vendredi 9 mai 2014

Les exportations allemandes : toujours en forme

Les exportations allemandes ont progressé de 1,9 % au mois de mars par rapport à mars 2013 et de 1,8 % par rapport au mois de février 2014. Les exportations se sont élevées à 96 milliards d'euros quand les importations ont atteint 79,6 milliards d'euros.  Les importations ont diminué de 0,9 % par rapport au mois de février. De ce fait, le rééquilibrage de la balance commerciale allemande risque de prendre du temps... La demande intérieure allemande reste insuffisante pour générer un flux d'importations en augmentation.


Flows of commodities and services in billion euros
ItemMarchJanuary to
March
FebruaryMarchJanuary to
March
20142013
Discrepancies in the totals may occur due to rounding.
1   Exports (f.o.b.)96.0279.192.494.2270.7
2   Imports (c.i.f.)79.6231.476.275.4221.4
Balance of
3   Foreign trade (1-2)16.447.716.218.949.3
4   Services1.24.61.71.20.0
5   Factor income (net)7.719.66.27.621.8
6   Current transfers–3.5–15.7–7.4–3.2–16.0
7   Supplementary trade items–2.3–7.7–2.9–3.3–7.7
8   Current account (3+4+5+6+7)19.548.513.821.147.4

jeudi 8 mai 2014

La BCE temporise en laissant inchangée ses taux et en attendant le mois de juin

La BCE a décidé le 8 mai de laisser inchangés les taux d’intérêt directeurs. Le Président de la BCE a souligné que la reprise modérée de l’économie de la zone euro se poursuivait. Il a mentionné pour conforté sa position que l'Europe après une  période prolongée de faible inflation était entrée dans une phase de remontée graduelle des taux de l’inflation mesurée par l’IPCH. Les signaux provenant de l’analyse monétaire confirmeraient ce diagnostic de tensions sous-jacentes modérées à moyen terme sur les prix dans la zone euro. Les anticipations d’inflation à moyen et long terme pour la zone euro restent solidement ancrées à un niveau compatible avec l'objectif de taux inférieurs mais proches de 2 %.Il a néanmoins répété que  le Conseil des gouverneurs était disposé à recourir à des instruments non conventionnels dans le cadre de son mandat afin de faire face efficacement aux risques d’une période trop longue de faible inflation. De nouvelles informations et analyses concernant les perspectives d’inflation et l’accès du secteur privé aux prêts bancaires seront disponibles début juin. La BCE a donné rendez-vous au mois de juin pour une éventuelle réorientation de sa politique monétaire. La prudence de la BCE est dictée par l'évolution de la situation américaine et par les derniers événements internationaux. Si le ralentissement de l'économie américaine se poursuivait et si l'effet de la baisse des injections de liquidité occasionnait des tensions sur les taux ou si la crise ukrainienne s'amplifiait, la BCE serait certainement amenée à intervenir plus énergiquement. Sa prudence actuelle est liée à sa volonté de ne pas gaspiller des cartouches en vue de tensions plus fortes au sein de l'économie mondiale. 

Le Président de la BCE a indiqué que le PIB en volume de la zone euro a crû de 0,2 %, en rythme trimestriel, au quatrième trimestre 2013, progressant ainsi pendant trois trimestres consécutifs. Il a est noté que la demande intérieure devrait continuer d’être soutenue par une série de facteurs tels que l’orientation accommodante de la politique monétaire, les effets de l’amélioration en cours des conditions de financement sur l’économie réelle, les progrès réalisés en matière d’assainissement budgétaire et de réformes structurelles et l’évolution des prix de l’énergie. Il a mentionné que  même si les marchés du travail se sont stabilisés et montrent les premiers signes d’une amélioration, le chômage demeurait important dans la zone euro et, globalement, le niveau des capacités productives inutilisées restait élevé. De plus, le rythme annuel de variation des prêts des IFM au secteur privé  restait négatif en mars, tandis que le nécessaire processus d’ajustement des bilans dans les secteurs public et privé continue de peser sur le rythme de la reprise économique.

Selon le Président de a BCE, les risques entourant les perspectives économiques dans la zone euro continuent d’être orientés à la baisse. Des risques géopolitiques et les évolutions observées sur les marchés financiers internationaux et dans les économies de marché émergentes pourraient influer négativement sur la situation économique. D’autres risques à la baisse ont trait à une demande intérieure plus faible que prévu et à une mise en œuvre insuffisante des réformes structurelles dans certains pays de la zone euro ainsi qu’à une croissance moins forte des exportations.

Selon l’estimation rapide d’Eurostat, la progression annuelle de l’IPCH dans la zone euro s’est accélérée à 0,7 % en avril 2014, après 0,5 % en mars.

Le Conseil des gouverneurs considère que les risques, tant à la hausse qu’à la baisse, pesant sur les perspectives d’évolution des prix sont limités et globalement équilibrés à moyen terme Dans ce contexte, les éventuelles répercussions des risques géopolitiques et des évolutions du taux de change feront l’objet d’un suivi attentif.

 La croissance annuelle de M3 s’est ralentie à 1,1 % en mars, après 1,3 % en février. La croissance de l’agrégat monétaire étroit M1 est restée vigoureuse, mais est revenue à 5,6 % en mars, contre 6,2 % en février. Le principal facteur soutenant l’expansion annuelle de M3 a encore été la progression de la position extérieure nette des IFM, qui reflète en partie l’intérêt persistant des investisseurs internationaux pour les actifs de la zone euro.

Le rythme annuel de variation des prêts aux sociétés non financières (en données corrigées des cessions de prêts et de la titrisation) s’est inscrit à -3,1 % en mars, sans changement par rapport à février. La faible dynamique des prêts aux sociétés non financières continue de traduire le décalage avec le cycle économique, le risque de crédit ainsi que l’ajustement en cours des bilans dans les secteurs financier et non financier. Le taux de croissance annuel des prêts aux ménages (en données corrigées des cessions de prêts et de la titrisation) s’est établi à 0,4 % en mars 2014, soit un niveau globalement inchangé depuis début 2013.

Selon toujours le Président de la BCE, le déficit des administrations publiques de la zone euro devrait continuer à se réduire, revenant de 3,0 % du PIB en 2013 à 2,5 % cette année et à 2,3 % en 2015. Le ratio de dette publique devrait se stabiliser à 96,0 % en 2014 et baisser en 2015, pour s’établir à 95,4 %. 

L'OCDE incite au développement des échanges de services

LOCDE souligne qu'une part croissante de l'activité économique dépend des services or ces derniers font moins l'objet d'échanges internationaux. Or, une plus grande ouverture permettrait de réduire les prix, d'améliorer la productivité et donc la croissance. Les pays occidentaux ayant des positions fortes au niveau des services auraient tout intérêt à jouer la carte du commerce international.. 


la France qui est avant tout un pays des services est moins protectionniste que la moyenne selon l'étude de l'OCDE.

mercredi 7 mai 2014

Qu'est ce qui se cache derrière les réformes institutionnelles de François Hollande ?

Les faces cachées de la réforme institutionnelle


François Hollande a confirmé, mardi 6 mai, sa volonté de refonder la carte institutionnelle française avec la suppression à terme des conseils généraux et l’engagement d’un processus de fusion des régions.

En théorie, une telle réforme permettrait de dégager des économies en réduisant les frais de gestion et le millefeuille administratif français. Réclamée de longue date, elle n’a jamais pu être menée en raison de blocages politiques mais aussi sociologiques. L’échec du référendum supprimant les assemblées départementales en Corse et en Alsace prouve que l’opinion publique n’adhère à cette simplification qu’à la condition de ne pas être concernée.

François Hollande est avant tout un tacticien politique qui a été, durant dix ans, le Premier secrétaire du Parti Socialiste. La science électorale et l’économie sont ses deux passions. Or, en l’état, les élections départementales et régionales prévues initialement en 2015 devraient, en l’état actuel des choses, être des bérézina pour le Parti socialiste. La gauche contrôle 60 % des départements et 24 des 26 régions françaises.

La défaite à ces deux élections serait un nouveau tremblement de terre pour le PS dont les structures militantes et de cadres reposent essentiellement sur les collectivités territoriales. Par ailleurs, le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault a commis une erreur en modifiant le mode de scrutin aux cantonales. La création de grands cantons avec des binômes ne peut qu’amplifier les mouvements de bascules. En effet, l’élection cantonale qui était essentiellement une élection locale devient une élection urbaine et donc politique. En outre, en élisant, au scrutin majoritaire, d’un coup deux conseillers généraux de la même couleur politique, une femme et un homme, il y a automatiquement une amplification des alternances. Le découpage retenu par le Ministère de l’Intérieur a favorisé les villes qui étaient traditionnellement à gauche. Or, de très nombreuses ont basculé à droite lors des dernières élections municipales. De ce fait, le PS pourrait connaître un désastre électoral sans précédent si le mode de scrutin et le calendrier restaient en état.

Pour les élections régionales, le mode de scrutin à la proportionnelle atténue les vagues au niveau du nombre d’élus mais n’empêche pas les tsunamis du fait de l’existence de la prime majoritaire. En effet, jusqu’en 1998, la droite a contrôlé la quasi-totalité des régions quand en 2009 elle n’en possédait plus qu’une, l’Alsace.

En vertu du mode de scrutin en vigueur, au premier tour, la liste qui recueille la majorité absolue des suffrages exprimés reçoit un quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis selon la règle de la plus forte moyenne entre toutes les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés.

Si aucune liste n’obtient la majorité absolue, il est procédé à un second tour. Seules sont autorisées à se présenter les listes ayant obtenu plus de 10% des suffrages exprimés au premier tour. Par ailleurs, entre les deux tours, les listes peuvent être modifiées, notamment pour fusionner avec des listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés. La répartition des sièges se fait selon les mêmes règles que pour le premier tour, à ceci près que la majorité absolue n’est plus requise.

Avec l’application des résultats des municipales, la majorité de gauche pourrait perdre la totalité ou la quasi-totalité de ses régions. Le PS pourrait être devancé par le Front National dans certaines régions.

Que ce soit au niveau cantonal ou régional, il est urgent de gagner du temps pour François Hollande.

La question est de savoir s’il peut constitutionnellement différer d’un an les élections.

Dans le passé, des élections locales ont été déplacées pour des motifs de pratiques institutionnelles. Il s’agissait d’éviter la collision ou les interférences entre deux élections. Ainsi, en 1995, les élections municipales qui devaient intervenir au mois de mars avant l’élection présidentielle prévue au mois d’avril ont été reportées au mois de juin de la même année. Ce report réglait également un problème technique en matière de parrainage des candidats à la présidentielle. Si l’élection avait eu lieu à la date prévue, deux maires successifs d’une même commune auraient pu parrainer des candidats à la Présidence de la République. Les élections municipales de 2007 ont été, pour les mêmes raisons, été reportées d’un an. Il faut également signaler que le mandat de certains sénateurs a été allongé quand il a été décidé que de renouveler par moitié et non par tiers le Sénat et de fixer la durée du mandat à 6 ans au lieu de 9 ans.

Le Conseil constitutionnel a admis ces modifications car elles répondaient à un objectif d’intérêt général. Le souhait de François Hollande de différer les élections locales de 2015 à 2016 répond-il à un tel objectif ? S’il en reste à la pétition de principe, certainement pas ! Le Conseil constitutionnel ne pourra admettre un tel report que si un projet de loi de refonte des collectivités territoriales est déposé et adopté. A défaut de texte, il ne pourra sans doute pas juger qu’il est inopportun techniquement de procéder à des élections. Elire des conseillers généraux amenés à être supprimés ou élire des conseillers régionaux dans des régions qui seront redessinées, peuvent être des motifs suffisants pour différer les élections mais le Conseil constitutionnel prend ses décisions à partir de données juridiques intangibles.

Le Gouvernement doit donc adopter en même temps la réforme et le report des élections. Or, une course contre la montre commence. Il est d’usage que les lois modifiant les modes de scrutin ou les modalités d’organisation des élections interviennent un an avant les dites élections. En vertu de cette tradition, le Gouvernement est déjà hors délai étant donné que les élections locales sont programmées au mois de mars 2015. Il pourrait tordre la tradition sans enfreindre l’esprit républicain s’il réussissait à traiter l’affaire d’ici la fin de l’été. Or, cela suppose qu’il arrive à traiter l’affaire des départements avec leur éventuelle suppression, le redécoupage des régions et l’élaboration d’un nouveau mode de scrutin. Le pari paraît plus qu’hasardeux.

D’autres écueils jalonnent la route du Gouvernement sur ce sujet. Le premier est d’ordre constitutionnel. La suppression des départements suppose par définition une révision de la constitution. En effet, en vertu de l’article 72 de la Constitution, « les collectivités territoriales de la République sont les communes, les départements, les régions, les collectivités à statut particulier et les collectivités d'outre-mer régies par l'article 74. Toute autre collectivité territoriale est créée par la loi, le cas échéant en lieu et place d'une ou de plusieurs collectivités mentionnées au présent alinéa. Les collectivités territoriales ont vocation à prendre les décisions pour l'ensemble des compétences qui peuvent le mieux être mises en œuvre à leur échelon. Dans les conditions prévues par la loi, ces collectivités s'administrent librement par des conseils élus et disposent d'un pouvoir réglementaire pour l'exercice de leurs compétences ».

La révision constitutionnelle serait très difficile à obtenir car elle suppose l’accord du Sénat qui, en matière d’organisation territoriale, est peu porté au changement. De plus, au mois de septembre 2014, le Gouvernement ne devrait plus disposer de la majorité au sein de la Haute Assemblée.

Pour éviter le passage par la case de la révision constitutionnelle, le Gouvernement pourrait être tenté de rattacher le département aux régions et de prévoir un collège d’élus en charge de son administration.

L’enlisement de ce projet est fort probable. Certes, le Président de la République pourrait tenter un coup de force en recourant à un référendum en ayant recours à l’article 11 de la Constitution sur le modèle de la pratique gaullienne. En vertu de cet article, « le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux Assemblées, publiées au Journal Officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions ». Un tel recours compte tenu des positions tranchées qu’avait la gauche autant du Général de Gaulle sur ce sujet n’est pas évident. Ce référendum pourrait, en outre, donné lieu à un vote sanction contre le Président.   

Les voies de la réforme, à défaut de consensus, sont donc étroites et incertaines surtout que le calendrier ne s’y prête pas. Néanmoins, derrière ce dossier s’en cache un autre tout aussi voire plus important, celui du mode de scrutin aux élections législatives.

En reprenant les dernières tendances électorales, il est certain qu’en cas de défaite, en 2017, du candidat socialiste, la curée serait au rendez-vous pour les candidats de gauche. Pour sauver les meubles, l’introduction de la proportionnelle est une condition sine qua non. Elle correspond, par ailleurs, à une promesse du candidat François Hollande en 2012.

La proportionnelle est certainement incontournable pour tenter d’être au second tour de la Présidentielle. En 2017, le risque pour François Hollande ou le candidat du PS est de terminer troisième derrière les candidats de l’UMP et du FN. Ce risque sera d’autant plus grand que des candidats issus d’Europe Ecologie, des Radicaux ou du Parti Communiste seront présents au premier tour. Il faudra donc acheter leur renoncement à se présenter. La seule solution est de leur garantir quoi qu’il arrive un nombre de sièges à l’Assemblée nationale. Pour cela, il n’y a que la proportionnelle. En cas de défaite à la présidentielle, les accords électoraux garantissant un nombre de circonscriptions aux petits partis pourraient être remis en cause. En outre, en cas de vague de droite, peu de circonscriptions seront sûres.

Les questions sont donc les suivantes : quelle dose de proportionnelle faut-il introduire et quelle circonscription choisir ?

Plus la dose de proportionnelle est élevée, plus le parti de gouvernement en situation de fragilité peut sauver un nombre important de postes. En retenant une dose à 10 %, c’est-à-dire 58 sièges, le PS pourrait en obtenir 11, les verts et les communistes quelques-uns. Les petits partis n’auraient donc pas la garantie d’obtenir un groupe parlementaire. Le Conseil constitutionnel pourrait être amené à se pencher sur la désignation selon deux modes de scrutin différents des représentants de la nation même si au Sénat, c’est déjà le cas. Pour la Haute Assemblée, il faut souligner qu’il s’agit d’une élection par scrutin au suffrage universel indirect. Dans ces conditions, François Hollande pourrait être donc tenté par un mode de scrutin à la proportionnelle intégrale.


Pour les élections législatives de 1986, François Mitterrand avait opté pour la proportionnelle à la plus forte moyenne au niveau départemental. Ce choix n’avait pas permis à la gauche de conserver le pouvoir mais avait rendu la majorité RPR – UDF tenait à un fil. Le PS était resté le premier parti avec 212 élus. Le FN comme le Parti Communiste avaient 35 représentants. Au niveau départemental, compte tenu du faible nombre de candidats à élire, surtout pour les départements ruraux, ce système favorise les deux premières listes et incitent à la alliance pour la constitution des listes. Un tel mode de scrutin conduirait dans un grand nombre de départements à des accords entre écologistes et socialistes et entre UMP et UDI. Le choix du département ne sera sans nul doute pas retenu car François Hollande veut les supprimer. Il pourrait choisir la circonscription régionale actuelle ou élargie. Un tel choix favoriserait sans nul doute le FN et affaiblirait l’UMP. L’incitation aux accords préalables serait moindre. Pour corser la donne, le pouvoir pourrait comme pour les élections régionales actuelles recourir à une proportionnelle à deux tours permettant d’organiser des alliances entre les deux tours. Une telle solution pourrait être envisagée à l’échelle nationale avec l’introduction d’une prime majoritaire. Evidemment, que ce soit au niveau régional ou national, les partis auraient complètement la main. Une telle réforme doit être également reliée à l’interdiction du cumul des mandats. Si le mode de scrutin aux élections législatives n’est pas modifié, le député est en situation de vulnérabilité par rapport au maire de la grande ville de sa circonscription. A compter de 2017, date d’application du non cumul, le député ne pourra plus s’appuyer sur un exécutif local. Il devra donc sillonner en permanence sa circonscription. Si par malheur, un maire important de sa circonscription souhaite se présenter contre lui au renouvellement suivant, il a de forte chance d’être battu. Pour éviter ce problème, la proportionnelle est fort utile. Elle protégera les députés en place qui seront en place.

Le Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, le Premier Ministre, Manuel Valls et le Président de la République, François Hollande, ont moins de deux ans pour choisir le bon mode de scrutin pour les législatives. Le recours à une proportionnelle intégrale rendrait l’Assemblée nationale ingouvernable et supposerait des coalitions d’un autre genre associant une partie de l’UMP au Parti socialiste ou inversement. Il amènerait à une recomposition du paysage politique et une évolution substantielle des institutions.







Quelles économies pour un Etat endetté ?

A  la demande de la rédaction d'Atlantico, Philippe Crevel a suggéré quelques pistes d'économies budgétaires. Le gouvernement a confirmé l'objectif de réduction des dépenses publiques de 50 milliards d'euros à l'horizon 2017. Mais quelles ont été les économies réalisées depuis l'arrivée de François Hollande ? Sur quels postes ont-elles porté ?

Les aides apportées aux proches

L'INSEE a publié une note intéressante sur les aides que les Français reçoivent de leurs roches? Sans surprise, cette étude souligne que les jeunes sont les principaux bénéficiaires des aides et qu'elles sont d'autant plus importantes que les personnes sont issues de classes les plus favorisées et qu'elles ont un large réseau. En revanche, ce sont les personnes modestes ont aussi été plus souvent aidées que les plus aisées. C’est vrai pour l’aide financière mais aussi pour le soutien moral. Une large majorité de personnes déclarent pouvoir être aidées par leurs proches qu’il s’agisse de transfert financier, d’aide matérielle ou de soutien moral. Mais ce recours est quand même un peu plus facile lorsque l’on jouit d’un niveau de vie élevé et que l’on n’a pas de problème de santé ; il l’est également quand on est jeune ou lorsqu’on dispose d’un large réseau social. Au-delà de ces possibilités d’aide, 40 % des personnes ont effectivement reçu un soutien, financier, matériel ou moral au cours des douze derniers mois.

lire le document de l'INSEE

mardi 6 mai 2014

Réactions de Philippe Crevel sur les déclarations de François Hollande sur Atlantico.fr

Philippe Crevel a répondu aux questions de la rédaction d'Atlantico après l'intervention de François Hollande sur BFM TV et RMC le 6 mai 2014. 

2 ans de Hollande et après !

Philippe Crevel a été interrogé par Atlantico.fr au sujet du bilan économique de deux années de François Hollande.

Investissement, quelques maigres espoirs en 2014

selon l'INSEE, interrogés en avril 2014, les chefs d’entreprise de l’industrie manufacturière considèrent que leur investissement a baissé de 7 % en 2013. En revanche, ils sont plus optimistes pour 2014 année pour laquelle ils prévoient une hausse de 4 %. Ils ont révisé à la hausse leur estimation de janvier dernier de 1 point. Cette légère révision concerne l’ensemble des secteurs sauf celui de l’automobile (–1 point). Après une baisse des dépenses d’investissement en 2013 dans tous les secteurs, les entrepreneurs de l’industrie manufacturière prévoient un rebond en 2014 : +9 % dans les industries agricoles et alimentaires, +8 % dans le secteur des biens d’équipement et +3 % dans celui des autres industries. En revanche, les dépenses d’investissement diminueraient dans le secteur des matériels de transports mais à un rythme moindre (–3 % après –13 %).

Cette faible reprise apparaît insuffisante pour effacer le désinvestissement constatée ces dernières années et pour améliorer la compétitivité des entreprises. L'absence de débouchés et les incertitudes économiques et fiscales semblent encore peser sur les décisions des entreprises.

Taux de variation annuel de l'investissement en valeur dans l'industrie manufacturière
Taux de variation annuel de l'investissement en valeur dans l'industrie manufacturière

 

lundi 5 mai 2014

Bruxelles revoit à la baisse la croissance française

La Commission de Bruxelles a indiqué que la France ne devrait pas atteindre 1,7 % de croissance en 2015. Elle penche pour une croissance de 1,5 %. Cette analyse plus pessimiste que celle du Gouvernement se fonde sur l'impact du plan de restauration des finances publiques qui devrait handicaper la France. Par ailleurs, la faible compétitivité française l'empêche de profiter de la reprise européenne. La demande externe adressée à la France demeure faible. Moins de croissance rendra plus difficile le respect de l'objectif de déficit public....

Stabilité du chômage en zone euro !

selon Eurostat, dans la zone euro,  le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s’est établi à 11,8% en mars 2014, stable depuis décembre 2013 , mais en recul par rapport au taux de 12,0% enregistré en mars 2013. Dans l’Union européenne , le taux de chômage s’est établi à 10,5% en mars 2014, stable par rapport à février 2014 mais en baisse par rapport au taux de 10,9% de mars 2013. 

Parmi les États membres, les taux de chômage les plus faibles ont été enregistrés en Autriche (4,9%), en Allemagne (5,1%) ainsi qu’au Luxembourg (6,1%), et les plus élevés en Grèce (26,7% en janvier 2014) et en Espagne (25,3%).

Sur un an, le taux de chômage a augmenté dans dix États membres, est resté stable dans trois et a baissé dans quinze autres. Les plus fortes hausses ont été enregistrées à Chypre (de 14,8% à 17,4%), aux Pays-Bas (de 6,4% à 7,2%), en Italie (de 12,0% à 12,7%) et en Croatie (de 16,6% à 17,3%). Les baisses les plus marquées ont quant à elles été observées en Hongrie (de 11,2% à 7,9% entre février 2013 et février 2014), en Lettonie (de 13,9% à 11,6% entre les quatrièmes trimestres 2012 et 2013), au Portugal (de 17,4% à 15,2%) ainsi qu’en Irlande (de 13,7% à 11,8%).

En mars 2014, le taux de chômage aux États-Unis s’est établi à 6,7%, stable par rapport à février 2014, mais en
baisse par rapport au taux de 7,5% enregistré en mars 2013.


recul de la confiance pour les investisseurs au sein de la zone euro !

Selon l'indicateur Sentix, la confiance des Investisseurs Union Monétaire Européenne ressort est en baisse en mai à 12.8, sous le consensus  qui prévoyait un statu quo à 14.2. Ce résultat dénote dans le contexte de reprise qui semblait se manifester au sein de l'Union européenne. 

Avec entre 1600 analystes financiers et les investisseurs institutionnels, la confiance des investisseurs Sentix est une enquête mensuelle qui présente l'Avis de marché sur la situation économique actuelle et les attentes pour le prochain semestre. l'indice, publié par Sentix , est composé de 36 indicateurs différents. Habituellement, une valeur élevée est considérée comme positive pour la zone euro, ce qui signifie positif, ou haussier, pour l'euro, tandis qu"un nombre plus est considéré négatif ou baissier pour la monnaie unique.

samedi 3 mai 2014

La lettre économique hebdomadaire






Le coin des épargnants

La bourse de Paris a terminé la semaine à 4 458 points en petite progression de 0,34 % sur une semaine. Le point fort de la semaine a été le franchissement du cap des 4500 points mardi pour la première fois depuis le début du mois de septembre 2008. Le retour des grandes opérations de fusions et acquisitions a expliqué l’engouement du début de la semaine. La bourse de Paris n’a pas été capable de ternir ce seuil. En effet, les mauvais résultats de l’économie américaine durant le 1er trimestre ont, en revanche, calmé les ardeurs des investisseurs. Ils ont été également refroidis par la reprise des hostilités en Ukraine ainsi que par le ralentissement plus fort que prévu en Chine.

Les Etats-Unis un  premier trimestre pour rien !

Le taux de croissance de l’économie américaine n’a été que de 0,1% au premier trimestre 2014. Ce résultat décevant est mis un peu vite sur le compte des intempéries du début de l’année. Le ralentissement avait commencé dans les faits à la fin de l’année dernière. La diminution des injections des liquidités a pu sans nul doute, freiner la reprise. La contribution des exportations nettes a été négative de 0,8 point. Il faut noter que qu’au second semestre 2013, les exportations avaient été très dynamiques. Il y a donc eu un mouvement de correction d’autant plus que le commerce international a été très poussif au cours du premier trimestre. De manière inattendue, la consommation des ménages a bien résisté avec une hausse de 3 % en base annualisée. En revanche, les dépenses d’investissement et les dépenses publiques sont orientées à la baisse.

Le chômage a  enregistré une forte baisse en se repliant à 6,3% en avril contre 6,7% en mars. Il tombe à son plus bas niveau depuis septembre 2008. 288 000 emplois ont été créés soit plus que prévus. Le nombre de chômeurs s'élève à 9,8 millions, en baisse de 733.000.

En revanche, le nombre des demandeurs d'emploi qui ont cessé de chercher du travail a concerné 806 000 personnes. Le taux de participation à la population active, qui regroupe les demandeurs d'emploi et les travailleurs en poste, n’est que de 62,8% en baisse de 0,4 point soit le même pourcentage que l'amélioration du taux de chômage.

Pour le deuxième trimestre 2014, la croissance attendue en base annuelle ne devrait pas atteindre les 2 %.
Au niveau de la politique monétaire, les membres du FOMC ont opté pour le statu quo sur les taux et ont décidé de poursuivre la réduction des achats mensuels de titres de 10 milliards de dollars.

La Russie en récession sur fond de crise ukrainienne

La Russie est entrée en récession. Au 1er trimestre, le PIB a reculé de 0,5 point. Il pourrait encore reculé au deuxième. La croissance devrait être de 0 % en 2014 et de 1 % en 2015 selon le FMI. Les autorités russes prévoient de leurs côtés une croissance de 0,5 et de 1,1%. La croissance avait commencé à ralentir avant la crise ukrainienne avec une croissance de 1,3 % en 2013, contre 3,4 % en 2012 et 4,3 % en 2011. L’affaiblissement de la demande européenne et surtout la chute du cours du pétrole et du gaz ont pénalisé l’économie russe.
Les départs de capitaux ont été multipliés par deux au premier trimestre, dépassant 50 milliards de dollars, affectant le marché boursier russe et le rouble. Le FMI prévoit des fuites de capitaux de 100 milliards de roubles sur l'année. Pour contrecarrer la fuite des capitaux et freiner l’inflation, la Banque centrale a dû augmenter les taux d’intérêt qui dépassent 7,5 % ce qui pénalise la distribution des crédits.

Chine, un atterrissage en douceur

L'Académie chinoise des sciences sociales, l'un des principaux think tank gouvernementaux, a publié une prévision de croissance pour 2014 à 7,4%, en deçà de l'objectif officiel de 7,5%. L’Académie a même admis que ce taux croissance pourrait même tomber à 7%.

Cette révision fait suite à la publication des statistiques du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, montrant un ralentissement à 7,4% en rythme annuel, soit un plus bas de 18 mois après 7,7% entre octobre et décembre. La Chine souffre du ralentissement du commerce international, de la faiblesse de la reprise européenne et de la saturation en biens industriels. La Chine doit faire face à une augmentation de ses coûts. Par ailleurs, certaines banques éprouvent quelques problèmes face à un endettement mal maîtrisé.

L’Union européenne est forte mais ne le sait pas

Trop souvent décriée, trop souvent méprisée, trop souvent caricaturée, l’Union est contre vent et marée, la première puissance économique mondiale devant les Etats-Unis et la Chine.
Certes, l’Union européenne n’est pas un Etat au sens classique du terme mais c’est une puissance économique dont 18 pays sur 28 ont la même monnaie. C’est un marché unique où les produits circulent librement. L’Union européenne est faible de son manque de confiance, de son incapacité à se projeter en avant. Le politologue américain, Robert Kagan, considère que l’Europe passe trop de temps à essayer d’arbitrer ses conflits internes et de ce fait ne se participe pas à l’évolution de l’économie mondiale. Moins de nombrilisme permettrait à l’Europe de grandir.

Ainsi, en 2011, le produit intérieur brut (PIB) de l’Union européenne représentait  18,6% du PIB mondial, exprimé en standards de pouvoir d’achat (SPA). Les États-Unis étaient la deuxième économie mondiale avec une part du PIB de 17,1% et la Chine la troisième avec 14,9%.
L’autre preuve de la force de l’Europe qui est de fait le premier marché commercial mondial, c’est quand elle est en panne que les pays émergents souffrent en raison de la baisse de leurs exportations.

Et en plus la zone euro sort du trou

La zone euro retrouve quelques couleurs qu’en France nous avons encore du mal à percevoir. Les indicateurs de confiance sont, en effet, soit en hausse, soit stabilisés à des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis l’été 2011.

L’Allemagne confirme ses bons résultats mais elle est désormais rejointe par d’autres pays de la zone. La croissance espagnole a atteint 0,4 % (t/t) au premier trimestre 2014, soit le rythme le plus soutenu depuis six ans, à la faveur notamment d’une accélération de la demande intérieure.

La reprise dans la zone euro devrait se renforcer dans les prochains mois ; après +0,3 % (t/t) au quatrième trimestre 2013, la croissance du PIB pourrait avoir été de 0,4 %0,5 % au 1er trimestre. Les enquêtes de conjoncture annoncent une poursuite au même rythme au deuxième trimestre.
Certes, le point de départ était très bas, de ce fait l’embellie reste modeste. Pour effacer les stigmates de la crise passée, il faudra au moins deux ans. Si Allemagne opère déjà sur ses niveaux d’activité de 2008, les pays périphériques en sont loin. Le taux de chômage reste à des niveaux records, au-dessus de 25 % en Espagne et en Grèce et de 15 % au Portugal.

A suivre, next week

Lundi 05 mai

L’Eurogroup se réunit et la Commission de Bruxelles devrait présenter ses prévisions de croissance.

Mardi 06 mai 2014

Au Royaume-Uni, il faudra suivre les indices PMI services pour le mois d’avril qui devrait se maintenir à un niveau élevé en phase avec les résultats macro-économiques. Il faudra également suivre la publication de ces indicateurs en Espagne, en Italie et en France ainsi que pour l’Union européenne pour apprécier la vitalité de la reprise économique.
Aux Etats-Unis, il faudra regarder la publication de la balance commerciale du mois de mars qui devrait être un peu moins déficitaire qu’en février. Il faudra également suivre l’indice d’optimisme économique.

Mercredi 07 mai 2014

En France sera attendu le résultat de la production industrielle du mois de mars.
La production, industrielle comme manufacturière, est attendue en hausse en mars mais le rythme de reprise devrait rester modeste au regard de l'amélioration limitée du climat des affaires. La production industrielle aurait augmenté de 0,3 % en mars après 0,1 % en février.
En France, il faudra regarder les résultats du commerce extérieur du mois de mars. Le déficit est attendu en progression par rapport à février.

Jeudi 08 mai 2014

Au Royaume-Uni, il faudra suivre la réunion de la BoE. La BoE devrait conserver son taux directeur à 0,5%, ainsi que le montant de ses achats d’actifs à GBP 375 mds. Elle attendra  que la reprise soit davantage assise avant de durcir sa politique monétaire.
En parallèle se tiendra la réunion de la BCE. La BCE devrait laisser l’orientation de sa politique monétaire inchangée au cours de la réunion de mai. La persistante faiblesse de  l’inflation pourrait, cependant, forcer la BCE à agir le mois prochain. 

En Allemagne sera publié le résultat de la production industrielle de mars. Après une hausse de 0,4% m/m en février, la production industrielle a probablement légèrement augmenté en mars. Au T1, elle devrait  avoir progressé de près de 2% t/t, en ligne avec une forte hausse du PIB.

Vendredi 09 Mai 2014

Au Royaume-Uni sera présentée la production industrielle de mars. La production industrielle, soutenue par l’activité manufacturière, avait affiché, en février (+0,9% m/m), sa plus forte progression depuis  juin 2013. La situation reste favorable, mais l’activité devrait peu évoluer en mars après cette hausse marquée
En Allemagne seront connus les résultats de la balance commerciale du mois de mars qui a dû dégager un excédent de plus de 16 milliards d’euros.
En Italie sera publié le résultat de la production industrielle du mois de mars.

La semaine économique est une publication réalisée par Lorello Eco Data, société d’études et de stratégies économiques dirigée par Philippe Crevel
Téléphone : 01 45 00 37 37 / 06 88 87 16 59
Mail : phcrevel@lorello.fr
Sites Internet : www.philippecrevel.com

vendredi 2 mai 2014

La distribution des revenus au sein de l'OCDE

L'OCDE vient de rendre publique une étude très intéressante sur l'évolution des 1 % les plus les plus riches au sein des différents pays membres de l'organisation. Ainsi, ces trente dernières années, la part des 1 % les plus riches dans le total des revenus avant impôts a progressé dans la plupart des pays de l'OCDE. Sur cette période, les 1 % de la population aux revenus les plus élevés ont en effet capté une part disproportionnée de la progression globale des revenus  jusqu’à 37 % au Canada et 47 % aux États-Unis. En revanche, la France fait figure d'exception avec une part constante des 1% les plus riches. Il est à noter que même dans les pays où la distribution des revenus est traditionnellement plus équitable, comme la Finlande, la Norvège ou la Suède, la part des 1 % les plus riches a augmenté de 70 % pour atteindre 7-8 % environ.  Les réformes fiscales menées dans la quasi-totalité des pays de l'OCDE au cours des trente dernières années ont conduit à une baisse significative des taux supérieurs de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, le taux moyen dans la zone OCDE étant passé de 66 % en 1981 à 43 % en 2013. Or cette réduction est étroitement associée à la hausse de la part des hauts revenus dans le total des revenus. D’autres impôts importants pour les plus hauts revenus ont aussi été revus à la baisse : le taux légal moyen de l’impôt sur les bénéfices des sociétés a reculé de 47 % à 25 % et les impôts sur les dividendes au titre des bénéfices d’origine nationale ont baissé de 75 % à 42 %.


jeudi 1 mai 2014

La lettre de l'épargne et de la retraite N°1 du mois de mai

Pour le premier mai, la première lettre de l'épargne et de la retraite est publiée.
Au sommaire de cette lettre :
  • l'édito de Philippe Crevel "Time is on my side"
  • les TNS, l'épargne et la retraite ou est-ce que les Indépendants ont-ils un comportement spécifique en matière d'épargne et de retraite
  • le PERP fête ses 10 ans

mercredi 30 avril 2014

La chute libre de l'épargne financière en France

Les flux financiers des ménages sont au plus bas. En 2013, ils n'ont été que de 71 milliards d'euros en chute de 25 milliards d'euros en deux ans. Les flux financiers des ménages s'élevaient à 87 milliards d'euros en 2012 et à 95,9 milliards d'euros en 2011. En 2010, ils atteignaient 129 milliards d'euros. Cette forte réduction des flux financiers s'explique par la crise financière qui a dissuadé les ménages à acquérir des titres financiers et par la stagnation du pouvoir d'achat qui pèse sur les capacités des ménages. Au regard de cette baisse franche et massive, le taux d'épargne reste assez élevé. Ce paradoxe s'explique par le poids de la composante immobilière au sein de ce taux. En effet, les deux tiers du taux d'épargne correspond au remboursement en capital des emprunts immobiliers, 9 point sur 15,2 points. Par ailleurs, les intérêts capitalisés et les dividendes réinvestis sont considérés comme de l'épargne et gonfle d'autant le taux.

Néanmoins, le taux d'épargne a baissé au cours de l'année. Le taux est, en effet, passé de 15,6 à 15,2 % du revenu disponible brut du 4ème trimestre 2012 au 4ème trimestre 2013.

En 2013, les  ménages français ont cédé des actions cotées à hauteur de 6 milliards d'euros malgré la hausse du CAC 40 de 18 %. Ils ont continué à se désengager des OPC monétaires  mais aussi des OPC non monétaires (SICAV, FCP). Ils sont, en revanche mis davantage d'argent sur les fonds euros d'assurance-vie, 38 milliards d'euros en 2013 contre 24 milliards d'euros en 2012. De même, toujours dans le cadre de l'assurance-vie, ils ont repris le chemin des unités de compte avec une collecte nette de 1,2 milliard d'euros  contre une décollecte de 4,2 milliards d'euros en 2012.

Les ménages ont joué l'extrême prudence en laissant plus d'argent en dépôt à vue (comptes courants). 16,6 milliards d'euros ont été ainsi laissés en 2012 quand en 2012, il y avait eu 5 milliards de retraits au profit essentiellement du Livret A et du LDD. L'engouement en faveur de l'épargne réglementée s'est, en effet, calmée, au cours de l'année avec la baisse du taux de rendement. En revanche, l'épargne logement a repris quelques couleurs. les premiers résultats du premier trimestre 2014 confirme cette tendance. 

Ces faibles flux financiers sont assez inquiétants pour le financement à terme de l'économie qui est de ce fait de plus en plus dépendant des capitaux extérieurs. La volonté des pouvoirs publics de réorienter l'épargne vers les actions (PEA porté à 150 000 euros, création du PEA-PME) et vers des placement longs (eurocroissance, Vie-génération) trouve tout son fondement avec les résultats de l'épargne en 2013. La France souffre d'une absence de fonds de pension pour drainer l'épargne vers les entreprises. Par ailleurs, cette baisse des flux financiers intervient au moment même où les banques sont amenées à être beaucoup plus sélectives dans l'octroi du crédit en raison du durcissement des normes prudentielles. 

Et oui, nous pouvons être fiers, l'Europe est la première puissance économique mondiale !!!!

Trop souvent décriée, trop souvent méprisée, trop souvent caricaturée, l'Union est contre vent et marée, la première puissance économique mondiale devant les Etats-Unis et la Chine. Certes, l'Union européenne n'est pas un Etat au sens classique du terme mais c'est une puissance économique dont 18 pays sur 28 ont la même monnaie. 

C'est un marché unique où les produits circulent librement. L'Union européenne est faible de son manque de confiance, de son incapacité à se projeter en avant. Le politologie américain, Robert Kagan, considère que l'Europe passe trop de temps à essayer d'arbitrer ses conflits internes et de ce fait ne se participe pas à l'évolution de l'économie mondiale. Moins de nombrilisme permettrait à l'Europe de grandir. 

Ainsi, en 2011, le produit intérieur brut (PIB) de l’Union européenne représentait  18,6% du PIB mondial, exprimé en standards de pouvoir d’achat (SPA) . Les États-Unis étaient la deuxième économie mondiale avec une part du PIB de 17,1% et la Chine la troisième avec 14,9%. 

L'autre preuve de la force de l'Europe qui est de fait le premier marché commercial mondial, c'est quand elle est en panne, les pays émergents souffrent en raison de la baisse de leur exportation.

La consommation se dérobe au premier trimestre

Malgré la hausse du mois de mars, la consommation des ménages a reculé sur l'ensemble du premier trimestre de 1,2 % contre une hausse de 0,6 % au dernier trimestre 2013. Ce recul est imputable aux deux premiers mois l'année. Le recul avait été fort au mois de janvier avec -1,8 % et plus léger en février avec -0,1 %.

La consommation des ménages ne constitue pas un moteur pour la croissance. De ce fait, l'accroissement du PIB au  premier trimestre devrait assez réduit compte tenu du fait que la France ne gagne pas de parts de marché à l'exportation. L'investissement demeurant étale, la croissance dépendra de la reconstitution des stocks qui devrait jouer un rôle positif en ce début d'année.

La baisse de la consommation des ménages du premier trimestre s'explique, selon l'INSEE, par la diminution des dépenses en énergie et à celui des achats d’automobiles. Le climat clément a réduit les achats énergétiques qui par ailleurs bénéficient de prix en baisse. Le repli des achats automobiles était attendu après la hausse de fin d'année liée au changement du bonus/malus.  Les dépenses liées aux achats d'automobile se contractent de 2,7 % sur le premier trimestre après avoir augmenté de 2,3 % au quatrième trimestre.

La collecte nette du Livret A et de l'assurance-vie depuis le début de l'année explique également le repli de la consommation. Les ménages dont la confiance est en fort recul sur avril augmentent leur épargne de précaution ou laissent leur argent sur leurs comptes courants (données Banque de France).

Depuis deux ans, la tendance est, en matière de consommation, assez mauvaise. Il y a une alternance entre mois positifs et mois négatifs aboutissant à une croissance quasi nulle sur longue période. Sur le deuxième trimestre, il y a peu de facteurs positifs compte tenu de la progression du chômage. L'annonce du plan de rigueur devrait se traduire dans un premier temps par un accroissement de l'effort d'épargne de précaution. Cet effet devrait s'atténuer à la fin du deuxième trimestre.

Cette faible consommation freine la croissance. L'objectif de 0,9 % ne reste pas inatteignable mais suppose une 
accélération au cours de l'été.  Il faudra suivre l'évolution de la demande externe adressée à la France (exportations) pour apprécier dans les prochains mois la force de la reprise économique qui pour le moment se dérobe.

mardi 29 avril 2014

Pour bien gagner sa vie, vaut mieux être dans les assurances ou dans la finance !

L'INSEE vient de publier une étude intéressante sur la rémunération des actifs en France.

En 2010, selon cette étude, dans le secteur privé et les fonctions publiques territoriale et hospitalière, le  salaire brut , c'est-à-dire la somme du salaire de base, des heures supplémentaires et des primes, s'élève en moyenne à 20,48 euros par heure travaillée. En ajoutant les indemnités de départ, l'intéressement, la participation et l'abondement, la rémunération brute totale est de 21,54 euros. Elle varie fortement selon le type d'emploi (contrat à durée déterminée ou à durée indéterminée), les caractéristiques des salariés (sexe, âge, diplôme, catégorie socioprofessionnelle) et celles des entreprises (secteur d'activité, taille). La rémunération brute totale par heure travaillée varie avec l'âge : elle s'échelonne ainsi de 15,74 euros chez les moins de 30 ans à respectivement 21,76 et 28,35 euros chez les femmes et les hommes de plus de 50 ans. Elle varie également avec le sexe ou encore le niveau de diplôme, valant 15,06 euros pour les femmes sans diplôme contre 42,64 euros pour les hommes diplômés d'une grande école.

Sans surprise, Le salaire brut moyen varie également selon le secteur d'activité. En 2010, le salaire brut est le plus faible dans l'hébergement et la restauration (14,99 euros par heure travaillée), et le plus élevé dans les activités financières et d'assurance (28,32 euros par heure travaillée). Les indemnités de rupture, l'intéressement, la participation et l'abondement renforcent ces disparités. Ces compléments de rémunération ne sont que de 0,31 euro (soit + 2 %) par heure travaillée dans l'hébergement et la restauration, 0,63 euro (+3,6 %) dans les services administratifs et de soutien, et atteignent 1,82 euro dans l'industrie manufacturière (+8,7 %) et 3,23 euros (+11,3 %) dans la finance et l'assurance.

En 2010, 78 % des salariés du secteur privé et des fonctions publiques territoriale et hospitalière touchent au moins un type de prime (prime d'ancienneté, de contraintes liées au poste, de performance individuelle ou de performance collective). Les primes représentent pour ces salariés en moyenne 14,4 % de leur rémunération brute totale en équivalent temps plein (EQTP), soit 4 911 euros annuels.

Les femmes perçoivent presque aussi fréquemment que les hommes au moins une prime (77 % contre 80 %), mais leur montant moyen est nettement inférieur : 4 033 euros sur l'année contre 5 598 pour les hommes (-28 %). L'écart de montant moyen de l'ensemble des primes au détriment des femmes se retrouve dans tous les secteurs d'activité, mais à des degrés divers : s'il n'est que de 20 % dans l'hébergement-restauration, il atteint en revanche 47 % dans l'enseignement privé voire 51 % dans la finance et l'assurance (avec 5 741 euros sur l'année pour les femmes contre 11 600 euros pour les hommes).

Confiance des ménages en chute tout comme la capacité d'épargne future

Est-ce le plan de rigueur,est-ce la déclaration d'impôt à remplir ou le deuxième tiers provisionnel qui arrive, est-ce l'effet post-électoral, ou l'ensemble de ces raisons, mais les Français au mois 'avril ont eu le moral dans les chaussettes comme en témoigne la dernière enquête de l'INSEE. 
En avril, l’opinion des ménages sur leur situation financière personnelle passée baisse de 3 points, après deux mois de hausse. Celle sur leur situation financière personnelle future chute de 11 points, atteignant son plus bas niveau depuis décembre 2011. C’est la plus forte baisse de ce solde depuis mai 1993. Ce pessimisme est inquiétant au moment où le Gouvernement espère une reprise de la croissance pour atténuer l'impact du plan d'économies de 50 milliards d'euros. Les ménages restent prudents, la preuve étant que la proportion de ménages à considérer comme opportun de faire des achats importants diminue également de 3 points.  Ces trois soldes demeurent nettement en dessous de leur moyenne de longue période.

En avril, l’opinion des ménages sur leur capacité d’épargne actuelle augmente de nouveau légèrement de deux points. En revanche, celle sur leur capacité d’épargne future diminue  avec un recul de 4 points qui fait suite à une hausse de 9 points en  marsCes deux soldes se maintiennent au-dessus de leur moyenne de long terme. La proportion de ménages à considérer qu’il est opportun d’épargner est quasi stable : le solde correspondant perd 1 point. Il reste au-dessus de sa moyenne de longue période.

Indicateur synthétique de confiance des ménages
Indicateur synthétique de confiance des ménages

dimanche 27 avril 2014

Et si la solution était la création du 29ème régime de protection sociale européen

Pour une sécurité sociale européenne


Le 25 mai prochain auront lieu, en France, les élections européennes. L’Europe a mauvaise presse car elle a été, au fil des années, transformée en bouc émissaire. Les gouvernements se sont cachés derrière l’Europe pour imposer à leurs concitoyens des réformes impopulaires. La rigueur, les prélèvements sociaux en hausse, le taux de change de l’euro trop élevé, la réglementation européenne, les reproches ne manquent pas. Il est si facile de penser que si l’Europe n’existait, les contraintes économiques et financières disparaitraient d’un coup de baguette magique. Avec son petit budget qui atteint 1 % du PIB au moment où la France consacre à la dépense publique plus de 56 % de son PIB, s’il y a un reproche que nous pouvons faire à l’Europe, c’est celui de sa faiblesse, son incapacité à écrire l’histoire de demain. L’Europe est malade de l’impuissance des Etats, de l’absence de projets ; la communauté de destin se délite sous nos yeux sans que les dirigeants qu’ils soient français, allemands, italiens ou anglais ne réagissent. L’Europe, cette construction osée après la seconde guerre mondiale s’ensable faute d’ambition. Après la monnaie unique, il y a bien eu le Traité constitutionnelle, création voulue par la France et morte à cause de la France avec son rejet par référendum. Depuis près de dix ans, l’Europe est au point mort. Elle ne fait plus rêvée. Elle est passée au travers de la crise de 2009 et a failli périr en 2012 avec la crise des dettes souveraines. Néanmoins, elle a survécu en mettant sur pied un arsenal afin d’aider les Etats indélicats.

Aujourd’hui, sans une nouvelle impulsion, les Etats européens risquent de s’enfoncer dans le déclin avec à la clef la montée des égoïsmes et des nationalismes.

L’Europe se doit d’oser, de se refonder, de trouver de nouvelles frontières. Elle se doit aussi de résoudre les problèmes du quotidien. L’affaire des emplois détachés risquent de jalonner la campagne électorale. En effet, de plus en plus d’entreprises dans les pays ayant des coûts sociaux élevés comme en France ou en Allemagne recourent de manière croissante à des salariés affiliés à une entreprise située en Europe de l’Est, en Roumanie ou en Bulgarie par exemple. Si le salaire versé ne peut pas être inférieure au SMIC, en revanche, les charges sont celles du pays d’origine. Il ne s’agit pas d’un emploi mais d’une prestation de services. Au nom de la libre prestation de services, ce recours est légal. De nombreux secteurs, la restauration, l’hôtellerie, l’agriculture, le bâtiment… utilisent cette technique. Le problème provient des différents niveaux de cotisations au sein des pays membres de l’Union. Certains veulent interdire les salariés détachés ; d’autres rêvent d’une harmonisation des taux de cotisations sociales. Les premiers veulent la fin de l’Europe quand les seconds oublient que les productivités ne sont pas les mêmes en Europe de l’Ouest qu’en Europe de l’Est. Imposer des taux de cotisations sociales élevés tuerait les économies des pays de l’Europe de l’Est. Ce n’est pas pour autant qu’il faut rester les bras croisés. En effet, il y a distorsions de concurrences qui nuisent à l’emploi et à l’équilibre des comptes sociaux.

Pour sortir par le haut de ce problème, il conviendrait que tous les travailleurs européens qui ne travaillent pas avec un contrat de travail du pays dans lequel ils sont employés soient soumis à un régime social européen. Ainsi, un salarié roumain travaillant pour un restaurateur français serait soumis à des charges sociales qui ne seraient ni celles de la France, ni celles de la Roumanie. Les Etats européens devraient s’entendre sur les taux à pratiquer. Les sommes ainsi perçues pourraient être réparties par l’Europe entre les deux régimes sociaux, le Français et le Roumain dans le cas cet exemple.

L’harmonisation sociale se ferait pas la création d’un étage européen de protection sociale qui à terme pourrait se substituer aux échelons nationaux. En effet, aujourd’hui, l’Europe souffre de son incapacité à organiser des transferts financiers entre Etats membres afin de résorber des chocs économiques. En France comme en Allemagne, les prestations sociales jouent le rôle d’amortisseur et de régulateur des crises infranationales. Rien de tout cela en Europe. En mettant en place le 29ème régime de protection sociale qui se surajoute aux régimes nationaux, l’Europe construirait un mécanisme de solidarité puissant et efficace. Il serait assez logique que sur un marché où la libre circulation du capital et du travail est prônée que l’indemnisation du chômage soit de la responsabilité européenne. Un tel système permettrait de faire jouer la solidarité entre les Etats du Nord et les Etats d’Europe du Sud. De même, afin d’accroître les transferts financiers, il serait assez logique à terme que le régime de pension de base soit également placé sous l’autorité de l’Europe. L’Allemagne et l’Italie qui connaissent un fort vieillissement pourrait tirer profit de pays plus jeunes.

La création du 29ème régime de sécurité sociale n’est pas un gadget, c’est certainement la solution la plus simple pour mettre un terme au déclin de l’idée européenne. Avec la crise et la mobilité accrue des Européens, la concurrence s’effectue sur le marché du travail avec un risque de remettre en cause un des principes fondateurs de l’Union européenne, la libre circulation. Si l’harmonisation n’est pas possible, il est possible de franchir un cap en établissant un statut du travailleur européen en mobilité ou détaché.