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samedi 5 septembre 2015

Le compte à rebours de la hausse des taux par la FED est lancé

L’annonce d’un taux de chômage à 5,1 % aux Etats-Unis a relancé l’hypothèse d’une hausse des taux par la FED. La réunion de la Banque centrale américaine le 16 et 17 septembre prochains est attendue avec impatience par les investisseurs qui depuis des semaines ont tendance à sur-réagir à tous les résultats. Il y a encore quelques jours, ils pensaient que les déboires chinois allaient avoir raison de la volonté de Janet Yellen de remonter les taux durant l’automne. Aujourd’hui, ils pensent simplement que l’augmentation sera programmée pour la fin de l’année.

Pour justifier la hausse ou non des taux, la FED ne retiendra pas le seul taux de chômage. Elle regardera l’inflation et le contexte économique et financier.

L’analyse du taux de chômage du mois d’août n’est pas évidente. S’il est passé de 5,3 à 5,1 %, il faut souligner que les créations d’emploi ont été en-deçà des attentes. Certes, le mois d’août n’a jamais été un bon mois pour les créations d’emploi et fait, en outre, l’objet fréquent de révisions à la hausse. De son côté, l’inflation avec la nouvelle décrue du pétrole reste, par ailleurs, très éloignée de sa valeur cible. En revanche, les salaires continuent de progresser, + 2,2 % sur un an, permettant de maintenir un bon niveau de consommation.

La probabilité croissante d’un relèvement d’ici quelques semaines des taux par la FED a entraîné vendredi la chute du cours des actions. Le CAC 40 a perdu 2,81 %.

Avec en trame de fond, les déboires de la Chine et la future hausse de la FED, sur un mois, les pertes du CAC 40  dépassent 11 %. Le gain depuis le 1er janvier a été ainsi ramené à 5,86 %. L’amplitude entre l’indice le plus bas et le plus haut est de 30 %. En effet, le CAC 40 a atteint son point haut le 27 avril à 5283 points et son point bas le 6 janvier à 4076 points.


Lors du G20 finances qui s’est tenu le vendredi 4 septembre, de nombreux responsables issus des pays émergents ont tenté d’insérer dans le communiqué final un paragraphe visant à condamner une éventuelle remontée des taux par la FED. Le projet de communiqué souligne qu’il faudra rester vigilant face à l’augmentation des taux et le cas échéant prendre des mesures adaptées.

samedi 26 avril 2014

La lettre économique hebdomadaire N°72 : 26 avril 2014



Le coin des Epargnants

La bourse de Paris n’a pas franchi le cap des 4500 points. Elle s’est arrêtée à 4 443 points vendredi 25 avril. Sur la semaine, Paris a gagné 1,08 %. La fin de la semaine a été animée par les spéculations sur Alsthom
La bourse a bien accueilli le fait que Standard and Poors maintienne la note de la France à double A avec une perspective stable. Il en a résulté une baisse des taux demandés à la France. Le taux des emprunts à 10 ans est passé en dessous des 2 % à 1,989 %. L’Allemagne emprunte à 1,509 %. L’écart est revenu en dessous de 0,5 point entre les deux pays. Les taux d’intérêt dont bénéficie la France sont les plus bas depuis ces trente dernières années. Ils ne sont pas l’expression d’une bonne santé financière. Ils indiquent que les opportunités de placements sans risque sont assez réduites à l’échelle mondiale au regard de la quantité de capitaux disponibles.

Le commerce international en panne, changement d’époque ou nouvelle tendance

Logiquement, le commerce international croit plus vite que le PIB ; or depuis la grande crise de 2009, ce n’est plus le cas. Avec la crise de l’Europe et le léger essoufflement de l’Asie, le commerce internationale stagne voire recul. Ainsi, la moyenne sur trois mois est retombée, pour la première fois depuis octobre 2012, dans le négatif (à -0,7%), après un mois de janvier déjà très faible (+0,2%).

France, l’emploi du désespoir

Pas de répit sur le front du chômage, la France n’arrive pas avec une croissance qui demeure atone à contrecarrer le mouvement de hausse du chômage. Certes, la hausse a été faible au mois de mars mais compte tenu des moyens employés par les pouvoirs publics pour endiguer le chômage, elle traduit malheureusement la caractère structurel du chômage dans notre pays.

Compte tenu de la conjoncture, le Gouvernement ne pouvait pas s’attendre à des miracles au mois de mars. La progression du nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A est de 1600 au mois de mars est un résultat assez logique. La consommation et la production industrielle sont assez étales depuis le début de l’année. Ainsi, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A s’élève à 3,349 millions. Pour l’ensemble des inscrits à Pôle emploi, ayant ou non travaillé dans le mois (catégories A, B et C), l’évolution est de +0,2%, (+11700). La montée en puissance des contrats d’avenir.

Le Gouvernement se félicite de la baisse du chômage des moins de 25 ans, -0,8 % en mars soit 4300 jeunes en moins. Il y a un phénomène saisonnier de ce chômage qui est à prendre en compte tout comme la montée en puissance du dispositif des contrats d’avenir. Néanmoins, en un an, de mars 2013 à mars 2014, le nombre de demandeurs de moins de 25 ans a diminué de 2,6%.

Si le chômage des moins de 50 ans a diminué en mars, les entreprises poursuivent à licencier les plus de 50 ans. Le nombre de demandeurs de plus de 50 ans s’accroit de +7300 en mars. Les entreprises réduisent leurs coûts sociaux en taillant dans les effectifs les plus âgés. Elles pratiquent ainsi une déflation salariale d’autant plus que les salaires des jeunes sont orientés à la baisse. Cet ajustement par l’emploi des seniors est une conséquence de la rigidité des salaires. Autrefois, c’était les plus de 55 ans qui étaient visés, désormais, les entreprises régulent leurs effectifs à partir de 50 ans.

L’Europe toujours entre deux eaux et la France à la traîne

L’Allemagne continue son petit bonhomme de chemin afin une croissance qui pourrait tendre cette année autour de 2 %. Le fait nouveau est la reprise des Etats d’Europe du Sud avec l’Espagne et le Portugal. En revanche, la France et l’Italie restent à la traine du mouvement de reprise.

La France est sur un faux plat. La croissance reste très modeste avec des indicateurs avancés peu encourageants.
Les enquêtes menées par l’INSEE soulignent que le climat des affaires a cessé de s’améliorer depuis près de huit mois pour se stabiliser à un niveau légèrement inférieur à sa moyenne historique. Dans ces conditions, l’objectif de croissance de 1 % semble difficile à atteindre.

L’Italie éprouve également les pires difficultés à sortir de son atonie et cela malgré des réformes plus énergiques qu’en France. Son marché intérieur est pénalisé par le déclin démographique. Par ailleurs, la traduction concrète des réformes engagée est longue à se traduire dans les faits.

La zone euro est bon élève à condition de ne pas regarder dans le détail

Eurostat a mentionné la semaine dernière que les déficits publics avaient été, en moyenne de 3 % du PIB en 2013 contre 3,7% en 2012.

Le fameux objectif des 3 % n’a été atteint qu’en moyenne et non Etat par Etat.

En Allemagne, les finances publiques étaient équilibrées l’an dernier, et, ce, pour la deuxième année consécutive. 

Du coup, le pays a pu poursuivre sa politique de réduction du ratio de dette publique, ramené à 78,4% du PIB en 2013 contre 82,5% en 2010.

Les autres pays du centre de la zone euro ont également pu réduire leurs déficits en les ramenant entre 1,5% et 2,6% du PIB en Autriche, en Finlande, en Belgique et aux Pays-Bas.

La France fait figure d’exception tant par son ampleur de son déficit public et du fait qu’elle n’a pas été réellement mise sous contrôle européen ou sous assistance. La taille du pays et les annonces récurrentes des pouvoirs publics indiquant que la situation était sous contrôle ont jusqu’à maintenant convaincus tant la Commission de Bruxelles que les marchés.

Le déficit budgétaire français excède largement la fameuse limite de 3% en se situant à 4,3% du PIB en 2013 et un déficit qui devait se situer autour de 4 % en 2014. L’Italie, malgré un déficit mieux maîtrisé avec un excédent primaire (avant paiement des intérêts) reste encore en zone rouge du fait d’une dette publique de plus de 132%.

Ces deux pays pèsent 35% du PIB de la zone euro ; or en cas de dérapage de l’un ou de l’autre, il y a un véritable risque de déstabilisation. Les deux pays qui se sont engagés dans une politique de maîtrise des déficits et de relance par l’offre doivent pour s’en sortir renouer au plus vite avec la croissance faut de quoi il faudra appliquer des recettes bien plus dures.

Etats-Unis, la faute au mauvais temps et à la pierre

Les Etats-Unis ont a priori passé un mauvais premier trimestre. C’est connu quand cela ne va pas, c’est à cause du mauvais temps… les frimas du mois de janvier ont eu raison du PIB. Il faut ajouter les réductions des injections de liquidité.

L’immobilier a été assez touché. Ainsi, dans l’ancien, les ventes ont été très médiocres durant tout le premier trimestre. La situation est encore plus mauvaise dans le neuf, les ventes ayant plongé encore plus vite en mars qu’en février. Les ventes totales de logements étaient de 4,478 millions d’unités au premier trimestre 2014, au plus bas depuis l’été 2012 et en baisse de 6,5% en glissement annuel et de 6,4% en rythme trimestriel annualisé.
Pour le moment, ces mauvais résultats n’ont pas eu de conséquences sur les prix qui restent orientés à la hausse. En glissement annuel, les prix de vente médians sont en hausse de 12,6% dans le neuf et de 7,4% dans l’ancien en mars.

Le haut de gamme résiste assez bien et pousse les prix vers le haut. Les ventes sont déprimées dans le segment des logements bon marché. Les ventes de logements anciens de plus de 1 million de dollars étaient en hausse de 7,8% en mars, alors que les biens d’une valeur comprise entre 100 000 et 250 000 dollars ont connu une chute de 9,9% des transactions.

Le marché de l’immobilier est le premier touché par le changement de la politique monétaire. Avec la baisse de l’inflation, les taux hypothécaires réels sont en hausse d’environ 120 pb ces dernières semaines.

A suivre, next week

Lundi 28 avril

Au Royaume-Uni, il faudra suivre les résultats du premier trimestre 2014 avec une croissance encore vive autour de 0,9 %. Le taux de croissance avait été de 0,7 % au dernier trimestre 2013 et de 0,8 % au troisième. Le PIB annuel devrait peut être franchir le cap des 3 %.

En Italie sera publiée la confiance des consommateurs qui devrait s’inscrire en baisse.

Mardi 29 avril

Pour la zone euro, il sera intéressant de regarder l’indice du climat économique du mois d’avril. Il devrait avoir augmenté. Il est à son point le plus haut depuis juillet 2011.
Il faudra suivre les résultats de l’évolution de la masse monétaire M3 de la zone euro ainsi que le volume des prêts. 
Avec l’inflation, ce sont les indicateurs clefs pour déterminer le risque déflationniste en zone euro. Ils devraient être relativement stables en ce qui concerne le mois de mars.

En Allemagne sera rendu publique l’inflation du mois d’avril qui devrait se situer en base annuelle à 1,3 % contre 1 % en mars

Mercredi 30 avril

Aux Etats-Unis, sera attendu le résultat du PIB pour le premier trimestre 2014. En rythme annualisé, le taux de croissance ne serait que de 1 %. Ce faible taux est imputable au mauvais temps et au contrecoup de la reconstitution de stocks à la fin de l’année 2013. Le deuxième trimestre devrait être mieux orienté.

Aux Etats-Unis, toujours il faudra suivre la réunion FOMC de la FED. Les achats mensuels de titres devraient se réduire à 45 milliards de dollars.

Au Japon, sera communiquée la production industrielle du mois de mars. Un recul est attendu.
Pour la zone euro, il faudra regarder le taux d’inflation du mois d’avril qui devrait s’inscrire en légère hausse. Il devrait être à 0,8 % contre 0,5 % en mars. Si la hausse est limitée, la BCE pourrait être amenée à infléchir sa politique monétaire

En Allemagne sera rendu public le rapport emploi du mois d’avril. Après avoir reculé en mars (-12K) pour le quatrième mois consécutif, le chômage devrait encore baisser en avril. Le taux de chômage devrait rester à 6,7%, au plus bas depuis plus de vingt ans.

En France, il sera important d’analyser les dépenses de consommation des ménages en biens pour le mois de mars. Une augmentation des dépenses de consommation des ménages en biens est attendue à hauteur de 0,6 %, la plupart des postes corrigeant la contre-performance de février, ce qu'indique aussi la forte remontée de la confiance des ménages.

En Italie sera publié le taux de chômage de mars qui devrait rester à 13 %. Il en sera de même pour l’indice des prix à la consommation qui en base annuelle devrait se situer à 0,5 % en avril contre 0,3 % en mars.

Jeudi 1er mai

Aux Etats-Unis, il faudra suivre l’indicateur ISM du mois d’avril. L'amélioration de la confiance dans les secteurs manufacturiers devrait se confirmer avec un ISM en hausse à 54,5 (après 53,7 en mars). La hausse, principalement de la production le mois dernier, devrait se faire ressentir sur l’emploi.
Au Japon sera publié le taux de chômage qui devrait être de 6 %.

Vendredi 2 mai

Aux Etats-Unis, sera publié le rapport emploi du mois d’avril. Logiquement, 200 000 emplois auraient été créés. Le rythme de création demeure insuffisant pour améliorer le taux d’emploi. Le taux de chômage devrait rester à 6,7 %.
Au Japon, il faudra regarder l’enquête sur les revenus et dépenses de ménages de mars. La consommation des ménages avait augmenté de 6 % en mars ; les ménages ayant anticipé la hausse de la TVA. De ce fait, une baisse est attendue pour avril. Toujours au Japon sera publié le rapport sur l'emploi de mars. Le marché du travail est resté porteur en mars tant grâce au commerce que grâce à l’industrie.
Seront publiés les indicateurs avancés Markit-PMI pour le mois d’avril en ce qui concerne l’Italie, l’Espagne, la France, l’Allemagne et l’ensemble de la zone euro. Ils sont attendus en hausse confirmant l’amorce d’une reprise.

La semaine économique est une publication réalisée par Lorello Eco Data, société d’études et de stratégies économiques dirigée par Philippe Crevel
Téléphone : 01 45 00 37 37 / 06 88 87 16 59
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samedi 29 mars 2014

La semaine économique vue par Philippe Crevel



Le coin des Epargnants

La bourse a connu une bonne semaine avec une progression du CAC 40 de 1,75 %. Il a terminé vendredi soir à 4 411 points tout près de son record de l’année à 4 419 points atteint le 24 février. Les tensions ukrainiennes n’impactent pas trop les marchés financiers. Les déclarations des responsables chinois en faveur de la croissance ont favorisé la hausse tout comme les bons indicateurs américains ou européens.
L’assurance-vie a enregistré un bon mois de février marquant le fait que les ménages français souhaitent maintenir un volant suffisant d’épargne. Néanmoins, ce résultat positif est avant tout le résultat d’une diminution des rachats. En revanche, les épargnants français boudent toujours les actions au vu des résultats des unités de compte.

Le coin des prévisions

France, des résultats qui pleurent…

La progression du chômage en France, la faible progression de la consommation qui ne compense pas la baisse du mois de janvier.

Pour autant, les indicateurs avancés qui scrutent le moral des entreprises et des consommateurs restent bien orientés et peuvent laisser penser qu’une reprise se dessine.

Néanmoins, jamais depuis quarante ans, la France n’avait connu une sortie de récession aussi pénible. En règle générale, après une diminution du PIB, il y a un rattrapage. Depuis 2009, aucun rebond n’a été réellement enregistré. L’économie française connaît une véritable atonie qui a force de perdurer entrave la future croissance. Le retard pris sur l’investissement est cumulatif et rend plus délicat l’adaptation de notre outil production à la demande finale française et internationale.

Europe, des indicateurs qui rient mais rien n’est acquis…

Pour le moment, la reprise manque de couleur mais tout le monde veut y croire ; les indicateurs avancés en sont la meilleure preuve.
La zone euro a connu durant près de deux ans une récession qui a laissé des traces.  Du premier trimestre 2011 au quatrième trimestre 2013, leur retard cumulé de croissance vis-à-vis des Etats-Unis atteint huit points de PIB.

Le déficit d’activité par rapport au potentiel (output gap) est estimé à 3,8 points de PIB selon l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), à 2,7 points de PIB selon le Fonds monétaire international (FMI).
La croissance attendue pour 2014 reste modeste autour de 1,4 % et ne retrouverait un taux correct qu’au mieux en 2015 avec une prévision de 2 %.

La bonne nouvelle provient de l’Europe du Sud qui sort du trou noir. En Espagne, Portugal, Grèce, les enquêtes de la Commission européenne ou encore celles menées auprès des directeurs d’achats se teintent d’optimisme. Ces pays ont amélioré leur compétitivité permettant un rééquilibrage des comptes extérieurs et le retour des investissements directs étrangers. En revanche, pour le moment, la demande interne reste faible en raison du taux élevé de chômage.

Certes, les taux de chômage commencent à baisser au sud de l’Europe (sauf en Italie), comme dans la moitié des pays de l’UEM, la France restant à la traine. Néanmoins, le reflux reste modeste au regard des taux historiquement élevés (25,8% en Espagne, 15,3% au Portugal, 27,5% en Grèce).
Les enquêtes auprès des directeurs d’achats, ou encore les indices du climat économique de la Commission européenne et des instituts économiques soulignent que la reprise s’affirme de jour en jour même si les signes concrets restent ténus. La confiance s’accroît chez les chefs d’entreprise de la zone euro et les ménages se déclarent un peu moins inquiets. Si pour le premier trimestre, le taux de croissance devrait rester mesuré, celui du deuxième montrera réellement les capacités de la zone euro si ce n’est de rebondir mais du moins de passe un cap.

Actualité

Japon, augmentation de la TVA de 3 points en avril

« Abenomics », est au pied du mur avec la future hausse de la TVA qui pourrait tuer dans l’œuf l’esquisse de croissance. L’Abenomics qui est un mélange d’hyperstimulation monétaire, de relance budgétaire et de réformes structurelles semble trouver ses limites. Dans un premier temps, les marchés avaient « acheté » la reprise dans l’Archipel avec une hausse de la bourse de Tokyo de 57% (Nikkei). L’activité économie a été dopée mais le maintien du déficit public à 10% du PIB en 2013 et la dégradation vertigineuse des comptes extérieurs constituent deux points noirs. L’augmentation de la TVA de 3 points (passage de 5 à 8 %) pourrait plomber la croissance en pénalisant la consommation qui représente 60% du PIB. Cette dernière a progressé ces derniers mois que par l’anticipation de cette hausse.
De ce fait, la croissance est attendue en baisse en 2014 vers 1 /1,2% en 2014, contre 1,6% en 2013.

France, consommation étale mais confiance en hausse

La consommation a faiblement progressé de 0,1 % en février selon l’INSEE ne compensant pas la baisse du mois de janvier. Ce résultat est de mauvais augure pour la croissance du premier trimestre.
La semaine dernière, l’INSEE a publié l’indicateur sur la confiance des ménages qui ressort en hausse de 3 points en mars par rapport à février. Il retrouve ainsi son niveau de juillet 2012. Les ménages français sont tout à la fois plus confiants sur leur situation personnelle future et plus nombreux à juger opportun la réalisation d’achats importants. Par ailleurs, la capacité à épargner des ménages progresse.
Si ces résultats sont fiables, cela devrait se traduire par une augmentation de la consommation au mois de mars et par un raffermissement de la croissance. Affaire à suivre…

A suivre, Next week

Lundi 31 mars

Eurostat publiera, pour la zone euro, le taux d’inflation du mois de mars. Ce taux sera attendu pour connaître si les menaces déflationnistes sont toujours présentes et pour apprécier l’éventuelle réaction de la Banque centrale européenne. Au mois de février, l’inflation était en baisse en février, à 0,7%. Les experts économiques l’attendent en baisse.
En France, il faudra suivre les résultats pour des 2013 des comptes nationaux des administrations publiques et le montant de la dette au sens de Maastricht.
Il sera également communiqué les résultats définitifs du PIB 2013.

Mardi 1er avril

Aux Etats-Unis, il faudra suivre l’indice ISM de mars. Cet indice devrait être en hausse autour de 55 après 53,2 en février et 51,3 en janvier traduisant l’enracinement de la croissance américaine.
Au Royaume-Uni, il faudra également regarder l’indice  PMI manufacturier de mars qui est attendu en progression confirmant le résultat de février.
En Allemagne, il faudra scruter le rapport sur l’emploi de mars. Le chômage est encore attendu en diminution en mars. Le taux de chômage devrait rester autour de 6,8 % ce qui est son plus bas taux depuis 20 ans.
En France, il faudra suivre les immatriculations de voitures neuves en mars ainsi que l’indice PMI manufacturier.

Jeudi 3 avril

Au Royaume-Uni, sera publié l’indicateur PMI pour les services du mois de mars. Cet indice est attendu à la hausse.

Pour la zone euro, il faudra évidemment suivre la réunion de la BCE du mois d’avril. En fonction du taux d’inflation qui sera publié au début de semaine, le débat sur l’engagement d’actions énergiques sera incontournable. Néanmoins, le consensus parie pour le statuquo. La BCE veut se garder les mains libres en cas de remonter des taux sur les marchés mondiaux du fait de la fin des injections de liquidités par la FED, hausse des taux qui pourrait impacter la zone euro assez fortement. L’idée sous-jacente est pour la BCE de ne pas griller de manière anticipée ses cartes. Par ailleurs, du fait des indicateurs convergents, elle parie toujours sur une accélération de la croissance à compter de la fin du premier trimestre.
En France, il faudra regarder les Indices PMI des services et composite de mars ainsi que l’adjudication d'OAT long terme. A 22h00 sera communiquée la note de conjoncture de l'Insee.

Vendredi 4 avril

Aux Etats-Unis, il faudra suivre le rapport emploi de mars. Le taux de chômage devrait se maintenir à 6,7 % avec la création de 200 000 postes soit un volume assez classique en légère hausse par rapport à février (175 000).


La semaine économique est une publication réalisée par Lorello Eco Data, société d’études et de stratégies économiques dirigée par Philippe Crevel.

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samedi 8 mars 2014

La semaine économique vue par Philippe Crevel

Le Coin des Epargnants

La bourse de Paris a été rattrapée par les évènements ukrainiens en baisse de 0,95 point sur la semaine. Le CAC 40 a, en effet, terminé à 4366 points. Les autres places européennes se sont inscrites dans cette tendance baissière.

Les menaces formulées par Gazprom d’interrompre ses exportations de gaz ont pesé sur les indices tout comme les déclarations russes et les réactions occidentales.

Par ailleurs, après deux très bons mois, les investisseurs ont certainement engrangé quelques plus-values.
Les résultats de l’emploi américain ont eu un impact limité même s’ils ne sont pas inintéressants. Les États-Unis ont gagné 175.000 emplois en février, mais dans le même temps, le taux de chômage a augmenté à 6,7 % contre 6,6 % en janvier.

La Banque Centrale Européenne veut conserver ses armes dans l’armurerie

La Banque Centrale Européenne a décidé de ne rien changer et de maintenir ses taux directeurs malgré certaines pressions inverses alimentées par quelques signaux déflationnistes.
Certes, son analyse repose sur des facteurs indéniables d’amélioration.
Le retour de la croissance de la zone euro se confirme de semaine. Désormais, la croissance pourrait atteindre près de 1,5 % en 2014 et 1,6 % en 2016.

L’Espagne et le Portugal portent le drapeau du retour de l’espoir avec le retour de la croissance grâce un regain de compétitivité qui favorise leurs exportations. Les taux d’intérêt des pays dits périphériques, Espagne, Portugal et Italie se rapprochent progressivement de ceux des pays du cœur de l’Europe.
Même l’industrie enregistre quelques signes encourageants grâce à une demande étrangère plus dynamique (aux Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni), mais aussi de la stabilisation de la demande intérieure, notamment celle pour les biens d’équipement. Le taux d’utilisation des capacités est en progrès.
Il apparaît, à de nombreux experts, urgent de renouer avec l’investissement compte tenu du vieillissement des équipements

En revanche, la consommation reste relativement étale du fait de la volonté des ménages à reconstituer leur épargne.

Néanmoins, ces facteurs de croissance demeurent très fragiles. L’Europe n’est pas à l’abri du ralentissement en cours de la demande mondiale  provoquée par le ralentissement de la Chine. De même, la croissance mondiale peut être impactée par le durcissement des politiques monétaires des pays émergents comme l’Inde, la Turquie, le Brésil, l’Afrique du Sud.

Du fait des excédents de la balance des paiements courants de la zone euro et des tensions internationales, la monnaie européenne risque de continuer son appréciation avec un risque de perte de parts de marché à l’exportation.

L’autre point d’inquiétude est la faiblesse récurrente de la demande de crédits en zone euro soulignant que les entreprises restent très prudentes face aux évolutions de la conjoncture.
Le processus de désendettement a un impact récessif voire déflationniste. Certes, le niveau de la dette, publique et privée, demeure élevé. La  dette des sociétés non financières représentait 98 % du PIB à la fin  de 2012, tandis que la dette des ménages s’établissait autour de 64 %. Les ratios de 80 % et 50 %, antérieurs à la crise, sont donc encore loin.
L’inflation demeure entre 0,7 et 0,8 soit assez éloigné du taux cible des 2 % mais la BCE considère que celui pourrait être atteint d’ici 2016.

La BCE a estimé en l’état de la situation urgent de ne rien faire. Elle fait le pari que la reprise économique se confirme. Elle considère qu’une intervention pourrait la priver d’outils si un retournement mondial se produisait dans les prochains mois. Compte tenu des incertitudes économiques, il peut être judicieux de conserver des armes dans l’armoire. La BCE doit intégrer le fait que l’économie mondiale reste suspendue à la capacité des Etats-Unis à surmonter la diminution des injections de liquidités et à celle de la Chine à changer de modèle de développement. Par ailleurs, au sein de l’Europe, il reste encore des points de faiblesse dont la France qui représente par définition un vrai risque systémique.

La France, en attendant Godot, la surveillance renforcée !

La France attend que le vent de la croissance de l’économie mondiale souffle à ses portes pour échapper à la dureté des réformes structurelles. Mais, à force de différer les réformes et les ajustements, les réalités s’imposent à la France. La mise sous surveillance renforcée par la Commission de Bruxelles constitue une épreuve de plus pour un pays qui depuis quelques années vit au rythme d’un long chemin de croix pavé de désindustrialisation, de déficits et de dégradation par les agences de notation.

La procédure de surveillance renforcée a été instituée dans le cadre du dispositif du «Two-Pack»: qui est le paquet législatif qui complète le cycle de surveillance budgétaire pour la zone euro afin d’améliorer la gouvernance économique. Ces mesures ont été prises après le déclenchement de la crise grecque pour éviter aux autorités européennes et aux Etats de se retrouver face à un pays membre à la dérive.
Le «two-pack» instaure à l'égard des États membres faisant l'objet d'une procédure de déficit excessif un système de contrôle. L’État membre concerné devra communiquer régulièrement à la Commission des informations sur les mesures qu'il a prises pour corriger son déficit excessif.

La Commission sera ainsi mieux en mesure de détecter tout risque compromettant cette correction. Si elle constate l'existence d'un risque de cette nature, la Commission pourra adresser une recommandation directement à l'État membre concerné de sorte que ce dernier puisse faire tout ce qui est en son pouvoir pour éviter d'être considéré comme étant en défaut et donc éviter des sanctions pécuniaires.
Par ailleurs, le «two-pack» renforce le contrôle et la surveillance des États membres dont la stabilité financière est sérieusement mise à mal ou risque de l'être. L'intensité de ce contrôle et de cette surveillance dépendra de la gravité des difficultés financières traversées par l'État membre concerné. La France est désormais placée dans cette catégorie.
Cette surveillance accrue se fondera sur les obligations incombant aux États membres au titre du PSC mais elle ira aussi au-delà.

Compte tenu des résultats de cette surveillance, la Commission pourra conclure qu'un État membres est tenu de prendre des mesures supplémentaires parce que sa situation financière risque d'avoir des répercussions majeures sur la stabilité financière de la zone euro. En pareil cas, la Commission pourra proposer que le Conseil des ministres recommande à l'État membre concerné d'adopter des mesures correctrices ou d'élaborer un projet de programme d'ajustement macroéconomique. De facto, les marges de manœuvre du Gouvernement se sont réduites avec le placement du pays sous surveillance renforcée.

Etats-Unis, le long début du marathon budgétaire

Avec le mois de mars débute l’élaboration du budget 2015 des Etats-Unis. Le président Obama a publié ses propositions budgétaires  avec un montant de dépenses de USD 3 651 mds pour un déficit de 3,1 % du PIB.

Dans les prévisions budgétaires, le retour à un excédent est prévu pour 2018 avec un recul du ratio de dette de 72 ,1% actuellement à 69% en 2024 (contre 79,2% selon les estimations du CBO).

Le projet du président Obama est très centré sur les classes modestes et moyennes ainsi que sur la réforme fiscale.

Le président Obama redemande une progression du salaire minimum à USD 10,10 de l’heure et la réintroduction de  l’indemnisation chômage pour les chômeurs de longue durée (arrivée à échéance fin 2013).

II a également demandé un relèvement du crédit d’impôt destiné aux faibles revenus.

Le Président Obama souhaite également la création d’un réseau national d’instituts locaux, constituant autant de pépinières de promotion de l’investissement et de l’innovation dans le secteur manufacturier.
Il a également souhaité favoriser les investissements directs et les dépenses publiques fédérales en recherche et développement ainsi qu’en faveur des dépenses privées de R&D grâce à la réforme du crédit d’impôt.

Le président Obama appelle à la création d’une Banque nationale pour les infrastructures, permettant le financement mixte de projets. La banque, détenue à 100 % par l’Etat fédéral, levant des fonds publics et privés, pourrait accorder des prêts et des garanties, permettant de soutenir  l’essentielle augmentation des dépenses en infrastructures.

Le projet présidentiel prévoit également  une hausse des dépenses d’éducation, y compris des mesures en faveur de la formation continue et du soutien au développement des compétences des chômeurs de longue durée.

Le Président Obama propose d’engager en  2015 un premier volet de réforme fiscale avec l’impôt sur le revenu des personnes.

Cette réforme viserait à limiter le montant des déductions fiscales dont bénéficient les dons, le paiement des intérêts hypothécaires ou encore certains produits de placement de l’épargne retraite pour les plus fortunés. Selon la Maison Blanche, cette mesure ne toucherait que les 3% des Américains les plus aisés.
Le Président souhaiterait que les Américains ayant plus d’un million de dollars de ressources en acquittent pour au moins de 30% en impôts au gouvernement fédéral.

Sur dix ans, ces deux mesures permettraient d’augmenter les recettes de USD 650 mds
Une nouvelle taxe fédérale sur le tabac serait instituée ? Cette nouvelle taxe permettrait de générer USD 78 mds de recettes sur dix ans et le financement du programme fédéral d’éducation des jeunes enfants.
Du fait que le pouvoir budgétaire appartient au Congrès et que 2014 est une année électorale, ce projet est purement indicatif d'autant plus que les Républicains sont majoritaires  à la Chambre des Représentants. 

A suivre, next week

LUNDI 10 MARS

En France, il faudra regarder l’enquête de conjoncture de la Banque de France de février.
Il faudra également suivre l’indice de la production industrielle de janvier.
Par ailleurs se tiendra durant la semaine le marché international des professionnels de l'immobilier
Au Japon il faudra prendre en compte l’enquête auprès des observateurs de l'économie (février) En dépit d'une décélération des commandes, les observateurs devraient rester positifs concernant le climat d’affaires actuel. En revanche, leur appréciation des perspectives devrait se détériorer davantage en prévision de la hausse de la TVA de 3 points en avril. Toujours, au Japon, il sera intéressant d’étudier la révision des chiffres de croissance du dernier trimestre 2013 avec une baisse de 0,2 point par rapport aux premières estimations du fait d’un moindre investissement.
En France sera attendue la production industrielle de janvier. Le résultat sera pénalisé par un recul de la production d'énergie du fait du climat clément. Le secteur manufacturier devrait e revanche bien se comporter.

MARDI 11 MARS

En France, il faudra regarder l’évolution de l’emploi salarié du 4ème trimestre 2013.
Seront également publiés les indicateurs avancés de l'OCDE de mars.
Au Japon, il faudra suivre les annonces concernant la politique monétaire.
A Berlin sera annoncé le résultat de la balance commerciale du mois de janvier.
Au Royaume-Uni, il faudra regarder la production industrielle de janvier. La production industrielle avait légèrement progressé en décembre 2013 (+0,4% m/m) après avoir subi une légère correction en novembre. Les données d’enquêtes annoncent un léger fléchissement de la croissance.

MERCREDI 12 MARS

Au Japon sera publié les résultats de l’activité dans le secteur tertiaire (janvier) qui a bénéficié d’achats par anticipation du fait de la hausse attendue de la TVA.
Pour la zone euro sera connue la production industrielle de janvier avec une augmentation attendue.

JEUDI 13 MARS

En France, sera particulièrement attendu l’indice des prix à la consommation du mois de février. Du fait de la fin des soldes et de l’effet de la hausse de la TVA, un rebond de l’inflation est attendu avec un taux annuel qui pourrait atteindre 0,9 %.
Aux Etats-Unis, il faudra suivre les ventes de détail du mois de février. Les ventes de détail devraient être en hausse de 0,2% m/m et de 0,1% hors éléments volatils. Les tempêtes de neige pourraient avoir soutenu les ventes de produits alimentaires tout en pénalisant les matériaux de construction.
Au Japon seront publiés les résultats des  Commandes de machines de janvier.
Les commandes de machines, hors éléments volatils, devraient avoir rebondi en janvier de 9,5% après un recul brutal en décembre (- 15,7%). Néanmoins, sur une plus longue période, elles demeurent sur une tendance baissière.
Aux Etats-Unis seront communiquées les ventes de détail qui devraient être restées assez faibles, en hausse de 0,2% m/m et de 0,1% hors éléments volatils.
Au Japon, il faudra suivre les commandes de machines qui hors éléments volatils, devraient avoir rebondi en janvier de 9,5% après un recul brutal en décembre (- 15,7%). Néanmoins, sur une plus longue période, elles demeurent sur une tendance baissière.

VENDREDI 14 MARS

En France, les résultats de la création d’entreprise du mois de mars seront publiés.

samedi 1 mars 2014

La semaine économique vue par Philippe Crevel

Le coin des épargnants
La bourse de Paris termine le mois de février avec une hausse de 5,8 %. En une semaine, la progression est de 0,62 %. Le CAC 40 a terminé vendredi à 4408 points. Les derniers événements ukrainiens commencent à se faire ressentir et freinent la hausse qui est alimentée par les bons résultats des entreprises. Par ailleurs, le ralentissement américain au mois de janvier se confirme 
Il est fort probable qu’un mouvement de consolidation intervienne dans les prochains jours.
Les Etats-Unis en proie aux vicissitudes du climat et du ralentissement des injections de liquidités
Les Etats-Unis connaissent un début d’année moins facile que prévu avec des intempéries qui pèsent sur la croissance. La diminution des injections de liquidités pèse sur l’activité en contrariant les anticipations et en augmentant les taux.
 Les résultats de la croissance au 4ème trimestre ont été revus à la baisse. Le taux de croissance évalué à 3,2 % a été corrigé à  2,4 % en rythme annuel.
 Cette révision ramène la croissance à 1,9 % pour l’année en recul par rapport à 2012 où elle avait atteint 2,8 %.
 Cette révision est imputable à une moindre consommation moins forte qu’anticipé. Les dépenses des ménages représentant 70 % de l’activité économique aux Etats-Unis, n’ont augmenté que de 2,6 %, soit un recul de 0,7 point par rapport à la première estimation du département du commerce.
La progression des exportations a été moins forte que prévu avec une hausse de 9,4 % contre 11,4 % estimé. En revanche, les importations ont augmenté de 1,5 % contre 0,6 % estimé.
La croissance a été impactée par une réduction plus forte des dépenses publiques. Elles ont baissé de 5,6 % ; celles du gouvernement fédéral diminuant de 12,8 % en raison de la paralysie partielle des services causés par la bataille budgétaire au Congrès les deux premières semaines d’octobre.
 Néanmoins, il y a une bonne nouvelle à travers l’augmentation de l’investissement des entreprises qui a joué un rôle positif sur la croissance.
 La confiance des ménages américains restent élevée malgré l’accumulation de mauvais signaux. De ce fait, malgré les intempéries, les experts tablent sur une croissance de 1,4 à 2 % en base annuelle sur le premier trimestre 2014. Il est fort probable que la FED stabiliser pour quelques mois les injections de liquidités autour de 65 milliards de dollars par mois.
Zone euro, un redémarrage au train de sénateur
L’Allemagne confirme sa bonne fin d’année, son chômage continue de baisser, l’Europe du Sud voit le bout du tunnel avec le retour sur les marchés financiers, la sortie de la récession ; en revanche la France est plus qu’hésitante et reste avec Italie un point de crispation économique. L’Union européenne a confirmé ce que de nombreux experts pressentaient, le déficit public en 2014 ne sera pas ramené à 3,6 % et celui de 2015 ne reviendra à 3 %. La Commission prévoit 4 et 3,9 %. En 2013, le déficit a atteint 4,2 %.
La Commission européenne a, en effet, publié ses Prévisions d’Hiver. Elle prévoit une croissance du PIB de 1,2% en 2014 et de 1,8% en 2015 pour la zone euro. Ces prévisions ont été élaborées à partir des derniers résultats du quatrième trimestre 2013. L’année dernière, le PIB de la zone euro a reculé de 0,4 % succédant à une contraction de 0,7 % en 2012.
La Commission a noté que la croissance s’était accélérée en Allemagne mais également en France au dernier trimestre. Avec des PIB en hausse pour le deuxième trimestre d’affilée, les économies italienne et espagnole sont bien sorties de la récession au cours de l’année 2013.
Cette sortie progressive de la récession confirme l’analyse de la BCE sur le statuquo en matière de politique monétaire malgré l’apparition de quelques signes déflationnistes.
Avec ses prévisions d’hiver, la Commission européenne lance la procédure du semestre européen donnant lieu à une évaluation de l’ensemble des politiques budgétaires.
Concernant les déséquilibres macroéconomiques, la Commission devrait rendre publics dans les toutes prochaines semaines les bilans approfondis (in-depth review) qu’elle prépare sur les Etats membres.
La situation de la zone euro s’est améliorée grâce à la disparition des déficits courants ; le solde courant de l’ensemble de la zone euro est positif de plus de 2%.
La Commission a souligné les efforts budgétaires accomplis par certains Etats tout en rappelant que des progrès doivent être encore réalisés.  Selon ses prévisions, le déficit budgétaire de la zone euro est de 3,1% du PIB en 2013. En 2014, il pourrait être de 2,6%. Le niveau d’endettement devrait frôler les 96 % et pourrait diminuer en 2015. Chypre, l’Espagne et l’Irlande sont les Etats où les déficits resteront les plus élevés cette année.
La Commission a noté qu’à défaut de mesures correctrices la France devrait enregistrer un écart significatif avec la trajectoire prévu, de un point en 2015.  Au mois d’avril, le Gouvernement français devra, dans le cadre du programme de stabilité et de croissance, convaincre la Commission que les économies à réaliser ont été identifiées.
Que fera la BCE ?
Le taux d’inflation est resté stable à 0,8 % au mois de février. Ce résultat est imputable à la poursuite de la baisse des prix de l’énergie (-2,2 %  après -1,2% en janvier) et  à la légère baisse des prix de l’alimentation, des boissons alcoolisées et du tabac. Ont augmenté légèrement les biens industriels hors énergie (0,6%, contre 0,2% en janvier) et les services (1,3 contre 1,2 % le mois précédent). Avec une inflation qui reste très en-deçà de 2 %, la BCE pourrait amener à prendre des mesures non conventionnelles afin d'éviter l'enclenchement d'une spirale déflationniste. La marge sur les taux est faible (taux directeur de 0,25 %) ce qui devrait inciter la BCE à effectuer des prêts ciblés aux banques. La BCE pourrait être d’autant plus incitée à prendre des mesures que le taux du chômage de la zone euro reste stable à un niveau très élevé, 12 %.
France, le temps de l’attentisme
La France est entrée dans une phase de croissance molle voire nulle sur fond d’attente du pacte de responsabilité et de reprise plus franche dans le sud de l’Europe.
Ainsi, au mois de  janvier, les dépenses de consommation des ménages en biens ont baissé de 2,1 % en volume selon l’INSEE, après avoir augmenté de 0,2 % en décembre. La chute est liée au climat qui a entraîné la réduction de la consommation d’énergie et à la contraction des ventes d’automobile après le bon mois de décembre (modification du bonus-malus et hausse de la TVA).
La consommation des Français continue à faire du yoyo en fonction des variations climatiques, des impôts et des contraintes de revenus. Dans les faits, elle demeure sur longue période étale. En prenant en compte l’augmentation de la population, plus de 300 000 personnes par an, la consommation par tête diminue. Au mois de janvier, les ménages ont pensé à reconstituer leur cagnotte en plaçant de l’argent sur le Livret A et sur l’assurance-vie.
Après un rebond en décembre (+2,8 %), les dépenses en biens durables reculent en janvier (–4,3 %) en raison du fort repli des dépenses en automobiles. Ces dernières chutent en janvier (-7,7 %), après avoir été plutôt dynamiques en décembre (+2,9 %), du fait d’achats anticipés de voitures, en prévision du renforcement du malus écologique au 1er janvier 2014. Elles baissent de 0,6 % par rapport au mois de janvier 2013. Par ailleurs, les achats en équipement du logement baissent légèrement (–1,1 %), après un mois de décembre dynamique (+3,6 %).
La consommation de textile, habillement et cuir retrouve, à la faveur de la période des soldes de janvier, un niveau proche de celui atteint en novembre (+1,9 %, après –1,8 %). En janvier, les dépenses de consommation en autres biens fabriqués se redressent (+0,5 % après -0,1 % en décembre) notamment celles en quincaillerie-bricolage qui rebondissent.
A suivre, next week
Une semaine monétaire s’annonce avec la réunion de la BCE qui sera attendue pour connaître si des décisions sont prises pour contrecarrer les tendances déflationnistes de l’économie de la zone euro.
Lundi 3 mars
A Paris, il faudra suivre la publication des indicateurs avancés PMI manufacturier et les résultats des immatriculations de voitures neuves en février ainsi que l’adjudication de Bons du Trésor.
A Pékin, sera communiqué l’indice PMI Markit manufacturier définitif de février et l’indice PMI services officiel de février.
A Berlin, il faudra regarder l’indice PMI Markit manufacturier définitif de février
A Londres seront également communiqués les indices PMI Markit manufacturier définitif de la  zone euro de février et celui du Royaume-Uni.
Mardi 4 mars
Les constructeurs automobiles seront tous à Genève  pour le Salon de l'automobile de Genève (première journée presse).
Il faudra suivre à Bruxelles les prix à la production zone euro de janvier.
Moment important, à Washington sera présenté le projet de budget pour l'exercice 2015.
 Mercredi 5 mars
 A Paris, les indices PMI des services et composite de février seront publiés.
 Jeudi 6 mars, sera publié le taux de taux de chômage au sens du BIT pour le 4ème trimestre. Il faudra regarder le taux d’intérêt pratiqué lors de l’adjudication d'OAT.
 Au Japon sera publié l’indice PMI Markit services de février ainsi qu’en Chine, en Allemagne et au Royaume-Uni.
A Bruxelles sera communiqué le PIB détaillé zone euro du 4ème trimestre et les ventes au détail pour la zone euro de février. 
Aux Etats-Unis, il faudra suivre l’enquête ADP sur l'emploi de février.
Jeudi 6 mars
En Allemagne, seront communiquées les commandes à l'industrie de janvier.
A Londres, il faudra suivre la décision de politique monétaire.
A Francfort, le Conseil des gouverneurs de la BCE se réunira avec une annonce prévue sur la politique des taux.
Vendredi 7 mars
En Allemagne sera communiquée la production industrielle de janvier.
A Bruxelles, une réunion Ecofin des Ministres de l’Economie et des Finances est prévue. A Washington, il faudra suivre les résultats concernant les demandeurs d'emploi et le taux de chômage de février. 
Par ailleurs, il faudra regarder la revue de Moody's sur les Pays-Bas et celle sur la Belgique.