Le taux d'épargne retenu par l'INSEE comprend les remboursements des emprunts immobiliers. Ces remboursements représentent près de la moitié du taux d'épargne.
Il n'est donc pas surprenant de constater, année après année, que le taux de possession de la résidence principale augmente. Il s'établit à 57,9 %. A partir de 30 ans, les propriétaires occupants sont majoritaires dans toutes les classes d'âge.
Les logements locatifs sociaux constituent 15,7 % des résidences principales en recul depuis 2003. Le parc locatif privé fournit 24,4 % des résidences principales. 18% des logements changent chaque année d'occupants.
La crise du logement demeure une réalité en France. Il y a tout à la fois une inadéquation de l'offre par rapport à la demande au niveau géographique mais également une inadéquation de la taille des logements.
Près d'un tiers des ménages n'est constitué que d'une seule personne. 64 % des ménages n'excèdent pas deux personnes. Le nombre moyen de personnes par ménage est de 2,37 en 2009 contre 2,99 en 1999.
Les personnes seules en location se retrouvent essentiellement dans le parc locatif privé (46 %) contre 37 % dans le secteur social et 25 % en propriétaire occupant. Ces chiffres sont assez logiques. Le parc social a été construit pour accueillir des familles nombreuses ; la faible possession de la résidence principale par les personnes seules s'explique par leur insuffisance de revenus et par une une méfiance des banques à prêter quand il n'y a qu'un seul revenu.
La multiplication des divorces et l'éclatement des familles favorisent la pénurie de logements particulièrement en zone urbaine. Cette pénurie frappe les petites surfaces de un à trois pièces obligeant de nombreux jeunes à recourir à la co-location.
Il n'en demeure pas moins que le surpeuplement concerne 15 % du parc total de logements ; 22 % dans le secteur social et 20 % dans le secteur locatif privé. En proche banlieue parisienne, le taux de surpeuplement peut dépasser dans certaines communes les 25 %.
8,8 % des logement sont vacants (2009) contre 8,1 % en 2005. 70 % des logement vacants le restent moins de 3 ans. La vraie vacance supérieure à 3 ans ne concerne que 2,4 % des logements du parc.
Depuis 2007, la surface par habitant à augmenter pour atteindre 36 mètres carrés (+1,7 %). 37, 2 % des propriétaires occupants possèdent de 5 pièces et plus ; 31,8 % des propriétaires occupants disposent de 4 pièces ; 19,8 % 3 pièces ; 8,2 % deux pièces et 3 % une pièce.
8,8 % des locataires du privé disposent de 5 pièces et plus ; 18 % 4 pièces ; 27,6 % 3 pièces ; 26,9 % 2 pièces ; 18,7 % 1 pièce.
La vacance de longue durée concerne essentiellement des zones rurale où il n'y a pas de demande.
mardi 24 août 2010
vendredi 20 août 2010
L’épargnant une proie facile
Le passage de 8 à 6 % du déficit public en 2011 et les risques de dégradation de la note de l’Etat par les agences de notation ont incité la Présidence de la République a solennisé la rencontre du Fort de Brégançon à laquelle assistaient notamment le Premier Ministre, le Ministre du Budget et le Ministre de l’Economie.
L’épargnant est a priori la victime désignée de cette prérentrée. Le rabotage des niches fiscales se mue en réduction des niches relatives à l’épargne. Il faut avouer que tous les gouvernements ont reculé devant la remise à plat général des niches car si dans chacune d’entre elles il y a un chien, dans certaines, le chien est un pitbull.
Les niches concernant le cinéma, les DOM/TOM ou la restauration sont moins faciles à démonter que celles beaucoup plus généralistes qui touchent un grand nombre d’épargnants.
Après la fuite organisée du rapport de l’Inspection Générale des Finances qui semble mettre en cause le bienfondé de certains avantages fiscaux accordés à l’assurance-vie et à l’épargne salariale, la voie était ouverte pour le Gouvernement afin d’étriller une nouvelle fois l’épargnant moyen.
Les niches fiscales représentent un manque à gagner de 75 milliards d’euros dont 11 au titre de l’épargne et un peu plus d’un pour l’assurance-vie. Autant dire que l’épargnant n’est pas le principal coupable de l’abyssal déficit public.
Par ailleurs, d’un côté, il est demandé aux Français d’épargner en vue de leur retraite mais aussi afin de financer les entreprises et également l’Etat ; de l’autre, l’épargne longue jugée à maintes reprises insuffisante est frappée à travers un durcissement régulier de son régime fiscal et social. Les prélèvements sociaux ont été accrus ces deux dernières années et le régime de l’assurance-vie a été durci en 2010.
Le nouveau tour de vis dissuadera est un mauvais message adressé à l’épargne de long terme en une période où il est indispensable de relancer l’économie par l’investissement et l’innovation.
L’épargnant est a priori la victime désignée de cette prérentrée. Le rabotage des niches fiscales se mue en réduction des niches relatives à l’épargne. Il faut avouer que tous les gouvernements ont reculé devant la remise à plat général des niches car si dans chacune d’entre elles il y a un chien, dans certaines, le chien est un pitbull.
Les niches concernant le cinéma, les DOM/TOM ou la restauration sont moins faciles à démonter que celles beaucoup plus généralistes qui touchent un grand nombre d’épargnants.
Après la fuite organisée du rapport de l’Inspection Générale des Finances qui semble mettre en cause le bienfondé de certains avantages fiscaux accordés à l’assurance-vie et à l’épargne salariale, la voie était ouverte pour le Gouvernement afin d’étriller une nouvelle fois l’épargnant moyen.
Les niches fiscales représentent un manque à gagner de 75 milliards d’euros dont 11 au titre de l’épargne et un peu plus d’un pour l’assurance-vie. Autant dire que l’épargnant n’est pas le principal coupable de l’abyssal déficit public.
Par ailleurs, d’un côté, il est demandé aux Français d’épargner en vue de leur retraite mais aussi afin de financer les entreprises et également l’Etat ; de l’autre, l’épargne longue jugée à maintes reprises insuffisante est frappée à travers un durcissement régulier de son régime fiscal et social. Les prélèvements sociaux ont été accrus ces deux dernières années et le régime de l’assurance-vie a été durci en 2010.
Le nouveau tour de vis dissuadera est un mauvais message adressé à l’épargne de long terme en une période où il est indispensable de relancer l’économie par l’investissement et l’innovation.
mardi 17 août 2010
Rapport de l'IGF sur les niches fiscales dans le domaine de l'épargne financière : un rapport qui tombe à pic
Depuis plusieurs mois, l'Inspection générale des finances travaille sur un rapport très sensible car il vise à évaluer les dispositifs fiscaux et sociaux appliqués aux revenus de l'épargne financière.
L'IGF considère que l'assurance-vie ne joue pas un rôle suffisant en faveur du financement des entreprises, les français privilégiant les fonds euros aux unités de compte. Les incitations fiscales ne permettent pas d'atténuer l'aversion au risque des Français.
Le coût de l'ensemble des niches fiscales en faveur de l'épargne financière coûte 11,5 milliards d'euros à l'Etat (2009) ce qui représente plus de 5 % du montant des sommes épargnées. Selon ce rapport, « aucun objectif prioritaire ne se dégage de cette profusion de dispositifs fiscaux, qui se sont accumulés au fil du temps, sans logique ni cohérence identifiables ».
Ce constat n'est pas révolutionnaire. Les incitations fiscales manquent cruellement de cohérence. Elles concernent toutes les catégories de produits et répondent tant à des objectifs sociaux (Livret A) qu'à des objectifs d'allègement de la facture fiscale pour les contribuables les plus imposés (via l'assurance-vie).
L'assurance-vie qui concerne 14,5 millions de Français coûterait à l'Etat 1,2 milliard d'euros est dans l'oeil du viseur. Or si les Français ne placent plus leur épargne en unités de compte, c'est du fait de la crise financière et économique. Echaudés par les pertes subies depuis 2008, ils privilégient les placements sûrs comme les fonds euros. Les actions ne représentent plus que 18 % de l'encours de l'assurance-vie. Le changement de la réglementation prudentielle qui devrait entrer en vigueur d'ici le début de l'année 2013 devrait accentuer cette tendance.
Le gouvernement réfléchit à un durcissement de la fiscalité en reportant de 8 à 12 ans la durée à partir de laquelle le taux du prélèvement fiscal est de 7,5 %. Il pourrait recréer un produit spécifique pour les actions.
Les incitations à la détention d'actions sont également jugées inefficaces. Il faut souligner que 15 % des Français détiennent des actions. Le coût des incitations est évalué à 6 milliards d'euros.
Le coût de l'exonération du Livret A est d'un milliard d'euros mais nul n'en conteste l'utilité.
Ce rapport tombe à propos au moment où le gouvernement recherche désespérément de l'argent pour combler l'abyssal déficit.
Il n'en demeure pas moins que la véritable question est d'inciter les Français à épargner sur le long terme et de préparer leur retraite
L'IGF considère que l'assurance-vie ne joue pas un rôle suffisant en faveur du financement des entreprises, les français privilégiant les fonds euros aux unités de compte. Les incitations fiscales ne permettent pas d'atténuer l'aversion au risque des Français.
Le coût de l'ensemble des niches fiscales en faveur de l'épargne financière coûte 11,5 milliards d'euros à l'Etat (2009) ce qui représente plus de 5 % du montant des sommes épargnées. Selon ce rapport, « aucun objectif prioritaire ne se dégage de cette profusion de dispositifs fiscaux, qui se sont accumulés au fil du temps, sans logique ni cohérence identifiables ».
Ce constat n'est pas révolutionnaire. Les incitations fiscales manquent cruellement de cohérence. Elles concernent toutes les catégories de produits et répondent tant à des objectifs sociaux (Livret A) qu'à des objectifs d'allègement de la facture fiscale pour les contribuables les plus imposés (via l'assurance-vie).
L'assurance-vie qui concerne 14,5 millions de Français coûterait à l'Etat 1,2 milliard d'euros est dans l'oeil du viseur. Or si les Français ne placent plus leur épargne en unités de compte, c'est du fait de la crise financière et économique. Echaudés par les pertes subies depuis 2008, ils privilégient les placements sûrs comme les fonds euros. Les actions ne représentent plus que 18 % de l'encours de l'assurance-vie. Le changement de la réglementation prudentielle qui devrait entrer en vigueur d'ici le début de l'année 2013 devrait accentuer cette tendance.
Le gouvernement réfléchit à un durcissement de la fiscalité en reportant de 8 à 12 ans la durée à partir de laquelle le taux du prélèvement fiscal est de 7,5 %. Il pourrait recréer un produit spécifique pour les actions.
Les incitations à la détention d'actions sont également jugées inefficaces. Il faut souligner que 15 % des Français détiennent des actions. Le coût des incitations est évalué à 6 milliards d'euros.
Le coût de l'exonération du Livret A est d'un milliard d'euros mais nul n'en conteste l'utilité.
Ce rapport tombe à propos au moment où le gouvernement recherche désespérément de l'argent pour combler l'abyssal déficit.
Il n'en demeure pas moins que la véritable question est d'inciter les Français à épargner sur le long terme et de préparer leur retraite
dimanche 8 août 2010
Les Etats-Unis comme l'Europe
L’économie américaine se caractérisait par sa capacité de créer des emplois, par la faible durée du chômage et par sa faculté à régénérer, en permanence, son industrie. Hors après la crise de 2008, ces spécificités semblent s’estomper avec, à la clef, un alignement des Etats-Unis sur l’Europe.
La destruction de 131 000 emplois au mois de juillet est tout un symbole. Le taux de chômage est de 9,5 % soit un taux comparable à celui de la France. Plus grave pour les Etats-Unis, 45 % des chômeurs sont à la recherche d’un emploi depuis plus de 6 mois, soit 6,6 millions de personnes.
La dégradation du taux de chômage est imputable au ralentissement de la croissance qui est passé de 3,7 à 2,4 % du premier au second trimestre. Le haut niveau des stocks des entreprises pèse sur l’activité. Par ailleurs, la fin du recensement a conduit à mettre un terme à 200 000 CDD.
La remontée du dollar risque de freiner le rééquilibrage de la balance commerciale.
Au-delà de ces facteurs conjoncturels, les Etats-Unis souffrent des mêmes maux que l’Europe. La désindustrialisation très forte du fait des délocalisations dans les pays émergents se fait ressentir. La reprise économique dopée par les dépenses publiques ne crée pas d’emplois mais des importations. Du fait du sous-investissement chronique, les économies des pays anciennement industrialisés ne peuvent pas tout à la fois répondre aux stimuli de croissance ou développer de nouveaux marchés.
Désormais, il y a une véritable dépendance vis-à-vis des pays émergents qui financent les vieilles économies et qui acquièrent des équipements et bénéficient de transferts de technologies.
Les Etats-Unis ont encore quelques atouts par rapport à l’Europe, sa capacité d’innovation, son dynamisme démographique et le dollar. Néanmoins, ces atouts ne permettent plus de recréer pour le moment un cycle de croissance. L’avenir dépend de retrouver le chemin de l’investissement productif…
La destruction de 131 000 emplois au mois de juillet est tout un symbole. Le taux de chômage est de 9,5 % soit un taux comparable à celui de la France. Plus grave pour les Etats-Unis, 45 % des chômeurs sont à la recherche d’un emploi depuis plus de 6 mois, soit 6,6 millions de personnes.
La dégradation du taux de chômage est imputable au ralentissement de la croissance qui est passé de 3,7 à 2,4 % du premier au second trimestre. Le haut niveau des stocks des entreprises pèse sur l’activité. Par ailleurs, la fin du recensement a conduit à mettre un terme à 200 000 CDD.
La remontée du dollar risque de freiner le rééquilibrage de la balance commerciale.
Au-delà de ces facteurs conjoncturels, les Etats-Unis souffrent des mêmes maux que l’Europe. La désindustrialisation très forte du fait des délocalisations dans les pays émergents se fait ressentir. La reprise économique dopée par les dépenses publiques ne crée pas d’emplois mais des importations. Du fait du sous-investissement chronique, les économies des pays anciennement industrialisés ne peuvent pas tout à la fois répondre aux stimuli de croissance ou développer de nouveaux marchés.
Désormais, il y a une véritable dépendance vis-à-vis des pays émergents qui financent les vieilles économies et qui acquièrent des équipements et bénéficient de transferts de technologies.
Les Etats-Unis ont encore quelques atouts par rapport à l’Europe, sa capacité d’innovation, son dynamisme démographique et le dollar. Néanmoins, ces atouts ne permettent plus de recréer pour le moment un cycle de croissance. L’avenir dépend de retrouver le chemin de l’investissement productif…
vendredi 6 août 2010
L'épargne de 2009, enfant de la crise
En 2009, le taux d'épargne des ménages français a dépassé les 16 % pour atteindre 16,2 % du revenu disponible brut soit un niveau comparable à celui du début des années 80. Cette augmentation s'explique par une augmentation des revenus liée à la désinflation. Par ailleurs, les ménages après la chute de la valeur des actifs en 2008 ont voulu reconstituer une partie de leur patrimoine. le pouvoir d'achat des ménages s'est accru de 1,6 % en 2009 contre 0,4 % en 2008.
Enfin, la crise a incité les Français a renforcé leur épargne de précaution.
Dans les pays européens, l'épargne a eu tendance à progresser mais à un rythme inférieur à celui constaté en France.
Pour 2010, du fait de la légère reprise de l'inflation et de la stagnation de la masse salariale, un tassement du taux de l'épargne déjà constaté au premier trimestre devrait être enregistré sur l'ensemble de l'année.
Enfin, la crise a incité les Français a renforcé leur épargne de précaution.
Dans les pays européens, l'épargne a eu tendance à progresser mais à un rythme inférieur à celui constaté en France.
Pour 2010, du fait de la légère reprise de l'inflation et de la stagnation de la masse salariale, un tassement du taux de l'épargne déjà constaté au premier trimestre devrait être enregistré sur l'ensemble de l'année.
mardi 27 juillet 2010
Les vraies fausses vertus du TGV
Les vraies fausses vertus du TGV
L’hebdomadaire « The Economist » du 23 juillet 2010 consacre un article de fond sur le transport ferroviaire. Cet article conteste le plan de Barack Obama de créer un réseau à grande vitesse reliant certaines grandes métropoles américaines.
Le journaliste met en avant que les pays qui ont opté pour la grande vitesse ont négligé voire sacrifié le fret ferroviaire à l’exception de l’Allemagne. Ainsi, la France qui est le pays qui dispose du réseau à grande vitesse le plus étendu est celui qui a le moins recours pour le transport de marchandises au fret ferroviaire.
The Economist souligne que la réalisation des lignes à grande vitesse nécessite de nombreuses subventions des pouvoirs publics et que par définition les lignes ne peuvent pas recevoir des trains de marchandises. En outre, la grande vitesse a permis de conforter les monopoles publics, le ticket d’entrée étant très élevé.
Le bilan comptable des TGV est en France délicat à conduire du fait du transfert d’une grande partie de la dette de la SNCF sur RFF en charge du réseau lors de la constitution de cette dernière société. Par ailleurs, les relations entre les deux sociétés, en particulier, en ce qui concerne l’entretien des lignes demeurent très opaques. La réalisation des lignes à grande vitesse associe tout à la fois RFF surendettée, les collectivités locales, l’Etat, l’Union européenne et des partenaires privés qui sont concessionnaires des ouvrages. Enfin, la SNCF bénéficie tout à la fois d’aides publiques pour le financement des retraites de ses salariés et pour le financement de certaines obligations de services publics…
Le TGV, au-delà, de cette machinerie comptable, a permis à la SNCF d’améliorer ces dernières années sa rentabilité. Aujourd’hui, le modèle est remis en cause car RFF demande des droits de péage plus élevés afin de pouvoir rembourser sa dette et au moment où l’ouverture à la concurrence des lignes passagers lui offre des possibilités d’accroitre ses recettes.
Le grand argument du TGV serait son caractère non polluant par rapport à l’avion. Cet argument n’est pas sans limite. L’énergie électrique n’est pas propre à 100 % et peut être émetteur de gaz à effet de serre quand elle est issue de centrale au fioul ou au charbon. Du fait du sous-investissement d’EDF ces dernières années, le recours à des centrales traditionnelles ou aux importations seront indispensables pour faire face aux besoins. Par ailleurs, en délaissant le fret, la SNCF a contribué au développement du transport routier en étant, il faut, le souligner, le principal propriétaire de camions en France…
Le transport par camions est bien plus polluant que l’avion qui n’est responsable que de 3 % des émissions des gaz à effet de serre. La France est certes vertueuse pour le transport de personnes grâce au TGV mais l’est beaucoup moins pour le transport de marchandises.
Le transport par avion a été fortement pénalisé du fait d’une concurrence déloyale du train mais aussi au nom d’arguments écologiques dont le bienfondé est plus que relatif. Comme quoi, il faut toujours se méfier de certaines vertus…
L’hebdomadaire « The Economist » du 23 juillet 2010 consacre un article de fond sur le transport ferroviaire. Cet article conteste le plan de Barack Obama de créer un réseau à grande vitesse reliant certaines grandes métropoles américaines.
Le journaliste met en avant que les pays qui ont opté pour la grande vitesse ont négligé voire sacrifié le fret ferroviaire à l’exception de l’Allemagne. Ainsi, la France qui est le pays qui dispose du réseau à grande vitesse le plus étendu est celui qui a le moins recours pour le transport de marchandises au fret ferroviaire.
The Economist souligne que la réalisation des lignes à grande vitesse nécessite de nombreuses subventions des pouvoirs publics et que par définition les lignes ne peuvent pas recevoir des trains de marchandises. En outre, la grande vitesse a permis de conforter les monopoles publics, le ticket d’entrée étant très élevé.
Le bilan comptable des TGV est en France délicat à conduire du fait du transfert d’une grande partie de la dette de la SNCF sur RFF en charge du réseau lors de la constitution de cette dernière société. Par ailleurs, les relations entre les deux sociétés, en particulier, en ce qui concerne l’entretien des lignes demeurent très opaques. La réalisation des lignes à grande vitesse associe tout à la fois RFF surendettée, les collectivités locales, l’Etat, l’Union européenne et des partenaires privés qui sont concessionnaires des ouvrages. Enfin, la SNCF bénéficie tout à la fois d’aides publiques pour le financement des retraites de ses salariés et pour le financement de certaines obligations de services publics…
Le TGV, au-delà, de cette machinerie comptable, a permis à la SNCF d’améliorer ces dernières années sa rentabilité. Aujourd’hui, le modèle est remis en cause car RFF demande des droits de péage plus élevés afin de pouvoir rembourser sa dette et au moment où l’ouverture à la concurrence des lignes passagers lui offre des possibilités d’accroitre ses recettes.
Le grand argument du TGV serait son caractère non polluant par rapport à l’avion. Cet argument n’est pas sans limite. L’énergie électrique n’est pas propre à 100 % et peut être émetteur de gaz à effet de serre quand elle est issue de centrale au fioul ou au charbon. Du fait du sous-investissement d’EDF ces dernières années, le recours à des centrales traditionnelles ou aux importations seront indispensables pour faire face aux besoins. Par ailleurs, en délaissant le fret, la SNCF a contribué au développement du transport routier en étant, il faut, le souligner, le principal propriétaire de camions en France…
Le transport par camions est bien plus polluant que l’avion qui n’est responsable que de 3 % des émissions des gaz à effet de serre. La France est certes vertueuse pour le transport de personnes grâce au TGV mais l’est beaucoup moins pour le transport de marchandises.
Le transport par avion a été fortement pénalisé du fait d’une concurrence déloyale du train mais aussi au nom d’arguments écologiques dont le bienfondé est plus que relatif. Comme quoi, il faut toujours se méfier de certaines vertus…
La lettre N°49 du Cercle des Epargnants


La lettre du Cercle des Epargnants du mois d'août 2010 est publiée.
Au sommaire :
- la réforme des retraites
- les régimes complémentaires
- le patrimoine des Français en 2009...
lire la lettre N° 49
vendredi 16 juillet 2010
les propositions du Cercle en matière d'épargne retraite
Le Cercle des Epargnants vient de publier sa 23ème étude consacrée aux améliorations à apporter pour favoriser le développement de l'épargne retraite en France.
lire en pdf l'étude N°23 - juillet 20106
Le Cercle propose non pas l'instauration de nouveaux produits mais une rationalisation des produits existants tant dans le domaine collectif qu'individuel :
Retraite collective : Créer un réel second pilier de retraite
Le second pilier de retraite devrait être mieux défini en France. Les régimes professionnels à adhésion obligatoire ou à affiliation automatique (articles 39 et 83) devraient entrer dans le champ de ce second pilier et bénéficier d’un régime spécifique, indépendant de celui de l’épargne retraite individuelle. Aujourd’hui, l’enveloppe de déduction fiscale est commune or il n’est pas cohérent de mélanger des produits facultatifs et obligatoires, des régimes collectifs avec des régimes individuels.
Faciliter la diffusion des retraites supplémentaires « article 83 »
Le Cercle des Epargnants est favorable au développement des contrats « article 83 » qui permettent tout à la fois de couvrir, de manière automatique, un grand nombre de salariés et de prendre en compte les futurs taux de remplacement des différentes catégories d’actifs à la différence du PERCO qui est un produit facultatif ne tenant pas compte des spécificités des régimes de base.
Eclaircir le positionnement du PERCO
Le positionnement du PERCO devrait être revu car il se situe plus dans le champ de l’épargne salariale que dans celui de l’épargne
retraite.
Moderniser « l’article 39 »
Il convient de conserver des dispositifs permettant de garantir un taux minimum de remplacement pour l’ensemble des actifs français faute de quoi les meilleurs cadres, scientifiques, chercheurs seront de plus en plus incités à s’expatrier. Il est donc nécessaire de conserver un régime à prestations définies remodelé afin de le rendre compatible avec le droit européen.
Améliorer l’attractivité du troisième pilier
Plus de 50 % des Français souhaitent épargner pour leur retraite. Ce n’est pas l’envie qui est prise en défaut mais plus l’absence d’une offre attractive et transparente. Il convient d’harmoniser les règles en vigueur entre les différents produits d’épargne retraite pour éviter les distorsions de concurrence.
Aligner le PERP sur les Contrats Madelin et le simplifier
Les règles du PERP doivent être alignées sur celles des Contrats Madelin (taux garanti, réversion…). Il convient également de revoir la gestion associative de ce produit qui est une source inutile de coûts. Il conviendrait comme pour les Contrats Madelin, d’associer aux PERP des options prévoyance et permettre à ses titulaires d’opterpour une sortie « spéciale dépendance » avec la possibilité de transformer le capital en services.
L’orientation de l’épargne des Français vers des supports retraite
Les Français devraient pouvoir, avant 55 ans, avoir la possibilité de transférer tout ou partie de leur épargne vers des produits retraite en franchise fiscale et sociale.
Pourraient être concernés :
• Les livrets défiscalisés ou fiscalisés
• L’assurance-vie
• Le PEA
Les propositions du Cercle visent offrir tout à la fois des produits plus simples aux épargnants et à garantir des ressources longues à l’économie au moment où la dette publique capte une part non négligeable de l’épargne.
lire en pdf l'étude N°23 - juillet 20106
Le Cercle propose non pas l'instauration de nouveaux produits mais une rationalisation des produits existants tant dans le domaine collectif qu'individuel :
Retraite collective : Créer un réel second pilier de retraite
Le second pilier de retraite devrait être mieux défini en France. Les régimes professionnels à adhésion obligatoire ou à affiliation automatique (articles 39 et 83) devraient entrer dans le champ de ce second pilier et bénéficier d’un régime spécifique, indépendant de celui de l’épargne retraite individuelle. Aujourd’hui, l’enveloppe de déduction fiscale est commune or il n’est pas cohérent de mélanger des produits facultatifs et obligatoires, des régimes collectifs avec des régimes individuels.
Faciliter la diffusion des retraites supplémentaires « article 83 »
Le Cercle des Epargnants est favorable au développement des contrats « article 83 » qui permettent tout à la fois de couvrir, de manière automatique, un grand nombre de salariés et de prendre en compte les futurs taux de remplacement des différentes catégories d’actifs à la différence du PERCO qui est un produit facultatif ne tenant pas compte des spécificités des régimes de base.
Eclaircir le positionnement du PERCO
Le positionnement du PERCO devrait être revu car il se situe plus dans le champ de l’épargne salariale que dans celui de l’épargne
retraite.
Moderniser « l’article 39 »
Il convient de conserver des dispositifs permettant de garantir un taux minimum de remplacement pour l’ensemble des actifs français faute de quoi les meilleurs cadres, scientifiques, chercheurs seront de plus en plus incités à s’expatrier. Il est donc nécessaire de conserver un régime à prestations définies remodelé afin de le rendre compatible avec le droit européen.
Améliorer l’attractivité du troisième pilier
Plus de 50 % des Français souhaitent épargner pour leur retraite. Ce n’est pas l’envie qui est prise en défaut mais plus l’absence d’une offre attractive et transparente. Il convient d’harmoniser les règles en vigueur entre les différents produits d’épargne retraite pour éviter les distorsions de concurrence.
Aligner le PERP sur les Contrats Madelin et le simplifier
Les règles du PERP doivent être alignées sur celles des Contrats Madelin (taux garanti, réversion…). Il convient également de revoir la gestion associative de ce produit qui est une source inutile de coûts. Il conviendrait comme pour les Contrats Madelin, d’associer aux PERP des options prévoyance et permettre à ses titulaires d’opterpour une sortie « spéciale dépendance » avec la possibilité de transformer le capital en services.
L’orientation de l’épargne des Français vers des supports retraite
Les Français devraient pouvoir, avant 55 ans, avoir la possibilité de transférer tout ou partie de leur épargne vers des produits retraite en franchise fiscale et sociale.
Pourraient être concernés :
• Les livrets défiscalisés ou fiscalisés
• L’assurance-vie
• Le PEA
Les propositions du Cercle visent offrir tout à la fois des produits plus simples aux épargnants et à garantir des ressources longues à l’économie au moment où la dette publique capte une part non négligeable de l’épargne.
jeudi 15 juillet 2010
Mickey n’est pas l’avenir de l’Europe
Depuis vingt ans, la quasi-totalité des pays européens sont confrontés à un processus de désindustrialisation. Pour se rassurer, politiques et experts indiquaient qu’il s’agissait d’un phénomène en trompe l’œil. La baisse des effectifs industriels était imputée à l’externalisation des activités de service. Or, selon une étude la Direction Générale du Trésor, les destructions d’emplois industriels en France entre 1980 et 2007 ont été occasionnées à :
25 % par des transferts d’emplois industriels vers les services
30 % par des gains de productivité
45 % par la concurrence étrangère
La désindustrialisation s’est accélérée après l’adoption des 35 heures mais le phénomène ne touche pas exclusivement la France. L’Allemagne du fait de son positionnement, les produits industriels de qualité, et du fait de la force de son capitalisme familial a mieux résisté.
L’emploi industriel s’est, en 20 ans, contracté de :
-45 % au RU
-32 % aux USA
-25 % au Japon
-20 % en zone euro
Sur les dix dernières années, l’emploi industriel a baissé de 14 % dans l’UE et de 19 % en France.
Le recul de la zone euro s’explique par la faiblesse des gains de productivité. En France, ils ont progressé de + 20 % entre 1990 et 2009, soit environ un point par an quand la progression est de 3 points aux Etats-Unis. De ce fait, la productivité du travail avec une base 100 en 2002 était en 2009 de 116 aux Etats-Unis contre 102 eu Europe.
La traduction du déclin industriel français se manifeste par le déficit récurrent de sa balance commercial et par la contraction de ses parts de marché au sein du commerce mondial qui sont passés de 5,8 à 3,8 de 1995 à 2008.
Au rythme actuel, l’Union européenne ne représentera plus, en 2040, que 5 % de la production mondiale contre 21 % en 2009.
A défaut d’industrie, l’Europe et la France se transforment en espace de loisirs en accueillante des millions de tourismes. Cette transformation peut certes amener des emplois mais ne saurait en aucun cas garantir un bon taux de croissance.
Les services touristiques dégagent de faibles gains de productivité qui sont les seuls à nous permettre de renouer avec une croissance forte et durable.
Le développement des services touristiques n’est pas une source de progrès comme en témoigne le niveau des salaires proposés dans ce secteur. Ainsi, le salaire moyen dans les services non financiers est inférieur de 21 % à celui du salaire moyen français et de 31 % inférieur à celui proposé par le secteur manufacturier.
Le secteur du tourisme est soumis à des aléas économiques forts et, en outre, nous ne sommes pas capables de valoriser les 72 millions de touristes étrangers qui visitent la France. Ils dépensent moins chez nous que quand ils se rendent aux Etats-Unis, en Espagne ou en Italie.
De toute façon, l’avenir ne passe pas exclusivement et loin de là par l’activité touristique.
Au-delà des incertitudes économiques et financières, au-delà de la menace démographique (financement des retraites, des dépenses de santé et de la dépendance, diminution de l’appétence aux risques), c’est par Schumpeter que le salut viendra. L’Europe doit renouer avec l’esprit de découvertes et consacrer une part plus importante de ses richesses à la recherche. En effet, les dépenses de recherche ne sont que de 1,2 % du PIB en Espagne et en Italie, de 2,1 % en France, de 2,6 % en Allemagne quand elles sont de 3 % aux Etats-Unis et de 3,5 % au Japon. Le nombre de chercheurs est de 16 pour 10 000 emplois en Italie, de 21 en Espagne, de 44 en Allemagne, de 45 en France mais de 79 pour 10 000 aux Etats-Unis et de 83 pour 10 000 au Japon. Enfin, les brevets triadiques (par million d’habitants) s’élèvent à 6 en Espagne, à 12 en Italie, à 40 en France quand ils dépassent 75 en Allemagne, 94 en Suède et 115 au Japon
25 % par des transferts d’emplois industriels vers les services
30 % par des gains de productivité
45 % par la concurrence étrangère
La désindustrialisation s’est accélérée après l’adoption des 35 heures mais le phénomène ne touche pas exclusivement la France. L’Allemagne du fait de son positionnement, les produits industriels de qualité, et du fait de la force de son capitalisme familial a mieux résisté.
L’emploi industriel s’est, en 20 ans, contracté de :
-45 % au RU
-32 % aux USA
-25 % au Japon
-20 % en zone euro
Sur les dix dernières années, l’emploi industriel a baissé de 14 % dans l’UE et de 19 % en France.
Le recul de la zone euro s’explique par la faiblesse des gains de productivité. En France, ils ont progressé de + 20 % entre 1990 et 2009, soit environ un point par an quand la progression est de 3 points aux Etats-Unis. De ce fait, la productivité du travail avec une base 100 en 2002 était en 2009 de 116 aux Etats-Unis contre 102 eu Europe.
La traduction du déclin industriel français se manifeste par le déficit récurrent de sa balance commercial et par la contraction de ses parts de marché au sein du commerce mondial qui sont passés de 5,8 à 3,8 de 1995 à 2008.
Au rythme actuel, l’Union européenne ne représentera plus, en 2040, que 5 % de la production mondiale contre 21 % en 2009.
A défaut d’industrie, l’Europe et la France se transforment en espace de loisirs en accueillante des millions de tourismes. Cette transformation peut certes amener des emplois mais ne saurait en aucun cas garantir un bon taux de croissance.
Les services touristiques dégagent de faibles gains de productivité qui sont les seuls à nous permettre de renouer avec une croissance forte et durable.
Le développement des services touristiques n’est pas une source de progrès comme en témoigne le niveau des salaires proposés dans ce secteur. Ainsi, le salaire moyen dans les services non financiers est inférieur de 21 % à celui du salaire moyen français et de 31 % inférieur à celui proposé par le secteur manufacturier.
Le secteur du tourisme est soumis à des aléas économiques forts et, en outre, nous ne sommes pas capables de valoriser les 72 millions de touristes étrangers qui visitent la France. Ils dépensent moins chez nous que quand ils se rendent aux Etats-Unis, en Espagne ou en Italie.
De toute façon, l’avenir ne passe pas exclusivement et loin de là par l’activité touristique.
Au-delà des incertitudes économiques et financières, au-delà de la menace démographique (financement des retraites, des dépenses de santé et de la dépendance, diminution de l’appétence aux risques), c’est par Schumpeter que le salut viendra. L’Europe doit renouer avec l’esprit de découvertes et consacrer une part plus importante de ses richesses à la recherche. En effet, les dépenses de recherche ne sont que de 1,2 % du PIB en Espagne et en Italie, de 2,1 % en France, de 2,6 % en Allemagne quand elles sont de 3 % aux Etats-Unis et de 3,5 % au Japon. Le nombre de chercheurs est de 16 pour 10 000 emplois en Italie, de 21 en Espagne, de 44 en Allemagne, de 45 en France mais de 79 pour 10 000 aux Etats-Unis et de 83 pour 10 000 au Japon. Enfin, les brevets triadiques (par million d’habitants) s’élèvent à 6 en Espagne, à 12 en Italie, à 40 en France quand ils dépassent 75 en Allemagne, 94 en Suède et 115 au Japon
mercredi 7 juillet 2010
Assurance-vie, réforme en 2011 ?
L'assurance-vie fait le mort de peur de subir une taxation accrue. Il n'en demeure pas moins que dans les couloirs de Bercy et de la fédération Française des Sociétés d'Assurances, certains militent pour réformer le régime de l'assurance-vie.
Du fait du succès mitigé des produits créés par la loi Fillon, le PERP et le PERCO et de la nécessité de favoriser une allocation plus longue de l'épargne des Français, il est envisagé de proposer aux titulaires de contrats d'assurance-vie dont 66 % l'ont ouvert de plus de 8 ans de s'engager de le transformer en assurance-retraite en contrepartie d'un allègement fiscal.
L'assuré pourrait opter pour l'assurance retraite autour de 55 ans et bénéficier d'une défiscalisation plus ou moins forte de sa rente. Le passage au contrat retraite s'effectuerait en franchise d'impôts et reprendrait la philosophie de l'amendement dit Fourgous qui permettait de passer de contrats en fonds euros en contrats multisupports sans acquitter d'impôts et de prélèvements sociaux.
Une telle transformation allongerait par définition la durée des contrats et permettrait d'accroître la part actions et contrecarrer les effets de Solvency II qui impose des règles prudentielles strictes en particulier en ce qui concerne les actions.
L'autre solution serait de permettre le passage d'un contrat d'assurance-vie sur un PERP sans pénalité fiscale et améliorer la fiscalité de la rente.
Une telle réforme verra-t-elle en 2011 ? les obstacles ne sont pas minces. Financier car l'époque n'est pas au niche fiscale, social car une telle mesure pourrait être assimilé à un cadeau aux Français les plus favorisés...
A suivre
Du fait du succès mitigé des produits créés par la loi Fillon, le PERP et le PERCO et de la nécessité de favoriser une allocation plus longue de l'épargne des Français, il est envisagé de proposer aux titulaires de contrats d'assurance-vie dont 66 % l'ont ouvert de plus de 8 ans de s'engager de le transformer en assurance-retraite en contrepartie d'un allègement fiscal.
L'assuré pourrait opter pour l'assurance retraite autour de 55 ans et bénéficier d'une défiscalisation plus ou moins forte de sa rente. Le passage au contrat retraite s'effectuerait en franchise d'impôts et reprendrait la philosophie de l'amendement dit Fourgous qui permettait de passer de contrats en fonds euros en contrats multisupports sans acquitter d'impôts et de prélèvements sociaux.
Une telle transformation allongerait par définition la durée des contrats et permettrait d'accroître la part actions et contrecarrer les effets de Solvency II qui impose des règles prudentielles strictes en particulier en ce qui concerne les actions.
L'autre solution serait de permettre le passage d'un contrat d'assurance-vie sur un PERP sans pénalité fiscale et améliorer la fiscalité de la rente.
Une telle réforme verra-t-elle en 2011 ? les obstacles ne sont pas minces. Financier car l'époque n'est pas au niche fiscale, social car une telle mesure pourrait être assimilé à un cadeau aux Français les plus favorisés...
A suivre
lundi 5 juillet 2010
Conflits dans le couloir des temps
La crise avant d’être financière est économique et ce n’est pas parce que nous avons sauvé les banques de la faillite qu’elle a disparu. Bien au contraire, elle demeure et s’incruste au sein des pays occidentaux. L’aggravation des déficits publics a eu l’effet escompté, celui d’atténuer la violence de la récession mais l’argent public déversé s’il a pu empêcher l’implosion du système financier n’a pas permis de réellement relancé l’économie occidentale.
Les maux de cette dernière sont connus : un affaiblissement des gains de productivité qui a été compensé par un endettement accru de tous les acteurs, un vieillissement de la population qui modifie l’appréciation des risques.
La crise est schumpetérienne car nous sommes arrivés au terme du processus de gains générés par la révolution du numérique. Par ailleurs, l’avance technologique des pays occidentaux qui leur a permis de toujours sortir en tête même après des crises économiques de grande ampleur est entrain de fondre. L’Occident, pour la première fois depuis le début du 19ème siècle n’arrive (momentanément peut-être) à être à l’origine d’un nouveau saut technologique. La fin de l’ère du pétrole nécessite l’obtention de progrès dans l’utilisation de nouvelles sources énergétiques mais cela suppose un autre regard sur la notion des risques.
Avec le vieillissement de la population, la myopie des acteurs a augmenté au point de remettre en cause le moteur même du capitalisme : l’innovation et l’investissement.
Une société vieillissante regarde à court terme. Elle ne peut pas supporter à jouer à tout ou rien avec son capital. Elle exige un rendement fixe que ce soit 3,4 ou 15 %. L’investissement dans l’entreprise dont le retour s’effectue sur vingt ou trente ans n’est plus de mode.
Il y a un déphasage entre l’allongement de la durée de la vie et le raccourcissement de la vision économique. Nous n’avons pas encore pris en compte que les femmes et les hommes vivent de plus en plus longtemps et doivent donc caler leurs investissements sur le nouveau cycle de vie.
La domination de la vision de court terme empêche toute reprise économique car elle freine l’investissement. Il y a urgence à réduire les dépenses de fonctionnement public et à encourager l’innovation et la prise de risques faute de quoi l’Europe risque de connaître un déclin irrémédiable.
Les maux de cette dernière sont connus : un affaiblissement des gains de productivité qui a été compensé par un endettement accru de tous les acteurs, un vieillissement de la population qui modifie l’appréciation des risques.
La crise est schumpetérienne car nous sommes arrivés au terme du processus de gains générés par la révolution du numérique. Par ailleurs, l’avance technologique des pays occidentaux qui leur a permis de toujours sortir en tête même après des crises économiques de grande ampleur est entrain de fondre. L’Occident, pour la première fois depuis le début du 19ème siècle n’arrive (momentanément peut-être) à être à l’origine d’un nouveau saut technologique. La fin de l’ère du pétrole nécessite l’obtention de progrès dans l’utilisation de nouvelles sources énergétiques mais cela suppose un autre regard sur la notion des risques.
Avec le vieillissement de la population, la myopie des acteurs a augmenté au point de remettre en cause le moteur même du capitalisme : l’innovation et l’investissement.
Une société vieillissante regarde à court terme. Elle ne peut pas supporter à jouer à tout ou rien avec son capital. Elle exige un rendement fixe que ce soit 3,4 ou 15 %. L’investissement dans l’entreprise dont le retour s’effectue sur vingt ou trente ans n’est plus de mode.
Il y a un déphasage entre l’allongement de la durée de la vie et le raccourcissement de la vision économique. Nous n’avons pas encore pris en compte que les femmes et les hommes vivent de plus en plus longtemps et doivent donc caler leurs investissements sur le nouveau cycle de vie.
La domination de la vision de court terme empêche toute reprise économique car elle freine l’investissement. Il y a urgence à réduire les dépenses de fonctionnement public et à encourager l’innovation et la prise de risques faute de quoi l’Europe risque de connaître un déclin irrémédiable.
vendredi 2 juillet 2010
La lettre n°48 du Cercle des Epargnants - Juillet 2010
Au sommaire de la lettre du mois de juillet 2010 :
- les seniors et l'emploi
- la crise et l'épargne
- les retraites chapeau
- les news de l'épargne et de la retraite du mois
lire la lettre
lundi 28 juin 2010
Agir Pour Ma Retraite N°5 : Juin/Juillet 2010
La lettre n°5 d'Agir Pour Ma Retraite est publiée.
Au sommaire :
- la réforme des retraites
- pourquoi la réforme systémique n'a pas eu lieu
- l'épargne bien ou mal aimée
- l'article 39, quel avenir
Lire la lettre en pdf
mardi 22 juin 2010
La France des mauvais jours
La France des mauvais jours
Quand la crise d’une équipe de football devient le sujet phare de la vie publique avec en toile de fond des relents poujadistes, quand les rumeurs sur la cupidité des uns et des autres devient le leitmotiv de la presse, quand les riches sont montrés du doigt, quand l’exigence d’égalité devient l’alpha et l’oméga de tous les papiers de la presse (à ce titre, les journalistes oublient de signaler qu’ils bénéficient d’un abattement fiscal spécifique mais cette niche fiscale est bien gardée…), il y a comme un parfum de malaise au sein de la société.
La France est un des pays les moins inégalitaires de l’OCDE. L’écart entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres est inférieur à 4 (3,6). Le système de redistribution sociale accapare près du tiers de la richesse nationale ; la France compte plus de 5 millions de fonctionnaires. Nous sommes loin de la pseudo jungle ultralibérale dépeinte par certains.
Il est stupéfiant de constater qu’une personnes gagnant, avant impôt plus de 4500 euros par mois ou un célibataire percevant plus de 69 000 euros sont considérés comme riches. Il est stupéfiant de constater que le bouclier fiscal qui vise à empêcher que les impôts directs excèdent 50 % des revenus perçus soit considéré comme un instrument d’iniquité.
Il est affligeant qu’un ministre soit mis en cause du fait d’agissements non avérés de sa femme ce qui semble nier la possibilité pour un conjoint d’un élu d’avoir une carrière professionnelle indépendante.
Il est étonnant de s’en prendre aux élus qui touchent leur retraite en même temps que la rémunération de Ministre quand la loi autorise le cumul emploi/retraite sans restriction depuis le 1er janvier 2009. Il est logique de dénoncer l’élu s’il bénéficie de passe droit sans relation avec l’exercice de ses fonctions ; il est anormal de le vilipender du fait qu’il respecte la loi. Il ne faudra pas s’étonner si la politique n’attire plus des talents à force d’être déconsidérée à ce point.
L’équipe de France de football désunie est à l’image du pays. Il est sidérant de l’incapacité de consensus sur les grands sujets de société. Ainsi, au moment où nous traversons la crise économique la plus grave depuis 1929, au moment même où la dette publique atteint des sommets et que le risque d’effondrement du système d’Etat providence n’est pas une chimère, la classe politique ne montre pas l’exemple de la nécessaire unité.
Comment comprendre qu’en quelques mois Martine Aubry passe d’un accord de principe sur le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite à une opposition sans concession ? Bien évidemment, elle a besoin de se prémunir de la gauche de la gauche mais il y a des limites dans l’irresponsabilité.
De même, les divisions au sein de l’UMP, fruits de jalousie et de vieille rancœur caractérisent certes l’esprit de clocher cher à la France mais reflète avant tout un goût pour l’autodestruction.
Le soixante-dixième anniversaire de l’appel du 18 juin aurait du conduire les uns et les autres à réfléchir à la notion de nation et d’analyser les causes qui ont conduit à cet appel, criant symbole de la faillite de la 3ème République. Au-delà de la voix d’un Homme seul, il y avait surtout l’affaissement général d’un pays en proie aux divisions et au déclin. Il est urgent de retrouver le chemin de l’union et de croire en un avenir commun à tous les Français.
Quand la crise d’une équipe de football devient le sujet phare de la vie publique avec en toile de fond des relents poujadistes, quand les rumeurs sur la cupidité des uns et des autres devient le leitmotiv de la presse, quand les riches sont montrés du doigt, quand l’exigence d’égalité devient l’alpha et l’oméga de tous les papiers de la presse (à ce titre, les journalistes oublient de signaler qu’ils bénéficient d’un abattement fiscal spécifique mais cette niche fiscale est bien gardée…), il y a comme un parfum de malaise au sein de la société.
La France est un des pays les moins inégalitaires de l’OCDE. L’écart entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres est inférieur à 4 (3,6). Le système de redistribution sociale accapare près du tiers de la richesse nationale ; la France compte plus de 5 millions de fonctionnaires. Nous sommes loin de la pseudo jungle ultralibérale dépeinte par certains.
Il est stupéfiant de constater qu’une personnes gagnant, avant impôt plus de 4500 euros par mois ou un célibataire percevant plus de 69 000 euros sont considérés comme riches. Il est stupéfiant de constater que le bouclier fiscal qui vise à empêcher que les impôts directs excèdent 50 % des revenus perçus soit considéré comme un instrument d’iniquité.
Il est affligeant qu’un ministre soit mis en cause du fait d’agissements non avérés de sa femme ce qui semble nier la possibilité pour un conjoint d’un élu d’avoir une carrière professionnelle indépendante.
Il est étonnant de s’en prendre aux élus qui touchent leur retraite en même temps que la rémunération de Ministre quand la loi autorise le cumul emploi/retraite sans restriction depuis le 1er janvier 2009. Il est logique de dénoncer l’élu s’il bénéficie de passe droit sans relation avec l’exercice de ses fonctions ; il est anormal de le vilipender du fait qu’il respecte la loi. Il ne faudra pas s’étonner si la politique n’attire plus des talents à force d’être déconsidérée à ce point.
L’équipe de France de football désunie est à l’image du pays. Il est sidérant de l’incapacité de consensus sur les grands sujets de société. Ainsi, au moment où nous traversons la crise économique la plus grave depuis 1929, au moment même où la dette publique atteint des sommets et que le risque d’effondrement du système d’Etat providence n’est pas une chimère, la classe politique ne montre pas l’exemple de la nécessaire unité.
Comment comprendre qu’en quelques mois Martine Aubry passe d’un accord de principe sur le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite à une opposition sans concession ? Bien évidemment, elle a besoin de se prémunir de la gauche de la gauche mais il y a des limites dans l’irresponsabilité.
De même, les divisions au sein de l’UMP, fruits de jalousie et de vieille rancœur caractérisent certes l’esprit de clocher cher à la France mais reflète avant tout un goût pour l’autodestruction.
Le soixante-dixième anniversaire de l’appel du 18 juin aurait du conduire les uns et les autres à réfléchir à la notion de nation et d’analyser les causes qui ont conduit à cet appel, criant symbole de la faillite de la 3ème République. Au-delà de la voix d’un Homme seul, il y avait surtout l’affaissement général d’un pays en proie aux divisions et au déclin. Il est urgent de retrouver le chemin de l’union et de croire en un avenir commun à tous les Français.
vendredi 18 juin 2010
62 ans n'est pas anti-social
La croyance de la fin du travail était communément acceptée en France. Ces trente dernières années avaient donné raison aux partisans de cette religion. Le passage de la retraite à 60 ans et les 35 heures en constituaient les deux symboles les plus visibles. Il faut y ajouter l’entrée de plus en plus tardive dans la vie active. De ce fait, depuis 1970, la vie active s’est raccourcie de plus de 8 ans. Dans le même temps, l’espérance de vie a gagné plus de 10 ans.
En portant progressivement de 60 à 62 ans, l’âge de départ à la retraite, le Gouvernement a pris une décision courageuse mais qui ne remet en rien et loin de là l’équilibre travail/loisirs (dans le sens société du loisir). En effet, d’ici 2018, l’espérance de vie devrait s’accroitre de deux ans soit justement l’allongement prévu sachant que les gains sont essentiellement réalisés après 65 ans grâce aux progrès sanitaires et au meilleur suivi des seniors.
Les mauvais grincheux soulignent que du fait de faible taux d’emploi des seniors, en lieu et place des retraités, nous aurons des chômeurs en fin de droit. Or, dans tous les pays, c'est-à-dire tous nos partenaires, qui ont relevé l’âge de départ à la retraite, le taux d’emploi s’est amélioré. Si la France a un faible taux d’emploi des seniors, c’est avant tout la conséquence d’anticipations tant de la part des employeurs que de la part des salariés. Les employeurs n’investissent pas en formation sur des salariés de plus de 50 ans ou de 55 ans du fait de leur départ programmé autour de 60 ans. Les salariés ne sont pas enclins à se remettre en cause après 50 ans sachant les difficultés à trouver un emploi mais aussi en raison de la proximité de la retraite. Le relèvement de l’âge légal modifiera la donne.
Les recettes malthusiennes ont échoué. La France a, durant des années, pratiqué avec délice les préretraites afin de favoriser l’emploi des jeunes. A la clef, le taux de chômage des moins de 25 ans a toujours été dans notre pays supérieur à la moyenne européenne. La mise à la retraite ou en préretraite crée des coûts publics sans garantie aucune qu’ils soient couverts par une création de richesse dans le secteur privé.
La sortie de la crise, tout comme la résolution du problème de financement des retraites ne passeront que par la croissance et par l’emploi. La France mais plus largement l’Europe doivent générer des gains de productivité pour effacer les ardoises du passé et dégager des recettes pour financer les dépenses sociales de demain. Ce n’est pas en bridant le moteur économique que de tels gains pourront être trouvés. Il faut au contraire améliorer le fonctionnement du marché du travail et favoriser l’investissement productif à long terme.
La pénibilité est mise en avant pour rejeter cette réforme. Or, pour se convaincre qu’un actif de 60 ans, d’aujourd’hui, n’a rien à voir avec un actif de 60 ans de 1950, il suffit de regarder des photos d’époque, de remémorer nos grands-parents. Il y a une réelle amélioration des conditions de vie et de travail qui joue en faveur d’un maintien au travail. Certes, il demeure des métiers pénibles, certes, la pression morale a remplacé la violence physique du travail mais les actifs ont bénéficié de la tertiarisation de l’emploi ainsi que la diminution du nombre d’heures.
En portant progressivement de 60 à 62 ans, l’âge de départ à la retraite, le Gouvernement a pris une décision courageuse mais qui ne remet en rien et loin de là l’équilibre travail/loisirs (dans le sens société du loisir). En effet, d’ici 2018, l’espérance de vie devrait s’accroitre de deux ans soit justement l’allongement prévu sachant que les gains sont essentiellement réalisés après 65 ans grâce aux progrès sanitaires et au meilleur suivi des seniors.
Les mauvais grincheux soulignent que du fait de faible taux d’emploi des seniors, en lieu et place des retraités, nous aurons des chômeurs en fin de droit. Or, dans tous les pays, c'est-à-dire tous nos partenaires, qui ont relevé l’âge de départ à la retraite, le taux d’emploi s’est amélioré. Si la France a un faible taux d’emploi des seniors, c’est avant tout la conséquence d’anticipations tant de la part des employeurs que de la part des salariés. Les employeurs n’investissent pas en formation sur des salariés de plus de 50 ans ou de 55 ans du fait de leur départ programmé autour de 60 ans. Les salariés ne sont pas enclins à se remettre en cause après 50 ans sachant les difficultés à trouver un emploi mais aussi en raison de la proximité de la retraite. Le relèvement de l’âge légal modifiera la donne.
Les recettes malthusiennes ont échoué. La France a, durant des années, pratiqué avec délice les préretraites afin de favoriser l’emploi des jeunes. A la clef, le taux de chômage des moins de 25 ans a toujours été dans notre pays supérieur à la moyenne européenne. La mise à la retraite ou en préretraite crée des coûts publics sans garantie aucune qu’ils soient couverts par une création de richesse dans le secteur privé.
La sortie de la crise, tout comme la résolution du problème de financement des retraites ne passeront que par la croissance et par l’emploi. La France mais plus largement l’Europe doivent générer des gains de productivité pour effacer les ardoises du passé et dégager des recettes pour financer les dépenses sociales de demain. Ce n’est pas en bridant le moteur économique que de tels gains pourront être trouvés. Il faut au contraire améliorer le fonctionnement du marché du travail et favoriser l’investissement productif à long terme.
La pénibilité est mise en avant pour rejeter cette réforme. Or, pour se convaincre qu’un actif de 60 ans, d’aujourd’hui, n’a rien à voir avec un actif de 60 ans de 1950, il suffit de regarder des photos d’époque, de remémorer nos grands-parents. Il y a une réelle amélioration des conditions de vie et de travail qui joue en faveur d’un maintien au travail. Certes, il demeure des métiers pénibles, certes, la pression morale a remplacé la violence physique du travail mais les actifs ont bénéficié de la tertiarisation de l’emploi ainsi que la diminution du nombre d’heures.
mercredi 16 juin 2010
Retraite , les grandes lignes de la réforme
Eric Woerth a annoncé le mercredi 16 juin la réforme des retraites 2010.
L’objectif est de ramener à l’équilibre l’ensemble des régimes de retraite à l’équilibre en 2018, le déficit actuel étant estimé à 32 milliards d’euros.
Le plan annoncé s’articule autour de quatre axes :
• report de l’âge légal de départ à la retraite et de l’âge de la retraite à taux plein
•harmonisation du régime de la fonction publique sur celui du privé
•prise en compte de la pénibilité et adoption de mesures de solidarité
•mise à contribution des hauts revenus et des revenus du patrimoine (4,4 milliards d’euros de recettes)
Les pertes des régimes de vieillesse sont transférées à la Caisse d’amortissement de la dette sociale qui pourra bénéficier de l’appui du Fonds de Réserve des Retraites.
I. LES DUREES DE COTISATION
1. le report de l’âge légal de départ à la retraite
L’âge légal fixé à 60 ans en 1982 sera relevé progressivement de 4 mois par an à partir de la génération 1951.
La retraite pour les fonctionnaires sera fixée à 62 ans en 2018. Ceux dont l’âge de départ à la retraite est inférieur à 60 ans sera également relevé de deux ans (52 au lieu de 50 ans ou 57 au lieu de 55 ans).
Pour les bénéficiaires des régimes spéciaux, le relèvement interviendra à partir de 2017 du fait de l’harmonisation en cours.
L'âge de la retraite à taux plein passera de 65 à 67 ans.
2. durée de cotisation
Eric Woerth a réaffirmé le principe de l’allongement de la durée de cotisation qui est passée de 37,5 à 40 ans puis à 41 ans (effectif en 2012). Cette durée sera fixée à 41,5 en 2020. Pour les générations de 1953 et 1954, elle sera de 41,1 années.
3. maintien du dispositif de carrière longue
Les salariés ayant commencé à travailler avant 18 ans pourront continuer à faire valoir leurs droits à la retraite entre 58 et 60 ans sous réserve de justifier de la durée de cotisations nécessaire plus deux ans.
50 000 personnes devraient être concernées en 2011 et 90 000 en 2015.
4. pénibilité
Les assurés dont l'état de santé est dégradé du fait de leur exposition à des facteurs de pénibilité garderont la possibilité de partir à 60 ans avec une retraite à taux plein quel que soit leur nombre de trimestres.
10 000 personnes par an bénéficieront de ce droit nouveau.
Des mesures de prévention de la pénibilité pour éviter l’usure des salariés devront être mises en place avec notamment l’instauration d’un carnet individuel de santé permettant le suivi des expositions aux risques. ?
5. développement de l'emploi des seniors
Le Gouvernement a prévu de mettre en œuvre une aide à l'embauche pendant un an pour les demandeurs d'emploi de plus de 55 ans et de renforcer les mécanismes de tutorat.
II. LES MESURES DE FINANCEMENT
1. impôt sur le revenu
Un prélèvement de 1 % est créé sur la dernière tranche d’impôt sur le revenu
2. revenus financiers
Les prélèvements sur les plus-values de cessions mobilières et immobilières et du prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes et les intérêts sont relevés d’un point
La contribution de l'employeur concernant les stock-options passe de 10 à 14 % et la contribution du salarié de 2,5 à 8 %.
Le crédit d’impôt sur les dividendes des particuliers est supprimé tout comme le plafonnement de la quote-part pour frais et charges sur les dividendes des entreprises.
Les plus-values seront désormais taxées au 1er euro et non plus à partir de 27 000 euros de cession.
3. retraites chapeau
Le prélèvement acquitté par les entreprises sur les retraites chapeau sera appliqué dès le 1er euro de rente versé.
Une contribution sociale de 14 % est mise en place pour le bénéficiaires
4. Charges sociales des entreprises
Le calcul des allègements de charges sera annualisé permettant une économie de plus de 2 milliards d’euros.
III. RENFORCEMENT DE LA CONVERGENCE ENTRE LES RÉGIMES PUBLIC ET PRIVÉ
1. cotisation du secteur public
Le taux de cotisation du secteur public (7,85 %) sera aligné sur celle du secteur privé (10,55 %) en 10 ans (part salariale).
2. Fermeture du dispositif de départ anticipé sans condition d'âge pour les parents de trois enfants ayant 15 ans de service à compter de 2012
Les fonctionnaires ayant déjà trois enfants au 1er janvier 2012 continueront de pouvoir bénéficier de cet avantage.
3. application de la même règle d'obtention du minimum garanti que dans le secteur privé
IV. AMÉLIORER LES MÉCANISMES DE SOLIDARITÉ
1. couverture des chômeurs non indemnisés
- Les jeunes en situation précaire bénéficieront de trimestres validés supplémentaires lorsqu'ils sont au chômage non indemnisé. Le nombre de trimestres validés passera de 4 à 6.
2. amélioration des retraites des femmes
L'indemnité journalière perçue pendant le congé maternité entrera désormais dans le salaire de référence sur lequel est calculée la pension de retraite. Les entreprises de plus de 300 salariés qui ne font pas de diagnostic de la situation salariale comparée des hommes et des femmes seront sanctionnées.
3. retraites agricoles
L'octroi du minimum vieillesse (709 euros pour un célibataire) aux agriculteurs sera facilité. Les terres agricoles et les corps de ferme ne feront plus l'objet d'un recours sur succession.
4. information des actifs
Pour favoriser l'information des actifs, un point d'étape individuel sera systématiquement fait à 45 ans.
Un relevé de carrière en ligne sera institué tout comme une information sur le système de retraite dès la validation des premiers trimestres.
lire la synthèse du Gouvernement
L’objectif est de ramener à l’équilibre l’ensemble des régimes de retraite à l’équilibre en 2018, le déficit actuel étant estimé à 32 milliards d’euros.
Le plan annoncé s’articule autour de quatre axes :
• report de l’âge légal de départ à la retraite et de l’âge de la retraite à taux plein
•harmonisation du régime de la fonction publique sur celui du privé
•prise en compte de la pénibilité et adoption de mesures de solidarité
•mise à contribution des hauts revenus et des revenus du patrimoine (4,4 milliards d’euros de recettes)
Les pertes des régimes de vieillesse sont transférées à la Caisse d’amortissement de la dette sociale qui pourra bénéficier de l’appui du Fonds de Réserve des Retraites.
I. LES DUREES DE COTISATION
1. le report de l’âge légal de départ à la retraite
L’âge légal fixé à 60 ans en 1982 sera relevé progressivement de 4 mois par an à partir de la génération 1951.
La retraite pour les fonctionnaires sera fixée à 62 ans en 2018. Ceux dont l’âge de départ à la retraite est inférieur à 60 ans sera également relevé de deux ans (52 au lieu de 50 ans ou 57 au lieu de 55 ans).
Pour les bénéficiaires des régimes spéciaux, le relèvement interviendra à partir de 2017 du fait de l’harmonisation en cours.
L'âge de la retraite à taux plein passera de 65 à 67 ans.
2. durée de cotisation
Eric Woerth a réaffirmé le principe de l’allongement de la durée de cotisation qui est passée de 37,5 à 40 ans puis à 41 ans (effectif en 2012). Cette durée sera fixée à 41,5 en 2020. Pour les générations de 1953 et 1954, elle sera de 41,1 années.
3. maintien du dispositif de carrière longue
Les salariés ayant commencé à travailler avant 18 ans pourront continuer à faire valoir leurs droits à la retraite entre 58 et 60 ans sous réserve de justifier de la durée de cotisations nécessaire plus deux ans.
50 000 personnes devraient être concernées en 2011 et 90 000 en 2015.
4. pénibilité
Les assurés dont l'état de santé est dégradé du fait de leur exposition à des facteurs de pénibilité garderont la possibilité de partir à 60 ans avec une retraite à taux plein quel que soit leur nombre de trimestres.
10 000 personnes par an bénéficieront de ce droit nouveau.
Des mesures de prévention de la pénibilité pour éviter l’usure des salariés devront être mises en place avec notamment l’instauration d’un carnet individuel de santé permettant le suivi des expositions aux risques. ?
5. développement de l'emploi des seniors
Le Gouvernement a prévu de mettre en œuvre une aide à l'embauche pendant un an pour les demandeurs d'emploi de plus de 55 ans et de renforcer les mécanismes de tutorat.
II. LES MESURES DE FINANCEMENT
1. impôt sur le revenu
Un prélèvement de 1 % est créé sur la dernière tranche d’impôt sur le revenu
2. revenus financiers
Les prélèvements sur les plus-values de cessions mobilières et immobilières et du prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes et les intérêts sont relevés d’un point
La contribution de l'employeur concernant les stock-options passe de 10 à 14 % et la contribution du salarié de 2,5 à 8 %.
Le crédit d’impôt sur les dividendes des particuliers est supprimé tout comme le plafonnement de la quote-part pour frais et charges sur les dividendes des entreprises.
Les plus-values seront désormais taxées au 1er euro et non plus à partir de 27 000 euros de cession.
3. retraites chapeau
Le prélèvement acquitté par les entreprises sur les retraites chapeau sera appliqué dès le 1er euro de rente versé.
Une contribution sociale de 14 % est mise en place pour le bénéficiaires
4. Charges sociales des entreprises
Le calcul des allègements de charges sera annualisé permettant une économie de plus de 2 milliards d’euros.
III. RENFORCEMENT DE LA CONVERGENCE ENTRE LES RÉGIMES PUBLIC ET PRIVÉ
1. cotisation du secteur public
Le taux de cotisation du secteur public (7,85 %) sera aligné sur celle du secteur privé (10,55 %) en 10 ans (part salariale).
2. Fermeture du dispositif de départ anticipé sans condition d'âge pour les parents de trois enfants ayant 15 ans de service à compter de 2012
Les fonctionnaires ayant déjà trois enfants au 1er janvier 2012 continueront de pouvoir bénéficier de cet avantage.
3. application de la même règle d'obtention du minimum garanti que dans le secteur privé
IV. AMÉLIORER LES MÉCANISMES DE SOLIDARITÉ
1. couverture des chômeurs non indemnisés
- Les jeunes en situation précaire bénéficieront de trimestres validés supplémentaires lorsqu'ils sont au chômage non indemnisé. Le nombre de trimestres validés passera de 4 à 6.
2. amélioration des retraites des femmes
L'indemnité journalière perçue pendant le congé maternité entrera désormais dans le salaire de référence sur lequel est calculée la pension de retraite. Les entreprises de plus de 300 salariés qui ne font pas de diagnostic de la situation salariale comparée des hommes et des femmes seront sanctionnées.
3. retraites agricoles
L'octroi du minimum vieillesse (709 euros pour un célibataire) aux agriculteurs sera facilité. Les terres agricoles et les corps de ferme ne feront plus l'objet d'un recours sur succession.
4. information des actifs
Pour favoriser l'information des actifs, un point d'étape individuel sera systématiquement fait à 45 ans.
Un relevé de carrière en ligne sera institué tout comme une information sur le système de retraite dès la validation des premiers trimestres.
lire la synthèse du Gouvernement
mardi 8 juin 2010
Investissements à long terme, est-ce possible ?
Jérôme Glachant, jean Hervé Lorenzi, Alain Quinet et Philippe Trainar ont présenté un rapport sur les investissements et investisseurs de long terme dans le cadre du Conseil d'Analyse Economique.
Partant du constat bien connu que la France ne souffre pas d'une insuffisance de l'épargne mais d'un problème d'affectation de l'épargne, il recherche comment améliorer son allocation en vue d'assurer un meilleur financement de l'économie.
Les rapporteurs soulignent que les investisseurs à long terme se font rares du fait de la réglementation (Bâle II et III, Solvency II) et du fait d'une recherche plus rapide du retour sur investissement. Il faut noter que l'Etat ou plutôt les Etats concourent à cette situation en ponctionnant une grande partie de l'épargne longue.
La France est par ailleurs handicapée par l'absence de fonds de pension qui permettent d'irriguer les entreprises et qui ont par nature une vision à long terme.
Les rapporteurs souhaitent trouver au sein de la réserve d'épargne 30 à 40 milliards d'euros afin de les réorienter vers des investissements de croissance de long terme (appareil productif avec un double objectif faire face aux défis environnementaux et du vieillissement).
A cet effet, ils demandent une meilleure prise en compte des vertus de la rente. Ils proposent comme la FFSA le basculement d'une partie de l'assurance-vie en assurance retraite avec une sortie en rente qui serait fiscalement encouragée.
Lire le rapport
lire la synthèse
Les dix propositions du rapport
Proposition 1
Dédier des véhicules associant public et privé à des projets ciblés l’investissement long terme.
Proposition 2
Concevoir un système d’assurance contre les risques financiers systémiques qui limitent les exigences de couverture en capitaux propres des institutions financières.
Proposition 3
Reconnaître les spécificités des investisseurs long terme en accordant un statut d’investisseur structurel de long terme d’« ISLT » aux investisseurs ayant pour caractéristique de travailler sur fonds permanents en situation d’activité courante.
Proposition 4
Ajouter dans les contrats d’assurance-vie une option retraite combinant sorties en rente et en capital et bénéficiant d’avantages fiscaux en sortie si l’option est souscrite avant 55 ans.
Proposition 5
Pour les investisseurs structurels (ISLT de la proposition 3) : introduire le coût historique amorti comme base de comptabilisation des investissements financiers ou, à défaut, accorder le régime du coût amorti aux investissements de long terme.
Proposition 6
Simplifier et assurer la neutralité de la fiscalité des rentes viagères acquises à titre onéreux quel que soit l’âge du bénéficiaire.
Proposition 7
Favoriser le développement du PERP en le faisant bénéficier d’une plus grande neutralité fiscale.
Proposition 8
Favoriser le développement de fonds fermés d’actions cotées, y compris small et mid caps.
Proposition 9
Créer des fonds fermés dédiés au financement des fonds propres des entreprises innovantes regroupant du capital-risque et des actions « small caps ».
Proposition 10
Favoriser l’accès indirect des PME aux marches obligataires par la mise en place d’une plate-forme commune d’émission d’obligations sécurisés permettant le refinancement des prêts aux PME.
Partant du constat bien connu que la France ne souffre pas d'une insuffisance de l'épargne mais d'un problème d'affectation de l'épargne, il recherche comment améliorer son allocation en vue d'assurer un meilleur financement de l'économie.
Les rapporteurs soulignent que les investisseurs à long terme se font rares du fait de la réglementation (Bâle II et III, Solvency II) et du fait d'une recherche plus rapide du retour sur investissement. Il faut noter que l'Etat ou plutôt les Etats concourent à cette situation en ponctionnant une grande partie de l'épargne longue.
La France est par ailleurs handicapée par l'absence de fonds de pension qui permettent d'irriguer les entreprises et qui ont par nature une vision à long terme.
Les rapporteurs souhaitent trouver au sein de la réserve d'épargne 30 à 40 milliards d'euros afin de les réorienter vers des investissements de croissance de long terme (appareil productif avec un double objectif faire face aux défis environnementaux et du vieillissement).
A cet effet, ils demandent une meilleure prise en compte des vertus de la rente. Ils proposent comme la FFSA le basculement d'une partie de l'assurance-vie en assurance retraite avec une sortie en rente qui serait fiscalement encouragée.
Lire le rapport
lire la synthèse
Les dix propositions du rapport
Proposition 1
Dédier des véhicules associant public et privé à des projets ciblés l’investissement long terme.
Proposition 2
Concevoir un système d’assurance contre les risques financiers systémiques qui limitent les exigences de couverture en capitaux propres des institutions financières.
Proposition 3
Reconnaître les spécificités des investisseurs long terme en accordant un statut d’investisseur structurel de long terme d’« ISLT » aux investisseurs ayant pour caractéristique de travailler sur fonds permanents en situation d’activité courante.
Proposition 4
Ajouter dans les contrats d’assurance-vie une option retraite combinant sorties en rente et en capital et bénéficiant d’avantages fiscaux en sortie si l’option est souscrite avant 55 ans.
Proposition 5
Pour les investisseurs structurels (ISLT de la proposition 3) : introduire le coût historique amorti comme base de comptabilisation des investissements financiers ou, à défaut, accorder le régime du coût amorti aux investissements de long terme.
Proposition 6
Simplifier et assurer la neutralité de la fiscalité des rentes viagères acquises à titre onéreux quel que soit l’âge du bénéficiaire.
Proposition 7
Favoriser le développement du PERP en le faisant bénéficier d’une plus grande neutralité fiscale.
Proposition 8
Favoriser le développement de fonds fermés d’actions cotées, y compris small et mid caps.
Proposition 9
Créer des fonds fermés dédiés au financement des fonds propres des entreprises innovantes regroupant du capital-risque et des actions « small caps ».
Proposition 10
Favoriser l’accès indirect des PME aux marches obligataires par la mise en place d’une plate-forme commune d’émission d’obligations sécurisés permettant le refinancement des prêts aux PME.
La lettre n° 47 du Cercle - Juin 2010
La lettre n° 47 du Cercle des Epargnants change de maquette tout en conservant sa thématique "épargne et retraite".
Au sommaire de la lettre du mois de juin :
- Epargne et crise
- Toiletter le PERP
- N'oubliez pas l'article 83
- La réforme des retraites, les impôts et l'épargne...
lire la lettre
mercredi 2 juin 2010
Pourquoi la France est bien notée ?
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Pourquoi la France est bien notée malgré un déficit public de 8 % et une dette de plus de 80 % du PIB
L’écart de taux dit spread avec les taux consentis à l’Etat considéré le plus vertueux d’Europe, l’Allemagne, sont faibles, de 0,2 à 0,4 point traduisant que la signature française est excellente.
Jamais ou presque l’Etat a pu s’endetter à des taux aussi faibles. C’est, il faut le souligner, un avantage de l’euro.
Cette facilité liée aux politiques monétaires laxistes menées par les autorités monétaires a conduit au surendettement des Etats mais aussi des entreprises et des ménages.
Malgré une dette supérieure à celle de l’Espagne, la France bénéficie de la confiance des investisseurs pour trois grandes raisons.
La première est liée à la capacité de son administration à lever vite et bien des impôts, des cotisations et des taxes. A la différence de l’Etat grec, l’Etat, en France, peut augmenter sans sourciller les impôts. Ainsi, en 2009, l’ensemble des revenus du patrimoine ont subi une ponction de un point pour financer le RSA. Les pertes en ligne (fraude, évaporation diverse) sont relativement faibles.
La seconde raison est liée au fort taux d’épargne, plus de 16 % du revenu disponible brut prouvant que les ménages disposent de marges pour payer des impôts supplémentaires ou pour souscrire à des emprunts. En relation avec ce dernier point, les Français, en tant que particuliers, sont faiblement endettés à la différence des Espagnols ou des Américains. Il est de 76 % du PIB contre plus de 150 % aux Etats-Unis, de 140 % en Espagne ou de 153 % au Royaume-Uni.
Parmi les autres raisons figurent le potentiel de la croissance du pays et la capacité du gouvernement à réformer.
La France possède encore des positions fortes dans des secteurs à forte croissance : l’aéronautique, l’espace, les transports, la pharmacie… Malgré quelques soubresauts, les pouvoirs publics aboutissent à moderniser la gestion publique et à revenir sur certains acquis considérés comme sacrés. Ainsi, l’OCDE a souligné que la France faisait partie des Etats ayant réalisé un des efforts les plus importants pour maîtriser les dépenses de retraite. De même, la transformation de l’imposant secteur public issu des nationalisations de 1945 et de 1981/1982 s’est effectuée sans trop de casse même dans les secteurs très sensibles que sont l’énergie, la poste ou les telecom. Demeure comme dernière grande citadelle les transports ferroviaires.
Bien évidemment, la relative clémence des agences de notation n’est pas immuable. Un faux pas dans le cadre de la réforme des retraites ou la poursuite du dérapage du déficit public conduiraient les investisseurs à jeter à un œil critique sur les comptes publics d’autant plus que le potentiel de croissance tend à s’éroder. En la matière, le maintien d’une économie compétitive est un impératif qui passe par un effort accru dans les domaines de la formation et de la recherche développement.
lundi 31 mai 2010
Bilan du PERP en 2009
La FFSA réalise un bilan annuel des PERP souscrits auprès des sociétés d'assurances relevant du Code des assurances soit 99,8 % du marché.
En 2009, le nombre de PERP s'est établi à 2,1 millions en progression de 62 000 par rapport à 2008. L'augmentation a été de 2 %, soit la plus faible enregistrée depuis le début de la commercialisation du PERP en 2004. La hausse avait été de 3 % en 2008, de 6 % en 2007, de 12 % en 2006, de 35 % en 2005.
Ramené à la population active salarié, le taux d'équipement est de 8,8 % en 2009 contre 8,6 % en 2008.
97 % des contrats commercialisés sont des contrats de type "épargne convertie en rente". Sept sociétés commercialisent des contrats en "rente viagère différée" . Cinq sociétés proposent des contrats en unités de rente et une société un contrat en "euro diversifiés".
Deux tiers des contrats sont à à cotisations périodiques ou à versements programmés.
Le montant des cotisations a atteint 1 milliard d'euros soit une augmentation de 2 % après une baisse de 2 % en 2008. 62 % des versements s'effectuent durant le dernier trimestre .
22 % des cotisations des plans de type "épargne convertie en rente" ont été investies en unités de compte contre 27 % en 2008.
2000 contrats sont en cours de liquidation en 2009. Les prestations versées ont atteint 96 millions d'euros en hausse de 41 % en 2009, soit 2 % des provisions mathématiques.
Les provisions mathématiques ont atteint 5,3 milliards d'euros en progression de 31 % par rapport à 2008. Elles représentent 1,8 fois celle de l'autre produit créé par la loi Fillon, le PERCO.
L'encours moyen des PERP est de 2 600 euros contre 1980 fin 2008. L'encours des plans en liquidation est de 298 130 euros.
80 % des plans ont été souscrits auprès des bancassurance contre 83 % en 2006. En termes de cotisations, la part des assureurs est passée de 14 % en 2004 à 30 % en 2009.
L'âge moyen de souscription est de 43 ans avec une légère prédominance des hommes (53 %). 9 % des adhérents ont versé plus de 1500 euros et en moyenne 510 euros. 73 % ont versé moins de 500 euros et 6 % plus de 2500 euros.
En 2009, le nombre de PERP s'est établi à 2,1 millions en progression de 62 000 par rapport à 2008. L'augmentation a été de 2 %, soit la plus faible enregistrée depuis le début de la commercialisation du PERP en 2004. La hausse avait été de 3 % en 2008, de 6 % en 2007, de 12 % en 2006, de 35 % en 2005.
Ramené à la population active salarié, le taux d'équipement est de 8,8 % en 2009 contre 8,6 % en 2008.
97 % des contrats commercialisés sont des contrats de type "épargne convertie en rente". Sept sociétés commercialisent des contrats en "rente viagère différée" . Cinq sociétés proposent des contrats en unités de rente et une société un contrat en "euro diversifiés".
Deux tiers des contrats sont à à cotisations périodiques ou à versements programmés.
Le montant des cotisations a atteint 1 milliard d'euros soit une augmentation de 2 % après une baisse de 2 % en 2008. 62 % des versements s'effectuent durant le dernier trimestre .
22 % des cotisations des plans de type "épargne convertie en rente" ont été investies en unités de compte contre 27 % en 2008.
2000 contrats sont en cours de liquidation en 2009. Les prestations versées ont atteint 96 millions d'euros en hausse de 41 % en 2009, soit 2 % des provisions mathématiques.
Les provisions mathématiques ont atteint 5,3 milliards d'euros en progression de 31 % par rapport à 2008. Elles représentent 1,8 fois celle de l'autre produit créé par la loi Fillon, le PERCO.
L'encours moyen des PERP est de 2 600 euros contre 1980 fin 2008. L'encours des plans en liquidation est de 298 130 euros.
80 % des plans ont été souscrits auprès des bancassurance contre 83 % en 2006. En termes de cotisations, la part des assureurs est passée de 14 % en 2004 à 30 % en 2009.
L'âge moyen de souscription est de 43 ans avec une légère prédominance des hommes (53 %). 9 % des adhérents ont versé plus de 1500 euros et en moyenne 510 euros. 73 % ont versé moins de 500 euros et 6 % plus de 2500 euros.
mercredi 26 mai 2010
La lettre Agir Pour Ma Retraite N°4 Mai/Juin 2010

En plein débat sur la réforme des retraites, le Cercle des Epargnants publie la lettre n°4 d'Agir Pour Ma Retraite.
Pour ce numéro 4, une nouvelle maquette plus aérée et des articles qui analysent la dernière enquête du Cercle.
Au sommaire :
- l'épargne retraite mise au piquet durant le débat sur la répartition
- le système peut-il faire faillite ?
- les pensions baisseront-elles ?
- le taux de remplacement, à quoi correspond-il ?
télécharger la lettre en pdf
samedi 22 mai 2010
Ne pas avoir peur du mot "faillite"
lire en pdf l'article
Depuis 2007, le terme « faillite » hante le débat politique et économique. Les propos de François Fillon avait choqué quad il avait parlé que la France courrait à la faillite. Depuis ce sont des banques qui ont fait faillite ou qui ont été sauvé de la faillite. L’affaire grecque a démontré durant le printemps 2010 que des Etats n’étaient pas à l’abri de la banqueroute en raison d’une dette publique en dérapage non contrôlé.
C’est aussi le Conseil d’Orientation des Retraites qui souligne que si rien n’est fait le système de vieillesse court à sa perte. A ce titre, un récent sondage commandé par le Cercle des Epargnants à l’institut CSA souligne que deux tiers des Français considèrent que nos régimes de vieillesse sont menacés de faillite.
Le mot est fort mais il témoigne tout à la fois de la gravité de la situation et du désarroi de l’opinion publique.
Gravité de la situation car la crise économique qui frappe les anciens pays industrialisés est loin d’être terminée et est de nature structurelle.
La crise est née économique mais s’est concrètement manifesté au grand jour sous la forme d’une crise financière. La bulle financière alimentée par les faibles taux d’intérêt et la généralisation de technique de dilution des risques financiers a par son éclatement révélé les problèmes auxquels sont confrontés les pays anciennement industrialisés et en premier lieu l’Europe.
Depuis près d’une décennie, la croissance occidentale a été favorisée par l’importation de produits à bas coûts, par l’argent pas cher généré par les taux d’intérêt des banques centrales et par le réinvestissement des pays émergents qui recyclaient une partie, voire une grande partie de leurs excédents commerciaux.
L’argent facile conduit toujours à la spéculation, au bulle, à leur éclatement. L’argent facile rime aussi avec affaissement des gains de productivité qui sont les moteurs de la croissance forte et durable.
Les banques ont offert de la croissance mais sans en s’affranchissant des fondamentaux. Les banquiers sont-ils coupables ? Peut-être mais tout le monde était heureux de bénéficier d’un peu (en Europe) et un peu plus aux Etats-Unis du vent fort de la croissance mondiale. Nul ne criait à l’escroquerie quand le crédit permettait à un nombre croissant d’Américains de devenir propriétaires.
L’amplification des déséquilibres ne pouvait qu’amener l’éclatement de la bulle. Le déficit commercial américain dépassait les 800 milliards de dollars en 2007 sans que des mesures de correction puissent intervenir du fait que la monnaie chinoise est liée au dollar. En outre, les Etats-Unis comme les autres pays sont dopés par les bas prix des pays émergents. Il n’y a plus d’offre national pour un certain nombre de produits qui sont made China ou made in Vietnam à plus de 60 %.
Les tensions inflationnistes provoquées par l’envolée des cours des matières premières et des produits agricoles ont sonné la fin de la récréation. Les ardoises privées devaient être payées.
Aujourd’hui, certains considèrent que les problèmes rencontrés par les Etats ne sont que la traduction des plans de sauvetage des banques. De ce fait, par syllogisme, il n’aurait pas fallu aider les banques pour sauvegarder la solidité des Etats.
Mais s’il n’y avait pas eu de plan pour les banques, c’est l’ensemble de l’économie qui tombait et les économies des contribuables.
Certes, une partie de la dette privée a été nationalisée mais ce transfert n’est en rien responsable de la situation catastrophique des finances publiques. La dette française qui était de 21 % du PIB en 1981 dépasse désormais les 75 %. Depuis 1974, le budget de l’Etat n’a pas été en excédent. Au Japon, depuis vingt ans, la dette publique n’en finit pas d’enfler au point qu’elle atteint 200 % du PIB. La crise financière est une goutte d’eau dans l’océan des dettes publiques.
Les marchés qui ne sont que la somme d’investisseurs condamnent aujourd’hui une dérive vieille de plusieurs décennies. Quand l’espoir d’un retour réel de la croissance constituait un gage de remboursement, tout allait bien. Mais quand les perspectives de croissance sont autour de 1 point, les capacités de remboursement sont plus incertaines surtout quand le niveau de prélèvements obligatoires est élevé ou que la fraude fiscale rend toute augmentation des impôts virtuelle.
L’Europe a été attaquée du fait qu’elle accumule de faibles prévisions de croissance, un niveau de prélèvements élevés (autour de 40 % quand aux Etats-Unis, ce taux est de 30 %), de faibles gains de productivité (autour de 1 % quand ils sont de 3 % aux Etats-Unis), un vieillissement prononcé de la population, une faible mobilité de la population et une faible solidarité des Etats membres du fait de l’absence de mécanismes de correction en cas de crises et de gouvernement économique.
Nul n’ignorait que la zone euro n’était pas une zone monétaire optimale. Avec un budget européen qui représente 1 % du PIB et dont 60 % est affectée à l’agriculture qui occupe 2 % de la population active, il était évident qu’en cas de divergences internes, il fallait que les tensions puissent s’exprimer. Avec la disparition des dévaluations, les spreads sur les taux ont servi de fusibles au point de faire disjoncter l’ensemble du système européen.
Le plan d’urgence a permis d’enrayer la crise mais ses fondements demeurent.
Cette crise européenne cristallise :
- La faillite de l’Etat providence
- La faillite de la non-organisation européenne
La faillite de l’Etat providence est triple. La progression des dépenses publiques et les engagements à venir débouche sur un toujours plus de déficits et de prélèvements. Deuxièmement, l’Etat providence est une source d’insatisfaction. L’Europe n’a jamais réussi à endiguer réellement le chômage et tout particulièrement la France. Les pays dont le taux de dépenses publiques est le plus élevé ont eu sur la période les taux de chômage les plus importants. L’Europe du Nord est une exception mais ils ont su tout à la fois maîtriser leurs dépenses sur les dernières années et réduire leurs déficits. Troisièmement, l’Etat providence se traduit pas toujours moins de dépenses de fonctionnement et toujours moins de dépenses d’investissement. Les dépenses sociales représentent plus de 60 % des dépenses publiques. L’investissement est limité à la portion congrue.
Le développement de l’Etat providence a anémié la prise de risque et les gains de productivité. Le problème, c’est de changer de paradigme et de démonter des années de mesures considérés comme des droits. Car contrairement à des idées reçues, le coût des politiques sociales n’a pas cessé de s’accroître. En France, du RMI au RSA en passant par la CMU, aux aides pour le logement…, depuis vingt ans, des efforts considérables ont été réalisés par la collectivité, un effort dont le financement a été renvoyé aux générations à venir. Nous sommes tous favorables à la solidarité à condition de ne pas la payer. Aujourd’hui, il y a une nécessité d’étudier l’efficience de l’ensemble de l’Etat providence…
Depuis 2007, le terme « faillite » hante le débat politique et économique. Les propos de François Fillon avait choqué quad il avait parlé que la France courrait à la faillite. Depuis ce sont des banques qui ont fait faillite ou qui ont été sauvé de la faillite. L’affaire grecque a démontré durant le printemps 2010 que des Etats n’étaient pas à l’abri de la banqueroute en raison d’une dette publique en dérapage non contrôlé.
C’est aussi le Conseil d’Orientation des Retraites qui souligne que si rien n’est fait le système de vieillesse court à sa perte. A ce titre, un récent sondage commandé par le Cercle des Epargnants à l’institut CSA souligne que deux tiers des Français considèrent que nos régimes de vieillesse sont menacés de faillite.
Le mot est fort mais il témoigne tout à la fois de la gravité de la situation et du désarroi de l’opinion publique.
Gravité de la situation car la crise économique qui frappe les anciens pays industrialisés est loin d’être terminée et est de nature structurelle.
La crise est née économique mais s’est concrètement manifesté au grand jour sous la forme d’une crise financière. La bulle financière alimentée par les faibles taux d’intérêt et la généralisation de technique de dilution des risques financiers a par son éclatement révélé les problèmes auxquels sont confrontés les pays anciennement industrialisés et en premier lieu l’Europe.
Depuis près d’une décennie, la croissance occidentale a été favorisée par l’importation de produits à bas coûts, par l’argent pas cher généré par les taux d’intérêt des banques centrales et par le réinvestissement des pays émergents qui recyclaient une partie, voire une grande partie de leurs excédents commerciaux.
L’argent facile conduit toujours à la spéculation, au bulle, à leur éclatement. L’argent facile rime aussi avec affaissement des gains de productivité qui sont les moteurs de la croissance forte et durable.
Les banques ont offert de la croissance mais sans en s’affranchissant des fondamentaux. Les banquiers sont-ils coupables ? Peut-être mais tout le monde était heureux de bénéficier d’un peu (en Europe) et un peu plus aux Etats-Unis du vent fort de la croissance mondiale. Nul ne criait à l’escroquerie quand le crédit permettait à un nombre croissant d’Américains de devenir propriétaires.
L’amplification des déséquilibres ne pouvait qu’amener l’éclatement de la bulle. Le déficit commercial américain dépassait les 800 milliards de dollars en 2007 sans que des mesures de correction puissent intervenir du fait que la monnaie chinoise est liée au dollar. En outre, les Etats-Unis comme les autres pays sont dopés par les bas prix des pays émergents. Il n’y a plus d’offre national pour un certain nombre de produits qui sont made China ou made in Vietnam à plus de 60 %.
Les tensions inflationnistes provoquées par l’envolée des cours des matières premières et des produits agricoles ont sonné la fin de la récréation. Les ardoises privées devaient être payées.
Aujourd’hui, certains considèrent que les problèmes rencontrés par les Etats ne sont que la traduction des plans de sauvetage des banques. De ce fait, par syllogisme, il n’aurait pas fallu aider les banques pour sauvegarder la solidité des Etats.
Mais s’il n’y avait pas eu de plan pour les banques, c’est l’ensemble de l’économie qui tombait et les économies des contribuables.
Certes, une partie de la dette privée a été nationalisée mais ce transfert n’est en rien responsable de la situation catastrophique des finances publiques. La dette française qui était de 21 % du PIB en 1981 dépasse désormais les 75 %. Depuis 1974, le budget de l’Etat n’a pas été en excédent. Au Japon, depuis vingt ans, la dette publique n’en finit pas d’enfler au point qu’elle atteint 200 % du PIB. La crise financière est une goutte d’eau dans l’océan des dettes publiques.
Les marchés qui ne sont que la somme d’investisseurs condamnent aujourd’hui une dérive vieille de plusieurs décennies. Quand l’espoir d’un retour réel de la croissance constituait un gage de remboursement, tout allait bien. Mais quand les perspectives de croissance sont autour de 1 point, les capacités de remboursement sont plus incertaines surtout quand le niveau de prélèvements obligatoires est élevé ou que la fraude fiscale rend toute augmentation des impôts virtuelle.
L’Europe a été attaquée du fait qu’elle accumule de faibles prévisions de croissance, un niveau de prélèvements élevés (autour de 40 % quand aux Etats-Unis, ce taux est de 30 %), de faibles gains de productivité (autour de 1 % quand ils sont de 3 % aux Etats-Unis), un vieillissement prononcé de la population, une faible mobilité de la population et une faible solidarité des Etats membres du fait de l’absence de mécanismes de correction en cas de crises et de gouvernement économique.
Nul n’ignorait que la zone euro n’était pas une zone monétaire optimale. Avec un budget européen qui représente 1 % du PIB et dont 60 % est affectée à l’agriculture qui occupe 2 % de la population active, il était évident qu’en cas de divergences internes, il fallait que les tensions puissent s’exprimer. Avec la disparition des dévaluations, les spreads sur les taux ont servi de fusibles au point de faire disjoncter l’ensemble du système européen.
Le plan d’urgence a permis d’enrayer la crise mais ses fondements demeurent.
Cette crise européenne cristallise :
- La faillite de l’Etat providence
- La faillite de la non-organisation européenne
La faillite de l’Etat providence est triple. La progression des dépenses publiques et les engagements à venir débouche sur un toujours plus de déficits et de prélèvements. Deuxièmement, l’Etat providence est une source d’insatisfaction. L’Europe n’a jamais réussi à endiguer réellement le chômage et tout particulièrement la France. Les pays dont le taux de dépenses publiques est le plus élevé ont eu sur la période les taux de chômage les plus importants. L’Europe du Nord est une exception mais ils ont su tout à la fois maîtriser leurs dépenses sur les dernières années et réduire leurs déficits. Troisièmement, l’Etat providence se traduit pas toujours moins de dépenses de fonctionnement et toujours moins de dépenses d’investissement. Les dépenses sociales représentent plus de 60 % des dépenses publiques. L’investissement est limité à la portion congrue.
Le développement de l’Etat providence a anémié la prise de risque et les gains de productivité. Le problème, c’est de changer de paradigme et de démonter des années de mesures considérés comme des droits. Car contrairement à des idées reçues, le coût des politiques sociales n’a pas cessé de s’accroître. En France, du RMI au RSA en passant par la CMU, aux aides pour le logement…, depuis vingt ans, des efforts considérables ont été réalisés par la collectivité, un effort dont le financement a été renvoyé aux générations à venir. Nous sommes tous favorables à la solidarité à condition de ne pas la payer. Aujourd’hui, il y a une nécessité d’étudier l’efficience de l’ensemble de l’Etat providence…
mardi 18 mai 2010
Présentation du Sondage 2010 du Cercle des Epargnants

Le Cercle des Epargnants a présenté le mardi 18 mai 2010 sa 8ème enquête sur les Français et la retraite. La présentation a été réalisée par Jérôme Jaffré et Philippe Crevel.
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Et en quelque mots les principaux enseignements sont les suivants :
Prise de conscience douloureuse sur fond de divorce intergénérationnel
Les messages du Gouvernement et du Conseil d’orientation des retraites semblent avoir été intégrés par les Français car deux tiers d’entre eux considèrent que le risque de faillite du système est réel. Cette menace est ressentie par toutes les générations (68 % chez les 18-34 ans ; 71 % chez les 25-49 ans et 58 % chez les actifs de plus de 50 ans).
Face à cette situation, les Français rejettent majoritairement (54 %) toute baisse des pensions moyennes ou élevées. En revanche, ils considèrent à 64 % nécessaire le report de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans et à 57 % un allongement à 43,5 ans de la durée de cotisation. 50 % des sondés jugent également nécessaire l’augmentation des cotisations.
Les actifs les plus proches de la retraite sont plutôt conservateurs et ne souhaitent pas être touchés par la réforme des retraites, Le recul de l’âge légal de départ à la retraite est plébiscité par les 35-49 ans (68 % favorables) quand 53 % des actifs des plus de 50 ans y sont opposés.
Intérêt personnel et l’intérêt général ne font pas bon ménage
Si une majorité de Français juge collectivement le report de l’âge légal de départ comme nécessaire pour assurer la pérennité du système de retraite, en revanche, ils souhaitent majoritairement partir avant 60 ans. 58 % d’entre eux souhaitent partir à 60 ans ou avant. Néanmoins, ils sont de plus en plus nombreux à prendre conscience qu’ils seront contraints de partir au-delà de 60 ans (les Français estiment qu’ils partiront à la retraite après 61 ans).
Une majorité de Français demandent au Gouvernement de prendre ses responsabilités pour réformer les retraites (55 % contre 43 % qui souhaitent un accord avec les partenaires sociaux).
Echec patent de l’information en matière de retraite
Malgré les efforts réalisés depuis l’adoption de la loi Fillon en 2003, les Français se déclarent mal informés. Ils sont 77 % à se déclarer mal informés en 2010 contre 69 % en 2009. Les incertitudes générées par les déclarations des pouvoirs publics et des partenaires sociaux aboutit à brouiller la vision des Français sur leur future retraite. Ils ne sont que 23 % à avoir une vision claire contre 30 % en 2009.
Doutes sur le système mixte (répartition/capitalisation) mais l’épargne demeure une valeur sûre
45 % des Français se prononcent, en 2010, en faveur d’un système mixte contre 52 % en 2008 et 2009. Ce recul peut s’interpréter que face aux perspectives de réformes, les Français veulent montrer leur attachement à la répartition. Les 18-34 ans sont les plus favorables au système mixte (58 %) quand ils ne sont que 37 % chez les actifs de plus de 50 ans
Néanmoins, en vue de préparer leur future retraite, les Français souhaitent, en priorité mettre suffisamment d’argent de côté pour disposer de revenus complémentaires (40 % contre 38 % qui mettent en avant l’idée de travailler jusqu’à la retraite).
Malgré la crise, 53 % des Français déclarent épargner pour financer leur retraite. En 2009, ce taux était de 59 %. Compte tenu du haut niveau actuel d’épargne (supérieur à 16 % du revenu disponible brut), cette baisse peut s’expliquer par la volonté des Français de ne pas prendre de risques. 23 % des Français souhaitent épargner davantage par précaution en 2010 et seulement 14 % souhaitent puiser afin de soutenir leur consommation.
Parmi les Français qui n’épargnent pas en vue de la retraite, 56 % souhaiteraient le faire contre 60 % en 2009.
mercredi 12 mai 2010
Simulations du COR, l'enfer ou presque
Le Conseil d'Orientation des Retraites a rendu public, le 11 mai 2010, des simulations concernant les leviers d'action possibles pour endiguer le déficit des retraites. Bad news, aucune des solutions règlent le problème. Le passage de l'âge à 63 ans permet de faire la moitié du chemin d'ici 2030 mais seulement 27 % du déficit serait couvert en 2050. Le passage à 45 ans de cotisation ne couvriraient que 30 % des besoins d'ici 2030. La solution la plus efficace est le relèvement des cotisations sociales qui associée au passage à 63 ans couvre 75 % du problème en 2030.
On n'est pas sorti d'affaire....
consulter les documents du COR
On n'est pas sorti d'affaire....
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samedi 8 mai 2010
Europe cherche pilote désespèrément
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Faible perspectives de croissance, des déficits publics non maîtrisés depuis des années, une population vieillissante, l’absence de politiques communes et de projets communs une soif de précaution couplée à une aversion du risque, l’Europe est en proie aux doutes et aux affres du déclin.
La crise grecque qui est devenue européenne et voire un peu plus n’est qu’un symbole du malaise qui est plus profond et qui date de plusieurs années. L’Europe n’a pas su opérer sa mutation après la chute de l’URSS et du mur de Berlin. La réunification de l’Europe s’est réalisée sans enthousiasme et surtout sans réel projet. L’élargissement de l’Union européenne a été plus contraint par les évènements que voulu. De même, la création de l’euro en 1999 a couronné un processus engagé dès la fin des années soixante avec le plan Werner et auquel étaient attachés les personnalités historiques de l’Europe d’après guerre. Fruit de concessions tant de la part de la France qui a du se résoudre à accepter la politique monétaire de l’Allemagne que de la part de l’Allemagne qui ne voulait pas des Etats de l’Europe du Sud, l’euro n’est pas né sous une bonne étoile. L’adhésion des peuples s’est fait par défaut ; la monnaie commune est devenue le bouc émissaire de tous les problèmes européens : inflation, déficit de la balance commerciale, rigueur avec le pacte de Maastricht…
Les difficultés éprouvées pour sauver la Grèce qui pèse 2,6 % du PIB de la zone euro démontre l’état de l’Union européenne. La crise économique et financière de 2008/2009 s’est muée en crise politique. En 2008, les investisseurs se méfiaient des banques et ‘eux-mêmes. Aujourd’hui, la méfiance a envahi les Etats qui ont absorbé une partie de la dette privée. Accuser les spéculateurs, le marché qui n’existe que dans les mots est un peu facile. Face à l’indécision des gouvernements, face à leur incapacité à assainir leurs finances, les investisseurs veulent voir avant de jouer et non s’engager en pure perte.
La crainte du scénario à la japonaise (faible croissance, dépréciation des actifs) commence à s’emparer de l’Europe d’où la chute des cours de bourses. Or, la chute de la maison européenne a obligatoirement un impact sur l’économie mondiale. Les investisseurs sont désormais à la recherche de valeurs sûres qui sont rares. Le rendement des actifs ne peut que diminuer dans ces conditions.
Depuis sa création, l’Europe est à la dérive. L’échec du fait en particulier de la France du traité constitutionnel qu’elle voulait et qui était porté par Valéry Giscard d’Estaing a confirmé que le vieux continent s’enfermait dans un huis clos.
Le rejet du traité constitutionnel s’est organisé autour du thème du libéralisme. Le traité a été considéré comme le vecteur du libéralisme en vigueur dans les pays anglo-saxons. Cette lecture excessive traduit bien le fait que l’Europe récuse la notion de risque. Le principe de précaution est devenu un leitmotiv. Le blocage du ciel européen durant plusieurs jours au mois d’avril 2010 a démontré toute la force de ce principe et l’incapacité des Européens d’organiser en commun le rapatriement de leurs ressortissants.
Le risque récusé s’exprime par l’omniprésence de l’Etat providence qui par sa taille ne réussit même plus à atteindre ses objectifs.
Les Etats européens sont de mauvaises nounous, le preuve est donnée par le taux de pauvreté et le taux de chômage. Les Etats absorbent en moyenne plus de 45 % du PIB mais sont de plus en plus incapables de répondre aux besoins de leur population. De plus en plus de citoyens sont laissés au bord de la route, incapables de rentrer dans les mécanismes d’aides.
La faillite des Etats providences est de deux natures : leur incapacité résoudre les problèmes économiques et sociaux, leur incapacité à maîtriser leurs dépenses.
Plus grave, la tentation de pouvoir embrasser une partie croissante de la population dans un système généralisé de protection sociale a généré un refus du risque, de l’initiative individuelle… Il y a plus d’intérêts à jouer du système ou de jouer en dehors que jouer avec et pour le système.
La Grèce en est le parfait exemple. Avec une économie étatisée à plus de 40 % du PIB, la population est tout à la fois incitée à consommer sans modération des biens publics et à frauder pour échapper aux prélèvements obligatoires.
L’Europe s’est le refus de l’aventure économique ou humaine. Bien que nous soyons deux fois plus riches que dans les années soixante, nous sommes incapables de lancer de nouveaux programmes spatiaux ou de nouveaux concordes. Les aventuriers que nous connaissons mais qui sont détestés sont les financiers, les traders, les spéculateurs…
L’Europe a ravi à la Chine au XVIème siècle le leadership car les Etats, les villes, les hommes et les femmes se sont tournés vers l’extérieur. Ils ont accepté l’aventure, les découvertes, les remises en cause. De Christophe Colomb à Einstein en passant par Copernic et bien d’autres, l’Europe a été le berceau des découvertes. La Chine qui était alors la première puissance mondiale a refusé l’extérieur et s’est enfermé dans le déclin durant plusieurs siècles.
L’Europe, première puissance commerciale, première marché de consommation est entrée dans une phase de déclin confortable depuis plus de vingt ans. Elle n’a bénéficié que partiellement de la mondialisation et des NTIC. De phénomènes de rattrapages internes ont été enregistrés : l’Irlande, l’Espagne, certains pays d’Europe de l’Est. Il n’en demeure pas moins que l’écart avec les Etats-Unis s’est accru et qu’il ne peut que s’accroitre si un nouvel élan n’est pas donné avec à la clef de sévères remises en cause.
L’affaire grecque devrait amener les dirigeants et la population à admettre que le système d’Etat providence actuel est à bout de souffle et qu’il est contreproductif socialement et économiquement. Le démantèlement est nécessaire mais peut ne pas rimer avec appauvrissement. La question lancinante du logement, en France, montre que l’allocation des ressources est aujourd’hui inefficace et pernicieuse. Le logement social est vécu comme un droit à vie et non comme un phénomène de transition. Dès qu’il y a automaticité, il y a risque d’abus.
Il faut redonner l’envi du risque et le récompenser ce qui signifie non pas d’augmenter les impôts mais de les diminuer. Il faut redonner un nouvel élan à la construction européenne avec un projet mobilisateur. Les Etats européens devront dans les prochaines années ouvrir leurs frontières afin de retrouver une concurrence et dynamisme sur le marché du travail. L’immigration limitée à l’extrême telle qu’elle est pratiquée dans plusieurs pays dont la France (l’immigration officielle est de 70 000 par an) joue en défaveur de la croissance. Sauf à vouloir se transformer en musée et en zone de repos international, l’Europe se doit avoir un volant supplémentaire de population active. Il y a corrélation entre croissance économique et croissance de la population.
Faible perspectives de croissance, des déficits publics non maîtrisés depuis des années, une population vieillissante, l’absence de politiques communes et de projets communs une soif de précaution couplée à une aversion du risque, l’Europe est en proie aux doutes et aux affres du déclin.
La crise grecque qui est devenue européenne et voire un peu plus n’est qu’un symbole du malaise qui est plus profond et qui date de plusieurs années. L’Europe n’a pas su opérer sa mutation après la chute de l’URSS et du mur de Berlin. La réunification de l’Europe s’est réalisée sans enthousiasme et surtout sans réel projet. L’élargissement de l’Union européenne a été plus contraint par les évènements que voulu. De même, la création de l’euro en 1999 a couronné un processus engagé dès la fin des années soixante avec le plan Werner et auquel étaient attachés les personnalités historiques de l’Europe d’après guerre. Fruit de concessions tant de la part de la France qui a du se résoudre à accepter la politique monétaire de l’Allemagne que de la part de l’Allemagne qui ne voulait pas des Etats de l’Europe du Sud, l’euro n’est pas né sous une bonne étoile. L’adhésion des peuples s’est fait par défaut ; la monnaie commune est devenue le bouc émissaire de tous les problèmes européens : inflation, déficit de la balance commerciale, rigueur avec le pacte de Maastricht…
Les difficultés éprouvées pour sauver la Grèce qui pèse 2,6 % du PIB de la zone euro démontre l’état de l’Union européenne. La crise économique et financière de 2008/2009 s’est muée en crise politique. En 2008, les investisseurs se méfiaient des banques et ‘eux-mêmes. Aujourd’hui, la méfiance a envahi les Etats qui ont absorbé une partie de la dette privée. Accuser les spéculateurs, le marché qui n’existe que dans les mots est un peu facile. Face à l’indécision des gouvernements, face à leur incapacité à assainir leurs finances, les investisseurs veulent voir avant de jouer et non s’engager en pure perte.
La crainte du scénario à la japonaise (faible croissance, dépréciation des actifs) commence à s’emparer de l’Europe d’où la chute des cours de bourses. Or, la chute de la maison européenne a obligatoirement un impact sur l’économie mondiale. Les investisseurs sont désormais à la recherche de valeurs sûres qui sont rares. Le rendement des actifs ne peut que diminuer dans ces conditions.
Depuis sa création, l’Europe est à la dérive. L’échec du fait en particulier de la France du traité constitutionnel qu’elle voulait et qui était porté par Valéry Giscard d’Estaing a confirmé que le vieux continent s’enfermait dans un huis clos.
Le rejet du traité constitutionnel s’est organisé autour du thème du libéralisme. Le traité a été considéré comme le vecteur du libéralisme en vigueur dans les pays anglo-saxons. Cette lecture excessive traduit bien le fait que l’Europe récuse la notion de risque. Le principe de précaution est devenu un leitmotiv. Le blocage du ciel européen durant plusieurs jours au mois d’avril 2010 a démontré toute la force de ce principe et l’incapacité des Européens d’organiser en commun le rapatriement de leurs ressortissants.
Le risque récusé s’exprime par l’omniprésence de l’Etat providence qui par sa taille ne réussit même plus à atteindre ses objectifs.
Les Etats européens sont de mauvaises nounous, le preuve est donnée par le taux de pauvreté et le taux de chômage. Les Etats absorbent en moyenne plus de 45 % du PIB mais sont de plus en plus incapables de répondre aux besoins de leur population. De plus en plus de citoyens sont laissés au bord de la route, incapables de rentrer dans les mécanismes d’aides.
La faillite des Etats providences est de deux natures : leur incapacité résoudre les problèmes économiques et sociaux, leur incapacité à maîtriser leurs dépenses.
Plus grave, la tentation de pouvoir embrasser une partie croissante de la population dans un système généralisé de protection sociale a généré un refus du risque, de l’initiative individuelle… Il y a plus d’intérêts à jouer du système ou de jouer en dehors que jouer avec et pour le système.
La Grèce en est le parfait exemple. Avec une économie étatisée à plus de 40 % du PIB, la population est tout à la fois incitée à consommer sans modération des biens publics et à frauder pour échapper aux prélèvements obligatoires.
L’Europe s’est le refus de l’aventure économique ou humaine. Bien que nous soyons deux fois plus riches que dans les années soixante, nous sommes incapables de lancer de nouveaux programmes spatiaux ou de nouveaux concordes. Les aventuriers que nous connaissons mais qui sont détestés sont les financiers, les traders, les spéculateurs…
L’Europe a ravi à la Chine au XVIème siècle le leadership car les Etats, les villes, les hommes et les femmes se sont tournés vers l’extérieur. Ils ont accepté l’aventure, les découvertes, les remises en cause. De Christophe Colomb à Einstein en passant par Copernic et bien d’autres, l’Europe a été le berceau des découvertes. La Chine qui était alors la première puissance mondiale a refusé l’extérieur et s’est enfermé dans le déclin durant plusieurs siècles.
L’Europe, première puissance commerciale, première marché de consommation est entrée dans une phase de déclin confortable depuis plus de vingt ans. Elle n’a bénéficié que partiellement de la mondialisation et des NTIC. De phénomènes de rattrapages internes ont été enregistrés : l’Irlande, l’Espagne, certains pays d’Europe de l’Est. Il n’en demeure pas moins que l’écart avec les Etats-Unis s’est accru et qu’il ne peut que s’accroitre si un nouvel élan n’est pas donné avec à la clef de sévères remises en cause.
L’affaire grecque devrait amener les dirigeants et la population à admettre que le système d’Etat providence actuel est à bout de souffle et qu’il est contreproductif socialement et économiquement. Le démantèlement est nécessaire mais peut ne pas rimer avec appauvrissement. La question lancinante du logement, en France, montre que l’allocation des ressources est aujourd’hui inefficace et pernicieuse. Le logement social est vécu comme un droit à vie et non comme un phénomène de transition. Dès qu’il y a automaticité, il y a risque d’abus.
Il faut redonner l’envi du risque et le récompenser ce qui signifie non pas d’augmenter les impôts mais de les diminuer. Il faut redonner un nouvel élan à la construction européenne avec un projet mobilisateur. Les Etats européens devront dans les prochaines années ouvrir leurs frontières afin de retrouver une concurrence et dynamisme sur le marché du travail. L’immigration limitée à l’extrême telle qu’elle est pratiquée dans plusieurs pays dont la France (l’immigration officielle est de 70 000 par an) joue en défaveur de la croissance. Sauf à vouloir se transformer en musée et en zone de repos international, l’Europe se doit avoir un volant supplémentaire de population active. Il y a corrélation entre croissance économique et croissance de la population.
mercredi 5 mai 2010
Au bonneteau, on perd toujours
La crise financière de 2007/2008 née du laxisme des banques centrales et des autorités de régulation s’est mue en gigantesque jeu de bonneteau. Les banques on transféré aux Etats une partie de leurs créances douteuses aux Etats qui ont, par ailleurs, lancé de vastes programmes de relance. La dette privée s’est transformé en dette publique sachant qu’un grand nombre d’Etats depuis plus de trente ans vivent à crédit.
Certains ont imaginé que le transfert de dettes suffirait à régler la crise et de relancer l’économie. C’était oublier que la crise est avant tout économique et qu’il faut à jour ou l’autre rembourser les emprunts même quand ils sont souscrits par des Etats souverains.
Certes, il n’y a rien de scandaleux à s’endetter si les recettes permettent de couvrir les remboursements ultérieurs. Or, les marchés doutent du futur de la croissance européenne qui plafonne au mieux à 2 %. En outre, du fait du vieillissement de la population, le passif social ne peut que s’accroître. D’un côté, la croissance est entravée par une population en déclin ; de l’autre la part des dépenses publiques ne peut que progresser.
La Grèce ne pouvait qu’attirer l’attention des investisseurs en cumulant absence de transparence, taux de fécondité faible, endettement élevé, part du secteur public élevé et problèmes sociaux…
La France dont le déficit public est supérieur à 8 % du PIB et dont la dette atteindra cette année les 80 % du PIB est jugée n’est pas attaquée non pas au nom de sa bonne gestion passée mais au nom du niveau élevé de l’épargne des ménages et de leur faible endettement. Des marges de manœuvre demeurent pour soit augmenter les impôts, soit pour placer des obligations du Trésor. En outre, jusqu’à maintenant, au pays des aveugles, les borgnes sont rois. Les investisseurs en proie aux doutes et à la recherche de sécurité privilégient les Etats-Unis, la France et l’Allemagne.
Au moment où les gouvernements cherchent de nouvelles recettes fiscales, il convient de réfléchir au rôle de l’épargne. Las pays qui ont les plus fort taux de croissance sont ceux qui ont les taux d’épargne les plus élevés à l’exception des Etats-Unis. Le taux d’épargne chinois est de 40 %. Les Etats-Unis acquièrent l’épargne qui leur manque en vendant de la sécurité (financière et militaire) d’autant plus facilement qu’ils sont le plus grand marché de consommation. Le faible niveau de prélèvements, 29 % du PIB, constitue un attrait et une garantie pour les investisseurs qui considèrent que l’Etat fédéral peut à tout moment résoudre son problème de déficit. Le fait que sous Bill Clinton le poids de la dette a fortement reculé démontre la réversibilité de la situation américaine à la différence de ce qui prévaut en Europe.
L’horizon se couvre pour l’Europe. La contrainte financière imposera des plans de rigueur qui auront un impact d’autant plus élevé que les pays européens sont drogués à la dépense publique depuis des années. Le sevrage sera difficile mais peut être porteur d’une croissance plus saine. La croissance est entravée par la faiblesse de la concurrence, par une étatisation trop poussée des économies et par une mauvaise allocation des ressources qui fuient le risque comme la peste.
La locomotive allemande dont la population décroit depuis plus de 5 ans ne pourra pas satisfaire à tous les besoins de l’Europe. Elle exigera des gains de productivité ce qui suppose une maîtrise des coûts. Les salaires allemands ont progressé plus lentement que ceux des pays de l’Europe du Sud.
L’Europe qui depuis la chute du mur de Berlin tente de régler ses problèmes institutionnels est une coquille vide avec un Président qui a avoué qu’il ne voulait pas du poste.
Il n’y a plus de projet européen, il ne reste que des problèmes européens, une monnaie commune sans politique économique, une Europe dont le symbole est la politique agricole commune au temps de l’économie tertiaire, une Europe incapable de mettre en place des régimes sociaux communs aux Etats membres, une Europe qui a reculé face aux Etats nations qui s’en servent comme bouc émissaire. La génération de Jean Monnet est partie mais n’a pas été remplacée…
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Certains ont imaginé que le transfert de dettes suffirait à régler la crise et de relancer l’économie. C’était oublier que la crise est avant tout économique et qu’il faut à jour ou l’autre rembourser les emprunts même quand ils sont souscrits par des Etats souverains.
Certes, il n’y a rien de scandaleux à s’endetter si les recettes permettent de couvrir les remboursements ultérieurs. Or, les marchés doutent du futur de la croissance européenne qui plafonne au mieux à 2 %. En outre, du fait du vieillissement de la population, le passif social ne peut que s’accroître. D’un côté, la croissance est entravée par une population en déclin ; de l’autre la part des dépenses publiques ne peut que progresser.
La Grèce ne pouvait qu’attirer l’attention des investisseurs en cumulant absence de transparence, taux de fécondité faible, endettement élevé, part du secteur public élevé et problèmes sociaux…
La France dont le déficit public est supérieur à 8 % du PIB et dont la dette atteindra cette année les 80 % du PIB est jugée n’est pas attaquée non pas au nom de sa bonne gestion passée mais au nom du niveau élevé de l’épargne des ménages et de leur faible endettement. Des marges de manœuvre demeurent pour soit augmenter les impôts, soit pour placer des obligations du Trésor. En outre, jusqu’à maintenant, au pays des aveugles, les borgnes sont rois. Les investisseurs en proie aux doutes et à la recherche de sécurité privilégient les Etats-Unis, la France et l’Allemagne.
Au moment où les gouvernements cherchent de nouvelles recettes fiscales, il convient de réfléchir au rôle de l’épargne. Las pays qui ont les plus fort taux de croissance sont ceux qui ont les taux d’épargne les plus élevés à l’exception des Etats-Unis. Le taux d’épargne chinois est de 40 %. Les Etats-Unis acquièrent l’épargne qui leur manque en vendant de la sécurité (financière et militaire) d’autant plus facilement qu’ils sont le plus grand marché de consommation. Le faible niveau de prélèvements, 29 % du PIB, constitue un attrait et une garantie pour les investisseurs qui considèrent que l’Etat fédéral peut à tout moment résoudre son problème de déficit. Le fait que sous Bill Clinton le poids de la dette a fortement reculé démontre la réversibilité de la situation américaine à la différence de ce qui prévaut en Europe.
L’horizon se couvre pour l’Europe. La contrainte financière imposera des plans de rigueur qui auront un impact d’autant plus élevé que les pays européens sont drogués à la dépense publique depuis des années. Le sevrage sera difficile mais peut être porteur d’une croissance plus saine. La croissance est entravée par la faiblesse de la concurrence, par une étatisation trop poussée des économies et par une mauvaise allocation des ressources qui fuient le risque comme la peste.
La locomotive allemande dont la population décroit depuis plus de 5 ans ne pourra pas satisfaire à tous les besoins de l’Europe. Elle exigera des gains de productivité ce qui suppose une maîtrise des coûts. Les salaires allemands ont progressé plus lentement que ceux des pays de l’Europe du Sud.
L’Europe qui depuis la chute du mur de Berlin tente de régler ses problèmes institutionnels est une coquille vide avec un Président qui a avoué qu’il ne voulait pas du poste.
Il n’y a plus de projet européen, il ne reste que des problèmes européens, une monnaie commune sans politique économique, une Europe dont le symbole est la politique agricole commune au temps de l’économie tertiaire, une Europe incapable de mettre en place des régimes sociaux communs aux Etats membres, une Europe qui a reculé face aux Etats nations qui s’en servent comme bouc émissaire. La génération de Jean Monnet est partie mais n’a pas été remplacée…
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La Lettre du Cercle des Epargnants du mois de mai 2010
La lettre du mois de mai 2010 n°46 est publiée.
Au sommaire l'actualité de l'épargne et de la retraite
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Au sommaire l'actualité de l'épargne et de la retraite
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lundi 3 mai 2010
L'Express spécial placements
Philippe Crevel a été interviewé par Laurence Delain dans l'Express du 29 avril 2010 sur le sujet des produits d'épargne retraite

mercredi 28 avril 2010
Le modèle européen à l'épreuve
L’Europe a été la zone économique la plus touchée par la crise économique ; elle ne bénéficie qu’avec modération de la reprise qui se dessine à la différence des Etats-Unis et de l’Asie.
Par facilité et par souci de faire porter la faute d’autres, il a été complaisamment répété que la crise était d’origine américaine et qu’elle n’était que le fruit de comportements spéculatifs et pervers de banquiers anglo-saxons.
Force est d’admettre que la crise avant d’être financière est économique. Cette dernière avait commencé avant même les révélations sur les défaillances de certaines banques ou de certains fonds. La multiplication des déséquilibres, l’affaissement des gains de productivité en occident ainsi que la hausse des matières premières ont tissé une trame de fond propice au déclenchement d’une crise majeure dont les premiers signes remontent à 2007.
Les responsables européens en reportant les torts sur les Etats-Unis ont négligé d’étudier la réalité économique.
L’Europe est gangrénée par une dérive des comptes publics d’un grand nombre de ses Etats, par de faibles gains de productivité et par une atonie de la croissance entretenue également par une stagnation de sa population.
En 2008/2009, les dirigeants européens ont répété que la crise marquait la victoire du modèle européen reposant sur un système développé d’Etat providence. Ce système n’a pas empêché la crise, le chômage, la pauvreté… Ce système est aujourd’hui une chape de plomb qui empêche l’Europe de renouer avec la croissance.
A la différence des Etats-Unis, les marges de manœuvre d’un grand nombre d’Etat européens sont faibles. Les déficits publics étaient élevés avant la crise. La norme des 3 % du PIB fixé par Maastricht était, sans nul doute, trop laxiste en période de croissance ; elle a été, en outre, contournée par de nombreux Etats. L’endettement n’a pas cessé de croître depuis le milieu des années 70, seuls quelques Etats ont réussi à le réduire ou à la stabiliser mais à des niveaux élevés. Face à la crise, les Etats ont tout à la fois accru la dette publique en acquérant des participations dans des entreprises et en multipliant les dépenses de soutien. Le patient européen était déjà drogué ; il a été décidé d’accroître la dose de morphine au risque de le plonger en léthargie.
A l’heure de régler les comptes, car le transfert massif de dettes du privé vers le public ne pouvait pas laisser les investisseurs indifférents, les Européens sont démunis. Le niveau élevé des prélèvements obligatoires (plus de 40 % du PIB en moyenne) rend l’utilisation de cette arme difficile. L’augmentation des impôts et taxes ampute le pouvoir d’achat des consommateurs ou pénalise la compétitivité déjà faible des entreprises. Les Etats-Unis avec un taux de prélèvements obligatoires de 30 % du PIB n’ont pas le même problème.
Il ne reste donc comme possibilité que de réduire les dépenses comme il est demandé de le faire à la Grèce avec comme conséquence de plonger l’Europe encore plus dans la stagnation.
Ce qui est en cause c’est bien le modèle européen d’économie mixte avec un système large de protection sociale qui coûte plus qu’il ne protège.
Avec une population vieillissante accrochée à ses droits et avec une jeunesse peu nombreuse et sans illusion, l’Europe est en proie aux doutes.
Le succès allemand semblerait prouver que des solutions existent. L’Allemagne a réussi à surmonter le coût de la réunification et de maintenir sa compétitivité afin de rester le leader des exportations mondiales au prix d’une maîtrise poussé des salaires et d’une gestion stricte des finances publiques. Le régime des retraites a été réformé en fixant un taux maximum de cotisation et en prévoyant de relever l’âge légal à 67 ans. Il n’est pas surprenant que l’Allemagne ait réussi à maintenir son déficit public autour des 3 % du PIB en pleine crise. L’Allemagne est aidée par sa démographie. Depuis 2003, l’Allemagne se dépeuple ; elle peut supporter plus facilement une réduction de son système d’Etat providence. Les gains de PIB sont plus faciles à partager avec une population en diminution qu’avec une population en croissance.
Il n’est pas étonnant que les Allemands rejettent l’idée d’aider les pays laxistes ayant laissé filer leurs déficits depuis des années. En vertu de quoi les fourmis devraient aider les cigales. Déjà méfiants lors de l’instauration de l’euro et de l’abandon du mark, ils sont aujourd’hui hostiles à se transformer en pompiers européens.
Dans une zone euro où il n’y a pas de gouvernement économique, où la mobilité des travailleurs est faible, où il n’y a pas de fonds de soutien, tout écart de compétitivité, tout écart en matière de gestion publique se paie directement et cher. La zone monétaire européenne n’a jamais été optimale au sens des monétaristes. Il y a urgence de trouver des solutions pour instaurer des soupapes de sécurité. Il y a eu défaillance des organes de contrôle qui n’ont pas anticipé les risques que les Etats membres faisaient prendre aux autres à travers des politiques laxistes. Les Etats souverains n’acceptent pas l’immixtion dans leurs affaires publiques ; le problème est que depuis 1999, l’euro est le bien commun de 16 Etats qui en sont collectivement responsables. La mise sous tutelle d’Etats membres n’est pas prévue d’où le recours au FMI comme gardien du temple. Jusqu’à maintenant ses interventions étaient liées à des problèmes de changes, de déficits de balance des paiements courants, avec l’euro, il doit intervenir pour régler des problèmes de déficits et de dettes excessifs. Certes, cette problématique existe dans ses autres interventions. Le Royaume-Uni et plus récemment l’Islande ont fait appel au FMI pour surmonter des crises financières. Il n’en demeure pas moins que l’Europe semble démunie pour juguler un mal qui ronge depuis plus de 30 ans un grand nombre de ses membres.
Le retour à un modèle moins laxiste, moins démagogique, plus ciblé, moins étatiste constitue une nécessité pour faire face à la crise de l’endettement public mais aussi pour reprendre le chemin de la croissance mondiale.
Par facilité et par souci de faire porter la faute d’autres, il a été complaisamment répété que la crise était d’origine américaine et qu’elle n’était que le fruit de comportements spéculatifs et pervers de banquiers anglo-saxons.
Force est d’admettre que la crise avant d’être financière est économique. Cette dernière avait commencé avant même les révélations sur les défaillances de certaines banques ou de certains fonds. La multiplication des déséquilibres, l’affaissement des gains de productivité en occident ainsi que la hausse des matières premières ont tissé une trame de fond propice au déclenchement d’une crise majeure dont les premiers signes remontent à 2007.
Les responsables européens en reportant les torts sur les Etats-Unis ont négligé d’étudier la réalité économique.
L’Europe est gangrénée par une dérive des comptes publics d’un grand nombre de ses Etats, par de faibles gains de productivité et par une atonie de la croissance entretenue également par une stagnation de sa population.
En 2008/2009, les dirigeants européens ont répété que la crise marquait la victoire du modèle européen reposant sur un système développé d’Etat providence. Ce système n’a pas empêché la crise, le chômage, la pauvreté… Ce système est aujourd’hui une chape de plomb qui empêche l’Europe de renouer avec la croissance.
A la différence des Etats-Unis, les marges de manœuvre d’un grand nombre d’Etat européens sont faibles. Les déficits publics étaient élevés avant la crise. La norme des 3 % du PIB fixé par Maastricht était, sans nul doute, trop laxiste en période de croissance ; elle a été, en outre, contournée par de nombreux Etats. L’endettement n’a pas cessé de croître depuis le milieu des années 70, seuls quelques Etats ont réussi à le réduire ou à la stabiliser mais à des niveaux élevés. Face à la crise, les Etats ont tout à la fois accru la dette publique en acquérant des participations dans des entreprises et en multipliant les dépenses de soutien. Le patient européen était déjà drogué ; il a été décidé d’accroître la dose de morphine au risque de le plonger en léthargie.
A l’heure de régler les comptes, car le transfert massif de dettes du privé vers le public ne pouvait pas laisser les investisseurs indifférents, les Européens sont démunis. Le niveau élevé des prélèvements obligatoires (plus de 40 % du PIB en moyenne) rend l’utilisation de cette arme difficile. L’augmentation des impôts et taxes ampute le pouvoir d’achat des consommateurs ou pénalise la compétitivité déjà faible des entreprises. Les Etats-Unis avec un taux de prélèvements obligatoires de 30 % du PIB n’ont pas le même problème.
Il ne reste donc comme possibilité que de réduire les dépenses comme il est demandé de le faire à la Grèce avec comme conséquence de plonger l’Europe encore plus dans la stagnation.
Ce qui est en cause c’est bien le modèle européen d’économie mixte avec un système large de protection sociale qui coûte plus qu’il ne protège.
Avec une population vieillissante accrochée à ses droits et avec une jeunesse peu nombreuse et sans illusion, l’Europe est en proie aux doutes.
Le succès allemand semblerait prouver que des solutions existent. L’Allemagne a réussi à surmonter le coût de la réunification et de maintenir sa compétitivité afin de rester le leader des exportations mondiales au prix d’une maîtrise poussé des salaires et d’une gestion stricte des finances publiques. Le régime des retraites a été réformé en fixant un taux maximum de cotisation et en prévoyant de relever l’âge légal à 67 ans. Il n’est pas surprenant que l’Allemagne ait réussi à maintenir son déficit public autour des 3 % du PIB en pleine crise. L’Allemagne est aidée par sa démographie. Depuis 2003, l’Allemagne se dépeuple ; elle peut supporter plus facilement une réduction de son système d’Etat providence. Les gains de PIB sont plus faciles à partager avec une population en diminution qu’avec une population en croissance.
Il n’est pas étonnant que les Allemands rejettent l’idée d’aider les pays laxistes ayant laissé filer leurs déficits depuis des années. En vertu de quoi les fourmis devraient aider les cigales. Déjà méfiants lors de l’instauration de l’euro et de l’abandon du mark, ils sont aujourd’hui hostiles à se transformer en pompiers européens.
Dans une zone euro où il n’y a pas de gouvernement économique, où la mobilité des travailleurs est faible, où il n’y a pas de fonds de soutien, tout écart de compétitivité, tout écart en matière de gestion publique se paie directement et cher. La zone monétaire européenne n’a jamais été optimale au sens des monétaristes. Il y a urgence de trouver des solutions pour instaurer des soupapes de sécurité. Il y a eu défaillance des organes de contrôle qui n’ont pas anticipé les risques que les Etats membres faisaient prendre aux autres à travers des politiques laxistes. Les Etats souverains n’acceptent pas l’immixtion dans leurs affaires publiques ; le problème est que depuis 1999, l’euro est le bien commun de 16 Etats qui en sont collectivement responsables. La mise sous tutelle d’Etats membres n’est pas prévue d’où le recours au FMI comme gardien du temple. Jusqu’à maintenant ses interventions étaient liées à des problèmes de changes, de déficits de balance des paiements courants, avec l’euro, il doit intervenir pour régler des problèmes de déficits et de dettes excessifs. Certes, cette problématique existe dans ses autres interventions. Le Royaume-Uni et plus récemment l’Islande ont fait appel au FMI pour surmonter des crises financières. Il n’en demeure pas moins que l’Europe semble démunie pour juguler un mal qui ronge depuis plus de 30 ans un grand nombre de ses membres.
Le retour à un modèle moins laxiste, moins démagogique, plus ciblé, moins étatiste constitue une nécessité pour faire face à la crise de l’endettement public mais aussi pour reprendre le chemin de la croissance mondiale.
Espérance de vie/CSP/Diplômes
L'écart d'espérance de vie entre ceux qui ont un diplôme BAC + 4 et plus et ceux qui ont une durée d'études supérieures de moins de 3 ans est de 3,5 ans en ce qui concerne les hommes. Pour les femmes, l'écart est moindre.
L'espérance de vie à 55 ans d'un homme sans diplôme est de 35,6 ans contre 31,5 ans pour les femmes. Pour un homme ayant le niveau du BAC, l'espérance de vie est de 27,7 as pour un homme et de 32,7 ans pour une femme.
Pour un diplômé du 2ème ou du 3ème cycle, l'espérance de vie pour un homme est de 30 ans et pour une femme de 32,8 ans.
En matière de CSP, l'espérance de vie à 55 ans est de 25,5 ans pour les ouvriers (31,7 pour les femmes) de 26 a ns pour les employés (32,6 ans pour les femmes)et de 27 ans pour les professions intermédiaires (34 ans pour les femmes). Les cadres ont une espérance de vie de 29,2 ans pour les hommes de 29,2 ans et de 33,6 ans pour les femmes soit un écart entre sexe de 4,2 ans.
L'écart d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre homme est de 3,8 ans et de 1,9 pour une femme.
Ces écarts semblent donner raison aux tenants de la prise en compte de la pénibilité mais il faut également intégrer le fait que les cadres prennent plus tardivement leur retraite que les ouvriers et les employés réduisant ainsi la durée effective de leur retraite.
L'espérance de vie à 55 ans d'un homme sans diplôme est de 35,6 ans contre 31,5 ans pour les femmes. Pour un homme ayant le niveau du BAC, l'espérance de vie est de 27,7 as pour un homme et de 32,7 ans pour une femme.
Pour un diplômé du 2ème ou du 3ème cycle, l'espérance de vie pour un homme est de 30 ans et pour une femme de 32,8 ans.
En matière de CSP, l'espérance de vie à 55 ans est de 25,5 ans pour les ouvriers (31,7 pour les femmes) de 26 a ns pour les employés (32,6 ans pour les femmes)et de 27 ans pour les professions intermédiaires (34 ans pour les femmes). Les cadres ont une espérance de vie de 29,2 ans pour les hommes de 29,2 ans et de 33,6 ans pour les femmes soit un écart entre sexe de 4,2 ans.
L'écart d'espérance de vie entre un ouvrier et un cadre homme est de 3,8 ans et de 1,9 pour une femme.
Ces écarts semblent donner raison aux tenants de la prise en compte de la pénibilité mais il faut également intégrer le fait que les cadres prennent plus tardivement leur retraite que les ouvriers et les employés réduisant ainsi la durée effective de leur retraite.
vendredi 23 avril 2010
La lettre Agir Pour Ma Retraite - Avril 2010

Le troisième numéro d'Agir Pour Ma Retraite est publié.
Au sommaire :
- le rapport du Conseil d'Orientation des Retraites
- l'article 39
- Voies et Moyens de la Réforme
- Surcote et décote
....
lire la lettre n°3
mercredi 21 avril 2010
Effet domino ou endiguement
En 2010, il ne s'agit pas de lutter contre la tentation hégémonique de l'URSS mais d'éviter la contagion de la crise grecque à d'autres pays de la zone euro.
La Grèce qui représente environ 2 % du PIB de l'Union européenne et compte 11 millions d'habitants menace avec sa dette publique de 300 milliards d'euros la stabilité de la principale puissance économique et commercial mondial dont le PIB dépasse 18 000 milliards de dollars.
Or, aujourd'hui, il y a une nécessité d'endiguer la Grèce pour éviter un effet domino. L'Europe et surtout la zone euro traversent sa première grande crise.
Que la Grèce puisse avoir un déficit public excessif ne devrait surprendre personne car ce Etat, depuis son indépendance, n'a que très rarement enregistré des excédents budgétaires.
Que ce déficit soit supérieur à 10 % voire 12 % du PIB en 2009 quand il était annoncé à 8 % n'est pas non plus une surprise car les statistiques ont toujours été élastiques dans ce pays.
Il n'en demeure pas moins que la zone euro est sous tension du fait que la Grèce pour faire face à ses engagements doit emprunter à hauteur de 8 % soit plus de 5 points au-dessus du taux pratiqué pour les emprunts allemands à 10 ans. Or, avec une inflation de 2 ou 3 points, le taux réel pratiqué est de plus de 5 points, soit une prime de risque importante et difficilement supportable à moyen terme.
L'Allemagne a renâclé à venir en aide aux Grecques afin d'éviter le précédent. La population allemande qui a du supporter des efforts importants tant pour réaliser l'unification et pour améliorer la compétitivité de l'économie (baisse de salaire, augmentation de la TVA) ne veut pas payer pour les Grecques considérés comme peu vertueux. Les Allemands ne veulent pas devenir les pompiers des Etats laxistes.
Les Etats membres de l'Union ont décidé d'accorder une enveloppe de prêts pouvant aller jusqu'à 30 milliards d'euros au taux de 5 % en contrepartie de quoi la Grèce était invitée avec le concours du FMI de restaurer ses finances.
La Grèce se caractérise par le poids de son secteur public, environ 40 % du PIB et par le rôle du travail au noir.
Les services qui représentent plus de 70 % de la valeur ajoutée sont dominés en ce qui concerne le secteur privé par le tourisme.
Il y a de ce fait peu de relais de croissance d'autant plus que la population stagne du fait d'un des plus faibles taux de fécondité de l'Union , 1,29 ce qui rapproche ce pays de l'Allemagne.
La mise en œuvre du plan de rigueur devrait se traduire par une contraction du PIB de plus de 2 points cette année et de plus d'un point en 2011.
Après la Grèce, la zone euro compte-t-elle d'autres maillons faibles ?
Certains pensent à l'Espagne et au Portugal. L'Espagne souffre d'une hypertrophie du secteur du bâtiment et de la spéculation immobilière de ces dernières années. En revanche, sa dette et sa duration sont mieux maîtrisées qu'en Grèce. Le Portugal, du fait de sa taille réduite, constitue une menace relative tout comme l'Irlande.
Les Etats européens disposent d'une arme que les Etats d'Amérique latine n'avaient pas dans les années 80 et 80 pour assainir leurs finances, les impôts. La base taxable de l'Irlande, de l'Italie, de la France ou de l'Espagne est beaucoup plus large que celle qui prévalait en Argentine ou au Brésil à l'époque.
Néanmoins, les Etats de l'Union pensaient avoir deux ou trois ans de répit pour passer de la pire crise depuis 1929 à l'indispensable assainissement de leurs finances publiques. Ce délai de grâce a été supprimé avec comme conséquence une croissance en berne.
La zone euro risque d'être le parent pauvre de la reprise économique faute d'avoir pu mettre en place des politiques structurelles à l'échelle européenne.
L'Union opte pour un régime de basse pression économique avec comme danger une déstructuration progressive de son système de protection sociale.
A force de ne pas s'adapter, les pays européens préfèrent que les marchés et la Commission de Bruxelles décident à leur place.
L'effet domino ne devrait pas intervenir tout comme la sortie d'un Etat de la zone euro. Le prix à payer serait supérieur aux gains. Si la Grèce sortait, elle pourrait certes déprécier sa monnaie mais elle serait poussée à la banqueroute. Elle devrait rembourser en euros et les taux pour s'endetter dépasserait de loin les 8 % actuels. Si jouer sur la valeur de la monnaie est impossible et si la mobilité du travail est faible ce qui est le cas au sein de la zone euro, il faut instituer des mécanismes de correction. Il y a un devoir européen de doper la croissance grecque car à 5 ou à 8 % cet Etat ne pourra pas rembourser sauf à provoquer une révolution de la part d'un peuple au sang chaud qui ne supportera pas longtemps la rigueur.
La Grèce qui représente environ 2 % du PIB de l'Union européenne et compte 11 millions d'habitants menace avec sa dette publique de 300 milliards d'euros la stabilité de la principale puissance économique et commercial mondial dont le PIB dépasse 18 000 milliards de dollars.
Or, aujourd'hui, il y a une nécessité d'endiguer la Grèce pour éviter un effet domino. L'Europe et surtout la zone euro traversent sa première grande crise.
Que la Grèce puisse avoir un déficit public excessif ne devrait surprendre personne car ce Etat, depuis son indépendance, n'a que très rarement enregistré des excédents budgétaires.
Que ce déficit soit supérieur à 10 % voire 12 % du PIB en 2009 quand il était annoncé à 8 % n'est pas non plus une surprise car les statistiques ont toujours été élastiques dans ce pays.
Il n'en demeure pas moins que la zone euro est sous tension du fait que la Grèce pour faire face à ses engagements doit emprunter à hauteur de 8 % soit plus de 5 points au-dessus du taux pratiqué pour les emprunts allemands à 10 ans. Or, avec une inflation de 2 ou 3 points, le taux réel pratiqué est de plus de 5 points, soit une prime de risque importante et difficilement supportable à moyen terme.
L'Allemagne a renâclé à venir en aide aux Grecques afin d'éviter le précédent. La population allemande qui a du supporter des efforts importants tant pour réaliser l'unification et pour améliorer la compétitivité de l'économie (baisse de salaire, augmentation de la TVA) ne veut pas payer pour les Grecques considérés comme peu vertueux. Les Allemands ne veulent pas devenir les pompiers des Etats laxistes.
Les Etats membres de l'Union ont décidé d'accorder une enveloppe de prêts pouvant aller jusqu'à 30 milliards d'euros au taux de 5 % en contrepartie de quoi la Grèce était invitée avec le concours du FMI de restaurer ses finances.
La Grèce se caractérise par le poids de son secteur public, environ 40 % du PIB et par le rôle du travail au noir.
Les services qui représentent plus de 70 % de la valeur ajoutée sont dominés en ce qui concerne le secteur privé par le tourisme.
Il y a de ce fait peu de relais de croissance d'autant plus que la population stagne du fait d'un des plus faibles taux de fécondité de l'Union , 1,29 ce qui rapproche ce pays de l'Allemagne.
La mise en œuvre du plan de rigueur devrait se traduire par une contraction du PIB de plus de 2 points cette année et de plus d'un point en 2011.
Après la Grèce, la zone euro compte-t-elle d'autres maillons faibles ?
Certains pensent à l'Espagne et au Portugal. L'Espagne souffre d'une hypertrophie du secteur du bâtiment et de la spéculation immobilière de ces dernières années. En revanche, sa dette et sa duration sont mieux maîtrisées qu'en Grèce. Le Portugal, du fait de sa taille réduite, constitue une menace relative tout comme l'Irlande.
Les Etats européens disposent d'une arme que les Etats d'Amérique latine n'avaient pas dans les années 80 et 80 pour assainir leurs finances, les impôts. La base taxable de l'Irlande, de l'Italie, de la France ou de l'Espagne est beaucoup plus large que celle qui prévalait en Argentine ou au Brésil à l'époque.
Néanmoins, les Etats de l'Union pensaient avoir deux ou trois ans de répit pour passer de la pire crise depuis 1929 à l'indispensable assainissement de leurs finances publiques. Ce délai de grâce a été supprimé avec comme conséquence une croissance en berne.
La zone euro risque d'être le parent pauvre de la reprise économique faute d'avoir pu mettre en place des politiques structurelles à l'échelle européenne.
L'Union opte pour un régime de basse pression économique avec comme danger une déstructuration progressive de son système de protection sociale.
A force de ne pas s'adapter, les pays européens préfèrent que les marchés et la Commission de Bruxelles décident à leur place.
L'effet domino ne devrait pas intervenir tout comme la sortie d'un Etat de la zone euro. Le prix à payer serait supérieur aux gains. Si la Grèce sortait, elle pourrait certes déprécier sa monnaie mais elle serait poussée à la banqueroute. Elle devrait rembourser en euros et les taux pour s'endetter dépasserait de loin les 8 % actuels. Si jouer sur la valeur de la monnaie est impossible et si la mobilité du travail est faible ce qui est le cas au sein de la zone euro, il faut instituer des mécanismes de correction. Il y a un devoir européen de doper la croissance grecque car à 5 ou à 8 % cet Etat ne pourra pas rembourser sauf à provoquer une révolution de la part d'un peuple au sang chaud qui ne supportera pas longtemps la rigueur.
jeudi 15 avril 2010
Le rapport du Conseil d'Orientation des Retraites
Par rapport aux prévisions de 2007, le besoin de financement a été multiplié par deux du fait de la crise qui diminué les ressources et qui risque de peser durant de nombreuses années sur la croissance potentielle. Ce besoin, en fonction des scenarii, varie entre 1,7 à 3 points de PIB, soit de 72 à 115 milliards d’euros. La dégradation serait très rapide ; à l’horizon 2015 le besoin de financement pour les trois scénarios atteindrait déjà 1,8 point soit 40 milliards d’euros quelque soit le scénario.
Le Conseil d’Orientation des Retraites souligne que le déficit d’investissement que l’économie française a connu en 2008 et 2009 aura des effets durables sur le potentiel de croissance.
Dans le scenario A, le montant des déficits cumulés atteindrait 77 points de PIB en 2050 contre 61 points dans le rapport de 2007.
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Le Conseil d’Orientation des Retraites souligne que le déficit d’investissement que l’économie française a connu en 2008 et 2009 aura des effets durables sur le potentiel de croissance.
Dans le scenario A, le montant des déficits cumulés atteindrait 77 points de PIB en 2050 contre 61 points dans le rapport de 2007.
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