien à l’activité avec une hausse de 3,5 % des dépenses du budget.

Le taux de croissance s’est amélioré repassant au-dessus de 1 % au premier semestre 2013. L’inflation évolue désormais entre 1 et 1,5 %. En revanche, la dette publique dépasse 250 % du PIB. Certes, elle est toujours possédée à 90 % par les résidents japonais. Par ailleurs, l’investissement et la production industrielle ont du mal à repartir. La montée du coût de l’énergie importée pénalise la production japonaise.

En 2014, plusieurs écueils pourraient mettre un terme à la relance. Ainsi, Shinzo Abe a prévu d’augmenter la TVA de 5 points pour réduire le déficit. Cette mesure devrait rapporter 60 milliards d’euros. Cette mesure dope avant son entrée la consommation mais devrait avoir un effet récessionniste certain au début de l’année 2014.

L’engagement de réformes structurelles en particulier au niveau du marché du travail. Le travail féminin et l’immigration pourraient être encouragés même si les conservatismes et le nationalisme demeurent puissants au pays du soleil levant.

Il faut noter qu’après des années de stagnation et de repli, la bourse de Tokyo a augmenté de plus de 55 % en un an soit son meilleur résultat en 40 ans. 

Etats-Unis, comment éviter la sortie de route

La croissance américaine est bien de retour après de longs mois d'attente et cela malgré la crise budgétaire qui a gangréné l'année 2013. Au 3ème trimestre, le taux de croissance a atteint en rythme annuel 4,1 %. Les commandes de biens durables ont augmenté de 3,5 % au mois de novembre. La consommation des ménages progresse de 0,5 % soit sa plus forte hausse depuis 5 mois. Le nombre de voitures vendues est au plus haut depuis 2007. Ces résultats sont liés à la hausse des revenus des ménages de 0,2 % au mois dernier. Le taux d'épargne a baissé et se situe désormais à 4,2 % preuve que les Américains ont repris le chemin des magasins qu'ils soient réels ou virtuels. Le retour de la confiance se traduit par un important mouvement de reconstitution des stocks qui explique 1,7 point de la croissance du troisième trimestre. 

En 2014, l’économie américaine devra commencer à se passer progressivement du dopage monétaire. Après le teasing de l’été 2012 qui avait entraîné une remontée des taux et une baisse des places boursières, la FED a décidé d’opérer en douceur pour éviter tout choc obligataire. Par ailleurs, l’accord budgétaire semble donner un peu d’air à l’administration fédérale. Pour savoir si la croissance est bien de retour, il faudra suivre avec attention l’investissement des entreprises dans les prochains mois.

Chine, cela aurait pu être pire

Le taux de croissance de la Chine devrait se situer pour 2013 autour de 7,6 % et non 7,5 % comme le Gouvernement l'avait un temps estimé. Le repli par rapport à 2012 est faible ; en effet, le taux avait été de 7,7 % l'année dernière. 

A suivre, next week 

Lundi 30 janvier, il faudra suivre les promesses de vente immobilières du mois de novembre aux Etats-Unis.

Mardi, il faudra regarder l’indice des prix immobiliers S&P/Case-Shiller du mois d’octobre et l’indice PMI de Chicago du mois de décembre. Il sera intéressant d’étudier le niveau de confiance du consommateur de décembre.

Mercredi 1er janvier 2014, changement de direction au sein de l’Union européenne. C’est au tour de la Grèce de prendre la présidence du Conseil européen pour six mois

Toujours 1er janvier, la Lettonie intègre la zone euro et devient le 18ème Etat.

Jeudi, devra être analysé l’indice PMI Markit manufacturier du mois de décembre de la Chine.

A Berlin, il faudra suivre l’indice PMI Markit manufacturier du mois de décembre ainsi que celui de la zone euro qui sera publié à Londres.

Aux Etats-Unis, il faudra suivre les inscriptions au chômage de la semaine au 28 décembre. Seront également publiés les dépenses de construction du mois de novembre et l’indice ISM manufacturier de décembre.

Vendredi 3 janvier seront publiées aux Etats-Unis les ventes automobiles de décembre